PLUTONIENS (TERRAINS) — 1627 — PLUTONIENS (TERRAINS
spécial de l'alimentation des sources : ces eaux phivi:iles, quand leur extrcnic abondance ne les fait pas en partie ruisseler sur le sol vers les cours d'eau, sont presque complètement dépensées sur place par la végétation. C'est donc sur les pluies d'iiiver qu'il fout papticnlièrement compter. Or une partie de ces dernières se perd encore par ruissellement ila surface du sol qu'elle enlève ou appauvrit quand il est insuflisanimcnt protégé par la végétation ; une antre partie s'écoule trop rapidement par les conduits souterrains insulfisants pour les emmagasiner. Les cours d'eau roulent alors vers l'Océan, sans utilité quand c'est sans dommages, des limons et des eaux qui seraient d'un prix inestimable en été pour l'agriculture, l'industrie et la navigation.
On répète souvent que le degré de civilisation d'un pays se mesure par les quantités de fer et de soufre qu'on y consomme annuellement. Il serait bien plus juste do dire que le degré do civilisation dans un grand pays comme la France se mesure par le degré de soin qu'on y apporte à l'aménagement de ses eaux. Ce sont là en réalité des formules inexactes parce qu'elles sont incomplètes. La civilisation a un caractère plus général que le cercla des intérêts matériels ; il faut y joindre les intérêts intellectuels et moraux: mais les uns et les autres se donnent un mutuel appui.
liùle agricole des pluies. — Il n'est personne dans les campagnes qui ne connaisse, au moins vaguement, le rôle de l'eau pluviale en agriculture. Pas d'eau, pas de végétation possible; mais on erre souvent dans l'appréciation exacte de la quantité d'eau nécessaire à chaque espèce de culture. C'est que l'agriculteur n'a guère que les eaux des pluies sur lesquelles il puisse compter, et que celles-là lui font souvent défaut au moment le plus opportun ; et que, quand elles surviennent dans la saison chaude, elles sont accompagnées d'autres effets qui nuisent à leur utilisation. On entend répéter dans certaines contrées agricoles de France des dictons populaires qui expriment une opinion générale fruit d'une longue expérience: u Année de foin, année de rien; Année pluvieuse, année de mauvais grain... » C'est que les pluies supposent les nuages, et que les nuages interceptant les rayons solaires privent les récoltes de la lumière qui leur est aussi nécessaire que la chaleur et l'eau. En réalité, dans les régions à céréales, la plante manque très souvent de l'eau qui assurerait les récoltes maxima si la lumière ne faisait pas défaut dans les temps pluvieux ; qu'elle en manque presque toujours dans les régions à ciel pur quand l'irrigation ne vient pas suppléer à l'absence des pluies. (V. Irrigalion.) La richesse territoriale de la France doublerait aisément si, par un aménagement sagement conduit des eaux qui nous sont versées par les pluies, on reportait sur la saison d'été les eaux surabondantes de la saison froide.
liôle hycjiénique d'-s pluies. — Les pluies ont encore une autre influence en ce qui concerne l'hygiène. Elles nettoient l'atmosphère des poussières vivantes qu'elle contient toujours en grand nombre, et dont quelques-unes peuvent exercer sur la santé publique une influence des plus fâcheuses en propageant les épidémies qui, à certames époques, frappent l'homme ou les animaux. (V. Poussières.) [Marié-Davy.]
l'LUTOINllîNS (Terrains). — Géologie, V. — Elym. : de Pluton, dieu des enfers, du feu. — Les phénomènes ignés qui se passent pondant la période actuelle ont eu lieu pendant les périodes antérieures.^ Alais si certains volcans, comme le Vésuve et l'Etna actuels, ne sont qu'une continuation de phénomènes qui ont pris naissance pendant les périodes antérieures, il est d'autres massifs, comme le Cantal et le mont Dore, qui ont une forme, une structure et une composition
analogues, mais qui ne sont plus le siège d'éruptions. Ce sont d'anciens volcans éteints qui ont été dégradés, démantelés plus ou moins foriement par les agents atmosi)hériques et neptuniens qui agissaient comme aujourd'hui, mais avec beaucoup plus d'intensité.
A diverses époques plus anciennes correspondent d'autres matières qui affectent la forme de simples épanchements produits vraisemblablement chacun pendant un temps relativement court. Ils sont formés par des roches massives non scoriacées, dont les formes extérieures, profondément modifiées par les agents atmosphériques, n'olfrent rien de commun avec celles des volcans proprement dits. Telles • sont les roches ignées secondaires, les serpentines, diorites, etc. ; celles des terrains primaires, les porphyres divers, et celles qui sont sorties avant l'établissement des mers à la surface du globe, c'est-à-dire pendant la formation des parties stratifiées les plus inférieures qui nous sont accessibles, celles des terrains primitifs, en un mot, les granits et autres roches massives analogues.
L'étude des volcans actuels et éteints, des roches massives d'éruption antérieures et aussi des roches stratifiées cristallines les plus inférieures, permet de regarder comme très probable, on peut dire certain, l'état fluide, par fusion ignée, du globe à l'état primitif.
Le gisement ou la manière d'être de ces roches, les unes par rapport aux autres et aussi par rapport aux roches stratifiées, fournit les indications les plus certaines sur leur âge relatif. En effet, il est i n cnn testahle que les roches massives qui en traversent d'autre?, soit massives, soit stratifiées et renfermant des fragments ou des cailloux d'autres roches massives, sont plus récentes que ces dernières. L'examen, dans diverses contrées, des relations des roclies massives ignées entre elles ou avec les roches stratifiées, détermine d'une manièro suffisamment approximative et rigoureuse leur âge relatif ou géologique.
Les époques auxquelles les différentes roches ignées sont sorties do l'intérieur de la terre sont très diverses, et il s'est produit une succession normale de roches qui a éprouvé peu d'interversions. Les matériaux, d'abord très siliceux et surchargés de quartz libre, ont fini par être moins siliceux et ne plus renfermer de silice à l'état d'isolement.
Toutes ces roches, on raison de leur origine ignée, sont dépourvues de fossiles (à l'exception de celles qui postérieurement à leur sortie ont pu être remaniées et déposées dans le sein des eaux). Mais elles sont souvent riches en minéraux plus ou moins variés et remarquables : ceux-ci se trouvent parfois disséminés dans les roches elles-mêmes, soit qu'ils s'y soient formés au moment du rofroidissoment et do la consolidation de celles-ci, soit qu'ils aient été produits postérieurement dans leurs cellulositos, à la suite de la décomposition occasionnée par les agents atmosphériques ou de réactions chimiques changeant plus ou moins profondément la nature des roches et produisant ce qu'on appelle le métamorphisme. Certaines espèces minérales associées à un très petit nombre d'autres forment aussi des gîtes spéciaux, comme certains minerais de fer, de zinc, etc.
D'autres fois les minéraux étrangers aux grandes masses de terrain se trouvent dans des filons d'âge plus ou moins dift'ércnt qui traversent, soit les roches ignées, soit les roches stratifiées moins anciennes. Ces filons ne sont autre chose que des crevasses ou fentes qui ont été remplies postérieurement à leur formation par des matières, soit en fusion, qui se sont refroidies, soit réduites en vapeur, qui se sont condensées, soit en dissolution dans des eaux thermales et minérales qui les ont déposées.