‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire (volume 2)Chapitre 335 sur 459 · II. Sciences phïsiqces et naturelles · texte numérisé non relu

II. Sciences phïsiqces et naturelles

PhysUjue. — Pesanteur. Hydrostatique.

Étude de la chaleur. Magnétisme. Électricité. Acoustique. Optique. Thermo-dynamique.

Météorologie (physique du globe).

Chimie. — Chimie minérale. Chimie organique. Thermo-chimie.

Astronomie plujsiqite.

Sciences natiirelies.

1° Zoologie (Anthropologie. Mammalogie. Ornithologie. Erpétologie. Entomologie.

Malacologie!.

Anatomie (A. comparée. A. descriptive. A.

générale. Embryologie).

Physiologie {Ph. comparée. Ph. générale.

Ph. humaine).

Botanique (Cryptogamie).

Géologie.

Minéralogie.

2" Sciences naturelles appliquées. Physique végétale.

Culture. Économie rurale.

Sciences médicales : Pathologie interne et externe. Hygiène. Thérapeutique. Pharmacie.

Zootechnie et art vétérinaire.

[A. Dastrc.] SCnOFi:L.4RIÉUS. — Botanique, Xl.\. — Étym. : de Scrofularia, nom latin de la scrofulaire.

Définition. — Famille de plantes angiospermes gamopétales hypogynes anisostémonées, appartenant à la classe des Personées de Brongniart.

IVous rattacherons aux Scrofulariées quelquesunes des autres familles de la classe des Personées qui s'en rapprochent le plus ; ce sont les Vliiculariées, les Acanlliacées, les Bignoniacées, les Orolicinchées.

Caractères botaniques des Scrofulariées. — Les graines ont un tégument fort mince ; la surface de ce tégument semble chagrinée, elle est formée par les restes des cellules épidermiques externes; ces cellules recouvrent une mince lame de parenchyme corné qui est tout ce qui reste des téguments de l'ovule. Sous le tégumejit séminal, on trouve un albumen abondant, enveloppant complètement l'embryon.

La racine est pivotante ou fasciculée; chei quelques espèces demi-parasites (mélampyre, cufraise, rhinanthe), les racines présentent des suçoirs qui s'implantent dans les racines d'autres végétaux, aux dépens desquels elles vivent.

La tige est herbacée ou ligneuse, elle est quelquefois velue, et quadrangulaire comme celle des labiées. Les scrofulariées de nos pays sont des herbes annuelles ou bisannuelles, et quelquelois vivaces ; tantôt leur tige, dressée, se ramifie, comme celle des mufliers, des linaires; tantôt cette tige extrêmement courte (plantes bisannuelles) donne une hampe florale, simple ou ramifiée, extrêmement développée et cliargéo de fleurs (digitale, molène). D'autres fois, la tige rampe h. la surface du sol et émet, à l'aisselle de ses feuilles, des inflorescences qui se dressent verticalement (véronique officinale). — Les scrofulariées exotiques sont souvent des arbres de haute taille, comme le Vaulomnia.

SGROFULARIÉES — 2007

SCROFULARIEES

Les feinllc.i sont tantôt altornes et tantùt opposées; elles sont toujours simples, dentées et dépourvues de stipules; parfois leur pétiole est extrCmeniont réduit. Los feuilles qui appartiennent à l'iniloroscenco sont ordinairement plus petites que celles de la tige ; elles passent insensiblement aux écailles qui protègent les fleurs et qui sont souvent diversement colorées (molampyre).

Vinflorcsei'vce est une grappe simple (digitale, linaire commune, muflier, etc.), ou un ensemble de cymes diversement groupées.

Les fleurs sont liermaplirodites et irrégulières; leurs verticilles externes sont construits sur le type cinq, tandis que leurs verticilles intérieurs sont construits sur le type deux. Elles présentent de l'extérieur à l'intérieur ;

1" Un oa/ice composé de cinq sépales inégaux, quelquefois libres et souvent soudes entre eux; ce calice persiste après la floraison et protège le fruit.

2" Une corolle gamopétale irrégulière variable de forme. Ordinairement elle est à deux lèvres (muflier, linaire, mélampyre, scrofulaire, etc.). Cliez la digitale, elle a la forme d'un doigt de gant, d'où le nom de Gant du Hntre-Duni': que l'on donne quelquefois à cette plante. On y distingue toujours cinq divisions, excepté cljez les véroniques, où il n'y en a que quatre.

