‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 195 sur 459 · PARATONNERRE · texte numérisé non relu

PARATONNERRE

Soit VM un do ces rayons; son angle d'incidence lia propreté obligatoire s'étend à tout le corps et sur le réflecteur est V'M.\ ; l'angle do réflexion de- aux vêtements. La moindre négligence suffit pour

vaut lui être égal, le rayon réfléclii suivra la di roction MF. Ainsi tous les rayons de lumière envoyés par la lune sur ce miroir iront, après leur réflenion, se croiser au foyer F. Là se forme une image réelle et toute petite de la lune A l'aide d'une loupe d'un grossissement considérable, disposée convenabiemi'nt dans le voisi'iage, on verra l'image très amplifiée de la lune : cet instrument n'est autre chose que le télescope.

Réciproquement, une lampe étant placée au foyer d'un miroir parabolique, les rayons lumineux envoyés par celte lampe sur le nnroir seront réfléchis et suivront après cette réflexion une direction parallèle à l'axe : ils forment ainsi un faisceau /luniineu.'s cylindrique, qui peut se propag>'r à une grande distance. C'est ainsi qu'étaient disposés les phares, avant qu'on eût remplacé le réflecteur parabolique par un système de lentilles.

La réflexion des rayons calorifiques s'opère •comme celle des rayons lumineux. Par conséquent les rayons solaires tombant sur un réflecteur paraboli<|ue, se croiseront tous au foyer et pourront enflammer un corps combustible placé en ce point.

Des effets analogues se produiront pour les rayons sonores. Ainsi un homme dont l'oreille serait placée au foyer d'une surface parabolique, entendrait des sons venus de loin et qui resteraient imperceptibles pour d'autres personnes ; c'est un fait qui a été observé sur un vaisseau qui se dirigeait vers la côte orientale de r.\morique du Sud. Un matelot debout sur le pont dit un jour qu'il entendait le son des clo- • elles. Comme on était loin de la terre, on crut qu'il plaisantait; mais plus tard on apprit qu'à, ce mo ment même toutes les cloches avaient été mi

donner asile à des insectes dont la multiplication cause une gfine insupportable ou de véritables maladies.

L'instituteur ne se bornera donc pas à une inspection sommaire et à des conseils généraux sur les avantages de la propreté. Il lui faudra prendre h partie chaque ennemi, le signaler aux enfants, le décrire, leur inspirer du dégoût, de l'horreur pour tous les parasites. La leçon familière et prati(|ue faite à. l'école sera sans doute répétée par l'enfant à ses parents : ce sera un enseignement et un avertissement.

Dans quelques campagnes, la routine, les préjugés, la misère rendent difficile l'exécution des règlements scolaires relatifs à la propreté. Dans ces conditions défavorables, le maître doit redoubler de zèle, stimuler les enfants, les parents, employer la persuasion sous toutes ses formes. Si ses efforts sont vains, qu'il n hésite pas à considérer comme atteint de maladie contagieuse tout enfant sur lequel il découvrira des traces de parasites : l'exclusion est alors indispensable. V. Maladies, Helminthes, Insectes.

[D. Saffray.] PAnATONKERRE. — Physique, XXIII. — Le paratonnerre, destiné à préserver les édifices des effets de la foudre, est une tige métallique verticale, terminée par une pointe, placée sur le sommet de l'édifice et communiquant intimement avec le sol par un conducteur métallique non interrompu. Il est fondé sur la propriété des pointes de ne pas laisser l'électricité s'accumuler sur les corps dont elles font partie, en présence d'un autre corps fortement chargé d'électricité.

Lorsqu'un nuage orageux vient à passer assez près d'un édifice, l'électricité qu'il renferme exerce

ses en branle à Rio-Janeiro, à l'occasion d'une une action d'influence sur les corps voisins non

fêle publique. Une voile gonflée par le vent avait encore électrisés ; une charge électrique est appe-

,pris à. cet instant la forme d'un réflecteur paraboli- lée au sommet de l'édifice et elle tend à se recom-

que, au foyer duquel l'oreille da matelot s'était trou- biner à l'électricité du nuage sous forme d'une

■vée par hasard. grande et vive étincelle. Le môme phénomène d'in-

SuRFACE d'un segment DE PARABOLE. — Il peut fluenco a lieu quand l'édifice est surmonté d'un

■ être utile de savoir évaluer la surface d'un seg- paratonnerre ; mais la pointe laisse échapper

ment de parabole compris entre le sommet A l'électricité au lieu de la retenir ou de l'accumu-

fig. 3) et une corde iWlM' perpendiculaire à l'axe. 1er ; et cette électricité va au travers de l'air, peu it

Nous nous bornerons à énoncer le théorème sui- peu, neutraliser celle du nuage ; la tension élec-

vant : Le seyment de parabole compris entre /e triciue de celui-ci diminue et il devient alors moins

sommet et une corde perpendiciduire à /'nxe es< dangereux, souvent même iiioffensif. Telle est dans

.les deux tiers du rr-d'inyle (jui aurnil celtrcordel la plupart des cas l'action du paratonnerre ; elle

pour base et sa dislance au som'tnetpow hauteur, est tout antre qu'on ne se le figure généralement. On

SuiiFACE DE l'ellipse. — A Cette occasion nous croit qu'il attire l'électricité au moment où l'éclair

réparerons une omission qui a eu lieu dans part et qu'il la conduit dans le sol ; c'est tout le

l'article Ellipse, au sujet de la surface de cette contraire qui a lieu, puisque l'électricité pin-t de

courbe : elle est égale au produit des deux demi- la pointe pour se porter vers le nuage; et c'est

axes multiplié par n. Par conséquent les demi-axes si vrai, que dans les jours d'orage on peut voir les

étant représentés par a et é, on a nab pour la surface de l'ellipse. [G. Bovier-Lapierre.]

PARALLÈLICS. — V. Lignes, Dmites et Plans.

l'AKALLÉLII'lPÈDE. — V. Pohjèdres.

PAUALLELOGRAM.ME. — V. Poiyijones.

PARASITES. — Hygiène, XVIII. - L'école ■étant un milieu éminemment favorable à la dissémination des parasites, l'instituteur doit veiller, avec un soin minutieux, à la propreté apparente et réelle des enfants. L'inspection ordinaire ne suffit pas. Des cheveux bien lissés peuvent en imposer sur la condition du cuir clievelu. Il serait désirable que les écoliers eussent toujours les cheveux très courts, cela facilite le nettoiement à fond de la tête et permet d'apercevoir dès les premiers jours les intrus qui cherchent à y prendre domicile. La propreté et l'hygiène s'arcordent donc à conseiller la coitTure en brasse, qui sied d'ailleurs bien \\ un jeune visage.

Un^l figure bien nette, des mains bien lavées

paratonnerres surmontés d'aigrettes lumineuses visibles dans l'obscurité.

Un nuage a-t-il une charge trop forte pour que la pointe suffise i la neutraliser? le paratonnerre est encore utile : c'est entre lui et le nuage que jaillit l'étincelle électrique, parce que sa haute tige métallique est le point de l'édifice le plus rapproché du nuage, le plus rapidement électrisé et le meilleur conducteur.

Pour qu'un paratonnerre soit dans de bonnes conditions, il faut observer quelques précautions dans sa construction. Les règles à suivre ont été formulées en 1 854 par une commission de l'Académie des sciences ; elles ont trait à la tige, à la pointe, au conducteur et à la communication avec le sol.

La tige est une barre do 5 à « centimètres de diamètre à la base, allant en s'amincissaiit. Elle se termine à la partie supérieure par un cône de cuivre, visse etsoudé, au 1er et recouvert d'une couche de plali le qui le préserve de l'oxydation. Autre-

sont de rigueur pour se présenter à l'école. Mais 1 fois on faisait les pointes plus effilées et l'cMrémitc î" Paiitie:. Ui

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était tout entière en platine; mais, dans ces conditions, elles pouvaient être fondues par la haute température de l'étincelle et s'émousser trop facilement.

A sa partie inférieure, la tige est solidement fixée à la cliarpente du bâtiment, et elle porte le conducteur qui doit la mettre en communication avec le sol. Le conducteur est une barre de fer de 2 centimèlres environ de côté, qui descend suivant les contours de l'édifice et vient s'enfoncer dans le sol. La communication avec le sol doit t;tre établie de la manière la plus parfaite. D'ordinaire, on termine le conducleur dans l'eau d'un puits qui ne doit jamais tarir. Autrement, il faudrait creuser dans le sol une fosse assez vaste, la remplir de charbon conducteur comme la braise de boulanajer et y terminer la chaîne conductrice par un très grand nombre de rameaux. Une nappe d'eau naturelle est de beaucoup meilleure ; mais une citerne dont les parois sont imperméables à l'eau ne remplirait pas les conditions.

Les grandes masses métalliques du bâtiment doivent être mises en communication avec le conducteur; sans cela, elles s'électriseraient très fortement par influence, et l'étincelle pourrait jaillir entre elles et le nuage malgré le paratonnerre.

Lorsqu'il y a plusieurs paratonnerres sur un édifice, il est bon de les faire communiquer tous ensemble et d'avoir pour chacun d'eux un puits où aboutit le conducteur.

On admet qu'un paratonnerre peut protéger un espace en cercle d'un rayon double de sa hauteur; mais il n'y a rien d'absolument certain, et il est probable que cette distance est le minimum du cercle de protection.

C'est à Franklin que l'on est redevable de cet appareil si utile, appliqué très heureusement aujourd'hui, non seulement sur beaucoup d'édilices. mais aussi sur les constructions flottantes comme les grands navires qui sont, tout autant que les objets terrestres, exposés aux effets de la foudre. [Haraucourt.] PARIS. — Histoire de France. X.\XV1I1-XL. — L histoire de Paris devance, explique et résume celle de la France entière.

Elle la devance, car la plupart des grandes transformations sociales, politiques ou intellectuelles, avant d'être acceptées, acclamées par les provinces, ont d'ordinaire été conçues, mûries, élaborées dans le grand creuset parisien.

Elle l'explique, car la population parisienne, formée du mélange de toutes les vieilles nationalités . provinciales (plus des deux tiers des habitants de Paris sont nés dans les départements), représente, avec une parfaite harmonie, l'admirable équilibra de vingt tempéraments divers, et concentre en elle, avec une singulière énergie, les vagues aspirations de la France entière.

Elle la résume enfin, car chez un peuple aussi anciennement formé, aussi fortement centralisé que le notre, le sort de la capitale a dû, aux heures solennelles, décider du sort du pays. Voilà pourquoi toutes les grandes crises de notre vie nationale ont eu là leur origine ou leur dénoiiment.

Pourquoi fnris deiinl cnpitale cl" la Friince. — !• Causes politiques. — Pouniuoi Paris est-il devenu la capitale de la France'/' D'où vient ce prodigieux essor de la pauvre bourgade gauloise, perdue, au temps de César, dans les roseaux do ' la Seine, et formant aujourd hui,de l'aveu de tous les étrangr-rs, la plus étonnante cité de l'univers'/ Le temps, la nature et les hommes, tels sont les trois facteurs de la j.'randeur parisienne. Vingt siècles d'existence, une evcellente situation géographique et le caractère essentiellement novateur et militant des Parisiens, voilà les éléments de celte incomparable grandeur historique dont nous allons brièvement raconter les débuts laborieux, les

étapes douloureuses, les éclipses passagères et les derniers progrès.

