‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 3 sur 459 · INCLINATIONS · texte numérisé non relu

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point de départ d'un incroyable avancement dans l;i voie dos tiratçes rapides. Nous ne saunons vouloir décrire ici en f|iieli|ues lignes ces merveilleux instruments pour la création desquels plusieurs principes ont été mis en ceuvre, et qui chaque jour d'ailleurs bénéficient de quoique nouveau progrès. Tout d'abord, et même pendant longtemps, la presse mécanique exigea de nombreux auxiliaires humains, véritables esclaves do la travailleuse automatique. 11 fallait lui présenter les feuilles, les recevoir, les lui redonner h imprimer d'un second côté après qu'elle les avait imprimées sur une face. Aujourd'hui on met ;\ l'une de ses extrémités un énorme rouleau de papier sans fin, dont on se borne à engager le bout sur ses rouleaux ; en une heure elle imprime, découpe, plie, compte et livre, dans des corbeilles qu'on emporte à mesure, jusqu'à 15 et 20 mille numéros de journal ; ne le faut-il pas ainsi, puisqu'il est actuellement telle feuille populaire parisienne qui, mise sous presse seulement vers minuit, se répand au point du jour à un demimillion d'exemplaires, dont le texte, i vrai dire, composé une seule fois, mais reproduit en 5 ou 6 planches stéréotypées, est tiré par autant de machines.

Quant aux procédés stéréotypiquos que nous venons de mentionner et qui servent d'auxiliaire à la presse mécanique, bornons-nous à dire qu'ils se réduisent aujourd'hui il prendre un moulage, une empreinte de l'ensemble de la composition, et à couler dans ce moule du métal en fusion qui, refroidi, produit d'un seul bloc un cliché identique à la forme composée de caractères mobiles ; cette empreinte est ordinairement prise aujourd'hui en foulant vigoureusement sur la composition une épaisseur de feuilles de papier humide que l'on fait ensuite sécher et qui donne le moule oii l'on coule la matière métallique. C'est même à la flexibilité de ce moule que l'on doit de pouvoir transformer à la fonte l'empreinte plane en forme cylindrique, pouvant s'adapter aux rouleaux imprimants do la presse mécanique. Il suffit pour cela de les placer à l'intérieur d'un cylindre de même calibre que celui de la presse. Quoi qu'il en soit, la stéréotypie permettant d'obtenir presque immédiatement plusieurs formes semblables à la composition première, il s'ensuit qu'on peut tirer sur autant de presses le môme texte, et partant arriver à un chiffre de tirage vraiment prodigieux en très peu d'heures. Pour les procédés de clichage en usage dans la gravure, V. Galvanoplastie.

Quel que soit, du reste, le système des presses mécaniques, il a toujours pour base un va-et-vient mettant successivement en contact la forme typographique avec des rouleaux encreurs, puis avec des rouleaux presseurs qui amènent et appuient la feuille blanche. La forme est tantôt placée telle qu'elle a été composée, tantôt rendue cylindrique par l'opération stéréotypique : mais il faut avoir vu fonctionner une presse mécanique, s'en être fait expliquer le jeu et avoir réussi à le comprendre, pour prendre une idée juste de ce que peut l'ingéniosité humaine.

Notons, pour achever, qu'en ces derniers temps une presse mécanique a été présentée qui, tout en gardant une extrême célérité, permet de faire sur une même feuille des tirages de diverses couleurs, non seulement simultanés, mais encore juxtaposés. Serait-ce le dernier mot du progrès'? — Non, car qui dit progrès ne saurait dire arrêt. De ce que nous vivons vu bien des merveilles, nous devons conclure qu'il nous en reste bien d'autres à voir.

[Eugène Millier.]

I\CH.\ATIO.\S. — Psychologie, l'V. — Les divers penchants inhérents i la nature humaine sont souvent désignés indifféremment par les noms i' inclinations ou d'iii-slincts. Toutefois, tandis que le mot d'instinct s emploie de préférence on par-

lant des animaux, le mot d'inclinations est réservé à l'enseinblo dos prédispositions naturelles de la sensibilité chez l'homme.

Les inclinations peuvent se ramener à un petit nombre de groupes distincts, suivant les objets auxquels elles se rapportent. On ne peut aimer que soi-même, ou autrui, ou un objet pris en dehors de l'humanité. Delà, trois.classes d'inclinations, les unes personnelles, les autres socinles, les autres qui peuvent être appelées plus spécialement morales.

Le tableau ci-dessous présente, groupées sous ces trois chefs, l'énumération de nos principales inclinations:

/ Relatives au I Nutrition.