3" Un androcée, composé do quatre étamines inégales, dont deux plus longues et doux plus courtes, ce qui s'exprime en disant que les quatre étamines sont didijnames. Quelquefois, l'androcée se réduit à deux étamines (véronique). Les filets des étamines adhèrent à la corolle par leur base. Jamais le nombre dos étamines n'est égal à celui des lobes de la corolle ; c'est cette parlicularité qui fait que les scrofulariées sont dites anisostéiifitiées.

4" Un çiynécée composé de deux carpelles soudés en un ovaire, supère, biloculaire, surmonte d'un style terminé par un stigmate bifide. Dans chaque loge de l'ovaire, il y a de nombreux ovules anatropes.

Le fruit est sec et déhiscent; c'est une capsule qui s'ouvre en deux valves ; ou bien trois petites valves (valvules) se soulèvent, dans le voisinage de son sommet, formant ainsi trois orifices par lesquels s'écliappent les graines.

Usages des Scrofulariées. — Quelques-unes sont employées en médecine. La plus importante de toutes est la Digitale pourprée [Gant de Notre- Dame), dont les feuilles renferment un principe vénéneux, qu'on a nommé diijitaline, qui a pour principal elfet d'arrêter les battements du cœur. On emploie les feuilles de digitale pour calmer et régulariser les battements du cœur, ce qui a valu à la plante le nom de Quinqniîia du eœur ; on les emploie aussi pour augmenter la sécrétion urinaire et pour provoquer une sueur abondante. La digitaline que l'on retire de ces feuilles est une substance blanche pulvérulente, slernutatoire et très vénéneuse, même h petite dose, de sorte que la médecine préfère utiliser les feuilles réduites en poudre, ou la teinture alcoolique préparée avec ces feuilles.

La Graliole offlcinale est vénéneuse aussi, quoique un peu moins que la digitale. Les gens de la campagne l'emploient pour se purger; mais elle occasionne souvent des accidents graves; on l'appelle vulgairement lierbe à pauvre homme.

Les fleurs de la Uoléne ou Bouillon btunc sont employées pour calmer la toux.

IS Eufraise officinale, la Véronique officinale. le Ueccaiunga, la Grande Scrofulaire sont aussi des plantes médicinales.

Les Mufliers, les Linaires, en particulier la Linaria cgmbalaria, les Digitales sont cultivées dans les jardins comme plantés d'ornement.

Famille des OnoiiANCHÉES. — Les plantes de cette famille difl'èrcnt fort peu des scrofulariées: leurs caractères botaniques sont presque les mômes; nous ne pouvons signaler que deux différences : d'abord, les Orobanoiiées, étant toutes parasites, sont entièrement privées de chlorophylle, et leurs racines sont toutes transformées en sortes de suçoirs qui s'implantent dans les racines des végétaux dont elles sont les parasites; ensuite, leur ovaire à deux loges présente des placentas pariétaux, tandis que dans l'ovaire dos scrofulariées les placentas sont axiles.

Les orobanchées iOrobanclie, Clandestine, etc.) vivent implantées dans les racines du chanvre, du maïs, du tabac, de la fève, du sainfoin, de la luzerne, du trèfle, etc., et sont un véritable fléau pour l'agriculture. Autrefois, quelques-unes d'entre elles étaient recherchées comme plantes médicinales. Aujourd'hui toutes sont abandonnées et avec raison.

Famille des Iîignoniacées. — Les Bignoniacées diffèrent dos scrofulariées par leurs graines qui sont dépourvues d'albumen quand elles sont arrivées à maturité, et par leurs feuilles toujours composées. Toutes les bignoniacées ont quatre étamines didynames. Les unes sont grimpantes ou sarmenteuses; les autres sont des arbres; un petit nombre sont herbacées ; elles habitent les régions intertropicales, surtout l'Amérique. Nous ne les utilisons guère que comme plantes d'ornement; nous citerons le Tcconin radicuni, que l'on appelle aussi Jasmin de Virginie, et le Cat'ilpii. Dans l'Inde on cultive le Scsotne pour ses graines dont on retire une huile fort recherchée comme aliment, comme médicament et comme cosmétique ; on importe en France une notable quantité de graines de sésame dont l'huile est utilisée pour la fabrication des savons.

