SOUSTRACTION
des deux Iiauteurs est 3 mètres, et nous écrirons en abrégé ;
ce qui s'énonce ainsi :
Quinze moins douze est égal h trois.
Le signe — (moins) est le signe de la soustraction. Si nous avions à retranclier Vl francs de 15 francs, nous trouverions encore 3 francs ; si de 15 kilogrammes nous devions on retrancher 12, il nous resterait encore 3 kilogrammes ; la différence est toujours représentée par le même nombre d'unités, si les nombres que l'on obtient en mesurant les deux grandeurs île me'me espèce restent les mômes, quelle que soit d'ailleurs la nature de cette grandeur. On est ainsi conduit à la soustraction de deux nombres abstraits, c'està-dire de deux nombres considérés indépendamment de la grandeur dont ils sont la mesure, et les définitions suivantes se présentent naturellement à l'esprit des enfants ; en les apprenant par cœur, ils sauront ce qu'ils disent :
DÉFINITION. — La soustractiou a pour but, étant (tonnés deux nombres, de trouver combien il faut ajouter d'unités au plus petit pour obtenir te plus grand.
On peut dire encore : La soustraction a pour but, connaissant la somme de deux nombres et Fun de ces nombres, de trouver l'autre. Ce dernier s'appelle reste, excès ou différence.
i" CAS. — Le plus petit nombre n'a qu'un chiffre, et le plus grand 7ie le sur-passe pat de plus de neuf.
Soit, par exemple, h. trouver la différence 7 — 3 ; on voit, d'après la table d'addition, que c'est la nombre 4 qui, ajouté à 3, donne 7 ; il suffit de savoir sa table d'addition par cœur.
On pourrait aussi ôter de 7 toutes les unités Qui sont dans 3 et dire : de 7 ûtez 1 il reste G, ae 6 ôtez 1 il reste 5, de 5 ôtez 1 il reste 4 : la différence cherchée est 4. — Cette manière de compter sur ses doigts ne doit être employée que pour les enfants qui commencent.
2* CAS. — Soustraction de deux nombres de plusiews chiffres lorsque chaque chiffre du petit nombre est moindre que le chiffre correspondant de l'autre.
Soit à retrancher 372 de 80G : il suffit de décomposer ces deux nombres en leurs unités da différents ordres :
896 = 8 cent, -f 9 diz. -f 6 unités, 372 = 3 cent. + 7 diz. -j- 2 unités ;
on retranche ensuite les unités des unités,
0 — 2 = 4; les dizaines des dizaines,
les centaines des centaines,
le reste renfermera donc 5 centaines, 2 dizaines et 4 unités, il sera 524 et l'on écrira:
Pour faire facilement ces soustractions partielles, on dispose les deux nombres de manière que les unités de même ordre soient dans la même colonne verticale, et l'on est conduit ainsi à la règle pratique suivante :
RÈGLE piiATiguE. — On écrit te nom'.re à soustraire sous le grand nombre de manière que les unités de mémo ordre se correspondent, et on souligne. Alors on ôte les imités des unités, les dizaines des dizaines, etc.; les restes partiels écrits au-
dessous forment la différence des deux nombres proposée.
On dispose ainsi le calcul :
896 somme
372 nombre connu
5"i4 reste.
3' CAS. — Quelques-uns des chiffres du nombre à soustraire sont plus grands que leurs correspondants dans la somme.
Soit à faire la soustraction
On ne peut retrancher S unités de 7 unités G mille de 4 mille ; la marche précédente est donc en défaut, et l'on s'appuie sur le principe suivant :
Principe. — La différence de deux nombres ne change pas lorsque l on augmente également chacun d'eux.
Ainsi 8 — 5 = 3, et si l'on ajoute 4 à chacun des nombres 8 et S, l'on a encore 12 — 9=3; ce qui revient à dire qu'entre 5 heures du matin c't 8 heures du matm, il y a le même intervalle de temps qu'entre 9 heures et midi. — On peut aussi mettre ce principe en évidence à l'aide de deux mètres brisés dont on déploie k la fois le môme nombre de décimètres.
Pour faire la soustraction posée plus haut nous dirons (en nous appuyant sur le principe précédent) :
54807 somme 26738 nombre connu 28uuy reste.
Comme on ne peut ôter 8 de 7, augmentons la nombre supérieur de dix unités, ou d'une dizaine' la soustraction deviendra possible et nous dirons K 8 de 17 reste 9. a
Mais puisque le nombre supérieur a été augmenté d'une dizaine, nous devons, pour ne pas altérer la différence, ajouter aussi uno dizaine au nombre inférieur et nous dirons « 4 de 0 » Comme cette soustraction est encore impossible, on augmentera ce zéro de dix dizaines, et l'on dira « 4 de 10 reste G; « puis, pour compenser, on augmente le nombre inférieur d'une centaine, ce que l'on fait en disant « S do 8 i-esta 0. 1) Continuant, il faudra dire « G de 15 reste 8, 3 de 5 reste 2. a Ainsi la différence cherchée est 28UG9, et l'on écrit :
Remarque. — Dans la pratique on se dispense de répéter le mot rate à chaque soustraction partielle : voici les seuls mots qu'il faut laisser prononcer à l'élève ; 8 de 17, 9 ; 4 de 10, 6 • 8 da >«, 0; 6 de 14, 8; 3 de 5, 2.
RÈGLE rnATiQUE. — Dans le cas général, on suit la même marche que dans le premier cns' arrivé à une soustraction partielle impossible' on augmente par la pensée le chiffre supérieur de dix unités de son ordre et, dans la soustraction partielle qui suit, on augmente d'une unité le chiffre inférieur.
Preuve. — Pour vérifier une soustraction, il faut ajouter le reste au petit nombre ; on doit retrouver le grand nombre si l'opération est bien faite. — Cette addition se fait sans rien écrire; ajoutant de bas en haut, on dit, pour vérifier la .soustraction précédente : 9 et 8 font 17 • 7 et 3 font 10, etc. '
On doit commencer la soustraction par la droite; en effet, en la commençant par la gauche, lorsque le chiffre à soustraire est plus grand que celui placé au-dessus, on augmenterait bien ce dernier chiffre de dix, mais, pour établir la com-
SPIRALE
SPIRALE
pensation, il faudrait changer un chiffre déjà ] que la pointe d'un crayon soit attachée à cette écrit. extrémité, et qu'en tenant le crayon à la main,
Complément d'un nombre. — On appelle com- ' plément d'un nombre la différence entre ce nombre et la puissance de 10 immédiatement supérieure. Ainsi le complément de 7â8 est :
celui de 987 928 est :
Pour prendre le complf-ment d'un nombre, on retranelœ de 9 tous les :hiffres du nombre en partant de la gauche, et le dernier à droite doit être retranché de 10; il est facile d'écrire ainsi le complément d'un nombre tout en énonçant ce nombre.
Soustraction par complément. — Pour retrancher d'un premier nombre un second nombre, il Euflit d'ajouter au premier le complément du second ; mais il faut avoir soin d'enlever du résultat la puissance de 10 qui a servi i prendre le complément. Soit, par exemple, b. faire la soustraction
on remplacera cette indication de calcul par la suivante :
8757439 — lOOOuOO = 7757439.
En effet, si, au lieu de retrancher 987928, on retranche inoOOuO, on retranche r,'072 de trop; le résultat 77458367 est dont trop faible de 1ï072, et il faut ajouter 12072 au nombre 774583G7. Cette soustraction est commode lorsqu'on a un compte à régler : on a reçu certaines sommes, on en a dépensé d'autres ; au lieu de faire le total des recettes et d'autre part le total des dépenses, puis de retrancher le second total du premier, on peut dresser un seul tableau de calcul et faire une seule addition en inscrivant non pas les dépenses, mais leurs compléments. Supposons, par exemple, que la liste des recettes soit :
et celle des dépenses :
On fera l'addition
Mais il faut retrancher
lOOOOO-l- 10000 -f- 1000=111000
puisqu'on a pris 3 compléments, et le reste cherché est
Si les chiffres des nombres à retrancher sont voisins de 10, le calcul est rapide, et certains procédés de calcul mental très expéditifs ne sont autre chose que la soustraction complémentaire. [E. Burat.j
SI'llÈRE. — V. Corps ronds.
Sl'UCTIlE SOLAIUE. — V. Lumière.
SPIRALE. — Géométrie, XIV. — Etym. : du latin spi'a, enroulement. — I. Considérons un fil enroulé un nombre indéfini de fois sur une circonlcrence Abc (fig. ), comme sur une bobine, et ayant son extrémité au point A. Si on imagine
on déroule le fil, en le tenant constamment tendu, comme la figure le montre dans les positions AB, mM, cC, la pointe décrit, à partir du point A de la circonférence, une courbe A15MCD...., qui n'est liinilée que par l'étendue du fil : celte courbe est ce qu'on nomme une spirale.
La spirale est donc une courbe plane engendrée par un point mobile qui se meut autour d'un point fixe et qui en tnéme temps s'en éloigne de plus en plus.
L'architecture fait un emploi assez fréquent de cette courbe pour l'ornementation; on en trouve un exemple remarquable dans la grille du sanctuaire de Notre-Dame de Paris.
La construction de la spirale d'un mouvement continu par le déroulement d'un fil est peu praticable, quand il s'agit de tracer lo plan de la fi;;uro sur le papier. On compose alors cette courbe d'arcs de cercle consécutifs décrits avec des rayons qui vont en grandivsant et ayant pour centres les sommets d'un polygone régulier qu'on substitue à la circonférence.
Soit par exemple l'hexagone régulier A6erfe/'(fig.2).
On prolonge les côtés tous dans le même sens. Du sommet b pris pour centre avec le côté iA pour rayon on décrit l'arc AB; du centre e avec cB pour rayon, l'arc BC ; du centre d avec rfC pour rayon, l'arc CD ; du centre e avec eD pour rayon, l'arc DE ; du centre /" avec /E pour rayon, l'arc EF ; du centre A avec AF pour r.iyoii, l'arc FG ; du sommet b pris une seconde fois pour centre avec le rayon 4G, l'arc G.M. On continue ainsi, en prenant toujours pour centres les sommets du polygone régulier.
L'arc de spirale allant du point A au point G fait une révolution complète autour du point fixe ; on le nomme spire. La deuxième spire qui commence en G se termine i la rencontre de la
SPIRALE
SPIRALE
droite iiid(5finie AAG ; les autres spires auraient de mémo leurs dHux extrémités sur le prolongement indélini du côté iA du polygone.
On voit facilement que les rayons des divers arcs décrits successivement h partir du premier sont égaux à 1 fois, 2 fois, 3 fois...., le côté du polygone et que le rayon qui décrit le sixième arc de la première spire est égal au périmètre même du polygone. En outre chacun des arcs dont se compose la spirale, quel que soit le nombre des spires, est égal à On degrés.
On n'est pas obligé d'employer exclusivement l'hexagone régulier pour tracer la spirale ; on peut prendre un polygone régulier d'un nombre quelconque de côtés en répétant le même mode de construction. La figure 3 présente une spirale
construite :\ l'aide d'un carré. On peut même remplacer le polygone par une simple droite de
longueur donnée AB, comme le montre la figure i. Les deux extrémités A et 13 sont alternativement les centres des arcs successifs, qui dans ce ca§ sont tous des demi-circonférences.
Obskiivatiojj. — On peut établir des relations diverses (tntre le mouvement de révolution et la mouvement do translation du point mobile générateur de la spirale; suivant la loi qui est imposée ;'i ce double mouvement, la courbe possède des propriétés différentes et varie un peu dans sa forme. Telles sont la spirale d'Archimède, la spirale liyperbolique, la spirale logarithmique. La construction de ces courbes, ne pouvant être effectuée que point par point, ne présente pas assez d'utilité pratique pour qu'elle puisse avoir place dans cet article. Nous exposerons au contraire le tracé d'une autre genre de spirale qu'on nomme volute ionUiue.
II. Vulnte ionique. — Cette spirale se voit sou vent sous la forme de deux filets saillants, placés symétriquement h droite et ;\ gauche sur les chapiteaux qui surmontent les colonnes dans certains édifices.
La construction de la volute diffère un peu de relie de la spirale, parce qu'elle est subordonnée à la position que doivent avoir sur le chapiteau le centre de la petite circonférence qu'on nomme n-il de la volute et le point où la courbe doit se raccorder avec un filet horizontal rectiligne tracé à la partie supérieure du chapiteau.
Soit 0 le point pris pour centre de l'oeil i'Iîg. 3) et A le point supérieur où doit se terminer la volute : la droite OA sera verticale sur le chapiteau. On divise cette droite en 9 parlies égales (8-+- 1 parties), et d'un rayon 015, égal i la 9° partie de OA, on décrit une circonférence.
Fig. 5.
(Pour plus de clarté elle est reproduite avec de | diamètre vertical BD, et on tire les cordes BC, CD, plus grandes dimensions dans la figure 6.) On DE et BE, ce qui forme un carré inscrit. On joint mène le diamètre CE (fig. G) perpendiculaire au i ensuite par deux droites les milieux des côtés op-
2" Partie. 130
SPORES
SPORES
posés de ce carré ; on divise en trois parties égales les quatre parties de ces droites à partir du
centre O, et on numérote les points de division, en commençant par les extrémités de ces droites : 1,2,3, '(.... 12.
On tire vers la gauche les droites indéfinies 1-2, 5-G, 9-10 ; vers la droite de la figure les droites indéfinies 11-12, 7-8, 3-4 ; et de haut en bas les droites indéfinies 2-3, 6-7, 10-11. Puis on tire audessus les droites 4-5, 8-6.
Du point I pris pour centre (fig. 5), et avec un rayon égal à la distance de ce point au point A, on décrit un arc AF terminé h la rencontre de la droite 1-2 ; du centre 2, avec la distance 2F pour rayon, l'arc FG terminé à la rencontre de la verticale 2-3 ; du centre 3, avec la distance .3G pour rayon, l'arc GH terminé à la rencontre de l'horizontale 3-4 ; du centre 4, avec la distance 4H pour rayon, l'arc Hl terminé à la rencontre de la droite indéfinie 4-5 ; du centre 5, avec la distance 51 pour rayon, l'arc IK terminé à la rencontre de l'horizontale 5-G. On continue ainsi, comme le montre la figure, et le douzième arc, qui a le point 12 pour centre, vient se raccorder sensiblement en S avec l'œil de la volute.
On pourrait aussi construire une volute avec un autre polygone régulier, par exemple avec un hexagone. Mais, faute de place, nous ne pouvons expliquer ici la façon de procéder dans ce mode de construction. [G. Bovier-Lapierre.j
SPORES. — Botanique, XXVII-XXXVIII. — Etym. : du grec sporon, qui signifie germe. — On désigne sous le nom général de sp' ce toute cellule servant à la dissémination d'un végétal cryptogame *, fougère, mousse *, algue ou champignon *. Une spore consiste essentiellement en une petite masse de matière albuminoîde vivante ou protoplasma, revêtue d'une coque ou membrane de cellulose d'autant plus épaisse et plus imperméable que la spore a plus à redouter l'action de l'air, celle de la lumière et celle de l'eau. La spore est donc une sorte de kyste chargé de disséminer les végétaux qui en sont pourvus dans le milieu qui les entoure. Fréquemment aussi la dissémination des cryptogames par spore leur donne le moyen de changer de milieu.
Lorsqu'une plante cryptogame produit plu-, sieurs sortes de spores, on désigne généralement sous le nom de macrospores les spores les plus grosses, et sous le nom de microspores colles qui sont de petite taille.
Toutes les fois que la dispersion des végétaux cryptogames doit se faire dans l'air, leurs spores se présentent avec la structure que nous avons indiquée, la paroi de la spore étant plus ou moins ornée selon le genre et l'espèce considérée.
Lorsque, au contraire, la dispersion des spores doit se faire dans l'eau, on voit fréquemment les spores ordinaires des cryptogames perdre leur membrane protectrice de cellulose et se réduire îi une simple masse protoplasniique nue. Cette dilïéri'nce de vestiture de la spore selon le milieu dans lequel se fait la dipcrsion montre bien tiue la membrane de la spore n'est point quelque chose d'essentiel pour celle-ci. Cette membrane n'est qu'une sorte de vêtement destiné à protéger la matière protoplasmique vivante contre les influences destructrices du milieu dans lequel s'opère la dispersion des spores. Parfois la membrane des spores qui en sont pourvues se partage en deux couches ; l'une, extérieure, est fortement colorée, très résistante, imperméable .\ l'eau : on la nomme épispore ; l'autre, intérieure, est incolore, élastique, flexible, perméable à l'eau : on la nomme endospore. Au moment du développement des spores, en général l'épispore se brise, tandis que l'endospore, extensible et perméable, fait hernie à travers les déchirures de l'endospore et se prolonge en des sortes de tubes grêles que l'on désigne d'une manière générale sous le nom d'hyphes.
