DC BD "BD+DC
PX'"=\rr: + Kr^ = i-
Problème II. — Etant données les projections d'une droite cotée en deux points, trouver la cote d'un point quelconque ; trouver les points à cote ronde.
Soient la droite ai, (fig. 2), représentée à l'échelle de I à 200 ou de 5"" par mètre, et le point c dont on veut connaître la cote.
On fait le rabattement de la droite AB, comme il vient d'être dit; on élève la perpendiculaire cC sur ah et l'on évalue la longueur de cette ligne à laide de l'échelle;. On trouve 3">,0.
C'est au moyen de deux constructions analogues que 1 on reconnaît si deux lignes, qui se coupent en projection, se coupent réellement dans l'espace. Il suffit, en effet, de rabattre ces deux lignes et de déterminer, sur chacune d'elles, la cote du point de rencontre des projections. Quand les deux ré-
sultats sont identiques, c'est une preuve que les lignes se coupent.
Il y a trois points à cote ronde sur la ligne ab. Pour les obtenir, il suffit de porter sur une perpendiculaire à cette ligne, à partir du pied, trois longueurs égales à 3", 4" et 5", puis de mener des horizontales jusqu'à la rencontre de AB et d'abaisser des verticales sur ab. Les points obtenus d,e,f, sont équidistants.
Cette dernière construction nous indique le procédé général pour trouver la projection d'un point dont la cote est donnée.
Problème 111. — Déterminer les cotes rondes d'une droite, connaissant sa pente, sa direction et la cote d'un point.
Soit proposé de coter une droite ab ayant une pente de |, sachant que la cote du pointa est 8",5. (Le lecteur est prié de faire la figure.)
On porte une longueur égale à 9 mètres à partir du pointa; la cote du point obtenu est égale à K",5 -j- 4 = 12™,5 ou 4,5 selon que la droite s'élève ou s'abaisse. Les cotes rondes se déterminent ensuite comme dans le problème précédent.
Ce problème apprend à mener par un point une parallèle à une droite donnée, il suffit, en effet, de mener une parallèle à la droite sur le plan horizontal et de lui donner la même pente et dans le même sens.
5° Le plan. — Si l'on coupe un plan quelconque par des plans horizontaux parallèles au plan de comparaison, les horizontales du plan se projettent parallèlement. Le plan peut être représenté par deux horizontales ; mais il est également déterminé par une seule ligne perpendiculaire à ces horizontales, et c'est ce dernier moyen que l'on emploie généralement.
Cette perpendiculaire aux horizontales d'un plan s'indique par un double trait et se cote comme une droite ordinaire ; c'est la ligne de plus grande pente du plan ou encore l'échelle de pente du plan.
Les problèmes relatifs à la droite s'appliquent à l'échelle de pente d'un plan.
Soit un plan horizontal P, coupé par un plan quelconque Q, (fig. 3).
Fig. 3.
PLANS COTES
PLANS COTÉS
Si d'un point C, pris dans le plan Q, on mène une perpendiculaire CD et une droite quelconque CE sur l'horizontale AB, la pente de la première ligne est plus grande que celle de la seconde.
En eflct, abaissons une perpendiculaire Ce sur le plan P et menons cU et cE ; nous avons :
Ce
pente de CD = ^=; cl)
Ce
'cE
pente de CE = -
mais cD est perpendiculaire à AU, parce que le plan CcD est lui-même perpendiculaire à AB, tandis que tE est une oblique à cette ligne. Donc on a :
cD < cE,
ce qui prouve que la première fraction est plus grande que la seconde.
Problème IV. — Un plan est déterminé par trois points cotés, trouver son échelle de pente et la cote d'un point quelconque.
Soient les trois points cotés a,b,c, et le point non coté (/, (fig. 4).
On joint ab et bc ; on détermine, sur ces deux lignes, deux points ayant la même cote, par exemple, 4 mètres, par le procédé connu (prob. Il) ; on joint ces points, ce qui donne une horizontale du plan, et l'on mène une perpendiculaire en un point quelconque de cette horizontale: c'est l'échelle de pente du plan, qu'il est facile de graduer en cotes rondes.
Pour trouver la cote du point d, on fait passer, parce point, une horizontale du plan, qui rencontre l'échelle en un point dont on détermine la cote (prob. II).
On résoudrait facilement d'autres problèmes analogues au précédent : trouver l'échelle de pente d'un plan déterminé par une droite et un point, par deux droites qui se coupent, par deux droites parallèles.
6" Surface quelconque. — La méthode des projections ciitces est exclusivement employée pour indiquer le relief du sol et pour représenter des surfaces tout à fait irrégulières.
U faut, au préalable, faire deux opérations bien distinctes, le levé du plan pour la projection horizontale, et le nivellement pour les cotes (V. ces deux mots).
A l'aide du levé de plan, on représente les limites de la surface ; au moyen du nivellement, on trace des lignes courbes horizontales ayant la même cote en lous leurs points et représentant des sections faites dans les surfaces par des plans horizontaux. Ces courbes planes s'appellent cmirbes fie niveiiu. Elles sont généralement à cotes rondes. Elles sont d'autant plus serrées quo la pente est plus rapide (V. Nioellemenl).
Problème V. — Etant donnée une surface topographi(|uo, représentée par des courbes de niveau, on veut y tracer : l" un talus de pente régulière, ce qui revient îi trouver l'intersection de
cette surface avec un plan dont l'échelle de pento est donnée; 3» l'axe d'un chemin ayant une pente uniforme imposée d'avance. -".1
Soient la surface et l'échelle de pente données en cotes rondos, et le point a, origine du chemin à tracer (lig. b).
Par les points de division de l'échelle, on mène des horizontales du plan, c'est-à-dire des perpendiculaires à cette échelle; on détermine les inter.sections de ces horizontales avec les courbes de mêmes cotes et l'on joint les points obtenus.
Pour tracer le chemin, dont la pente devra être, par exemple, égale, à ~, il faut d'abord chercher la distance horizontale qui devra exister entre deux courbes de niveau, c'est-à-dire la distance qu'il est nécessaire de parcourir horizontalement pour s'élever d'un mètre.
Il suftit évidemment de résoudre la proportion suivante :
A partir du point a, avec une ouverture de compas, mesurée sur l'échelle et égale à 7",.'), on décrit un arc de cercle qui coupe la deuxième courbe au point b ; on joint nb : c'est la première partie du tracé demandé. Au point b, on opère de la même manière pour avoir le point c, et ainsi de suite, pour toutes les courbes de niveau.
Il est évident que l'on peut obtenir plusieurs tracés issus du point a avec la même pente, puisque le premier arc de cercle courbe la deuxième horizontale en deux points b et éj, et que ceux-ci peuvent donner à leur tour quatre points c, Ci, Cj. Cj. On prendra le contour le plus agréable à l'œil et le plus facile à effectuer sur le terrain.
Application. — La plus utile application de la méthode des plans cotés se trouve dans le tracé d'une voie de communication.
Nous allons indiquer sommairement la suite des opérations à faire pour le tracé d'une portion de chemin de fer, entre deux points A et B imposés d'avance. 1° Examen de la carte de l'étalmajor, qui donne l'altitude des points A et B et, par suite, une indication importante sur la pente générale à adopter pour la ligne ; 2° tracé, sur la carte, d'un premier parcours polygonal; :)" reconnaissance du terrain et jalonnement do cette ligne polygonale (de grandes perches ou balises sont plantées aux sommets des angles); 4'" modifications successives du tracé, imposées par dos difflcultés particulières d'exécution ou pour ménager certains intérêts, et adoption définitive de la ligne qui parait le mieux répondre à tous les besoins ; 5° tracé des courbes à tous les angles.
PLANTAGENET
PLANTAGENET
généralement des arcs de cercle, dont les rayons ne peuvent être inférieurs à un minimum donné, (500 mètres pour les grandes lignes, ïOOà 250 mètres pour les lignes secondaires) ; pour cette opération intéressante, on mesure exactement les angles avec des instruments de précision ; on calcule la longueur des tangentes, et le développement des arcs, étant donnés les rayons : on mesure ces tangentes, à partir des sommets, pour avoir les points de raccord ; on élève, de distance en distance, des perpendiculaires sur ces tangentes, sur lesquelles on porte des longueurs calculées d'avance, et l'on obtient des points de la courbe, que l'on indique par des piquets ; 6° chaînage et piquetage de la ligne (tous les accidents du terrain sont indiqués par un piquet ordinaire, les hectomètres sont indiqués par un piquet plus fort, portant un numéro d'ordre : exemple, 1 H, 2 H, et les kilomètres par un piquet encore plus fort avec un numéro d'ordre, portant la distance à partir de l'origine de la ligne : exemple, iKm, 2Km) ; 1° construction du plan de la ligne et de toutes les propriétés parcellaires traversées, à 40 mètres environ de chaque côté de l'axe (ce plan est généralement à l'échelle de 1 à 1000) ; 8° nivellement de l'ave et tracé du profil en long, en prenant un plan de comparaison inférieur à tous les points relevés, souvent le niveau de la mer, et en prenant 1 échelle des ordonnées double de celle des abscisses, afin de mieux indiquer les accidents du terrain (les ordonnées ordinaires sont en trait rouge, celles des hectomètres et des kilomètres sont en noir, le profil du terrain est en noir et la ligne elle-même en rouge); 9° nivellement et tracé des profils en travers, c'est-à-dire de profils perpendiculaires à l'axe passant par tous les piquets (sur chaque profil en travers, une horizontale en trait rouge indique le niveau du point correspondant de l'axe de la ligne ; les déblais, qui sont au-dessus, sont marqués en teinte rouge, et les remblais, qui sont au-dessous, sont marqués par une teinte jaune) ; 10° calcul des déblais et des remblais en intercalant dt'S plans verticaux à égale distance des profils en travers, de manière à déterminer des prismes formés par ces sections, par les faces en talus et par les plans horizontaux supérieurs et inférieurs; 11° évaluation du coât total et du cou/ kilométrique, en tenant compte des difficultés de transport, de la dureté des roches et des volumes i déplacer respectivement à la pelle, i la brouette, au tombereau et au wagon. [A. Gougaeret.J
PLANTAGE.NET. — Histoire générale. XVIII-XX, XXVIII. — Nom d'une famille royale, d'origine française, qui a donné h l'Angleterre treize souverains. Les notices ci-dessous, consacrées à ces princes, compléteront les indications générales données à l'article Angleterre.
Henri U (11541 189) était le fils de Geoffroy, comte d'Anjou, du Maine et de Touraine, surnommé Plantagenet à cause de la branche de genêt qu'il avait l'habitude de porter à son casque. Geoffroy d'Anjou avait épousé en 1127 la princesse Mathilde, fille du roi d'Angleterre Henri I" et veuve de l'empereur Henri V. Mathilde était l'héritière de la couronne d'Angleterre; mais, à la mort d'Henri I", les barons normands refusèrent de la reconnaître, et prirent pour roi un petit-fils de Guillaume le Conquérant par les femmes, Etienne de Blois (1135). CeUii-ci, après avoir eu à lutter pendant tout son rogne contre les entreprises des partisans de Mathilde, finit par reconnaître pour son héritier le fils de sa rivale. Henri d'Anjou venait de s'unir k l'épouse divorcée du roi de France Louis VI(, Eléonore d'Aquitaine, qui lui avait apporté en dot ses vastes domaines, le Poitou, l'Aunis et la Saintonge, l'Angoumois, la Marche, le Périgord et la Gascogne, lorsqu'il suc-
céda en U5i h. Etienne, sous le nom d'Henri II; il se trouva donc posséder, outre ses Etats anglais, un tiers de la France, toutes les provinces occidentales, de la Normandie à l'embouchure de l'Adour, moins la Bretagne, qu'il acquit plus tard par le mariage d'un de ses fils avec Constance, fille du duc Conan IV.
Henri Plantagenet, malgré sa puissance, n'en était pas moins le vassal du roi de France; mais il nourrissait l'espoir de substituer sa famille à la dynastie capétienne, et de réunir ainsi les deux couronnes de France et d'Angleterre : à cet effet, il négocia un mariage entre son fils aîné, Henri, duc de Normandie, et une fille de Louis VII. Ce projet échoua, le duc de Normandie étant mort avant son père, et Louis Vil ayant eu de sa troisième femme un fils qui lui succéda.
Les démêlés d'Henri II avec l'Eglise forment l'événement le plus important de son règne. Il voulut, par les constitutions de Clarendon, soumettre les ecclésiastiques à la juridiction royale; l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket, fit l'opposition la plus vive k cette mesure, et, après une querelle qui dura des années, le roi fit tuer l'archevêque au pied môme de l'autel (1170). Menacé d'excommunication, le roi abolit les constitutions de Clarendon, fit hommage au pape de son royaume qu'il transforma en fief du Saint-Siège, et, moyennant ces actes de soumission, obtint son pardon ; le pape lui accorda môme l'investiture de l'Irlande, dont Henri fit aussitôt la conquête.
