‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 298 sur 459 · RAISON · texte numérisé non relu

RAISON

RAISONNEMENT

demander si elle est, comme le croient la plupart des philosophes, quoique chose d'inné, un élément absolument primitif de la constitution intellectuelle de l'homme, ou au contraire, comme le prétendent quelques penseurs modernes, partisans de la doctrine de l'évolution, le résultat lentement acquis du travail de l'intelligence à travers les siècles. Mais cette question a été diji discutée (V. Idées), et nous n'avons pas ày revenir.

Quoiqu'il en soit, innée ou héritée, la raison existe en tout lioninie : elle est comme la lumière naturelle qui éclaire tout individu venant en ce monde. Seulement avec le progrès de l'âge et le développement des facultés elle se manifeste sous diverses formes.

L'enfant, dès le premier éveil do son intelligence, est déjà sous la direction de la raison, mais cette raison esta peu près inconsciente: l'enfant serait incapable de lormuler les lois rationnelles dont ses jugements sont l'application. Ainsi un petit garçon de sept ou huit ans clierche avec son père U]i objet perdu, et, ne le retrouvant pas, il s'écrie : " Mais pourtant il faut bien que quelque chose soit toujours quelque part! « N'est-ce pas déjà exprimer sous une forme naive, et sans arriver à s'en rendre compte tout à fait, la nécessité de l'existence d'un espace infini où sont contenues toutes les choses matérielles? De même, quand l'enfant à qui l'on s'efforce d'inculquer l'idée de la création du monde et l'idée du créateur, répond obstinément : « Mais avant Dieu, qu'est-ce qu'il y avait donc'? » n'est-il pas évident que sans le savoir son jeune esprit obéii au principe rationnel de causalité qui exige que toute existence soit rattachée à une cause antérieure?

On pourrait multiplier les exemples de ces propos enfantins où se marque la première manifestation, confuse encore et à peine consciente, de la raison. Mais peu à peu la conscience s'éclaire, et l'esprit, s'analysant lui-même grâce à la réflexion, parvient à formuler nettement les lois rationnelles qui le gouvernent : ce que les philosophes ont appelé, tour à tour, notions communes et universelles, idées innées, vérités premières, vérités nécessaires, catégories de l'intelligence, principes constitutifs et régulateurs de la pensée.

Sans prétendre donner ici une énumération complète et une classification définitive des éléments essentiels de la raison, nous indiquerons les principaux, en même temps que nous en marquerons le rôle et les fonctions dans l'activité intellectuelle.

Distinguons d'abord les principes rationnels relatifs à la pratique, à la conduite morale, ce que Kant appelle la raison pratir/ite, des principes rationnels relatifs à la science pure, à la spéculation théorique, ce que Kant encore appelle la raison pure.

La raison pratique n'est pas autre chose que l'ensemble des notions et des affirmations qu'on désigne vulgairement sous le nom de conscience morale. Qu'il y aune différence naturelle, absolue, entre le bien et le mal, qu'il y a obligation nécessaire de faire le bien ou en d'autres termes que le devoir existe, enfin que celui qui fait le bien mérite, que celui qui fait le mal démérite, voilà à peu près le contenu de la raison pratique. Ce sont les fondements de la morale.

Quant à la raison pure, c'est elle qui règle l'exercice de nos facultés spéculatives, qui domine et détermine nos recherches scientifiques. C'est elle encore qui nous révèle, en dernière instance, l'Être idéal, parfait, absolu, Dieu.

Sans la raison, la science ne serait qu'une accumulation stérile de faits, sans liaison et sans lois, d'expériences isolées sans cohésion. C'est la raison seule qui permet au savant d'établir des relations nécessaires entre les phénomènes. Elle

pourvoit à cette tâche par deux principes surtout : le principe d'induction, et le principe de causalité. Le principe de causalité peut être formulé ainsi : Tout ce qui commence d'exister a une cause. En d'autres termes, l'esprit humain n'admet pas de solution de continuité dans l'ordre successif des phénomènes. Tout ce qui commence d'exister doit avoir son explication, son principe, sa raison d'être. La recherche scientifique, en dernière analyse, n'a pas d'autre but que de déterminer les causes des faits. C'est l'observation, l'expérience qui nous découvre, dans chaque cas donné, la cause particulière qui est en jeu : mais c'est la raison qui affirme d'avance qu'il y a une cause, quelle qu'en soit d'ailleurs la nature. D'autre part la raison nous fait une loi de croire à un ordre immuable dans l'univers, à la constance nécessaire des rapports observés entre les phénomènes. C'est ce qu'on appelle le principe de l'iuduction, dont la formule sera : L'uni foi-mité de succession est la loi delà nature; il y a de l'ordre dans l'univers ; ou encore : Les mémei causes produisent toujours les mêmes effets.