Jetons les yeux sur une carte d'Europe. Nous y verrons que d'impérieuses raisons politiques ont dicté à chaque peuple le choix de sa capitale. Pourquoi Londres est-il situé à l'extrémité sudest des îles Britanniques? C'est que, de tout temps, l'Angleterre a dû faire tête à la France, aux Pays-Bas et à l'Allemagne. Pourquoi la capitale de l'Autriche est-elle à Vienne, et non sur le cours central du Danube? C'est que l'Autriche visait jadis à dominer l'Allemagne , et non l'Orient slave. Pourquoi le tsar Pierre a-t-il, foulant aux pieds la nature et les hommes, jeté Saint-Pétersbourg au milieu des marécages brumeux de la Neva? C'est que la ville nouvelle menaçait la grande ennemie de la Russie d'alors, la Suède. Et pourquoi la Suède elle-même avait-elle fait de Stockholm le centre de sa puissance t Pour dominer plus sûrement la Baltique.

Ainsi c'est une loi de l'histoire et une loi inflexible. Tout peuple doit porter sa capitale vers le point le plus menacé de sa frontière, là où il faut résister à l'ennemi. Et pour la France où donc sera cette brèche ouverte à la frontière, celle plaie saignante encore du fer de l'étranger? Le seul aspect de la carte suffirait à répondre, si l'histoire et les souvenirs du peuple ne répondaient déjà trop éloquemment.

Ce n'est pas du côté de ces peuples, latina comme le notre, ayant mêmes goûts, même histoire, et parlant une langue sœur de la nôtre, les Espagnols et les Italiens. Le danger, c'est l'invasion du Nord, que ne peut arrêter la vaste plaine ouverte qui s ouvre jusqu'au Khin ou expire à la Manche. C'est l'invasion germanic|ue , anglosaxonne on purement allemande; c'est Edouard 111 ou Wellington, Biùcher ou Guillaume; c'est Crécy, ■Waterloo ou Sedan; c'est la lormidable concurrence de l'industrie allemande ou de la marine anglaise. Dans cette région du nord ont eu lieu toutes nos grandes luttes, padfiques ou militaires. Là est le point vulnérable de la France. Voilà pourquoi, des quatre grands bassins de fleuve qui la sillonnent (Rhône, Garonne. Loire et Seine), le plus septentrional éiait prédestiné, par l'impérieuse nécessité de la politique, à devenir le centre de sa nationalité et le berceau de sa grandeur.

2' Causes nuturellfs. — Etant donné que la capitale de la France dût, par la fo''ce des choses et sous la pression du péril extérieur, venir s'asseoir sur les rives de la Seine, voyons ce qu'avait fait la nature pour la prospérité du Paris à venir.

Vers le cours central de la Seine s'étend, entre deux rivières navigables lia Marne et l'Oise), une plaine fertile que borne à l'horizon un cercle de collines boisées. Les méandres du fleuve, les renflements du terrain y forment comme un fossé multiple et un rempart naturel de facile défense. Voilà pour le pittoresque et pour la sécurité. Mais ce qui distingue essentiellement ce vaste amphithéâtre, c'est la nature du sol, plein de fossiles, étonnamment riche en matériaux de constructioii, en grès, en chaux, en pierre blanche. Sous les riches vignobles qui le recouvrent, ce sol cache les futures assises que prodiguera Paris à ses lastueux monuments. Le meollon esta Montrouge. le plâtre h Montmartre, le pavé à Fontainebleau, la brique à Vaugirard. Et les nappes d'eau souterraines sont prêtes à sourdre sous lo puits artésien.

Elargissons le cercle. De Saint-Germain, Marly, Versailles, Montmorency, Bondy, Rambouillet, Chantilly et Compiogne, se déroule comme une vaste enceinte de forets offrant à la ville future du bois pour ses bateaux, ses constructions et son chauffage.

A l'est s'étend la Brie avec ses pâturages, la Bourgogne et ses vignobles; à l'ouest, les champs

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de blé de la Bcauce et les plaines qui nourrissent les troupeaux normands ; autant de réservoirs tout prûts h alimenter le grand estomac parisien.

En résumé, la nature a dojiné largement à Paris l'eau, le bois, la pierre, un sol fertile, tous lis éléments réunis f|ui assurent la prospérité matérielle d'une capitale. Essayons de voir ce que l'énergie des hommes et le travail des temps en a tiré.

Paris préhisloriqu!'. — Le sol où s'élève aujourd'hui Paris nous apparaît, à l'aurore des temps historiques, comme parsemé de marécages qui s'étendirent longtemps encore vers l'est (quartier du Marais), et sillonné par deux ou trois ruisseaux tombant des pentes de Montmartre ou traversant le futur faubourg Saint-Germain. A l'ouest, une forêt épaisse couvrait l'emplacement du Louvre et se prolongeait d'une part sur les hauteurs de Chaillot, de l'autre, au delà de la Seine, vers la rive où s'étendit plus tard le Pré-aux-clercs. Dans cette plaine verdoyante et marécageuse erraient en abondance les loups et les sangliers.'

Paris yaulois. — C'est li que, ià ans avant notre ère, Jules César, le conquérant des Gaules, découvrit, dans une petite île boueuse de la Seine {l'Ile de la Cité, dont la superficie n'était alors que de là hectares), un amas de huttes faites de bois et de paille, habitées par une pauvre tribu gauloise, les Pwisii ou Parisiens. La ville s'appelait Lutèce (Lucutetia .suivant Ptolémée et Lcuti-kia suivant Julien], ce qui signifie en celtique, selon les uns « le lieu fortifié » {Lu-tas-sry), suivant les autres 0 la ville au milieu des eaux » [Lou-tou-hezi).

César fut frappé de soli heureuse situation. Il y convoqua l'assemblée générale des Gaulois (53). Mais, dès l'année suivante, les Parisiens, sans s'effrayer du sort de leurs voisins les Sénonais, acclamaient le Vercingétorix, libérateur des Gaules, et armaient 8 000 hommes pour la défense de la patrie commune.

Labiénus, le meilleur lieutenant de César, marche contre eux avec dts forces écrasantes (quatre légions). Les Parisiens choisissent pour chef un vieillard renommé pour son habileté et sa bravoure, Camulogène, et barrent la route à l'armée romaine, liais Labiénus, par un mouvement tourjiant, force le passage de la Seine \ Melodunum (Melun) et revient sur Lutèce pour la prendre à revers. Les Parisiens, à cette nouvelle, brûlent ■ leur ville et se» deux ponts, et se cantonnent au milieu des marécages pour couper aux Romains toute retraite. Labiénus, bloqué à son tour, franchit le fleuve (vers le Point-du-Jour) à. la faveur d'une surprise nocturne, et s'ouvre une ligne de retraite. Pour l'arrêter, les Parisiens livrent bataille, soutiennent victorieusement le clioc de la 12" légion, mais sont bientôt enveloppés. « Pas un Gaulois ne recula, » dit César. Ils se firent exterminer tous sans lâcher pied, avec leur vieux chef Camulogène (52 avant J.-C). Le lieu du désastre fut la plaine de Grenelle. C'est la première bataille de Paris.

Paris . oma'ii. — La Gaule soumise, Lutèce reconstruite devint ville tributaire. Elle fut comprise, après Auguste, dans la 1' Lyonnaise, au ii' rang parmi les villes qui composaient cette province, ^es^omains voulaient en faire une cité latine. Us y créèrent, pour la garder, un camp retranché (sur la colline du Luxembourg) avec avant-posle sur la montagne de Valérius (Mont-Valérienl. Pour la gouverner, ils élevèrent un petit palais, agrandi plus tard sous Julien, et qui devint les célèbres lneriii.es, le plus antique monument qui subsiste n "i'^l'î P""^ IST la montagne Sainte-Geneviève;. Ils établirent un cirque (au faubourg Saint-Germain) un grand aqueduc (à Arcueil), et plusieurs templj.s pour propager la religion romaine, temples dédiés par Tibère à Mercure, Apollon ou Ju-

piter (sur l'emplacement de la future église Notro- Damel. En face de ces constructions officielles élevées sur la rive gauche s'étendaient, sur la rive droite, des bains publics (au Palais-Royal), un champ de sc])ulturcs {rue Vivienne), et un grand nombre de villas quo dominait au loin le temple élevé sur la colline d<! Mars (Montmartre).

C'est du règne de 'l'ibère que date, pour la corporation dos « pilotes parisiens » [naidx parisiaci) , le précieux monopole des transports sur la Seine. De là sortit plus tard la Confrérie des marchands de l'eau et la l'anse parisienne, avec ses armes symboliques et sa devise qu'a confirmée l'histoire : Il Fluctuât nec mergilur ». Malgré bien des orages, le vaisseau parisien ne devait pas sombrer.

Lutèce la gauloise était devenue, dès lors, sous l'intelligente administration laline, le centre d'une petite puissance navale. Là était la station de la flotte romaine. Les hardis pilotes de la Cité couvraient de leurs escadrilles marchandes toutes les rivières de la Gaule du Nord. Certaines légendes naïves, rappelées parGrégoire de Tours, affirmaient que la ville était sacrée, que l'incendie n'y pouvait s'allumer, que les serpents n'en pouvaient franchir le seuil.

L'arrivée du christianisme et des barbares devait brusquement interrompre ce rêve de prospérité.

C'est vers l'an 260 que saint Denis vint prêcher la foi nouvelle à Lutèce. Saisi avec deux de ses compagnons, Eleuthère et Rustique, il fut conduit sur la colline de xMars et décapité. En mémoire de son supplice, les chrétiens donnèrent à ce lieu le nom, qui lui est resté, de mont des .Martyrs.

La religion nouvelle conserva pourtant, à Lutèce, plus d'un adepte. Un concile s'y tint librement en :)6l), et bientôt, sous Tliéodose, un enfant de Paris, Marcel, en deviendra l'évoque et donnera son nom à un des faubourgs du sud.

Cependant Constance Clilore avait embelli le palais des Thermes, d'où partaient plusieurs voies romaines. Après lui, le jeune César Juhen, un des plus grands esprits de l'antiquité, s'éprit d'un vif amour pour Lutèce. Il y fixa sa résidence, y passa quatre années (:iJf!-3Cl) après avoir vaincu les Alamans sur le Rhin. « J'avais établi, dit-il, mes quartiers d'hiver dans ma chère Lutèce, ainsi que les Celtes appellent la petite ville des Parisiens. Elle est située sur le fleuve qui l'environne de toutes parts, en sorte qu'on n'y peut aborder que par deux ponts de buis (le Pont-au- Change et le Petit-Pont). Il est rare que la rivière déborde après les pluies d'hiver ou se dessèche pendant les chaleurs de l'été. Ses eaux pures sont agréables à la vue et excellentes à boire. L'hiver n'y est pas rude... On y cultive de bonnes vignes et même des figuiers. » Ailleurs l'élève du philosophe Libanius vante les mœurs austères des Gaulois de Lutèce : « Ils fuient les danses lascives , n'adorent Vénus que comme présidant au mariage, et n'usent des dons da Bacchus que parce que ce dieu est le père de la joie. ■> Julien s'entourait, à Lutèce, de savants, parmi lesquels Oribase, qui y rédigea un abrégé de Galion. C'est le premier ouvrage connu qui ait été composé à Paris.

Tandis quo le jeune César, enfermé, comme un ascète, dans une chambre glaciale au plus fort de l'hiver, méditait une lutte suprême, par l'épée et par la plume, contre les chrétiens vainqueurs, une nuit des légions se soulèvent, environnent le palais des Thermes à la lueur des flambeaux, et, malgré les protostations de Julien, qui refuse l'e inpire et fait barricader les portes, ils le proclament Auguste (361). Lutèce vit le dernier efl'ort de la philosophie antique, personnifiée dans ce stoïcien couronné.

