SOL
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Total 1552',00
Remarque. — Dans les grandes sociétés industrielles ou commerciales, comme les compagnies de chemin do fer, la Banque de France, le Crédit foncier, etc., le capital social est divisé en nrtions d'égale valeur, qui se vendent à la Bourse. Chaque année, après l'inventaire, les bénéfices sont partagés également entre toutes les actions. La somme attribuée à chaque action s'appelle le dividende, et s'obtient simplement en divisant le montant du bénéfice par le nombre des actions; on n'a plus alors besoin de faire une règle de société pour répartir le bénéfice entre les actionnaires. [H. Bos.J
SODIUM. — V. Soude.
SOIK. — V. Ver à soie et Tissage.
SOL (Agriculture). — V. Terres arables.
SOL — Hygiène, VI. — Au-dessous de la couche à'/iumus constituée par un détritus de matières organiques et minérales, on rencontre les éléments minéralogiques du sol provenant de la décomposition des roches. Quelques sols se sont formés aux dépens des roches ignées : granité, micaschites, syénite, etc. ; d'autres aux dépens des terrains ou couches de sédiment. Les roches primitives, décomposées par l'eau, l'air et les autres agents naturels, fournissent des galets, du sable, de l'argile. Les masses calcaires se désagrègent facilement et se dissolvent dans les eaux chargées d'acide carbonique. Sur les débris en partie pulvérisés des roches, entraînés et nivelés par les cours d'eau, se développent d'abord quelques plantes qui empruntent plus de matériaux à l'atmosphère qu'au sol : plus tard, leurs débris forment une petite quantité d'humus qui permet la croissance de végétaux plus variés.
On comprend aisément que la configuration du sol par rapport aux grandes masses d'eau et à l'atmosphère influe sur quelques-unes de ses propriétés ou modifie ses influencps. Ainsi les rives d'un fleuve profondément encaissé se trouvent dans des conditions bien différentes de celles qui sont sujettes à des inondations périodiques. La forme plus ou moins découpée des continents modifie leurs conditions climatériques. Ainsi l'Italie, la Grèce, jouissent, sur de vastes étendues, d'un climat marin, tandis que le climat continental domine en Afrique, dans le nord de l'Asie et le nord-est de l'Europe.
De même les ondulations de la surface du globe dans le sens vertical, formant des montagnes, des plateaux, des cordillères, ont une influence prépondérante sur la température, l'Immidité, les pluies, les vents et les orages.
De la composition du sol dépendent plusieurs propriétés qu'il importe de connaître. L'argile et surtout l'humus absorbent une grande quantité d'eau qui ne s'évapore que très lentement à la surface et ne s'écoule pas dans les couches profondes si elles sont perméables : celles-ci n'ab-
sorbent que la partie des pluies qui se trouve en surcroît après la saturation de l'argile et de l'humus. Notons, d'ailleurs, que la présence dans le sol de matières déliquescentes contribue à maintenir leur fraîcheur.
Dans tous les pays on a constaté la coïncidence des maladies paludéennes avec la présence de l'argile ou d'épaisses couches d'humus. La Brennc, la plaine du Forez, la Bresse, la Sologne, ont un sol argileux : on sait combien y sont communes les fièvres intermittentes et les autres affections paludéennes. Dans le département de la Charente-Inférieure, les fièvres intermittentes cessent partout où le calcaire remplace l'argile à la surface du sol. La fièvre jaune et le choléra éclatent rarement dans des pays sablonneux, tandis qu'on les trouve presque en permanence dans certaines régions chaudes caractérisées par des terres limoneuses.
L'état de la surface du sol, indépendamment de sa nature, modifie puissamment ses propriétés hygiéniques. Il convient d'examiner, à cet égard, l'état de nudité, la végétation spontanée, la culture, la présence ou l'absence des forêts.
Les surfaces dépourvues de végétation sont, en outre des régions couvertes de glace, des déserts de sable, de roches ou de terrains salés. L'homme n'y séjourne pas, faute de ressources, et leur traversée ne s'opère jamais sans qu'il s'y trouve soumis à de pénibles épreuves par le manque d'eau, la chaleur du jour et la fraîcheur de la nuit, la réverbération du soleil sur les roches calcaires, l'action suffocante d'une poussière impalpable.
En dehors des régions polaires et des cimes glacées, la terre se couvre d'une végétation spontanée partout où la roche est recouverte d'une mince couche de sol, pourvu que la rosée, la pluie ou l'absorption capillaire fournissent une humidité suffisante. Là où le sol est couvert d'une végétation moyenne, l'homme peut d'ordinaire vivre dans des conditions normales, h moins que le sol argileux, limoneux ou trop riche en humus ne recèle dans son humidité des germes de maladie. C'est surtout dans les pays chauds, remarquables par une végétation luxuriante, que le sol, si favorable au développement des plantes, se montre inhospitalier pour l'homme.
Grâce à sa remarquable faculté d'acclimatement séculaire, l'homme conquiert lentement, par la culture, les terres marécageuses, celles qui offrent le plus de dangers. Cependant les premiers occupants succombent presque tous à la tâche.
Beaucoup de régions aujourd'hui stériles offraient jadis de riches cultures. L'homme en a modifié le climat par des déboisements inconsidérés. La destruction des forêts a eu pour conséquence la diminution des pluies. De plus, l'eau s'écoulant rapidement sur les pentes dénudées, les cours d'eau ont pris un régime torrentiel et demeurent à sec pendant une partie de l'année. Les déboisements ont encore pour conséquence d'imprimer aux saisons de fréquentes irrégularités, et d'agrandir l'échelle des variations thermométriques.