Famille des Acanthacées. — Les plantes de cette famille diffèrent des scrofulariées par leurs graines dépourvues d'albumen, leurs fouilles opposées ou verticiUces, leurs ovules campylotropes; elles habitent les régions intertropicales; presque toutes sont herbacées. Dans l'Inde, quelques-unes sont usitées comme médicinales et d'autres comme tinctoriales.

Famille des Utriculariées. — Elles difl'èrcnt des scrofulariées :

I" Par leurs graines dépourvues d'albumen; 2° Par leur androcée qui ne présente jamais que deux étamines;

3° Par leur ovaire uniloculaire à placenta central libre.

Les Utriculariées {Utriculnire, Grasiette] sont des plantes aquatiques, vivant complètement submergées [Utriculnire], ou bien dans les marais.

L' Utriculaire doit son nom aux petites vésicules que présentent ses feuilles et qui ont pour but de ramener la plante à la surface de l'eau à l'époquo de la floraison, parce que la fécondation de ces plantes, comme celle de toutes les phanérogames, ne peut s'effectuer que dans l'air. Donc, au moment de la floraison, les petites vésicules des feuilles de l'utriculaire qui, jusqu'à ce moment, avaient été pleines d'une sorte de mucus, sécrètent de l'air, deviennent de véritables vésicules aériennes et portent la plante jusqu'à la surface de l'eau. Ces vésicules sont munies d'un opercule susceptible de se soulever pour laisser échapper le mucus refoulé par l'air qui s'accumule à leur intérieur. Après la floraison, l'air est chassé des vésicules, et la plante retombe au fond de l'eau.

Les feuilles de la Grassetle (Pmguicula vulgnris) sont légèrement purgatives et utilisées en Laponie pour faire cailler le lait des rennes; elles sont vénéneuses pour les moutons.

[C.-E. Bertrand.]

SCULPTURE. — V. au SuppUment.

SECONDAIRES (TERRAINS). — Géologie, VII.

— On les appelle aussi terrains mésozciïques . Ils ont été divisés en quatre groupes (l'inférieur est parfois rattaclié actuellement aux terrains primaires), sous les noms de terrain permien, trinsique, jurassique et crétacé. Les couches, originairement horizontales ou fort peu inclinées, sont restées dans ces conditions dans les pays de plaines et de plateaux; mais dans les chaînes de montagnes elles sont souvent, comme celles des terrains plus anciens, relevées, contournées, plissées, quelquefois même verticales.

En France ces terrains contribuent Ji remplir les grandes dépressions qui existaient après le dépùt et le bouleversementdes terrains primaires: dansle nord, le bassin de Paris, entre l'Àrdenne, le noyau central des Vosges, le Plateau central et la Bretagne; dans le sud-ouest, le bassin de la Gironde, entre la Bretagne, le Plateau central et l'axe central des Pyrénées; dans l'est et le sud-est, le bassin du Rhône, entre le Plateau central et les divers noyaux des Alpes, des Vosges et des Maures. La chaîne du Jura n'existait pas alors et n'a été formée que phis tard à leurs dépens. Des communications plus ou moins larges existaient entre ces trois bassins par Dijon et au N. des Vosges, par Poitiers, parCarcassonne.

Comme pour tous les terrains sédimentaires ou neptuniens, les roches sont de trois sortes prin- 1 cipales : argileuses, arénacées et calcaires. Les arqiles sont le plus souvent facilement délayables dans l'eau; lorsqu'elles sont plus ou moins endurcies elles forment les ari/ilites; mélangées avec des calcaires elles donnent les marnes qui sont tendres et également délayables, et qui par leur durcissement forment les tnarnolites. Les sables restent meubles ou donnent des grès plus ou moins durs; les uns et les autres peuvent être mélangés avec de l'argile ou du calcaire ou de la marne ; les grès argileux durs sont appelés psammites et les grès marneux durs inacigno. Les calcaires sont habituellement jaunes-brunâtres ou blancs, tantôt grossiers, tantôt compacts, parfois oolithiques ou à grains cristallins occasionnés par des débris de corps organisés fossiles. Les végétaux enfouis dans les argiles ont donné par leur décomposition plus ou moins complète des charbons bitumineux ou se rapprocliant davantage de la nature du bois, les ligniies.