Valentinien Graiien, Maxime ne tirent que pas-

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ser à Lutèce, y jetant quelques arcs de triom- [derniers défenseurs. Pourtant les Northmans phe (3831. Les barbares d'outre-Rliin étaient déjà J-— -» '-"■"•• '" «i^"» «^"i-n» "»>• rfinoririo ^ „.,= aux portes. Quand arriva le a Fléau de Dieu », ce fut, selon la légende, une jeune fille de Nanterre, Geneviève, qui releva le courage des Parisiens. Ils s'armèrent, et, du haut de leurs murs, regardèrent passer les hordes d'Attila (451). Geneviève fut canonisée et devint la patronne de Paris. Paris mérovingien. — Après la défaite de Syagrius (496), Clovis occupe la ville. Comme César, La disette, à son tour, engendrait divers genres il on comprend l'importance, et se décide bientôt de peste : feu sacré, mal des ardents, lopre et

durent lever le siège, vaincus par l'énergie d'une poignéa d'hommes, tandis que l'empereur Charles le Gros, cantonné sur la colline de Montmartre, reculait pour ne pas livrer bataille aux barbares (88B).

L'invasion avait amené la famine. Au disièma siècle, Paris souffrit vingt-cinq années de disette. En 9'5, on en vint à manger de la chair humaine.

à en faire la capitale de son royaume ecclésias tique et barbare (508). Il dédie aux saints Pierre et Paul une église où il voulut se faire inhumer iSainte-Geneviève). Paris se couvre dès lors d une quantité de chapelles, d'abbayes, de basilique» (Saint-Germain des Prés, Saint-Etienne des Grès, Saint-Jean le Rond, Saint-Séverin, Saint-Marcel). Clovis mort, la ville de Paris tombe aux mains de Childebert. A la mort de Clotaire I", ses fils décident que Paris est une position assez importante pour rester indivise entre eux. Néanmoins, Chilpéric I" y fixe sa résidence, et, en 584, oblige la moitié de la population à partir pour accompagner sa fille en Espagne. « Beaucoup de gens s'étranglèrent, dit Grégoire de Tours ; d'autres firent leur testament comme s'ils allaient mourir; et grande était la désolation dans Paris." On ne peut s'empêcher de comparer ce triste tableau à celui que présentait Lutèce sous la domination des Romains.

Peu de temps après le grand concile do GIS, tenu à Paris sous Clotaire II, la dynastie sanglante des Mérovingiens rendit à la ville le service de la quitter. Paris, redevenu simple bourgade, respira du moins loin de ses barbares tyrans.

Paris carluvingien. — Paris se releva sous Charlemagne. Ses fabricants d armes, ses orfèvres, qui se gloriflaientd'avoirpour patron saint Eloi, étaient célèbres dans toute la Gaule. Le vainqueur des Saxons donna à la ville renaissante deux écoles, dont une devint célèbre (Saint-Germain l'Auxerrois),une administration régulière, un co«(<e (sorte de préfet) et des échrvins (sorte de conseillers municipaux). Enfin les habitants, réunis par lo comte Etienne, votèrent les Capitiilaires, sorte da constitution émanée de la première assemblée de Paris.

Mais la prospérité de la cité, ressuscitée par les u marchands de l'eau », grâce à la paix intérieure de l'empire, attira bientôt les pirates du Nord, les Scandinaves, les Northmans. Vainement Louis le Débonnaire multipliait h Paris les conciles (en 8'iO et en 829). Le danger était grand. Bientôt, montés sur leurs pirogues, apparurent les terribles « rois de la mer ». A quatre reprises Paris ou ses environs sont ravagés. En 8il et 845, la ville incendiée achète le départ des barbares. En 856, nouvelle attaque : " Les Danois envahissent la Lutèce des Parisiens, brûlent la basilique du bienheureux Pierre et celle de Sainte-Geneviève, ainsi que les bateaux et les maisons des marchands. » En >i6l. ce fut le tour de Saint-Germain des Piés qu'ils dévastèrent. Les Parisiens, au comble de la misère, résolurent de se défendre eux mêmes, puisque la royauté les abandonnait. Aussi quand les Northmans reparurent, en 885, ils trouvèrent la vaillante cité en armes, derrière ses murailles de bois, appuyée sur trois fortes tours, dont une à la place où s'élève le Palais de Justice, et les deux autres aux extrémités des deux ponts. L'évèque Gozlin et le comte Eudes animaient la résistance. Le siège dura treize mois, aggravé par le feu et la famine. Dans la nuit du 6 février 886, une crue de la Seine ayant emporté le Petit-Pont, les barbares donnèrent l'assaut à la tour qui en couvrait les approches, et massacrèrent, après une journée do combat, ses douze

fièvre noire. Les abbés de Saint-Germain dos Prés et de Saint-Martin des Champs s'entre-battaient sur ces ruines. Paris, sous les derniers Carlovingiens, devint un vaste charnier.

Paris féodal. — En arrêtant l'invasion étrangère, la cité avait dignement conquis son titre de capitale. L'ai ènement de son dernier comte, Hugues Capet, à la royauté, lui rendit le premier rôle parmi les villes françaises (987). Au milieu de l'anarchie féodale, Paris eut du moins dès lors ce vague prestige qu'apportait avec elle la royauté des Capétiens. Robert le Pieux, Henri I" y séjournèrent, y multiplièrent les conciles (1050 et 105;t). Philippe I" institua le prévôt de Paris. Louis le Gros jeta les fondements de deux forteresses, le Grand et le Petit Chàtelet. La royauté fit mieux encore en protégeant l'École de Paris. De là allait sortir cette brillante Université où Pierre Lombard, Pierre Comestor, Guillaume de Champeaùx attiraient, par le charme de leur parole ou l'audace de leurs doctrines, la fuule bruyante et bigarrée dos étudiants de l'Europe entière. C'est là qu'entassée dans les rues boueuses de la montagne Sainte-Geneviève (futur ijunrlier Latin), cette jeunesse pauvre et turbulente, fort peu disciplinable et souvent dangereuse aux pacifiques bourgeois de la Cité, a préludé à coups de syllogismes à l'émancipation de la pensée et au réveil de l'esprit humain.

Au nord de Paris s'étendait lentement la ville du commerce, autour de la forteresse élevée, sous Louis VII, par les Templiers. Au sud était la ville cosmopolite du travail et du plaisir, la clameur des tavernes, les promenades au Pré-aux- Clercs, les rixes avec le guet du roi, et la chaude parole du tribun populaire qu'aimait Héloise et qui fut Pierre Abélard.

L'importance de Paris, ville féodale et universitaire, fut facilement comprise des rois Capétiens. Les trois règnes de Philippe-Auguste, de Louis IX et de Philippe le Bel marquent trois grandes étapes dans l'Iiistoire de la capitale.

Paris capétien. — « Le roi Philippe, dit Rigord, était aux fenêtres de son palais à regarder la Seine. Des voitures traversaient alors la Cité, et remuant la boue, faisaient exhaler une odeur insupportable. Philippe en fut sulToqué et conçut dès lors un grand projet qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait osé entreprendre. Il convoqua les bourgeois et le prévôt et leur ordonna de paver avec de forts et durs carreaux de pierre toutes les rues et voies de la ville. » Néanmoins, on n'en para d'abord que deux, celle qui réunissait les ponts de la Cité, et au nord de la Seine, celle qui partait du Louvre pour finir à la porte Baudoyer. ,

Le Louvre même fut construit, à l ouest de Paris ; sorte de bastille royale dont la grosse tour devint la prison des vassaux turbulents.

En môme temps, à la vieille enceinte de Louis le Gros, Philippe-Auguste substituait une forte muraille, garnie de nombreuses tours, et dont il reste encore plus d'un vestige dans les quartiers du sud (rue de la Vieille-Estrapade). Ce formidable travail fut exécuté en vingt-cinq ans (1190 à 1215). Paris comprenait déjà près de 'IWi hectares, et se trouvait à l'abri d'un coup de main.

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D(! son côté, l'Université recevait sa charte ; ■ li'l'onse était faite aux officiers royaux comme aux boui'fîpois de molester clercs ou étudiants. La royauié, grâce ^ l'hilippe-Aususte, s'appuyait d'une main sur les remparts, de l'autre sur les écoles. Paris devenait i la fois place de guerre et ville d'études.

Aussi la cité reconnaissante répondit-elle à l'appel do la royauté contre la noblesse féodale. Apprenant que les barons voulaient fermer au jeune Louis IX la route de la capitale, « les Parisiens sortirent en si grande quantité, dit Joinville, que le clioniin était plein de gens d'armes jusqu'il Montlliéry. »

A .son retour dn la croisade, Louis IX voulut payer, à son tour, sa dette de reconnaissance aux Parisiens. Il accorde la liberté aux serfs royaux de Pari.s. 11 confie la prévôté à Etienne Boileau, bourgeois actif et intelligent, qui purge la ville des truands et des malfaiteurs. Aux boiirgeois il accorde la création d'une municipalité parisienne, la Hanse, dont le chef recevra le titre de prévôt des marchniids. En outre, au guet du roi, police monarchique, il adjoint le giiet des mélierx, formé par les Parisiens, qui auront la garde exclusive, des portes et des marchés de la ville. C'est l'origine de la milice bourgeoise, ou garde nationale des temps féodaux.

Les étudiants n'étaient pas oubliés. Robert Sorhon, confesseur du roi, jetait les fondements de la Sorbonne, autour de laquelle allait grossir bientôt, sous la protection du pieux Louis IX, une innombrable troupe de moines dont se moquait le trouvère Rutebeul', et qui se querellaient avec les joyeux étudiants.

Aux nombreux collèges groupés sur la montagne Sainte-Geneviève, Philippe III en joignit encore quatre, parmi lesquels le célèbre collège d'Harcourt.

Sous Philippe le Bel , nouveaux progrès de Paris et de la royauté. Ce fut sous ce roi despote et faux raonnayeur que la vieille cité capétienne vit, le 10 avril ISO'.', à l'église Notre-Dame, s'accomplir une des plus grandes scènes de notre histoire, la réunion des premiers états généraux. La même année était fondé le célèbre Parlement de Paris. La royauté procédurière s'appuyait sur la Basoche. Paris devenait ville gouvernementale, mais perdait insensiblement les franchises de sa municipalité.

Aussi, dès 1.30G, le peuple, pressuré par la maltôte et lassé de l'excès des impôts, s'insurge et poursuit le roi Philippe jusqu'aux murs de la forteresse du Temple où la colère publique vient se briser. Philippe, le lendemain de cette émeute, fait pendre, aux quatre coins de la ville, vingt-huit des bourgeois révoltés. La tyrannie s'aggrave. Les Juifs sont dépouillés, expulsés, livrés aux rancunes populaires. Les Templiers sont arrêtés, condamnés, exécutés (1314). C'est sur le terre-plein du Pont-Neuf (alors nommé l'Ile aux Vaches) que fut brûlé leur grand-maltre, Jacques de Molay.

Aussi, malgré la création de nouveaux collèges (Bayeux, Navarre, Laon, Du Plessis, Montaigne, Narbonne), malgré le bienfait réel d'une sévère police, bien préfjêrable à l'anarchie des premiers temps féodaux, le lourd despotisme do la royauté devenait odieux aux Parisiens. « La ville prenait de la superbe, » en.contemplant ses nombreuses milices, son opulence et ses fêtes qui éblouissaient les princes étrangers. Quand les fils de Philippe le Bel furent armés chevaliers, ce furent de splendides réjouissances, des mystères où l'on vit « Dieu manger des pommes, rire avec sa mère, dire ses patenôtres avec ses apôtres ; les bienheureux chanter en paradis; les damnés pleurer dans un enfer noir et infect. «

Pourtant, malgré toutes ces splendeurs, la co-

lère publique s'en prenait à la cour, et, sous les fils do Philippe le Bel, au ministre Enguerrand de Marigny, qui fut sacrifié et conduit an gibet de Montfaucon. De sombres légendes voulaient qu'il se passât, chaque nuit, des scènes d'orgie sanglante à la Tour de Nesle, dont le noir profil s'élevait sur la Seine, en face du Louvre (vers le lieu où se trouve aujourd'hui l'Institut). Ce n'étaient qu'histoires de chevaliers ou d'étudiants poignardés sur l'ordre do la reine Marguerite de Bourgogne, sorte de Messaline moderne, et précipités dans les eaux de la Seine. De là le souvenir du docteur Buridan, que le roman et le drame ont popularisé.

