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POINT

Le point, en grec colon, en latin punctiim, est le signe de ponctuation par excellence. 11 est fort probable qu'il a été inventé avant les autres signes. il indique un setis complet.

L'exposition et le développement d'un fait ou d'une idée exigent une suite de propositions et de preuves qui, tout en étant liées dans la pensée de l'écrivain, ne sont en définitive que les anneaux d'une même chaîne. De même que chacun des anneaux d'une chaîne constitue un tout complet et défini, de même aussi les plirases sont grammaticalement et logiquement indépendantes les unes des autres. C'est pour cette raison qu'on en marque la terminaison par une ponctuation connue de tout le monde et sur l'emploi de laquelle il n'y a pas d'hésitation possible.

Il nous parait superflu de donner ici des exemples de l'application du point. La lecture réfléchie de quelques pages d'un auteur classique et quelques exercices de composition feront, mieux que tous les exemples que nous pourrions donner, comprendre le véritable usage du point dans le discours.

Il y a cependant des écrivains qui promènent le lecteur i. travers des pages entières sans lui offrir d'autre repos que des points-virgules. Rien n'est plus fatigant pour l'œil et pour l'esprit. La grande éloquence, celle de la tribune, du barreau et de la chaire, se plait aux longues et pompeuses périodes. Encore nos orateurs politi'iuos ou sacrés savent-ils mettre des bornes b. l'étendue de leurs phrases cicéroniennes. Aujourd'iiui, dans notre société démocratique, le discours public et les livres écrits prennent des allures moins solennelles qu'auirefuis. On vise surtout à la précision, à la simplicité, en un mot h la clarté, qui est le vrai fondement de l'art de parler et d'écrire. Voulez-vous être compris, faites vos phrases courtes, précises et claires ; en d'autres termes, soit en parlant, soit en écrivant, mettez un point toutes les fois que l'énoncé de la pensée ollrira un sens Completel suffisamment délimité.

En français, les phrases interrogativcs peuvent affecter deux formes : 1° la forme interrogative directe, qui est la plus fréquente; 2' la forme affirmative, beaucoup moins usitée.

Dans le premier cas, la construction même de la phrase indique qu'il y a interrogation, et lors même que l'on supprimerait le signe, l'interrogation n'en subsisterait pas moins. Si l'on écrivait Pourquoi viens-tu ici (sans mettre le point d'interrogation), au lieu de Pourquoi viens-tu-ici? il j n'y aurait aucun doute possible, parce que l'inversion du pronom est la marque caractéristique des phrases interrogativcs. En outre, la personne qui interroge prend un ton particulier, commun h toutes les langues, ton qui empêche de confondre les phrases interrogativcs avec celles qui ne le sont pas : de sorte qu'il est vrai de dire que le point d'interrogation est une ponctuation parlée.

Dans le second cas, le signe est absolument nécessaire ; sans cette indication, rien ne distinguerait l'interrogation de la simple affirmation. Les mots vous voyez peuvent, suivant la manière dont on les prononce, représenter soit une affirmation : vous royez ; soit une interrogation : vous voyez? soit même une exclamation : vous votiez! Dans le langage parlé, le ton traduit l'intention de la personne qui parle '; dans la parole écrite, la ponctuation vient au secours de la pensée de l'écrivain.

Examinons les divers cas qui peuvent se présenter.

Forme interrogative directe. — On met un point d'interrogation à la fin de toute phrase interrogative :

Avez-vous oublié tout ce que les dieux ont fait pour vous ramener dans votre patrie? Comment ètes-vous sorti de la Sicile ? Les malheuis que vous avez éprouvés en Egypte ne se sont-ils pas tournés tout à coup eu prospérités ? Quelle main inconnue vous a enlevé à tous les dangers qui menaçaient votre tète dans la ville de Tyr ? Après tant de merveilles, ignorez-vous ce que les destinées vous ont préparé?

Lorsque les mots quel, comment, combie», pourquoi font partie d'une proposition subord jnnée, on ne doit pas mettre de point d'interrogation à la fin de la phrase. Dans ce cas en effet il n'y a point d'interrogation réelle, ni dans la forme, ni dans la pensée, la proposition subordonnée n'étant autre chose que le complément direct de la propositioa principale :

On leur a demandé quel est le fleuve qui passe à Paris.

Dites-moi pourquoi vous ne savez pas votre leçon.

Quand on rapporte une phrase interrogative suivie d'une des locutions ilit-il, reprit-il, répondit-il, etc., le point d interrogation se idace toujours à la fin de la partie interrogative de la phrase :

De quelle ville de Phénicie ètes-vous? me dit-il.

Cependant, lorsque le membre de phrase final fait partie de la proposition interrogative, le signe doit être placé i la fin :

Vous ne sortirez pas d'ici, dites-vous?

Vous n'allez pas vous mettre en route par le temps qu'il fait, je pense ?

liiterrngalion soui forme affirmative. — Comme nous l'avons dit plus haut, une phrase peut être affirmative dans la forme, tout en étant ititerrogative dans la pensée de la personne qui parle :

C'est là ce dont vous parlez ?

Vous venez avec mji?

Affirmation sorts forme interrogntive ou fausse interroquiion. — Quelquefois, pour donner plus de vivacité U la phrase, on remplace la forma cou-

PONCTUATION

PONCTUATION

ditionnellfi ou subjonctive par une tournure inter- Togative :

Aimez-vous la muscade, on en a mis partout. Avait-il soupe, il s'en allait.

C'est comme si l'on disait : Si vous aimez la muscade; Inrsqu'il avait soupe. Voici des exemples de cette tournure :

Aperçois-je une rivière, je la côtoie ; un bois touffu, je vais sous son ombre ; une grotte, je la visite ; une carrière, j'examine les minéraux.

Toutes les fois que les Romains se crurent en danger ou qu'ils voulurent réparer quelque perle, ce fut une pratique constante chez eux d'affermir la discipline militaire. Ontils à faire la guerre aus Latins, peuples aussi aguerris qu'eux-mêmes, Manlius songe à augmenter le commandement, et fait mourir son fils, qui avait vaincu sans son ordre. Sont-ils battus à Numance, Scipion Emilien les prive d'abord de tout ce qui les avait amollis. Les légions romaines ont-elles passé sous le joug en Numidie, Metellus répare cette honte dès qu'il leur a fait reprendre les institutions anciennes.

son effet, il faut que le lecteur ou l'auditeur puisse suppléer sans effort à ce qui n'est pas exprimé :

La douceur de Font insensibl Succéder... Je

nfancc.

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