JACQUES
Ambioise h, Milan, et plus tard saint Grégoire h Hume, r(5formont les chants liturgii|ues (cliant grégoi'ien). C'est surtout dans l'Allemagcne et les Flandres qu'il faut cliorcher le dcvoloppemeiit original do l'art musical On a beaucoup exagéré les réformes du moine Guidu ou Gui d'Arezzo (mort vers 1050). Il n'a fait qu'introduire la clarté dans la notation obscure des yicumes, et substituer aux tâtonnements des écoles, où la mémoire jouait un graiid rôle, une méthode rationnelle pour l'enscigneniont du chant.
La lienaissance. — La Renaissance des lettres et des arts est le résultat d'un grand effort tenté au xV siècle pour renouer avec l'antiquité la chaîne des traditions intellectuelles et morales. Cosme de Médicis, Laurent le Magnifique, et Léon X de Médicis ont puissamment encouragé ce mouvement.
Tandis que les lettrés italiens étudient les anciens, et bientôt produisent i leur tour des œuvres originales, les arts brillent déji d'un éclat incomparable avec PollaiuoUo, Nallo, Ghirlandaio. Mais le sentiment clirétien tend à disparaître. Le siècle d'Alexandre VI adore la force. La violence éclate dans les faits; le culte des muscles s'impose h. la peinture et ii la sculpture, dans les oeuvres de Pietro Vanucci (le Pérugin;, maître de Raphaël; de Léonard de Vinci (H52-15I;), d'Andréa del Sarto, deMichel-Aiige Bnonarotti (li74-lo6i), qui enfante des colosses; de Raphaël (1483-1^20) et de son élève Jules Romain. Le sensualisme domine encore plus dans l'école vénitienne, dans les œuvres de Tiziano Vecelli (le Titieji), et de Giaconio Robusti (le ïintorei) ; Paolo Caliari (Paul Véronèse, 1528-i.S88) se distingue par la richesse et la variété du coloris. L'école lombarde affecte une fière indépendance : Antonio Allegri (le Coirège) n'a pas visité Rome. L'école bolonaise brille surtout au xvii" siècle avec les Carrache, Domenico Zam-
pieri (le Dominiquinl, Guido Roni (le Guide), J. F. Uarbieri (le Guerchin). L'école napolitaine produit Salvator Rosa (1G:;5-IG7;J).
La sculpture entre dans une voie nouvelle avec Michcl-Ango et Bcnvenuto Cellini.
La musique devait quelques réformes au Flamand Dufay (mort en 14.32), qui se fixa à. la cour pontificale. Un siècle plus tard, un autre Flamand, IJosprcz (mort en l.iSl), tantôt i Ferrare, tantôt à Rome, composait dos messes fort renommées de son temps. Le Français Goudiniol (mort en 1512) fonda îi Rome une école de musique. Son meilleur élève fut Palestrina. Désormais l'Italie eut des musiciens illustres : après Palestrina (1524-1594), Zarlino, Tartini, Scarlalti.
Ou dix-xfptième siècle jusqu'à nn<: fours. — L'Italie asservie a perdu ses grands peintres et ses grands sculpteurs, mais elle a trouvé do grands musiciens. Pergolèse (mort en 1736), Cimarosa imort en 1801) n'ont pas été dépasses, môme de nos jours. Guglielmi et Paesellio ont beaucoup perdu de leur ancienne réputation. Le bruyant Piccini (172t)'-180ii) a rempli le dernier quart du xviii" siècle de sa lutte contre Gluck et les musiciens français. Après lui viennent les grandes illustrations contemporaines, Cherubini, Spontini, Rossini, Bellini, Donizettij et Verdi, le seul survivant des maestri qui ont porto si haut la gloire de la musique italienne.
La peinture n'a plus produit de nos jours en Italie des artistes d'une réputation européenne. L'école moderne de sculpture italienne reconnaît pour chef Canova (mort en ls22). De beaucoup supérieurs, dans cette branche de l'art, aux autres peuples, les Italiens possèdent encore aujourd'hui de grands artistes, MM Dupré, Romanellij Vêla, Monteverde, Braga, Civiletti, etc.
[L.-G. Gourraigne.]
JACQUES. — Nom de deux rois d'Angleterre, do 11 dynastie des Stuarts *.
Jacques I" (Jacques VI d'Ecosse). — Fils de Marie Stuarl, ce prince était encore au berceau lorsque la révolution qui enleva la couronne à sa mère le porta lui-même au trône d'Ecosse sous la régence de son oncle lord Murray (1563). Elevé dans la religion protestante, il devint l'allié d'Elisabeth d'Angleterre, qui, après avoir fait tomber la tôte de la mère, s'était décidée à choisir le fils pour son propre héritier. A la mort d'Elisabeth (1603), Jacques fut reconnu sans difficulté comme son successeur (il avait d'ailleurs des droits îi la couronne d'Angleterre par son arrière grand'mère Marguerite, fille d'Henri Vil Tudor), et 'prit le nom de roi de la Grande-Bretagne.
Jacques maintint les lois portées contre les catholiques; aussi ceux-ci formèrent-ils contre lui plusieurs complots, dont le plus sérieux fut la fameuse conspiration aes pnuires (1605), k la suite de laquelle les jésuites furent bannis du sol anglais. Les non-conformistes protestants furent persécutés avec plus de rigueur encore que les catholiques ; de nombreux puritains émigrcrent dans l'Amérique du Nord, où ils fondèrent les colonies de la Nouvelle-Angleterre.
D'un caractère faible, Jacques I" se laissa gouverner par des favoris, dont l'arrogance et la cupidité rendirent le roi impopulaire. Les bizarreries de son humeur, sa pusillanimité, sa pédanterie, le couvrirent de ridicule. Imbu des maximes du pouvoir absolu, il voulut les faire prévaloir. « Les
rois, disait-il au Parlement en ICOl, sont, par Dieu même, appelés des dieux, comme étant ses lieutenants et ses représentants sur la terre ; en eux brillent quelques étincelles de la Divinité. » Mais l'esprit d'indépendance, étouffé sous les Tudors, commençait à renaître. Le roi eut beau menacer d'une amende les villes qui nommeraient des députés de l'opposition : le Parlement ne se laissa pas intimider. Une lutte permanente s'engagea, et Jacques finit par avoir le dessous. En 1623, il avait envoyé à Madrid son favori , le duc de Buckingham, demander pour son lils Charles la main d'une infante d'Espagne ; grâce à l'insolence de Buckingham, les négociations, au lieu d'aboutir à un mariage, finirent par une déclaration do guerre ; mais le Parlement refusa alors les subsides qu'on lui demandait, et, pour les obtenir, Jacques dut consentir à ce que les commissaires du Parlement en surveillassent l'emploi : la royauté de droit divin capitulait devant la persévérante fermeté des Communes.
L'Angleterre, dont Elisabeth avait fait la première des puissances protestantes, ne joua sous ce règne qu'un rôle effacé dans la politique européenne : Jacques so désintéressa de la grande lutte que so livraient en Allemagne le catholicisme et la réforme, bien que son propre gendre, l'électeur palatin, réclamât son intervention en faveur de ses coreligionnaires (V. Guerre du Trente ans).
Mais les actes du souverain, qui portent l'empreinte de son esprit étroit et timide, ne sont que