Paris, h l'avènement des Valois, était une cité puissante, comprenant 311 rues, divisée en trois quartiers distincts. Il dépendait de la branche nouvelle d'effacer le souvenir de Philippe le Bel et de s'assurer le dévouement et l'appui des Parisiens. Mais la folle présomption et l'insolence des Valois devaient rapidement perdre tout le Truit des efforts accumulés des Capétiens directs.

Paris communal. — A cette époque, un double mouvement de fermentation politique agitait l'Europe. Au nord s'élevaient les communes d'Allemagne : au sud. les municipalités italiennes ressuscitaient, à force d'héroïsme, les plus beaux temps de l'antiquité gréco-romaine. Placées entre ceS deux mouvements, les villes françaises avaient éprouvé, à leur tour, la contagion de la liberté. Mais Paris, ménagé par les grands Capétiens, restait encore une « ville royale ». L'invasion étrangère réveilla la cité, comme au temps de Charles le Chauve, et, dans l'écroulement général, Paris se trouva debout pour arrêter les Anglais.

La France doublement vaincue, à Crécy, à Poitiers, le roi Jean fait prisonnier, le dauphin Charles déshonoré par sa piètre conduite au champ de bataille, il semblait que l'ennemi n'eût qu'à paraître pour saisir la couronne mal affermie sur la tête des Valois. Mais un bourgeois héroïque, le prévôt des marchands, Etienne Marcel, prend en main la direction des affaires. Il jette autour de Paris une nouvelle enceinte, avec larges fossés et fortes tours (de la porte Billy, voisine de l'Arsenal, à la porte du Bois, voisine du Louvre;. Les trois cents rues de Paris se hérissent de chaînes de fer, avec poutres, pierres, tonneaux, pour arrêter, à défaut de l'enceinte, ou les archers anglais ou la' cavalerie des brigands féodaux. La barricade est inventée, et Paris mis à couvert d'une attaque, (t Ce fust grand faict, » dit Froissart, pourtant ami des nobles, « et vous dis que ce fust le plus grand bien qu'oncques prévôt di'S marchands fist ( l.'15G). n

Les états-généraux venaient d'être convoqués à Paris. Etienne Marcel saisit la direction du mouvement, appelle à l'aide les grandes villes françaises. Pour le combattre, l'astucieux dauphin Charles court haranguer le peuple au Pré-aux- Clercs. Un prétendant à la couronne, Charles, roi de Navarre, établit, pour lui répondre, une sorte de club sous les piliers des halles. De son côté, Marcel réunit les bourgeois à la place de Grève, devant la maison aux Piliers (futur Hôtel de ville). Paris devient un instant, comme l'Athènes de Démosthène, le prix d'un tournoi d'éloquence.

Mais le danger augmente. Le Dauphin trahit secrètement les états généraux. Les Parisiens irrités envahissent le palais, massacrent dr.a\ des ministres impopulaires, et Marcel est proclamé, (i de par la volonté du peuple, » chef d'une sorte de ri'publique parisienne où l'on adopte pour emblème le chapi'.ron rouge et bleu (février 13.58).

Attaqué par le dauphin Charles et par l'armée féodale, menacé par les Anglais, tralii par le roi de Navarre, Paris est un moment soutenu parle secours inespéré des paysans. Pour discipliner l'élan furieux des Jacques, Etienne Marcel leur

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envoie deuï compagnies bourgeoises, qui partagent la défaite des paysans sous les murs de Meaux (1338). Le prévôt des marchands, désespéré, va s'en remettre au douteux appui du roi de Navarre, quand Jean Maillard l'assassine, une nuit, près de la porte Saint-Antoine. Avec Marcel tombait la commune de Paris (31 Juillet 1358J.

Rentré dans la capitale, le dauphin Charles (Charles V), après une courte réaction, entreprend de fortifier l'autorité royale si compromise par les folies de son père. Sur la place même où avait péri le glorieux prévùt des marchands, il jette les fondements d'une redoutable forteresse qui devait, pendant quatre siècles, menacer la ville frémissante : la Bastille. A l'autre extrémité de Paris, il fortifie le Louvre, y entasse le trésor, les archives, la bibliothèque de la royauté 900 volumes). Enfin, comme maison de plaisance, il fait élever le célèbre hôtel Saint-Pol, ou Hoste/ des grands eshatements. Mais, pour se concilier les Parisiens domptés, il leur accorde à tous dos lettres de noblesse, et choisit comme prévôt Hugues Aubryot, dont la vigilance assure au moins à la ville la sécurité des rues par l'expulsion des coupe-jarrets et des malandrins.

La minorité, puis la folie de Charles VI rouvrent l'ahlme des guerres civiles. Le malheureux Aubryot, pour avoir voulu sauver quelques femmes juives sur lesquelles s'acharnait le fanatisme inintelligent des masses, est jeté à la Bastille pour y finir ses jours o avec l'eau d'angoisse et le pain de douleur, o Les scandales de la cour et l'excès des impôts sur les vivres amènent un soulèvement (1" mars |:18'.'). Les bourgeois envahissent l'arsenal, y saisissent les maillets de fer préparés en cas d'attaque anglaise, et en assomment les collecteurs. Charles VI, vainqueur des Flamands, revient châtier les Maillotins. Il renverse les murs de Paris, fait enlever les chaînes des rues, et rançonne la ville rebelle ; 200 bourgeois sont décapités, 30n exilés (1383). La féodalité victorieuse élève au cœur de la cité domptée les fastueux hôtels d'Artois, de Nesle, de Bohême et Barbette. Paris devient un lieu d'orjjieet de meurtre. Olivier de Clisson est assassiné par le sire de Craon (I39'.'); le duc d'Orléans, par le duc de Bourgogne (UOI). La guerre civile éclate entre le parti des nobles (Armagnacs) et le parti populaire (Bourguignons). Un moment le boucher Capeluche, l'écorclieur Caboche et le vieux chirurgien Jean de Troyes terrorisent Paris (1411). Les nobles ont bientôt leur revanche avec Tanneguy-Duchâtel, qui décime la population. Mais Perrinet Leclerc ouvre aux Bourguignons, une nuit, la porte Bucy(l4l8", et les Armagnacs sont massacrés à leur tour. Sur les ruines de Paris dépeuplé par le carnage et la famine s'établit un prince étranger, Henri V, avec une garnison anglaise (Is novembre 14"Mj. En vain Jeanne d'Arc, traînant après elle ce fantôme de roi, Charles VII, vient donner l'assaut \ la capitale (H30). Elle est blessée sur les fossés de la porte Sainl-Honoré (butte Saint-Roch). Six ans plus tard. Armagnacs et Bourguignons, enfin réconciliés, ouvraient la porte Saint-Jacques aux troupes royales, guidées par le bourgeois Michel Lallier. Pourchassés, bloqués dans la Bastille, les Anglais capitulèrent. Paris était enfin délivré (13 avril 143G).

Mais cinquante années de misère avaient fait de la capitale un cadavre de ville. Dans ses ruelles désertes, infectes et tortueuses, les loups couraient la nuit dévorer les passants attardés. Tant de maisons étaient désertes qu'on les démolissait pour avoir du bois de chaufTage. Les houspilletifs et les retoiideui s erraient àn\ portes. Des enfants affamés pourrissaient sur les charniers comme une vermine humaine. Les lépreux s'insurgeaient dans leur

prison de Saint-Lazare. Au couvre-feu, chacun s'armait derrière sa lucarne grillée. Partout régnait la misère et le meurtre, rue Vide-Goussot, rue Tire-Boudin, rue Trousse-Vache. La royauté avait beaucoup à faire pour tirer Paris de son linceul.

Par^s monarchique. — Louis XI, par ses allures caressantes et populacières, sut vite capter la sympathie des bourgeois. Désormais le sort avait prononcé. Paris ne serait pas, comme Florence, une brillante république; ce serait la capitale favorisée d'un royaume destiné !i former la nationalité française. Ce serait la première des " bonnes villes i>, et ses bourgeois s'enorgueilliraient du titre de ■- bourgeois du roi ».

Louis XI, bien sur de leur appui, organisa en soixante-douze compagnies les 30 000 hommes de leur milice, augmenta les privilèges de la cité, y établit la première imprimerie (i la Sorbonne), la première librairie, et une école spéciale de médecine. Mais, tandis qu'il devisait joyeusement avec les marchands parisiens, les appelant ses amis, ses ti compères », Louis XI faisait secrètement jeter à la Seine, la nuit, dans un sac de cuir, les derniers partisans des libertés municipales.

Sous Charles VIII et Louis XII, la ville assainie,

fiourvue d'égouts, dotée d'un pavage, vit refleurir es soties, furces et moralités que jouaient, aux jours de fôte, les clercs de la Basoche et les Enfants sans souci. La Renaissance italienne et la Réforme allemande allaient singulièrement modifier, à partir de François 1*', l'aspect extérieur de la cité et l'état Intellectuel de la population.^

Paris fut embelli, régénéré par la Renaissance. C'est là que Pierre Lescot, Philibert Delorme, Jean Goujon et Germain Pilon déployèrent leur génie si gracieux et si multiple. Le vieux Louvre abattu, transformé de prison en palais ; l'hôtel de Cluny élevé par Jacques d'Amboise; le collège de France fondé; l'imprimerie royale établie ; Villon, Rabelais, Arayot, Ramus, les Estienne éveillant les intelligences par l'ironie, par le rire, par l'érudition, par la critique, par la science, ce fut comme une vie nouvelle et un épanouissement de l'esprit parisien.

Pnris hgueur. — Cependant la guerre grondait aux portes. En lfi2H et en l.i44, le danger parut assez grand pour qu'on se décidât à élever, en prévision d'une attaque espagnole, une nouvelle ceinture de remparts autour des quartiers du nord. La guerre civile fut autrement redoutable. Déjà, sous François 1" et Henri II, la capitale avait vu les premiers protestants français marcher au bûcher ou à la potence. On estimait alors, sur 3001100 habitani,s, le nombre des huguenots à " ou 8 000. Pour les détruire, Paris vit s'accomplir le grand forfait de la Saint-Barthélémy (24 août I5"2), précédé de l'empoisonnement de Jeanne d'Albret, de l'attentat de Maurevel sur Coligny, et du triste mariage de Henri de Navarre. « Le bruit continuel des arquebuses, les hurlements des meurtriers, les corps dctranchés tombant des fenêtres ou traînés à la rivière, le pillage de plus de six cents maisons, » marquèrent cette tuerie lamentable, où succombèrent Coligny, Ramus et Jean Goujon.

La ville grandissait, malgré tant d'orgies sanglantes. Près de ce Louvre d'où Charles IX affolé avait tiré sur les huguenots fugitifs, Catherine de Médicis faisait élever un palais splendide, sur l'emplacement d'anciennes tuileries, dont il a gardé le nom.

Mais les scandales de la cour des Valois, les prédications frénétiques des moines, le vieux levain démocratique qui fermentait dans la foule parisienne, habilement exploités par la maison de Guise, amenèrent la formation de la Ligne. Elle naquit \ Paris, rue des Sept-Voies, dans une assemblée de bourgeois et de prêtres (I5S5;. La ville

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sosoulôve à l'arrivée du duc do Guise, enveloppa la garde suisse dans un inextricable réseau de barricades (qui donnèrent leur nom Ji la journée), et environne le Louvre, d'où Henri III apeuré s'écliappe sous les coups d'arquebuse tirés de la porte de Nosle. Il jure de ne rentrer dans sa capitale que par la brèclio (I58S).

