SOULÈVEMENTS
SOUSTUAGTION
l'ont également dépouillé, mais qu'il faut mentionner. Il s'agit de la délimitation des périodes géologiques.
Tout le monde sait que l'illustre Georges Cuvier a écrit un ouvrage intitule Discours sur les rétolutions du (/lobe, qui dans son temps fut comme l'évangile de la science. L'idée qui y domine est que l'histoire de la terre se compose d'une série de périodes caractérisées chacune par une faune et par une flore spéciale et qui sont séparées les unes des autres par une révolution, c'est-à-dire par un cataclysme qui a fait table rase de toute la nature organisée pour la remplacer par une autre. Or quelle est la cause de ces révolutions?
La production brusque d'un système de cassure et la subite sortie des montagnes correspondantes répondait h tous les besoins d'une manière inespérée. Ce fut son triomphe.
Oui, mais voili que ce qui était si vrai du temps de Cuvier que la moindre objection semblait une hérésie, est démontré aujourd'hui parfaitement inexact. Les révolutions du globe Ji'ont jamais existé que dans l'imagination de savants induits en erreur par une tradition où toute saine chronologie est méconnue. L'histoire de la terre apparaît, à U suite des recherches innombrables qu'elle a motivées, comme une magistrale et lente évolution. Les espèces organiques, comparables à chacun des individus qui les composent, sont nées à leur heure, se sont développées, ont atteint ensuite la période de décrépitude et se sont éteintes en vertu des causes mêmes qui déterminaient la prospérité de leurs concurrents.
Dès lors les brusques dénivellations amenant à leur suite les cataclysmes cuviériens n'avaient plus de raison d'être, et, en effet, il est impossible de persister à croire que le soulèvement des chaînes montagneuses ait été subit, comparable, suivant une expression jadis consacrée, « à la croissance des champignons. » Chaque cliainc est le résultat d'une série d'actions peu considérables, qui, s'ajoutant sur une même ligne de fraction, ont exhaussé lentement le sol et lentement déplacé le bassin des mers.
Comme on le voit, les progrès de la science ont considérablement diminué l'importance do la doctrine d'Elie de Beaumont. Cependant ils ont laissé intact un grand fait mis en lumière par les travaux de l'illustre géologue. U consiste en ce que tous les soulèvements n'ont pas le même âge, et il suppose par conséquent que l'on sait évaluer l'âge géologique de chacun d'eux.
La méthode qui permet d'arriver h cette notion est d'ailleurs très simple: on cherche à déterminer l'âge des couches qui ont participé au mouvement d'exhaussement, et l'on est sur que le système des montagnes considérées est plus récent que ces couches. Un détermine de même l'âge des couches qui se sont disposées au voisinage, aussitôt que possible après le soulèvement. L'âge de celui-ci est compris entre les deux précédents. , , . j r.
Un exemple nous fera bien comprendre. Dans une partie de la chaîne des Pyrénées, le terrain inférieur (terrain nummulitiquc) a été élevé à une grande hauteur, liais au pied de la chaîne les couches miocènes sont restées parfaitement iiorizontales. L'âge de cette portion de chaîne est donc tertiaire et compris entre l'éocène et le miocène. Nous disons de cette portion, car il s'en faut que toute la chaîne se soit produite à la môme époque. Dans les Alpes, par exemple, on arrive à déterminer toute une succession de soulèvements, auxquels les montagnes doivent leur relief actuel.
A la tin de sa laborieuse carrière. Elle de Beaumont a réuni dans un ouvrage d'ensemble l'âge
des principaux systèmes de montagnes. Il convient, en terminant cet article, d'indiquer quelques-uns d'entre eux.
Entre le talschiste pliylladiforme et le terrain cambrien se place le si/stème des coltines de la Vendée; collines qui sont les restes de hautes montagnes réduites, par l'usure prolongée depuis une si haute antiquité, à l'état de reliefs fort atténués, mais où l'on retrouve tous les caractères distinctifs des sommets les plus considérables.
Après le cambrien viennent successivement les systèmes du Finistère et du Morbihan ; entre le silurien et le dcvonien, le système du Westmoreland et du Hundsruck ; après le calcaire carbonifère, le soulèvement des ballons des Vosges et des collines du Bocage ; après le miUstone gritt, le système du Forez; entre le terrain houiller et le terrain permien, le système du nord de l'Angleterre ; après le zeclistein, le système du sud du pays de Galles ; après le grès vosgien, le système du Rhin ; entre le trias et le lias, le système du Thuringerwald ; entre le jurassique et le crétacé, le système de la Cùte-d'Or ; entre les grès verts et la craie, le mont Viso; à la base du tertiaire, les Pyrénées, ainsi que nous l'avons déjà dit; peu après, le système de la Corse et de la Sardaigne ; durant l'époque miocène, les systèmes de l'île de Wight et du Sancerrois ; entre le miocène et le pliocène, une partie du soulèvement des Alpes, qui s'est continué jusqu'à la fin du terrain tertiaire. Pendant l'époque quaternaire, le système du Ténare et de l'Etna, et le système des Andes.
Enfin, des observations toutes récentes ont prouvé qu'à la Nouvelle-Zélande un système de montagnes commence à se soulever le long d'une longue faille dont la dénivellation s'accentue par des tremblements de terre successifs. [Stanislas Meunier.]
SOUSTRACTION. — Arithmétique, V. — Pour comparer doux règles AB et CD, on les applique l'une contre l'autre de telle sorte qu'elles aient une extrémité commune, puis on marque le point E de AB auquel correspond l'autre extrémité D de CD ; la disUnce EB est la différence
entre AB et CD ; c'est ce qui resterait de AB si l'on coupait dans AB une petite règle égale à CD, ou bien encore, c'est ce qu'il faudrait ajouter à la plus petite règle pour qu'elle devînt égale i, l'autre.
Si l'on mesure la distance EB avec un mètre divisé en millimètres, on trouvera directement le nombre de millimètres que renferme cette différence.
Mais la marche précédente, facile à suivre lorsqu'il s'agit de deux règles, n'est pas applicable à toutes les longueurs ; il serait impossible de mesurer ainsi la différence de longueur de deux murs, la différence de hauteur de deux mai- [sons; nous allons voir qu'il suffit de mesurer ' avec le mètre la hauteur AB de la première maj- ' son, puis la hauteur CD do la seconde, et en fai- ' sant un petit calcul sur les nombres ainsi obtenus, en faisant une soustraction, nous obtiendrons la différence des hauteurs des deux édifices sans avoir besoin de les placer l'un près de l'autre. Si nous trouvons, par exemple, que AB renferme 15 mètres et que CD n'en renferme que 12. ' nous chercherons combien il faut ajouter de ] mètres à 12 mètres pour obtenir 15; il est clair I qu'il en faut 3; nous dirons donc que la différence