‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 26 sur 459 · JEUX · texte numérisé non relu

JEUX

JOUR

d'un de ces termes, le premier enfant auquel il la demandera s'empressera de la lui donner en action, trop lieureux de rendre service en faisant une bonne partie.

Jeux d'actà

Cache-cache.

Les Barres.

Le Saut de mouton.

Le Saut de mouton l

mouchoirs.

Le Saut de mouton avec i

ronnes.

Le Cheval fondu.

Les Métiers.

Le Chat perché.

Le Chat coupé.

La Passe.

La Mère Garuchc.

lus instruments ;

La Mère Garuchc à ch

pieds.

Les Quatre coins.

c'est trop.

Le Colin-Maillard.

Le Colin-Maillard à la

guette.

L'Hirondelle.

L'Ours.

Les Animaux.

Le Roi détrôné.

L'Imitation.

Jeux d'action avec instruments :

Jeux de balte : La Balle au mur, la Balle au camp, la Balle aux pots, la Balle au bâton, la Balle à la crosse, la Balle à la riposte, la Balle en posture, la Balle au chasseur, la Balle cavalière.

Jeux de paume : La Longue paume, la Courte paume, le Ballon.

Jeux de billes : La Poursuite, le Triangle ou le Cercle, la Tapette, la Bloquette, la Pyramide, le Tirer, le Pot, les Villes, le Jeu du serpent, le Calot et la Trime.

La Toupie à ficelle.

Le Sabot.

La Marelle.

La Marelle ronde.

La Marelle des jours.

Le Palet.

Le Bouchon,

Le Tonneau.

Les Boules.

Le Galet.

Les Quilles.

Le Jeu de Siam.

Le Mail.

La petite Corde.

La longue Corde.

Le Cerceau.

La Balançoire ou Escarpo

lette.

La Bascule.

Le Volant.

Les Grâces, Le Diable.

Le Bilboquet.

L'Emigrant.

Le Toton.

Le Bâtonnet.

Le Cerf-volant.

Jeux paisibles avec instnunents :

Les Osselets.

Les Jonchets.

Le Loto.

Les Dominos.

Les Dames.

Les Echecs.

Jeux gymnastiçiœs c

Saut en largeur.

Saut en profondeur.

Saut en hauteur.

La Marche par évolutions.

La Course.

La Lutte.

Saut à la perche.

Le Tiic-trac.

Les Jeux de cartes.

Les Tours de cartes.

Les Tours d'adresse et d'escamotage.

c ou sans instruments :

Escrime.

Jeu de l'arc et de l'arbfi-

lète.

La Fronde.

Le Patinage.

Les Glissades.

Les Pelotes de neige.

Les Constructions en neige.

Danses et rondes.

Jiécréations intellectuelles :

Découpage.

Jeux ae patience.

Coloriage.

Dessin.

Modelage.

Jeux d'espj-it:

Jeu des homonymes c ment l'aimcz-vous?

Charades.

Charades en action.

iCon

Jeu de proverbes.

Enigmes.

Problèmes amusan

Jeitx de société', dits Jeux innocents .*

La Sellette, Pigcon-vole, le nonibrable série des gages

Furet, les Couleurs, les qui sont eux mêmes au-

Propos interrompus . le tant de petits jeux. Corbillon, etc., avec l'in-

Nous aimerions à voir dans toutes les bibliothèques scolaires un excellent manuel des jeux, dont nous avons imité, en partie, la classi-

fication : c'est le livi'e intitule Jeux des adolescents, par Jl. G. Bélèze. [D' Saffray.]

JOSl':i>II. — Histoire générale, XXVII. — Nom de deux empereurs d'Allemagne.

Joseph I", fils aîné et successeur de Léopold ]", monta sur le trône en nOô. L'Allemagne était alors engagée dans la guerre de la Succession d'Espagne; le prince Eugène de Savoie, général de l'empereur, gagna sur les Français les batailles de Turin (1706) et de Malplaciuet (1709). Joseph I" ne vit pas la fin de la guerre : il mourut en 1711, et eut pour successeur son frère Charles VI.

