‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 25 sur 459 · JEUX · texte numérisé non relu

JEUX

Dans Compiègiio, elle moiitra-pourtant la môinc activité guerrièro. Les lidurguignons tenaient la rive droite de l'Oise on aval et en amont du pont. KUe voulut couper en deux l'arnu^e. L'attaque, rudement coiuiuite, réussitd'abord. Mais 500 Anglais survinrent fermant le retour. Aussitôt on recula, Jeanne fut entraînée de force ; elle soutenait vaillamment la retraite, quand, sans la voir, on ferma la porte de la ville. Elle était acculée h la rive de l'Oise : n Baillez-moi votre foi ! » lui criaun capitaine artésien, le sire de Vandomme. n J'ai baillé ma foi, répondit-elle en se défendant, h un autre qu]à vous, et je lui en tiendrai mon serment. » Mais enfin elle dut se rendre.

Captivité et procès. — Vandomme la conduisit à son suzerain, le comte Jean de Luxembourg, vassal du duc de Bourgogne. Celui-ci la mena prisonnière à Beaulicu, puis i Boaurevoir près de Cambrai. « Deux fois en juillet et en octobre I43(», Jeanne tenta de s'échapper; la seconde l'ois, elle poussa le désespoir et la hardiesse jusqu'à se précipiter du haut do la plate-forme de sa prison ; elle fut relevée, cruellement meurtrie, mais sans blessure grave, u (Guizot.)

Cependant l'Université de Paris, l'Inquisiteur de Itouen et l'évêque de Beauvais, Cauchon, avaient réclamé le droit de la juger ;Cauchon affirmait que « selon les droit et coutume de France, tout prisonnier de guerre pouvait être racheté au nom du roi d'Angleterre, moyennant une indemnité de 10 000 livres. » Luxembourg était pauvre, Philippe de Bourgogne avait besoin de Bcdford. Le 21 novembre 1430, Jeanne fut livrée aux Anglais et conduite à Rouen.

Le 21 février 1431, malgré les refus de plusieurs juges, le tribunal fut constitué sous la présidence de Oauclion et Ip procès commença. Pendant trois mois, « la servilité passionnée et la subtilité juridique des juges s'employèrent à lasser le courage ou i tromper l'intelligence d'une jeune fille qui se refusait tantôt k mentir, tantôt à entrer en discussion avec eux, et ne se défendait qu'en se taisant ou en appelant il Dieu. " (Guizot.) Enfin, sur l'avis de l'Université de Paris, on la somma de se soumettre à l'Église, et non plus seulement i Dieu; sur son refus, on la déclara hérétique et rebelle à l'Église. Désormais, elle pouvait être condamnée légalement. Mais on voulait surtout obtenir d'elle qu'elle reniât le caractère divin de sa mission. On y réussit par des menaces et en abusant de son ignorance; elle ne savait ni lire ni écrire. On lui fit signer une rétractation. Et, le 24 mai 1431, elle fut condamnée à la prison perpétuelle, a avec le pain de douleur et l'eau de tristesse pour qu'elle déplorât les erreurs et les fautes qu'elle avait commises. »

Elle échappait à la mort. Alors éclata la fureur des Anglais ; à. la nouvelle, les soldats vinrent jeter des pierres aux juges. Jeanne, par ses victoires, avait profondément blessé l'orgueil anglais. « A Orléans, l'invincible gendarmerie, les archers, Talbot en tète, avaient montré le dos...; à Patay, ils avaient fui à toutes jambes, fui devant une fille ! voili qui était dur à penser. » (Michelet.) Et voilà pourquoi Warwick, tout chevaleresque qu'il était, poursuivait à mort la prisonnière. C'est à lui qu'un des al'fidés de Cauchon dit, après le jugement : " N'ayez aucun souci, Mylord, nous la retrouverons. « En clTet, quelques jours après, ses gardiens la contraignaient à reprendre ses habits d'homme, auxquels la sentence lui ordonnait de renoncer. On la surprit aussitôt; en même temps on lui fit avouer qu'elle avait de nouveau entendu " ses voix ». (rétait assez pour un nouveau procès. Cette fois, elle fut déclarée hérétique relapse, et condamnée au bûcher.