Mais la raison n'a pas seulement pour rôle de régler les actes de la vie morale et de coordonner les expériences de la recherche scientifique. Elle est aussi la source des notions dont l'ensemble nous permet de concevoir l'existence et la nature de Dieu. Elle prétend à autre chose qu'à la direction de l'intelligence dans le monde réel ; elle nous introduit dans le monde idéal et elle nous fait entrevoir par delà les choses contingentes, relatives, imparfaites, passagères et finies, l'être nécessaire, absolu, parfait, éternel et infini, l'être qui est la cause des causes, le principe de l'ordre dans l'univers et le principe du bien dans la conscience. [Gabriel Gompayré.]

KAISOJi.NE.MENT. — Psychologie et Logique, XIL — Raisonner est une opération distincte de l'esprit, un acte intellectuel irréductible à tout autre. Il y a, dans l'activité de l'intelligence, trois degrés, trois moments essentiels, concevoir ou avoir des idées, juger ou associer des conceptions, raisonner ou lier des jugements. De même que le jugement est l'assemblage de deux idées, unies par un acte d'affirmation qu'exprime le verbe être., de môme le raisonnement est une suite, une liaison de jugements, rapprochés l'un de l'autre de telle sorte que le dernier apparaisse comme la conclusion légitime et la conséquence nécessaire des premiers.

Le raisonnement suppose donc diverses opérations préalables : qu'on a conçu nettement des idées qui sont la matière du raisonnement ; qu'on a, dans des jugements antérieurs, affirmé entre ces idées des rapports déjà connus ; enfin, que ce» affirmations elles-mêmes ont été attentivement comparées l'une à l'autre. L'acte propre du raisonnement consistera à faire sortir de cette comparaison un jugement nouveau implicitement contenu dans les précédents.

De même que le jugement trouve son expression verbale dans la proposition, qui est, comme on sait, composée de trois éléments, le sujet, l'attribut et le verbe, de même le raisonnemeni, rigoureusement exprimé, donne lieu au syllogisme, c'est-à-dire à un argument formé de trois propositions. Dieu est parfait ; la tionté est une perfection : doue Dieu est Ijou. Dans tout syllogisme, comme dans celui que nous prenons pour exemple, il y a trois idées : ici. Dieu, la honte, la perfecti' n. L'une de ces idées sert d'intermédiaire, de terme de comparaison entre les deux autres : dans l'exemple choisi, c'est l'idée de perfection. On l'appelle le moy n terme. On compare successivement à cette idée de perfection les deux autres idées qu'on est convenu d'appeler le yrand et le petit terme, Dieu et hunté ; et après s'être

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assuré dans ces deux premiers jugements, appelés prêiiiis'es, qu'il y a convenance, accord, entre l'idée de perfection et chasune des deux autres, on affirme dans la conclusion qu'il y a aussi convenance, accord, entre l'idée de Dieu et l'idée de bonté. On applique en définitive à la comparaison des idées laxiome mathématique qui dit : Deux quantités égales à une même troisième sont égales entre elles. Ajoutons, sans entrer dans d'autres détails et sans songer à faire connaître ici la tliéoçie si compliquée du syllogisme, que chacune des deux prémisses a un nom particulier : on nomme majeure celle qui contient le grand terme , mineure celle qui contient le petit terme.

Le syllogisme n'est donc pas la même chose que le raisonnement. 11 faut se garder de confondre l'acte intérieur de l'esprit qui juge et qui raisonne avec la traduction verbale qu'on lui donne dans le langage.

Tous les raisonnements ne se prêtent pas d'ailleurs à être exprimés sous une forme aussi simple, aussi courte que l'argument syllogistique. Dans la plupart do nos raisonnements, les prémisses sont autrement compliquées que dans le syllogisme élémentaire que nous avons cité. Il y a d'ordinaire plusieurs mineures et par suite la comparaison des prémisses est délicate et laborieuse. L'esprit n'arrive à la conclusion qu'au prix d'un grand effort d'attention. D'autre part, il est rare que le penseur qui raisonne même le plus rigoureusement impose à son raisonnement la forme syllogistique. Bien entendu dans la conver- | sation, dans les discours, on n'use presque jamais | du syllogisme, qui ne saurait racheter par le mérite do la clarté et de la précision ce qu'il a de lourd et de pédantesquo. Mais jusque dans les écrits scientifii|ues, il y a longtemps qu'on a renoncé à l'emploi des formes syllogistiques que les théologiens du moyen âge avaient essayé de mettre en honneur.