Joseph II, fils de François \" de Lorraine et de la célèbre Marie-Thérèse, reçut le titre d'empereur à la mort de son père, en l;6j; mais Marie-Thérèse resta investie de l'autorité réelle, et continua il gouverner elle-même, tant qu'elle vécut, les Etats autrichiens. Prince éclairé, Joseph employa les années de sa jeunesse h voyager ; il visita les principales villes de l'Europe, entre autres Rome et Paris, et se fit remarquer par la simplicité de ses manières et l'indépendance de ses idées. En 1780, Marie-Thérèse était morte, il prit le pouvoir, et voulut réaliser aussitôt les réformes qu'il méditait depuis longtemps. Son plan était d'enlever au clergé et à la noblesse leurs privilèges, et de donnera ses Etatsune administration uniforme, en substituant partout sa propre autorité à celle du vieux droit féodal. 11 désirait sincèrement faire le bonheur de ses sujets et supprimer les abus : mais, agissant en monarque absolu, sans tenir compte des traditions nationales, il devait se heurter îi la fois aux résistances des privilégiés et à celles des peuples auxquels il imposait despotiquement ses réformes.

Dès son avènement, il abolit les dîmes, les corvées et les droits seigneuriaux, diminua le pouvoir du clergé, supprima de nombreux couvents qu'il transforma en hôpitaux, et rendit un cditde tolérance (1781) autorisant l'exercice dos cultes grec et protestant. Le pape Pio VI. alarmé des changements introduits par l'empereur dans la discipline ecclésiastique et dans la législation sur le mariage, se rendit à Vienne pour l'engager .^i ne pas persister dans son entreprise do réformes ; mais Joseph II tint bon. Il développa l'instruction publique, créa des manufactures, encouragea le commerce intérieur par la suppression des douanes provinciales, ouvrit des routes, creusa des canaux, et s'efforça par une réglementation minutieuse, et parfois oppressive, d'assurer le bien-être matériel et moral de ses sujets.

Pendant plusieurs années, il n'y eut pas de résistance ouverte i la volonté du souverain. Mais, après les désastres de la guerre des Turcs, les mécontentements sourds se changèrent, là en opposition passionnée, ici en révolte. La Hongrie demandait le retour aux usages nationaux, que Joseph avait abolis ; elle voulait conserver la langue magyare, qu'il avait cherché à remplacer par l'allemand. Dans le Brabant, les rancunes du clergé s'unirent aux aspirations des patriotes qui désiraient secouer la domination autrichienne ; une insurrection victorieuse éclata en 17X9. A la nouvelle de la révolte des Pays-Bas, Joseph II, malade, assombri, craignant de voir la Hongrie se soulever à son tour, accorda aux Magyars leurs demandes. Il mourut peu après (1790), désespérant de son œuvre, que ses successeurs en effet ne devaient pas tarder à détruire.

En 1788, Joseph II avait déclaré la guerre à la Turquie, alorsaux prises avec la Russie; mais il n'avait essuyé que des défaites, et la Hongrie fut même envahie par les Turcs. Le maréchal Landon, toutefois, arrêta l'ennemi, et prit Belgrade. La guerre durait encore lorsque Joseph mourut, et ne se termina que par le traité de 1791.

JOl'K. — Cosmographie, II, III, IV. — Le so-

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dO'J7

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leil, la lune et tous les astres semblent tourner autour de nous, on allant de la partie du ciel nommée levant ou orient, où ils apparaissent, vers !a partie opposée nommée couchant ou occident, où ils se cachent, pour reparaître ensuite là où ils s'étaient montrés la veille, et continuer ainsi indéfiniment la même marche. Ce mouvement général est nommé mouvement diurne. Dans le langage ordinaire on désigne par le nom de jour ou de journée le temps pendant lequel le soleil nous éclaire, depuis son lever jusiiu'ii son coucher; la Jiiiil est le temps pendant lequel nous ne le voyons plus, depuis son coucher jusqu'à son lever. Ce mouvement diurne n'a aucune réalité; c'est une illusion dont nous sommes le jouet, quoique nous sachions très bien qu'elle est tout à fait semblable à celle qui se produit pour le voyageur entraîné à grande vitesse sur un chemin de fer, lorsqu'il croit voir les arbres et les maisons qui bordent la route fuir rapidement en sens inverse. Le véhicule dans lequel nous sommes assis, c'est la terri; ; elle nous emporte avec elle, sans que nous nous en apercevions, dans la rotation qu'elle accomplit sur elle-même en un jour et une nuit. Or l'étendue de la journée est variable avec les époques et les lieux; chez nous, par exemple, elle est plus grande en été et moins grande en hiver. Au contraire, le temps qui sépare deux levers consécutifs du soleil semble toujours avoir à peu près la même étendue ; aussi fut-il tout naturellement adopté dès la plus haute antiquité pour la mesure du temps : nous le désignons par le nom deJour.Ce jour, qui comprend la journée et la nuit, est celui dont il s'agit quand on dit par exemple <|ue la semaine a 7 jours, que les mois en ont 30 ou 31, etc. Mais cette notion un peu vague ne saurait suffire; pour l'exposer ici avec toute la clarté et la simplicité nécessaires, nous raisonnerons comme si le mouvement diurne était réel, suivant ainsi la voie dans laquelle les astronomes ont marché eux-mêmes pour arriver à la détermination exacte de cette unité de temps.