Cependant sa tyrannie et ses débauches avaient excité contre lui son peuple et sa propre famille : une révolte générale éclata, fomentée par sa femme Eléonore ; ses trois fils aînés, auxquels il avait donné ses provinces françaises, prirent les armes contre lui, soutenus par le roi de France. Henri calma les haines de ses sujets anglais par une pénitence publique au tombeau de Thomas Becket ; il fit enfermer sa femme dans un couvent, battit le roi de France, et parvint à ramener ses fils à l'obéissance. .Mais la révolte de ces jeunes princes, pleins d'orgueil et de turbulence, se renouvela peu de temps après. Henri, l'aîné, et : Geoffroy de Bretagne, le troisième, moururent; il ne resta que Richard Cœur de Lion. Celui-ci, allié, b, Philippe Auguste, le nouveau roi de France, prit pour la troisième fois les armes contre sonj père; le vieil Henri H, contraint à une paix, humiliante, mourut de cliagrin (1189).
Richard Cœur de Lion (1189-1199), devenu roi! à la mort d'Henri II, s'embarqua l'année suivante pour la troisième croisade, qu'il entreprit de concert avec Philippe-Auguste et Frédéric Barberousse (V. C/-oisade.). Pendant les quatre années que dura son absence et sa captivité en Autriche, son frère Jean sans Terre, dernier fils d'Henri H, essaya 1 de s'emparer du pouvoir; il était appuyé par k 1 roi de France, qui, pour prix de son alliance, vou j lait se faire céder la Normandie. Le retour d( Richard (1194) déjoua ces projets : Jean sani Terre fit sa soumission; Pliilippe Auguste, ayan accepté la guerre, fut battu ; mais le pape s'in terposa et une trêve fut signée (1199). La mêm ' année, Richard fut tué au siège du château d Chalus en Limousin.
Jean sans Terre (1199-1216) succéda à son frer Richard, qui était mort sans enfants. Son neve ! Arthur, fils de Geoffroy de Bretagne, lui disput I la couronne et fut soutenu par le roi de Franct Vaincu et fait prisonnier, Arthur fut égorgé Rouen (1203). Philippe Auguste, se posant e vengeur du jeune prince, s'empara de la No mandie, de l'Anjou, de la Touraine et du Poitoi 1 Pour reprendre ces provinces, Jean forma pli. tard une coalition contre la France : mais si I allié l'empereur Otlioii IV fut vaincu à Bouvin -, (1214), et lui-môrae, battu en Poitou, trouva à sti
PLANTAGENET
PLANTAGENET
retour les barons anglais soulevés. Ils obligèrent le roi à signer en 1215 la Grande Charte et 'd en jurer l'observation; mais aussitôt après, Jean, qui avait obtenu l'appui du Saint-Siège sous la promesse d'un tribut annuel, se fit relever de son serment par le pape Innocent III et recommença la guerre contre ses barons. Ceux-ci appelèrent le fils du roi de France, Louis (depuis Louis VIII), et lui offrirent la couronne (l'ilG); ce prince débarqua en Angleterre, mais sur ces entrefaites Jean sans Terre mourut, laissant un fils en bas âge- Henri III (ISie-l'il'i), fils de Jean sans Terre, fut reconnu pour roi par la majorité des barons anglais, qui abandonnèrent le parti du prétendant français, préférant un souverain enfant qui serait plus facile à gouverner. Louis dut retourner en France (1217), et Henri III régna sans conteste, après avoir juré d'observer la Grande Charte. Il perdit, dans deux guerres contre Louis VIII et Louis IX, la plupart des provinces que l'Angleterre avait conservées en France; mais plus tard, saint Louis, par un traité qui fait plus d'iionneur à sa générosité chevaleresque qu'à son esprit politique, lui rendit ou lui laissa le Limousin, le Périgord, le Quercy, l'Agénois, une partie de la Saintonge, et le duché de Guyenne (1259). A l'intérieur, ce règne fut signalé par un grand événement, l'organisation du Parlement anglais; le roi ayant à plusieurs reprises violé la Grande Charte, les barons, réunis en parlement, proclamèrent le statut d'Oxford (1258), qui plaçait la royauté sous le contrôle d'un conseil de vingt-quatre barons. Le roi, feignant d'abord de céder, se fit relever
Spenser. Le Parlement profita de ces circonstances, favorables à l'extension des libertés nationales, pour conquérir do nouveaux droits : dès 1.30"J, il met des conditions au vote de l'impôt; en 1:512, il nomme une commission de lords ordonnateurs, et le consentement des Communes est expressément spécifié. La guerre contre les Ecossais avait continué; la mémorable défaite des Anglais h Bannock-Burn (1314) assura définitivement l'indépendance de l'Ecosse. En 1325, une nouvelle révolte des barons éclata ; ils voulaient se débarrasser de la domination des Spenser. L'épouse même d'Edouard, Isabelle, fille do Philippe le Bel, se mit à la tète des révoltés : les frères Spenser furent pris et exécutés, le roi dut abdiquer en faveur de son fils, et fut jeté dans une prison où Isabelle le fit périr (1327).
Edouard III (1327-1377) régna d'abord sous la tutelle de sa mère ; mais, dès qu'il fut majeur, la soupçonnant d'avoir été l'auteur du meurtre d'Edouard II, il la fit enfermer dans une forteresse. La couronne de France venait de passer dans la famille de Valois à l'extinction des Capétiens directs ; Edouard résolut de faire valoir les droits qu'il pensait posséder comme petit-fils de Philippe le Bol du côté maternel : ce fut l'origine de la guerre de Cent ans. Le roi de France avait pour allié le roi d'Ecosse, David Bruce : Edouard tourna d'abord ses efforts de ce côté ; il accorda des secours au prétendant Edouard Baliol, fils du Baliol détrôné en 1297 ; celui-ci vainquit David Bruce et occupa le trône à sa place. Ensuite il attaqua directement le roi de Fram-e. Ses victoires
ensuite de son serment par le pape, puis invoqua • et celles de son fils le Prince Noir, puis le traité
l'arbitrage de saint Louis ; les barons alors, sous la conduite do Simon de Montfort, comte de Leicester, prirent les armes : Henri 111 fut vaincu et fait prisonnier (13Gi), et Leicester, devenu le maître, compléta le Parlement en créani la Chambre des Communes par une ordonnance qui prescrivait l'élection de deux chevaliers par comté et de deux citoyens par bourg. L'année suivante, le pouvoir de Leicester fut renversé, et lui-même périt à la bataille d'Evesham; mais Henri III, remonté sur le trône, n'osa pas révoquer l'ordonnance de 12GI. Il mourut en 1272.
Edouard I" (1272-1307), fils et successeur d'Henri 111, eut un règne glorieux. Renonçant à cherclier des agrandissements en France, il visa à mettre sous sa domination la Grande-Bretagne tout entière ; en même temps il accepta franchement l'existence du Parlement, qui, à partir de ce règne, siège d'une manière régulière. Une guerre longue et acharnée lui donna le pays de Galles, dont le dernier chef national, David, fut pris et mis à mort (1283); l'héritier présomptif de la couronne d'Angleterre porta désormais le titre de prince de Galles. L'ancienne dynastie des rois d'Ecosse s'étant éteinte à la mort d'Alexandre III (1286), Edouard fut appelé par les Ecossais à prononcer entre deux prétendants rivaux, Jean Baliol et Robert Bruce ; il désigna Baliol, mais en lui imposant la condition de l'hommage féodal. Le nouveau roi d'Ecosse essaya bientôt de s'afl'ranchir des liens de cette vassalité; mais il fut vaincu et pris Ji Dunbar (1207). Un noble écossais, VVallace, continua la résistance; il fut livré par un traître, et l'Ecosse dut se soumettre aux Anglais. Mais bientôt le fils de l'ancien rival de Baliol, Bruce, se mit à la tète du parti national, se fit couronner roi, et recommença la lutte (130C). Edouard mourut avant d'avoir pu triompher de ce nouvel adversaire (13117).
.Edouard II (1307-1327;, fils du précédent, prince faible et débauché, fut gouverné par des favoris qui causèrent sa ruine : Gaveston, dont l'orgueil amena une révolte des barons, qui le firent prisonnier et le tuèrent (1312), et ensuite les frères
de Brétigny, firent de lui le maître d'un tiers de la Fiance ; mais en même temps il dut renoncer à à ses prétentions à la couronne. Toutefois il reperdit la plus grande partie de ses conquêtes sous Charles V. (V. Guerre de Cent ans.) Il mourut en 1377.
De ce règne datent les premiers progrès de l'industrie anglaise; la bourgeoisie, qui s'enrichit et qui fournità l'armée royale sa redoutable infanterie, prend une importance politique toujours plus considérable. L'Angleterre s'affrancliit du ti'ibut qu'elle payait au Saint-Siège depuis Jean sans "Terre : le Parlement déclare que nul n'a pu assujettir le pays à, un pouvoir étranger. VViclef commence ses prédications hardies, s'attaquant d'abord à l'autorité du pape, puis au clergé en général : Edouard III le protège. Les idées de liberté et de réforme sociale, qui avaient produit en France la tentative d'Etienne Marcel et la Jacquerie, fermentaient aussi dans le peuple anglais ; elles allaient faire explosion sous le règne suivant.
Richard II (1377-1399) était le petit-fils d'Edouard III, auquel il succéda, son père Edouard, prince de Galles (le Prince Noir) étant mort en 1376. Il n'avait que onze ans lorsqu'il monta sur le trône. La guerre contre la France était suspendue ; mais l'Angleterre allait avoir k traverser une crise intérieure. En 1381, les paysans de plusieurs comtés, écrasés d'impôts, se révoltèrent sous la conduite d'un ouvrier, VVat Tyler, et d'un prêtre disciple de VViclef, John Bail. Ils marchèrent sur Londres, s'en emparèrent, et forcèrent le jeune roi à leur livrer l'archevêque de Cantorbury et d'autres hauts personnages, qui furent mis h mort. Mais le chef des révoltés, ayant été perfidement attiré à une entrevue avec le roi, fut tué en trahison ; ses partisans, dispersés, furent ensuite massacrés par petites troupes. C'est aux doctrines de VViclef que la cour fit remonter l'origine de l'insurrection; aussi les adliéronts du réformateur furent-ils proscrits et persécutés. Itichard gouverna ensuite despotiquement, bravant le mécontentement duParlementet des seigneui-s ; mais en 1399, tandis qu'il était en Irlande poui y
PLANTES
PLANTES
comprimer une révolte, son cousin le duc Henri de Lancasire, qu'il .tvait dépouillé de ses biens et exilé, rentra en Angleterre, appela aux armes ses partisans, et s'empara de Londres. Richard, abandonné de tous, dut signer son abdication, et le Parlement donna la couronne à Henri de Lancasire; l'année suivante, le roi déposé fut assassiné dans la prison où il avait été enfermé. HemilV (ia9i)-1413). —V. Lancastre.
Henri V (1413-1422). — V. Lancustre et Guerre de Cent ans.
Henri VI (1422-1471), — V. Lancastre, Guerre de Cent ans et Guerre des Deux-Roses.
Edouard IV (H(>1-148:J), fils du duc Ricliard d'Yorlw (V. Guerre des Deux-Roses), était devenu le clief du parti de la Rose blanche après la bataille de Wakefield (14(!f)), où son père avait été tué. Aidé du puissant Warwick, il vainquit Henri VI h Towton et à Exliam, et devint roi sons le nom d'Edouard IV. Mais il se brouilla bientôt avec Warwick ; et celui-ci, passant dans le parti de la Rose rouge, lattit le nouveau roi à Nottingliam (1470) et rétablit Henri VI sur le trône. Edouard IV se réfugia auprès de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui avait épousé sa sœur. L'année suivante, il rentra en Angleterre, et recouvra sa couronne par les victoires de liarnet et de Tewkesbury. Désormais maître incontesté de l'Angleterre, il devint l'allié de son beau-frère Charles le Téméraire dans sa lutte contre Louis XI; en 1476, il débarqua à Calais; mais, ne trouvant pas l'appui sur lequel il avait compté, il conclut avec le roi de France le traité de Pecquigny. Il mourut en H.S3, laissant deux lils encore enfants.
Edouard V (1483), l'ainé des fils d'Edouard IV, lut succéda sons la tutelle de son oncle le duc de Glocester. Mais, au bout de deux mots, il pont assassiné a la Tour de Londres, avec son jeune frère, par les ordres de son tuteur. La fin tragique des enfants d'Edouard a inspiré plus d'une fois les peintres et les poètes. (V. le Richard lH de Shakespeare, les Enfants d'Edouard de Casimir Delavigne, et le tableau de Paul Delaroche au Louvre.) , , „, r ,
Ricliard in(i48'3-l485), duc de Gloce«ter, frère d'Edouard IV et oncle d'Edouard V, obtint la couronne en faisant périr son neveu. Mais son règne fut de courte durée. En 1485, Henri Tudor, comte de Richmond, prit les armes contre lui, et le vainquit à liosworth. Richard fut tué dans la bataille. Avec lui s'éteignit la maison des Plantagenets, à laquelle succéda celle des Tudors. IV. Tudor.) .... ,v
PLANTES ARBUSTIVES. — Agriculture, IX.