I corps } Exercice et sommeil. (appétits) ( ReproLluctioo.

! Amour de la vie.

Amour de la propriété.

Amour du tiien-ètre (domicile, vêtement, santé, etc.).

ipliitiveq à i Amour de l'honneur (orgueil, etc.). ràrae Amour du commandement (ambition).

( Amour de l'indépendance.

' In&tiuct de société ou amour des hommes.

Afi'ections patriotiques ou amour de la patrie. \ l Amour conjugal.

Amour paternel et ma-

Affe indivi

Juelles

' domestiques électives

tcrnel.

.\mour fraternel Amour filial.

Amitié.

Amou Aniou Amou Amou

r du Beau, principe de l'art.

• du Vrai, principe do la science, r du Bien, principe de la morale.

r de Dieu, principe de la religion.

Notre intention n'est pas de traiter ici en détail de ce qui se rapporte à chacune de ces inclinations : nous avons voulu seulement en donner une classification qui permît à la mémoire d'en retenir plus facilement la nomenclature. On trouvera des développements relatifs il un certain nombre de ces penchants de notre nature aux articles Instinct, Passi07is, Sensibilité, Morale.

I.\DE. — Histoire générale, L — Populations primitives. Castes. — Séparée du continent asiatique par la gigantesque et infranchissable barrière des monts Himalayas, enveloppée dans sa partie méridionale par l'Océan, l'Inde forme un monde à part. Il n'est aucune région du globe plus belle, plus merveilleusement douée. Nulle part on ne trouve une plus vaste quantité de terre arable, arrosée par de plus nombreux et de plus magnifiques cours d'eau, propre à la fois k la culture du blé et du riz, du palmier et de la vigne, possédant un climat chaud, mais tempéré par des séries régulières de vents et da pluies. Peuplée aujourd'hui de 2io millions d'agriculteurs et de marcliands, cette terre favorisée en pourrait porter et nourrir sans peine le double.

Cette vaste péninsule, d'une forme triangulaire presque parfaite, ne communique avec le reste du globe (les communications maritimes étant laissées de côté) que par ses deux angles nord-ouest et nord-est. C'est en effet sur ces deux seuls points que la barrière de montagnes s'abaisse et laisse deux trouées assez vastes, l'une à l'ouest par la vallée de Caboul, l'autre à l'est par la haute vallée du BrahmapDUtra. C'est par ces deux seuls points, il n'en faut pas douter, (|ue sont entrées toutes les races étrangères qui composent aujourd'hui, avec l'élément autochthonc , la population de l'Inde.

Les habitants primitifs do l'Inde appartenaient îi une race noire, à cheveux lisses, que l'on a nommée nt'fjritoïde pour la distinguer de la race nègre africaine à cheveux crépus. Ces nèf/ritox, de petite taille, aux membres grêles et ciiétifs, n'ayant

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d'autres armes que des pierres taillées ou des bâtons durcis au feu, ne purent opposer une résistance sérieuse aux premiers envahisseurs, et durent se soumettre ou se réfugier dans les montagnes et dans les marais empestés de l'Inde centrale, où on les retrouve encore aujourd'hui à l'état primitif. Les premiers conquérants de l'Inde furent des peuplades jaunes venues du nord-est, de la Chine et du Thibet. Comme nous l'avons dit, ils refoulèrent en partie les noirs autocliihones, mais ils se mélangèrent aussi à eux, donnant naissance à une importante race do métis. Cette première invasion eut lieu à une époque reculée, bien des siècles avant l'arrivée des conquérants Aryas, qui n'envahirent l'Inde qu'environ vingt . siècles avant notre ère. Les Aryas, branche importante de la grande famille blanche ou hido-européenne, arrivaient des plateaux de l'Asie centrale, au nord du Pamir. D'une civilisation relativemenl avancée, professant un culte d'un naturalisme sublime, et parlant une des plus belles langues imaginées par le génie humain, le sanscrit, ces Aryas se divisaient en deux grandes classes, les Brahmanes ou prêtres et les Kchatriijas ou guerriers. Trop faibles par le nombre pour asservir les peuples qui les avaient précédés dans la péninsule gangétique, ils se les assimilèrent en leur ouvrant leurs rangs et les classant dans la hiérarchie brahmanique. Les conquérants de race jaune formèrent la troisième caste, celle des Vaïchyas, tandis que le peuple des métis constituait la quatrième caste, celle des Soudras. Quant aux populations noires q.ui ne s'étaient ni soumises ni croisées avec les jaunes, elles restèrent en dehors de l'organisation des castes et formèrent la classe vile et méprisée des Parias. Telle est, dépouillée de l'auréole de fables dont l'entourèrent, depuis, les écrivains brahmaniques, l'origine de l'institution des castes dans l'Inde.