Horizon. — La surface de l'eau tranquille, prise sur une faible étendue, peut être regardée comme plane, quoiqu'elle ait en réalité la courbure de la mer; elle se nomme surface horizontale : la ligne verticale indiquée par le fil à plomb lui est perpendiculaire. Imaginons qu'une surface plane parallèle à celle de l'eau, c'est-à-dire perpendiculaire au fil à plomb, s'étende indéfiniment autour d'un observateur, en passant par son œil, dans une vaste plaine complètement découverte ; son contour semblera une immense circonférence. Le cercle ainsi déterminé sépare la partie du ciel visible pour nous de celle qui reste au-dessous cachée à nos yeux : c'est V horizon astronomique . Le lever d'un astre est le moment ou le point de l'horizon où il apparaît au-dessus de ce cercle du côté de l'orient; son coucher est le moment ou le point dans lequel il disparaît au-dessous.

Méridien, .loiir solaire. — Quoique le lever d'un astre soit assez bien déterminé par cette définition, les astronomes ont néanmoins trouvé plus commode de prendre un autre point pour reconnaître la durée du jour. Imaginons qu'une table soit posée bien horizontalement en plein air et qu'une tige fine, droite, comme une aiguille à tricoter, par exemple, y soit fixée perpendiculairement. La surface de cette table figurera l'horizon pour un observateur qui aurait l'œil au niveau de cette surface.

Qu'on suive l'ombre projetée par l'aiguille dans une journée où le soleil n'est pas voilé par les nuages. Très longue le matin, elle diminue peu à peu en pivotajit autour du pied de l'aiguille jusqu'à une certaine position, à parlir de laquelle elle grandit au contraire jusqu'au soir, en continuant à tourner en sens inverse de la direction

du soleil. Le moment où l'ombre est réduite à sa longueur minimum est évidemment celui où le soleil se trouve à sa plus grande hauteur dans le ciel; il divise en deux parties égales le temps que cet astre met pour aller de son lever à son coucher; c'est le milieu du jour ou midi. La droite marquée à ce moment sur la surface horizontale par la direction de l'ombre est appelée méridie7i>ie;lcs deux points de l'horizon où aboutit son prolongement sont, l'un le nord et l'autre le .sud.

Supposons maintenant qu'une plaque mince, bien plane, établie verticalement le long de la méridienne, se prolonge indéfiniment dans le ciel, comme un cercle immense ; ce cercledivise en deux parties l'arc décrit par le soleil de son lever à son coucher, et le moment où cet astre le traverse est midi. Ce cercle porte le nom de méridien. Dans l'accomplissement do leur mouvement diurne, c'est-à-dire dans l'espace de la journée et de la nuit, les astres traversent deux l'ois le méridien : au point le plus élevé en allant d'orient en occident, et en un point plus bas opposé en allant d'occident en orient : on distingue donc le pass'irje supérieur et le passage inférieur. C'est du premier qu'il s'agit toujours quand on dit simplement le passage de l'astre.

On appelle jour solaire le temps qui s'écoule entre deux passages consécutifs du soleil au méridien. Le moment du passage est le moment même où l'ombre de l'aiguille verticale se retrouve dans la direction de la méridienne.