Ces données générales suffisent pour faire comprendre combien il importe, dans cliaque localité, d'étudier le sol pour y découvrir les causes de maladie qu'il peut receler et les combattre par les moyens que fournit la science moderne. L'hygiéniste aura soin de constater si le sol est argileux, calcaire, sili eux ou sablonneux; si les productions qu'on en retire sont susceptibles de fournir une alimentation suffisante comme quantité et comme qualité, pour les hommes et pour les animaux; si l'on récolte un excédent suffisant pour donner lieu à des échanges, source du bienêtre; si les cultures ne sont pas de nature à corn-
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promettre lasant<5 des habitants, par elles-mêmes, ou par les maiii|)Ulalioii3 auxquelles elles donnent lieu. Ainsi les rizières, inondées par des irrigations, deviennent des foyers de maladies paludéennes; le rouissage du lin et du chanvre corrompt les marcs et les cours d'eau.
Les terres peu étendues, environnées ou entrecoupées de niasses d'eau en évaporation, offrent nécessairement une humidité excessive que l'on ne peut combattre qu'en comblant les parties basses. Dans chaque localité, on doit disposer un système d'écoulement des eaux et d'irrigations proportionnel à la qnaniité moyenne des pluies. Pour peu qu'un terrain humide soit en pente, il est facile de l'assainir par le drainage.
Sur les hautes montagnes, l'homme souffre des effets de la diminution de pression atmosphérique et de l'abaissement de la température. De plus il se trouve exposé à des vents fréquents et violents. Ces causes réunies contribuent à développer l'asthme et les maladies du cœur. A des élévations moyennes, ces causes de maladie disparaissent presque complètement. Les vallées étroites et profondes sont presque toujours insalubres parce que le soleil n'y a pas suffisamment accès et que l'air humide, chargé do miasmes, ne se renouvelle pas régulièrement.
Quant aux terres bassps, humides, sillonnées par des cours d'eau mal encaissés, elles sont aussi dangereuses que les marais proprement dits. Quelquefois d'ailleurs, une couche imperméable d'argile se trouve couverte d'une couche de sable sec à la surface, mais constamment humide à la partie inférieure. Ce terrain d'apparence trompeuse peut causer des fièvres intermittentes comme un marécage ou une alluvion fluviale.
L'étude du sol, au point do vue hygiénique, est intimement liée à celle du climat local dont le sol est un facteur important à tous les points de vue que nous avons rapidement énumérés.
[D' Saffray.]
SOLANEES. — Botanique, XX. — Etym. : De Solammi, nom latin du genre Morelle, auquel appartient la pomme de terre (Solanum tuberosum).
Définition. — Les Solanées sont des plantes gamopétales, hypogynes, dont le nombre des étamines est égal à celui des pièces de la corolle. Leurs graines nombreuses, anatropes, uni-tégumentées, sont insérées sur une sorte de placenta central bilobé; leur ovaire est biloculaire.
Caractères botaniques. — Les graines des solanées sont petites, réniformes.'à surface chagrinée. Leur tégument séminal recouvre un embryon courbé, presque complètement enveloppé dans un albumen charnu, huileux ou corné. Lorsque la courbure de l'embryon est faible, on dit que les graines sont rericml/ryées, tandis qu'on appelle curvmhryées les solanées dont l'embryon est fortement courbé. C'est sur ce caractère de courbure plus ou moins prononcée de l'embryon qu'a été fondée la division des solanées en deux groupes : les solanées rectembryées et les solanées curvembryées.
Les racines des solanées sont fasciculées, plus rarement pivotantes.
Les tiges des solanées sont herbacées dans les pays tempérés {Nieotiana taba'-um.Tabac : Pliysalis Àlkekengi, coqueret alkékenge; Solanum tuberosum, pomme de terre ; liatura S/ramonium, pomme épineuse ou stramoine). Cette tige devient ligneuse dans les pays chauds (So/ondra). Exceptionnellement, la tige des solanées des pays tempérés peut devenir arborescente (I.i/cium bnrUarvm, Solanum dulcamura ou douce amère). Chez les Soliinum, certaines tiges souterraines sont transformées en réservoirs de matières nutritives pour la plante ; ces sortes de tiges forment ce que l'on appelle des tubercules; c'est là l'origine
des tubercules de la pomme de terre. On reconnaît \ première vue que ces tubenules ne sont que des tiges transformées, parce que leur surface est couverte de bourgeons axillaires, disposés en une spirale, comme les appendices à l'aisselle desquels ils sont nés.
Les /éiiilles des solanées sont alternes, simples, plus rarement dentées, pinnatilobées ou pennées. Dans plusieurs espèces on remarque une notable différence entre la forme des feuilles inférieures de la tige et la forme des feuilles supérieures de cette même tige. Cette variation dans la forme des feuilles d'une même plante est ce que l'on appelle la polymorphose des feuilles. Ainsi chez la jusquiame (flyoscianiufi nigi-r), les feuilles inférieures de la tige r.ont pétiolées, tandis que les feuilles supérieures sont sessiles. Dans la douceamère, où toutes les feuilles sont pétiolées, les feuilles supérieures sont trilobées.
Les fleurs des solanées sont hermaphrodites; elles sont groupées en inflorescences qui sont ordinairement des cymes ou dos corymbes; plus rarement, elles sont solitaires ou géminées. Les inflorescences (corymbes) de la douce-amère sont opposées aux feuilles au lieu de se trouver à l'aisselle de celles-ci. Toutefois cette anomalie n'est qu'apparente. En réalité, chaque inflorescence est la terminaison d'une branche, de telle sorte que la plante eût cessé de s'accroître dans cette direction, si, à l'aisselle de la dernière feuille de cette branche (feuille qui, dans la nature, paraît opposée au corymbe), il ne fût né un bourgeon axillaire. Ce bourgeon prend un développement égal à celui de la tige qui le porte et peu à peu semble prolonger cette tige en rejetant de côté l'inflorescence qui en est la véritable terminaison.