Dans les cas où la dispersion des spores se fait dans l'eau, comme c'est le cas le plus fréquent pour les algues, nous avons vu que la plupart des spores ordniaires sont nues. Certaines d'entre elles présentent parfois deux pôles : l'un, appelé pôle postérieur, presque toujours vivement coloré en vert ou en rouge; l'autre, antérieur et incolore. Très souvent alors on voit partir de ce pôle incolore un ou plusieurs prolongements très fins, flexibles, toujours agités d'un mouvement ondulatoire très marqué. Ces prolongements protoplasmiques mobiles des spores sont ce que l'on appelle des cils vibratiles. Le nombre de ces cils des spores est très constant dans un groupe de plantes déterminées. Il en est de même de leur position et de leur mode d'implantation. Ainsi, il y a toujours deux cils à la partie antérieure des spores des sphéroplécs, petites algues vertes et rouges qui vivent dans les mares à fond sableux bien exposées au soleil. Il y a, au contraire, quatre cils à la partie antérieure des spores des Hijdrodiclyons ou réseaux d'eau. Il y a une couronne de cils vibratiles autour du pôle incolore des spores des Œdogonium, petites algues très communes en été à, la surface de toutes les mares herbeuses. Dans les vaucheries, petites algues vertes qui se développent très fréquemment à la surface des pots à fleurs un peu négligés quoique bien arrosés, les spores sont entièrement revêtues sur toute leur surface de très petits cils vibratiles. Toutes les spores dont nous venons de parler sont fortement colorées en lert à leur partie postérieure, ainsi nommée parce qu'elle est toujours en arrière pendant le mouvement de la spore. Les cils vibratiles de la spore font, en efl'et, l'office de rames : ils frappent l'eau, et la spore avance dans ce liquide en tourbillonnant sans cesse autour de son axe. Dans tous ces exemples le pôle incolore, pi'de antérieur ou rostre, est toujours en avant pendant la marche de la spore. Chez les Peronospora, les Cystopus, champignons parasites le premier de la pomme de terre, le second des rosiers et des oignons auxquels il donne la maladie du blanc ou du meunier, les spores agiles sont incolores, réniformes au lieu d'être ovoides ou sphériques comme dans les plantes que nous avions citées tout d'abord. Ces spores présentent chacune deux cils qui sont fixés sur la spore vers le point où elle se courbe. Do ces deux cils vibratiles, l'un est très flexible, très agile ; il est plus court que l'autre et se dirige en avant pendant la marche ; on l'appelle le cil antérieur. Le second cil est
SPORES
SPORES
presque rigide, droit; il est toujours dirigé en arrière pendant la marclie. (je dernier cil se comporte comme une sorto de gouvernail cliargé de diriger la marche, tandis que le cil antérieur agit à la manière d'un organe moteur, d'une sorte d'hélice. Cet exem|ile nous montre une très curieuse localisation de fonctions on même temps <iu"un très haut degré de division du travail physiologique. Des deux cils d'une spore agile, l'un est une hélice motrice, exclusivement affectée ;\ son rôle de propulseur, l'autre est un gouvernail chargé de diriger la marche.
Dans les champignons que l'on appelle Myxomycètes, sur la nature végétale desquels on a longtemps hésité à se prononcer parce qu'ils se présentent sous l'aspect do plaques écumeuses gluantes contractiles à la surface des vieux bois tombés en pourriture, on trouve des spores qui, mises dans l'eau, s'ouvrent et laissent échapper yno petite masse protoplasmique incolore, contractile, dont la forme varie &. chaque instant et qui ressemble complètement aux animaux que l'on désigne sous le nom A'Amibes. On appelle ces corps des Myxonmihes. Grâce à lour cootractilité, ils se déplacent dans l'eau, rampent à la surface des lames de verre sur lesquelles on les dépose pour les observer. Ces myxoamibes ne sont autre chose qu'une forme particulière des spores agiles dont nous parlons. Les myxoamibes peuvent se partager en deux brusquement, sans motif apparent, et chacune des parties s'en va de son côté sans s'inquiéter de sa moitié. Parfois les myxoamibes sont pourvus d'un prolongement rigide très fin, incolore, qui rappelle un cil vibratile ; mais la rigidité de ce prolongement le distingue immédiatement des cils vibratiles ordinaires. On appelle ce prolongement un flcigellum. Dans le mouvement des myxoamibes pourvus de flagella, le flagellum est toujours antérieur pendant le mouvement. Chaque myxoamibo peut, lorsque l'eau vient à faire défaut, rentrer dans son sein son flagellum s'il en possédait un, puis se revêtir d'une coque de cellulose qu'il secrète. On appelle microki/stes ces spores spéciales des myxomycètes. Quand l'eau revient en abondance, ces microkystes déchirent leur paroi et le myxoamibo est remis en liberté. Lorsque plusieurs myxoamibes vivent ensemble dans une même goutte d'eau, il arrive un moment où tous les myxoamibes se fondent en une seule masse gélatineuse gluante, contractile et mobile à la surface des corps. On appelle plasmodws ces masses muqueuses formées par la fusion des spores nommées myxoamibes. Les plasmodies représentent l'appareil végétatif des myxomycètes.
Dans les Monobltpharis, petits champignons aquatiques qui vivent sur le bois pourri et sur les poissons morts ou très malades, certaines spores rappellent beaucoup les myxoamibes, mais leur flagellum est postérieur pendant la marche de la spore amiboïde. Les MonMepiiaris possèdent d'autres spores qui présentent une tête ovoïde ou triangulaire terminée postérieurement par un long flagellum. Dans les Cliytridinées,trè3 petits champignons parasites qui vivent aux dépens des Monohlepharifi, des saprolégniées et des diatomées, tous végétaux aquatiques, les spores se présentent sous la forme de petits bâtonnets protoplasmiques nus, légèrement courbés en croissant. Ces spores ont un seul cil rigide postérieur pendant la marche.
Très fréquemment i la surface des spores, près
quand il s'agit des spores que quand il s'agit des animaux.
On désigne d'une manière générale sous le nom do zoospùres toutes les spores agiles. On ajoute au mot zoospore les préfixes macro et micro pour désigner des zoospores de grande et de petite taille, lorsque la plante considérée posséda plusieurs sortes de zoospores.
Dans ce qui précède, nous avons vu les spores disséminées soit par l'air, soit par l'eau, et dans ce dernier cas nous avons vu une catégorie spéciale de spores acquérir une grande puissance de dispersion grâce ii des organes moteurs spéciaux. La.dispersion des spores dans l'air est souvent favorisée par la débiscence avec élasticité dos sacs dans lesquels les spon's ont pris naissance. Dans les hépatiques, sortes de végétaux assez semblables h, des mousses et dont les types les plus communs sont les Marrhnnti'i, qui poussent entre les pavés des cours humides ou sur les pots de fleurs des serres, la dispersion des spores est provoquée par des filaments solides contractiles que l'on appelle élitcre-i et qui sont mêlés en grand nombre aux spores. Dans les Ei/nisetum ou prêles {Queues de clieval), chaque spore est pourvue de quatre palettes très liygroscopiques qui s'enroulent et se déroulent violemment sous l'influence des moindres variations de l'état hygrométrique de l'air; grâce au mouvement de ces palettes, les spores A' Equisetum peuvent se disperser à une très grande distance. On peut facilement rendre un nombreux auditoire témoin de cette dispersion des spores à'Equisetum. On prend une feuille de papii^r blanc bien glacé; sur colleci on dépose un épi bien mur à'EijuisetNûi : les sacs sporifères de l'épi s'ouvrent, laissent échapper les spores qui forment bientôt une poussière verte à la surface du papier. On enlève l'épi, puis, en approchant et en écartant très doucement la main de la poussière verte, on voit celle-ci s'agiter et danser violemment. Dans les myxomycètes ou champignons muqueux, la dispersion dos spores est assurée par un réseau hygroscopique de filaments cellulosiens oxtrêmement fins. On appelle ce réseau capitlilium. Au moment de la maturité du sac sporifère, les spores et le capillilium sont enfermés dans le sac. Sous l'influence de l'humidité aussi bien que par une dessiccation trop grande, le sac sporifère se déchire, le capillitium se détend comme un ressort violemment comprimé et projette au loin les spores. Les variations de l'humidité de l'air ambiant provoquent pendant un temps très long la contraction et la dilatation du capillitium distendu, de sorte que môme après sa première distension ce réseau sert encore h disperser les quelques spores qui ont pu demeurer adhérentes à ses iliaments. Dans les lichens, très souvent les spores sont mises en liberté au moment dos grandes pluies. Les spores de ces végétaux sont en effet enfermées dans des sacs sporifères bourrés de spores, qui sont comme noyées au sein d'une masse cornée incolore que l'on regarde comme une sorte d'exsudat cellulosique sécrété par les spores au moment de leur formation. Lorsque cet exsudât cellulosique asubi un certain degré de dessiccation, il devient capable d'absorber des quantités énormes d'eau en se transformant on mucilage. L'eau est d'ailleurs absorbée par l'exsudat desséché avec une rapidité très grande. Lorsque la pluie vient à tomber sur la surface des sacs sporifères des lichens, l'eau pénètre par endosmose à travers la
du point d'attache des cils vibratiles, on observe 1 paroi des sacs'; elle arrive à l'exsudat desséché un globule pnnctiforme vivement coloré en rouge, qui entoure les spores, celui-ci se gonfle, distond Ce point rouge existe fréquemment chez les ani- outre mesure la paroi du sac sporifère, qui éclate maux infusnires. On l'a comparé darjs ces êtres à enfin en projetant au loin les spores des lichens, une sorte d'œil, d'où le nom de poiiit oculiforme Toutes les spores dont nous venons do parler par lequel on le désigne quelquefois, aussi bien ont comme caractère commun d'avoir pris nais-
SPORES
SPORES
sance dans un sac sporifère. Quelle que soit la valeur morpliologique de ces diverses sortes de spores, on désigne sous le nom spécial de sporange le sac uni-cellulaire ou pluri-cellulaire au sein duquel elles ont pris naissance. On ajoute au mot sporange les préfixes niacru et micro selon que les spores produites par le sporange sont des macrospores ou des niicrospores.
Dans les cryptogames vasculaires, les épithètcs de macrosporanges et de microsporanges, de macrospores et de microspores correspondent à des dill'érences de rôle qu'il est important de signaler. Dans les sélaginelloes, les isoétées, les marsiléacées, les salviniées, on trouve en effet deux sortes de sporanges, les macrosporanges et les microsporanges. Lorsque l'on vient à faire germer les macrnspores et les microspores, on obtient des expansions lamelleuses verdàtres que Ton appelle prothalles et à la surface desquelles se développent dans un cas les arc/iegones (prothalles issus de macrospores), dans l'autre cas les anthérirlies {sur les prothalles issus des microspores). Jamais dans ces plantes un même proihalle ne porte les deux séiies d'organes. A la différence de forme et de taille des macrospnres et des microspores correspond donc une différence dans le rôle pliysiologique des parties. Dans les fougères, les équisétacées, les lycopndiées. les opliioglossées, les tmcsiptéridées, où il n'y a qu'une seule espèce de spore, le protlialle qui en naît à la germination porte simultanément les antliéridies et les arcliégones. Dans ces derniers végétaux la différenciation physiologique que nous avons constatée chez les sélaginellées, les marsiléacées, etc., n'a pas eu lieu. Lorsque les spores produites dans le sporange sont agiles, ciliées ou amiboides, le sporange prend le nom de zoosporange. On ajoute, s'il y a lieu, au mot zoosporange les préfixes macro et micro.
On appille spores endogènes les spores qui prennent naissance dans les sporanees. Passons brièvement en revue la valeur nior|iholngique et le rôle des diverses sortes de spores endogènes dans les principaux groupes de cryptoganies.'^Chei tous les cryptogames vasculaires, les spores endogènes prennent naissance dans un sac dont la paroi est primitivement formée de trois rangs de cellules. A l'époque de la maturité des spores, celles-ci sont libres dans le sporange, dont la paroi est alors réduite à une seule couche de grandes cellules épidermiques. Dans les fougères proprement dites on remarque que certaines des cellules superficielles des sporanges ont épaissi les parois des cellules constituantes en forme d U, la convexité de l'U étant vers la face profonde oiî interne de ces cellules. L'enseiiible de toutes ces cellules épaissies forme ce que l'on appelle r«!ineau c/asi/?»? du sporange; c'est cet anneau élastique qui provoque la déchirure du sporange; il est d'autant plus développé que les fougères sont plus récentes ; ainsi l'anneau du sporange présente son maximum de développement chez les fougères polypodiacées (polypode, fougère mâle, fougère femelle, ceterach), qui sont apparues à l'époque jurassique, tandis que cet anneau est nul chez les fougères marattiées, qui ont eu leur maximum de développement à l'époque houillère. En revanche, chez ces marattiées dont l'origine remonte si haut dans l'histoire du globe, les parois des cellules du sporange, au lieu d'être minces, faciles h. déchirer, étaient au contraire presque ligneuses. L'anneau élastique n'existe que sur les sporanges des fougères. Les parois des sporanges des autres cryptogames vasculaires rappellent plus ou moins les parois des sporanges des marattiées. Dans les fougères, les sporanges sont généralement groupés plusieurs cOie à côte ; on appille so> e un amas , o ^.,,„„„j, ^^ fougères. On appelle indmie les I
replis de la surface de la plante qui protègent les soies. Les sporanges des fougères proprement dites ne sont que des poils transformés de la surface de la plante. Ils apparaissent généralement sous la surface de leurs grandes frondes. Dans les ophioglossées, le sporange s'enfonce dans l'épaisseur des tissus des frondes. Chez les équisétacées, les sporanges naissent par groupes de six sur de petites frondes transformées en une sorte de clou iclypéole,; ces clous sont eux-mêmes réunis en grand nombre à l'extrémité des tiges, où ils forment des épis plus ou moins longs selon les espèces. Chez les lycopodiées et les sélaginellées, les sporanges naissent solitaires sur les feuilles; ces appendices sporifères sont, eux aussi, groupés en épis terminaux. Chez les tmési|itcridées, les sporanges sont groupés par deux ou par trois, les groupes de sporanges étant fort éloignés les uns des autres. Chez les marsiléacées, les salviniées, les isoétées, les sporanges forment psr leur réunion des sortes de fruits très compliqués, dans le détail de la structure desquels nous ne pouvons entrer ici. Lorsqu'on sème les spores d'un cryptogame vasculaire, au bout d'un temps plus ou moins long ces spores germent et produisent de petites lames cellulaires verdàtres, fixées au sol par des crampons ou rhizoïdes, ou exceptionnellement maintenues nageantes à la surface de l'eau, comme dans les Snlvinin. Nous avons dit plus haut que ces lamelles, issues de la germination des spores, étaient des prothalles à la surface desquels on voyait apparaître les anthéridies et les archégones. Les prothalles vivent généralement à la surface de la terre mouillée, exceptionnellement à la surface de l'eau (Saliiiiiia) ou cachées sous la surface du sol (ophioglosse, liotrycliium, Lycr'podhim). Nous avons signalé la localisation que l'on remarque relativement h la distribution des anthéridies et des archégones sur les prothalles, selon que ces parties proviennent d'une seule ou de deux spores. Les anthéridies produisent de petits corps en forme de ruban, contournés en hélices et couverts de cils vibratiles; ces corps sont appelés anthérozoïdes; ils nagent dans l'eau en tourbillonnant autour de leur axe avec une rapidité souvent vertigineuse. Souvent on remarque à la partie postérieure des anthérozoïdes une sorte d'ampoule dans laquelle sont emmagasinés quelques grains d'amidon. Ces grains d'amidon sont destinés à assurer une certaine quantité de matière nutritive à l'anthérozoïde. Accidentellement la vésicule postérieure d'un anthérozoïde peut se détacher du corps de celui-ci sans que ce dernier en paraisse sensiblement gêné. Les anthérozoïdes, après avoir nagé dans l'eau qui baigne les anthéridies et les archégones, pénètrent dans l'intérieur de ces dernières et agissent sur l'oosphère qui y est cachée. Les archégones, en effet, sont des sortes de bouteilles au fond desquelles s'est produite une cellule nue ou spore spéciale de très grosse taille, que l'on appelle un wf. une oosphère. Lorsque l'oosphère a subi l'action des anthérozoïdes, elle devient une oospore, c'est-àdire qu'elle se revêt d'une coque épaisse, puis se cloisonne et se transforme en une jeune plante. Si nous résumons la succession des phénomènes que nous venons de raconter, on aurait : 1° la plante, 2° la spore, 3° le prothalle, 4° l'oosporcà-la plante. Nous voyons par li que la spore est intermédiaire entre la plante et le prothalle, c'est-à-dire le support des anthéridies et des archégones. Or la plante est terrestre, tandis que le proihalle est aquatique ; les spores se montrent donc comme un moyen pour la plante d'assurer sa reproduction en lui permettant d'aller chercher l'eau dentelle a besoin pour accomplir ce phénomène. , Dans les mousses, les sphaignes et les liépa-
SPORES
SPORES
tiqups, les spores se l'ornuiiit dans un sac de forme souvent très élégante que l'on appelle le fruit de ces végétaux. La structure anatomlque do ce sac est ries plus compliquées. Sa partie supérieure se détache d'ordinaire à la manière d'un couvercle. On appelle ce couvercle opercule, et l'on nomme pcrislome le bord du sac sporifère. Le fruit des mousses ou sporange de ces végétaux est porté par un long pédiccllo grêle qui est enchâssé inférieurement à l'extrémité d'une brindille de la mousse. Si nous avions assisté ii la formation de ce fruit des mousses, voici ce que nous eussions vu se produire. A l'extrémité d'une branche de la mousse eussent apparu les archégones et lus antliéridies, et lorsque les anthérozoïdes auraient accompli leur action sur les oosphères des archégonos,nous les eussions vues
se changer en oospores et celles-ci à leur tour se seraient transformées sous nos yeux en sporanges ou en fruits. Si alors on sème des spores de mousse, on en voit naître un filament grêle, véritable liypha, que les bryologues (savants qui étudient spécialement les mousses) appellent protonema. Ce protonema se tixe au sol par des rhizoïdes; il est verdâtre; en se développant, il donne naissance directement et de distance en distance à des sortes de bourgeons qui produisent ce que nous appelon.5 un pied de mousse, et c'est sur ce pied de mousse que nous eussions vu se reproduire les antliéridies et les archégones. Résumons ce cycle en le mettant en regard de celui qui représente l'évolution d'un cryptogame vasculaire ; nous aurons le tableau cicontre :
Kvolution de la mousse
Fruit ou sporang*
Protonema et mousse avec archégone et anthéridie.
