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PUITS ET SOURCES — 1770 — PUITS ET SOURCES

mais se meut non pas à la manière d'un ruisseau dans son lit, mais comme le contenu d'une fontaine au travers d'un filtre.

On a facilement la preuve de cette assertion. 11 suffit pour cela de creuser rapidement une cavité dans une couche de sable saturé d'eau ; on verra que l'excavalion ne se remplit de liquide que successivement par un vrai drainage esercé sur les parties environnantes. C'est ce que savent très bien tous les enfants qui, au bord de la mer, jouent dans la cou«he de sable découvert à marée basse.

Nous disions tout à l'beure que des sources résultent de l'affleurement des roches imperméables recouvertes de roches perméables et donnant naissance à des niveaux. C'est le cas en Lorraine où les calcaires perméables de l'oolilhe inférieure reposent sur les argiles du lias. L'affleurement a lieu généralement à flanc de coteau, et c'est ce qui rend compte des chapelets de villages égrenés en ligne horizontale sur les parois des vallées à égale distance des thalwegs et des plateaux.

A ce type de sources qui est extrêmement fréquent se rapportent également un très grand nombre de fontaines dans les régions les plus variées, et il suffira de mentionner celles des environs immédiats de Paris qui se présentent au contact des marnes vertes et des sables de Fontainebleau qui leur sont superposés. Il en résulte un niveau nettement caractérisé par sa végétation de peupliers et de saules contrastant avec les forêts de chênes et de châtaigniers qui sont au-dessus, aussi bien qu'avec les cultures de vignes et de céréales qui sont plus bas ; c'est, pour la même raison, le niveau des maisons de campagne.

Des caractères de ce genre, parfois visibles de très loin, et auxquels s'en joignent d'autres plus intimes dont l'observation devient facile à la suite d'une pratique plus ou moins prolongée, expliquent pleinement le succès des découvreurs de sources, au premier rang desquels M- Paramelle a occupé une place si distinguée.

La même superposition de masses perméables à des masses imperméables donne lieu à un tj'pe de sources en apparence bien différent du précédent et qu'on rencontre à chaque pas en Champagne par exemple. Il s'agit de sources toujours situées au fond des vallées et qui sont sujettes à des variations considérables de volume dans le cours de l'année, de telle sorte qu'elles peuvent disparaître complètement pendant quelques jours ou même pendant quelques semaines.

Ce type correspond au cas très fréquent où le contact des deux couches de perméabilité difi'érente, au lieu d'affleurer, gît à une profondeur plus ou moins considérable. L'eau d'infiltration, s'accumulant sur le fond étanclie. sature une zone de plus en plus épaisse de la roche poreuse telle que la craie, et la source jaillit au moment où la surface supérieure de cette zone saturée coïncide avec le fond du ravin. Tant que l'affleurement a lieu, la source continue h couler, mais elle s'arrête dos que par suite d'une sécheresse, l'eau baisse dans la substance filtrante.

On conçoit que ces deux types principaux de sources ne concernenl pas les régions dont le sol est constitué par des roches imperméables et fissurées. Dans ce cas, les sources ne sont pas autre chose que l'arrivée au jour, grâce aux ondulations du terrain, de l'extrémité d'un réseau de pareilles fissures qui viennent y verser les eaux qui y circulent.

C'est à ce même type qu'il faut rattacher les sources qui sortent des cavernes et qui parfois, grâce à une forme particulière de ces cavités souterraines, offrent le pl.énomone si étrange à première vue de Vinlermittence.

Dans ces divers cas, bien différents des précédents, il n'existe pas à proprement parler de niveaux d'eau. La position des sources, dépendant de l'allure des crevasses du sol, ne saurait être devinée de la surface, et il n'y a jamais lieu de creuser des puits.

Les puits en effet ne sont pas autre chose que des cavités creusées jusqu'à un niveau d'eau. Leur funcement est donc la reproduction en grand de ce jeu d'enfants auquel nous faisions allusion tout à l'heure. Nous n'avons évidemment pas à entrer dans la description des procédés mis en œuvre pour creuser les puits; disons seulement que les difficultés sent très différentes selon la dureté ou la tendance à l'éboulement des roches à traverser; selon aussi la distance à franchir pour parvenir au niveau d'eau. On cite des puits qui ont (iU mètres de profondeur. Parmi les dangers que courent les puisatiers, il faut mentionner surtout les éboulements et les dégagements de gaz carbonique impropre à la respiration.

Tout ce qui précède concerne, comme nous l'avons dit, le cas, très souvent réalisé dans la nature, où dos roches poreuses reposent sur des couches imperméables. Si cette disposition est extrêmement fréquente, elle est loin d'être la seule qui puisse se présenter, et il faut voir rapidement ce qui a lieu dans les autres cas prévus plus haut.

Si la surface est imperméable, quelle que soit la roche sous-jacente, le régime des eaux n'en est pas influencé. Il faut cependant noter que si la couche du haut offre quelque part une solution de continuité, les eaux sont appelées par les masses poreuses du fond, de sorte qu'il résulte de cette disposition lout la contraire des sources : des points où la terre, loin de fournir de l'eau, absorbe celle que peut lui parvenir. Suivant les cas on appelle boit tout, tjétoires, gvu/fres,elc.,\es points offrant ce caractère, et c'est souvent à eux que les rivières telles que le Rhône doivent de disparaître dans le sol pour revenir au jour à une distance plus ou moins considérable. Il faut d'ailleurs bien distinguer le cas qui nous occupe de celui de cavernes ou autres cavités dans lesquelles les eaux superficielles peuvent également s'engouffrer. La disposition que nous venons de décrire est parfois utilisée. Elle permet en effet d'assécher des points rendus impraticables par le séjour des eaux. Dans ce cas on creuse ce qu'on appelle des puits absorbants. C'est par exemple ce qu'on a fait dans certaines exploitations d'argile qui. comme à Issy et Vaugirard, reposent sur des couches poreuses. Ces exploitations constituent de vastes bassins où se réunit l'eau des pluies ; mais on les assèche aisément par des puits absorbants pénétrant jusqu'à la craie. Le même arlifice est souvent employé dans les mines. On y a recours aussi quand on veut assainir des régions marécageuses telles que la Sologne, dont le sous-sol est perméable, et l'agriculture en a plus d'une fois tiré un parti important.

Un troisième cas à considérer concerne l'intercalation d'une couche imperméable entre deux terrains perméables. Il est clair que cette couche imperméable établit une séparation presque absolue entre les deux masses poreuses, et qu'à sa surface supérieure existe un niveau d'eau. Au-dessous d'elle la roche perméable se comporte différemment suivant qu'elle est ou non en communication latérale avec la surface. Si la communication a lieu, le cas rentre, comme on va voir, dans le quatrième cas décrit plus bas. Si au contraire la roche est séparée de la surface par des masses étanches, l'eau qu'elle contient et qui y est renfermée depuis l'antique époque du dépôt de la couche imperméable y constitue une sorte de niveau stagnant. Parmi les exemples, d'ailleurs assez rares, de cette disposition, il faut citer tout spéciale-

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