— En dehors de l'arboriculture et de l'exploitation des forêts, l'agriculteur cultive d'une manière spéciale un certain nombre d'arbres pour leurs fruits ou les autres produits qu'il en peut tirer. C'est surtout dans la région méridionale de la France que les cultures arbustives trouvent leur place Là, en efi'et, les cultures annuelles courent le risque d'être à. peu près complètement (Jetruites par la sécheresse, et ne donnent, la plupart du temps, que des récoltes chétives, tandis que les racines des arbres et des arbustes vont chercher dans les couches profondes du sol l'humidité dont elles ont besoin. C'est donc utie des faces principales de l'économie rurale du Midi que CKtte prédominance des cultures arbustives. Quand on remonte vers le nord, ce caractère disparaît : ce sont, au contraire, les arbres qui deviennent de plus en plus rares.
Les arbres principalement cultivés dans les champs sont: 1° l'olivier; T l'amandier; 3» le mûrier ; 1° la vigne ; h° le châtaignier ; G" le noyer. .Nous allons domier quelques détails sur chacun d'eux, en reportant :"i un article spécial, que justifie son importance, ce qui doit être dit de la vigne.
1° Volivier est en France l'arbre caractéristique de l'extrême région méridionale au sud-est, dans la basse vallée du Rhône, depuis l'Ardèche et la Drôme jusqu'à la mer, et sur tout notre littoral méditerranéen. On le cultive, de temps immémorial, pour ses fruits qui entrent dans l'alimentation et dont on extrait une huile excellente. La statistique évalue à 147 600 hectares environ la surface qu'il occupe, et à 5 400 000 hectolitres la production moyenne d'huile qu'on en retire. L'huile d'olive, outre qu'elle est employée comme comestible, forme la base du savon dont d'importantes fabriques se sont créées depuis longtemps dans le Midi.
L'olivier vient dans la plupart des terres. Il pousse très bien dans les terres fortes et profondes, mais il se contente aussi des terrains secs, arides, sans profondeur. Il fait la richesse des terres rocailleuses de certaines parties de la Provence qui ne peuvent porter d'autre culture; toutefois ses produits y snnt moins abondants. Deux méthodes sont employées pour les plantations : tantôt les oliviers couvrent toute la surface du sol, en formant des massifs, tantôt ils sont placés en cordons espacés de manière que l'on puisse établir entre les lignes des cultures intercalaires : c'est ce que, dans le midi, on appelle planter en cuillères. C'est l'automne qui est la saison la plus favorable pour planter, dans les terres sèches; le printemps, pour les terres humides.
L'olivier doit être taillé avec soin. La taille repose sur ce fait que l'arbre ne fleurit que sur le bois de deux ans, et sur la nécessité de mettre les fleurs et les fruits à une bonne exposition au soleil. La taille consiste à supprimer tous les rameaux qui s'élèvent verticalement, à couper les branches mortes, et les rameaux latéraux qui deviennent trop longs, à supprimer les rameaux qui sont le plus intérieurs, de manière à donner i l'arbre une forme sphérique. Sur les rameaux conservés, on garde le bouquet terminal et seulement qutiques-uns de ceux qui en sont le plus rapprochés. Pour former la tête des jeunes arbres, le tronc est ébourgeonné avec soin.
Pendant l'hiver, on butte le pied des arbres, pour les soustraire à l'action des gelées. Ori profite do ce travail, pour leur donner l'engiais qui leur est nécessaire; celui qui est le plus généralement employé est le tourteau. Quand on fait des cultures annuelles intercalaires, les engrais employés pour les cultures suffisent souvent peuples oliviers. Quand on a de l'eau à sa disposition, il est bon de donner aux arbres deux ou trois ou-: vragesau printemps et au commencement del'été.i La cueillette des olives se fait un peu avant; qu'elles soient complètement mûres. Cette opéra-* tion, commencée au mois de novembre, est conti-l nuée jusqu'à la deuxième quinzaine de décembre. Le produit en fruits varie beaucoup suivant les années, ainsi que suivant l'âge des arbres. Quand l'arbre est en plein rapport, ce qui arrive au bout de vingt ans à peu près, il donne 7 à 10 litres d'olives suivant les espèces. Comme il faut généralement 750 litres d'olives pour fabriquer 100 litres d'huile, on estime que le produit moyen d'un arbre est de 1 litre d'huile. La quantité produite par hectare dépend naturellement du nombre des arbres. Dans le déparlement de Vaucluse, on eslime qu'un hectare produit annuellement 30 hectolitres d'olives. La production de l'olivier sefl maintient, en Provence, jusqu'à 45 à 50 ans ; en Italie et en Corse, elle dure pendant beaucoup plus longtemps. . .
Le froid, suivi d'un dégel rapide, est le princi; pal ennemi de l'olivier. Cet arbre est aussi attaqtii par divers insectes; les principaux sentie kerme; rouge, qui se multiplie sur les branches, et la mou che de l'olivier, qui s'attaque aux fruits.
PLANTES
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2° V Amandier se rencontre presque partout en concomitance avec l'olivier ; mais il est moins délicat, et on le retrouve dans la région plus septentrionale, avec la vigne. On en cultive plusieurs espèces, qui| peuvent se partager en deux catégories : les amandiers à fruits doux, et les amandiers à fruits amers. Dans la première catégorie, l'amandier princesse et celui dit i la dame sont les variétés qui produisent les fruits les plus estimés ; elles conviennent davantage aux pays méridionaux; elles fructifient mal en dehors de la région de l'olivier.
L'amandier se propage par semis; le plus souvent on sème en pépinière, et on met en place le jeune arbre de cinq ou six ans. On peut gieffer en pépinière amandier sur amandier, quand le sujet a deux ans ; mais beaucoup de cultivateurs ne greft'ent qu'après plantation définitive, ce qui retarde notablement la mise h. fruit de l'arbre. La plantation se fait on lignes espacées d'une dizaine de mètres quand le terrain est profond : l'écartement peut aller jusqu'à 25 mètres, lorsque le terrain n'offre qu'une faible profondeur. Cet arbre est délicat et redoute les gelées blanclies; c'est pourquoi on élève jusqu'à 1"',.50 et au delà l'origine de la bifurcation des branches.
Comme pour l'olivier, et beaucoup d'autres arbres, les fleurs et les fruits ne se développent que sur le bois de deux ans. C'est d'après ce principe que la taille doit être faite. On a surtout soin d'enlever les branches gourmandes. Rarement on donne des engrais aux amandiers; mais c'est à tort, car on a constaté que ceux qui sont cultivés on ouillères profitent des engrais donnés auo! cultures intercalaires.
On estime à 6 kilog. d'amandes cassées, c'està-dire dépourvues de leur péricarpe, le produit moyen d'un amandier en bon état d'entretien. La récolte se fait le plus souvent en battant les arbres avec des gaules faites en canne de Provence, qui n'endommagent pas les branches.
La gourme est la maladie qui attaque le plus souvent l'amandier. Il a pour principaux ennemis : parmi les insectes, un puceron et un kermès qui lui sont spéciaux, ainsi que la piéride de l'olivier ; parmi les végétaux, le gui qui se développe sur les branches, et dont on débarrasse l'arbre par extirpation.
3° Le Mûrier est, comme les précédents, un ^rbre du midi. On le cultive pour la nourriture que ses feuilles fournissent aux vers à soie. Parmi les diverses espèces de mûrier, le mûrier blanc est celui que l'on rencontre presque exclusivement dans les cultures méridionales, principalenaent dans les Cévennes, nù il avait pris une très grande extension avant les épidémies qui ont sévi «ur les vers à soie, et qui en ont fait diminuer la culture; mais on a fait, depuis quelques années, des replantatioas sur une assez grande échelle. Cet arbre paraît originaire de la Chine et de la Perse : il a été importé en Europe, avec la production des vers à soie, par la Grèce et l'Italie.
^ Ce que l'on cherche dans la culture du miirier, cest k la fois une grande quantité de feuilles, et une valeurnutritive considérable dans ces feuilles. La culture a amené la formation d'un certain nombre de variétés qui ont des propriétés diverses, à ce double point de vue. Los variétés le plus estimées sont le miirier moretti, le mûrier multicaule, le mûrier rose, ainsi appelé de la couleur de ses fleurs.
Le mûrier est cultivé tantôt à haute tige ou à mi-tige,tantùt en arbuste. Dans les premiers cas, les plantations sont faites en quinconces ou on bordures ; les pieds sont espacés de 7 mètres dans •les quinconces, et do 10 à 12 mètres dans les bordures. Les mûriers en arbuste ou nains sont plantes en haies ou en taillis; les pieds sont espacés 1' Partie.
plus ou moins suivant la nature du sol; leur écartement se restreint parfois jusqu'à 50 centimètres.
La multiplication s'opère par graines, par boutures, par marcottes ou par greffes. La greffe se fait le plus souvent en écusson ou en flûte sur sauvageon obtenu par semis. D'après des observations faites avec soin, la production d'un mûrier bien conduit va généralement en augmentant pendant SCS vingt premières années ; elle reste stationnaire pendant vingt autres années, et elle va en déclinant, lors(|ue l'arbre a atteint l'âge de quarante à quarante-cinq ans; à partir de ce moment, le bois a pris trop de volume.
La taille du mûrier a un but absolument opposé à celui de la taille des arbres cultivés pour leurs fruits : il s'agit de lui faire produire la plus grande quantité de feuilles, et aussi peu de fleurs que possible. Pendant les premières années, la taille forme la charpente de l'arbre, qui doit avoir l'aspect d'un vase, afin que les jeunes branches puissent se développer sans obstacles. Ensuite, on taille de manière à ne laisser qu'un certain nombre de bourgeons qui développent des rameaux vigoureux, avec des feuilles grandes et abondantes. Suivant la nature des sols, on taille l'arbre annuellement ou tous les deux ans. La taille annuelle se fait en été ; on la pratique après la cueillette des feuilles, lorsque l'arbre est planté en terrain assez frais pour pouvoir fournir de nouveaux bourgeons qui se développent librement. La taille bisannuelle est pratiquée au printemps après la première récolte de feuilles; elle est adoptée lorsque les arbres sont en terrain trop soc ou sous un climat trop froid pour permettre aux nouveaux bourgeons de se développer vigoureusement. Dans ce dernier cas, on partage les mûriers d'un domaine en deux séries que l'on taille alternativement, de manière à avoir, chaque année, de la feuille en quantité suffisante pour les vers à soie.
La feuille du miirier se développe très hâtivement au printemps ; elle est quelquefois détruite par les gelées blanches. La seconde pousse, toujours plus faible et moins bonne, est alors la ressource du cultivateur. La cueillette commence dès que les bourgeons ont donné un nombre suffisant de feuilles complètement développées ; on commence par les haies et les taillis, où les feuilles se.développent plus tôt que sur les arbres à haute tige. La cueillette dure trente à quarante jours ; il ne faut la commencer que lorsque la rosée du matin est évaporée ; on l'arrête avant la fraîcheur du soir : il faut surtout se garder de cueillir pendant la pluie ; la feuille mouillée est toujours préjudiciable aux vers à soie.
Les travaux d'entretien du mûrier, en dehors de la taille, consistent en deux labours qu'il convient de donner, l'un à la fin de l'hiver, l'autre au commencement de l'été. Ces labours maintiennent la surface du sol ameubli et s'opposent à l'action de la sécheresse; en outre, ils détruisent les plantes parasites. L'arbre se trouve très bien de l'emploi des engrais, qui en augmentent la production dans des proportions 1res notables. Le fumier est l'engrais le plus généralement adopté ; les tourteaux peuvent aussi servir avec avantage, de même que les détritus des magnaneries.
La production de la fouille de mûrier n'est pas toujours unie à l'éducation des vers à soie. Les éducateurs achètent le plus souvent la feuille qui leur est nécessaire à des agriculteurs qui n'élèvent pas de vers à soie ou qui ont une production de feuilles sensiblement supérieure à leurs besoins.
4" Le Châtaignier est cultivé dans un double but : comme arbre donnant des fruits, et comme arbre forestier dont les taillis donnent d'excel-
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lent bois pour faire les futailles. Le châtaignier est un arbre de la région de la vigne et il mûrit i ses fruits un peu au delii jusqu'en Bretagne, et | sur des hauteurs où la vigne ne vient pas, comme dans le Limousin. Pour miirir, la châtaigne a besoin d'une chaleur soutenue et prolongée plutôt que forte. L'arbre est assez sensible aux froids du printemps ; s'il résiste généralement bien à ceux de l'hiver, les gelées printanières lui sont souvent nuisibles.
On cultive plusieurs espèces de châtaignes ; les principales sont : le marron, qui se distingue par sa forme presque sphérique et son fruit savoureu.x ; l'exalade ; la châtaigne verte. Le châtaignier demande des terres meubles et profondes ; les sols schisteux lui conviennent bien, et il y prend des proportions considérables, de môme que dans les alluvions siliceuses. On sème sur place les châtaigniers qui doivent être cultives comme arbres forestiers, mais on plante ceux qui sont élevés pour les fruits. On grelTe les bonnes variétés, afin de les maintenir: quant au plant nécessaire à la plantation, on peut soit l'acheter, soit le préparer en pépinière. Les soins de culture sont peu importants : la taille consiste en un simple émoudage pour enlever le bois mort, et les drageons qui poussent au pied.