Les fleurs des solanées sont régulières ; elles présentent, de l'extérieur à l'intérieur:
1° Un calice gamosépale, ordinairement à cinq divisions; ce calice persiste après la floraisnn ; dans quelques cas môme, il est accrescent, c'està-dire qu'il prend, après la floraison, un grand développement et sert d'enveloppe protectrice au fruit (coqueret) ;
2° Une corolle gamopétale à cinq divisions ;
.3° Un androcôe composé de cinq étamines insérées sur la corolle et alternant avec les lobes de celle-ci ; le nombre des étamines est, comme on le voit, égal à celui des lobes de la corolle; c'est pour cette raison que les fleurs des solanées sont dites isostétnonées; les anthèies sont introrses, libres ou rapprochées côte à côie de manière à être légèrement cohérentes et à former un tube que traverse le style; elles ont deux loges qui s'ouvrent soit par une fente longitudinale (jusquiame, tomate), soit par un pore apical (douceamère, pomme de terre);
4° Au centre de la fleur est lo gynécée, composé do deux carpelles soudés de manière à former un ovaire à deux loges surmonté d'un seul style terminé par un stigmate simple ou bifide. L'ovaire est supère, c'est-à-dire inséré au-dessus des verticilles externes de la fleur ; ceux-ci sont dits hypogynes. 11 est biloculaire. Chaque loge de l'ovaire contient de nombreux ovules campylotropes unitégumentés. Chez quelques genres (Datura, Sola?ulra^, l'ovaire arrivé à maturité semble divisé en quatre loges, par suite de la production de deux fausses cloisons qui subdivisent en deux chacune des loges primitives.
Le fruit des solanées est tantôt sec et capsulaii e, comme dans le tabac, et d'autres fois charnu et bacciforme, comme dans les pommes de terre, où il forme ce qu'on appelle vulgair.ment les surleaux, qui dans certains pays sont donnés en nourriture aux porcs, dont ils favorisent beaucoup l'engraissement. A la maturité les fruits capsulaires s'ouvrent soit par des valves (tabac, Datura),
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soit par des opercules, soit plus rarement en manière de pyxide.
Usages des solanées. — I . Plantes comestibles.
Parmi les solanées les plus connues comme
plantes comestibles, nous citerons :
l» La priiine de tene {Solcmiim tuherosum), cuUivée pour ses tubercules amylacés. La pomme de terre est originaire d'Amérique; elle fut introduite en Angleterre en l.îSti, mais elle y demeura sans usage, parce qu'on crut alors que l'usage de son tubercule comme aliment pouvait provoquer la lèpre. Dans le cours du .wiii" siècle on l'utilisa cependant pour la nourriluie dfs animaux. Parmenlier eut le grand mérite d'introduire la pomme de terre en France et de savoir la faire accepter, comme un aliment très sain, par tout le monde, pauvre ou riche. Aujourd'hui la pomme de terre est cultivée sur une grande échelle dans l'Amérique du Nord et dans toute l'Europe. Les tubercules de pomme de terre servent à l'alimentation, à la préparation de la fécule, et même à la fabrication de l'alcool. Toutefois l'alcool de pomme de terre a le grand inconvénient de contenir une proportion très notable d'alcool amylique; or, cet alcool amylique est un poison violent, qui agit à la longue sur le système nerveux et trouble les facultés intellectuelles en provoquant le genre de maladie mentale que l'on désigne sous le nom de d^lirium tremens. Les cas nombreux d'alcoolisme signalés dans les asiles d'aliénés sont dus surtout aux coupages des eaux do-vie-dans les entrepôts, où il est d'habitude de mêler l'alcool du vin avec les alcools de betteraves, de grains et de pommes de terre. Pour extraire la fécule des pommes de terre, on réduit ces tubercules en pulpe; cette pulpe est traitée par l'eau bouillante ; le tout est jeté sur un tarais, qui laisse passer l'eau et la fécule, et qui relient le reste de la pulpe. On recueille suigneusement les eaux de lavage, on les laisse reposer, puis on décante. Le dépôt est lavé à plusieurs reprises ; on le sèche ensuite sur des plaques de porcelaine dégourdie chauffées par un courant de vapeur d'eau. La fécule de pomme de terre est utilisée pour faire des potages aux jeunes enfants. Elle remplace avec avantage la poudre de lycopode dans la toilette" des nouveau-nés. La poudre de lycopode du commerce est presque toujours falsifiée par des produits qui s'altèrent rapidement et qui en rendent l'usage dangereux. Les jeunes tubercules de pomme de terre contiennent, au lieu d'asparagine, une quantité souvent très notable d'un alcaloïde particulier nommé soUmine ; les propriétés toxiques de cet alcaloïde sont suffisamment énergiques pour provoquer des accidents, et c'est ainsi que l'on a signalé, dans ces derniers temps, plusieurs cas d'empoisonnement par la solanine, à la suite d'ingestion de très jeunes tubercules de pomme de terre.