Fruit issu du développement de l'oosporc.
Evolution du i-rypto game vasculaire.
Planti' issue du diliveloppement de l'oosporc.
On voit par la seule inspection de ce tableau que ce que l'on appelle la mousse correspond morphologiquement à ce que l'on appelle prothalle chez les cryptogames vasculaires, c'est-idire que chez les mousses la plante toute jeune encore se transforme tout entière en un sac à spores ou sporange.
Par exception, les characées, dont le type est le genre l luira ou Charagne, ainsi nommé h cause de l'odeur nauséabonde que ces plantes répandent, sont dépourvues de spores. On appelle ici, avec plus de sens que chez les mousses et les cryptogames vasculaires, oospore le résultat de l'action des anthérozoïdes sur l'oosphère d'un archogone. Sitôt après sa formation, l'oospore s'entoure d'une coque très épaisse fortement colorée en rouge et recouverte d'un rang de cellules protectrices enroulées en hélices autour de l'oospore enkystée. En cet état, l'oospore est ce <|ue l'on appelle vulgairement une graine de Cliara. La graine de Chara est donc formée d'une cellule disséminatrice entourée de sa coqne protectrice ; c'est donc une spore dans le sens général que nous attribuons h ce mot. Pour rappeler l'origine et la nature spéciale de cette spore, qui doit son existence à l'action de l'antliérozoîde sur l'œuf ou l'oosphère cachée au fond de l'archégone, on l'a appelée oospore ou ceuf-spor?.Le terme oospore est une expression très générale ; il désigne toujours une spore endogène ou exogène qui doit son origine à l'action des anthérozoïdes d'une plante sur ses oosphères.
Dans les algues, en effet, il arrive souvent que les oosphères sont mises en liberté et qu'elles nagent librement dans l'eau ; cela se voit fort bien chej les fucus, et il est facile même, à 1: loupe, de distinguer ces corps sur les terminai
jusqu'à la reproduction de nouvelles oospores. Chez les Algues on nomme souvent chronispore ou spore durable dos spores qui doivent ou qui peuvent conserver pendant très longtemps leur faculté germinative et plus particulièrement celles d'entre elles qui normalement n'entrent en germination qu'après avoir subi un long temps de repos. Souvent les chronispores doivent subir une dessiccation complète, un ensevelissement au l'action de la gelée, avant de pouvoir reprendre leur développement.
Chez les bactéries les spores durables portent plus particulièrement le nom de corpuscules germes ou de r/ermes. La petitesse do ces germes est excessive, j^ h j^L àe millimètre. On conçoit dès lors que leur présence échappe facilement à l'observateur, et, comme leur nombre est prodigieux, on comprend sans peine que leur apparition en grand nombre au sein lio^i liqueurs en apparence les plus pures ait il'iu;i'' nii^^aiice i, l'idée de leur production par l. r,,i i [lontaiiée. Ces corpuscules, germes lU'- iiir; :h's, résistent facilement i une temp'-MMiuic de 140° dans de l'air sec, et à une température de 110" dans de l'eau salée. Il ost donc extrêmement dif- (icilo de se mettre k l'abri de ces ôires, qui sont les agents actifs de toutes les décompositions et de toutes nos maladies contagieuses.
Chez les diatomées, petites algues unicellulaires revêtues d'une carapace siliceuse, qui, par leur accumulation en nombre prodigieux, ont donné naissance aux tripolis, on donne quelquefois le nom d'auxospores aux spores durables. Ce même nom d'auxospore est aussi appliqué indifféremment aux oospores de ces petits êtres.
La grande majorité des cryptogames cellulaires sans chlorophylle, que l'on désigne habituelle-
sons verruqueuses des frondes de ces végétaux, nient sous le nom de champignons, présentent à
Si, comme c'est le cas pour les fucus, les oosphè- pextrémité de certains de leurs filaments des
res nageantes sont rencontrées par les anthéro- spores qui n'ont jamais été enfermées dans un
-zoides de ces plantes, il se forme des oospores. sporange : on désigLio d'une manière générale ces
Celles-ci n'ayant jamais été enfermées dans une spores exogènes sous le nom de conidies. Les co-
archégone, on dit qu'elles sont d'origine exogène, nidies sont dhas septées ou cloisonnées \oriqno
par opposilion h celles qui séjournent et prennent 1^,^ ruasse est partagée en un certain nombre de
naissance dans une archégone. Ces dernières cellules par des cloisons cellulosiques radiales eu
oosports sont dites endogènes. Il convient, dans transversales. Dans les urédinées, dont le type
toute description d'un cryptogame, de faire corn- gjj ig „p„re Vuccinie, qui provoque la maladie
mencer l'histoire de la plante considérée k l'oos- jg^ céréales connue sous le nom de rouille des pore et de poursuivre le cycle de cette histoire | qrayninées, on appelle urédospores les conidies or-
SPORES
SQUELETTE
dinaires, et téleutospores des conidies septées à parois très épaisses qui jouent ici le rôle de spores durables ou de chroiiispores. Dans les hyménoniycèies ou cliampignons h. chapeaux, dont le type est l'Agaric champêtre ou champignon de couche, les conidies affectent une disposition spéciale qui les fait désigner par le nom particulier de hasidiosjiore. Ces basidiospores naissent en effet au nombre de quatre à la partie supérieure d'une grande cellule des lames du chapeau. Cette grande cellulu a reçu le nom de baside. Les quatre spores qui se forment à son sommet sont rattachées à la cellule basilaire par un très petit pédicelle nommé stérir/mati- ; aussi, après la maturité des spores, le sommet de la baside est-il surmonté de quatre petites cornes pointues qui sont les reste» des stérigmates.
Dans les champignons discomycètes, dont le type est la Ptzize, dans les champignons pyrenomycètes, dont le type est le Claiiceps purpurea, vulgairement nommé ergot de seigle, dans les urédinées et dans les lichens, on trouve deux sortes de spores exogènes qui diffèrent toutes deux des conidies, parce que les filaments sur lesquels elles naissent sont groupés en des sortes de fruits ou de conceptacles sous la surface du champignon. Les premières de ces nouvelles spores exogènes ont la forme de bâtonnets ; semées sur la terre humide ou sur les écorces, elles germent très difficilement. Pendant de longues années on a cru qu'à l'exemple des anthérozoïdes, cos spores ne germaient pas ; c'est pourquoi beaucoup d'auteurs les ont regardées comme représentant les anthérozoïdes des champignons chez lesquels on les trouve. On a appelé ces spores spéciales des spi-nnaties, et l'on a nommé spermogonies les conceptacles ou fruits dans lesquels elles prennent naissance. Dans ces dernières années, M. Maxime Cornu a réussi à obtenir la germination des spermaties de plusieurs champignons ; aussi aujourd'hui admet-on généralement que les spermaties ne sont qu'une forme des spores durables.
On désigne généralement sous le nom de slylospores les spores exogènes analogues aux conidies, nées dans des cavités ouvertes ou cryptes creusées dans la surface des champignons. Chez les urédinées, les stylospores sont désignées sous le nom d'œcidtospores; cela tient à ce que l'on faisait jadis une catégorie spéciale de spores avec les spores du genre j-Ecidium, dont l'une des espèces, JEcidium berberis, vit sur l'épine-vinette. Or, on a reconnu, grâce aux beaux travaux de MM. Tulasne et de Bary, que VJEcidium berberis n'était qu'une phase de la vie de la puccinie ou rouille des graminées ; le genre jEcidium a disparu, mais la qualification d'secidiospore a persisté ; elle est encore très répandue. En général, les stylospores sont caractérisées par la puissance de leur coque protectrice.
Dans l'ensemble des champignons que les botanistes désignent sous la dénomination commune d'ascomycètes, on trouve des sporanges spéciaux nommés astives ou ttièques, qui proviennent du développement direct de leurs oospores. On appelle ascospores, tliécospores ou spores endogènes les spores nées dans ces sporanges. Ces ascospores correspondent presque complètement aux spores des mousses. Chez les lichens, on appelle apothécies les conceptacles ou fruits formés par les thèques. Les apothécies contiennent, outre les thèques et mêlées avec elles, des cellules Stériles que l'on nomme poraphyses. Ces paraphyses ont pour rôles principaux :
1° De nourrir les thèques pendant leur développement ;
2° De protéger les thèques ;
3° D'en provoquer la déhiscence et par suite l'émission des ascopores en se gonflant sous l'action de l'eau.
On appelle sclérote une forme particulière di* corps disséminateur, qui se produit par le pelotonnenient de filaments mycélicns ou d'hyphes chez les champignons. Ces sclérotes se produisent fréquemment chez les myxomycètes. Chez les mucorinées, dont les principaux types vivent à la surface du crottin de cheval, où ils forment de fiiies moisissures, les sc'érotes sont réduits à une seule cellule, véritable spore, sorte de spore durable à laquelle, vu l'épaisseur de sa paroi, on donne le nom de chlamydospore .
Dans les floridées ou algues marines roses et rouges, on trouve une nature spéciale de spores : ce sont des spores qui naissent toujours par quatre dans chaque sporange. On a nommé ces spores des tétraspores. Dans ces mêmes floridées, sitôt après sa formation l'oospore se transforme en une masse de cellules disséminatricesou spores. Les assemblages formés par l'agglomération des spores et par les enveloppes qui les protègent forment des sortes de fruits, que l'on désigne par les noms de favetle, do céramide, de coccidie. [C.-E. Bertrand.]
SOUELETTE. — Zoologie, XXXVI. — On donne le nom de squelette i cette charpente solide, formée de pièces diversement agencées et reliées entre elles, qui se nomment les os, et qui, chez les animaux supérieurs, forment avec les muscles l'appareil du mouvement. L'être inférieur, dépourvu de parties dures, se meut cependant, mais d'une façon toute rudimentaire : chez lui les muscles, attachés directement à la peau, modifient, par leur contraction, la forme du corps entier, et par là arrivent à le mouvoir. Au contraire, chez les animaux pourvus d'un squelette, les muscles s'attachent sur les pièces, ou, comme on dit, sur les leviers osseux et, les mouvant en divers sens, ils font exécuter à l'animal des mouvements partiels, ou des mouvements de translation totale.
Le squelette est donc, avant tout, un organe de mouvement. Mais il constitue aussi un appareil de protection, à l'abri duquel les viscères, cerveau, cœur, poumons, etc., échappent aux violences extérieures, prennent un développement caractéristique et assurent à l'animal une vie plus parfaite et plus haute. Enfin c'est le squelette qui dessine et fixe la forme et lo type du corps. — Ainsi, sans squelette, il n'y a pas de forme fixe ; le mouvement est vague, incertain, sans liberté, précision ni puissance ; la vie est bornée à la nutrition. Au contraire, dès que se montrent les parties dures, apparaît une vie supérieure. La locomotion, le mouvement précis, aisé, étendu et puissant, des rapports multipliés avec le monde extérieur, un système nerveux mieux abrité, plus délicat, plus parfait, des fonctions plus distinctes et plus complexes, la vie de relation couronnant la vie nutritive, enfin une forme arrêtée et caractéristique, tels sont les avantages que le squelette confère à l'animal. On ne s'étonnera donc pas que les naturalistes en aient fait comme la base de leur classification, et qu'ils aient partagé tous les animaux en deux classes, les Vertébrés et les Invertébrés, suivant qu'ils possèdent des os ou n'en possèdent pas.
Les vertébrés seuls possèdent un squelette osseux. Cependant chez certains invertébrés, les insectes, les crustacés, par exemple, il existe aussi une charpente dure et rigide, servant de point d'attache aux muscles, et d'appareil de protection aux viscères. Mais ce squelette est extérieur, situé à la surface du corps et ne consiste qu'en une modification de la peau.
Nous allons d'abord examiner la composition et la disposition du squelette, tel qu'il se montre
SQUELETTE
SQUELETTE
chez le proniior des vertébrés, cliez l'homme, et nous dirons ensuite quelques mots do ses modifications à travers l'écliolle animale.
De quoi se compose un us? Lorsqu'on le fait macérer quelque temps dans un acide énergique, on voit qu'il ne reste plus qu'une matière grise, demi-transparente, gélatineuse, molle, flexible, qui a conserve la forme de l'os. L'acide a dissous ce qui donnait à l'os sa rigidité et son opacité, c'est-à-dire les sels calcaires (carbonate et surtout
phosphate do chaux) ; il ne reste que la partie organique, non minérale, c'est-à-dire le cartilage. Un 03 n'est donc qu'un cartilage, envalii et comme incrusté de sels do chaux. (D'après les recherches de Bcrzelius, il y a environ 33,30 pour 100 (de substance animale, et 60,70 de matière minérale.) Chez le fœtus, en effet, à l'époque où naissent et se forment les organes, le système osseux est tout d'abord un appareil cartilagineux (à l'exception de quelques os fort peu nombreux). Puis la
Rn^ne.st
substance pierreuse apparaît en des points déterminés, toujours les mêmes pour chaque os, qui peu à peu s'étendent et envaliisseju de plus en plus la pièce cartilagineuse. Ce travail d'ossification est pour ainsi dire à peine commencé à la naissance; il continue et dure jusqu'à l'arrêt du développement organique, c'est-à-dire jusqu'à l'âge adulte. Mais à ce moment la substance des os ne reste pas station naire; elle est dans un état constant de réparation et de destruction jusque vers l'âge de 35 à 4i ans. Des expériences célèbres, fondées sur la propriété que possède la garance, mêlée aux aliments, de colorer les os en rouge, ont montré que, tandis que la partie cen-
trale de l'os se détruit, la partie périphérique se régénère sans cesse. A partir de 40 à 45 ans, le mouvement de régénération de la surface s'arrête, la destruction centrale continue seule; le centre des os va se creusant, se raréfiant toujours plus, et ainsi s'explique la fragilité des os chez les vieillards. On attribuait autrefois la fragilité 08sruse de cet âge à l'augmentation de la proportion des sels de chaux. « En accumulant dans nos os, disait Bichat, une substance étrangère à la vie, la nature semble les préparer à la mort. » Il est prouvé aujourd'hui que cette augmi^ntation n'existe pas, et que si 1 âge introduit (|Uclquo changement i la composition chimique de l'os,
SQUELETTE
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c'est plutôt en diminuant la quantité de substance minérale.
Le tissu osseux, ainsi formé de matières organiques et minérales, affecte des dispositions variées. Tantôt il est serré, dense, compacte -, tantôt il est lâche, spongieux, formé de grandes cellules. Les 03 qui n'ont qu'un petit volume, et qui doivent présenter une grande solidité, sont entièrement formés de tissu compacte. Tels sont les os plais qui recouvrent les viscères (côtes, bassin, etc.). Mais d'autres os, d'un volume plus grand, auraient un poids trop considérable si toute leur épaisseur était dense et serrée : ceux-là n'ont de compacte que la surface ; leur tissu devient lâche et cellulaire à quelques millimètres de la périphérie, et le centre de l'os est creusé d'un long et large canal qui loge un organe graisseux, la moelle. Tels sont les os lont/s. ou os des membres, véritables colonnes creuses, à la fois solides et légères. Entre ces deux variétés d'os se placent les os couris (vertèbres, os du crâne), formés presque entièrement de tissu spongieux, cellulaire, à peine recouverts d'une mince pellicule compacte.
Le développement des os obéit à des lois déterminées, dont quelques-unes présentent pour le physiologiste et pour le médecin un très grand intérêt. Citons-en une, la loi de sijmétrie, due aux savantes recherches de M. Serres :
Tout os médirm est d'abord double. C'est-àdire que tout os occupant le milieu de l'axe du corps, et présentant deux moitiés symétriques (par exemple l'os du front, celui de la mâchoire inférieure,!, est formé, chez le fœtus, do deux os semblables, symétriques, naissant chacun d'un point d'ossification distinct, qui peu à peu se développent, se rapprochent, puis se soudent l'un il l'autre. Il y a donc, au début de la vie, deux frontaux, deux maxillaires inférieurs, etc.
Les os s'unissent, ou, comme on dit, s'articulent entre eux de façons très diverses, suivant que l'articulation doit unir invariablement les pièces osseuses (os du crâne), ou leur permettre des mouvements plus ou moins ctendns (articulations du coude, du genou, de la mâchoire).