Jour sidéral. — A l'aide de lunettes dont l'axe est exactement dans la direction du méridien, les astronomes peuvent saisir le moment précis où un astre quelconque traverse le méridien. Or, en mesurant, à l'aide d'une pendule construite avec toute la précision possible, le temps qui sépare deux passages consécutifs d'une étoile (mais non d'une planète), ils ont reconnu que ce temps est invariable et qu'il est le même pour toutes les étoiles indistinctement. En raison de cette durée constante, ils l'ont adopté pour unité dans la mesure du temps sous le nom de jour sidéral. Ce jour se divise en 24 parties égales nommées heures sidérales; l'heure en UO parties égales nommées minutes sidérales, et la minute en (iO parties égales nommées seco?ides sidérales. Elles sont indiquées dans les observatoires par une pendule réglée sur la marche des étoiles et nommée pour cette raison pendule sidérale.

Illégalité des jours solaires. Jour solaire moije7i. — Supposons que le soleil et une étoile passent ensemble au méridien un certain jour. Le lendemain, on observe que l'étoile y revient la première et que le soleil est en retard sur elle d'environ 4 minutes sidérales. Le surlendemain le retard est à peu près double; le jour suivant, il est triple, etc.; de telle sorte que ce retard augmentant de jour en jour, le soleil finit par se retrouver en même temps que l'étoile au méridien. Le temps qui s'est écoulé entre le premier passage simultané des deux astres au méridien et le suivant est précisément ce qu'on appelle année sidérale (V. Aiinre). Cet excès du jour solaire sur le jour sidéral provient de ce que le soleil, tout en effectuant son mouvement diurne d'orient en occident, comme tous les astres, possède un autre mouvement propre, en vertu duquel il semble marcher en même temps d'occident en orient, en avançant chaciue jour dans cette direction d'un arc d'environ un degré.

La vitesse du soleil dans ce mouvement propre n'est pas constante ; à certaines époques de l'année elle est plus grande, à d'autres époques, plus petite. De là vient que l'excès du jour solaire sur le jour sidéral n'est pas constammentle même et qu'il se trouve tantôt un peu inférieur, tantôt un peu

JOUR

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supérieur ^ 4 minutes. Les jours solaires n'ont donc pas tous la même durée.

Voyons quelle conséquence en résulte pour la mesure du temps au moyen de nos horloges. Qu'une bonne montre soit réglée sur le soleil à une certaine époque, en d'autres termes qu'elle marque midi ce jour-là et le lendemain, au moment du passage du soleil au méridien, c'est-à-dire au midi vrai, qui se trouve indiqué parla position de l'ombre de l'aiguille verticale sur la méridienne ou celle de l'ombre projetée par le style d'un cadran solaire (V. Cadran scolaire), l'accord ne subsistera pas longtemps. De jour en jour, le midi de la montre avancera pendant une certaine période et retardera pendant une autre sur le retour du soleil au méridien, de sorte qu'on serait dans la nécessité de déranger fréquemment les aiguilles pour rétablir l'accord et pouvoir dire de sa montre qu'elle marche comme le soleil. C'est ce qu'on fit pendant longtemps.

Pour éviter cet inconvénient, les astronomes ont pris pour unité un jour dont la durée serait la moyenne des durées différentes de tous les jours solaires vrais de l'année : c'est ce qu'ils nomment le jour solaire moyen. Il correspond à un soleil imaginaire qui décrirait l'équateur céleste, d'un mouvement uniforme et dans un temps égal à la durée de la révolution du soleil vrai. Le passage de ce soleil fictif au méridien est ce qu'on nomme le midi moyen. C'est sur ce jour solaire moyen, d'une durée constante, que sont réglées aujourd'Iiui toutes les horloges.

De même qu'ils peuvent calculer d'avance l'heure précise du lever et du coucher du soleil, les astronomes déterminent aussi à l'aide du calcul l'avance ou le retard du midi yvoyen sur le midi vrai pour tous les jours de l'année. Ces indications sont inscrites dans VAmmaire du bureau des longitudes. On y trouve pour chaque jour le temps moyeu qu'il faut faire marquer à l'horloge au moment du midi vrai. On lit, par exemple, que pour l'année 1880, l'horloge devait marquer midi 13 minutes 47 secondes au midi du cadran solaire le 1" février, et que le 1" octobre elle devra, au contraire, marquer à cet instant 11 heures 49 minutes 29 secondes. Ce n'est que quatre fois par an que le midi moyen a lieu en môme temps que le midi vrai. Ces quatre époques varient peu d'une année à l'autre ; elles sont actuellement : le 1.1 avril, le 15 juin, le 31 août et le 25 décembre.