Dans le Languedoc et la Provence ou région méditerranéenne, les calcaires sont généralement plus compactes et plus durs. Dans les .\lpes et les Pyrénées, les diverses sortes de roches prennent les caractères minéralogiques de celles des terrains primaires; aussi ont-elles été pendant longtemps rapportées à ceux-ci, d'autant plus facilement que les fossiles n'y sont pas fréquents. Pendant Y époque primaire ou de transition, notre globe appartenait aux êtres qui vivent dans les eaux, mais surtout aux crustacés et aux poissons; pendant l'époque secondaire, il va appartenir aux reptiles. Les êtres de cette classe revêtiront des dimensions étonnantes et se multiplieront singulièrement : ils seront les rois de la terre. Mais en môme temps la végétation perdra beaucoup de sa puissance.

Terrain permien. — Ce terrain a été nommé ainsi parce qu'il est très développé dans le gouvernement de Perm en Russie; il était connu précédemment sous le nom de terrairi pénéen, c'est-à-dire pauvre (en minerais métalliques). Quelquefois il est appelé dyas parce qu'il se divise en deux étages.

Le terrain pénéen de la Thuringe, qui a été considéré comme le type de ce groupe, est formé par trois assises où dominent successivement les roches quartzeuses, scliisteuses et calcaires.

L'assise inférieure, appelée roth todtliegende, est formée de grès et de poudingues de couleur rouge et sans minerai de cuivre. Les fossiles y sont excessivement rares. L'assise moyenne est surtout formée par le kupferschi'fer, ou schiste marno-bitumineux, noir, imprégné de sulfures de cuivre et de fer en quantité assez notable pour que cent parties de roche donnent quelquefois trois parties de cuivre, duquel on retire environ 1/2 pour 100 d'argent. Cet étage est très remarquable par ses fossiles, dans lesquels figurent le t'rolorosaurus Speneri, plusieurs espèces de poissons, des coquilles, des fucoîdes, etc. L'assise supérieure est surtout formée par des calcaires magnésiens, bruns, durs et friables, dont le principal porte le nom de zechslein. Il renferme des veines et des grains de calcaire cristallin et de gyjise, des sulfures et des carbonates do cuivre. Il se distingue des autres par la présence de fossiles. L'espèce la plus abondante est le Productics /lorri'lus. ^ -

Dans les Vosges, le terrain permien se divise en deux étages bien distincts : l'étage inférieur ou grès rouge est formé sur plus de 120 mètres d'épaisseur par des conglomérats porphyriques sur lesquels viennent des grès grossiers rouge-foncé à taches jaunes ou gris-bleuâtres qui alternent avec des schistes argileux; îi la partie supérieure il y a des couches subordonnées de calcaire magnésien grisâtre, avec noeuds d'agate rouge. L'étage supérieur ou grès des Vosges atteint 500 mètres d'épaisseur à Raon l'Étape ; il est composé de grès grossiers, le plus souvent rouge-brique, quelquefois violets ou jaunâtres, qui contiennent de nombreux galets arrondis, de 0'°,02 à 0°',20, de quartzite grossier gris-rougeâtre, de quartz blanc et de phtanite noir des terrains de transition. Il forme, il l'O. du massif ancien des Vosges, une rangée continue de montagnes à couches horizontales qui se réunissent en un grand plateau de largeur variable atteignant lOlO mètres au Donon et s' abaissant de manière à ne plus présenter à Saverne qu'une altitude de 428 mètres. A l'E. et à l'O. ce plateau est limité par des failles parallèles. Il constitue une grande partie du Sclnvarzwald ou Forêt-Noire à l'est de la vallée du Rhin.

Le terrain permien de la Russie occupe un espace immense dans l'Est, où il a été reconnu par Murchison, de Verneuil et de Keiserling. Il forme une plaine ondulée et ses couches viennent s'appuyer sur le pied de l'Oural. Il est composé de grès ordinairement rouges, de calcaires blancs et grisâtres, ainsi que de grandes masses de gypse blanc et de sel marin qui se trouve dans la partie inférieure. Beaucoup de ces grès sont assez itnprégnés de pyrite cuivreuse pour être exploités comme minerai de cuivre. Leur altération a produit les belles malachites de Russie et même du cuivre métallique.