Les articulations immobiles ont lieu par engrenage des os (sutures du crâne) ou par simple juxtaposition adhérente.
Les articulations mobiles présentent bien des variétés. Mais d'une façon générale, dans ces articulations, lesos se touchent parune surface lisse, encroûtée de cartilage, perpétuellement lubréfiée et comme huilée par la synovie; des ligaments multipliés maintiennent ces surfaces osseuses en contact l'une avec l'autre et les empêchent de s'abandonner. Uentorse est la distension violente de ces ligaments ; la luxation est leur rupture, amenant la séparation des surfaces articulaires.
La sy7iovie, qui lubréfie les articulations et en
détaché à moitié de l'os, renversé et fixé parmi les muscles, reproduit par sa face profonde un os de même figure que ce lambeau. Bien plus : ce lambeau, complètement détaclié, et fixé au milieu des parties molles d'un autre animal de même esphc, donne lieu au même phénomène et régénère un os {Expérience de L. Ollier).
Abordons maintenant la description du squelette humain et commençons par en donner une idée d'ensemble.
Ce squelette forme un tout continu, dont toutes les parties se tiennent. L'axe de cette charpente est une longue et solide colonne, la colonne vertéljrale qui présente à chacune de ces extrémités un renflement considérable : en haut le a-âne, en bas le bassin.
Le milieu de cette colonne supporte une sorte de cage, le Ihornr, forme par les 24 côtes, le sternum, les clavicides et les omoplates.
Quatre longs prolongements, les membres, partent de cette colonne. Les deux membres supérieurs partent du thorax, les deux autres du bassin. Le membre supérieur et le membre inférieur sont construits sur un type analogue et formés d'un même nombre de parties symétriques.
Chacun d'eux peut se diviser en trois segmenta. Le premier segment ne comprend qu'un os unique, mais énorme [humérus pour le bras, fémur pour la cuisse). Le second segment en comprend deux plus petits {radius et cubitus pour l'avant-bras, tibia et péroné pour la jambe). Enfin, dans le troisième segment [ynain, pied), les os sont très petits et très nombreux.
On voit par cet exposé succinct que le squelette est symétrique, c'est-à-dire absolument divisible, sur un plan vertical antéro-postérieur, en deux moitiés semblables. Le poids de tout l'appareil osseux, chez l'homme adulte, est d'environ 5 à 6 kilogrammes.
Passons maintenant à l'étude rapide de chaque pièce isolée du système, eii commençant par la tête.
La tête se compose de deux parties, le ci'dne et la face. Le crâne est une boite ovalaire, formée de huit os, et renfermant le cerveau et le cervelet (V. Si/sième nerveux). Ces huit os sont : en avant le frontal, en haut les deux pariétaux, sur les cotés les deux temporaux, dans l'épaisseur desquels est logé l'appareil auditif (V. Ouie), en arrière Voccipital, en bas Yelhmoïde et le sphénoïde. L'agencement de ces diverses pièces est admirablement disposé en vue de la solidité et de la résistance de la boîte ; les coups, les chocs se décomposent à travers ces sutures enchevêtrées et perdent ainsi leur violence.
La base du crâne est percée d'un large trou, qui se superpose au canal des vertèbres, et permet à la moelle d'entrer dans la cavité cérébrale
assure le jeu parfait, est renfermée dans une po- I pour y former le cerveau. De chaque côté de ce Che, appelée bourse synoviale, qui entoure la I trou est une surface un peu convexe qui unit le jointure de tous les côtés : de cette disposition ' crâne à la première vertèbre; la tête est ainsi résulte un fait remarquable; cette bourse étant posée presque en équilibre sur la colonne ; touparfaitement vide d'air, les surfaces osseuses ne : tefois la moitié antérieure, alourdie par la face, peuvent s'écarter sans laisser le vide entre elles, I tend à l'incliner en avant: disposition corrigée et par suite sans être ramenées l'une contre l'au- j par les puissants muscles de la nuque, qui retre par toute la force de la pression atmosphéri- | dressent la tête et lui donnent sa fierté d'allure que ambiante. La pression barométrique contribue ■ caractéristique.
ainsi pour une large part à la solidité des articu- La face est formée par la réunion de U os, lations. tous immobiles les uns sur "les attires à l'excep-
La surface des os est toujours recouverte d'une \ tion d'un seul, le maxillaire inférieur. Le maxiimembrane fibreuse qui leur est étroitement laire supérieur, articulé avec le frontal, forme adhérente, le périoste, sur lequel s'attachent ; avec lui la cavité de Vorbite. Le nez, dans le les extrémités des muscles ou tendons. Cette ' squelette, est une cavité, plutôt qu'un appenmembrane, d'une épaisseur inégale, proportion- ; dice : cette Cavité on fosses nasales, très étendue, nelle en général au volume de l'os, possède la ! est séparée de la bouche par la voûte palatine. propriété de régénérer sans cesse l'os, et lui as- Les dent maxillaires sont creusés sur leurs sure par là, au sein des parties molles, une vie bords de nombreuses cavités, ou alvéoles, conteindépendante. Un lambeau de périoste vivant, ' nant les dents.
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Enfin il faut considérer comnin une dépendance de la face le petit os hyoïde, qui supporte la base de la langue et soutient le larynx.
Au moment de la naissance, l(!s os de la voûte crânienne, inconiplètenient ossifiés, sont séparés par de larges espaces membraneux, les f'onlanellcs, qui disparaissent vers la deuxième ou troisième année.
Le crâne présente dans sa forme et dans son volume de notables variétés chez les différents peuples, comme l'ont établi les reclierches de Blumenbacli, de Sœmmering, etc., et de nos jours celles de l'école moderne d'anthropologie. L'étude comparée des crânes est en effet l'un des fondements, et le principal, de l'anthropologie.
Le crâne étant assez exactement moulé sur le cerveau, on a attaché une grande importance Ji l'étude de ses moindres détails extérieurs (phrénologio de Gall, crâniologie). On s'est également préoccupé de ses exactes dimensions : de là diverses mesures imaginées pour cet objet : la plus ancienne, proposée par Camper sous le nom d'mii/le fiiciat, indique le rapport entre le volume de la face et celui du crâne. Cet angle est formé de deux lignes partant toutes deux des incisives supérieures, et aboutissant l'une au milieu du front, l'autre au conduit auditif. Il est, chez l'Européen, de 80 à 85% de 73" dans la race mongole, et de 70° chez les noirs. Une des plus intéressantes conclusions de ces études de mensuration est qu'à travers l'échelle animale ou les races humaines, le crâne et la face sont dans un rapport inverso do développement; l'un n'augmente qu'aux dépens de l'autre ; en d'autres termes la face diminue avec l'accroissement de l'intelligence.
La partie la plus importante du tronc, celle qui sert de soutien à toutes les autres, est la colonne vertébrale. C'est une tige osseuse, occupant la ligne médiane et postérieure du corps, et composée de '24 petits os appelés verlèhies. Chaque vertèbre représente une' sorte de disque épais, percé d'un large trou [tiou verlébnd). Les deux faces de ce disque sont parallèles et horizontales, et s'articulent solidement avec la vertèbre inférieure et avec la supérieure. Ce disque est en outre muni de saillies ou apophyses dont la principale, se dirigeant horizontalement en arrière, offre un puissant levier aux muscles du dos et du cou, et leur permet de redresser et de mouvoir toute la colonne tirée en avant par le poids du corps et des viscères. D'autres saillies consolident l'articulation ou offrent aux côtes une surface articulaire .
La superposition de tous les trous vertébraux forme un long canal, où se loge la moelle; entre chaque vertèbre est ménagé de chaque coté un espace libre par où s'échappent de la moelle les nerfs qui se répandent dans tout le corps.
La première vertèbre, nommée l'atlas, très mobile sur la seconde, supporte la tête. Elle pivote comme un anneau autour d'une saillie verticale qui s'élève de la seconde vertèbre ou axis. Ces deux os sont faiblement unis l'un à l'autre, afin d'être plus mobiles : à l'état normal, la tête pesant sur l'atlas tend plutôt à le réunir à l'axis qu'à l'en séparer, et cette faiblesse de lien n'a pas d'inconvénients. Il en est tout autrement quand la tête supporte le poids du corps, dans la pendaison par exemple : ces deux vertèbres se séparent, se luxent et rompent la moelle, amenant ainsi une mort instantanée.
Les sept premières vertèbres sont appelées cervicales, et jouissent d'une assez grande mobilité en rapport avec les mouvements variés que doit exécuter la tête.
Les douze suivantes, vertèbres dorsales, portent chacune une paire d'arcs osseux recourbés
et très larges, les côtes, qui forment avec le sternum la caye thorarir/ue, ou poitrine, contenant le cœur et les poumons. Les eûtes, au nombre de ri de chaque côté, se continuent en avant par une tige cartilagineuse. Les cartilages des sept premières paires de côtes s'unissent au sternum, os impair et médian qui complète et ferme la cage. Les cinq dernières paires, qui n'arrivent pas au sternum, se nomment les fausses-côtes.
Les cinq dernières vertèbres, larges, solidement unies, se nomment lombaires. Elles se continuent par un appendice, formé de deux pièces, le sacrum et le cnccyx, dans lequel il ne faut voir que des vertèbres soudées entre elles et un peu modifiées dans leur forme.
La colonne vertébrale n'atteint son complet développement que vers trente ans. Plus longue chez l'homme que chez la femme, elle est verticale, mais non rectiligne, et présente quatre courbures alternatives, convexe au cou, concave au dos, convexe aux lombes, concave dans le bassin.
Sur la cage thoraciquo se fixent les membres supérieurs. Un premier appareil composé de deux os, l'omoplate et la clavicule, leur sert de base et comme de socle.
h'omop/ate, os large et plat, s'applique en arrière sur les côtes supérieures. Il présente en haut une large cavité qui reçoit la tête de l'humérus. Fixé contre le tliorax par la masse des muscles du dos et de l'épaule, au sein de laquelle il est enfoui, cet os s'articule en avant avec la clavicule, petite pièce osseuse qui, s' appuyant sur le sternum et la première côte, maintient écartées les deux omoplates, c'est-à-dire les deux épaules.
Le premier segment du membre supérieur, le bras, est formé d'un seul os, l'humérus, longue et forte tige osseuse, dont l'extrémité supérieure, arrondie, tourne dans la cavité de l'omoplate, tandis que l'inférieure, creusée d'une sorte de gorge de poulie, reçoit l'un des os de lavant-bras, le cubitus.
L'avant-bras présente en effet deux os, le cubitus et le radius, placés parallèlement à côté l'un de l'autre. Le cubitus s'articulo en haut avec la poulie de l'humérus et en bas n'arrive pas jusqu'à la main. Le radius, au contraire, articulé en bas avec la main, n'arrive pas en haut jusqu'à l'humérus. Le point important des rapporta de ces deux os est que le radius, qui porte la main, peut tourner autour du cubitus comme autour d'un pivot, et donner lieu à deux mouvements de la main, l'un la supination (paume en haut), l'autre la. pronation (paume en bas).
Le dernier segment, la main, se compose de trois parties : le poignet ou carpe, formé de deux rangées, composées chacune de quati-e petits os, très solidement unis entre eux, — le métacarpe, constitué par une seule rangée de cinq petits os longs, dont l'un, qui porte le pouce, est indépendant et mobile, — enfin les doigts, dont chacun comprend trois petits os longs i,à l'exception du pouce qui n'en possède que deux) appelés les phalanges.
Rappelons ici ce que nous avons dit plus haut, à savoir qu'à mesure quo l'on s'éloigne du tronc, les divers segments deviennent plus courts, et les os do ces segments plus nombreux. Le résultat se comprend aisément : à mesure qu'on se rapproche de l'extrémité du membre, les articulations se multiplient, permettant à la forme et à la position du membre de varier à l'infini pour s'accommoder à celles des objets à saisir. Au contraire, les grands os du bras et de l'avantbras, énormes levirrs à mouvements étendus, permettent de porter rapidement ou violemment la main partout où elle est nécessaire.
Le membre inférieur présente avec celui-ci la
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Dlus erandp analogie. Comme le bras, la cuisse [ et de la jambe, de la main et du pied. Les différeDOàc sur une première pièce osseuse, la hanche, i rences superficielles tiennent uniquement à la di-
" .^ ;.: v 1 .,,. ^o i'^.^.,i.io • «.Mo oQt fm-miio vprsité dc destination. Organe de preliension, le
membre supérieur est plus léger, plus mobile, se plie plus aisément aux mille injonctions de la volonté. Appareil de sustentation et de locomotion, le membre abdominal l'emporte sur le précédent en solidité d'attacbes, en volume, mais il jouit en revancbe d'une mobilité plus restreinte.
Maintenant que nous connaissons le squelette dans chacune de ses parties, il nous reste à dire quelques mots de la manière dont elles fonctionnent, en d'autres termes à parler de l' action des muscles sur les os.
Tous les muscles sont fixés au squelotte par leurs deux extrémités (à de très rares exceptions près). Un muscle, en se contractant, ne l'ait donc autre chose que rapprocher deux os l'un de l'autre, et naturellement, il prend appui sur l'os le plus résistant pour entraîner le plus mobile. Or
qui est ici l'analogue de l'épaule : elle est formée de trois os, distincts dans les premières années de la vie, mais qui se soudent ensuite pour ne former qu'un os unique, l'os ilirique, ou os coxnl. Cet os, plat et très large, solidement attaché en arrière au sactum, forme avec celui du c6ié opposé une sorte de vaste ceinture osseuse, de forme un peu conique, à base supérieure, qu'on nomme le basin, et qui loge la partie inférieure du tube digestif et les organes génito-urinaires. Plus large et plus évasé chez la femme, cette différence s'explique par la nécessité de contenir l'utérus pendant la grossesse. Le bassin termine en bas le tronc : il est situé entre la colonne vertébrale, qui porte sur sa partie postérieure, et les fémurs, qui s'attachent à ses parties latérales : disposition importante en vertu de laquelle le bassin offre au centre de gravité une
large base de sustentation, et qui a en outre ce ; nous avons vu que les os sont d'autant plus morésultat de décomposer et d'amoindrir les contre- biles qu'ils sont plus éloignes du tronc. 11 suit de
■ ■ là qu'un muscle entraine toujours celui des deux os auxquels il s'attache qui est le plus distant du centre du corps ; aussi les muscles destinés à mouvoir un os s'étendent-ils toujours de cet os vers le tronc : les muscles destinés à mouvoir le pied sont situés sur la jambe; ceux qui doivent fléchir la jambe occupent la cuisse ; ceux qui fléchissent la cuisse s'attachent au bassin, etc. permet à la jambe de se plier en arrière ou de II est évident que l'énergie d'un mouvement s'étendre dans le sens antéro-postcrieur. Un petit dépend surtout du volume ou du no'"''™ des
__ nposer coups de la marche, de la course, du saut et de la chute.
Un seul os, le fémur, le plus long et le plus volumineux du squelette, forme la cuisse. Son extrémité supérieure, coudée et arrondie, tourne dans une cavité que lui offre l'os coxal, de façon à laisser la cuisse se mouvoir en tous sens. L'extrémité inférieure, renflée, repose sur le tibia, et
os plat, la rolue, protège en avant l'articulation du genou et augmente la puissance des muscles qui étendent la jambe sur la cuisse, en rendant plus oblique leur insertion sur le tibia.
Deux os forment la jambe ; l'un solide, épais et rectiligne, le tibia, situé en dedans; il porte le fémur, et s'appuie sur le pied. Le second, grêle, flexible, appelé le péroné, ne sert qu'i maintenir le pied et à l'empêcher de glisser en dehors. Cet os, analogue au radius, ne tourne pas sur le tibia, mais lui est invariablement fixe. Le pied, en effet, base de sustentation, a besoin avant tout de solidité : les mouvements variés lui sont inutiles ; et une mobilité analogue i celle de la main lui serait dangereuse.
Comme la main, le pied se compose de trois parties, le Inrse, le métatarse et les doigta, parfaitement analogues aux parties similaires de la main.
Sept os composent le tarse; l'un, Vasfragale, élevé au-dessus des autres, arrondi en forme de poulie, s'eniboite dans la mortaise que lui offrent le tibia et le péroné, et forme avec eux l'articulation du cou-de-pied. Il repose sur l'os du talon. le cakanéum, qui se prolonge en arrière, présentant un puissant levier aux muscles du mollet ; ces muscles, en effet, étendent le pied sur la jambe, ou en d'autres termes, soulèvent h eux seuls le poids du corps tout entier, ce qui explique la longueur, la saillie et la solidité du calcanéum. Les autres os, le scaphoït/e, le cuboide et les trois cunéiformes, complètent le tars".
Le métatarse se compose, comme le métacarpe, de cinq petits os longs ; mais celui qui porte le gros orteil est aussi peu mobile que les autres.
Enfin, les doigts comptent le mêine nombre de phalanges qu'à la main, mais plus courtes, plus plus grosses et moins mobiles.