Il n'y a donc pas lieu de se préoccuper outre mesure des règles savantes du syllogisme. L'étude minutieuse et approfondie qu'en ont faite les logiciens peut intéresser ceux qui veulent connaître i fond le jeu et le mécanisme du raisonnement : mais elle est plus curieuse qu'utile, et pratiquement elle ne peut guère prétendre à développer l'art de raisonner.

Ce qui est plus important , c'est de rechercher s'il y a, dans la réalité des choses, une ou plusieurs formes distinctes de raisonnement. Tous les logiciens séparent Vinductiun de la déduction. L'induction, disent-ils, s'élève des vérités particulières à des vérités générales, du fait à la loi : la déduction descend des vérités générales à des vérités particulières , du principe à, la conséquence. Ou bien encore l'induction va de la partie au tout, du moins au plus, la déduction suit l'ordre inverse. Déduire, c'est échanger une pièce d'or contre la menue monnaie dont la pièce doit représenter la valeur : induire, c'est une opération tout autrement difficile, et qui au premier abord parait irréalisable et illégitime, c'est avec quelques pièces d'argent de moindre valeur obtenir une pièce d'or d'un grand prix.

Expliquons mieux encore la distinction du raisonnement inductif et du raisonnement déductif: nous verrons ensuite si la différence est aussi réelle qu'apparente. Dans les sciences d'observation, d'expérimentation, on induit : les faits une fois observés et constatés, on généralise ; on affirme que la chaleur dilatera toujours et partout les corps soumis à son influence, iiue la pierre livrée ;\ cllo-môme tombera sous l'action de la pesanteur en tout lieu et en tout temps. D'une simple observation on passe à une affirmation universelle. Dans les sciences abstraites et exac-

tes, on déduit : les axiomes et les définitions une fois posés, on en recherche les conséquences. De la définition du triangle et du cercle on fait sortir, en s'appuyant sur tel ou tel axiome, une série dé théorèmes. Ici l'opération logique est d'une légitimité manifeste, puisqu'elle consiste simplement à mettre au jour les vérités contenues dans des principes déjà admis.

Au fond et quoique les deux formes du raisonnement paraissent provoquer l'esprit à deux mouvemoiits inverses, l'opération est la môme. En eflet, dans toute induction, il y a une vérité générale sous-entendue, majeure commune do tout raisonnement inductif : c'est la croyance rationnelle à l'ordre, à la constance, à l'uniformité de succession des phéiiomènes. Quand le physicien, après avoir vu deux ou trois espèces de corps se dilater sous l'action de la chaleur, déclare résolument que tous les corps placés sous la môme influence subiront les mêmes modifications, il semble au premier abord que la seule base de son induction soit la courte série de faits qu'il a observés. Il n'en est rien, et ce qui autorise véritablement le savant à accepter la loi générale, universelle qu'il établit, c'est ce principe préalablement admis : la nature est toujours et partout semblable à elle-même. En d'autres termes, tout raisonnement inductif peut être ramené à un syllogisme, dont voici la formule: Les mêmes causes produisent les mêmes effets (majeure): or, j'ai constaté deux fois, trois fois que le phénomène A était la cause du phénomène B : donc toujours et partout A aura B pour effet.

L'induction et la déduction ne sont donc que deux manifestations, deux formes différentes de la môme opération logiijue. Ce n'est pas une raison pour oublier qu'elles ont chacune leurs lois propres, leurs règles spéciales, que l'on étudie dans les deux parties fondamentales de toute logique, la logique inductive, et la logique déductive. Pour l'induction, il faut surtout par des observations exactes, par des expérimentations habiles et répétées, s'assurer que l'on ne confond pas la coïncidence accidentelle avec le rapport constant de deux phénomènes. C'est pour cela que l'on a recours à dift'érents procédés que les logiciens modernes ramènent à ce qu'ils appellent la méthode de concordance, la méthode de différence, la méthode des variations coticomituntes. La première consiste à montrer que partout où le phénomène A se produit, le phénomène 11 se produit aussi ; la seconde à établir que partout où A majiquc, B fait défaut ; la troisième enfin, i prouver que toutes les variations de A correspondent à des variations équivalentes de B.