La flore permienne no présente qu'une sorte de résidu de la période précédente déjà privée de la plupart de ses genres les plus caractéristiques et rappelant surtout les couches les plus récentes du terrain houiller.

Terrain triasique. — Il a été ainsi nommé parce qu'il comprend trois étages distincts, le grès bigarré, le ?Husc/ie/An/A (c'est-à-dire .c calcaire à coquilles 11), et les marnes irisées. Il est souvent aussi appelé terrain salifère ou muriatifère, à cause des gîtes considérables de sel gemme qu'il renferme. Le grès bigarré est un grand dépôt do grès argilifère, avec mica argentin, ayant le grain plus fin et l'aspect plus terreux que le grès des Vosges, dont il se distingue encore par l'absence presque complète des galets quartzeux si abondants, et la présence d'empreintes végétales si rares dans ce dernier. Les couleurs y sont disposées par bandes parallèles. Les couches inférieures sont épaisses,

d'un gris-rougcàtro ou jaunâtre, le plus souvent d'un rouge amarante, avec quelques paillettes de mica, dos noyaux aplatis d'argile bleu.ltre ou verdàtre et quelques rares galets de quartz arraches probablement au grès des Vosges. On les exploite partout pour pierres de taille ; c'est de Soulz-les- Bains qu'on a extrait les pierres à bâtir pour Strasbourg et sa cathédrale ; les couches moyennes schistoîdes assez fortement micacées sont bleues, jaunes ou rouge-amarante; on les exploite pour faire des meules h aiguiser. A Domptail (Vosges), il y a un petit lit contenant de nombreux moules de coquilles univalves et bivalves ; h Soulz-les-Bains, ce grès renferme un grand nombre d'empreintes végétales. Les assises supérieures, très micacées et très fissiles, donnent dos dalles pour les toitures et le pavage ; le plus souvent cependant «lies sont friables, i feuillets contournés, et passent à des argiles sableuses employées pour faire des briques.

Le muschelknlk se compose inférieurement de calcaires compactes gris de fumée, unis ou à. veinules jaunes ou grises, à cassure conchoîde, quelquefois subgreiiue ou terreuse, en couches de O^i'i à 0",5 d'épaisseur, séparées par des lits d'argile ; ils contiennent de nombreux fossiles, surtout le Terebratula vulgaris et YEncrimis moniUformis ; il y a aussi des lits de silex. A la base se trouvent quelquefois des calcaires magnésiens, tantôt remplis d'encrines et tantôt subgrenus sans fossiles; à Sierk, il y a des couches oolitliiques blanches. La partie supérieure est formée par des argiles feuilletées grises, jaunes ou vertes, quelquefois blanches, employées dans les faïenceries, alternant avec des calcaires gris-jaunâtre à cassure terreuse, souvent magnésiens, avec coquilles et ossements de reptiles, donnant de bonne chaux hydraulique.

Les marnes irisées se composent d'alternances nombreuses d'argiles vertes, gris-bleuàtre ou lie de vin, se dilatant à l'air en fragments anguleux non schistoîdes. Ci et là il y a de minces couches de calcaire grossier caverneux. Lin peu au-dessous il y a des lits d'argile noire et de psammite micacé, rouge-amarante ou bleuâtre avec empreintes végétales, au milieu desquels il y a à Noroy (Vosges) une couche de (i^^TO à. 1 mètre de lignite compacte terne, pyriteux, donnant lieu à quatre concessions, d'une étendue de 10 204 hectares, qui ontdonné, on 1842, 3949iquintauxdecombustiblo. Dans la Haute-Saône il y a cinq concessions dont l'étendue est de G919 hectares, et dont la production, en 1842, a été de tiO 112 quintaux. C'est

également dans cette partie inférieure que se

trouvent les couches de sel gemme qui ont été

reconnues au nombre de douze k Vie (Meurthe), et

dont l'épaisseur totale est de 75 mètres sur une

épaisseur traversée de 110 mètres (les 70 mètres

supérieurs n'en renferment pas). Le sel est gris

ou verdâtre, rose ou blanchâtre, le plus souvent

compact, quelquefois fibreux. Vie et Dieuze, les

deux localités principales où l'on exploite le sel

gemme, se trouvent placés au milieu d'un bassin

de marnes irisées, limite de tous côtés, excepté

h l'ouest, par le rauscheikak. La quantité de sel

extraite en 1842 d'une mine et d'une source salée

s'est élevée à 327 130 quintaux. Dans la moitié

supérieure, il y a aussi quelquefois des amas gyp-

seux et des nodules siliceux.