La différence entre le temps moyen et le temps vrai est la cause d'une singularité qui étonne beaucoup de personnes : c'est que, pendant le mois de janvier, l'accroissement de la durée du jour (du lever du soleil à son coucher) est beaucoup plus sensible dans l'après-midi que dans la matinée. En effet, pendant les mois de janvier, février et mars, le midi moyen est en avance sur le midi vrai ; il y a par conséquent moins de temps entre le lever du soleil et le midi de nos horloges qu'entre ce midi et le couclier de l'astre, et par suite la seconde partie de la journée commençant h midi est plus longue que la première.

L'avance la plus considérable du midi moyen sur le midi vrai est de 14 minutes 28 secondes, et elle arrive le 10 février ; le retard le plus grand a lieu le 3 novembre et il s'élève à 16 minutes 20 secondes.

Evaluation du temps moyen. — Le jour solaire moyen se divise aussi en 24 heures ; l'heure en 6ii minutes et la minute en CO secondes. Sa durée est égale à un jour sidéral augmenté do 3 minutes 57 secondes sidérales.

Les astronomes font commencer le jour solaire moyen à midi. Dans les usages de la vie civile, il a son commencement à minuit, et il est divisé en deux périodes de 13 heures chacune. Celle qui précède

midi est la période du matin ; celle qui le suit est celle du soir.

Variations de la durée des jours et des nuits. — Cet article serait incomplet s'il ne renfermait pas quelques explications sur les variations qu'on observe dans la durée du jour par opposition à celle de la nuit. Ce phénomène si remarquable no se produit pas partent avec le même caractère.

Dans les lieux situés sur l'équateur terrestre, le jour est constamment égal h la nuit pendant toute l'année. Chez nous, au contraire, cette égalité ne se présente que deux fois par an, vers le 21 mars et le 22 septembre ; ces époques, nommées pour cette raison équmoxes, sont, la première, le commencement du printemps, et l'autre, le commencement de l'automne. Du 21 mars la durée du jour va en grandissant jusqu'au 21 juin où elle atteint son maximum ; puis elle diminue jusqu'au 22 décembre où elle arrive à son minimum. Ces deux époques sont nommées solstices; la première est le commencement de l'été et la seconde le commencement de l'hiver.

Mais la durée maximum du jour n'est pas la même en tous les lieux; elle est d'autant plus grande que le lieu est plus loin de l'équateur. Ainsi, h Paris, où la latitude est de 48° 50', le jour au solstice d'été dure 16 heures 17 minutes ; à Saint-Pétersbourg, où la latitude est de 59" 56', il atteint une durée de 18 heures et demie. Au cercle polaire, qui est à 23" 2ïi' du pôle, le jour b, l'époque du solstice d'été est de 24 heures; plus loin il est d'un mois, de deux mois, etc., jusqu'au pôle où il est de six mois. Ces phénomènesse reproduisent de la même manière dans les pays qui sont au sud de l'équateur, mais en sens inverse, c'est-à-dire, qu'ils ont les jours plus courts quand nous avons les plus longs et réciproquement.

Cette inégalité de durée, suivant les lieux et suivant les époques de l'année dans un môme lieu, tient à la manière dont l'horizon du lieu coupe les cercles parallèles décrits chaque jour par le soleil dans son mouvement apparent autour de la terre. C'est en résolvant ce problème que les astronomes peuvent calculer d'avance les heures du coucher et du lever du soleil, qu'on trouve dans les calendriers. Nous n'entreprendrons pas de traiter cette question, qui est en dehors du cadre élémentaire dans lequel l'étude delà cosmographie doit être ici renfermée. Cependant, nous terminerons cet article par quelques explications qui en donneront peut-être une idée, et d'autant plus justeque nous y envisagerons les mouvements réels de la terre, l'un sur elle-même en 2* heures et l'autre autour du soleil en une année.