La nouvelle du meurtre des Guises augmente encore l'exaspération des Parisiens. Des chefs populaires, élus chacun par un des seize quartiers <le la ville, s'emparent du pouvoir, sous le nom du faible Mayenne. Déj."!, des hauteurs de Saint- Cliiud, Henri III jette à la ville rebelle ces paroles menaçantes: « Encore quelques jours, et l'on ne verra plus ni tes maisons ni tes murailles I » Mais un moine fanatisé, Jacques Clément, délivre la capitale en poignardant le roi (1589).

Aucune page peut-être de l'histoire militaire «l'égale la coura'.^euse résistance de Paris aux troupes d'Henri IV. Dés l.'iSO, la ville repousse un furieux assaut où 401) bourgeois périssent en défondant le faubourg du Pré-aux-Clercs. En 1,S90, après quatre mois de siège et de combats conticiuols, malgré la plus affreuse famine qui enlève 30 000 hommes et force des mères h manger leurs enfants, la population tient ferme, se repaît de •chevaux morts et de cadavres piles, se trahie encore aux proches ou meurt sans quitter les remparts.

Délivré par l'armée espagnole, Paris, surexcité, mal contenu par Mayenne, se déchire après la victoire. Les bourgeois, les parlementaires, les <■ politiques » inclinent à la paix. La masse populaire, sous la conduite des Seize, les contient par la terreur. Mais Mayenne effaré fait pendre les chefs les plus ardents, et ruine ainsi tout l'espoir ■de la Ligue, qui voit échouer les états généraux tenus à Paris en 1593, et à jamais ridiculisés par les spirituels railleurs de la Ménippée. Henri IV eonverti. car <t Paris vaut bien une messe, » achète la ville h Brissac pour VOO 000 écus.et se fait livrer une nuit les portes Neuve et Saint-Honoré. Les Ligueurs sont surpris, les Espagnols expulsés, et Paris, tout frémissant, dépose les armes (23 mars 1594).

Encore une fois, il fallait réparer les ruines des guerres civiles. Henri IV sut y parvenir, et, grice à sa ruse gasconne, trouva moyen de léguer aux Parisiens la légende d'un roi débonnaire. Pour ■éviter la mésaventure de son prédécesseur, il fit joindre, par une immense galerie traversant les remparts, le Louvre aux Tuileries, assurant ainsi sa retraite en cas d'émeute. Henri acheva le Pont- Neuf, commença la place Royale, agrandit le quartier du Marais. L'influence italienne, renforcée par Marie de Médicis, les modes espagnoles, adoptées ii la cour, transformaient peu h. peu la rude géfiération des guerres civiles. Mais de sourdes colères grondaient toujours dans les foules. Henri IV fut assassiné par Ravaillac (14 mai 1610).

Paris frondeur. — Ce fut la dernière vengeance des Ligueurs. Sous Marie de Médicis et sous Louis XIII, Paris, réconcilié avec la cour, se contenta de chansonner le gouvernement sans le combattre. Non loin de l'hôtel du Louvre, demeure officielle de la royauté, s'élevait l'hûtel de (Rambouillet (rue Saint-Thomas\ quartier général des gens de lettres. Ce fut là que trônèrent et Balzac et Voiture; là que, po\ir la première fois, les grands seigneurs altiers durent s'incliner devant le talent, et reconnaître du moins aux bourgeois l'égalité de l'esprit. Paris devint comme un foyer d'opposition railleuse, où l'on critiquait Richelieu avant que le mordant Scarron fit rire aux dépens de Mazarin. L'opinion publique naissante ne fut pas sans contribuer h. la chute du maréchal d'Ancre, cet aventurier italien que le jeune Louis XIII laissa assassiner au Louvre (1C17). Quand l'armée

espagnole menaça Paris (1636) après les premiers échecs de la guerre de Trente ans, le peuple des faubourgs courut en masse à l'Hôtel de ville s'enrôler pour la défense du pays menacé, n Oui, monsieur le maréchal, nous voulons aller en guerre avec vous! " criaient à La Force les crocheteurs de la place de Grève.

Pour se concilier la faveur de Paris, le grand cardinal y prodigue les monuments et les créations de tout genre. Le Jardin des Plantes est ouvert ((62G); la célèbre Académie française est fondée (1«35). On bâtit le Palais-Cardinal (Palais- Royal) ; on rebâtit la Sorbonne-, on achève le Luxembourg; on ouvre deux hôpitaux 'la Pitié, les Incurables), et trois ponts sur la Seine. Une nouvelle enceinte (celle des boulevards actuels) enveloppe Paris au nord, à partir de l626. Enfin le Pré-aux Clercs est purgé des spadassins et des duellistes.

Paris soutenait Richelieu, tout en raillant ses rigueurs. Les insolences d'Anne d'Autriche et les petites ruses de Mazarin réveillèrent les colères bourgeoises et le regret cuisant des libertés municipales. La Fronde naquit.

Paris s'y porta d'abord avec enthousiasme. Pour soutenir son Parlement et délivrer Broussel, la ville s'insurge (25 août 1G48), élève autour du Louvre 1600 barricades, force à la fuite la régente et le petit Louis XIV; mais, trompée parles grands qui réclament l'appui de l'étranger, elle rappelle le roi l'août 1649), et assiste, sans y participer, à la bataille du faubourg Saint-Antoine, où Condé, bloqué par Turenne, n'est sauvé que par le canon de la Bastille, dont mademoiselle de Montpensier lui a ouvert les portes (2 juillet 1652). Sommés d'appeler une armée espagnole, les députés de Paris refusent, et sont massacrés par les soldats de Condé, qui s'enfuit peu après, poursuivi par les malédictions du peuple (octobre 1652).

Ainsi, pour ne pas trahir la cause nationale, Paris avait sacrifié ses libertés, rappelé la régente, accepté Mazarin. La réaction monarchiqne n'en fut pas moins complote. Milices désarmées, chaînes brisées, parlement muselé, garnison imposée, privilèges municipaux abolis, Paris tomba à l'état de ville sujette. Pour la réduire encore en lui enlevant son rôle de capitale, Louis XIV transporta la cour à Saint-Germain, et plus tard à Versailles, où s'éleva la ville du roi en face de la ville du peuple. La revanche de la Fronde devait se faire attendre jusqu'au 14 juillet 1189.

Paris resta pourtant ce qu'on ne pouvait l'empêcher d'être, la capitale de l'esprit et du goût. C'est là qu'écrivit Corneille, soutenu contre l'hostilité du pouvoir par la faveur enthousiaste du public; là que vécut quarante ans Racine; là que naquit l'impétueux Boileau, l'ingénieux Regnard, l'aimable Quinanlt, le sévère Arnault, le rêveur Malebranche et l'incomparable Molière. C'est là que travailla le sav.int l'ollin, digne successeur de cet autre Parisien, l'historien De Thou ; là que se fit applaudir le trop gracieux Marivaux. Et quel éclat dans les arts! Claude et Charles Perrault, François et Hardouin Mansard, quatre enfants de Paris, révolutionnent l'architecture. Au peintre Lesueur succède le graveur Picart, puis le sculpteur Coustou. Et sur les champs de bataille, Paris envoie l'austère Catinat et l'ardent prince Eugène, deux hommes de guerre, deux hommes d'opposition

La vieille cité frondeuse, dans sa disgrâce, est protégée par le bourgeois Colbert, le plus grand ministre de la monarchie absolue. Grâce à lui, grâce à son influence, quatre Académies y sotit fondées (Sciences, Inscriptions, Musique, Archi teclure) ; l'Observatoire s'élève. Aux fastueux arcs de triomphe des portes Saint-Denis et Saint-Martin s'ajoute l'utile création du jardin des Tuile •

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ries et des Champs-Elysées, dessinés par le Parisien : Aux émotions de la guerre d'Amérique succèdent Le Nôtre. La colonnade du Louvre, la manufac- ! Ihs premiers tressaillements de la Révolution ture des Gobelins, l'Hôtel des Invalides rappellent | C'est surtout à partir de la mort de Voltaire que à la fois la splendeur artistique, l'activité manu- I Paris semble saisir la direction morale de la

faclurière et les pompes belliqueuses de l'époque. La création d'un lieutenant de police (Nicolas de La Reynie, 1607, puis d'Argenson, 1691) achève de mettre aux mains du gouvernement l'administration de la ville, mais lui vaut du moins la fermeture définitive de la Cour des miracles, quartier général des scélérats fprès la porte de Saint- Denis), l'éclairage des rues (:i 500 lanternes) et la sécurité publique (archers du guet). La ville s'embellit h. vue d'œil. « La rue d'Enfer, dit madame de Sévigné, est devenue un vrai chemin de Paradis. » Malgré les proscriptions qui suivirent la révocation de l'édit de Nantes, malgré la famine et les rigueurs de l'iiiver de 1709, Paris comptait déjà, à la fin du règne de Louis XIV, 600 000 habitants.

Paris philosophe. — L'opposition parisienne, longtemps contenue, éclate à la mort du maître (1715). Le peuple accompagne de ses railleries le cercueil de Louis XIV qu'on porte à Saint-Denis. Après un demi-siècle de compression politique, le vent est aux idées nouvelles et aux modes étrangères. On accueille avec faveur la visite de Pierre le Grand (1717); on acclame le financier John Law, et l'on se jette, à corps perdu, dans son n système » (1718). Aux folles espérances de la spéculation financière succèdent les comédies religieuses (au cimetière Saint-Modard). Les Parisiens, amis des jansénistes par haine des jésuites qui dominent à Versailles, soutiennent un moment les « Convui siimniiires ». Cependant la cour amuse le peuple à coups d'exécutions sanglantes. Au supplice de Dan'iens succède celui de l'héroïque Lally-ToUendal. A la place de Grève, à la rue du Trahoir, on roue, on pend, on brûle, on écartèle. C'est là le seul enseignement jugé bon pour le peuple en ce siècle qui devait voir 1789.

MaisdéjMa foule s'agite. On se répète,! voix basse, de lugubres histoires sur le Parc-auxCerfs. Louis

France, et donner au reste du pays l'impulsion politique que suivra souvent l'Europe entière.

Paris révoluliiinnaire. — Les députés des états généraux, réunis à Versailles, venaient de se proclamer Assemblée nationale (17 juin); mais la cour préparait un coup d'Etat militaire. Le renvoi de Necker en est le premier acte. A cette nouvelle (12 juillet), Paris s'enflamme, se soulève au Palais- Royal, aux Tuileries, malgré la charge de la garde royale allemande. La foule exaspérée court s'armer aux Invalides, et revient donner l'assaut à' la vieille Bastille. Après cinq heures de lutte, la forteresse détestée où la royauté avait enfermé- Pélisson et Fouquct, La Bourdonnais, et Latude, et Voltaire, tombait entre les mains du peuple (14 juillet 1789). La contre-révolution ne s'en releva pas.

Aussitôt Paris arbore les vieilles couleurs d'Etienne Marcel, dont il fait le drapeau tricolore; organise la garde nationale, la municipalité provisoire de 120 membres (25 juillet). Mais la famine augmente, et, avec elle, la colère des mass s. Le .i octobre, tout Paris court au château de Versailles pour y arracher Louis XVI aux conseils de la réaction. L'Assemblée nationale rentre Ji Paris, qui redevient enfin capitale de la France (6 octobre 1789;.