Le terrain triasique, très développé, surtout k

l'ouest des Vosges, paraît y atteindre une épaisseur

moyenne de C.'>0 mètres, savoir: ■2;,0 mètres pour

le grès bigarré, l.iO mètres pour le muschelkalk

et 2.')0 mètres pour les marnes irisées à l'est de

la Foret-Noire. En Wurtemberg le terrain triasi-

que diffère en ce qu'il renferme des assises de

sel gemme au sein du grès bii;arré et du muschelkalk, et en ce que l'étage supérieur est formé

par des psammitos alternant avec des argiles auquel on donne le nom de Keuper, et offre des bancs de lignite exploité en plusieurs endroits. Le terrain triasique, des Vosges surtout, présente de nombreux corps organises dans certaines couches. Le grès bigarré, notamment à Soulz-les- Bains et à Domptail, a présenté cinquante espèces : des sauriens ; des poissons ; vingt-cinq mollusques, vingt-deux végétaux ainsi répartis : huit conifères, cinq monocotylédones, six fougères, et trois équisétacées. Le muschelkalk, extrêmement riche à Lunéville, y offre cent quarante espèces : dix sauriens, trente-cinq poissons, deux crustacés ; quatre-vingts mollusques ; six radiaires ; sept végétaux. Les marnes irisées sont partout très pauvres; on n'y connaît que sept ou huit espèces de mollusques.

Dans les Pyréml'es, le terrain triasique se trouve dans la partie occidentale de la chaîne, dont il forme la crête : il constitue aussi une bande assez longue à Saint-Girons (Ariège). 11 est composé à sa partie inférieure de poudingues grossiers à fragments de granité, de micaschiste, de quartz, de phtanite et de calcaire, et à ciment argilo-sablonneux rouge. Par-dessus viennent des psammites grisâtres ou jaunâtres, le plus souvent rouge-brunâtre avec mica blanc, i grains fins quelquefois grossiers ; ils contiennent des couches intercalées d'autres psammites schistoîdes rouge brun avec mica blanc à grains très fins. Il y a aussi quelques couches de calcaire compacte gris. Dans plusieurs endroits il y a de la pyrite cuivreuse disséminée et des filons do fer carbonate et de bai'yte sulfatée.

Sur le pourtour des Vosges le terrain triasique forme une zone continue à la base de l'île élevée formée par le terrain ancien et le grès des Vosges. En Lorraine, il forme une vaste plaine argileuse, humide, à couches légèrement inclinées à l'ouest, composée de proéminences arrondies, qui atteint 411 mètres à liitche et 583 mètres à Bruyères et qui reste, comme on voit, de beaucoup inférieure au plateau du grès des Vosges.

Terrain jurassique. — Le terrain jurassique, dont la partie inférieure porte le nom de lias, a été ainsi nommé parce qu'il forme presque h lui seul la chaîne du Jura, tant en Eranco qu'en Suisse. En Angleterre il est désigné sons le nom de terrain oolithique, par suite de la texture concrétionnée, imitant un amas d'œuls de poisson, que possèdent diverses assises calcaires. Il présente des compositions et des apparences bien différentes : d'une part dans les bassins de l'Europe septentrionale, où les calcaires ont des couleurs claires et où la stratification est presque horizontale, excepté dans le Jura ; et d'autre part, dans les pays dépendant du bassin de la Méditerranée, où les calcaires ont des couleurs foncées et où la stratification est fort souvent bouleversée, il est divisé en quatre étages principaux, le lias, et les oolilhes inférieure, moyenne et supérieure. En France il présente une disposition très remarquable par rapport au groupe primitif du Plateau central et h la plaine tertiaire du bassin de Paris. Ces deux régions sont entourées chacune d'une ceinture jurassique à peu près continue qui a la forme d'un 8 ouvert par en haut. La boucle inférieure ou méridionale circonscrit un massif proéminent principalement granitique, tandis que la boucle supérieure ou septentrionale, formant le contour d'un bassin dont Paris occupo le centre, est, en grande partie, plus élevée que le remplissage plus récent de ce bassin.