Vers 18i5 apparut pour la première fois sur le continent européen la maladie connue sous le nom de maladie des pommes de terre. Cette maladie est provoquée par un champignon parasite de la famille des Péronosporés, que l'on a nommé le Peronospora in/'extans. En quelques années le développement du Peronospora fut tel qu'il menaça de ruiner la culture de la pomme de terre et qu'il provoqua une famine terrible dans toute la Prusse orientale. Si l'on examine des pommes de terre attaquées par le Peronospora, on trouve à l'intérieur des tissus des parties aériennes de la plante des filaments très ténus qui perforent la surface des éléments cellulaires et émettent dans chaque cellule une sorte de suçoir. La parasite absorbe par ses suçoirs el ne tarde pas i provoquer l'épuisement de toutes les cellules envahies. Arrivé à un certain étal de développement, le Peronospora
émet des rameaux nombreux et serrés côte à côte, qui provoquent bientôt la déchirure des tissus superficiels de la plante nourrice. Chacune de ces branches s'allonge en un tube fructifère, composé de spores' exogènes placées bout à bout. Ces spores exogènes ou conidies peuvent germer immédiatement ; toutefois cette germination demeure très grêle tant que le parasite ne sent pas à sa portée la plante qui doit lui servir de nourrice. En revanche, dès qu'une conidie du Peronospora sent à sa portée une partie des tissus de sa plante nourrice, il émet des prolongements vigoureux. Cette influence h distance de la nourrice sur le parasite a conduit certains auteurs à admettre que chaque plante vivante laisse exsuder à travers ses membranes certaines substances excrétées très dilTusibles, grâce auxquelles la plante parasite peut facilement reconnaître la présence de sa nourrice dans son voisinage immédiat. Semé'S sur la terre humide, les conidies de Peronospora laissent échapper un grand nombre de corps agilos, réniformes, biciliés ; l'un de ces cils est antérieur pendant la marche et sert de gouvernail. Ces corps agiles ou zoospores ne tardent pas à se fixer en un point de la surface des feuilles des pommes de terre; ils rentrent leurs cils dans leur masse et s'entourent d'une membrane de cellulose. Ce travail est à peine achevé que le corps disséminateur du Peronospora entre en gerinination. A cet efl'et il émet un tube qui perfore la membrane épidermique des feuilles de pommes de terre et qui se ramifie abondamiuent dans le tissu sousjacent. Toute la partie du Peron spora qui demeure extérieure à la plante nourrice ne tarde pas à périr. Vers la fin de la saison, une partie des filaments du Peronospora se réfugie dans les tubercules, et ceux-ci servent involontairement i la dispersion du mal dans le cours de l'année suivante. Si la plante nourrice est déjà trop affaiblie pour donner des tubercules, on voit fréquemment les filaments Aa l'eronospora ùifestani se renfler h leur extrémité et donner naissance h de très gros œufs. Ceux-ci sont transformés en embryons par l'action du contenu protoplasmique de petites cellules glandulaires nommées anthéridies. Sitôt après leur formation, les embryons de Peronospora s'entourent d'une coque de cellulose toute couverte de grosses verrues arrondies. Ces embryons ainsi enkystés peuvent séjourner tout l'hiver sur la terre humide ou gelée, sans éprouver aucune altération. Au retour de la belle saison, chacun d'eux change de peau et se transforme en un grand irômbre de zoospores ou cellules disséiuinatrices agiles. Après les premiers ravages exercés par ie Peronospora, qui avaient compromis sérieusement la culture de la pomme de terre en Europe, il s'est établi une sorte de modus Vivendi entre le parasite et sa nourrice. Chaque année, une certaine quantité de pommes de terre ' est en quelque sorte abandonnée à la dévastation du Peronospora, et cette sorte de sacrifice permet de sauver'le reste de la récolte. Les années humides, étant favorables au développement du Peronospora, soot en même temps celles où la récolte de pommes de terre est mauvaise et sont aussi celles où la plupart des tubercules sont atteints par le parasite.
Dans ces dernières années, les cultures de pommes de terre de l'Amérique du Nord ont pris une extension énorme. Un grand nombre de nouveaux territoires , demeurés jusqu'alors en friche, ont été mis en culture. Il en est résulté une dliTiinulion correspondante des solanées indigènes, dont l'une, le Soli'ium americanuin, a presque complètement disparu. Or ce i^otanum servait de nourriture à un insecte coléoptère, voisin des hanneions, et nommé le Doryphora decempunctuta. Cet insecte, privé de
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sa nourrituro ordinaire, a d'abord diminué en i des herbes de haute taille, originaires d'Ame nombre ; h un certain moment mémo il était de- rique. lilles furent apportées de l'Ile de Tabago
venil' excessivement rare. C'est alors qu'il se jeta sur la pomme de terre. 11 s'acclimata fort bien à ce nouveau régime. Il ne tarda pas à proliférer d'autant plus que la nourriture était plus abondante. Il se multiplia môme tellement qu'il devint un véritable fléau et que chaque année il ravage coniplcHement les plantations de pommes déterre de rOliio, de l'Arkansas. du Wiscoiisin, de l'Alabania et de l'État de New-York. Chaque année, le Dufi/pliora produit de dix à douze générations. Les jeunes insectes, se nourrissant exclusivement des jeunes fanes de pomme de terre, privent les plantes de leurs parties vertes, et celles-ci ne tardent pas à périr. Les larves des Dori/phora vivent dans le sol ; leurs métamorphoses sont extrômement rapides. Jusqu'ici la présence du Doryphoran'a été signalée que deuxfois en Europe. Grâce à d'énergiques mesures préventives, il semble qu'on ait détruit le mal dès son apparition, mais il y a li un motif très sérieux pour apporter la plus grande circonspection dans les importations de pommes de terre étrangères. (V. aussi l'article Pomme de terri;.)
2° V Aubergine, — L'aubergine est cultivée dans les jardins du midi de la France pour ses fruits charnus, ovoïdes, allongés, comestibles. On les mange confits ou farcis.
3° La Tomate (Sotunum Lycnpersiciini). La tomate est originaire de l'Amérique. On la cultive dans les jardins potagers pour ses fruils charnus, d'un beau rouge, que tout le monde connaît. Le fruit de la tomate sert à faire des sauces estimées, et très souvent, dans le midi de la France, on les mange farcis ou gratinés.