Ce n'est pas ici le lieu de raconter les grandes journées de la Révolution, de dépeindre les enthousiasmes ardents et patriotiques, et aissi les délires farouches, les fureurs de la population parisienne durant ces années terribles et sublimes où Paris, luttant presque seul pour la liberté et la patrie menacées, sauva l'unité nationale et assura le triomphe des principes de la démocratie moderne. Ce fut Paris qui, dans toutes les crises, joua le grand rôle, le rôle décisif; ce fut lui qui fit le 10 août, le 31 mai, et qui plus tard, au mo-

^ ,__ ment où les royalistes de vendémiaire assaillaient

XV, que Paris adorait au temps de Fontenoy (1745), I la Convention défaillante, sauva le gouvernement n'ose traverser la ville pour aller à Saint-Denis et républicain par un dernier effort. Tout en renprend la route qui porte encore le nom de la voyant à l'article Révolution française pour les Révolte. En vain quelques créations utiles (Ecoles [ détails historiques, rappelons quf^lqufs-unes des militaire, de droit, de médecine, promenade des impérissables créations dont cette héroïque et fébculevards) sont ébauchées. La vogue est aux conde époque dota la grande ciié : le Muséum, cnfès, mode nouvelle importée d'Orient par le l'Ecole polytechnique, le Conservatoire des Arts Sicilien Procope et l'Arménien Pascal, mode qui et métiers, les Archives, le Musée du Louvre, remplace avantageusement les caùnreis du xvii* ; l'Institut remplaçant les anciennes Académies, siècle, où s'enivrait. Chapelle, où bataillait Boileau Paris, sous le Directoire, fatigué de tant de lutet où rcvait Molière. Déjà les cafés de la Ro:onde tes. avait perdu sa première énergie. Les coups et de la Rét/ence deviennent le rendez-vous des ! d'État successifs de fructidor, floréal et prairial curieux, des nouvellistes, des gens de lettres. | passèrent au milieu de l'indifl'érence générale.

Tandis que Paris populaire s'amuse aux facéties de Lesage et aux bouffonneries gauloises de Piron, les enfants de la grande cité ouvrent h la science, à la géographie, à l'histoire, à la philosophie surtout, des horizons nouveaux. La connaissance de l'univers physique se précise grâce aux travaux astronomiques des trois Cassini, aux recherches dp Danville, aux découvertes de Bougainville, aux explorations de La Condamine. L'histoire du haut Orient progresse avec les Anquetil, qui débrouillent du même coup le chaos de nos origines. Et quel éclat dans le monde de la littérature et de la pensée! Sans compter le doux Sédaine et l'emphatique J.-B. Rousseau, n'avons-noiis pas d'Alembert. Beaumarchais, et le roi intellectuel du siècle. Voltaire !

Sous la frivolité apparente de l'époque, on sent fermenter déjà les grands élans do 17S9. Déià l'émeute gronde dans la rue. Toute la ville se lève pour saluer Franklin, pour faire ovation au patriarche de Ferney, qui vient mourir sous les acclamations et les couronnes parisiennes (1778).

C'était le temps des danses, des théâtres, des fèies symboliques, et l'on voyait trôner sur les boulevards les « muscadins n réfractaires aux armées de la République. N'oublions pas pourtant une innovation féconde. C'est le 22 septembre 1798 que l'on ouvrit, à Paris, au Champ-de Mars, la première exposition des produits de l'industrie nationale. L'idée devait faire son chemin.

Paris napoléo^iieti. — Survint le coup d'Etat de brumaire. Bonaparte, se défiant des Parisiens, multiplia d'abord contre eux les mesures arbitraires. Vn préfet de police fut créé, ayant sous ses ordres 12 maires d'arrondissement nommés par le pouvoir. Les journaux furent bàillo.inés, la liberté des cultes .sacrifiée, la liberté individuelle foulée aux pieds. Devenu empereur. Napoléon rêva pourtant de faire de Paris une capitale splendide. » Je voulais, disait-il plus tard à Sainte-Hélène, (|u'elle devint quelque chose de fabuleux, de colossal, d'inconnu jusqu'à nos jours. « C'est à Paris que furent célébrées toutes les grandes journ^'cs de l'empire; là que Napoléon épousa Marie-Louise

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(ISin), li que naquit l'enfant cliétif qui devait être Il lo roi do Uome (ISll) ».

Malgr(5 l'opposition timide des salons bourgeois, malgré les souvenirs de république toujours vivants dans le peuple, Paris s'éprit bientôt de la gloire impériale, se grisa d'entliousiasme aux revues de la vieille garde qui défilait au Cliarap-de-Mars, et salua d'acclamations patriotiques les centaines de di-apoaux captifs quecliaquo nouvelle année amenait triomplialoment aux voûtes de Notre-Dame. Les ponts d'Austerlitz et d'Iéna, ceux des Arts et de la Cité, la vaste rue de Rivoli et tout le quartier do la place Vendôme dont les noms rappelaient tant de victoires (Castiglione, Mondovi, Moiit-Thabor, etc.), la Halle aux blés, les grands quais, '20 nouvelles fontaines, la Bourse, les arcs de triomphe du Carrousel et de l'Étoile transformaient l'aspect du vieux Paris, devenu la capitale de l'Europe. La colonne de la place Vendôme fut élevée, après i80.'>, avec le bronze des canons conquis. Vinrent les désastres de 1812, amenant l'audacieux complot du général Mallet (IG octobre), suivi de l'exécution des conjurés à la plaine de Grenelle. Mais la noblesse et le clergé, ouvertement favorables à l'ennemi ; la bourgeoisie, indifférente et ruinée par la guerre, ouvraient la route à la coalition. Seul, le peuple des faubourgs offrait encore ses bras à l'empereur. A Vitepsk, à Valoutina, à Lùtzen, à Leipzig, les bataillons formés d'enfants de Paris eurent l'honneur de la journée. Dans cette dernière bataille, 1 300 jeunes gens du faubourg Saint-Antoine avaient perdu la vie en couvrant la retraite.

Un jour, on entendit gronder le canon des Prussiens et dr'S Russes autour de la capitale (30 mars 18U). Dès la veille, l'impératrice régente avait fui. Le roi Joseph la suivait dans sa fuite, laissant pour tout, ordre celui de capituler. Le peuple trahi, furieux, indigné, assiégeait les mairies en demandant des armes. Mais l'autorité faisait croiser la baïonnette sur ces patriotes, parmi lesquels était l'honnête, le pacifique poète BérangiT. Une poignée de désespérés, armés de piques et de fusils de chasse, se firent massacrer aux Buttes-Chaumoiit. à Montmartre, aux Batiguolles (barrière Clicliy) autour du maréchal Monciy. Le lendeiuain (31 mars) les émigrés, parés de la cocarde blanche, acclamaient l'entrée des cosaques sur les boulevards.

Moins d'une année plus tard, Paris voyait s'enfuir h. son tour le vieux Louis XVIII, et replantait sur les Tuileries ses couleurs tricolores, foulées aux pieds par les Bourbons (20 mars 1815). Pour résister à l'Europe monarchique, les fédérés des faubourgs, aussi ardents qu'en n93, vinrent offrir à l'i'mpereur le foriuidable appui de la démocratie en armes. Napoléon n'osa l'accepter. Il passa, le 3 juin, au Champ-de-Mars, la dernière revue de la grande armée, et partit pour Waterloo.

A la nouvelle du désastre, le peuple de Paris offre encore une fois son secours révolutionnaire à Napoléon pour sauver la France. Déjà l'ennemi touche à Vaugirard, à Montrouge oii une suprême bataille va s'engager. Mais la convention du 3 juillet, signée malgré les cris de rage de la population, ouvre à Wellington et à Bliicher les portes de la capitale.

Paris libéral. — Tandis que des acclamations, payées par la police, saluaient le honteux retour de Louis XVllI (.s juillet , que Paris, occupé par quatre armées étrangères (Anglais, Prussiens, Autrichiens, Russes) se voyait la proie des alliés et assistait aux saturnales de la terreur blanche (le général Labédoyère fusille à la plaine de Grenelle, Ifiaoùt; le maréchal Ney devant l'Observatoire, 7 décembre; les généraux Mouton-Duvernet, Chartran, etc.) ; tandis que la ville était rançonnée, ses musées dévastés, ses monuments mutilés, son

drapeau déchiré ; un sentiment d'universel dégoût s'élevait peu à peu dans les masses populaires. Pendant les quinze années que dura la Restauration, Paris n'a jamais pardonné aux Bourbon.s ces heures d'huniiliation 'nationale.

Les élections parisiennes de 1817 envoient à la chambre cinq libéraux. Les chansons mordantes du poète populaire, de cet enfant de Paris qui s'appelait Béranger, ridiculi>cnt les gouvernants du jour. Aux conspirations sans cesse renouvelées, le pouvoir répond par do sanglantes exécutions. Sous Charles X, l'opposition grandit, les manifestations s'accentuent aux funérailles du général Foy (18251, du député Manuel, de La Rochefoucauld-Liancourt (1827). La garde nationale de Paris est lirenciée. A cette provocation, la ville répond en envoyant, aux élections de 18'37, douze députés libéraux. Enfin le vieux Charles X, en déchirant la Charte, engage avec la capitale cette lutte mémorable de trois journées qui peid à jamais les Bourbons (27, 28 et 2!) juillet 1830).

La Restauration avafit prodigué à Paris les édifices religieux et les chapelles expiatoires. Le gouvernement de Louis-Philippe, proclamé roi (le 9 août) au Palais-Royal, éleva, en mémoire de son origine, la colonne de Juillet, qui couvre de son ombre les restes des citoyens morts pour la cause de la liberté. Dix-huit années de paix allaient permettre au nouveau régime la réparation de nombreu.x monuments (Madeleine, Hôtel de ville. Palais de Justice), enfin et surtout une œuvre capitale, la fortification de Paris.

Le ministère proposait la création de forts détachés ; l'opposition réclamait une enceinte continue. Les deux projets furent amalgamés li-ii! , et, après de longs débats, l'exécution en fut confiée à trois officiers généraux qui construisirent en cinq années f l8''il-lS4Gj l'enceinte bastionnée et 17 ouvrages extérieurs.

La place nous manque pour rappeler les nombreux événements dont Paris fut le théâtre de 18-30 à 18i8. Il nous suffira de dire que le mouvement frondeur du xvii' siècle, devenu philosophique au dix-huitième, puis révolutionnaire en 89, républicain en 92 et 93 ; un moment comprimé sous le Directoire et l'Empire, puis, vivement ranimé sous les Bourbons comme opposition libérale, se transforma encore après les journées de Juillet. Le peuple, envahi rapidement par les idées républicaines et les théories socialistes, allait livrer plus d'un combat au gouvernement de Louis-Philippe. Après le procès des ministres de Charles X (décembre 183(1), la révolution de Pologne, la manifestation de Saint-GeriTiain l'Auxerrois (février 1831), les funérailles du général Lamarque provoquent une terrible insurrection (5 et 0 juin 1832). Nouveau soulèvement en 1834, signalé par les tristes événements de la rue Transit onain (avril). Le 28 juillet 183'., la machine infernale de Fieschi éclate sur le cortège royal. Malgré la répression organisée parles lois de septembre, les sociétés socrèles ne désarment pas : le 12 mai 1839, une émeute éclate encore, conduite par Blanqui et Barbes. Puis, c'est la rentrée dos cendres de Napoléon qui sert do prétexte à une immense démonstration hostile au gouvernement (14 décembre ISiO). Enfin, après quelques années de tranquillité apparente, la politique du ministère Guizol amène les banquets réformistes, le soulèvement du peuple et la chute de la royauté (2i février 1848).