Représentons le soleil par une petite lampe placéeprès du centre d'une table ovale, et la terre par une boule qui ferait le tour de la table en un an, tout en tournant sur elle-même en 24 heures et dans le même sens autour d'une tige passant par son centre et figurant son axe. Le plan de la table sera ce qu'on appelle l'écliptique. Or, l'axe de rotation diurne de la ferre, au lieu d'être perpendiculaire, se trouve incliné sur ce i)lan. Maintenant, qu'on tienne la boule à la main pour la faire tourner autour de la tige oblique, on verra qu'il n'y a jamais qu'une moitié de la boule qui est éclairée par la lampe, et qu'en môme temps, par le fait de l'obliquité de l'axe, la circonférence que décrit un point de la terre se trouve coupée en deux parties inégales par le cercle qui fait la séparation entre la moitié éclairée qui a le jour et la moitié obscure qui a la nuit. Par conséquent, la durée du passage de ce point en face du soleil n'est pas égale au temps qu'il met à traverser la partie opposée. Ainsi s'explique l'inégalité de la durée des jours et des nuits. Cette expérience ne présente

JUGEMENT

— lO'jy

JUGEMENT

as (le difficultés d'exécution ; en la répétant, on evra avoir soin de tenir la tige de la boule inlinée sur le plan de la table de manière à ce u'elle fasse un angle d'environ 23° et demi avec

une droite qui serait perpendiculaire h ce plan. La lignre suivante éclaircira ce qui pourrait rester d'un peu obscur dans cette explication. [G. Bovier-Lapierre.]

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Fitj. i. — La tene aux solstices; inégalité des jo

JOURNEES. — Histoire de France, XXXVIIIi-L. — On a l'habitude de désigner par ce nom le journées un certain nombre d'événements de 'histoire de France, dont les plus célèbres sont : ajournée îles barricades (12 mai 1588), à la suite le laquelle Henri III dut quitter en fugitif Paris loulevé par les Guises; la JoW'ée des dupes 11 novembre 1G301, dans laquelle Richelieu déjoua es intrigues de la reine mère et obtint la disçràce de ses ennemis; la seconde Journée des 'larricndes (5 août lfi4S), qui fut le commencement le la Fronde, et eut pour cause l'arrestation de Tois conseillers au Parlement ordonnée par la ;our; \a. Journée du 14 juillet 1789 (prise de la îastille); les Journées des à et G octobre nS9, où es femmes de Paris, suivies de la garde natiolalo, se portèrent à Versailles pour en ramener e roi; la. Journée du 10 août 171)2 (prise des Tuileries et renversement de la royauté) ; les Journées ie septembre, du 2 au 5 septembre 1792 (massacres dans les prisons) ; les Journées du 31 mai et du i juin 1793 (chute des Girondins) ; la Journée lu 9 thermidor an II (chute de Robespierre) ; les fournées de prairial (I" et 2 prairial an III, sou-

èvement des faubourgs de Paris contre laConven- ;ion dominée par la droite) ; la Journée du 13 veniémiaire lin /F (insurrection des royalistes contre a Convention, écrasée par Barras et Bonaparte); es Journées des iS et 19 brumaire an VIII (coup l'Etat de Bonaparte contre la représentation naionale): les Journées rfes27, 28 et i:) juillet 1830 révolution Ji Paris provoquée par les ordonnances le Charles X) ; les Journées de février 1848 (révo-

ution des 23 et 24 février, qui renversa le trône le Louis-Philippe).

.HT.EMEM". — Psychologie, V. — Juger, dit Aristotp, c'est affirmer une chose d'une autre :hose. Le jugement est essentiellement l'opération le l'esprit qui consiste à affirmer un sujet d'un

attribut. « Le feu est chaud, la terre est ronde, l'homme est un animal raisonnable. Dieu est bon, « sont des jugements.

Exprimé par le langage, le jugement s'appelle proposition. Toute proposition a en effet trois termes: le sujet et Vattrilmt, mis en rapport par le verbe.