4° Le Piment des jardins [Cnpsicnm annuum). — On cultive cette plante, originaire des Indes, en Afrique, en Amérique, en Espagne et dans le midi de la France. On cueille ses fruits vers l'époque de leur maturité et on les fait confire dans le vinaigre. Ils remplacent alors les cornichons. Ce sont des condiments dont les peuples de l'Europe méridionale font nn grand usage. Les piments d'Europe sont infiniment moins acres que ceux de l'Afrique et de l'Amérique tropicales.
IL SoLANÉEs MÉDICINALES. — Toutcs les Solanées, à l'exception de celles que nous avons citées comme étant comestibles, sont narcotiques et vénéneuses au plus haut point. Cependant quelquesunes d'entre elles sont usitées comme médicaments. C'est ainsi que dans l'onguent de Populeum entrent les feuilles de la Jusquiame noire et celles de la Belhuloue officinale. Les feuilles de la jusquiame noire et colles de la Mandragore entrent dans la composition du Baume tranquille. Les graines de la jusquiame noire sont un des élémeius constitutifs des pilules de Cynoglosse. Le principe actif que l'on trouve dans la jusquiame a reçu le nom A'Injosclainine ; celui de la belladone a reçu le nom d'atro/nne. L'un et l'autre dilatent la pupille et provoquent des convulsions tétaniques.
Le Physalis-Allœkenge produit des baies rouges enfermées dans un calice accrescent vivement coloré ; ces baies ont la propriété d'être très vivement laxalives. Elles font partie du sirop de rhubarbe composé.
Nous plaçons le Tabac [Nicotiana Tabacum) à la suite des plantes médicinales, parce qu'on l'a quelquefois utilisé comme médicament. Le principe vénéneux de la NîVo/(a«((,qu'on nomme nic-itine, contracte la pupille et détermine des convulsions. Deux espèces de Nicotianes, la Nirotiane tab'ic et la Mcutiane rustique, sont cultivées en Europe pour la fabrication du tabac à fumer, du tabac à priser et des cigares. Les nicotianes sont
en 15(10 par Jean Nicot. C'est du nom do Nicot qu'on a fait le nom de nicotiane. Jean Nicot ayant offert ii Catherine de Médicis une boite de tabac à priser, on appela pendant longtemps les nicotianes /lerbe à la Reine. Pour préparer le tabac, on récolte les feuilles, puis on les disjiose en piles en les arrosant au fur et h mesure avec de l'eau salée. On les abandonne pendant deux ou trois jours. Elles fermentent. Leur albumine se décompose, et donne de l'ammoniaque qui réagit sur le sel à base de nicotine que renferment les fruilles. L'acide du sel s'unit à l'ammoniaque, et la nicotine est mise en liberté. C'est la nicotine qui donne au tabac son odeur caractéristique. Si le tabac est destiné à être fumé, on le fait sécher aussitôt après la première fermentation, puis on le hache. Si le tabac est destiné à être prise, on doit, quand il est à demi sec, l'arroser de nouveau afin de lui faire subir une nouvelle fermentation, qui a pour but d'augmenter la proportion de nicotine qu'il contient. On le fait alors sécher, puis on le pulvérise. Les ouvriers employés dans les manufactures de tabac ont un teint gris terne particulier et tout 5. fait caractéristique, dû à leur empoisonnement par la nicotine. On combat ces empoisonnements h l'aide de préparations ferrugineuses. Presque toujours le tabac agit comme un poison sur les personnes qui n'en font pas journellement usage. Peu i peu cependant on s'y habitue ; à la longue pourtant il affaiblit la mémoire et le jugement.
III. SoLANÉES ORNEMENTALES. — Los principales Solanées ornementales sont : le Datiiru arborescent, le Solandra, le Pétunia, le Tabac, le Fabiana et VHahrotliumnus. (C.-E. Bertrand).
SOLEIL. — Cosmographie, VI. — Depuis que Copcrnik a découvert le véritable système du monde et que Kepler et Newton ont formulé les lois des mouvements des corps célestes et assigné la cause physique de ces mouvements, le Soleil joue en astronomie un rô'e capital.
En effet, il est le centre autour duquel circiilent les planètes accompagnées de leurs satellites, ainsi que les comètes. Le Soleil est relativement immobile dans le groupe, ou du moins son centre de gravité n'oscille que dans un espace étroit, dont les limites ne dépassent pas son propre volume. Toutes les orbites planétaires ou cométaires de forme elliptique, parabolique ou hyperbolique, ont le centre du Soleil pour foyer commun. Leurs plans ne coïncident pas entre eux; mais ceux des planètes sont en général peu inclinés les uns sur les autres, de sorte que le monde planétaire, vu de l'espace dans la direction de l'un de ces plans, ofl'rirait l'aspect d'un groupe do petites étoiles, oscillant de part et d'autre d'une étoile centrale beaucoup plus brillante et plus volumineuse que toutes les autres : les petites étoiles seraient les planètes, et l'étoile centrale le Soleil. .
Les dimensions du système planétaire, mesurées par le diamètre de l'orbite de Neptune, la plus éloignée des planètes connues, embrassent GO fois la distance du Soleil à la Terre. Pour pouvoir évaluer ces dimensions en mesures connues, en kilomètres ou en lieues, par exemple, il faut connaître cette dernière distance, qui a été calculée pour la première fois un peu exactement 1 V a un peu plus d'un siècle, lors des passages le Venu* sur le Sol-il en mH et en HG'J. Nous
ne pouvons entr t ici dans les détails qui seraient nécessaires pour faire comprendre comment a pu être résolu un tel problème, comment on est arrivé h calculer la distance du Soleil. Nous nous bornerons il dire que c'est un problème de triangulation analogue à celui que résolvent les geo-
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mètres, lorsque, à la surface de la Terre, ils déterminent la distance d'un point du sol à un autre point situé à distance ou inaccessible. Ils choisissent, en ce cas, une base AG qu'ils mesurent en mètres ; des deux extrémités ils visent le point inaccessible B, et à laide d'un graphomètro mesurent les deux angles BAC et BCA ou BCD. L'angle en B, qui est la différence du
Itistuiioe d"uD point i
ble:i =
dernier et du premier de ces angles, se nomme la parallaxe du point B : c'est l'angle sous lequel un observateur posté en B verrait la base du triangle.