Durant cette longue série de convulsions politiques, Paris avait produit, en trois quarts do siècle, la plus merveilleuse pléiade de savants, d'artistes, d'Iiommes de lettres et d'hommes de guerre qui ait jamais illustré une capitale : Bailly, Lavoisier, Fqurcroy, Darcet, les Bron^niart pour la science pure ; Emile Burnouf, Letronne, Boissonnade, Barbie du Boccage et Quatremère de

PARIS

PARIS

Quincy pour l'archéologie et l'érudition ;La Harpe et Villemain pour la critique ; Ecoucliard-Lcbruii, M"" de Staol, Héranger, Legouvé, Scribe, Tocqueville pour les lettres ; Berryer pour l'éloquence ; Mctor Cousin pour la philosophie ; David, Gros, Paul Delaroche, Carie et Horace Vernct, Delacroix, Devéria, Gudin pour la peinture ; Horold et Halévy pour la musique ; Lekain, Talraa, M"' Mars pour la scène; aux armées, le maréchal Maison et le général Friant.

Pari' répuh'irain. — La proclamation de la République à l'Hôtel de ville ouvrit pour la grande cité une nouvelle ère. Paris recouvra ses franchises, sa mairie centrale, l'armement de tous ses citoyens. Les clubs reparurent; les journaux pullulèrent, harcelant le gouvernement provisoire et lui dictant les premières réformes qui l'ont honoré. : Malgré plusieurs manifestations menaçantes, faites , tour à tour par les conservateurs et par les socia- 1 listes, la grande fête de la Fraternité, où 400 000 | hommes armés défilèrent devant le gouvernement nouveau, rappela les plus belles journées de la première république. Mais les élections (4 uiai), bientôt suivies de l'invasion de l'Assemblée (15 mai), avaient fait éclater des haines qu'envenima la misère. L'impolitique décret de la Constituante, jetant brusquement sur le pavé les ouvriers des ateliers nationaux, amena le lamentable drame connu sous le nom de journées de Juin (du 22 au 26). Paris fut mis en état de siège par le général Cavaignac, et une violente réaction jeta dans les prisons 12 000 citoyens, au delà des mers 3 000 déportés. . , ,

Cependant, le prince Louis Bonaparte avait ete élu à la présidence. Après la manifestation du 13 juin 1849, la ville désarmée, durement surveillée par le général Changirnier, essaya vainenr-nt de protester contre les lois réactionnaires de l'Assemblée législative. Paris, également hostile aux deux pouvoirs en présence, le président Louis Bonaparte ^ et la majorité cléricale et royaliste de l'Assemblée; humilié d'ailleurs et foulé aux pieds depuis la ré- ^ pression de Juin, allait voir s'accomplir le coup d'Etat du 2 décembre 1S51. !

Pourtant, du 2 au 4 décembre, la capitale sans armes tenta de résister à la troupe derrière ses barricades. Les conspirateurs victorieux déporté- ] rent arbitrairement plusieurs milliers de Parisiens. Néanmoins, malgré la terreur, la ville ne donna ' pas la majorité de ses votes au pouvoir issu du coup d'Etat (132 OuO otii sur 291 000 électeurs in- SCrits). 1

Paris cosmopolite. — De même qu'au sortir du régime austère de la Convention, on avait vu se produire, au temps du Directoire, une ivresse de volupté et un débordement de fêtes, de même, .iprès les orages de la seconde république, on vit s'ouvrir une ère de spéculations et comme une frénésie de jouissances. L'Empire conçut le plan de iiansformer Paris, de lui prodiguer tous les embellissements matériels, d'en faire une ville unique, cosmopolite, éblouissante, pour effacer le souvenir des libertés perdues.

Administré par une commission municipale nommée par le pouvoir, par 12 maires au choix de l'autorité, surveillé par un préfet de police, gardé par 30 000 hommes de troupes d'élite (garde impériale), Paris avait perdu la dernière trace de ses vieilles franchises. En revanche, l'ordre assuré par la vigilance de la police attirait dans la ville une innombrable multitude d'étrangers, exploiteurs, curieux, touristes, agents d'affaires. Pour réaliser ce rêve grandiose, la destruction du vieux Paris et la création d'une ville entièrement nouvelle, l'Empire devait appeler forcément de tous les points de la France, et même de l'étranger (Belgique, Luxembourg), une immense armée d'ouvriers. Grâce à cette légion de travailleurs, Paris

voyait doubler sa population et devenait un des principaux centres do l'industrie nationale, une Babel commerciale et manufacturière. En 1866, la population de la capitale et des faubourgs annexé» dépassa le chiffre de I 8'25 OO'J habitants.

Il serait trop long d'énumérer la liste des nonveaux boulevards éventrant les vieilles rues tortueuses (Sébastopol, Saint-Michel, Saint-Germain, Prince-Eugène), les larges avenues rayonnant autour de l'Arc de-Triomphe ; les places du Louvre, du Palais-Royal, de l'Hôtel-de Ville, créées ou agrandies; la rue do Rivoli prolongée, le Louvre achevé et réuni aux Tuileries ; les Halles centrales construites. Des squares s'ouvraient sur plusieurs points de la capitale; un parc était planté pour le peuple auxButtos-Chaumont. Le préfet Haussmann ' attachait son nom à cette colossale transformation. ! Aussi l'Europe accourut-elle, pendant la guerre I de Crimée, contempler aux Chainps-Elysées les .merveilles de l'Exposition universelle (1855\ Et ' quand une loi nouvelle eut doublé l'étendue de Paris et porté de 12 à 20 le nombre de ses arrondissements, de 48 à 80 celui de ses quartiers, par , l'annexion de quinze communes suburbaines (1S60); quand de nombreux travaux eurent encore embelli la ville, versé l'air et la lumière aux extrémités comme au centre (rues Turbigo, Auber, de Rome, etc.i; ce fut le concours du monde entier qui se pressa aux portes de l'Exposition universelle ouverte au Champ-de-Mars en I8CT. Tous les souverains voulurent s'y rendre, depuis le tsar jusqu'au sultan (la reine d'Angleterre avait déjà visité la ca- I pitale à la fin d^' la guerre de Crimée). La splendeur extérieure de Paris n'avait jamais semble aussi éblouissante.

Mais il y avait plus d'une ombre au tableau. Outre les libertés perdues, que le vote populaire des Parisiens réclamait chaque fnis avec plus d'insistance trois députés de l'opposition en 1857, neuf sur neuf en 186.) et en 1861)!; outre les spéculations effrénées causées par la loi d'expropriation; outre la cherté croissante des logements et les rigueurs de l'octroi obligeant les familles pauvres à se réfugier hors des barrières, loin du centre du travail; un plus fatal symptôme commençait à frapper tous les yeux. Paris tendait à devenir de plus en plus une ville de luxe et de plaisir. La guerre de 1870 allait être un bien sinistre réveil; mais il devait en sortir aussi de salutaires leçons. ' Il n'entre pas dans le plan de ce Dictionnaire 'de poursuivre cet aperçu historique au delà I du 4 septembre et de la chute de l'Empire. Les ' événements de « l'année terrible » sont encore trop près de nous pour que l'histoire puisse les 1 inaer les épisodes héroïques ou douloureux du rsiè'-'e,' les scènes tragiques de l'épouvantable guerre civile qui suivit, sont encore dans toutes I les mémoires. Laissons à une autre génération ' le soin de déterminer les responsabilités, de 1 constater les fautes, de flétrir les crimes, et d exer- I cor cette justice impartiale qui n'appartient qu â I la postérité. Avec la fondation définitive de la Ré- ' publique, une ère nouvelle s'est ouverte pour Paris et la grande cité marche désormais d un pas assuré dans cette voie pacifique du progrès où la euident le travail, la science et la liberté.

me de Parts dam l'histoire. - Nous venons d'esquisser brièvement la glorieuse et sanglante histoire des destinées parisiennes. Nous avons vu naître, grandir et prospérer, malgré les invasions et les guerres civiles, la bourgade gaiiloise, la cité latine, la ville mérovingienne, royale, conimunale, berceau du monde moderne et mère de la Révolution. Nous avons vu, au cours de sa longue carrière, Paris nous apparaître sous tes aspects les plus divers, entrepôt maritime, siè^e de gouvernement, foyer scientifique, ville de plaisir et place de guerre. Nous avons vu le grand

PARIS

PARLEMENT

TÔle de Paris considiSré comme centre de l'unité française, et sa part d'influoncc dans la marche générale de la civilisation. Sans vouloir faire ici la philosophie de l'histoire parisienne, il nous reste à préciser ce rOle, à résumer les traits saillants et caractéristiques qui on constituent l'originalité.

I. — La résistance à l'invasion romaine, l'héroïque siège soutenu contre les Nortlimans, les soulèvements du quatorzième siècle, les guorrcs du quinzième, la défense acharnée dos ligueurs parisiens contre Henri IV, des frondeurs contre Louis XIV, la prise de la Bastille en 89, des Tuileries en '.!!, la bataille de juillet 1830, celles de février etde juin 1848, la lutte inégale du î décembre, enfin le douloureux siège de I870-I87I, attes tent et proclament, à chaque époque, le bouillant courage, l'ardeur patriotique et l'esprit militaire des Parisiens.

Voilà pour les époques de crise; voici- pour les époques de paix.

II. — L'interminable liste dos artistes, savants, historiens, philosophes ou poètes qui, depuis le moine Abbon et le trouvère Rnimbert de Paris, depuis Rutebeuf et Villon, ont eu la capitale ou pour berceau ou pour patrie d'adoption ; le succès éclatant de la Ménippée, des Mnzaiinailes, des chansons de Béranger. si éminemment parisiennes; tout atteste l'extrême aptitude littéraire, les dons brillants d'imagination contenus par le sévère bon sens, par-dessus tout enfin l'esprit ciitique, incisif et mordant de Paris. L'ironie parisienne emplit toute notre histoire; ironie naïve avec Rutebeuf, funèbre avec Villon, sévère avec Ramus, emportée avec Boileau, douloureuse avec Molière, indignée avec Voltaire, cynique avec Beaumarchais, touchante avec Béranger.

De cette aptitude doublement militante, par la parole et par l'action, résulte un troisième caractère, le plus essentiellement parisien, qui, de tout temps, a fait la gloire et le malheur de la cité.

III. — Paris, i toutes les époques, a donné le signal des grands mouvements nationaux qui ont eu leur contre-coup au delà de nos frontières. Résistance aux barbares; réveil des études philosophiques au moyen âge, des libertés communales au quatorzième siècle, de l'unité française au quinzième ; première protestation contre les tueries religieuses au seizième (les « politiques »), contre le despotique monarchique au dix-septième-(les frondeurs) ; bruyantes ovations à la philosophie et à la science au dix-huitième ; initiative du mouvement révolutionnaire sous les trois grandes Assemblées (Constituante, Législative, Convention) ; protestations libérales sous l'Empi'e, nationales sous les Bourbons, républicaines sous Louis-Philippe, sociales après 184s; enfin, lutte opiniâtre contre le second Empire, et défense désespérée contre l'invasion élrangère; Paris a devancé toujours, dans ces diverses phases de sa longue existence, le mouvement extérieur; souvent soutenu, plus souvent combattu par les provinces, qui marchaient d'un pas plus lent. C'est que Paris représente, comme Athènes dans l'antiquité, comme Florence au moyen âge, l'esprit novateur, initiateur par excellence. « Paris s'en va seul; la France suit de force et irritée; plus tard elle s'apaise et applaudit. C'est une des formes de notre vie nationale. » (Victor Hugo.) Ces mots résument l'histoire de Paris.