On sait que l'analyse grammaticale retrouve aisément ces trois termes dans les propositions" mêmes qui ne sont formées que de deux mots. «J'aime » est pour : oje suis aimant » ; «j'existe » ou uje suis ".pour «je suis existant», etc. Et ainsi l'expression du rapport qui unit le sujet et l'attribut est universellement le verbe être, à des personnes et i des temps différents. Ces remarques élémentaires jettent un grand jour sur la théorie philosophique du jugement. On s'est demandési le jugement est toujours le résultat d'une comparaison entre deux termes antérieurement et isolément connus. C'est la doctrine des anciens logiciens et du grand psychologue anglais, Locke. On objecte qu'il y a des jugements, dits primitifs, où cotte comparaison n'existe pas. Soit, par exemple, cette proposition : « Je suis. » Peut-on raisonnablement soutenir que l'esprit ait d'abord conçu l'existence abstraite possible, puis un moi également abstrait et possible, et qu'il ait ensuite réuni ces deux termes, aperçu leur convenance, pour affirmer l'existence réelle et concrète du moi? Il est clair que le concret est connu avant l'abstrait, que je perçois ition existence avant de concevoir l'existence en général, que colle-ci ne m'est donnée que par celle-li: qu'ainsi le jugement: «Jesuisnestantérieuràtouti^ comparaison des termes que l'analyse y découvre, qu'il est l'intuition directe, immédiate, irréductible, d'une réalité où le sujet et l'attribut se confondent absolument.

Telle est, en résumé, la critique adressée par V. Cousin Ma théorie de Locke. Elle est incontes-

JUGEMENT

JUGEMENT

tablement fondée sur un point : l'esprit ne débute pas par des abstractions. Je connais mon existence avant de connaître l'existence en général, cela est hors de doute. Mais il ne s'ensuit pas que le jugement: Cl Je suis u ne soit que la simple appréhension de l'existence telle qu'elle est impliquée dans la première et la plus obscure manifestation de la conscience. A ce compte, dit très bien M. Janet, il faudrait dire que Ihuitre juge, car on doit lui supposer quelque sentiment d'elle-même. Or, il n'y a jugement que quand il y a réflexion, et la réflexion implique déjà quelque distinction entre le sujet et l'attribut, et la connaissance, au moins confuse, de celui-ci à titre de caractère général pouvant convenir à d'autres choses encore qu'au sujet dont on l'affirme. Quand je dis: «Je suis», je n'exprime pas seulement le vague sentiment que tout animal doit avoir de son existence ; je fais plus : je me distingue des autres êtres, et je circonscris en quelque sorte ma part d'existence dans le sein de l'existence générale. Kn d'autres termes, je me saisis et m'affirme comme une personne dont l'existence se pose on face et indépendamment de toute autre existence connue ou concevable. Donc le jugement : « Je suis, » implique véritablement la notion de l'être en général ; donc il implique, au moins logiquement, la distinction des trois termes, ye suis étant, l'attribut possédant ce caractère de généralité que ne saurait avoir le sujet je qui est individuel. On doit conclure de Ik que le jugement n'appartient pas à l'animal, car il suppose l'abstraction et la généralisation, qui sont des opérations propres i l'entendement humain. On doit en conclure aussi, contre les sensualistes, que le jugement se distingue profondément de la sensation. "Jugeret sentir, dit Rousseau, cité par M. Henri Joly, ne sont pas la même chose. Par la sensation, les objets s'otïrent à moi séparés, isolés, tels qu'ils sont dans la nature ; par la comparaison, je les remue, je les transporte, pour ainsi dire, je les pose l'un sur l'autre pour prononcer sur leur difl'érence ou sur leur similitude, et généralement sur leurs rapports... La faculté distinctive de l'être actif et intelligent est de pouvoir donner un sens à ce mot est. Je cherche en vain dans l'être purement sensiiif cette force intelligente qui superpose et puis qui prononce ; je ne saurais la voir dans sa •nature. Cet être passif sentira chaque objet séparément, même il sentira l'objet total forme des deux; mais, n'ayant aucune force pour les replier l'un sur l'autre, il ne les comparera jamais, il ne les jugera point. »

C'est uniquement dans le jugement que résident la vérité et l'erreur. La pure sensation est infaillible, car elle ne contient aucune affirmation explicite. Le jugement est vrai ou faux, selon qu'il exprime entre l'attribut et le sujet un rapport qui correspond ou ne correspond pas à la réalité des choses. Il est des cas où le rapport est tellement évident, que le jugument se prononce pour ainsi dire de lui-même ; la réflexion n'est pas sans doute absente, mais elle se borne à concevoir exactement les termes et Ji les mettre en face l'un de l'autre : leur convenance ou leur disconvenance se manifeste immédiatement. Plus souvent, une réflexion prolongée est nécessaire ; et comme la réflexion implique la volonté, le jugement est alors, au moins partiellement, un acte volontaire et libre. Aussi Descartes a-t-il eu raison de dire que là où il n'y a pas évidence, il est toujours possible de suspendre son jugement, et, par suite, d'éviter l'erreur. Eu ce sens, l'erreur est volontaire, et l'on est toujours plus ou moins responsable de s'être trompé.