La parallaxe du Soleil est pareillement l'angle sous lequel un observateur situé au centre du Soleil verrait le rayon de la Terre. La mesure de cet élément est beaucoup plus difficile, plus complexe et plus délicate que celle des deux angles à la base du triangle ABC; mais le principe de la mesure est le même, et dès lors cela suffit pour faire comprendre aux élèves d'une école la possibilité tout au moins de la solution du problème qui consiste à calculer la distance séparant la Terre du Soleil.
La parallaxe solaire est un nombre très petit, environ la 406'^ partie d'un degré, d'où il suit que la distance du Soleil est très gr.mde, comparco aux dimensions de la Terre, à la longueur du rayon équatorial de notre planète. Les plus récentes et les plus exactes déterminations lui donnent une valeur de 8"8G.
Il en résulte, pour la distance moyenne du Soleil, une valeur qui équivaut à ?.3'2(HlO rayons terrestres environ. Mesurée en kilomètres, cette distance est de 148 500 OUO kilomètres, un peu plus de 37 millions de lieues, nombres qui, comme on vient de le dire, représentent la distance moyenne, ou encore le demi grand axe de l'orbite de la Terre. Cette orbite n'étant pas un cercle, mais une ellipse, la distance de notre planète au Soleil varie, pendant tout le cours de l'année, entre deux limites extrêmes : l'une, la distance maximum ou aphélie, nlleinl 150 000 000 kilomètres ; elle correspond à peu près i la position qu'occupe la Terre vers le 1" juillet; l'autre, la disianca périhélie, est égale à 14G00Û000 kilomètres et correspond aux jours voisins du 1" janvier.
Si l'on veut se faire une idée de l'énormité de cette distance, on n'a qu'i cherclier, par un cal- Cul facile, le temps que divers mobiles mettraient à la franchir. Par exemple, la lumière, qui se propage à raison de 300 000 kilomètres par seconde, met 8 minutes 15 secondes i venir du Soleil k la Terre, quand celle-ci est à sa moyenne distance. Un boulet de canon de 12 kilogrammes, chassé de 1 arme par une charge de G kilogrammes do poudre, avec une vitesse de 500 mètres pour la première seconde, mettrait près de dix années (il ans :i/4) à parvenir au Soleil si le projectile conservait toujours sa vitesse initiale. En-
fin, un ti-ain express de chemin de fer, s'il marchait, sans s'arrêter, à la vitesse de 50 kilomètres par heure, n'arriverait pas au Soleil avant 331 années I
Les lois de Kepler, et notamment la troisième qui établit le rapport existant entre les dimensions des orbites des planètes et les durées de leurs révolutions, nous font connaître les moyennes distances do ces corps au Soleil, quand on les rapporte à l'une d'elles, prise pour unité. Il suffit donc que cette unité ait été mesurée pour qu'on puisse en conclure les mesures de toutes les autres distances, avec une approximation qui dépend naturellement de la sienne propre. Voici le tableau qui donne ces éléments pour les huit planètes principales :
Mprcuro . .
Vénus....
La Terre.
relatives, 0,3S7
Uranus 19,183
Ncptuoe 30.037
En limitant à Neptune les dimensions du système planétaire, on voit, comme nous le disions plus haut, que son étendue diamétrale embrasse GO fois la distance du Soleil à la Terre, ou, si l'on préfère, près de neuf milliards de kilomètres. Un rayon de lumière mettrait donc 8 heures un quart h traverser de part en part notre système solaire.
La connaissance de la parallaxe du Soleil ne permet pas seulement de calculer en valeur absolue les dimensions des orbites des astres qui font partie du groupe planétaire ; elle conduit aussi à l'évaluation des dimensions des globes eux-mêmes, à celle de leurs masses comparées à la masse de la Terre, et enfin à celle de leurs densités respectives, de l'intensité de la pesanteur à la surface de chacun d'eux. Nous devons, dans cet article, nous borner à ce qui concerne le Soleil lui-môme.
La parallaxe 8''86 indique sous quel angle le rayon équatorial de la Terre serait vu du Soleil ; le double de ce nombre, ou n"72, mesure donc le diamètre apparent de la Terre, pour la même distance. Or, le diamètre du Soleil, à l'époque de la moyenne distance de l'astre, mesure 32 '3"G4 ou 1923"U4. On en conclut aisément le rapport qui existe entre le diamètre réel du Soleil et le diamètre de l'équateur de la Terre : on trouve que le premier est un peu plus de 108 fois et demie aussi grand que le second.
Ainsi le globe solaire est une sphère dont le rayon a 092 000 kilomètres, dont la circonférence mesure 4 350000 kilomètres, et dont le volume, si on l'évaluait en kilomètres cubes, dépasserait isno quatrillions. Comparé au volume de la Terre, qui a plus de mille milliards de kilomètres cubes, le volume du Soleil ne vaut pas moms de 1 ït'oOOO globes des dimensions du nôtre.