Pour la déduction, il faut être attentif à n'admettre que des définitions claires, précises, et des principes qui soient ou des vérités évidentes par elles-mêmes, c'est-à-dire des axiomes, ou des lois indnctives scrupuleusement contrôlées.

Quand on connaît la nature et les diverses formes du raisonnement, il est facile de comprendre l'importance de cette opération intellectuelle. Sans le raisonnemejit, la conjiaissance humaine serait enfermée dans le cercle étroit des intuitions immédiates de la raison et des perceptions directes de l'expérience. 11 serait interdit à l'intelligence humaine de dépasser l'horizon borjié des sens, de concevoir les lois générales qui constituent la science et par lesquelles l'esprit embrasse l'univers entier.

Ce qu'il serait plus intéressant de montrer, c'est comment on peut abuser du raisonnement, comment trop de logique nous égare et nous trompe, comment enfin il est vrai de dire de l'esprit ce que Molière disait de la maison des Femmes savantes :

Que le raisonnement en bannit la taison.

IIAPACES

RAPAGES

Remarquons simplement que l'excès de la logique, l'application à outrance du raisonnement à n'importe quel sujet, peut, de conséquence en conséquence, nous pousser jusqu'à des conclusions qui, pour être régulièrement déduites, n'en sont pas moins contraires à nos intérêts, h nos besoins, et en opposition avec les faits.

Il nous reste à chercher dans quelle mesure l'enfant est capable de raisonner, et Jusqu'à quel point, par conséquent, il est possible do faire intervenir le raisonnement dans la première éducation. C'est la maxime favorite de Locke « qu'il faut raisonner avec les enfants ». Le philosophe anglais ajoute que o les enfants peuvent entendre raison dès qu'ils comprennent la langue maternelle, u Condillac, disciple de Locke en philosopliie, s'inspire aussi de sa doctrine pédagogique. « Il est démontré, dit-il, que la faculté de raisonner commence aussitôt que nos sens commencent à se développer, et que nous n'avons de bonne heure l'usage de nos sens que parce que nous avons raisonné de bonne heure... Les facultés de l'entendement sont les mêmes dans un enfant que dans un homme fait... Nous voyons que les enfants commencent de bonne heure à savoir les analogies du langage. S'ils s'y trompent quelquefois, il n'en est pas moins vrai qu'ils ont raisonné. » Et Condillac ,va jusqu'à comparer cette initiation instinctive à la langue maternelleavec le raisonnement de Newton découvrant par une série de déductions et d'inductions le système du monde.

Nous répondrons à Condillac et à Locke qu'ils ont l'un et l'autre méconnu ce qu'il y a de général, d'abstrait, de réiléclii dans le raisonnement, et qu'ils confondent les formes élevées de la plus haute opération intellectuelle avec ses formes inférieures, avec les inférences irréflécliies que '■'on peut observer jusque chez les animaux. Sans doate l'enfant raisonne en un sens : mais cela, sans presque le savoir, d'une façon à peu près inconsciente. De plus, son raisonnement ne porte que sur les objets familiers et sensibles qu'il voit tous les jours. Ne lui demandez pas de raisonner sur des idées abstraites. C'est à une logique instinctive qu'il obéit quand il saisit les analogies du langage. L'enfant de trois ou quatre ans s obstinera h dire à le dwenU à le iardin, parce qu'il a entendu qu'on disait : à la caclie, a la promeiuide; il supprimera la diversité des conjugaisons, prononcera /,atter au lieu de Outtre, parce que la plupart des verbes qu'il a appris tout d'abord se conjuguent sur aimer. Mais de ce que l'intelligence de l'enfant suit ainsi sans conscience et sans réllexion la marche la plus naturelle, qui n'est la plus aisée que parce qu'elle est a plus logique, il serait téméraire de conclure qu U soit capable de raisonnements véritables, de ceux qui supposent l'attention, l'effort de l'esprit, 1 enchaînement conscient des jugements et des "*^„s^- [Gabriel Compayré.]