Un beau châtaignier porte 50 à 60 kilogrammes de châtaignes chaque année. Les fruits sont vendus soit dans leur état naturel, soit après avoir été desséchés dans des séchoirs, pendant une dizaine de jours, sous l'action du feu; les châtaignes desséchées se réduisent :\ peu près au tiers de leur volume primitif.
5° Le Noyer est cultivé dans les mêmes régions que le châtaignier, à la fois pour la vente de ses fruits et pour la préparation de l'huile qu'on en extrait. A côté du noyer commun, on cultive plusieurs autres variétés ; les principales sont : le noyer à coque tendre, et le noyer tardif. Ce dernier est surtout précieux dans les contrées sujettes aux gelées printanières. La culture de cet arbre est facile; elle ne demande, quand l'opération de la greffe est faite, que quelques binages annuels, et une taille assez simple qui consiste à retrancher les branches les plus basses et qui pencheraient trop vers le sol.
Pour faire ce qu'on appelle les cerneaux, on cueille les noix avant leur maturité. C'est en août que cette cueillette se fait, car celle des fruits mûrs commence en septembre et se prolonge jusqu'à la fin d'octobre, suivant les climats. Après la cueillette, les noix destinées à la fabrication de l'huile sont mises en tas ; on laisse un certain intervalle entre les deux opérations pour que l'huile se développe dans le fruit.
Le produit des arbres varie dans de très fortes proportions suivant les sols dans lesquels ils sont plantés. On l'estime, en général, pour un arbre de trente à quarante ans en pleine production, de GO à 80 litres de noix. 11 faut ajouter que le bois do noyer est très recherché par l'ébénisterie. I Henry Sagnier.]
PLANTES INDUSTIVIELLF.S. — Agriculture, VIU. — Les plantes industrielles sont celles dont les produits sont transformés par les industries agricoles, avant d'être livrés à la consommation. Suivant la nature de ces produits et de leurs transformations, on divise les plantes industrielles en plantes sucrières, plantes oléagineuses, plantes textiles, etc. Nous allons passer rapidement en revue chacune de ces catégories.
Plantes sijcrières. — Betterave. — La betterave est la seule plante sucrière cultivée en Europe. Assez recherchée comme plante alimentaire dès le XVI' siècle, la betterave entrait dans l'alimentation des hommes et du bétail, lorsque la disette du sucre colonial, effet du blocus continental sous
le premier empire, fixa l'attention sur ses propriétés saccharifères signalées pour la première fois, au milieu du xvm' siècle, par un chimiste allemand. Depuis cinquante ans, la culture de la betterave à sucre a pris une extension considérable en France, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Russie. Tous les pays rivalisent d'ardeur dans la fabrication du sucre. L'honneur de l'initiative de cette industrie revient tout entier à la France.
On cultive plusieurs variétés de betteraves. Les soins de culture sont les mêmes, qu'il s'agisse de betteraves à sucre ou de betteraves fourragères. La betterave blanche de Silésie, la betterave francoallemande de Simon-Legrand, la betterave dite améliorée de Vilmorin, sont les variétés sucrières qui donnent les meilleurs résultats en France. Parmi les variétés de betteraves fourragères le plus estimées, il faut particulièrement citer la jaune globe et la jaune ovoïde des Barres.
La betterave est le plus souvent précédée par une céréale dans l'assolement. La préparation da sol, pendant l'hiver qui suit la somaillo, doit être faite avec beaucoup de soin. Il faut surtout faire des labours profonds, car la racine pivotante de la betterave demande, pour se bien développer, un sol ameubli. En même temps qu'on procède i ces travaux, on fume abondamment, d'abord avec du fumier de ferme, puis avec des engrais du commerce comme compléments.
Les semailles se font au mois de mars ou an commencement d'avril ; elles doivent être pratiquées en lignes. Lorsque les plants sont levés, on procède â plusieurs binages successifs dont le but est d'ameublir la surface du sol et de la débarrasser des mauvaises herbes. L'espacement entre les lignes de betteraves doit être de 40 centimètres environ ; quant aux racines, elles sont espacées de 30 centimètres dans la ligne.
La récolte des betteraves se fait en octobre, et même en novembre ; l'époque précise varie suivant les terres et les années. Dans la plupart des exploitations, l'arrachage des racines se fait encore à bras; mais on commence i utiliser plusieurs instruments spéciaux soit pour enlever les feuilles avant l'arrachage, soit pour sortir les racines de terre. Le rendement moyen d'un hectare de terre, dans les conditions ordinaires, est de 40,000 kilog. de racines. Les cultivateurs, vendant la betterave au poids aux fabricants do sucre, ont intérêt h obtenir le poids le plus élevé. Ce résultat est souvent obtenu au détriment de la richesse en sucre de la racine. Il en résulte parfois des conflits entre les uns et les autres. Il est aujourd'hui démontré que l'on peut, avec des variétés de betteraves bien choisies, et par la culture serrée, obtenir à la fois rendement en poids et rendement en sucre.
Aujourd'hui, les fabriques de sucre extraient, en France, chaque aimée, 'ibO à 400 millions de kilogrammes de sucre brut des betteraves qu'elles travaillent. Les résidus des racines, connus sous le nom de pulpes, reviennent .\ la ferme, et forment une excellente nourriture pour le bétail.
Dans un certain nombre d'exploitations, des distilleries ont été créées pour l'alcool de la betterave. Les pulpes provenant des distilleries sont également recherchées pour le bétail.
La culture de la betterave, en même temps quelle donne un produit industriel d'une grande valeur, est une cause générale d'amélioration des. champs et d'une plus grande production en céréales et en viande. Elle a enrichi tous les départements où elle a été adoptée; elle continue d'ailleurs à se développer.
Quant aux betteraves fourragères, elles sont, après l'arrachage, conservées dans des caves ou des silos; elles servent à l'alimentation du bétai;
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pendant l'hiver. On lc3 coupe en tranches minces après les avoir lavées, et on les mélangi; Ji du son, des balles, dos tourteaux ou des fourrages hachés. l'i.ANiES oLÉAfiiNEUSEs. — Les plantes oléagineuses sont cultivées pour l'huile qu'on extrait de leurs graines. Les résidus de la fabrication do l'huile forment les tourteaux, dont on se sert soit comme engrais, soit pour la nourriture du bétail. Les principales plantes oléagineuses sont le colza, le pavot, la navette, la cameline, la moutarde.
Le cuiza est la plus importante dos plantes oléagineuses cultivées en France. Il y en a deux variétés : le colza d'hiver et le colza de printemps. La première est la plus productive ; son rendement est de 35 ;\ 40 heclolitres do graine à l'hectare. Le colza demande un sol bien préparé, assez bien fumé. Les semailles se font soit ii la volée, soit en lignes, h l'automne, pour lo colza d'hiver, et au mois de mars pour celui de printemps. Le colza est coupé i la faucille un peu «vant la maturité complote des graines; la méthode généralement adoptée pour séparer les graines des tiges est do battre celles-ci sur des bâches dans le champ mémo, lorsque les plantes coupées sont devenues suffisamment sèches. La graine de colza étant sujette à s'échauffer, il ne faut la mettre qu'en tas peu épais dans les greniers. Quand le colza d'hiver a eu \ souffrir de froids trop rigoureux, pendant l'hiver, on regarnit les champs, dans les places où il y a des vides, par de la graine de colza de printemps.
La tuiiic'tte, comme le colza, comprend deux sortes, lune d'hiver qui est semée à l'automne, l'autre de prijitemps qu'on peut semer en avril ou en mai. La méthode i suivre pour la culture de la navette est analogue i celle qui est adoptée pour le colza. Le rendement est moins élevé, et la graine, ii volume égal, donne moins d'huile que celle de colza; mais la navette peut venir" avantageusement dans des sols secs et calcaires. Quand la navette d liiver est bien cultivée, son rendement atteint 25 hectolitres par hectare; celui de la navette de printemps ne dépasse pas 20 hectolitres.
Le pavot ou œillette est cultivé sur une assez grande échelle dans le nord de la France; sa graine donne presque le tiers de son poids en huile d'excellente qualité. De même que la plupart des plantes oléagineuses, il demande un bon sol, fumé avec soin, et quelques binages. Les semailles se font dès le commencement du printemps, au mois de février, aussitôt que l'état du sol le permet. Son rendement est do 20 i 2.'> hectolitres par heciare. Dès que les têtes de pavot commencent à devenir grises, on les coupe, puis on les fait sécher; le battage se fait au fléau. On dislingue trois espèces de pavot : le pavot commun à graines grises, le pavot noir ou aveugle, et le pavot blanc.
La cumeline croit dans presque toutes les parties de l'Europe, mais elle préfère les climats humides et brumeux. Les soins de culture sont les mûmes (|ue ceux qui viennent d'être résumés. Son rendement est d'environ 22 hectolitres de grame h l'hectare.
La moutanle blcmche est plus rarement cultivée, ba granie renferme beaucoup d'huile ; mais cette plante demande une terre très bien préparée et richement fumée. En outre, son rendement est peu élevé : il ne dépasse pas 15 hectolitres par hectare.
Pla.ntes textiles. — Les deux principales plantes textiles cultivées en France sont le chanvre et le lin. Elles ont perdu une partie de leur ancienne imporiance, à cause de l'extension qu'a prise 1 usage des étoffes de coton.
Le chanvre donna une filasse grossière, mais d une grande solidité. On en distingue deux va-
riétés : le chanvre ordinaire et le chanvre de Piémont ou gigantesque, qui ne diffèrent que par la taille. Le chanvre est une des plantes dont la croissance est le plus rapide. Il peut venir dans un grand nombre de sols, mais il préfère les terres profondes des vallées. Il faut qne la tirre soit profondément ameublie et bien fumée. Les semailles se font i la fin du mois d'avril. Quand la plante est levée, on procède à un sarclage, puis i des binages. La récolte se fait do juillet en août. Suivant l'usage auquel est destinée la filasse, les liges sont coupées ou arrachées. Afin de faire disparaître la substance gominenso qui imprègne les filaments du chanvre, on procède au rouissage ; cette opération consiste ^ faire séjourner les gerbes de chanvre pendant quelque temps dans l'eau. On les égoutti^ ensuite, et on procède au toillage, c'est-à-dire h la séparation de la filasse de la partie ligneuse de la tige ; le teillage est pratiqué, soit avec des appareils très simples appelés broyés, soit, depuis quelque temps, avec des machines perfectionnées. Le rendement moyen du chanvre peut être estimé i. lUOO kilogrammes de filasse par heciare.
h&tin est cultivé suivantdosprocédés analogues à ceux adoptés pour le chanvre. C'est une plante encore plus délicate et qui demande plus de soin. Les semailles se font au mois de mars. Les tiges sont arrachées quand les capsules des fruits commencent à se former. Le lin doit être soumis au rouissage et au teillage, comme le chanvre. Il fournit la filasse la plus fine et la plus estimée. Son rendement moyen est d'environ 5U0 kilogrammes de filasse par hectare.
Le chanvre et le lin peuvent aussi être cultivés comme plantes oléagineuses ; leurs graines donnent une huile d'excellente qualité.
Plantes tinctoriales. — Les plantes tinctoriales sont celles dont ou extrait des matières propres h la teinture.
Kaguoro la (jai-ance, qui donne une très belle couleur rouge, était très cultivée dans le Midi. Sa culture a été abandonnée, parce que l'alizarine artificielle, créée par l'industrie à meilleur marché, est venue détrôner ses produits.
Le safran est surtout cultivé dans le Gâtinais. Le stigmate de sa fleur donne une couleur d'un beau jaune doré. Sa culture demande des soins spéciaux sur lesquels il n'y a pas lieu d'insister
La gaude renferme, dans la partie supérieure de ses tiges et dans ses feuilles, un principe colorant jaune qui est très estimé. C'est aussi une plante oléagineuse. Elle est principalomentcultivée dans quelques parties de la Normandie, ainsi que dans le Languedoc.
Le piislel fournit une couleur bleue se rapprochant de celle de l'indigo. C'est dans ses feuilles que réside ce principe colorant. On les récolte lorsqu'elles commencent à se violacer sur les bords, puis on les broie sous une meule pour en faire une pâte.
Plantes inol-strielles diveuses. — Parmi les autres cultures industrielles, il en est deux sur lesquelles nous devons encore insister : le tabac et le houblon.
Originaire de l'Amérique, le tabac s'est très bien acclimaté en Europe. Il appartient }\ la famille botanique des solanées, féconde en poisons. Ses tiges s'élèvent souvent à uno hauteur de plus de 'l mètres ; elles portent de grandes et larges feuilles ; les fleurs sont roses ou d'un vert bleuâtre. Les semailles se font en février. Quand les premières feuilles ont poussé, le plant est j'epiqué. Il est important que le sol soit profondément labouré et largement fumé. La première récolte dos feuilles se fait en juillet ; elle est achevée à la lin du mois d'août ou de septembre. Ou donne le nom
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de nianoques à la réunion d'un certain nombre de feuilles liées ensemble par la queue. On les fait sécber dans des locaux spéciaux avant de les livrer. En France, où le gouvernement se réserve le monopole de la fabrication ot de la vente des tabacs, la culture de cette plante ne peut être faite que dans un certain nombre de départements où elle est autorisée, et les cultivateurs qui s'y livrent doivent se soumettre aux prescriptions des règlements administratifs sur cette matière.