L'analogie des membres thoracique et abdominal, entrevue par Vic(|-d'Azyr, a été confirmée par les belles recherches de Flourens, de Martins, de Geoffroy Saint-Hilaire, etc. Ces savants ont montré la ressemblance et la symétrie exacte, ;\ travers les différences apparentes, de l'épaule et du bassin, du bras et de la cuisse, de l'avant-bras
muscles qui le provoquent. Mais elle dépend aussi de la façon dont le muscle s'attache, ou comme on dit, s'insère à l'ns. L'énergie a'ioi mouvement est d'autant plus faible que l'insertion du muscle sw l'os mobile est plus obligne. Cette loi se comprend d'elle-même : par exemple, le muscle biceps, qui s'attache d'une part au bras et de l'autre h l'avant-bras, perd, au début du mouvement de flexion, les trois quarts de la force employée, parce qu'il s'insère très obliquement h. l'avant-bras. Mais i mesure que la flexion s'accentue et que le muscle devient plus perpendiculaire à l'os mobile, la force du mouvement augmente. Presque tous nos muscles s'insèrent très obliquement sur les os, d'une manière par conséquent peu avantageuse à l'énergie du début du mouvement.
Nous avons déjîi dit que les os ne sont que des appareils mécaniques identiques aux leviers, dont ils présentent les trois variétés. (V. 1 article Mécanique, p. 12S0.)
Le levier du premier genre est assez fréquent dans l'économie : par exemple, lorsque la tête est en équilibre sur la colonne vertébrale, sollicitée en avant par le poids de la face, maintenue en arrière par les muscles de la nuque, elle représente un levier de ce genre, dans lequel e point d'appui est placé entre la résistance et la
Le levier du deuxième genre se rencontre daiis l'articulation du cou-de-pied, lorsqu'on soulève e poids total du corps en se dressant sur la pointe du pied, ce qui a lieu dans la marche à chaque pas, quand le membre inférieur va se détacher du sol pour osciller et se porter au devant dc 1 autre, bn ce cas, le point d'appui est fourni par la pomte du pied, appliquée au sol. La puissance est représentée par les muscles du mollet, qui s insèrent au bout du talon (calcanéum). Enfin, la résistance, c'est-;Vdire le poids du corps, transmis par le tibia, se trouve appliquée sur l'astragale, cest-à-ûire entre le point d'appui et le point d application de la puissance. Remarquons qu'en ce genre Qe levier le bras de levier de la puissance est beaticoup plus long que celui de la résistance, disposition éminemment avantageuse qui fait que la force
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déployée par les muscles du mollet n'a pas besoin d'égaler le poids du corps pour pouvoir la soulever.
Enfin, le levier du troisième genre est de beaucoup le plus répandu ; c'est lui qui préside à presque tous les mouvements partiels ou d'ensemble, particulièrement à ceux de flexion ou d'extension. L'articulation du coude en est un exemple enire autres. Le muscle biceps, représentant la puissance, s'attaciie sur le radius, un peu au-dessous de l'articulation. Le point d'appui est fourni par l'articulation même, et la résistance consiste dans le poids que soulève la main. Le bras de la puissance est ici plus court que celui de la résistance, de sorte que l'énergie de la coiitraction doit toujours être supérieure h l'obstacle vaincu. Mais, en compensation, l'extrémité (lu levier, la main, par exemple, parcourt un chemin bien plus long. Le mouvement regagne en étendue ce qu'il a perdu en force.
Il convient, pour terminer cette étude, de jeter un coup d'œil sur les modifications du squelette dans les diflerentes classes des vertébrés.
Ce nom seul de Vertèbres indique tout d'abord que, parmi les diverses pièces de la charpente osseuse, la colonne vertébrale est celle qui persiste avec le moins de variations. Les membres abdominaux peuvent manquer chez certaines espèces aquatiques, les membres thoraciques chez certains animaux terrestres, les côtes font défaut chez la grenouille, le sternum chez les serpents, etc. Mais la longue tige creuse qui renferme cet organe capital, le système nerveux, reste constante, et demeure comme la caractéristique de l'embranchement.
Et cependant, à travers tant de variations, la nature ne se départit que le moins possible du plan général qu'elle a adopté, et, par de légers changements de forme ou de proportions, elle plie parfois ce plan unique aux destinations les plus diverses. Le bras de l'homme, la patte d'un écureuil, la nageoire d'un phoque, l'aile d'une cliauve-souris, présentent exactement le même nombre d'os et le même agencement de ces os.
Dans la classe des Mammifères, les doigts diminuent et la clavicule disparaît chez les espèces dont les membres ne servent qui la course. On peut, chez quelques espèces (dauphins, baleines), voir manquer absolument les membres abdominaux. Enfin le nombre des vertèbres dorsales ou caudales est sujet à de légères variations.
Chez les Oiseaux, le squelette est infiniment plus léger, presque tous les os étant creusés de cavités pleines d'air. La tête est très mobile sur de nombreuses vertèbres cervicales. Les vertèbi-es dorsales, point d'appui du vol, sont au contraire fixées les unes sur les autres. Les deux clavicules sont soudées en avant. L'aile renferme à peu près les mêmes os qu'un membre supérieur de mammifère. L'os de la hanclie est très développé, comme il doit l'être chez un bipède. Un seul os représente le tarse et le métatarse.
Le squelette des Reptiles présente d'infinies variations ; tous les os, à l'exception de la tète et des vertèbres, peuvent manquer tour :\ tour.
Quant aux Poissoiis, nous ne pouvons entrer dans le détail de leur anatomie osseuse. Nous dirons seulement que, chez certains d'entre eux, le squelette peut être absolument cartilagineux, (requin, raie?, chez d'autres même tout à fait membraneux, presque inconsistant (laniproiej.
Enfin les ISatraeiens présentent cette particularité que le thorax est chez eux incomplet, les côtes faisant entièrement ou presque entièrement défaut : ce qui modifie leur mode respiratoire, et les oblige à waler de l'air, au lieu de Vaspirer. Avec la dernière classe des vertébrés disparaît le squelette proprement dit, la charpente osseuse
intérieure. Toutefois les premiers invertébrés ne sont pas encore dos animaux uniquement composés de parties molles. Los Insectes, les Crustacés, sans posséder d'os il proprement parler, sont pourvus d'une armature extérieure résistante et solide, qui n'est que la peau modifiée et durcie. Ce squelette extérieur remplit les mêmes rôles (lue le squelette des vertébrés, prête attache aux muscles, protège les viscères, et assure la forme de l'animal.
Mais cette carapace elle-même disparait à son tour, et l'on entre alors dans un monde inférieur et rudiraentaire, d'oij la forme et la consistance sont également absentes. [D' E. Pécaut.]
STIMULANTS. — Hygiène, XII. — Les hommes de tous les climats, de tous les pays, saiivages ou civilisés, semblent éprouver le besoin instinctif de substances que l'on désigne sous les noms d'excitants ou de stitnulcmts. Aussitôt que l'expérience leur a révélé l'existence et les propriétés d'un agent de cette nature, ils en ont adopté l'usage. A mesure que les relations et leséchanges sont devenus plus faciles, les peuples se sont emprunté les produits spéciaux de chaque pays, de sorte qu'aujourd'hui les stimulants de toute sorte tendent à se faire partout concurrence. Il en est résulté quo le même individu fait usage de plusieurs stimulants alternativement ou à l'état de combinaison.
On se ferait facilement une idée du rôle des substances stimulantes, si l'on n'avait pas sovis les yeux des chiffres aussi exacts qu'il est possible de les établir aujourd'hui.
Voici, par ordre d'importance numérique, celles dont on consomme le plus :
Le kava, employé par environ 1,000,000 de Polynésiens. . .
Le coca, mâché par les Indiens de la Bolivie et du Pérou, formant une population d'environ 10000000 d'individus.
Le maté, pris en infusion par une population de 15 000 000 d'Indiens, dans le Paraguay, le Brésil et la république Argentine.
Le bétel, mâché par les Malais, des Indous et des Chinois, au nombre d'environ 100 noi) 000.
Le café, usité en infusion dans une grande partie de l'ancien monde et une portion considérable de l'Amérique et de l'Océanie, compte à peu près 500000 000 de consommateurs.
Le haschisch réclame environ 30iH)00000 d'adeptes en Perse, en Turquie, dans l'Inde et dans le nord de l'Afrique.
L'opium est fumé par 400 000 000 d'hommes, dans l'Inde, la Perse, la Turquie et la Chine.
Le thé a suivi un peu partout le café : recherché surtout en Angleterre, aux Etats-Unis, en- P.ussie, il forme en outre l.i boisson populaire de la Chine et du Japon. Les populations qui l'emploient forment un total d'au moins 500 000 000. L'alcool règne sur une population d'environ COO 000 000 d'individus, dans tous les pays, excepté ceux soumis à la religion musulmane, qui en prohibe l'usage.
Le tabac a fait la conquête du monde depuis la découverte de l'Amérique; il est prisé, chiqué ou fumé par des populations évaluées i 900000 000 d'individus.
Ces chiffres, bien que puisés aux meilleures sources, ne sont pas, bien entendu, d'une exactitude rigoureuse. De plus, ils embrassent la population entière chez laquelle le stimulant est en usage. Or il faut éliminer, pour arriver au chiffre réel dos consommateurs, la presque totalité des enfants et la grande majorité des femmes.
Nous consacrons aux principaux stimulants ou excitants en usage chez nous, l'alcool, le café et le tabac, des articles spéciaux. Nous ne parlerons ici que d'une manière générale de l'in-
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fluence des stimulants sur la santé et sur la vie humaine.
Les siatistiquGS démontrent que l'abus des stimulants augmente dans une effrayante proportion les cas do paralysie, de folie, de suicide, de crimes contre les personnes. Leur usage, à tous degrés, entraîne des maladies du corps et des troubles de l'intelligence. Ils figurent au premier rang parmi les causes qui abrègent la vie liuniaine et produisent les dégénérescences héréditaires.
L'habilude de voir tout le monde faire usage de stimulants, leur innocuité apparente, le plaisir sensuel qu'ils procurent nous empêche d'apprécier leurs ravages. Montaigne a dit : a Tout le mal, chez nous, vient d'ânerie. » Le mot peut s'appliquer à tiut. Nous avons fait des drogues stimulantes, enivrantes, nos commensaux ; nous leur attribuons une part de notre santé, de notre belle humeur, de notre esprit, voire même de notre aiTectivité ; il faut vraiment être bien sur de soi pour dénoncer ces ennemis intimes; ce n'est que par des preuves irrécusables que l'on peut espérer convaincre ceux à qui l'on conseille de renier ce qu'ils ont adoré. C'est la tâche de l'hygiène.
Il lui appartient de montrer les dangers qui accompagnent toujours les excitants et de .signaler comment on peut remplacer ces agents de destruction p.ar des moyens naturels, élevés, utiles, de satisfaire chez l'homme, à tout âge, les besoins matériels, le penchant pour le plaisir et la tendance vers l'idéal.
Dans le principe, c'est toujours comme pis-aller que l'on recourt aux stimulants. On y est conduit d'oidinairo par un besoin pliysique, un instinct, résultant d'un dé-ordre des fonctions : ainsi l'alimentation insnffisante conduit tout naturellement à l'usage d" l'alcool. Celui-ci devient souvent, il est vrai, l'aliment de la paresse et de la débauche ; mais, dans un très grand nombre de cas, c'est l'alimentation insuffisante qui amène une lutte inégale entre le pain et l'alcool, entre le bien-êtro et l'ivrognerie.
Supposez un ouvrier sobre, rangé, fort contre les exemples et les invitations de ses camarades, — il y en a beaucoup comme cela, — obligé de nourrir une famille nombreuse avec un faible salaire. Arrive l'hiver: la dépense, déjà, réduite au minimum, augmente un peu pour le chauffage et l'éclairage ; il faut retrancher sur la nourriture déjà insuffisante et se priver du vêtement chaud que réclame la saison. Un matin, à l'atelier, il se sent faible. Un camarade qui le voit moins vif à l'ouvrage l'invite à prendre un petit verre « pour se donner de la force et se réchauffer. » Le petit verre, c'est le coup de fouet au cheval : il produit le coup de col ier. Demain, on en prendra un autre, — toujours pour le bon motif; — puis il en
faudra deux par jour, trois, quatre L'ouvrier
deviendra buveur d'eau-de-vie. C'est faute de pain et de viande qu'il en est venu là. Et maintenant il n'a plus d'appétit, même pour sa maigre pitance, de sorte qu'il est condamné à boire encore pour ne pas mourir d'inanition ; il se tue par l'alcool pour ne pas mourir de faim, et il arrive à dépenser en alcool bien plus qu'il ne faudrait pour acheter le surcroît d'aliments qui lui a fait défaut. Et cet homme jauni, desséché, tremblant, débile, dont vous vous éloignez avec dégoût, a laissé dans sa mansarde une famille ; l'argent a manqué, la maladie est venue, tous sont dispersés par l'assistance publique, en attendant que le père entre à l'Hôtel-Dieu, dans un asile d'aliénés ou dans une prison.
La tempérance ne peut régner que là où existent la vie de famille, un coulort relatif qui permet le respect de soi et des siens, une alimentation
suffisamment réparatrice, une instruction moyenne qui ouvre l'esprit aux distractions d'un ordre élevé. Répétons que l'instruction la plus élémentaire devrait accorder une large place a l'hygiène, — cette scicMice que nous trouvons au fond de toutes les questions sociales, — afin de remplacer les banales déclamations par des préceptes bien définis, expliqués par des exemples familiers.
Le premier adversaire que nous devions opposer aux excitants, c'est l'éducation, qui fait les mœurs; et pour auxiliaires nous lui donnerons la loi, qui les sauvegarde.
Pour demeurer dans le domaine de l'hygiène et arriver à des conclusions pratiques, essayons, prenant les choses comme elles sont, de tracer la voie pour des améliorations successives, les seules que l'on puisse raisonnablement espérer.
L'homme se tue, en grande partie, par l'usage des stimulants : comment remédier à ce suicide en masse? Parmi les stimulants, il y en a qui sont particulièrement dangereux ; de ce noiubre sont l'alcool et le tabac. Ne pourrait-on pas s'en déshabituer graduellement par voie de substitution ? Oji préparerait des tabacs peu fermentes et appauvris en nicotine. Le vin, la bière, le cidre, remplaceraient l'alcool ; plus tard, le café, le thé, le maté se substitueraient au vin ; enfin on remplacerait sans effort des infusions de plus en plus légères de ces plantes par d'autres infusions -implement aromatiques ou par de l'eau pure. Notez que cette substitution s'établit d'ellemême d;ins bien des cas; ainsi, parmi les soldats qui reçoivent une ration jimrnalière de café, un bon nombre n'éprouvent plus le besoin de boire de l'eau-de-vie.
La contagion de l'exemple, même restreinte par l'absence d'attrait sensuel, entraînerait rapidement, surtout sous l'influence directrice des femmes. Par un heureux retour, on verrait abandonner une dangereuse forfanterie et faire consister le point d'honneur à être sobre.
lUais la sobriété est une résultante. Nous avons vu que l'homme s'en écarte à la poursuite d'un élément de bien-être qui lui fait défaut. C'est un point qu'il ne faut jamais perdre de vue toutes les lois que l'on cherche à modérer ou à supprimer l'usage des excitants. Pour ramener l'homme moral à sa condition normale, comriiencez par assurer les conditions régulières de sa vie physique: et, en étudiant la question, vous serez surpris de voir combien l'alimentation influe sur la morale. Depuis que l'on répète le conseil : « On esprit sain dans un corps sain, » on n'insiste pas assez sur les rapports qui s'établissent entre l'esprit et un estomac à jeun. Le pain quotidien, la ration alimentaire d'entretien et de travail, voilà ce qu'il faut assurer avant tout. Le corps bien nourri n'appellera pas à son secours les excitants pour tromper la faim, galvaniser les muscles, produire une chaleur éphémère, ou émousser les sourdes douleurs de l'inanition.
Mais ce n'est pas tout. Si le travail manuel n'y pourvoit pas assez, le besoin d'activité physioue — qu'engourdissaient les excitants — trouvera dans l'exercice rationnel ou dans les jeux une légitime satisfaction. L'esprit et le cœur ont soif d'émotions, d'impressions, d'épanchements : tout cela existe dans la vie de famille, les plaisirs du foyer, les amitiés honnêtes. Nous admettons qu'il y a en outre chez l'homme, dans toutes les conditions, quelque chose qui l'attire vers l'inconnu, sentiment religieux, aspiration vers l'idéal. A quelque degré que ces sentiments existent, ils sont naturels, et, faute d'aliment, ils dévient, se transforment, se pervertissent, ou plutôt prennent le change et s'é.^arent dans les illusions décevantes des ijiébriants. A ce danger opposons un sens moral affermi par l'éducation et
STUAllT
STYLE
par l'exemple, un sentiment élevé du bien et du biiau développé par les livres, les théâtres, les iiiivres d'art.
Il n'y a rien dans tout cela qui ressemble h des iilopies. Ce no sont pas les bonnes volontés qui Iniit défaut, mais l'ensemble dans l'effort. Nous souffrons ions d'un mal chronique, héréditaire et l'nrouragé par le fisc, propagé par l'éducation et Irfi mœurs, réglementé par les lois. Nous ne demandons pas mieux que do guérir, mais il manque une direction venant d'en haut pour opérer graduellement l(^s réformes, et une sanction delà loi pour contraindre, dans une cerlaine mesure, ceu.\ (|U0 n'entraînerait pas l'exemple.