RAPACES. — Zoologie, .W. — Les I{r,p„ces ,„,r,'^V^ ' '•"'"" appelle communément Oiriic t,;,/™"^' diffèrent souvent beaucoup les uns tiPs Hn ?n''rn»''J''' proportioos dcs divcrscs par- .,LÎ^ , P "' ,î-^r ''^ "=""'•« du plumage, mais conservent, en dépit a<, ^„, modilicaiions pï.Iî Heures, un cachet particulier qm^'i^pt^t po nt de méconnaître leur véritable nature. Ainli ^cnTz tous les représentants de cet ordre, le crâiie s'élargit fortement dans le sens transversal, principalement au niveau des orbites, qui sont séparées I une de 1 autre par une cloison verticale ossiflce en majeure partie; le bec est toujours très robuste, la mandibule pouvant d'ailleurs être soudée intimement aucràneons'articuleràla région frontale par une sorte de charnière ; le sternum est très développé, surtout dans sa partie inféi' Pahtie.

rieure, qui présente parfois une paire de fenêtres, et qui généralement est limitée par un bord entier droit ou légèrement convexe. Les clavicules, soudées en un os unique qu'on nomme la fourchette, affectant la forme d'un U à branches très écartées, et les os coracoidiens, qui sont destinés à fournir des points d'appui aux organes du vol, constituent une paire de piliers massifs entre l'omoplate et le sternum. L'humérus, un peu tordu sur lui-même, est toujours un os puissant, muni d'une crête très saillante où vient s'attacher l'extrémité des muscles pectoraux, mais il varie de largeur, de même que les os du bras, le radius et le cubitus, suivant que l'oiseau est bon ou mauvais voilier. Quant aux métacarpiens, ils sont séparé? l'un de l'autre par une lacune considérable.

Le bassin est étroit, allongé et fortement incliné dans sa partie postérieure, en arrière de la cavité où s'articule la tête du fémur. Ce dernier os est épais, mais creusé vers le haut d'un trou qui donne accès à l'air dans son intérieur ; il est fortement arqué en avant et suivi d'un tibia dont les diuiensions varient considérablement d'un groupe à l'autre, mais qui présente souvent à sa partie inférieure (chez tous les Rapaces diurnes) un pont osseux sous lequel glisse le muscle qui sert à étendre les doigts. L'os du tarse, qu'on considère souvent à tort comme l'os do la jambe, mais qui répond en réalité au cou-de-pied| reste, sauf dans un petit nombre d'espèces, plus court que le tibia; il est comprimé d'avant en arrière, garni sur la face postérieure d'une crête correspondant au talon et creusé sur le face antérieure d'une large gouttière pour loger les muscles digitaux qui, chez les Chouettes et cliez les Balbuzards, passent sous un pont osseux analogue à celui qui existe sur le tibia, chez d'autres Rapaces.

A ces caractères fournis par le squelette s'en joignent d'autres, purement extérieurs : ainsi le bec, chez tous les Rapaces, est court, épais à la base et brusquement recourbé, l'extrémité de la mandibule tombant verticalement et dépassant le bout de la mandibule inférieure, sous forme de crochet acéré. Les pattes sont robustes et les doigts, qu'on appelle plus particulièrement les serres chez les oiseaux de proie, sont souples, nerveux, admirablement conformes pour lier une proie. Ils se terminent par de véritables gritfes, qui, comme des harpons, maintiennent solidement la victime en s'enfonçant dans ses chairs.

Les Rapaces ont donc une physionomie qui leur est propre, à une ou deux exceptions près; ils se reconnaissent facilement au premier coup d'oeil et constituent dans le monde ornithologique un groupe naturel, un ordre dont les limites ont été à peine modifiées au milieu do nombreux changements introduits dans les classifications par les progrès de la science (V. Oiseaux).

Cependant, en dépit de son homogénéité fondamentale, cet ordre peut être subdivisé en groupes secondaires. Et d'abord, les personnes môme les moins versées dans l'étude des sciences naturelles reconnaîtront aisément parmi les oiseaux de proie deux grandes catégories. Certains de ces oiseaux ont, en effet, la face aplatie en forme de disque, les yeux dirigés entièrement comme ceux de l'honiMie, les narines en majeure partie cachées sous des soies roides, le doigt externe de chaque patte légèrementréversible, le plumage duveteux, touffu, moelleux au toucher ; d'autres, au contraire, n'offrent point do disque facial ; ils ont les yeux latéraux, comme la plupart des oiseaux, les narines à découvert, le doigt externe dirigé en avant, comme le doigt médian et le doigt interne, le plumage serré, formé de plumes étroitement .-«ppliquées l'une sur l'autre. Ces derniers Rapaces

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