Le houblon croit spontanément dans toutes les parties septentrionales do l'Europe. La Lorraine, les Vosges, le Nord et une partie de la Bourgogne sont les régions de la France où il est principalement cultivé. Il lui faut une terre profonde, fraiclie, mais où l'argile ne domine pas. Avant les semailles, on fait un labour de défoncement et on fume abondamment. La plantation s'effectue de la mi-février à la mi-avril. Les jeunes sujets sont généralement placés à 2 mètres de distance les uns des autres; la moyenne du nombre des plants doit être de 7000 à SÙOO par hectare. Les soins de culture consistent dans l'échalassement qui a lieu en mai, dans deux binages que l'on exécute en été aux époques les plus favorables pour maintenir la fraîcheur du sol. La récolte se fait à l'automne; puis on enterre le bas des tiges conservé pour repousser l'année suivante. Une houblonniôre en bon sol et bien cultivée peut durer de quinze h vingt ans. Les récoltes commencent la troisième année. La récolte est, en moyenne, de 1500 à 2000 kilogrammes de cônes par hectare, plus 500 à ItiOO kilogrammes de feuilles et de tiges sèches servant comme fourrage. On sait que les cônes de houblon sont employés par les brasseurs pour donner à la bière son goût particulier et pour la préserver des altérations auxquelles les boissons fermentées sont exposées. [Henry Sagnier.]
PLANTES LÉGUMINEUSES. — Agriculture, Vn. — Les légumineuses sont des plantes dont les graines, comme celles des céréales, servent à la nourriture de l'homme et des animaux. Elles sont caractérisées par la forme de leurs fruits qui sont renfermés dans une gousse.
Les principales plantes légumineuses cultivées sont les fèves, les haricots, les pois et les lentilles. Leurs graines contiennent une proportion notable d'azote qui leur donne une grande valeur nutritive.
La fève est la plus importante des légumineuses. Plusieurs variétés sont cultivées ; colle que l'on rencontre le plus souvent est la fève gour- £;ane, plus connue sous le nom de féverole.
La féverole préfère les terres compactes, un peu humides ; elle entre dans l'assolement comme plante sarclée ; elle peut se succéder plusieurs fois à elle-même sans que le produit en souffre. La terre doit être préparée par de nombreux labours, pour les semailles qui peuvent se faire en hiver, mais pour lesquelles il est préférable d'attendre le mois de mars. La quantité de semence à employer varie de 100 Ji 3i.O litres par hectare, suivant qu'on sème au semoir ou à la volée.
Un hersage après la semaille, deux binages à la houe, et enfin un buttage, tels sont les soins d'entretien nécessaires pendant la ■ végétation. Lorsque les cosses inférieures commencent à se développer, on procède à l'écimage des tiges, opération qui assure un rendement plus élevé. La récolte se fait dans le courant de l'été, lorsque les cosses commencent i noircir.
Le rendement moyen par hectare est de 20 à 25 hectolitres de féveroles, plus ;;0U0 il 2500 kilogrammes de fanes sèches qui peuvent être consommées en fourrage.
La culture des haricots est très répaudue dans une partie du nord et de l'est de la France. On en cultive doux groupes : les haricots à rames, dont
les tiges ont besoin de tuteurs, et les haricots nains qui se soutiennent par eux-mêmes. Les variétés de haricots à rames et nains dits de Soissons sont les plus estimées pour l'alimentation.
Les haricots redoutent l'humidité, et demandent une terre assez sèche. Ils entrent dans les assolements comme plantes sarclées. La terre étant bien préparée par plusieurs labours, on sème à la lin d'avril ou au commencement de mai. Les semailles doivent être faites en lignes espacées de M) à 40 centimètres, et les semences doivent être placées dans des poquets distants de 15 à 20 centimètres. Après les semailles, avant la levée des graines, on pratique un hersage en travers. Après la levée, on fait deux binages, puis un buttage complet. Enfin, lorsque les tiges sont assez élevées, on les rame, c'est-à-dire qu'on les soutient avec des gaulettes piquées obliquement en terre et entre-croisées Ji leur sommet. Après la récolte, on laisse les plantes achever de mûrir en javelles, puis on les rentre pour procéder au battage. La quantité de semence à employer par hectare est de 150 litres environ. Le produit moyen varie de 25 à 35 hectolitres de graines, plus 2000 à 25DO kilog. de fanes sèches.
Les pois comprennent un grand nombre de variétés, pour lesquelles la culture est la même. Les travaux ii faire sont d'ailleurs à. pou près les mêmes que pour les haricots. Mais il ne faut pas faire revenir cette plante avant cinq ou six ans sur le même champ. La quantité de semence à employer varie un peu suivant les variétés. Elle est de 125 litres environ pour les pois dits cultivés, et 200 litres pour les pois gris, le tout par hectare. Quant au rendement, il est, pour les premiers, de 12 à 15 hectolitres de graine et 2300 à 3000 kilog. de fourrage par hectare; pour les seconds, de 18 à 20 hectolitres de graines et 4000 à 4500 kilogrammes de fourrage. Les pois gris sont donc la variété qui donne le rendement le plus élevé.
Les lentilles fournissent pour l'alimentation humaine des graines très nourrissantes, et pour l'alimentation du bétail un excellent fourrage. La lentille peut prospérer dans presque toutes les parties de la France, mais elle préfère les sols sableux ou calcaires aux terres argileuses. Les travaux préparatoires pour cette culture consistent en un labour et un hersage qui doivent être faits pendant l'hiver. Les semailles doivent être terminées au printemps ; elles se pratiquent en lignes espacées de 40 à 50 centimètres. La quantité de semence à employer par hectare est de 1 hectolitre environ. Pendant la végétation, on procède d'abord h un binage pour nettoyer la surface du champ, puis à, un buttage énergique. On récolte un peu avant la maturité complète de la graine. Le rendement est de 15 à 20 hectolitres de graines en moyenne, et de ISoO à 2OU0 kilogrammes de fourrage par hectare.
On cultive deux variétés do lentille commune : la grande lentille, dont le grain est blond et aplati; la petite lentille, appelée aussi lentille à la reino OH lentillon, dont le grain est moitié plus petit que le précédent, plus coloré et bombé.
Los t'cjces sont surtout cultivées comme plante fourragère. Toutefois la consommation qui se fait de leurs graines pour la nourriture du bétail leur donne une place parmi les plantes légumineuses. C'est dans les terres argileuses que la vesce réussit le mieux. Pour préparer le sol, il suffît d'un seul labour, suivi d'un hersage qui est pratiqué immédiatement avant la semaille. Colle-ci peut se faire dès le mois de mars ; elle se fait généralement à la fin de ce mois ou dans le courant de celui d'avril. La quantité de semence à employer est de 1 hectolitre 1/2 par hectare pour la vesce de printemps et de 2 hectolitres pour celle t
d'hiver. Quant aux travaux do nettoyage du sol pendant la végétation, ils se réduisent à un hersage (|ui suit la semaille cl qui est destiné h enterrer les semences. La récolte se fait aussitôt que !c champ présente un certain nombre de gousses niiircs. Lo rendement est d'environ 15 hectolitres de graines, et ;J000 kilog. de paille qui donne un excellent fourrage.
[Henry Sagnier.] PLATINlî. — Chimie, XX. — Etyra. : de plattna, en espagnol diminutif de plate, mgent.
Le platine a été découvert vers 173(1 dans les sables aurifères du Pinio, Amérique du Sud ; il fut importé en Europe sous le nom de Platina dcl Pinto on 1740, et en tH22, on le rencontra dans l'Oural sous forme de pépites de 4, 'a, B et même 12 kilogrammes. Aujourd'hui ses principaux gisements sont dans les monts Ourals, au Brésil, dans la Nouvelle-Grenade; on lo trouve aussi à Haïti. On le rencontre à l'état natif, dans des sables d'alluvion, mélangé ii des métaux rares, tels que l'osmium, le palladium, l'iridium, l'or, et souvent aussi au fer, au cuivre, h l'argent, au plomb, à des pyrites.
Propriétés. — Le platine est d'un blanc grisbleu, se rapprochant fortement de la couleur du plomb; il est brillant comme l'argent. Sa densité est 21,1.'). C'est, le. plus lourd de tous les métaux. 11 fond vers 2000° centigrades seulement. Pendant longtemps on ne pouvait le fondre que très difficilement et en petites masses; tous les objets de platine se faisaient par le martelage. Il y a une vingtaine d'années, M. Deville est parvenu ;\ le fondre facilement et en masses considérables, au moyen de la flamme oxhydrique ; on fabrique maintenant aisément toutes sortes d'objets de toutes dimensions en platina. Le platine peut prendre un grand éclat; il est d'une telle ductilité qu'on a pu faire des fils de platine si fins qu'ils étaient difficilement visibles. Il est aussi très malléable et très tenace quand il est parfaitement pur, mais ces qualités sont très considérablement diminuées par les moindres traces de substances étrangères, telles que le soufre, le phosphore, l'arsenic, qui le rendent cassant.
Le platine est inaltérable à l'air; aucun acide, même bouillant, ne l'attaque, mais l'eau rérjnle (mélange d'acide azotique et d'acide clilorhy'drique'i le dissout rapidement en le transformant en chlorure de platine; à chaud il est également attaqué par le nitre et par la potasse ; il faut donc se garder de cliauffer quoi que ce soit renfermant de ces substances, dans des creusets ou des capsules de platine qui coîitcnt fort cher et seraient détériorés. Tous ceux qui travaillent dans les laboratoires savent qu'un creuset de platine se détériore rapidement au feu de charbon; cela tient il la présence dans le charbon d'une certaine quantité de sable ou de silice.
Chauffé h blanc, le platine se ramollit et se soude à lui-même. Quand il est fondu, il absorbe l'oxygène et l'abandonne en rochajit pendant lo refroidissement.
Lampe sans flamme; spirale de platine incandescente. — Le platine a la propriété, dans certaines conditions, de condenser les gaz à sa surface ; c'est ce qui permet d'expliquer la curieuse expérience dite de la lampe sajis flamme. Une spirale en fil de platine est suspendue dans la flamme d'une lampe ù esprit de vin, on éteint la flamme, aussitôt le fil de platine rougit; ce qui est produit par la chaleur dégagée par la combustion lente des vapeurs d'alcool au contact de l'oxygène condensé h la surface de la spirale métallique.
Eponije ou mousse de platine. Noir de platine. — En calcinant le chlorure ammoniacal de platine, on obtient pour résidu une masse spongieuse, terne, d'aspect terreux; c'est du platine pur, léger, très
poreux, et qu'on a appelé éponr/e ou mousse de platine. On appelle, au contraire, 7ioir de platine, le métal obtenu en poudre noire par la réduction de son bichlorure par lo zinc. L'éponge, et plus encore le noir de platine, peuvent condenser dans leurs pores des quantités considérables do gaz, et donnent ainsi naissance ^ dos phénomènes curieux. D'après Mitscherlich, une masse de noir de platine peut condenser jusqu'à 745 fois son volume d'hydrogène et phisieurs centaines do fois son volume d'oxygène. On provoque la combinaison instantanée d'un mélange d'hydrogène et d'oxygène en y mettant du noir de platine; si on le projette dans de l'alcool anhydre, celui-ci s'enflamme et brûle au moyen de l'oxygène antérieurement condensé dans le noir et qui devient incandescent. En laissant tomber goutte i goutte do l'alcool sur du noir ou sur de l'cponge de platine, on ne tarde pas il sentir l'odeur do l'aldéhyde, puis ensuite celle du vinaigre (acide acétique), produits résultant de l'oxydation de l'alcool. En dirigeant un jet d'acide sulfureux sur du noir de platine, on obtient immédiatement de l'acide sulfurique (V. Soufre).
Lampe à hydror/ène ozi briquet à hi/drofjèjie. — On doit à Dœbereiner ou à Gay-Lussac une lampe alimentée par l'hydrogène et qui s'allume à volonté par le contact de ce gaz avec une petite massodenoir de platine. Elle a été perfectionnée et est assez en usage aujourd'hui sous le nom de briquet ;i hydrogène. La description en est facile à comprendre ; le briquet ii hydrogène se compose d'un réservoir contenant de l'eau acidulée par de l'acide sulfurique; dans ce liquide plonge une cloche fermée par en haut au moyen dune garniture métallique à robinet; dans l'intérieur de la cloche est suspendu un morceau de zinc ; ce métal, au contact de l'eau, donnera de l'hydrogène qui va remplir la cloche en refoulant le liquide dans le vase extérieur, et quand la cloche sera pleine, le dégagement gazeux cessera, puisque le zinc ne sera plus en contact avec l'eau acidulée. Si alors on ouvre le robinet, le gaz sortira par un tube elfilé et viendra s'enflammer sur une masse de noir de platine convenablement placée an bout d'un fil métallique. Au commencement, le gaz qui sort de la lampe est un mélange d'hydrogène et d'air, mélange explosible : aussi doit-on le préserver du contact du noir de plalinc ; pour cela celui-ci est recouvert d'un chapeau qui ne s'enlève qu'après l'épuisement du mélange détonnant.