Le Brahma7iis»ie. Védas. Lois de Manou. — A leur arrivée dans l'Inde, les Aryas professaient le culte brahmanique dans toute sa pureté, tel qu'il était exprimé par les Védas, simple recueil d'hymnes et de prières que la tradition se transmettait depuis des siècles, et qui ne fut rédigé définitivement dans sa forme actuelle que 140u ans avant J.-C. Les Védas nous montrent les premiers Aryas adorant la voûte du firmament et le tonnerre, le soleil, le feu, l'aurore, les forces de la nature en général. Respectueux de tout ce qui a vie, ils s'interdisaient la viande des animaux, ne se nourrissant que de laitage ou de légumes. Des divinités spéciales présidaient à chacun des éléments ; trois d'entre elles, Brahma, Vichnou et Siva, finirent par occuper le premier rang, et constituèrent une sorte de trinité, la Trimourti, dans laquelle Brahma joue le rôle de dieu générateur, père de toutes choses, Vichnou celui de dieu conservateur, et Siva celui de dieu destructeur. Les Brahmanes, chargés de conserver les traditions sacrées, n'avaient d'abordaucune fonction sacerdotale ; ils cultivaient le sol, gardaient les trou peaux, tandis que les Kchatriyas veillaient à la défense de la communauté. Mais à peine les Aryas furent-ils arrivés dans l'Inde, cette organisation si simple, si rationnelle, ce naturalisme pur, se modifièrent rapidement. Enorgueillis par la conquête, les Kchatriyas s'adjugèrent le gouverne- ■ ment des vaincus, tandis que les Brahmanes, abandonnant la charrue, devenaient les prêtres du culte nouveau qu'ils créaient pour séduire les grossières populations primitives. Délaissant les pures doctrines des Védas, ils élevaient peu à peu un monstrueux panthéisme où, non contents de faire entrer Brahma, Vichnou, Siva, Indra, et toutes les anciennes divinités symboliques,ils plaçaient au même rang des démons ou les grossières idoles du culte des aborigènes. Le brahmanisme devenait

ainsi la plus fantastique idolâtrie qu'ait vue le monde. Plusieurs siècles après la conquête, le^ Brahmanes rédigeaient les lois de Manou, code antique qui avait été la règle des premiers Aryas, et dans lequel ils introduisaient toutes leurs barbares innovations. Ce code, que l'on a longtemps considéré comme une œuvre très ancienne, ne date probablement, dans sa forme actuelle, que du troisième siècle avant notre ère. Les grands poèmes épiques du Makabharatit et du Ramayana ne remontent eux-mêmes qu'au quatrième siècle.

Le Bouddhisme. — Le brahmanisme, arme puissante des conquérants aryens, s'était répandu sur toute la péni[isule, lorsque le bouddhisme vint arrêter son essor. L'n prince aryen, Çakya-Mouni, né vers 638 av. J.-C. dans une vallée du sud de l'Himalaya, est regardé comme l'auteur de cette réforme; mais il parait aujourd'hui prouvé que le bouddhisme, sous une forme primitive , existait dans l'Inde bien avant Çakya, peut-être avant l'invasion aryenne. En tous' cas Çakya, rejetant les doctrines brahmaniques, opposait au système des castes l'égalité absolue de l'homme, et promettait l'émancipation finale de l'âme au lieu de l'incessante métenipsychose des Brahmanes. Le succès du bouddhisme fut immense ; refoulant le brahmanisme, il se répandit sur l'Inde entière, puis de là gagna l'Indo-Chine, la Malaisie, la Chine, tout le nord do l'Asie et peut-être le nord-est de l'Europe. Mais ce succès, dans l'Inde, où il avait eu à lutter contre la puissante organisation brahmanique, fut d'une durée relativement courte. Sous leur apparente humilité, les immenses couvents bouddhiques, les congrégations enseignantes, le clergé régulier avaient fini par dominer, accaparer le pays entier; l'égalité était devenue un vain mot. Aussi au VIII' siècle de notre ère, après quatorze siècles de domination, le bouddhisme disparut complètement, radicalement de l'Inde, balayé par une formidable réaction. Les Brahmanes, instigateurs de ce mouvement anti-bouddhique, avaient gagné le peuple en abaissant encore leur doctrine jusqu'à lui ; pour lui plaire ils remplacèrent les Védas par les Pouranas (i.x" siècle), et détrônant les anciens dieux, ils placèrent au sommet de leur Olympe un héros populaire, Krichna, autour duquel ils groupèrent tous les symboles les plus grossiers. C'est ce brahmanisme, religion basse, corrompue, indigne d'un grand peuple, qui règne encore aujourd'hui sur rind(!.