Aussi longtemps que l'homme usera d'excitants, >-:i régénération physique, morale et intellectuelle 'Irmeurera impossible; il lui faudra se résigner à Il iiL' vie courte, maladive et tourmentée. 11 ne tient i|u'à lui de revenir au type normal, de rentrer 'lins les voies de sa destination et d'atteindre la longévité de sa race : il y arrivera par les moyens i|Uo nous venons de passer en revue. Heureux le |irnple qui, rompant avec les préjugés de la routine, aura le courage d'entreprendre cette croisade contre les drogues empoisonneuses, pour fonder sur l'hygiène sa force et sa grandeur! Pourquoi la France, à qui le monde doit tant de nobles initiatives, ne prendrait-elle pas en main cette cause de riiumaiiité? [D' Satiray.]
STl'.VRT. — Histoire générale, XXVIII. — Nom d'une famille royale qui a régné sur l'Ecosse d'abord, depuis 1370 jusqu'au moiuent de la réunion de ce pays à l'Angleterre, et qui a fourni ensuite h la Grande-Bretagne, pendant le xvn° siècle, quatre souverains. Le comte Walter Stuart avait épousé la sœur du roi d'Ecosse David II Bruce; celui-ci, étant mort sans héritier ; 1-370), laissa la couronne à son neveu Robert Stuart, fils de Walter, devenu le premier roi de la dynastie des Stuarts sous le nom de Robert II. Son cinquième successeur, Jacques IV, épousa en 1603 Marguerite, fille du roi d'Angleterre Henri Vil; c'est de ce mariage que ses descendants tirèrent leurs prétentions à la couronne d'Angleterre. Le fils de Jacques IV. Jacques V (monté sur le trône en 1513), épousa une princesse française, Marie de Guise, et fut le père de la célèbre Marie Smart, qui, après avoir régné en France comme épouse de François II, retourna en Ecosse, s'y maria i lord Darniey, fut chassée par ses sujets, retenue en prison par la reine d'Angleterre Elisabeth, et mourut, sur l'cchafaud (V. Mari'' Stwni). Le fils de Marie Stuart et de Darniey, roi d'Ecosse depuis 1563 sous le nom de Jacques VI, devint roi d'Angleterre il la mort d'Elisabeth en 1U03, sous le nom de Jacques I" (V. Jacques I"). Son fils et successeur Charles I" perdit la couronne et la vie à la suite de la révolution d'Angleterre (V. Ch^n-- Ics ly), et l'on put croire un moment que la dynastie des Stuarts avait définitivement cessé de régner. La veuve de Charles I", Henriette de France, fille d'Henri IV, s'était réfugiée auprès de Louis XIV; sa fille, la célèbre princesse Henriette d'Angleterre, épousa le duc d'Orléans, frère de Louis XIV : la reine d'Angleterre mourut en 1669, et la duchesse d'Orléans en 1670; Bossuet prononça leur oraison funèbre à toutçs deux. Cependant la dynastie des Stuarts avait été restaurée en Angleterre par Monk en 1660 : les deux fils de Charles I", Charles II et Jacques II, régnèrent successivement (V. Char/es II et Jacques H). La révolution de 16S8, qui chassa Jacques II, marqua la déchéance définitive des Stuarts. Il est vrai que Guillaume III avait épousé une fille de Jacques il, Marie, et qu'après lui ce fut une autre fille du roi déchu, Anne Stuart, qui porta la couronne d'Angleterre (17ii2-ni4); mais Anne était une princesse protestante, elle avait épousé un
prince danois, et sa politique, diamétralement opposée aux traditions de sa famille, fut la continuation de la politique nouvelle inaugurée par Guillaume III. Louis XIV avait donné un asile à Jacques II; lorsque celui-ci mourut (1701), Louis XIV, en guerre avec Guillaume III, reconnut le titre do roi d'Angleterre au (ils de Jacques II, qui prit le nom de Jacques III et qui est plus connu >ous le nom de chevulier de ^aint- Georges. Deux soulèveiuents eurent lieu en Ecosse en faveur de ce prétendant après la mort de la reine Anne, en 1715 et en 1716, mais sans résultat. En 17-io, le fils du chevalier de Saint-Georges, le prince Charles-Edouard, tenta un débarquement en Ecosse ; il remporta d'abord des succès, mais fut battu à Culloden (1740). Il mourut à Florence en 17S8, et avec lui s'éteignit la race des Stuarts.
STYLE. — Littérature et style, V. — - Définitions et considévfituins préliminaires. — Dans son acception la plus simple, celle qui doit nous préoccuper avant tout, quand il s'agit d'enseignement populaire, le style n'est autre chose que la manière d'exprimer sa pensée, de façon ."i être compris. C'est par métonymie que ce mot est arrivé à avoir cette signification ; il désignait à l'origine (en grec stylos, en latin sli/lns) le poinçon dont les anciens se servaient pour tracer leurs pensées sur la cire des tablettes. Nous ne le confondions pas complètement avec le mot rloculion, qui s'applique plutôt à la parole qu'aux écrits (en latin etO'Utio, de eloqui, parler), et qui appartient à la rhétorique proprement dite.
Mais il y a du mot style une autre acception, dont il convient de tenir compte. D'habitude, on n'écrit pas seulement pour être compris, pour noter des faits et des idées ; le plus souvent, on veut encore produire une impression sur l'esprit du lecteur, on veut lui plaire, lui faire partager une conviction, un sentiment; on marque alors son style d'un cachet personnel. D'ailleurs les influences les plus diverses modifient le style, qui varie selon les qualités d'esprit ou de cœur, le caractère, l'humeur, le tempérament de chacun, selon les climats, le génie national, le génie de la langue, le sujet que l'on traite. On pourrait presque dire qu'il y a autant de styles que d'écrivains. Le style est alors, selon des définitions célèbres, le mouvement que l'on met dans ses pensées, il est la marque de la personnalité, il est « l'homme même ».
Pour tout concilier, disons que le style est la manière personnelle dont chacun exprime, au moyen de la langue commune, ce qu'il sait, ce qu'il pense, et ce qu'il sent.
Mais cette langue commune, il faut avoir appris à s'en servir, cet art de l'expression (car c'est à la fuis un art et un don naturel), il faut en avoir approfondi les secrets; il est donc une partie mécanique de cet art qui demande une étude spéciale. Voilà pourquoi nous considérons le style isolément, et le séparons un instant de la pensée, sans la perdre jamais de vue.
Quand Boileau a dit :
Ce que l'on ronçoit bien s'énonce dairoment, Et les mots pour le dire arrivent aisément,
il n'écrivait pas pour des écoliers; lui-même a dii éprouver souvent qu'il n'était pas si facile de s'exprimer avec clarté, et que la pensée plus d'une fois avait à courir après le mot juste ou expressif; ne lui est-il pas arrivé de ne rencontrer qu'au coin d'un bois la rime qui le fuyait'? Il y a un travail de la forme, un apprentissage du style, un soin particulier de la phrase que nous devons polir, et que nous présenterons ensuite à la pensée comme un miroir où elle se reconnaîtra, si nous avons réussi : car le bon style n'existe
STYLE
STYLE
«u'à la condition de la reproduire fidèlement. ( Les ^jzH'es* soit de mots, soit de pensées, four- Les préceptes théoriques, la lecture, les exer- nissent au style les moyens de donner Ji 1 excices de rédaction et de composition concourent à \ pression plus de force et d agrément ; elles sont former le style. C'est ;\ ces trois sources que nous ! souvent le langage de la passion et de 1 imagi- Duiserons pour l'enseignement primaire, mais en ; nation.
procédant avec méthode, en tenantcompte de l'âge ' Dans l'enseignement primaire, nous nous préocde nos élèves du développement de leurs facultés ] cuperons avant tout des qualités générales du intellectuelles du but et de la durée de leurs style : mais à l'occasion, surtout dans Ips cours sui^^Jgg : périeurs, nous ne craindrons pas de faire valoir,
I PnÉCEPTES THÉoniQUES. — Nous commençons parmi les qualités particulières, celles qui seront caria théorie, parce qu'elle a l'avantage de montrer le plus à la portée de nos élevés, celles qui pouraux maîtres le but vers lequel ils doivent aclie- i ront les inviter à orner leur jeune style, et leur miner leurs élèves; mais il est bien entendu que faciliter l'expression d'un sentiment.
miner IKUrS eicvca, maio IL .^ov w.v... y- ,
dans les classes elle ne saurait précéder la pratique. Elle définit le style, elle montre comment il dépend de la pensée et de l'ordre do nos idées, elle passe en revue toutes les qualités générales ou particulières qui en sont l'essence ou en font le mérite, tous les moyens d'exprimer sa pensée, <le convaincre la raison, de toucher '" ""'"- ^^ frapper rima^;ination.
II. Li LECTL'RE. — Pour former le style, la lecture est le plus puissant auxiliaire de la plume :
Quiconque a h
Peut avoir beaucoup
ip lu
a pensée, Or ici, comme ailleurs, il s'agit de beaucoup rete-
cceur, de nir: le style dépend d'abord de l'observation et de
l'imitation. Nous parlons non seulement de la lec-
ipuer l'ima"ination. I limitation. iNous parions non seuiemBui. "^ "» '=v-
Les aunlités qénérales sont celles dont on ne \ ture courante, mais encore et surtout de la lecneut guère concevoir qu'il soit possible de se pas- ; ture réfléchie, expliquée par le maître avec méser • auiconnue écrit, même sans autre prétention , thode et avec le dessein arrête de n appeler jamais flue de se faire comprendre, doit viser h. la clar- ; l'atteniiou des enfants que sur ce qui peut avoir té à la correction et à la précision. pour eux un profit certain et immodia . Selon les
I a rinrté est en ouelque sorte la transparence âges et les degrés de 1 enseignement, il leur e.xpiide la pensée à travers les mots ; la correction q^era le sens des mots, dont ils doivent avant tout consiste i n'emnlover que les termes et les cens- faire provision, les constructions et la suite des tructions consTés pa? l'usage et la grammaire ; phrases ; H fera valoir dans ^'^\^]^à^^'^! ^^^{.^'Z il ne faut pas la confondre avec la pureté, qui i lites générales ou particulières du sty . Q" "s oe évite les moindres taches; la précision n'emploie yront chercher à sa>similer; il cultivera leur que les termes nécessaires à'^l'expression de la I goût, leur inspirera l'admiration, élèvera eurs Densée-elle retranche (en latin pr^c «/«•-, couper âmes, et à la chaleur comraunicative et vivUiante ?asTtout ce qui est de trop. On voit quel lien unit . des plus nobles écrits fera éclore dans leur esprit cestrolsquaiilés essentielles: l'incorrection et la les germes latents des idées et des sentiments diifusion ne sauraient engendrer qu'obscurité. personnels, en même temps qu il leur lera conce-
On range encore parmi les qualités générales voir la beauté idéale de la forme, du stvle la noôtesse, le naturel, la variété, Vliar- m. Des exercices de rédaction. - Même ormo7'/r qui nous seniblent appartenir plutôt à la dre, même gradation pour les exercices de redaccaté.'o'rie des qualités particulières. Reconnaissons tion et de composition. Dans nos classes, la pius ceoendint que le style le plus modeste doit avoir large part doit être faite d'abord aux exercices de un^ecer aine dignité, et éviter les termes bas : i langue française Puisque, pour exprimer une une certaine ui„. ii , pensée, il faut savoir avant tout trouvnr les mots
Le style le moins noble a pourtant sa iiol>losso. j |jj.(jp^gg arranger ces mots en forme de proposi-
11 Hoit fuir aussi « des mauvais sons le concours ' tiens, et les propositions en forme do plirases, le Ltn^ „ nour ne oas Tomber dans le ridicule. I premier travail sera nécessairemen plus g^nima-
vent le dernier effort de 1 art.
C'est par les qualités particulières que se manifeste cette empreinte personnelle dont les mieux doués, même parmi les écoliers, marquent leurs écrits. Elles varient selon les sujets, et se rattachent ù. la division du style en trois styles principaux, le style simple, le tempéré, et le sublime Le style simple comporte la concision, le naUtrel, \3.nàivetc, la familiarité ; au style tempère appartiennent Yélégance, la richesse, la finesse, la délicatesse : le style sublime réclame 1 énergie, la véhémence, la magrdficence. Nous renvoyons aux nombreux traites de rhétorique et de style pour la définition de ces qualités, et pour les exemples.
Ce n'est pas assez de connaître et de posséder les qualités diverses du style, il faut savoir les fondre ensemble, les assortir dans nos écrits,^ de façon i éviter l'uniformité, d'où naît 1 ennui: c est le mérite de la variété. Chaque genre de littérature, chaque sujet, a son style propre, sa couleur; à ce point de vue le style est ou poétique, ou oratoire, ou historique, ou philosophique, ou scientitique: la cotn-enance nous apprend à choisir, et à teindre le langage des couleurs du sujet, hnhn il est une harmonie particulière qui aide à peindre la pensée, et ne contribue pas peu au charme des écrits.
U UUiUli la iiaïuïi <J uii .JUJ.-V j-
truire un ensemble qui ait un commencement, un milieu et une fin. .
Nous apprendrons donc successivement a nos élèves, en multipliant les exercices appropries à leur âge et à leur degré de force, à étudier les mots isolément, :\ en reconnaître la valeur propre et l'acception la plus commune, la généalogie, la famille, la dérivation, à se rendre compte des diversités et des nuances de sens qui résultent de l'emploi des termes simples ou composes, propres ou figurés, des synonymes, etc. Puis ils passeront à l'étude de la proposition, du sujet, du verbe, de l'attribut avec leurs compléments; ils seront initiés aux divers procédés de coordination et de subordination des propositions ; alors ils pourront composer une phrase avec des mots et des propositions donnés, ajouter eux-mêmes des adjectits, des compléments, changer les singuliers en pluriels et réciproquement, transformer les genres, les personnes, les temps, les modes, placer mots et propositions dans l'ordre logique, et se lamiliariser déjà avec les inversions qui ne larderont pas à se présenter d'elles-mêmes. Quand Us auront un vocabulaire assez riche (la lecture et les leçons de choses le leur donneront), quand Us auront bien conçu ce que c'est qu'une phrase, et auront déjà assoupli leur style par ces premiers
SUCRE
SUCRE
exercices, nous leur apprendrons à traiter de petits sujets empruntés à la vie, commune, à ce qui se passe sous leurs yeux, à ce qui les entoure et les int(5rcsse directement. Ils auront plusieurs phrases ;\ composer, à enchaîner, h conduire jusqu'à une conclusion : la nécessite de l'étude du pla7i se fera sentir ; le style sera l'ordre qu'ils mettront dans leurs idées, dans la succession des phrases. La correction do ces premiers devoirs tendra surtout à leur recommander la clarté, la pureté, la précision, et i leur signaler, comme des écueils, les défauts contraires, l'obscurité, l'impropriété des termes, les constructions vicieuses, la diffusion.
Plus avancés et plus expérimentés, nous nous préoccuperons des qualités particulières ; nous leur ferons étudier ce qu'on appelle les lotirs de plirase qui animent le style, préviennent la monotonie, et impriment aux écrits ce mouvement dont parle Buffon. Ce sera le lieu de leur parler des figures de grammaire et de pensées, de les familiariser notajnment avec l'interrogation, l'exclamation, l'inversion, etc. , de leur faife distinguer le style coupé du style pcrwi/ique, et de leur apprendre à construire des péria/es. Ils pourront ensuite aborder des compositions d'un ordre plus relevé, et marquer leur style d'un certain caractère de personnalité.
Mais prenons garde ici de trop exciter chez eux le désir de briller, en se parant des richesses d'autrui, et d'abuser des grands effets, en imitant peu judicieusement tout ce qui aurait frappé leur imagination; le clinquant, l'affectation, l'emphase ne manqueraient pas de nuire à cette clarté (]ue nous recherchons avant tout pour eux, à ces habitudes de simplicité et de sincérité que notre devoir est de leur inculquer. Ils ne se paieront pas de mots et de figures ; ils ne se mettront pas en quête du merveilleux; ils réfléchiront, ils rattacheront l'expression à la pensée par le lien le plus étroit ; une sage disposition réglera le mouvement de leur stylo, et si, après un début sans prétention et sans fracas, la chaleur se répand dans leurs écrits, ce sera celle qui résulte de la possession du sujet et d'une sensibilité naturelle. [C. de Lostalot.]
SUBSTANTIF. — V. Nom.