Extraction du platine. — Avant les travaux de M. Deville sur la fusion du platine, on l'obtenait assez difficilement en lingot. Après plusieurs préparations mécaniques, on traitait le minerai par le mercurcpouren retirer l'orpar l'amalgamation, puis on le chauffait avec de Veau réijale ; on évaporait jusqu'il siccité, et le résidu était ensuite traité par une dissolution concentrée de sol ammoniaque, co qui donnait un précipité de chloro-platinatc d'am moniaque laissant par la calcination un résidu d'épongé de platine ; celui-ci, comprimé fortement h plusieurs reprises, puis chauffé au blanc et martelé, se transformait en un petit lingot que l'on pouvait ensuite laminer.
Aujourd'hui, avec la flamme du gaz oxhydrique, on opère la fusion du platine aussi facilement que celle de l'or; l'opération, qui se fait dans des creusets en chaux puiA3, peut donner d'une coulée des blocs de 25, 30 et même 1)0 kilogrammes, comme tout lo momie a pu en admirer ii l'exposition do
Sels de platine. — Les sels do platine n'ont
point assez d'importance pratique pour que nous
en parlions ici avec détail. Tous se réduisent par
la chaleur en donnant de l'éponge de platine.
. Traités par les alcalis, les sels de platine donnent
PLATRE
PLATRE
des sels doubles dans lesquels le composé binaire qui contient le platine joue le rôle d'acide ; en un mot il se forme des plalinntes et non des sels à base (le platine. Les chlorures de platine s'obtiennent facilement par l'action de l'eau régale sur le platine et servent h. préparer les autres sels de platine; avec les clilorures alcalins ils forment des chlorures doubles (V. Nomenclature), tels que le chlorure double do platine et de potassium, PtC12,KCl; le chlorure double de platine et d'ammonium, PtCls.AzIl'Cl.
Alliages du platine. — Le platine du commerce n'est presque jamais complètement débarrassé de l'iridium et du palladium, avec lesquels il se trouve dans la nature ; ces métaux en augmentent la dureté sans en diminuer la ductilité. Le platine forme avec le cuivre, lorsqu'il y entre seulement pour i/jc, un alliage rose assez joli; 16 de cuivre, 1 de zinc, ' de platine donnent un alliage couleur d'or, très ductile et inaltérable à l'air.
Usages du platine. — Le platine métallique est emplojé fréquemment dans les arts et dans l'industrie. Les bijoutiers, les opticiens, Us orfèvres en font des télescopes, des miroirs, etc. 11 entre dans la fabrication des instruments de chirurgie ; mais c'est surtout dans les laboratoires et dans l'industrie des produits chimiques que ce métal a rendu et rend les plus grands services. On l'emploie pour faire des creusets, des capsules, des spatules, et surtout des cornues pour la condensation de l'acide sulfurique. A l'Exposition universelle de 1S78, nous avons vu de inagnifiques cornues de platine dont la valeur dépassait certainement plusieurs milliersdo francs ;rune d'elles valait môme ;J0 000 francs.
Le platine, à cause de sa haute température de fusion et de sa conductibilité élecirique, sert aussi i faire des pointes de paratonnerres. A l'état de lingot, le platine se vend aujourd'hui de r2uO à i;)|'0 francs le kilogramme.
[Alfred .lacquemart.]
PLATRE. — Chimie, XV. — La poudre blanche que tout le monde connaît sous le nom de plâtre est du sulfate de chaux anhydre, SO-'.CaO.
Origine et préparation. — Le plâtre s'obtient par la cuisson du sulfate de chaux naturel, cristallisé, qu'on appelle \eggpye; celiii-cia pour formule SO^,CaO,'2IIO ; il porte aussi le nom de pierre à plâtre on plâtre cric. Le gypse se rencontre, en assez grandes masses, dans les terrains Sfcondaires, situé tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, du sel gemme, qu'il accompagne souvent. La plupart du temps le gypse, ainsi que les marnes et les argiles qui l'accompagnent, au-dessus ou au-dessous du sel gemme, est dépourvu de traces d'êtres organisés marins. On le rencontre en Autriche dans les environs de Salzbourg, dans le Tyrol et le Vorarlberg; dans le nord de la Suisse et du Wurtemberg; dans la Saxe, laThuringe: dans l'ouest de l'Angleterre, en Espagne, dans l'Amérique du Nord et enfin en France, principalement dans les alentours do Paris, où il est l'objet d'une industrie fructueuse et fort importante; Montmartre, Gagny, Argentouil, Montreuil, Franconville, Herblay, Croil, Vaux, sont des centres d'extraction qui desservent Paris et le nord de la France. Le département de Saône- et -Loire, le Puy-de- Dôme, la Côte-d'Or, approvisionnent le centre et le midi de la France. Dans les alentours de Paris, le gypse forme des collines, comme à Montmartre et à Montreuil, où l'extraction se fait à ciel ouvert. Il est souvent en masse cristallisée, à texture saccharoïde, compacte, grenue ; il est rayé par l'ongle; quelquefois il est limpide, d'autres fois blanc opaque, jaune, grisâtre. On le rencontre aussi sous forme de cristaux en f'i-r df lance, dérivant d'un prisme oblique; on peut alors le diviser avec un couteau en lames extrêmement minces et
transparentes, qui souvent reproduisent merveilleusement les phénomènes de coloration des lames viijices, connus dos physiciens sous le nom d'anneulix de Newton, parce que l'illustre savant anglais en a le premier donné une explication. Ce gypse laminaire a quelquefois remplacé le verre pour couvrir de petites images; de là les noms anciens àc pierre à Jésus, glace di Marie, miroir d'âne. Si on chauffe l'une de ces lames transparentes, simplement à la flamme d'une bougie, elle devient immédiatement opaque, blanche et amorphe; c'est le résultat d'un commencement do cuisson, autrement dit de déshydratations.
AibAtre gi/pseur. — Certains gypses, i grains fins, durs, en masses demi-translucides, blanches ou colorées, se travaillent facilement et sont employés, sous le nom d'albâtre gypscux, Ji faire des vases, des socles de pendule, des lambris, divers objets d'ornement. La Sardaigne, la Tosc.me donnent un très bel albâtre; on en trouve aussi à Montmartre. L'albâire calcaire, qui est un carbonate de chaux, est plus beau que l'albâtre gypseux et coûte beaucoup plus cher.
Cuisson du plaire. — Lorsque le gypse a été chauffé pendant trois ou quatre heures, au-dessus de 100", il perd ses 2 équivalents d'eau, son aspect cristallin disparaît, il est devenu du plâtre. Pulvérisé, il possède alors la propriété, en présence de l'eau, de s'hydrater de nouveau en formant une bouillie qui. au bout de quoique temps, se transforme en une masse solide, compacte.
Cela tient h. ce que les particules de plâtre, au contact de l'eau, reprennent la forme cristalline, augmentent de volume, se rapprochent, et se feutrent, pour ainsi dire, en s'enchevètrant. La cuisson du plâtre se fait rapidement de 12ii° à l.'SO". Si on chauffe au delà de i50°, le plâtre ne se prend plus au contact de l'eau que fort lentement; enfin si la température a atteint le rouge, il ne se prend plus du tout, parce qu'il n'est plus susceptible de recristalliser en absorbant de l'eau. Il résulte de cette influence de la température de cuisson sur les propriétés du plâtre, que le fabricant doit la modérer et la régulariser dans les fours, d'après les usages auxquels il le destine. Le plâtre qui sert au moulage doit se prendre dans un tonips qui varie de 6 à 8 minutes. Pour l'ess.iyer, on en gnclœ une poignée dans une soucoupe de manière â obtenir une bouillie assez claire, puis on attend, la montre à. la main, que les rides obtenues à la surface de la matière, par une légère agitation, ne s'effacent plus ; le plâtre est pris.
La cuisson du plâtre se fait dans des fours an maçonnerie, surmontés d'une couverture en tuile à claire-voie, soutenue i quelque distance, audessus du four, par une charpenti' en bois. Dans ces fours, on forme une série de voûtes à sec, avec les plus gros moellons de plâtre cru, et on surcharge les voûtes avec les morceaux plus menus. Le chauffage se fait avec des branchages de bois sec introduits dans les voûtes. La cuisson peut durer 10 heures pour les plâtres ordinaires; elle ne dure pas plus de 5 à 7 heures pour 1rs plâtres h. mouler, qui doivent se prendre beaucoup plus vite que les autres; dans ce cas là, elle se fait dans des fours ressemblant à de grands fours de boulanger. Dans aucun cas, la température ne doit atteindre 200°; on la mesure avec des thermomètres placés dans des étuis en fer qu'on plonge dans la masse de gypse en cuisson.
Au sortir du four le plâtre est pulvérisé par des meules, puis tamisé et conservé à l'abri de l'humidité ; sans cela il &'cvejUerait, c'est-à-dire qu'il perdrait ses qualités. Le plâtre bien préparé doit s'écliauffer un peu, lorsqu'on le met on présence de l'eau.
On appelle plâtre au panier le plâtre grossier
PLATRE
PLOMB
qui a été tout simplfiment tamisé avec un panier, et pliiti-e au tas celui qui a été passé au tamis. Usai/es ilu plâtre. — Les usages du plâtre sont nombreux. Sa fabrication et son commerce sont fort importants. Les murailles des habitations, dans les villes surtout, sont enduites de plâtre. Pour cet objet Paris en fait une consommation prodigieuse. Les mouleurs en fabriquent des statuettes, des médailles, des ornements de toute sorte. Grâce au plâtre, on peut orner le plus modeste logis des reproductions des chefs-d'œuvre de la sculpture. Pour obtenir ces reproductions, l'ouvrier verse, dans le moule en creux de l'objet i reproduire, la bouillie claire obtenue en gâchant le plâtre avec de l'eau. Celui-ci pénètre en se gonflant dans les plus petits interstices du moule, qu il reproduit en relief.
Siuc. — En gâchant le plâtre à. mouler dans une dissolution d'alun et de gélatine on obtient le stuc, qui a une dureté beaucoup plus grande que le plâtre. Le stuc se travaille comme le marbre qu'il imite ; en introduisant dans la bouillie des matières colorantes, on obtient, après la solidification, un stuc veiné comme le marbre. Le stuc est employé dans la décoration intérieure des maisons de luxe, et dos monuments; les murs de Saint- Pierre de Rome sont entièrement revêtus do stuc. PhUriige des vhis. — Depuis longtemps on a l'habitude d'ajouter du plâtre en poussière aux vins do médiocre qualité ; cela les empêche de s'acidifier et leur donne une plus belle couleur. Le plâtre n'est pas véritablement un poison ; du reste, il est très peu soluble dans l'eau et principalement dans le vin ; mais en présence du tartre (bitartrate rie potasse), qui existe toujours naturellement dans le vin, il se forme du sullate do potasse qui peut être toxique à une asSez faible dose ; l'administration, après avoir pris l'avis du conseil supérieur d'hygiène, a ordonné des poursuites, par une circulaire ministérielle du garde dos sceaux, en date du lU août 188», contre les commerçants ou les propriétaires qui livreraient des vins contenant plus de 1 grammes de sulfate par litre. Devant les protestations du commerce, appuyées d'avis favorables émanant de chimistes et hygiénisles compétents, les effets de la circulaire ministérielle ont été provisoirement suspendus, jusqu'à ce que de nouvelles éludes aient été faites sur cet important sujet.
Le plâtre en agriculture. — Nous ne pouvons renoncer à rappeler ici la magnifique expérience que fit Franklin, pour démontrer, de visu, â ses voisins et connaissances, qui en doutaient, l'efficacité de la poussière de plâtre répandue sur une prairie artificielle. L'illustre Américain imagina de semer du plâtre sur un champ de trèfle, suivant de grandes lettres formant les mots : effet du plâtre. Le trèfle poussa sur cet endroit plus vite et plus abondamment qu'à côté, et au bout de peu de lcmps,on pouvait lire en immenses lettres d'herbe : effet du plâtre. Tout le monde fut convaincu, et depuis cette époque le plâtre est employé dans l'amendement des prairies artificielles : trèfle, luzerne, sainfoin, etc., aussi bien en Europe qu'en Amérique. On emploie de 'J à 3 hectolitres par hectare. Beaucoup de cultivateurs pensent que son efficacité est nulle lorsqu'on le répand liur le sol nu, et qu'il faut le jeter à la volée sur la récolte lorsqu'elle a déjà plusieurs centimètres de hauteur; il est avantageux de choisir un temps humide. D'après Mathieu Dombasle. le plâtre produit les meilleurs eft'ets, quand sec il est mélangé à la semence et répandu sur le sol avec elle.