Le lias commence par le calcaire à grypiiiles, formé d'alternances nombreuses d'argiles et de calcaires argileux, gris-bleuâtre ou noirâtres, donnant d'excellente chaux hydraulique et contenant

en abondance la Gri/piien arcuata ; sur quelques points il y a de la baryte sulfatée disséminée. Entre la Saône et la Loire, au contact du terrain primitif du Plateau central, il y a, à la base, dos arkoses et des psaraniites souvent calcaires. Au-dessus viennent les argiles et marnes à bclemmtes, qui sont schisteuses, gris-bleuàtre, micacées, souvent bitumineuses et pyriteuses, avec rognons de calcaire compacte et lits de calcaire fibreux ; elles sont souvent employées pour l'amenderaent des prairies ariiflciclles, surtout après leur incinération. Les fossiles sont des ossements de Ptesiosaunis et d'I-s/it/iyosaiinis et diverses Bélemnites, Ammonites, Grypbées, etc.

Voolithe infcrieuie commence par des calcaires grossiers, jaunes, roussàtres ou tacliés (uo/illie ferrugineuse), avec des Bélemnites, Ammonites, Térébratules, etc., et de nombreux Polypiers. En Bourgogne, il y a de nombreux débris de Penlucri-.us qui ont fait donner à ce terrain le nom de cakaire à entioques. A Hayange (Moselle , on exploite des coucbes argileuses avec de nombreux grains de fer liydroxydé et silicate donnant un minerai employé avec avantage. Au-dessus viennent des argiles gris-verdàtrej remplies d'Uitrea acuminata, avec bancs de calcaire argileux, puis la <i grande oolitlie », formée de calcaires oulitbiques jaunàti-es ou bleuâtres souvent grenus, avec Tcrebratulii cUyona et quelques autres fossiles. Dans les Ardennes ces doux derniers étages sont remplacés par des calcaires blancs compactes ou oolitUiques, avec diverses espèces de iVérinées.

h'oo/U/ie mnyenne commence par des argiles fort épaisses, grises ou verdàlres, exploitées pour de nombreuses tuileries et pour l'amendement des terres, alternant inférieurement avec quelques lits de lumachelle et supérieurement avec des calcaires marneux jaunâtres, ou des bancs d'une roche argilo-siliceuse grise à fossiles sonvent silicifiés. Dans le Jura et la Bourgogne orientale, il y a des noyaux de silex ou de calcaire siliceux appelés duiilks ou iphériies. Les fossiles souvent abondants et siliceux sont les suivants : Plésiosaures, Bélemnites, Ammonites, Grypliées. Oursins, etc. A la base, à Is-sur-Tliil et k Chatillon (Côte d'Or), à Poix (Ardennes), il y a des couches de fer hydroxydé oolithique avec de nombreux fossiles. A la partie supérieure, on exploite des minerais de fer semblables h. Launoy (Ardennes); les fossiles y sont siliceux et très abondants. Au-dessus vient lu calcaire coi-olUeii ou coial-rag, formé inférieurement par des calcaires oolithiques blanchâtres renfermant des i4/>/û.nVi«s et des Polypiers qui les forment quelquefois entièrement. Les Polypiers sont au nombre de plus de quatrevingts espèces. La partie moyenne est formée de nombreuses alternances de calcaires blancs, soit compactes ou crayeux, soit oolithiques, renfermant surtout des Nérinées. La partie supérieure est occupée par des alternances de marnes blanchâtres et de calcaires compactes souvent remplis à'Exogiira bruntuiana, à'Astarte miniina, etc.