Histoire politique jusqu'à la conquête musulmane.— Lorsque les Aryas entrèrent dans l'Inde, ils se partagèrent en petits royaumes la région entre rindus et le Gange, et ce n'est que lentement, progressivement, qu'ils avancèrent dans le pays. Quinze siècles avant notre ère, leur domination s'arrêtait aux Vindhyas, chaîne de montagnes qui coupe la péninsule en deux parties: au N., l'Hindoustan ou pays des Hindous, au S. le Déklian ou du Sud. C'est à cette époque, sans doute.

pays .. . .

qu'il faut placer l'expédition dans le Dckhan qui fait l'objet du poème du Ramayana. Le roi Rama, aidé des populations noires, s'avança dans le sud et poussa son expédition jusqu'à CeyIan.Mais il ne fit que traverser le pays en conquérant, et, sauf quelques parties, le Déklian resta, comme il est encore de nos jours, aux mains des races jaunes de langue dravidienne. Au moment où Alexandre, en 327, franchissait l'Indus, l'Hindoustan se partageait encore en d'innombrables principautés, et Porus et Tasile n'étaient que deux des nombreiix rois du seul Pendjab. Cependant, presque à la même époque il se fondait dans le bas de la vallée du Gang.', un royaume, le Magadha. qui, gouverne par un Soudra, c'est-à-dire un homm.^ de la dernière caste, allait rapidement absorber tous ses voisins. Chandragoupta, le Sandrakotes des Grecs, roi du Jlagadha, étendait en 313 sa domination sur

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tout l'Hindoustan, de l'Indus aux bouches du Gange, et installait la capitale de son empire à l'alibothra (Patna), sur le Gange, où il recevait l'ambassadeur grec Még;astliènes. Son petit-lils, Açoka, durant son long règne de 263 à T}!, portait à son apogée la puissance de l'empire de Magadlia, et réunissait l'Inde entière sous son sceptre. Ce prince, fervent zélateur du bouddliisme, fut un des principaux propagateurs de la religion de Çakya- Mouni. Mais à sa mort, l'empire se morcela de nouveau en une infinité do petits royaumes.

Au iv° siècle de notre ère, des peuplades d'origine douteuse, quoiq\ie se rapprochant par leur type des Aryens, les Rajpouts, passèrent l'Indus, euvaliirent en petit nombre le nord-ouest de l'Inde et se répandirent sur le Rajpoutana et le Gange supérieur. C'étaient des tribus guerrières, offrant dans leur organisation quelque ressemblance avec les Germains. Leurs chefs portaient le titre de roi, mais tous se considéraient comme égaux et se paraient du nom de Rajpout. c'est-i-dire fils de roi. Ils apportaient avec eux des superstitions barbares, le culte du soleil sous l'emblème d'un clieval et l'infanticide dos filles. Les Brahmanes, alors opprimés par les Bouddhistes, accueillirent ces nouveaux venus comme des frères, leur conférèrent en masse le titre de Kchatriya et, pour mieux les gagner, ouvrirent leurs dogmes à toutes leurs superstitions. Les Rajpouts se répandirent alors sur l'Inde entière, où ils s'emparèrent partout du pouvoii-, mais sans que leur nombre très restreint pût avoir une influence ethnique sur les populations. Ce fut une conquête plutôt qu'une invasion.

Conijiidte musulmane. — Quatre siècles après les Rajpouts, an nouvel élément redoutable faisait son apparition dans l'Inde. Cent ans à peine après l'hégire, en 711, les Musulmans franchissaiejit l'Indus, et, sous la conduite de Mohammed Kacim, s'emparaient du Scinde. A partir de ce moment, rislam va s'acharner à la conquête de cette riche proie. Durant deux siècles, les Musulmans ne font que de faibles progrès; mais en UT", Sabouktigliin, sultan de Ghazni, s'empare de tout le Pendjab ; en 99", son fils Mahmoud s'avance jusque dans le Goudjerat et pille la cite sainte de Somnath.