Riile chimiijue du plâtre dans lu végétation. — D'après le célèbre cliimiste allemand Liebig, le plâtre maintiendrait sur le sol en le condensant à sa surface le carbonate d'ammoniaque gazeux provenant de la décomposition des engrais azotés; il
se formerait une double décomposition, entre le sulfate do chaux et le carbonate d'ammoniaque, qui donnerait naissance à du sulfate d'ammoniaque, sel à peu près fixe ; ce sulfate resterait sur le sol à la disposition de la plante. M. Adrien do Gasparin, agronome distingué, prétend que le plâtre a^it directement sur les plantes et qu'il est absorbé par elles ; il soutient que précisément les plantes qui prospèrent le mieux, sous l'influence de cet amendement, telles que les légumineuses et les crucifères, sont aussi celles qui contiennent lo plus de sulfates. [Alfred Jacquemart.!
PLOMB. — Cliimie, XIX. — Propriétés du plomb. — Le plomb est un métal d'un gris bleuâtre, brillant quand il est fraîchement coupé ; le plus mou des métaux, il est rayé par l'ongle et laisse une trace sur le papier ; on peut en faire des crayons. 11 faut bien se garder de confondre les crayons de plomb, peu en usage aujourd'hui, avec les crayons ordinaires, dits de mine de plomb, qui ne contiennent pas un atome du métal dont ils portent le nom {V. Charbon, p. 308). Le plomb est très malléable; on en fait des feuilles qui peuvent être très minces, soit au martelage, soit au laminage ; sa ductilité est limitée, car il est peu tenace : un fil de 0"',002 de diamètre se rompt sous une charge de 9 kilogrammes; or on sait que pour réduire un métal par la filière, il faut (|u'il puisse résister à une traction assez forte relativement a son diamètre. La densité du plomb est 1 1 ,35, c'està-dire qu'un décimètre cube de ce métal pèse i la température ordinaire I l's,3ôO grammes. C'est le plus lourd des métaux communs: c'est pour cela qu'on dit : lourd comme du plomb; mais le mercure, lor, le platine, sont plus lourds que lui ; le plaiine à volume égal pèse à peu près deux fois autant. , , , , i.
Action de la chaleur sur le plomb. — Le plomb fond à33'i°; à une température très élevée, il donne des vapeurs, sans pouvoir pour cela se distiller.
Si on le laisse refroidir lentement, puis qu on le décante avant que toute la masse ne soit solidifiée, on obtient une belle cristallisation de plomb sous forme de double pyramide à quatre faces ou octaèdre régulier. Chaufl-é à l'air, le plomb se recouvre d'une pellicule irisée appelée cendre de plomb ; cette pellicule se transforme rapidement en une substance jaune appelée massicot; c'est de l'oxyde de plomb. Cette couche protège le plomb contre une oxydation plus complète, mais, si on l'enlève au fur et à mesure qu'elle se forme, on pourra transformer toute la masse do plomb en massicot. , , ,■ j
Propriétés chimiriues du plomb. Action ries acides. — Le plomb est moins oxydable que le fer, le zinc, le bismuth, l'antimoine; il l'est plus que l'argent, le mercure, l'or et le platine. Il l est plus ou moins que le cuivre, selon les conditions.
Les acides chlorhydrique et sulfurique n attaquent pas le plomb à froid; mais, concentrés et bouillants, ils le transforment, le premier en chlorure le deuxième en sulfate ; on peut néanmoins employer le plomb dans les chambres où se prépare l'acide sulfurique et qu'on appelle chambres de plomb. C'est également dans des vases de plomb que se fait la première concentration de cet acide; aussi contient-il toujours des traces de sulfate de plomb, dont on peut du reste le débarrasser facilemenl, si cela est nécessaire pour les usages auxquels il sera destiné. L'acide azotique attaque le plomb à froid, ce qui fait que les chambres de plomb sont vite détériorées, quand, dans la préparation de l'acide sulfurique, on n'a pas soin d empêcher l'excès d'acide azotique. La plupart dos acides organiques, acétique, tartrique, citrique, etc., attaquent le plomb en présence do l'air atmospliérique.
PLOMB
PLOMB
Action de l'air à froid en présence de l'eau. — Au contact de l'eau distillée ou des eaux pluviales, et en présence de l'air, le plomb [s'oxyde rapidement, et il se forme à la surface un liydrocarbonate de plomb, vénéneux comme tous les sels de plomb, et soluble dans l'eau ; il en résulte qu'on doit éviter d'employer des tuyaux de plomb pour recueillir les eaux de pluie, lorsqu'elles doivent être utilisées pour la préparation d'aliments quelconques. Au contraire, on peut employer les tuyaux de plomb avec les eaux ordinaires de puiis, de fontaine, sans qu'ils présentent de danger ; ces eaux contiennent des sels calcaires qui empêchent la solubilité des composés plombiques.
Principnvx comprises du plomb. O.cijaes. — La substance jaune, pulvérulente, qui se forme à la surface du plomb cliauffé à l'air, et qu'on appelle massicot, est un protoxyde de plomb, PbO ; on peut encore l'obtenir en calcinant le blanc de ce- , j'Mse du commerce.
Si on chauffe le massicot jusqu'à fusion, on obtient par le refroidissement des paillettes cristallines, jaunes, vertes ou rouges, selon la rapidité du refroidissement : c'est la l'itharye, qui a la même composition chimique que le massicot. Ces oxydes se combinent facilement, ;\ chaud, à 1 acide | silicique (silice, sable) pour former un silicate,; fort fusible; c'est ce qui fait que les creusets d ar- ] elle se détériorent et sont perforés rapidement quand on y chauffe des sels ou des oxydes de plomb. Le cristal est un silicate de plomb. La htharge se transforme à l'air en carbonate de plomb. Lo massicot chauffé à l'air sans qu'il y ait fusion se suroxyde en donnant le mnnum, belle poudre rouge qui a de nombreux usages, et dont la composition est représentée par la formule PbO^.'.'PbO. On distingue dans les arts les mmitims b. tm feu et à deux feux, selon qu'ils ont été obtenus après une ou deux chauffes ; les derniers sont plus riches que les autres. Si on chauffe jusqu'à fusion, le minium est décomposé et on a de la litharge. Tous ces oxydes, comme du reste presque tous les sels de plomb, sont réduits par le charbon h chaud et donnent un culot de plomb (caractère analyti(|ue). . .
Il est important de signaler ici une curieuse propriété que la litharge on fusion au contact de l'oxygène partage avec l'argent fondu : elle absorbe une certaine quantité de ce gaz, qui se dégage complètement pendant le refroidissement et peut même, lorsque la masse est considérable et le refroidissement brusque, produire une explosion et une projection de matière. ^
Carbonate de plomb ou blanc de ceruse. — Le blanc de céruse, appelé encore blanc de plomb, est un produit extrêmement employé a;;" s la peinture ; c'est un carbonate de plomb l.O-PbO. Cette substance est complètement insoluble dans l'eau ; elle noircit au contact des emanaiion s sulfureuses par suite de la formation du sulfure noir de plomb ; c'est même pour cela qu on tend do plus en plus à la remplacer par le blanc de zinc (oxyde de zinc), puis aussi parce que sa fabrication et son usage sont fortement nuisibles aux ouvriers. La céruse se prépare en grand par deux procédés : le procédé de dichy, dû à Thenard et le procédé hollandais. Le premier consiste à faire passer un courant d'acide carbonique dans de 1 acétate de plomb auquel on a môle de la litharge. Le second est fort ancien, et s emploie eu Hollande et dans les Flandres : on recouvre de lumier des pots de terre contenant un peu de vinaigre et des feuilles de plomb enroulées cylindriquement ; la chaleur produite par la fermentation du fumier évapore le vinaigre (acide acétique) ; il se forme de l'acétate de plomb, que l'acide carbonique provenant du fumier en décomposition transforme en carbonate de plomb.
Le blanc de Venise, le blanc de Hambourg sont formés par des mélanges de céruse et de sulfate de baryte.
Sel de Saturne ou acétate de plomb. — En traitant la litharge par le vinaigre, on obtient des cristaux blancs d'acétate de plomb; ce sel, qui a pour formule PbO,C»H30',3HO, s'efneurit à l'air. On l'appelait aussi autrefois sucre de Saturne, parce qu'il aune saveurlégèrement sucrée. Quand on le met dans l'eau ordinaire, il donne un liquide blanc laiteux qu'on emploie en médecine sous le nom d'eau blanche ou eau de Goulard.
On rencontre aussi dans les arts le chromale de plomb, sous le nom àe jaune de chrome ; des chlorures de plomb sous les noms de jaune de Cassel, jaune minéral, jaune de Turner.
Caractères généraux des sels de plomb. — Tous, comme nous l'avons dit plus haut, sont réduits par le charbon ; tous noircissent par l'hydrogène sulfuré (gaz des lieux d'aisance et des œufs pourris ou encore gaz de plomb) ; tous sont vénéneux et donnent à la longue, quand ils sont absorbés en petite quantité, ce qui est le cas le plus commun, les maladies dites saturnines, auxquelles les peintres en bâtiment sont surtout exposés. Comme préservatif, il est bon de prendre des boissons ! très légèrement acidulées par de l'acide sulfui rique (D' Gendrin). ,,
Alliages du plomb. — 5 parties de plomb, 3 d etain, 8 de bismuth fondues ensemble forment l'alliage fusible de Uarcet qui fond dans l'eau bouillante ; en variant les proportions de ces métaux, on obtient des alliages qui diffèrent surtout par leurs points de fusion ; celui de Darcet, qui fond à 98", est le plus fusible. Les caractères d'imprimerie contiennent "8 à 80 de plomb pour 20 à Tï d'antimoine. La potée d'étain, employée par les potiers, contient Vï à 18 p. 100 de plomb. Le plomb de chasse renferme quelques millièmes d'arsenic ; cela lui donne la propriété de former des grains de diverses grosseurs en tombant en fusion et d une très grande hauteur sur des cribles convenables. On en a fabriqué longtemps dans la tour Saint-Jacques la Boucherie.
Vsages du plomb et de ses p7-incipaux coynposés. — Le plomb est connu depuis la plus haute antiquité. Autrefois on l'appelait plomb noir, tandis que l'étain était appelé plo»ib blanc et le bismuth plotnb gris. Les alchimistes l'appelaient Saturne, parce qu'il dissout (dévore) plusieurs métaux quand il est fondu.
Le plomb est extrêmement employé dans des constructions diverses : à la couverture des édifices, à la fabrication des tuyaux de conduite d'eau ; il recouvre les parois des chambres dites de plomb où se fabrique l'acide sulfurique. On en fait de la grenaille, du plomb de chasse, des balles de fusil, des alliages, du massicot, de la litharge, du sel de Saturne, etc.
Le massicot est employé à la fabrication du minium. La litharge entre dans un grand nombre de vernis (toiles cirées), dans l'émail des vernis, dans l'émail des poteries, la fabrication des cristaux, la confection des emplâtres qui ne sont qu'un mélange d'axonge et de litharge. Le minium ' sert à colorer en rouge la cire à cacheter ; il entre dans la fabrication du lut des chaudières, dans la peinture du fer, dans la fabrication du fliiit-glass. La céruse sert à fabriquer le mastic des vitriers ; on en fait une consommation considérable dans la peinture en blanc des boiseries et des appartements; mélangée îi des traces d'indigo, la céruse acquiert un beau reffet bleu. Dans l'antiquité les dames s'en servaient comme fard. Enfin l'acétate de plomb est très employé en médecine, principalement contre les entorses, les foulures ; la teinturerie en fait aussi une grande consommation. Tous les sels de plomb étant vénéneux, la théra-
PLUIE
PLUIE
peutiquo no les emploie giitro que pour des usages externes.
MinéraliH/ie et métallurgie clic plomh. — On compte plus de trente espèces minérales naturelles contenant du plomb ; c'est donc un métal très répandu; néanmoins on ne l'a rencontré h l'état métallique que ,dans de rares produits volcaniques.
Le plus important de tous les minerais du plomb, c'est la galène ou sulfure do plomb. La galène rossonible h la plombagine et à la blende (sulfure de zinc), mais elle s'en distingue par sa grande densité, qui est 7,5. La galène est souvent argentifère; on la rencontre dans les terrains de sédiment aussi bien que dans ceux de cristallisation ; elle est cristallisée en cubes et en octaèdres. Elle se trouve en filons réguliers, en amas, en veines irrégulières et en nodules disséminés. « La plupart de ces filons, dit Delafosse, sont ouverts dans les terrains de transition : à Sainte- Marie-aux-Mines (Vosges), h Pontgibaud (Puy-de- Dôme), puis dans la Lozère, dans le Cumberland (Angleterre) ; là ils sont dans le calcaire carbonifère. Dans la Charente, on les trouve dans le calcaire jurassique. A Eiffel (Prusse liliénanej, la galène se rencontre en nodules et en grains disséminés. » Le minerai le plus important après la galène, c'est le carbonate ou ccruse naturelle ; ce sont les deux seuls exploités. En France les mines de plomb sont nombreuses, mais on en exploite un nombre restreint, 6 ou 7 au plus. Ce sont celles de Pontgibaud (Puy-de-Dôme), de PouUaouen et Huelgoat (Finistère), Vialas (Lozère), Lacoste (Gard),Pontpéan (llle-et-Vilaine), Bagnèrcs-de-Luclion (Haute-Garonne). D'après Artliur Mangin, les mines de plomb de France produisent annuellement 220 000 kilogr. de plomb, 155 000 de litliarge, 250 000 kilogr. de minerais triés vendus aux potiers, et 3000 kilogr. d'argent.