L'oulit/ie supéneure commence par les aigilei hhiiméridiennes, qui sont grises et alternent avec des lits de lumachelle presque entièrement formés â'Exogyyu virgula; il y a aussi quelques couches d'argile bitumineuse brune. Au-dessus viennent les calcaires poHlaiidiens, qui sont compactes, quelquefois à oolithes fines, alternant avec des lits de marnes blanches, et près de Bar-le- Duc avec quelques couches de calcaire magnésien et de calcaire jaunâtre ù oolithes celluleuses. Les fossiles sont surtout des mollusques.

Dans les Alpes, le terrain jurassique a un /'iicîe.f particulier qu'il possède aussi dans les Pyrénées. Les couches qui s'y trouvent ne paraissent représenter que les trois étages inférieurs ; mais on n'y reconnaît pas les nombreuses

subdivisions qui existent dans les autres régions, quoique leur ensemble ait souvent plus de 1 5U0 mètres d'épaisseur. La partie inférieure, qui correspond au lias, se compose de marnes et de calcaires compactes noirs ou gris foncé en couches très épaisses, avec rognons de silex noir, exploités quelquefois comme marbre. Au-dessus il y aune longue série de schistes argilo-calcaires, de marnes et de calcaires, noirs ou gris, en couches peu épaisses, fréquemment ondulées, avec pyrite. La partie supérieure est formée par une assise do calcaire compacte gris foncé de 80 mètres d'épaisseur, qu'on rapporte au coral-rag.

Les calcaires des divers étages présentent de nombreux accidents ; tantôt ils sont cellulaires à cavités remplies de poussière grise argileuse, et son t appelés carçîiezfte; tantôt ils sont magnésiens, et tanlôt encore ils sont transformes par places en anhydrite et en gypse, présentant quelquefois des indices de slratiticalion et qu'on exploite sur un grand nombre de points. Le sol offre des teintes jaunes ou lie de vin autour de ces amas de gypse, qui passent insensiblement aux roches non altérées.

Les caractères paléontologiques les plus apparents sont relatifs aux vertébrés et aux mollusques céphalopodes. Les premiers sont plus variés que dans la période précédente ; on trouve de nombreux reptiles, dont les uns sont remarquables par leurs formes très différentes de celles du monde actuel, tels que les Ichti/osaitres, les Plészosuwei, les Ptérodactyles, etc. ; d'autres par une taille gigantesque, comme Ylgunnodon. Quelques oiseaux et même quelques mammifères ont déjà apparu à cette époque ; mais les rares fragments de cette dernière classe appartiennent tous à l'ordre des didelplios ; on n'a encore découvert, dans les terrains de cette période, aucune trace do mammifères monodelphes.

Les caractères essentiels de la flore du lias sont : I" la grande prédominance des Cycadées, déjà bien établie, et la présence de genres nombreux dans cette famille, et surtout des Zamites et J\'uso)ii(i; 2" l'existence parmi les fougères de beaucoup de genres à nervures réticulées, qui se montraient à peine, et sous des formes peu variées, dans les terrains plus anciens : tels sont les Camptopteris, les Thaumatopteris et les Ph!ebopteris.

Les formes du sol occupé par le terrain jurassique sont très variées, puisque d'une part il occupe une place très considérable dans les cliaînes des Alpes et du Jura, et que d'autre part, en assises faiblement inclinées, il forme les plateaux et les,vallées plus ou moins profondes de la Lorraine, de la Bourgogne, du Haut-Poitou et du Quercy. Quant à la végétation, les parties calcaires sont employées à la culture des céréales ; les parties argileuses donnent des prairies ; les parties défectueuses des unes et des autres sont couvertes de bois.

Terrain crétacé. — Ce terrain a été ainsi nommé, parce qu'il comprend les calcaires tendres blancs appelés craie en Champagne (Marne et Aube) ; les falaises blanches que cette roche forme sur les rives de la Manche ont aussi occasionné le nom ii'Albion donné par les anciens à celte partie de l'Angleterre. Il présente dans le nord et le midi de l'Europe deux faciès correspondant h ceux du terrain jurassique. En France, il forme deux bassins : celui du nord, qui comprend la Champagne et la Neustrie, et celui du sud, comprenant les terrains qui dépendent des bassins hydrographiques de la Garonne et du Uhône. 11 est divisé en trois étages principaux: le ncocomie/i, ainsi nommé de Xeuchàtel (Seocomum) en Suisse, où ce terrain a été observé pour la première fois, le grés vert, et la craie.

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