A la vérité, la Terre n'est pas la plus volumineuse des planètes du système, puisque Jupiter, Saturne Uranus et Neptune la dépassent de beaucoup en dimensions, et sont respectivement à peu près 1400, 8G5, ■;5 et 85 fois aussi grosses qu'elle: Mais, si l'on réunissait tous les globes planétaires et tous leurs satellites en un seu corps, on trouverait encore que le volume du Soleil équivaut à COO fois au moins le volume résultant de cette agglomération. Pour donner enfin une idée de l'immensité de cette sphère lumineuse, rappelons que la Lune est éloignée de nous de GO ravons terrestres, environ 384 dOO kilomètres,et supposons que le centre du Soleil vienne à coin-
SOLEIL
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cider avec le contre de la Terre : dans ces conditions, la surface de l'immense globe non seulement dépasserait l'orbito lunaire qu'elle englobernit'tout entière, mais encore s'élèverait au-dessus
de plus dos trois quarts, c'est-à-dire de 48 rayons terrestres.
Joignons à ces comparaisons celle des distances respectives des astres, et nous pourrons nous
Fig. 2. — Comparaison des d
représenter avec quelque exactitude et sans trop d'efforts d'imagination les rapports vrais des positions et des dimensions du Soleil, de la Terre, et des autres planètes, le système planétaire enfin dans son ensemble.
Figurons le Soleil sous la forme d'une sphère à'un décimèlre de diamètre. La Terre alors sera moins grosse qu'un grain de plomb qui aurait un mililmélre de diamètre, et il faudra, pour lui donner sa position véritable, reculer ce grain à 2I™,50 du globe solaire. Donnons maintenant h. la Terre les dimensions des globes géograpliiques de moyenne grosseur, soit un diamètre de 30 centimètres. Dans cette liypotlièse, le Soleil serait aussi gros qu'un ballon spliérique qui, posé sur le sol du parvis de Notre-Dame de Paris, s'élèverait à moitié de la hauteur des tours de l'édifice, c'est-à-dire aurait 3'2°',57 de diamètre. Seulement, pour donner aux deux globes leurs positions relatives vraies, il faudra les éloigner l'un de l'autre de près de 3 kilomètres et demi.
A la même échelle, Jupiter serait une boule de 3°", 30 de diamètre, située à 18 kilomètres de distance, et Saturne, dont le diamètre atteindrait un peu moins de 3 mètres, devrait être rélégué à 33 kilomètres du globe solaire.
Newton, en démontrant que les mouvements de tous les corps célestes sont régis par la loi de gravitation, en prouvant que cette force do gravitation n'est autre chose que la force do la pesanteur, a permis la solution d'un problème d'une haute importance, problème qui consiste à calculer les masses respectives des planètes et du Soleil. Grâce au principe de cette loi, grâce à la précision des observations astronomiques, on peut répondre à cette question dojit l'énoiicé provoque toujours l'étonnement, à plus juste titre encore que la question de la mesure des distances célestes :
Combien le Soleil phe-til rie fois aulanl que la Ifi-re, ou qu'une planète quelconque?
Nous no pouvons ici entrer dans les détails qui
du Soleil à celles de l'orbite lunaire.
seraient nécessaires pour l'intelligence de la question même envisagée à un point de vue tout à fait élémentaire. Nous nous contenterons de donner les résultats dans le tableau suivant, où la masse et la densité de la Terre sont prises pour unités, et où les corps sont rangés dans l'ordre des masses :
'X^ Masses. Dcnsitéi.
Mercure 0,076 1,420
Um-s 0,111 0,720
Vénus 0,77S 0.887
La Terre 1,000 1,000
Uraiius 16 • «.216
Neptune 18 » 0,211
Saturne 91 » 0,195
Jupiter -03 « 0,247
Soleil 325,000 .1 0,251
L'examen de ces nombres nous montre que, si le volume du Soleil équivaut à plus de douze cent mille fois celui de notre planète, sa masse (ou, si l'on veut, son poids), est bien loin d'atteindre la même proportion : elle n'est plus que 325000 fois aussi forte que la masse terrestre. Aussi la densité du Soleil n'est guère plus du quart de la densité de la Terre. Comme cette dernière est environ 5 fois 1/2 celle de l'eau, il en résulte que la matière dont le Soleil est formé pèse en moyenne, à volume égal, 1 fois et 4 dixièmes autant que l'eau.
Néanmoins la prépondérance de la masse solaire sur celles des autres corps du système est telle encore que, si l'on additionne toutes les masses des planètes, la somme équivaut à 432 fois environ la masse terrestre, mais ne produit en tout que la "40" partie de la masse du Soleil.
C'est l'action de la masse solaire qui maintient toutes les planètes dans des orbites à peu près invariables ; combinée avec celle de la masse de la Lune, considérablement plus petite, mais beaucoup plus rapprochée, elle détermine à la surface des océans terrestres les mouvements périodiques des marées. Sa puissance est telle que, à la surface du globe solaire, elle agit avec une intensité
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27 fois aussi grande que la pesanteur de la Terre à la surface de la planète. Un corps qui, dans la première seconde de sa chute, parcourt ici 4'",9 environ, à la surface du Soleil tombe de 134 mètres; un corps qui tendrait sur la Terre un ressort avec la force d'un poids de 1 kilogramme, transporté sur le Soleil exercerait une pression de 27 kilogrammes.
Telles sont les données géométriques et physiques que l'astronomie a pu recueillir sur le globe du Soleil. Il nous reste maintenant h dire ce qu'elle enseigne sur sa constitution pliysicochimique et aussi sur ses mouvements propres.
Le Soleil tourne d'un mouvement uniforme autour d'un diamètre ou axe, qui conserve dans l'espace une direction invariable. Sous ce rapport, il ressemble à toutes les planètes dont la surface a pu être étudiée. Mais son mouvement de rotation est beaucoup plus lent ; il s'effectue en effet à peu de chose près en 25 jours et demi, tandis que la rotation de Mars, la plus lente des rotations planétaires, est de 24 heures 'il minutes. La Lune, il est vrai, n'effectue son mouvement qu'en 27 jours 7 heures.
