Bailler, donner en bail. — Bâiller, ouvrir la bouche
Ces exemples suffisent pour montrer que tous les mots de notre langue pourraient entrer dans la liste des paronymes éloignés. Chaque nom, chaque verbe n'a-t-il pas un voisin qui lui ressemble, soit par le son, soit par le sens ? Et quand il n'y a aucune analogie entre deux mots, comme entre amnistie et, armistice qui sont pourtant cités par la plupart des grammairiens, la prononciation vicieuse du peuple et des étrangers, les jeux de mots par à peu près, les ont bien vite rapprochés. On entend dire tous les jours; « Qu'allait-il faire dans cette gnbare a (barque), pour bagarre (querelle). — « Le lièore (pour le lierre) meurt où il s'attache. » — ci C'est un domaine conséquent » (pour considèrablr), etc. Ces confusions, nées de l'ignorance ou de la fantaisie, ont produit des effets curieux dans notre langue. C'est ainsi que fasolet, diminutif de faseol [faseolus, petit haricot), a été remplacé par flageolet (petite flûte) ; réticule {reticulwn, petit filetj, par son paronyme ridicule, etc. De pareilles erreurs nuisent à la pureté de la langue. Les maîtres ne sauraient trop réagir contre de semblables tendances, en insistant fortement sur le sens propre et le sens figuré
des mots français, en marquant ncitemenl les nuances qui les distinguent et les diverses modifications que les préfixes et les suffixes viennent apporter au sens étymologique de la racine. [J. Dussouchet.] l'ARTICIl'E. — Grammaire, XIV. — Le participe est un mot qui tient à la fois du vei-be et de Vudjectif. . , .
Parlicipe vient du latm particeps (qui prend part, qui participe à). Il tient du verbe dont il dérive parce qu'il peut avoir les mêmes compléments : « Les éclairs, nous effrayant tous, redoublèrent. » 11 tient de l'adjectif, parce qu'il marque comme lui la qualité, la manière d'être : « Ce conte est effrayant. «
Remarque. — Le participe n'est pomt une partie du discours, c'est un mode impersonnel du verbe comme l'infinitif (V. Verbe).
Il y a deux sortes de participes : le participe présent et le participe passé.
1. Accord du participe présent. — 1° Le participe présent employé comme verbe est toujours invariable : « (^ette personne, tjHiijeant tous les mallieureux, est vraiment charitable. »
Nos participes présents viennent des participes présents latins; ceux-ci étant traités par les Romains comme de simples adjectifs, nos participes présents furent toujours variables jusqu'à la fin du seizième siècle. On trouve dans Rabelais : « Elles sont femmes bien entendantes les beaux endroits ; » dans Amyot : « Des paroles s'adressantes aux Ioniens; » Dans Malherbe ; « Des enfants bienheureux ayants Dieu dans le cœur; » dans Bossuet : « Des âmes virantes d'une vie brute et bestiale ; » dans La Fontaine : « Donner la chasse aux gens portants bâtons ; » etc. Ce fut seulement en 1660 qu'Arnauld et Lancelot enseignèrent, dans leur Grammaire de Port-Rotjal, qu'il y avait lieu de distinguer dans les formes en aiit un adjectif verbal déclinabie et un participe présent indéclinable. Ce principe erroné (que Vaugelas avait admis en partie dès 1641) fut reconnu par l'Académie dans sa séance du 3 juin 1679, et obtint dès lors force de loi. On trouve cependant encore des traces de l'ancien usage dans quelques termes de jurisprudence tels que : des ayants cause, des ayants droit.
2° Employé comme adjectif, le participe présent est dit adjectif verbal, et, comme tous les autres adjectifs, est soumis aux règles de l'accord : u Cette personne est obligeante. »
Le participe présent exprime l'actio7t {« l'orage, en effrayant les animaux, dispersa tout le troupeau »), tandis que l'adjectif verbal exprime l'état (« l'obscurité est effrayante »). Il faut donc savoir reconnaître s'il y a état ou action.
Il y a action et par conséquent pas d'accord : 1° Quand le participe a un complément direct : u On n'entendit plus les marteaux fmppant l'enclume, n ...
r Quand il est précédé de la préposition en : « La mer s'avance en 7nugissant » (c'est-à-dire en faisaid faction de mugir).
:,' Quand il e=t suivi d un adverbe : « Une tille obéissatit bien ; des esprits agissant toujours. >. Il y a état et par conséquent accord :
débris flottent, se dirigent vers la cête. Dans le second eus, flottant s'accorde parce qu'il est adjectif et marque l'état de ces débris, qui sont abandonnés depuis longtemps aux flots.
Le français crée des noms nouveaux à l'aide du participe présent : de croyant, tranchant, débitant, participes de croire, trancher, nébiter, il forme un croyant, le tranchant, un débitant, mots qui naturellement suivent au pluriel la règle ordinaire des substantifs : des croyants, des tranchants, des débitants.
11 ne faut pas confondre les participes présents, tels que m-gligeant, adhérait, différant, extravaguant,c\.a.. avec les adjectifs négligent, adhérent, différent, extravagant, etc. Les premiers sont régulièrement formés, par le français, des verbes négliger, adhérer, différer, extraoaguer. Les seconds sont de véritables adjectifs tirés directement du latin. Ces adjectifs ne peuvent donc, en aucun cas, être dits les adjectifs verbaux de négliger, adhérer, etc.
En voici la liste à peu près complète :
1° Participes dont le radical diffère de celui de l'adjectif :
Participes présents tirés des]
Adjectifs ou substantifs ver-
verbes français