A neuf heures, on vint la prendre pour la conduire à la place du Vieux-Marché ; 800 soldats ac-

compagnaient la charrette i travers une foule triste et muette. Comme on allait lui lire la sentence : Il Enmienez-la, » dit le bailli aux gardes, et au bourreau : « Kais ton devoir I » Arrivée sur le bûcher, elle s'agenouilla, demandant à voir la croix de l'église Saint-Sauveur que lui apporta frère Isambardde la Pierre. « Elle pleurait sur son pays, sur les assistants, comme sur elle-même : «Rouen, Rouen, mourrai-je ici'? seras-tu ma dernière demeure '? j'ai grand peur que tu n'aies à soutîrir de ma mort! » Quand la flamme monta, son confesseur, frère Martin Ladvenu, descendit du bûcher. ■• (Guizot.) A travers lesflammes et la fumée, on entendit encore « Mon Dieu! Jésus ! Marie ! Mes voix, mes voix! n Et ce fut tout. C'était le 30 mai H3I.

«Quelle légende plus belle que cette incontestable histoire'? Mais il faut bien se garder d'en faire une légende. On doit en respecter la réalité touchante et terrible... La Vierge secourable des batailles que les chevaliers appelaient, attendaient d'en haut, elle fut ici-bas. » et derrière elle, « il y eut un peuple, il y eut une France. Cette dernière figure du passé fut aussi la première du temps qui commençait. En elle, apparurent à la fois la Vierge et déjà la patrie.» (Michelet.)

[P. Schâfer].

Lectures et dictées. — Vocation de Jeanne d'Arc, son départ ; siège d'Orléans ; sacre de Charles VII ; siège de Compiègiie ; captivité et procès de Jeanne ; son supplice. V. Jeanne d'Arc, par H. Wallon, pp. 8, 17, 57, 72, 118, 127, US, 259.

Jeanne ri' Arc. — Une enfant de douze ans, une toute jeune fille, conçoit l'idée étrange, improbable, absurde si l'on veut, d'exécuter la chose que les hommes ne peuvent plus faire, de sauver son pays. Elle couve son idée pendant six ans, sans la confier à personne, elle n'en dit rien à sa mère, rien à nul confesseur. Sans nul appui de prêtres ou de parents, elle marche toute seule avec Dieu, dans la solitude de son grand dessein. Elle attend qu'elle ait dix-huit ans, et alors, immuable, elle l'exécute malgré les siens et malgré tout le monde. Elle traverse la France ravagée et déserte, les routes infestées de brigands; elle s'impose à la cour de Charles VII, se jette dans la guerre, et dans les camps qu'elle n'a jamais vus, dans les combats, rien ne l'étonné ; elle plonge intrépide au milieu des épées; blessée toujours, découragée jamais, elle rassure les vieux soldats, entraîne tout le peuple, qui devient soldat avec elle, et personne n'ose plus avoir peur de rien. Tout est sauvé! La pauvre fille, de sa chair pure et sainte, de ce corps délicat et tendre, a émoussé le fer, brisé l'épée ennemie, couvert de son sein le sein de la France. La récompense, la voici. Livrée en trahison, outragée des barbares, tentée de ceux qui essaient en vain de la prendre par ses paroles, elle résiste à tout en ce dernier combat, elle monte au-dessus d'elle-même, éclate en paroles sublimes, qui font pleurer éternellement... Abandonnée et de son roi et du peuple qu'elle a sauvés, par le cruel chemin des flammes, elle revient dans le sein de Dieu. (Michelet.)

JliUX. — Connaissances usuelles, X. — Nous disons dans la 1"= Partie, au mot Jeux, quelle importance l'hygiène et la pédagogie attachent au choix et à la direction do5 jeux. Nous donnons ci-dessous le catalogue des jeux les plus connus. On pourrait les classer par âge et par sexe, mais ce travail serait nécessairement bien artificiel ; nous les groupons seulement d'après la nature de l'exercice ou de la distraction qu'ils procurent. Nous n'ajoutons point de définition à chacun de ces mois, elle serait presque toujours fort longue, aussi longue qu'inutile. Si quelqu'un de nos lecteurs se trouvait embarrassé pour l'explication

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