La consommation annuelle du plomb en France dépasse 20 OUO UOO de kilogr. ; c'est assez dire que la plus grande partie nous vient de l'étranger,
Pour extraire le plomb de ses minerais on emploie deux procédés : le procédé par réduction et le procédé par réaction. Dans le premier, on réduit le minerai par le fer ; celui-ci s'applique aux minerais riches en gangue siliceuse ; le deuxième consiste h faire réagir i chaud le sulfate et l'oxyde sur la galène. Pour cela on la grille dans un fourneau à réverbère, où elle se convertit en partie en oxyde et en sulfate ; puis, pendant un second coup de feu, on obtient du plomb par la réaction de ce qui reste de sulfure sur le mélange d'oxyde et de sulfate. Ce procédé s'applique surtout aux minerais riches contenant an moins 50 pour 100 de plomb. On l'emploie on Angleterre, puis, en France, en Bretagne et en Auvergne. On peut résunier comme suit les diverses opérations de cette métallurgie : on débarrasse la galène de sa gangue par le bkardugc et le lavage, puis on l'introduit dans le four à réverbère, là elle subit les opérations suivantes : 1° le grillage, qui transforme une partie de la galène en oxyde et en sulfate ; 2° le brassage, qui consiste à brasser le mélange sur le sol d'un four à réverbère : on obtient du plomb ; 3° le resuage, qui a pour but de retirer le plomb resté dans le minerai en réduisant celui-ci par le charbon. Quelquefois les soussulfures ou riiattes sont traités jiar le fer.
[Alfred Jacquemart.] PLUIE. — Météorologie, VI1-X,XIV-X1X. — C'est un des trois éléments essentiels de la diversité des climats terrestres : lumière, chaleur, humidité. La pluie est le résultat de la condensation de la vapeur d'eau contenue dans l'air ; elle s'échappe généralement des amas de cette vapeur condensée qui constitue les nuages; mais des gouttes de pluie peuvent aussi tomber d'un ciel en apparence
sans nuages. La vapeur condensée est alors très disséminée dans les hautes et basses régions de l'air; elle donne au ciel une teinte bleue plus paie sans y former de masses nuageuses très distinctes. Ces gouttes de pluie sont quelquefois très volumineuses; elles grossissent, en tombant, de tous les globules qu'elles rencontrent, ainsi que do la vapeur quelles peuvent condenser dans leur chute. D'autres fois, au contraire, on voit de loin un nuage se résoudre en pluie, sans que les traînées visibles qui en descendent s'étendent jusqu'au sol. Les couches inférieures de l'air sont alors chaudes et sèches et les gouttes de pluie s'évaporent avant de toucher le sol.
La distribution générale des pluies à la surface du globe est la conséquence du mode de circulation de l'atmosphère (V. Courants). Les particularités de cette distribution sont le résultat du relief de la surface terrestre et de la répartition des continents et des mers.
Pluies entre les tropiques. — Da»s les zones occupées par les vents alizés, les pluies sont très rares; elles n'y surviennent guère que dans certaines régions marquées par le passage des ouragans ou cyclones. On conçoit qu'il en soit ainsi. L'air y progresse régulièrement des régions tropicales vers la zone du globe où la température est le plus élevée ; sa capacité de saturation va donc en croissant en même temps que sa vapeur augmente. Tout s'y réduit à des rosées nocturnesgénéralement très abondantes.
L'aspect du ciel change complètement quand on approche de la zone des calmes équatoriaux qui sépare les deux alizés. Là viennent s'accumulertoutes les vapeurs amassées par les alizés dans leur long parcours à la surface de l'Océan. Ces vapeurs sont entraînées par la nappe équatoriale ascendante vers les hautes régions de l'atmosphère. Dans ce mouvement ascensionnel, la masse d'air . se refroidit graduellement par le fait même de sa montée et par suite de l'expansion que produit en elle la diminution progressive de sa pression barométrique. Elle atteint bientôt son degré de saturation, puis apparaissent les nuages. Dans cette région, les pluies sont fréquentes et torrentielles, la chaleur molle et accablante, les orages nombreux et violents. Le bruit du tonnerre y est presque incessant à la surface des grands océans.
'L'anneau de nuages se déplace annuellement à la surface du globe, en suivant d'un peu loin la marche du soleil, comme si ce dernier le traînait après lui. En été, l'anneau de nuages et ses pluies se sont rapprochés du tropique nord : c'est, pour cette partie du globe, la saison pluvieuse alternant avec une longue saison sèche qui correspond à notre hiver. Durant l'hiver, au contraire, l'anneau de nuages et ses pluies se rapprochent du tropique austral, et la saison sèche y correspond \ notre été. Entre ces limites, la zone des nuages, dans son oscillation périodique, passe deux fois par an au-dessus des régions équatorialesqui ont alors deux saisons pluvieuses annuelles séparées par deux saisons sèches. Les deux saisons pluvieuses sont à peu prèséquidistantes au milieu de l'intervalle parcouru par l'anneau de nuages; elles se rapprochent progressivement vers les limites de ce parcours pour se fondre en une seule saison qui correspond à nos mois d'été près du tropique nord, et à nos mois d'hiver près du tropique austral.
Pluies en dehors des tropiques. — Au delà des zones des alizés et des tropiques, nous retrouvons dans chaque hémisphère le courant équatorial, qui doit son nom à son origine (V. Courants). Ce courant sème les pluies sur son parcours comme l'anneau d(! nuages équatoriaux; seulement, il est plus diffus, plus variable dans ses allures d'une année à l'autre ; ses pluies sont moins constantes
PLUIE
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et régulières. Comme l'anneau de nuages, le courant équatorial suit aussi la marche du soleil sur la terre. Il se rapproche des ironiques en liivcr et s'en éloigne en etc. Il en résulte que dans le voisinage du tropique nord, au-dessous du tropique, il pleut en été, comme au Sénégal ; au-dessus du tropique, il pleut en hiver, comme en Algérie.
Zotie des déserts. — Entre ces deux zones de pluies de saisons opposées, se trouve une longue bande où il pleut rarement : c'est la bande des déserts qui traversent l'Afrique septentrionale de l'Atlantique ;i l'Asie, et s'étend sur ce dernier continent jusqu'en Chine, en remontant vers le nord sous l'iiiriuence de la mer des Indes. Ces déserts se retrouvent aussi dans l'Aniorique du nord, mais beaucoup moins accusés parce que le continent y est plus étroit. Nous les voyons encore, mais également moins marqués, et pour la même raison, sur l'.^frique et l'Amérique méridionales et sur l'Austfalie.
Pluirs en Europe. — L'Europe méridionale est soumise au régime des pluies d'hiver. A mesure qu'on s'y élève vers le nord, cette saison se dédouble en une saison pluvieuse d'automne et une saison pluvieuse du printemps; mais, en même temps, l'une et l'autre saison deviennent de plus en plus diffuses et s'étendent à presque toute l'année. Le relief du sol et le voisinage des océans prennent alors une influence prépondérante. Dans le nord de l'Europe, et môme dans le nord de la France, le maximum des pluies tombe en automne sur les eûtes occidentales ou sur les versants des chaînes de montagnes exposés aux vents du sudouest: il tombe en été dans l'intérieur du continent et surtout à l'est des massifs montagneux. Abondance des pluies. — Sous le rapport des quantités, les pluies donnent une hauteur d'eau annuelle d'autant plus grande, en général, qu'on est plus près de l'équateur dans la région intertropicale, ou qu'on y est plus éloigné de la zone des déserts. En dehors des tropiques, cette hauteur d'eau annuelle est aussi d'autant ])lus grande qu'on est plus rapproché de ces lignes, sans cependant s'approclier trop près des déserts. Toutefois, la position des lieux par rapport :\ la mer, et la direction des vents dominants, produisent des diflérences considérables. Dans les régions intertropicales, en Amérique, en Asie, en Afrique et dans les grandes îles de l'Océanie, les côtes orientales placées sous le vent des alizés sont copieusement arrosées. Il en est ainsi, en particulier, du Brésil et du Venezuela, en Amérique ; des royaumes de Siam, d'Annam et de la Cliine méridionale, en Asie ; des côtes d'.Vjan, de Zan^uebar, de Mozambique, en Afrique ; des côtes orientales de l'Inde pendant la mousson d'hiver et surtout de leurs côtes occidentales pendant la mousson d'été. Tandis que la moyenne des eaux pluviales qui tombent i Paris est annuellement de Om,30 environ, à Saint-Benoist, dans l'île de la Réunion, M. Maillard a recueilli lG"',iO d'eau de pluie en quatre ans, ce qui donne pour moyenne annuelle 4", 12 par an. Dans l'Inde, la hauteur totale de pluie annuelle varie de 2 à 3 mètres suivant les localités; il en est à peu près de même dans l'Amérique centrale et dans la Sénéganibie. Si on considère que, dans toutes ces régions, les chutes de pluie sont peu nombreuses, et souvent de courte durée, on comprend que les averses doivent avoir une intensité énorme; il en est qui donnent en quelques heures 40 millimètres d'eau. Dans l'intérieur des terres, cependant, l'abondance des pluies diminue d'une manière notable. A Seringapatam, dans l'Inde, et h Bogota, en Amérique, elle est à peine supérieure à celle d'Europe.
Les mêmes différences existent en Europe :
plus de pluie au midi qu'au nord, bien que le nombre des jours pluvieux marche en sens contraire; plus de pluie sur les côtes ouest et sur les versants occidentaux des chaînes de montagne que dans l'intérieur des continents et sur l'est des massifs montagneux.
Voici un tableau approximatif des hauteurs moyennes de pluies annuelles qui tombent sur les principales régions de l'Europe :
miUîm. d'eau.
Russie 3G0
Scandinavie 480
France septentrionale, Allemagne G80
Angleterre, régions de l'est... 090
Côtes occidentales de l'Europe. 740 Italie, au sud des Apennins,
France méridionale 810
Angleterre, régions de l'ouest. 9'30
Italie au nord des Apennins.. . . 12'J0
Sur certaines parties des côtes de Norvège, cette hauteur peut dépasser 2 mètres.
Pluies '■n France. — La région méditerranéenne, de Perpignan ,'i Nice, reçoit annuellement une quantité de pluie supérieure à celle qui mouille le bassin parisien; mais, surtout en Provence, les pluies ne tombent guère que dans l'automne ou dans le premier printemps; elles y sont très rares en été, et cette circonstance, jointe il l'ardeur du soleil, y fait donner la préférence aux cultures arbustives quand on n'y dispose pas d'eaux d'irrigation suffisantes. Cette rareté des pluies d'été dans la Provence s'étend au nord sur le versant méridional du Plateau central, et assez haut dans la vallée du Rhône, tout en s'y affaiblissant graduellement. Sur le reste de la France, les pluies d'été augmentent progressivement h mesure qu'on remonte vers le nord et vers l'ouest. La quantité de pluie qui tombe sur le bassin de la Seine dépend avant tout de l'altitude des lieux, de leur orientation et de leur distance :\ la mer. Le Morvan, qui 0)1 forme la partie la plus élevée, peut recevoir suivant les années de 1 h 2 mètres de hauteur d'eau pluvi.ile annuelle. Quand des lignes de partage des bassins divers, on descend vers la partie inférieure du bassin de la Seine, on trouve du côté de Paris une région de pluies minima, comprenant une grande partie de la Champagne sèche, de la Beauce et de la vallée de l'Oise. Enfin, quand on se rapproche de la mer, la quantité de pluie augmente de nouveau, môme pour les plaines basses. On y retrouve à peu près les nombres obtenus dans les parties montagneuses vers 400 mètres d'élévation au-dessus du niveau de la mer.
A Paris et dans toute la région environnante, la quantité de pluie tombée dans les six mois de la saison chaude est beaucoup plus forte que la quantité tonil)ée dans les six mois de la saison froide; de 1859 il 1875 le rapport est de 00 ii 40. On sait que les pluies estivales sont sans profit pour les sources, sinon pour les récoltes. A mesure qii'on s'approche du périmètre du bassin, dans ses points élevés, l'accroissement des pluies porte plus sur les pluies d'hiver que sur les pluies dété, en sorte que la proportion de ces deux saisons se trouve renversée, 47 à 53. Ce fait a une grande importance au point de vue des cours d'eau. Les pluies d'hiver comme les pluies d'été ne donnent presque rien aux sources dans la partie moyenne du bassin, et elles donneront de moins en moins à mesure que la culture fera des progrès, jusqu'au moment où cette région pourradisposer d'eaux d'irrigations suffisantes. C'est donc particulièrement sur les bords du bassin que les nappes souterraines peuvent s'alimenter. Là, même, les pluies d'été n'ont qu'une médiocre importance à ce point de vue