Ce n'est cependant qu'en 1205 que le général Koutaé, esclave affranchi de Mohammed Ghor, s'empare de Delhi, et, usurpant la couronne, se proclame empereur des Indes. Ses successeurs étendent leur dominati^m jusque dans le Dékhan. En 1397, TimourLang ou tamerlan, le farouche dévastateur, envahit l'Inde, prend et brûle Delhi, et quitte le pays qu'il abandonne à l'anarchie et au désordre.

Daolat Lodi, un aventurier afghan, monte sur le trône resté vacant et le laisse à son fils. En 1525, Baber, descendant de Tamerlan, s'empare de Delhi et fonde la dynastie des Grands-Mogols ou Timourides. Son petit-fils Akbar le Grand (i 555-1 GU5) amène l'Lide h un degré do grandeur et de prospérité qu'elle n'a plus possédé depuis. Sous son règne, le pays se couvre de routes et de canaux, l'agriculture se développe, de magnifiques monuments s'élèvent.

Arrivée des Européens. Conquête anglaise. — Mais déj:\ les Européens commencent à apparaître <Jans l'Inde. Le Portugais Vasco de Gama double le cap de Bonne-Espérance et atteint en 14!JS la ville de Calicut, que son successeur l'amiral Albuquerque prend et brûle en 1510. Les Portugais s'établissent sur la côte k Goa et à Bombay. En 1599, la reine Elisabeth d'Angleterre autorise la fondation de la Compagnie anglaise des Indes, et le premier ambassadeur de la nouvelle société se présente en 1003 à la cour de l'empereur Akbar. tilwij-Djihan,'; successeur d'Akbar (1(;05-1G27), autorise eti 1611 les Anglais à fonder des factoreries à Surat, Cambayc et Ahmedabad. Cette date mar-

que le commencement de l'influence anglaise dans l'Inde. Tandis que celle-ci va grandir avec une rapidité prodigieuse, la puissance des Grands-Mogols décline à grands pas.

Aurangzcb, fils de Chah Djihan (1658-1707), peut être considéré comme le dernier empereur musulman de l'Inde. Lui-même se voit déjà arracher les plus belles provinces de l'empii'c par les Maharates, tribu guerrière du Dékhun (jui se répand en bandes de pillards sur le pays entier. Mais ses successeurs indolents cèdent bientôt devant ces envahisseurs qui leur enlèvent i la fin du xviii^ siècle jusqu'à l'ombre du pouvoir.

Durant ces dissensions intestines, les Anglais augmentent rapidement leur puissance. Un moment, en 1744, ils se voient menacés par la France qui leur dispute l'empire des Indes. Battus par Dupleix en 1749, puis remis en possession par le traité de Poiidichéry en 175^ , ils se voient sur le point de perdre le Bengale par un soulèvement des indigènes. En 1758, de nouveau, les Français conduits par Lally-Tollendal conquièrent le Dékhan, que le honteux traité de Paris (1763) rend aux Anglais. Ceux-ci, n'ayant plus désormais d'autres rivaux que les Maharates et les belliqueux princes deMaïssour ou Mysore, Haïder-Ali et son successeur Tippou-Saïb, poussentactiveraent leur conquête. En 1799, Tippou-Saib est tué dans sa capitale, Seringapatam, et en 1804 le traité de Barhampour scelle la déchéance des princes Maharates. Dès lors l'Angleterre règne virtuellement sur l'Inde entière. Une formidable révolte éclate en 1857, mais est étouffée dans des flots de sang; et la Compagnie des Indes ayant abandonné .son privilège i la reine Victoria, celle-ci est proclamée en 1878 impératrice des Indes.

Statistique. — La vaste péninsule indienne, avec l'ile de Ccylan, son annexe, occupe une superficie de 3 803 050 kilomètres carrés, représentant un territoire égal à celui de l'Europe sauf la Russie, la Suède et la Norwège. Sa population s'élevait en 187V à 243 103 900 habitants.

Les possessions anglaises do l'Inde s'étendent aujourd'hui sur un territoire de ? 125 000 kilomètres carrés (non compris Ceylan), égal à quatre fois le territoire de la France, avec une population de 190 millions d'habitants.

Les Rajahs ou princes Indigènes de l'Inde, Rajpouts, Maharates, Sikhs, etc., possèdent encore un territoire de I 428 000 kilomètres carrés, presque trois fois plus grand que la France, et peuplé de 48 millions d habitants.

La France conserve dans l'Inde un territoire de 509 kilomètres carrés avec une population de 270 0;,0 âmes; et le Portugal 3 720 kilomètres avec 445110:1 sujets. [Louis Rousselct.]

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