SrCRK. — Chimie, XXII. —Historique. — Lesacre,dont tout le monde fait usage aujourd'hui, coùtaitencore in francs lalivre il y a quatre-vingts ans ; les ouvriers et les paysans ne s'en servaient que comme d'un médicament. Aujourd'hui ce précieux aliment est à la portée de toutes les bourses, aussi la consommation en est-elle prodigieuse, et l'industrie sucrière est certainement l'une des plus importantes de notre époque. Quoique l'usage du sucre ne se soit popularisé que dans ce siècle, néanmoins cette substance était connue depuis fort longtemps. Le sucre extrait de la canne parait en Grèce après l'expédition d'Alexandre dans l'Inde, où il était employé comme médicament de temps immémorial. On l'appelait sel indien ou saccharon ; les Romains en ontUïi saccha7-um. Le sucre raffiné nous vient des Arabes et peut-être des Cliinois. C'est après les premières croisades qu'on rencontre le sucre dans l'Europe occidentale; il venait probablement de l'Asie-Mineure où il était en usage depuis une haute antiquité. Dans une ordonnance royale de 1353, il est question de sucre raffiné : on l'y appelle cafetin. A cotte époque et pendant plus d'un siècle encore, ce « médicament » venait de l'Inde, de Chypre, de lihode, de Candie. Au xv" siècle la canne fut introduite dans l'île de Madère par dom Henri, régent de Portugal ; elle y réussit. Bientôt les Espagnols en essaient la culture aux ( anaries, puis à Murcie et en Andalousie. Des tentatives de culture de canne faites en Provence et dans diverses parties du midi do la
France ne réussirent point; aussi, sous Henri IV, on achetait encore le sucre à l'once chez les pharniaciens. A la fin du xvii" siècle, nos colonies de Saint-Christoplie,de la Guadeloupe, et des Antilles peuvent suffire h la consommation de, la France, qui, en 1700, est de un million de kilogrammes par an.
C'est vers 1605 que notre célèbre agronome Olivier de Serre signala l'existence du sucre dans la racine de betterave : mais il faut ajouter tout de suite que c'est IVIargraf, chimiste allemand, qui le premier put l'en extraire en trailant les betteraves écrasées par l'alcool bouillant. Le mémoire d.ins lequel il décrit les expériences chimiques faites dnns le dessein de tirer un vciitable sucre 'te diverses plaides qui croiiseiit dam nos contrées date de lHî>. Les plantes auxquelles l'auteur fait allusion sont surtout la betterave, la carotte et le chervis. « Leurs racines découpées en tranches minces et desséchées, dit-il, ont non seulement un goût fort doux, mais encore elles montrent pour l'ordinaire, surtout au microscope, des particules blanches et cristallines qui tiennent de la forme du sucre. »
Margraf, trouvant son procédé d'extraction par l'alcool trop coûteux, le remplaça par le ràpage et la compression; il réussit h obtenir de la betterave blanche un sucre semblable au meilleur sucre jaunâtre de Saint-Thomas.
La découverte de Margraf fut oubliée, et la recherche d'un sucre indigène ne fut reprise que lors du blocus continental, lorsqu" la France se trouva subitement privée de la ressource du sucre colonial.
En IHI2, et d'après les ordres de Napoléon, 100 000 arpents de bonne terre furent livrés à la culture de la betterave ; la chute de l'empire faillit tuer cette industrie naissante, qui ne put réellement se développer qu';'i partir de 1.S30. -aujourd'hui le sucre de betterave, qui est excessivement bon marché, a pres(|ue complètement supplanté le sucre de canne dans la consommation de l'Europe et de l'Amérique du Nord.
En Europe, on le fabrique surtout en France, en Allemagne, en Belgique et en Autriche.
E.xtraction du ntcre de canne. — La canne à sucre est une plante bisannuelle de la' famille des graminées. C'est une espèce de grand roseau de 3 i"! 6 mètres de hauteur. La tige est coupée de 10 en 10 centimètres par des nœuds, d'où partent des feuilles longues de 1 mètre. C'est dans la partie spongieuse entre ces noeuds que se trouve le sucre lout formé. La canne h. sucre pousse surtout dans la zone torride, mais sa culture a pu réussir jusqu'au 40' degré de latitude. Quand elle est mûre, au bout de dix ou douze mois, la tige, fort cassante, est d'un blanc jaunâtre.
On distingue trois espèces de canne : la créole, qu'on cultive surtout aux Antilles ; la canne d'Otahiti, introduite en Amérique à la fin du xviii' siècle; et la canne violette, qu'on cultive surtout dans les environs de Batavia. D'après le savant chimiste Péligot, la canne contient, quand elle est fraîche, sur JOO parties:
Sucre et autres matières solubles Ligneux
lUO.O
Pour en extraire le sucre, on enlève la flèche; puis les tiges, coupées par le pied, sont écrasées entre trois gros cylindres en fonte disposés horizontalement. On en retire ainsi 60 p. 100 de suc appelé vesou. Le résidu ou hngasses est desséché, puis employé comme combustible.
Le vesou, qui fermenterait rapidement, est chauffé â (jO" avec un peu de chaux ; il se forme à la surface une écume impure qu'on enlève succès-
SUCRE
SUCRE
sivetnent, et le jus clarifié est concentré jusqu'à ce qu'il marque 25° à l'aréomètre. On le filtre alors il travers une étoffe de laine, puis on l'amène, en le cliauffant dans des chaudières spéciales, à l'état de sirop très épais ; il est alors introduit dans de larges bassines ou rafraicliissoirs, ensuite dans des caisses percées de trous bmjchés; là on l'agite, et il cristallise en petits cristaux imprégnés de sirop; on débouche les trous, et le sirop s'écoule épais et brun: c'est la mélasse. La masse cristallisée est livrée au commerce ou à la raffinerie sous le nom de >«■ re brut ou c ssmiade. La mélasse contient de 60 à (iâ p. lOn de sucre cristallisable, VI à U do sucre incristallisalile, 15 d'eau et 9 de matières diverses, minérales et mucilagineuses. Elle est employée par les pauvres gens aux mêmes usages que le sucre, mais la plus grande partie sert à faire le rhum par fermentation et distillation.
Extraction du sucre de betterave. — La betterave la plus cultivée pour la fabrication du sucre est la betterave blanche à collet rose, dite de Silésie.
D'après M. Péligot, elle renferme :
Sucre
Albumine....
Tissu ligneux.
Elle est donc en moyenne moins riche en sucre que la canne; du reste le rendement diminue après l'arrachage ; il est donc indispensable de procéder le plus vite possible à l'extraction du sucre après la récolte.
Les betteraves, lavées etdébarrasséesde leurs radicules chevelues, sont déchirées par des râpes cylindriques animées d'un mouvement de rotation très rapide; la pulpe est aussitôt introduite dans des sacs en laine qu'on superpose en les séparant par des claies d'osier pour les soumettre à une forte compression au moyen d'une puissante presse hydraulique. On en obtient ainsi T.'i h SI) p. 100 de jus. lin grand fabricant français, M. Linard, qui depuis quelques années a apporté de nombrenx perfectionnements à l'extraction du sucre do betterave, a eu l'idée, pour éviter la plus grande partie des frais de transport et opérer plus rapidement, d'effectuer le ràpage et l'extraction du jus sur place, c'est-à-dire au centre même de l'exploitation agricole. De puissantes pompes d'aspiration l'amènent ensuite rapidement à la sucrerie par des tuyaux métalliques souterrains qui réunissent les deux établissements. Quelques grandes usines du Nord, de l'Aisne et de Seine-et-Marne fonctionnent ainsi actuellement; mais il est bii-n évident qu'un pareil système ne peut être appliqué qu'à des sucreries alimentées par une culture de betteraves importante et tout à fait rapprochée de l'usine de fabrication.
Le jus de betterave s'altère facilement; il faut le soumettre immédiatempnt à la de/<'C«(/o;!, opération qui consiste à le chauffer à la vapeur vers 95" dans des chaudières à double fond, avec de la chaux, dans la proportion de 300 à nOO grammes par hectolitre de jus. La chaux neutralise les acides et se combine avec les matières organiques fermentescibles qui auraient pu provoquer la transformation du sucre. Un excès de chaux se combine au sucre en formant un véritable sucrate ou saccharate de chaux, qu'on décompose par un courant d'acide carbonique lancé à travers le jus ; celui-ci est alors filtré en passant sur du noir animal en grains, disposé dans de grands cylindres en tôle à double fond appelés filtres Drummond. On procède ensuite à la cuite dans des chaudières spéciales où l'évaporation se fait dans le vide à une température de 75° à 80°.
Quand le sirop indique 49° à l'aréomètre, il est introduit dans un rafraichissoir et agité jusqu'à ce qu'il commence à grener, c'est-à-dire à cristalliser. Il est ensuite introduit dans des formes coniques en terre cuite ou en cuivre étamé, percées d'un trou bouché au sommet et renversées. La cristallisation s'opère à une température maintenue à 35°. On enlève le bouchon, les mélasses s'écoulent dans des pots placés sous le sommet du cône, et le sucre brut ou cassonade est séché dans une éluve. Les molasses mélangées à un peu d'eau sont filtrées de nouveau sur du charbon, et après une nouvelle cuite donnent du sucre de second jet et même de troisième jet. Aujourd'hui, l'égouttage et le blanchiment s'opèrent rapidement au moyen d'un hydroextracteur, employé depuis longtemps pour la dessiccation des étoffes. Cet appareil, appelé diable ou toupie, consiste en une cage métallique pouvant tourner très rapidement autour d'un axe central. Les parois latérales en sont percées, et c'est par ces trous que s'écoule le sirop lancé vers la périphérie de la cage par la force centrifuge résultant de la rotation rapide de la masse.
Raffinarie du sucre. — La cassonade n'est pas complètetiient blanche ; elle relient des traces de mélasse et jusqu'à 3 ou 4 p. 100 de matières étrangères;; c'est pour obtenir du sucre parfaitement pur qu'on la soumet au raffinage. Pour cela on la dissout dans un tiers de son poids d'eau dans une chaudière à double fond, on y projette 5 p. 100 de noir animal fin et, lorsque l'ébullition est en train, 1/2 p. 100 de sang de bœuf. Celuixi se coagule et rassemble avec lui sous forme d'écume toutes les matières étrangères.
On filtre le sirop clarifié dans des filtres Taylor, constitut's par (les caisses doublées di' cuivre, à double fond et dans lesquelles sont tendus verticalement des sacs en coton-peluche qui constituent les filtres. Le liquide est introduit dans l'intervalle des sacs, filtre dans ceux-ci de dehors en dedans et s'écoule par leur partie inférieure dans le double fond des caisses. Le sirop n'est pas encore complètement incolore, aussi est-il filtré de nouveau sur du noir animal en grains dans les filtres Drummond; il est ensuite cuit jusqu'à ce qu'il marque 30° à l'aréomètre, puis enfin place dans les formes où la cristallisation s'opère pendant qu'on l'agite avec des spatules en bois. Apres 24 heures on ouvre les trous des formes et l'égouttage commence pour durer plusieurs jours. On procède ensuite au ferrage ou au clairçage. Dans le premier cas, après avoir enlevé la couche supérieure du sucre, on remplit la forme avec une couche d'argile blanche mouillée dont l'eau descendant dans le pain enlèvera, en le liquéfiant, le sirop coloré qui peut y rester encore; puis on enlève la couche d'argile, on bouche le trou de la partie inférieure de la forme et on verse par le haut un sirop de sucre blanc qui remplira les vides formés dans le pain. Dans le ras du clairçage on remplace la bouillie argileuse par un sirop de sucre blanc. Aujourd hui on arrive à avoir des sucres de premier jet si blancs qu ils n'ont pas besoin d'être raffinés.
Sucre candi. — On donne le; nom de sucre candi à de gros cristaux quelquefois presque blancs, souvent jaunâtres, obtenus en tendant de fils dans du sirop marquant 37° à l'aréomètre et exposé pendant plusieurs jours à une température de 30°. , ,
Propriétés du sucre. - Le sucre possède une saveur que tout le inonde connaît et qu'on appelle sucrée. Le sucre ne se dissout ni dans 1 ether ni dans l'alccnl froid, mais se dissout dans l/.> de son poids d'eau froide en formant du sirop suvple. Chauffé à 1U0°, le sucre fond en un liquide trans-
SUCRE
SUCBE
parent, collant; on se refroidissant, celui-ci donne le sucre d'orgi', qui i la lojigue redevient sucre cristallisé; au doli de ICO" le sucre perd do l'eau, devient brun, a une odeur et une saveur particulière : c'est lo caramel.
Si on continue à élever la température, le sucre se décompose complètement; il s'en dégage une fumée épaisse, en partie combustible, contenant de l'oau, de l'oxyde de carbone, de l'acide carbonique, du gaz des marais, de l'acétone, de l'acide acétique, etc., et il donne un résidu noir brillant fort léger : c'est du charbon h peu prés pur; pendant la calcination, il se répand une odeur caractéristique dite de sU':re brûlé.
Le sucre pur ne fermente point, mais sous l'action des divers ferments, levure de bière, matières fermentescibles des fruits, il subit diverses fermentations dont la plus importante est sa transformation en alcojl et en acide carbonique.
AdiiM (les acid'-s S'if le .sucre. — Les acides étendus tranforment le sucre en sucre dit interverti, parce (|u'au lieu de dévier le plan de polarisation de la lumière i droite, il le dévie îi gauche. L'ébuUition prolongée du sucre avec les acides le transforme complètement et la liqueur brunit. L'acide sulfuriiiue concentré carbonise le sucre en donnant un dégagement d'acide sulfureux.
L'acide azotique concentré le transforme en acide oxalique (acide des oseilles).
Action des bU'CS. — Nous avons déjà dit que le sucre peut se combiner à la chaux en formant de vérilablos sels ou sucrâtes; il peut aussi se combiner à la potasse, à la soude et à la baryte; ainsi, en versant une solution bouillante de baryte dans dans do l'eau firtement sucrée, on obtient une masse cristalline de sucrato de baryte.
Le sucre se combine aussi avec le sel marin. Divtrses esjièjis de sucre. — Tout ce que nous venons de dire s'applique aux sucres de canne et de betterave, qui ont la même formule chimique : C2''H220--, et sont absolument identiques avec le sucre de carotte, d'érable, de navet, de figue, de bouleau, etc. Mais on connaît, en outre de ce sucre dit sucre ordinaire, des substances de saveur plus ou moins fortement sucrée et ayant beaucoup d'analogies avec le sucre par leurs formules et leurs propriétés chimiques ; tels goDt :
1° Le ou la glucose ou glycose, appelé encore sucre de fécule, qui a pour formule C'^H'-O'^ (V. Fécule). On le rencontre dans beaucoup de fruits; c'est lui qui recouvre les raisins, les figues, les prunes sèches. Il est moins sucré que le sucre : on le prépare industriellement par l'action des acides étendus sur l'amidon .
2° Le lactose ou sucre de lait : c'est lui qui par la fermentation donne l'acide lactique, principe acide du petit-lait. 11 a pour formule C24H-*0^* ; on l'obtient facilement en cristaux ; il a une saveur fraîche faiblement sucrée et croque sous la dent ; on l'emploie en médecine.
3° Le sucre incristnUisaiie. Ce sucre a pour formule C'^Hi^O'^; il existe tout formé dans les pommes, les poires, le miel, le jus d'oignon, et presque dans tous les fruits acidulés et sucrés.
Tous ces sucres sont susceptibles de fermenter en présence de la levure de bière ; mais ceux qui ont la composition C"H2202- se transforment d'abord en glucose.
Saccliariinétrie. — On donne ce nom aux méthodes et aux procédés employés pour rechercher la quantité do sucre qui se trouve dans une liqueur sucrée quelconque. Sans entrer dans aucun détail, nous dirons qu'on emploie deux méthodes: la méthode optique et la méthode chimique. La première repose sur la déviation que le glucose fait éprouver au plan de polari.sation de la lumière; cette déviation est dans un rapport connu avec la quantité de sucre qui se trouve dans la liqueur, et on la mesure au moyen d'appareils appelés saccliarimètres. Quand il s'agit du sucre ordinaire, il faut d'abord le convertir en glucose par une ébullition prolongée avec de l'acide sulfurique étendu.
La méthode chimique repose sur ce fait, que le glucose chauffé avec une liqueur bleue de tartrate double de potasse et de cuivre la décolore et en précipite l'oxyde rouge de cuivre. On se sert de liqueurs essayées et titrées.
Consommation du sucre. Statistique. — Le sucre de canne ou de betterave est aujourd'hui une substance alimentaire de la plus grande importance ; cependant, c'est un aliment incomplet, et seul, de même que toutes les matières non azotées, il ne peut pas entretenir la vie. On raconte que le médecin anglais Stark est mort d'avoir fait un usage immodéré du sucre. Pris avec abus, il peut donner le scorbut et produire des ulcérations sur les muqueuses de la bouche ; cependant les nègres, qui s'en nourrissent exclusivement au moment de la récolte de la canne, se portent généralement très bien à cette saison-là. Tous les animaux l'aiment; il semble ne causer aucun accident au chien, môme pris en excès ; d'après Chossat, le sucre favorise la formation de la graisse, et à la longue diminue l'appétit. Pris en excès d'un seul coup. Il peut amener une douloureuse indigestion, D'après l'hygiéniste Michel Lévy, c'est un aliment qui pris avec mesure convient à tous les âges, il tous les tempéraments et à tous les climats. Le sucre sert aussi à la préparation d'un grand nombre de liqueurs de table, et de produits économiques ; enfin, les mélasses de sucre de canne servent à la fabrication du rhum, et celles du sucre de betterave à la fabrication des eaux-de-vie communes.
Nous avons dit plus haut que, vers 1700, la consommation du sucre en France était à peu près de un million de kilogrammes. Les chiffres suivants en montreront l'augmentation rapide et toujours croissante jusqu'à nos jours:
En 1812 la France consommait 8 millions de kilogrammes de sucre.
En 1817 37 millions.