La découverte de la rotation du Soleil remonte à l'année ICIl, c'est-à-dire à l'époque où les lunettes récemment inventées permirent d'explorer le ciel et les astres, qu'on n'avait jusqu'alors observés qu'à l'œil nu. C'est à un savant hollandais, Jean Fabricius, qu'en revient l'honneur. Peu après, Galilée reconnut, comme Fabricius, la présence sur la surface du disque du Soleil de ta ches sombres qui se déplaçaient du bord oriental au bord occidental. Il trouva que ces accidents mettaient environ 14 jours à parcourir leur tra-
Ml--''^ ,.-''0
fe;
fig. 3. — Mouvcmoiit appuient des tadies sur le disque solaire. (Dans une lunette qui renverse les" objets.)
jectoire apparente, et qu'après avoir disparu pendant une période à peu près égale, elles venaient faire leur réapparition sur le bord oriental du Soleil. La durée apparente de la rotation a été depuis fixée à 27 jours 4 heures en moyenne, ce qui donne à peu près l'5 jours pour la période de la rotation réelle.
Il n'est pas inutile, croyons-nous, de montrer la raison de la différence que nous venons de signaler entre la durée du mouvement apparent d'une tache solaire et la durée de son mouvement réel, d'où se déduit la période de rotation du Soleil.
Considérons (fig. 4) une tache a vue au centre du disque solaire par un observateur posté sur la Terre, en T. Au bout d'un peu plus de 27 jours, la tache accomplira une rotation coiuplète, c'està-dire sera entraînée dans le sens des llèches vers le bord occidental où elle disparaîtra, puis reparaîtra après quatorze jours au bord oriental, et enfin ri-viendra se placer au centre apparent. Ce serait au même point a si la Terre pendant tout ce temps était restée au même lieu de l'espace. Mais en réaliié, en 27 jours et demi la Terre a décrit un certain arc, et de T elle est venue se
Fig. 4. — Explication de la différence entre la durée de rotation apparente du Soleil et la durée réelle.
placer en T', point où se trouve l'observateur lorsqu'il constate que la tache est revenue au centre, ayant accompli sa rotation apparente totale. Mais il est évident que la tache a parcouru en réalité plus d'une circonférence entière à la surface du Soleil, c'est-à-dire une circonférence -\l'arc an' . La rotation apparente a donc une durée plus grande que la rotation vraie, et un calcul facile permet de déduire celle-ci de l'autre, qu'on observe directement.
En réalité, le Soleil tourne sur lui-même en un peu plus de 25 jours. Comme les taches ne donnent pas toutes exactement la même périjde, parce que, outre leur mouvement d'ensemble, elles ont de petits mouvements propres, il faut préciser et dire que la rotation à l'équateur du Soleil se fait en 24 jours 2 heures. Elle est île 25 jours environ à 5° de latitude nord ou sud; à 15° nord elle est de 25 jours 9 heures; à 15° sud, de 25 jours n heures. Ces résultats font déjà prévoir que les taches ne sont pas des accidents fixes à la surface du Soleil, et nous amènent à dire quelques mots sur leur nature et sur la constitution physique de l'immense globe.
Pour éviter de longues descriptions, nous reproduisons ici (fig. 5 et G) quelques figures de taches solaires. On y voit une partie centrale, noire ou du moins beaucoup plus foncée que l'enveloppe, dont la teinte est grisâtre : à celle-ci, on donne le nom de péimmbi e, et à la première celui de nnymu Les nombreuses observations recueillies depuis IGll jusqu'à nos jours ont donné lieu à plusieurs hypothèses sur la nature des taches. Nous ne les énumérerons même point et nous nous bornerons à dii-e qu'aujourd'hui les astronomes sont à peu près unanimes à reconnaître que les taches sont produites par des dépressions de lenveloppe brillante et lumineuse du Soleil, qu'on nomme la fikotnsphère. Quelle est la cause ou quelles sont les causes de ces dépressions? c'est là que la divergence des opinii)ns ne permet pas encore de répondre avec certitude.
Mais ce qui est hors de toute contestation, C'\ sont les nombreuses observations qui démontreni ■
1» Que la photosphère ou enveloppe lumineus
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Fig. 5. — Taches solaires. Nojau <;t pcnombre.
incandescente du Soleil est dans un état perpétuel d'agitations qui se traduisent par l'apparition
de taches, les unes sombres avec noyaux 'et pénombreSj les autres plus vives au contraire que
le reste du disque, et qui le plus souvent se trouvent situées sur le pourtour extérieur des taclics (fig. 6). On donne à ces taclies brillantes le nom de facules ;
i" Que le globe solaire limité par la photosplièra est lui-même enveloppé d'une couche continue de !;az hydrogène à l'état d'incandescence, d'où jaillissent, sous des formes très variées, des jets ou protubérances, dont la hauteur est quelquefois ( norme, dépassant des milliers de lieues. On Il ivait d'abord pu observer ces protubérances que dans les courts instants des éclipses totales de Soleil, alors que le disque est recouvert par le limbe obscur de la lune. Mais, depuis un certain I nombre d'années, une méthode nouvelle d'obser- \ation, qui se rattache à l'analyse spectrale, permet d'observer et de dessiner en tout temps les piotubcrances sur tout le contour du Soleil. La couche d'hydrogène avec ses jets accidentels se nomme la chromosphère;
3° Enfin, au delà de la cliromosphère, les astronomes ont reconnu l'existence d'une atmosphère beaucoup plus étendue et plus rare, qu'on nomme la couronne, et qui entoure le Soleil à une distance indéterminée de sa surface.
SoluU du Is juillet ISOU. Prulubécauccs.
Tels sont les faits. Quanta la cause qui produit 1 Heure au Soleil et l'attribuent à l'action des masles taches, certains aslronomea la croient exté- 1 ses planétaires, D'autres considèrent les taclies
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