Dans le langage ordinaire, le mot juiiement n'est pas pris dans une acception essentiellement difl'érente de celle que lui donne le langage jibilosophique. On dit d'un homme qu'il a du juge-

ment pour dire qu'il perçoit naturellement, entre les choses, les rapports vrais qui les unissent; en d'autres termes, qu'il distingue exactement, et par une sorte d'heureuse disposition, le vrai du faux. Seulement, ainsi quelefaitobserverM. Janet, « dans le sens ordinaire, on réserve le mot jiigcmeiit pour les cas importants, rares et difficiles : on ne dira pas que l'homme montre du jugement en disant que la neige est blanche : on le réserve pour les cas où il faut du discernement et de la pénétration. » Mais toujours il s'agit d'arriver à formuler , une proposition qui n'est, en définitive, que l'expression d'un rapport entre deux termes.

La faculté de juger est commune à tous les hommes, et nous avons même remarqué qu'elle est caractéristique de notre espèce. On peut môme avancer qu'elle est dans son essence identique îi l'intelligence même (V. hite/ligcnc"). Mais tous les hommes ne jugent pas également bien, et les auteurs de la logique de Port-Royal vont jusqu'à dire H qu'on ne rencontre partout que des esprits faux. i> Avoir l'esprit faux, c'est méconnaître les rapporta vrais entre les choses, ou en supposer de chimériques. Il est clair que la fausseté d'esprit ne saurait exister (au moins à l'état normal) pour les jugements où le rapport est manifeste ; nul homme raisonnable n'affirmera que deux et deux font cinq. L'esprit faux ne se trompe que sur les rapports un peu cachés ou éloignés. Les rapports les plus superficiels lui paraissent essentiels; il prendra une simple coïncidence, une succession fortuite pour une liaison constante et nécessaire de cause à cfl'et. Mais la fausseté d'esprit n'est jamais incurable, car elle est toujours l'effet de la précipitation et de la prévention. Le remode est contenu dans ce précepte de Descartes, que nous rappelions tout à l'heure : suspendre son jugement. Ajoutons que cette suspension ne doit pas être indéfinie ni conduire au scepticisme ; il faut seulement suspendre son jugement jusqu'à ce que, par une observation plus scrupuleuse, une réflexion plus pénétrante, le rapport vrai se dégage et apparaisse en pleine lumière. Rien de plus utile, par conséquent, que de mettre les jeunes esprits en garde contre les affirmations hâtives, résultat ordinaire de l'ignorance ; il sera même bon de leur apprendre à douter en leur présentant sur une même question plusieurs solutions également plausibles en apparence, ou en les amenant, par une série de questions appropriées, à une solution précisément contraire à celle qu'ils avaient d'abord avancée. C'était la méthode de Socrate, méthode excellente, pourvu qu'elle n'aboutisse pas à l'indilîérence et qu'elle ne soit en quelque sorte que le point de départ d'investigations plus profondes.

On a proposé plusieurs classifications des jugements, en se plaçant à difl'érents points de vue. .\ucune n'est encore universellement adoptée à l'exclusion des autres; nous nous contenterons donc d'indiquer brièvement les divisions les plus fréquemment employées.

1. }ai;ementi affiimatifs et jugements ;ie?a?(/s, selon qu'on affirme ou qu'on nie l'attribut du sujet : •< Dieu est bon ; la terre n'est pas carrée. » Mais en réalité tout jugement est une affirmation, car si je dis : '• la terre n'est pas carrée », j'affirme que l'attribut carré ne convient pas au sujet terre. .

1. Jugements analytiques et jugements sijntnetiques Les premiers' sont ceux dans lesquels l'attribut ne fait que développer l'idée exprimée par le sujet; exemple : « l'homme est un anmial raisonnable;» l'idée d'animal raisonnable est implicitement contenue dans l'idée d'homme. Dans les jugements synthétiques, l'attribut ajoute quelque, chose à l'idée du sujet: «l'air est composé d'oxygène; et d'azote. "Je puis avoir l'idée de l'air, sans sa-; I voir quels sont les gaz qui le composent.

JUIFS

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