En I8:U C" —
En 1850 120 —
En 1859 185 —
Aujourd'hui, la consommation française est de
^.„, plus de 250 raillions. En Angleterre, en Hollande,
Comme le glucose, il dévie à gauche le plan de en Belgique, en Suisse, la consommation est polarisation de la lumière, tandis que le sucre de encore beaucoup plus forte qu'en France ; aiix lait le dévie à droite comme lo sucre ordinaire. Etats-Unis, on consomme, en moyenne, trois fois Dans diverses circonstances, action des acides autant do, sucre par tête qu'en Franco. Au Brésil étendus, action prolojigée de la chaleur, le sucre et à la Havane, pays de production par excelordinairu peut se transformer en sucre incristal- lence, la proportion est encore plus grande, lisable. Depuis quelque vingt ans, la culture de la
4- Le mél.ilo'ie. Ce sucre, étudié par M. Ber- betterave et la fabrication du sucre ont pris un thelot, a pour formule (;2''H22022 ; il se rencontre développement considérable en Franco : le Pasdaus la manne do différentes espèces û'Eucali//)- de-Caluis, le Nord, l'Aisno, l'Oise, Seine-et-Marno, tw: de l'Australie. On l'on extrait facilement on les Ardennes, etc., se sont couverts do sucreries; traitant la manne par l'eau chaude et eu laissant il en est résulté un véritable encoral)rement évaporer. 1 sur les marchés ; le prix s'est considérablement
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abaissé: il est actuollemcnt de O'.eO le demi-kilogramme en détail à Paris ; de là, les souffrances de l'industrie sucrière et la disparition d'un certain nombre de fabriques. I.a concurrence allemande sur les marchés de l'Angleterre a aussi contribué à qet état de choses qui semble vouloir s'améliorer.
Nous terminerons par quelques cliilTres intéressants qui nous sont donnés par la statistique ofiicielle du ministère de l'agriculture et correspondent à l'année 1817.
En ISIT, la production totale du sucre indigène a été pour la France de 3 60.3 51-3 quintaux métriques, représentant une valeur de i08;iOit7.54 francs, et a\ant donné en mélasses 1510091 quintaux métriques, représentant une valeur de n 5949.)! francs.
Les départements qui ont le plus contribué à cette production sont dans l'ordre de l'importance :
Le Nord, qui a produit plus de 934 000 quintaux.
L'Aisne, plus de 790000 —
Le Pas-de-Calais, plus de... 5i;4 000 —
La Somme, plus de 3140i0 —
Le reste a été produit par Seine-et-Marne, les Ardenups, Seine-et-Oise, Saône- et-Loire, la CôtedOr, etc.
Dans le Nord, le nombre des sucreries est de 159, occupant ÏO 000 ouvriers.
Dans l'Aisne, il est de 84, en occupant 10000.
Dans le Pas-de-Calais, il est de 97, occupant 10000 ouvriers.
En 18"7, on comptait, en France, 507 sucreries occupant GOUOO ouvriers, et 35 raffineries en occupant 7 580.
C'est dans la Seine qu'il y a le plus de raffineries. On y en compte 9, et S dans la Loire-Inférieure, S dans le Nord, 4 dans les Bouclies-du-Rliôiie et 4 dans la Gironde. [A. Jacquemart.]
SUÈDE. — 'V. Scandinaves (Etals).
SUISSE (GÉOGRAPHIE). — Géographie générale. — L GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. — Situation. — La Suisse est située un pou au nord du 45° parallèle septentrional, enire le 45"50' et le 47°4S' de latitude; sa longitude est comprise entre le 3°36' et le S'O' est de Paris. Elle est bornée à l'est par l'Autriclic, au sud par lltalie et la France, à l'ouest par la France, et au nord par l'empire germanique (Alsace, Baden, Wurtemberg. Bavièie). C'est la contrée la plus élevée de I Europe : les différences de niveau entre les points les plus rapprochés y sont quelquefois considérables, et, tandis que les parties les plus basses, comme les rives du lac Majeur ou les bords du Rhin, à Bàle, n'ont pas 3' 0 mèires au-dessus du niveau do la mer, plusieurs pics des Alpes dépassent 4e0U mètres, et la cime la plus élevée du mont Rose, le pic Dufour, atteint une hauteur de 4,038 mètres. On trouve des villes à une élévation de plus de 700 nièires, et même à 1200 mètres les villages ne sont pas rares. Plus haut il n'y a que des liameaux et des habitations isolées.
Orographie — Le sol suisse se divise en trois zones principales: les Alpes, le Jura, et, entre les deux, la plaine suisse. Cette dernière comprend la partie sud-ouest du plateau qui s'étend depuis le passage du Rhône au-dessous de Genève jusiiu'au défilé du Danube près de Passau. Klle est bornée au sud ouest par lo lac de Genève, au nord-est par celui de Constance.
Les Alpes. — Les Alpes suisses se divisent en ■ Hautes-Alp'S ei Basses-A/pi-s.
Les premières ont comme point central le massif du Saint-Goiliard, où naissent le Rhin, le Rhône, la Reuss et le Tessin, et d'où se détachent six chaînes d'.> montagnes, deux courant à l'ouest, les Alpes Valaisanncs et les Alpes Bernoises, deux h l'est, les Alpes Grisonnes et les Alpes Glaronnai-
ses, une au nord, les Alpes Surènes ou d'Uri, et une au sud, les Alpes du Tessin.
Les somtiiités les plus remarquables des Hautes- Alpes sont : le mont Rose et le mont Cervin A. Valaisannes), la Jungfrau, le Finsteraarhorn et le Wetterliorn (A. Bernoises), le massif de la Bernina (A. Grisonnes), le 'litlis (A. d'Uri) et le Tœdi (A. Glaronnaises).
Les Basses-Alpes forment quatre chaînes séparées par des vallées : les Alpes Fribuurgeoises avec le Vatiil Noir et le Moléson ; celles de Lucerne, avec le mont Pilate ; celles de Schwytz, avec le Rigi ; et celles d'Appcnzell, avec le Sentis.
Glaciers. — Les sommets des Alpes soirt couverts de neiges éternelles. Plus de COO glaciers en descendent lentement comme des fleuves de glace dans les vallons inférieurs jusqu'à moins de 1 '200 mètres; quelques-uns n'ont qu'une lieue de longueur, tandis que la plupart ont six à sept lieues sur plus d'une lieue de largeur. Les plus intéressants et en même temps les plus faciles à visiter sont ceux de Grindehvald et de Rosenlaui (Berne), du Rhône (Valais), du Rosegg et du Morterasch (Grisons). Le plus grand est le glacier d'Ale'.sch (Valais).
Pa-siiges di-s Alpes. — Les Alpes renferment de nombreux cols, dont plusieurs ont été utilisés pour l'établissement de magnifiques routes carrossables. Les plus importants sont ceux du Gothard, traversé par un chemin de fer construit à frais communs par la Suisse, lltalie et l'Allemagne ; du Simplon, sur lequel on projette également l'établissement d'une voie ferrée; du Bernardin, du Spliigen, du Maloja, de la liernina, du Julier, du Lukmanier, de la Fourka, de l'Oberalp. Un grand nombre de passages et de sentiers ne sont pratical'les qu'en été, pour les piétons et les bêtes de somme. Les plus remarquables parmi ceux ci sont ceux du Grand Saint-Bernard, du mont Cervin, du Sanetsch, de la Gemmi, du Grimsel, du Susten, des Surènes, du Septimer. Sur la plupart, des hospices ou des lieux de refuge offrent aux voyageurs surpris par la tempête un asile souvent nécessaire.
La plaine suisse. — Le plateau suisse a une longueur de 340 kilomètres : il est étroit, inégal, entrecoupé de collines et de coteaux, baigné par des lacs et arrosé par de nombreuses rivières dont quelques-unes sont navigables. C'est un pays varié, avec de belles prairies, des champs fertiles, de rich^'s vignobles, et qui est habité par une population laborieuse répandue dans une multitude de villes et de villages qu'entourent des foré' s d'arbres fruitiers. A l'ouest, le plateau est coupé par le Jorat, chaîne de hauteurs qui relie l-s Alpes au Jura.
Le Juha. — Le Jura forme un demi-cercle à l'ouest et au nord de la Suisse, depuis le fort de l'Ecluse, où le Rhô'ie le sépare des Alpes, jusqu'au confluent de l'Aar et du Rhin. Il se compose de chaînes parallèles, courtes, étroites, entre lesquelles s'étendent un grand nombre de vallées dont les eaux s'échappent par des cluses ou gorges. Les sommités les plus remarquables de celte chaîne sont la Dôle, le Chasseron, le Creu.x du Van, le Chasserai et le VVeissenstein.
Hydrographie. — Fleuv-s et lirières. — C'est du massif du Saint-Gothard que sortent les principaux cours d'eau de la Suisse pour porter leurs eaux aux mers qui servent de limites à l'Europe: à la m^r du Nord par le Rhin, à la Méditerranée par le Rhône, à l'Adriatique par le Tessin et à la mer Noire par rinn.
Les quatre cinquièmes des fleuves et rivières de la Suisse appartiennent au bassin du Rliii. Ce fleuve est forme de trois bras, dont le principal, le Rhin antérieur, naît dans un petit lue, près du mont Badus (.Grisons), à utic altitude de Til raè-
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trcs ; le IVIiiii poslcrifiur, grossi de l'Albula, rejoint le lîliin arilcricur à Taniins ; le fleuve se dirige alors vers le lac do Constance et reçoit à sa gauche la Taniina, venant du canton de Suint- Gall, k sa droite la Landquart, qui traverse le Prtettigau, et l'Ill sortant du territoire autrichien. Il quino le lac de Constance à sa partie nord-ouest, et forme pri's de Schaffhouse la plus belle cataracte de l'Diirope. De là son cours tortueux, grossi des eaux ilo la Thur, de la Glait. de la Tœss, de l'Aar, et de la Birse, suit la direction de l'ouest, dessinant sur une longueur d'environ 113 kilomètres la limite nord de la Suisse, dont il quitte brusquement le territoire à Bàle,
VAur est en Suisse le plus grand affluent ou plutôt la seconde source du Rhin. Il alimente les lacs de Brienz et de Thoune et reçoit les eaux de plusieurs grandes rivières: la Sarine, qui vient du col de Sanetsch ; lOrbe, qui traverse le lac de Neuchâtel, et, sous le nom de Thièle, relie ce lac avec celui de Bienne ; la Uroie, qui se' jette dans le lac de Morat ; la Reuss, quia sa source au Saint- Gothard et qui traverse le lac des Qualre-Cantons ; la Linth, qui vient du Tœdi et traverse les lacs de Wallenstadt et de Zurich, d'où elle sort sous le nom de Limmat.
Le Rhâ'in naît au glacier du même nom, audessous de la Furka, parcourt le Valais, donne ses eaux au Léman, sort de ce lac à Genève et reçoit au-dessous do cette ville l'Arve à sa descente de la vallée de Chamounix. C'est le plus rapide des fleuves de l'Europe et celui qui Cause le plus de ravages par ses débordements.
Le Doiihs, qui ne fait que toucher la Suisse en passant, forme entre la France et le canton de Neuchâtel le joli lac des Brenets. C'est un affluent de 1.1 Saône.
Le Tessin, le plus grand affluent suisse du Pô, sort du col de Nûffencn, dans le massif du Saint- Gothard; il arrose le canton du Tessin, où il réunit les eaux de .35 glaciers, et se rend au lac Majeur, qui reçoit les eaux du lac de Lugano.
h'Inn, un des plus grands affluents du Danube, est le seul qui ait sa source en Suisse. Il sort d'un petit lac près du Septimer, en forme quatre autres dans la partie supérieure de l'Engadine, reçoit l'eau des glaciers du côté nord des pics de la Bernina, et api es avuir coulé à travers les Grisons, quitte le territoire suisse i Finsterraûnz.
Lacs. — On compte en Suisse sept grands lacs, une douzaine de grandeur moyenne et environ cent vingt lacs plus petits. Les plus remarquables sont, à l'ouest : le Léman, ou lac de Genève, en forme de croissant, en face des cimes neigeuses du Mont-Blanc et des Alpes de Savoie (lOi kilomètres de longueur i sa rive nord et 8.'') seulement àsarive sud; plus grande largeur, 14 kilomètres); le lac de Neuchâtel, celui de Bienne avec l'Ile de Saint-Pierre, retraite de J.-J. Rousseau, et celui de Morat, reliés tous trois par des rivières navigables.
A l'est : le lac de Zurich, tout encadré do villes et de riches villages; le lac de VVallenstadt, joint au précèdent par le canal de la Lintli ; le lac de Constance ou mer de Souabe, en allemand C /tiensee (78 kilom. de longueur et IG de largeur), avec de nombreux ports de commerce.
Au centre : le lac des Quatre-Cantons ou de Lucerne, avec quatre grands golfes, un des plus pittoresques do la Suisse; ses bords sont, le berceau de l'indépendance helvétique ; le lac de Zoug, au pied du Rigi ; ceux do Brienz et de Tlioune, dans i'Obcrland bernois.
Au sud : le lac Majeur, dont la partie septentrionale seulement appartient à la Suisse, et le lac de Lugano, paitagé aussi entre la Suisse et l'Italie, et dont la forme sinueuse rappelle le lac des Quatre-Cantons.
Climat. — Le climat, en général doux et tempéré, varie h l'inlini, suivant l'élévation et la nature du sol, et suivant que la direction dos montagnes et des vallées les expose aux vents chauds du sud ou aux vents froids du nord. On tiouve en Suisse toutes les variélés de végétation des latitudes des plus diverses, et on peut y passer en quelques heures, tant dans le Jura i|ue dans les Alpes, du climat de la Sicile à celui de la Laponie. Un vent caractéristique est le fœhn, que l'on croit venir du désert de Sahara : après avoir traversé les Alpes, il se précipite avec fuiie dans les vallées du Rhône, de l'Atir, do la Reuss, de la Linth et du Rhin, si ton ihlc c|ui., dans plusieurs localités, on interdit pend.mt (|ii il sdullle défaire du fou môme à l'iniérieiii des h.iljiiiiiiins. Il rend l'air qu'il pénètre chaml, luurd et éioufl'ant, et fond avec une rapidité incroyable d'énorme-' amas de neige et de glace. Pour beaucoup de vallées il est la condition du printet^ps, comme, en automne, dans la plaine, celle de la maturité des raisins. Si ce vent n'atteignait pas la Suisse, bien des vallées seraient sans été et sans vie et se convertiraient bientôt en glaciers. Les autres vents dominants stnit celui du nord-est, qu'on nomme la bise, froid et sec, et celui du sudouest, généralement accompagné de pluie. Lejoran, vent local du nord-ouest, règne au pied du Jura.
II. GlïOfiRAPHIE POLITIQUE. — Les cantons. — La Confédération suisse est forni'e de vin^i-deux cantons. Trois de ces cantons, Bâle, lintinwald et Appcnzell, sont divisés en deux dinni cantons indopendants l'un de l'autre : le nombre total des Etats suisses est donc de vingi-cin(i. Plusieurs des cantons dont le territoire a queli|ue étendue sont subdivisés administrativemetit en préfectures.
Dans les docuinenls ofticiels, les cantons sont énumérés dans l'ordre que leur assigne la date de leur entrée dans la Confédération. Nous les grouperons ci-dessous d'après leur distribution géographique.
1. RÉGION DU Sud-Ouest et de l'Ouest. — 1. Genève (101 595 hab.), sur les deux rives de l'extrémité occidentale du Léman ou lar de Genève. !;hef-lieu Genève, la seconde ville de laSuisse (50 UOO hab.). sur le Rhône, à sa sortie du Léman.
2. Ka«rf(238 7:i(i hab.), dans la ]ilaine, les Alpes et le Jura. Cltef-lieu Lausanne (.iU.niiO hab.), sur la rive N. du Léman. Au bord du môme lac sont Nyon, Rolle, Morges, Vevey ; dans la vallée inférieure du Rhône, Aigle ; dans la plaine, Payerne et Avenches; au pied du Jura. Yverdon, à l'extrémité S.-O. du lac de Neuchâtel.
3. Vnlms (lOll 2i(; liab.), dans les Alpes. Cheflieu Sion, sur la rive droite du Rhône. Le Valais comprend la vallée supérieure du Rhône, de la Fourka à Saint-Maurice, et la rive gauchedu fleuve, de Saint- Maurice à, son embouchure dans le Léman, ainsi que les vallées latérales.
>i. Frihourg (11') 4t)0 hab.), arrosé par la Sarine, et s'étendant entre les. Alpes et les lacs du Neuchâtel et de Morat. Chef-lieuFriboufg(l 1 5tl0hab.), sur la Sarine ; au pied des Alpes, Gruyère, Bulle, Romont; sur le lac de Morat, Morat.
5. Neuchdiel {Vi3 Tiï hab.), dans le Jura. Cheflieu Neuchâtel (l5C(i(i hab.), sur le lac du même nom. Dans les montagnes, la Chaux-de-Fonds (2'J OtiO hab.), le Locle (in 500 hab.) ; dans le Valde-Travcrs, Fleurior.
Ces cinq cantons, avec ui:e partie de celui de, Berne, forment la Suisse française. Toutefois, dans la partie nord-est du Valais et dans la |)artiu est du canton de Fribourg, on p-rlo l'alleinand.