De là les coalitions et les haines. Mais de là aussi la sympathie de l'univers qui pense, l'admiration des lettrés, la complicité de tous les propagateurs d'idées nouvelles. Tous les poètes patriotes ont chanté la grande ville : Eustache Deschamps au temps des invasions anglaises; Lebrun-Pindaro au xviiie siècle; Victor Hugo et Béranger au xtx=. « Paris est la tête et le cœur de la France, » disait déjà Vauban au xvii' siècle. « Paris est la Jéru-

salem notivoUe, » s'écriait, il y a quarante ans, un Allemand enthousiaste, n Si j'étais riche et indépendant, disait, au dernier siècle, l'historien Gibbon, c'est à Paris que j'aurais fixé ma résidence. » Gœlhe ne tarissait pas d'éloges sur cette ville .. où les meilleures têtes sont toutes réunies dans un même espace ; » sur " cette ville universelle, où chaque pas sur un pont, sur une place, rappelle un grand passé ; où chaque coin de rue a vu se dérouler un fragment d'histoire où des hommes comme Molière, Voltaire, Diderot ont mis en circulation une abondance d'idées que nulle part ailleurs sur la terre on ne peut trouver ainsi réunies. » Terminons par le jugement de notre vieux Montaigne, que l'on n'accusera pas d'être un enthousiaste : CI Paris a mon cœur dez mon enfance, et m'en est advenu comme dos choses excellentes. Plus j'ay veu depuis d'autres villes belles, plus la beauté de celle-cy peult et gaigne sur mon affection. Je l'aynie tendrement jusques à ses verrues et à ses taches. Je ne mis Français que par cette grande cité, grande en peuples, grande en félicité de son assiette, mais surtout grande et incomparable en variété et diversité de commodités, la gloire de la France et l'un des plus nobles ornements du monde. Dieu en chasse loing nos divisions! »

Puisse, pour le bien du pays, ce dernier vœu du moins être exaucé. [Paul Martine.]

PAHLIîMENT. — Histoire de France, XX.XV III- XL. — Le nom de Parlement s'appliquait, à l'origine, à toute sorte d'assemblée. Il a été ensuite réservé, en Angleterre, à l'assemblée des barons et des députés des communes qui, dès le xiil» siècle, partagea avec le roi le pouvoir législatif. En France, il prit une signification toute différente, et servit à désigner les corps judiciaires que le souverain avait chargés de rendre la justice en son nom. Nous allons rappeler brièvement l'origine et l'histoire des parlements français.

De très bonne heure, les rois eurent auprès d'eux une courde justice. Dans cette coursiégoaient côte à côte des seigneurs et des légistes. Un recueil célèbre, les OUni, renferme les arrêts du parlement, du règne de saint Louis à celui de Philippe le Long; le plus ancien remonte à l'année 1V54. Philippe le Bel, qu'on a appelé le roi des Uqistes, donna au parlement une organisation régulière (1308) : ce corps dut tenir ses sessions à Paris, deux fois par an, et se composa de trois sections, la Grand Chambre, la CUamhre des enquêtes et la Chambre des requêtes; une chambre spéciale, la Chamhre des cmptes, eut à s'occuper de l'administration des finances du royaume (la Chambre des comptes fut plus tard séparée du parlement et constituée en corps indépendant). En même temps, un second parlement était institué à Toulouse pour les pays de langue d'oc.

L'importance du parlement grandit vite. Les rois avaient pris l'habitude de faire transcrire leurs édits et ordonnances sur les registres de ce corps ; cette formalité de Venregi^tnmunt se transforma peu à peu en un véritable droit de contrôle concédé aux magistrats judiciaires : il fut dès lors admis qu'une ordonnance n'obtetiait force de loi qu'à la condition d'avoir été enregistrée ; et le parlement s'enhardit sijuvent jusqu'à discuter la volonté royale, à présenter des remontrances, et même à refuser l'enregistrement demandé. Il est vrai que ce refus no tenait pas devant une détermination arrêtée du souverain de passer outre : le roi se rendait en personne au parlement, s'y plaçait sur le trône appelé lit de justic (de là le nom de n lit de justice » donné à ces séances solennelles), et ordonnait aux chambres réunies d'avoir à enregistrer son édit sans discussion ; le parlement alors cédait, et constatait la violence

PARLEMENT

PARLEMENT

qui lui était faite par la mention : n enregistré du très exprès commandement du roi. »

Louis XI, roi jaloux de son autorité, institua trois parlements nouveaux, ceux de Grenoble, de Bordeaux et de Dijon, afin d'affaiblir le pouvoir de celui de Paris. Le parlement de Paris n'en resta pas moins la première cour judiciaire du royaume, et il conserva cette position prépondérante môme après que d'autres parlements eurent été successivement créés dans la plupart des provinces : h Rouen et à Aix, sous Louis XII; à Rennes, sous Henri II; à Pau et h Metz, sous Louis XIII; à Besançon, à Trévoux, et h Douai, sous Louis XIV ; enfin à Nancy, sous Louis XVI.

Au début, les conseillers au parlement étaient nommés parle roi; à partir de 1401, ce fut le parlement qui présenta lui-même au souverain les candidats. Mais François I",qui cherchait à grossir par tous les moyens les revenus de la couronne, imagina de vendre les charges judiciaires; et, dès ce moment, les places de conseiller s'achetèrent à prix d'argent. Cet abus, si scandaleux qu'il fût, eut au moins un bon côté : le magistrat, sa charge une fois payée, se sentit plus indépendant de la couronne; la fonction qu'il occupait était devenue une propriété dont nul ne pouvait le déposséder. Le droit de remontrance fut formellement reconnu au parlement par l'ordonnance de 15C5.

Dans les guerres de la Ligue, la magistrature joua un rôle assez important. Soixante membres du parlement de Paris, à la tête desquels était le premier président Achille de Harlay, refusèrent de reconnaître la révolte des ligueurs, et furent mis à la Bastille par ordre des Seize (1589); les autres membres, sous la présidence de Brisson, adhérèrent à la révolte et devinrent le parlement de la Ligue; mais bientôt ils furent trouvés trop tièdes : Brisson et deux autres conseillers furent pendus (151)1). Après la chute des Seize, le parlement, se ralliant au parti des poldi lUes. rendit un arrêt pour le maintien de la loi salique (I.'.9.3), et contribua ainsi à empêcher l'élection d'une princesse espagnole au trône de France.

Lorsqu'Henri IV eut terminé les guerres de religion par l'édit de Nantes, une modification favorable aux protestants fut introduite dans les parlements : il y eut désormais, au parlement de Paris, une chambre spéciale exclusivement composée de protestants, dite Cha>nhre 'le l'édit ; et les parlements de Toulouse, de Bordeaux et de Grenoble eurent des chambres mi-parties, c'està-dire mixtes. Ce régime dura jusqu'à la paix d'Alais (l6-.'!t), qui enleva aux protestants les privilèges civils et politiques que l'édit de Nantes leur avait accordés.

Une autre modification importante, mais plus durable, fut apportée à l'ancienne constitution des parlements par l'édit de IG04, qui rendit les fonctions judiciaires héréditaires, moyennant le payement par le titulaire d'une redevance annuelle (la paillette).

A la mort d'Henri IV, Marie de Médicis crut devoir s'appuyer sur le parlement, et ce fut d-^s mains de celui-ci qu'elle reçut la régence : par cet acte, ce corps prit une importance politique qu'il n'avait pas eue jusqu'alors. S'enhardissant, il voulut, après la clôture des états généraux do 1P14, essayer de prendre en main hi direction des affaires; toutefois l'attitude résolue de la régente le fit reculer, et il se contenta de quelques concessions de pure forme. Mais, au commencement du règne suivant, il renouvela ses prétentions avec plus de vigueur et de ténacité. Comme Marie de Médicis, Anne d'Autriche eut besoin de lui : le parlement, invité h statuer sur la question de régence, n'hésita pas à casser le testament de Louis XIII en supprimant le conseil de régence que le monarque défunt avait voulu imposer à la

reine. Mais, après ce premieracte, les magistrats voulurent exercer eux-mêmes un contrôle effectif sur le gouvernement; Varrét d'union, rendu par le parlement, la chambre des comptes et la cour des aides, déclara que des députés de ces trois cours se réuniraient pour s'occuper de la réforme de l'Etat. La reine essaya en vain de résister ; le peuple prit le parti du parlement, et, Mozarin ayant fait arrêter le conseiller Broussol (36 août IGi8!, les Parisiens exigèrent et obtinrent sa mise en liberté. Ce fut le commencement de la Fronde. Dans un autre article (V. Fronde), nous avons raconté cette lutte de la magistrature et d'une partie de l'aristocratie contre le pouvoir royal. La Fronde ne pouvait vaincre ; la bourgeoisie française, dont le parlement, d'ailleurs, ne pouvait se dire le représentant légitime, n'était pas encore mûre pour la liberté politique, et dut bientôt rentrer dans l'obéissance. On sait comment, un an après l'occupation de Paris parles troupes royales, le jeune Louis XIV réduisit le parlement au silence; il chassait dans la forêt de Vincennes, lorsqu'il apprit que les magistrats, auxquels il avait ordonné d'enregistrer des édits établissant de nouveaux impôts, s'étaient réunis pour en délibérer; il accourt au Palais dans son costume de chasseur, et, s'asseyant tout botté sur le M de justice, il s'adresse en ces termes aux conseillers : « Chacun sait combien vos assemblées ont excite de troubles dans mon Etat ;... j'ai appris que vous prétendiez encore les continuer, sous prétexte de délibérer sur mes édits. Je suis venu ici tout exprès pour en défendre la continuation, ainsi que je fais absolument, et à vous. Monsieur le premier président, de les soufl'rir ni de les accorder. » Le parlement se le tint pour dit ; dans un lit de justice précédent, le roi lui avait enlevé le droit de faire des remontrances; pendant les soixante années qui suivirent, il redevint une simple machine à enregistrement. .

Il prit sa revanche à la mort de Louis XIV, lorsque, appelé par le duc d'Orléans h casser le testament du grand roi, comme il avait casse celui de son prédécesseur, il sembla redevenir un moment un pouvoir politique. Mais, quoiqu'il eut recouvré le droit de remontrance, le parlement ne songeait pas à deman.ler dis réformes sérieuses; sous couleur de bien public, ce qu'il poursuivait, c'était la satisfaction de ses propres intertls, le triomphe des passions sectaires dont ses membres étaient devenus les adhérents opiniâtres. En haine des jésnites, qui avaient dominé le gouvernement de Louis XIV, les parlementaires s'étaient ralliés au parti janséniste. Ils avaient été contraints d'enregistrer la bulle Vnigemtus en l.l.i, noi» toutefois sans qu'ils eussent réussi à y faire des changements; mais en 1730, Louis XV exigea, dans un lit de justice, l'enregistrement de la bulle sans modifications ; le parlement protesta, fut exilé, puis rappelé; et cependant les persécutions contre les jansénistes continuèrent tu 1752 la querelle recommença au sujet des IjiUets de confession; le parlement essaya de résister aux exigences du clergé, et finit par donner sa démission en masse ; il fallut l'attentat de Damiens pour amener une conciliation : le roi, effraye, céda alors et rétablit le parlement il757). Cinq ans plus ta-d, un arrêt du parlement de Pans, appuyé par tous les parlements de province, prononçait l'abolition de l'ordre des jésuites, et cet arrêt était confirmé par un édit royal.

En même temps qu'ils triomphaient des jésuites, les parlementaires se montraient les adversaires déclarés des idées philosophiques. Le parlement de Paris avait condamné l'^'";;/" f '«'^ " \ Emile; il avait fait périr le chevalier de Labarre. accusé de blasphème, pendant que le parlement de Toulouse prononçait la peine de la roue contre

PARONYMES

PARONYMES

Calaset Sivvcii. Aussi l'opinion, loin de voir comme autrefois dans les parlements les gardions des libertés publiques, ne les regardait plus que comme les défenseurs des vieux abus et de privilèges odieux ou ridicules.

Lors(iue Louis XV, à l'instiRation de la Dubarry, supprima par un coup d'Etat les parlements qui gênaient son auturilé absolue ,1771), et les remplaça par les cours nouvelles que créa le chancelier Mau- du corps, peou, la Krancene s'émut que médiocrement. Louis | g. Oais, s. m., voile ou tonte \V1 toutefois, àson avènement, crut devoirles réta- , jouer ou pour coud

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