SI
1" novembre 5491
Le semis le moins bien partagé est celui du 1°' octobre; celui du 15 octobre l'est davantage; mais les plus favorisés par la lumière sont ceux de novembre. Ce sont les meilleurs pour Paris quand l'hiver n'est pas trop hâtif. La nature du sol peut obliger ii choisir une date qui no soit pas la meilleure pour la lumière, comme la diversité des climats peut changer des rapports du tableau précédent.
Si pour chaque année nous prenons la moyenne
TEMPERATURE — 2146
TEMPERATURE
des divers semis, nous arrivons aux résultats suivants :
Sommes des degre's actinométriques moyens.
Année.
1" intcrv.
2» interv.
3" intery.
Tolal
Le premier intervalle va de la germination à la décurtation : 1874, puis 1875, sont les années les mieux partagées, 1876 et 1878 celles qui le sont le moins bien.
Le second intervalle va de la décurtation à la floraison. 18"(; prend la tête; mais 1874 la suit de très près, et la différence 91° ne compense pas l'excédent présenté par le premier intervalle de 1874 sur celui de 187G.
Le troisième intervalle comprend les 30 jours qui ont suivi la floraison. Dans les derniers jours de la maturation, les blés jaunes et presque secs n'utilisent plus la lumière. 187G a encore l'avantage sur 18i 1. Si on prend le total d'éclairement des trois intervalles, on trouve que l'année 1874 se trouve au premier rang. C'est une grande année pour les produits de la terre. Ensuite vient l'année 1876, qui est en retard pour l'éclairement du premier intervalle, mais qui rattrape une partie de ce retard dans les intervalles deuxième et troisième, plus importants que le premier. 1876 est également une année de grand rendement en froment. L'année 1878 est la plus pauvre en lumière ; 1879,puis I8S(>, se relèvent successivement, et l'année 1881 présente une sonmie de lumière supérieure même à 1874, du moins pour Paris.
Afin de compléter ces renseignements, nous donnons ci-dessous les rendements moyens de la ferme de Bessay (Eure-et-Loir), exprimés en liectolitres de blé à l'hectare :
Années.
La supériorité du rendement de 1876 sur celui de 1874 tient, d'une part, à la supériorité de l'éclairement dans les deux intervalles '.> et 3 et, d'autre part, à une plus grande somme de pluie en 1876 qu'en 1874, ainsi que le montrent les chifl'res suivants :
Eclairement
Rendement
à Paris.
à Bessay.
Pluies moyennes par jour.
Innées. 1" phase. 2« phase. 3' phase. 4» phase. 1«74 1,19 0,75 0,78 1 T«
Les années pluvieuses sont de mauvaises années en céréales, parce quelles manquent de lumière et non parce qu'elles ont trop d'eau, sauf aux époques des semailles et de la moisson. Dans les temps ou les pays de sécheresse, l'eau donnée par irrigation est une grande ressource et d'un grand produit.
L'année 1877 a été placée dans des conditions anormales par les fortes gelées de mars qui ont saisi des blés à l'époque de la décurtation; ces gelées pai uissent avoir été moins ressenties à Bessay qu'i Palis, soit par elles-mêmes, soit en raison d
de la gêne qui en est résultée dans les semailles. yiyne. — La végétation de la vigne est beaucoup plus complexe que celle des céréales. Ici, le travail s'arrête i la production du grain ; là il se partageentre le fruit et le bois, et la qualité du produit s'améliorejusqu'auxdernii-rsjoursde la végétation. La première phase, l'ouverture des bourgeons, commence en mai quand la température moyenne atteint 11° ou 12° d'une manière un peu durable. Le fruit existe déjà en germe ; son abondance dépend de l'état du bois à la fin de l'année précédente ; il est alors très sensible à la gelée, qui peut anéantir en une seule nuit les plus belles espérances.
La seconde phase, la floraison, survient quand la somme des températures moyennes des jours écoulés depuis l'ouverture du bourgeon est d'environ 465". L'intervalle varie de 25 à 32 jours en temps normal. Lu floraison est encore bonne par une température moyenne de 15° ou 1(1°. Au-dessous elle est compromise. La pluie ne paraît, avoir qu'une influence très faible, et la coulure nous semble due surtout à une chaleur et à undegré de lumière insuffisants.
La troisième phase, la maturité du raisin,, aurait lieu quand la somme des températures^ moyennes diurnes s'élèverait à 1925° depuis la floraison. Mais, d'après M. de Gasparin, le raisin cesserait de mûrir quand la température moyenne diurne descend au-dessous de 12°, 5. Cette limite a été dépassée en 1877 et en 1879, qui ont donné de mauvaises vendanges.
Le raisin avant sa maturité contient peu de sucre et beaucoup d'acide. La combustion de l'acide et la formation du sucre dépendent surtout de l'éclairement des derniers jours sous l'influence d'une bonne chaleur. Dans nos pays tempérés, c'est toujours une faute de ramasser les rameaux autour de leurs tuteurs; on prive ainsi/ la vigne d'une partie notable de la lumière qui servirait à préparer la bonne maturité du fruit de l'année et celle du bois qui donnera la récolte suivante.
Voici comme exemple l'éclairement total de la végétation de la vigne, ainsi que la température et l'éclairement moyens des vingt derniers jours, comparés aux quantités du sucre et d'acide contenus dans le moût:
jâciim
BMEKT
Températare
Années.
Tota'l.
Moyen
moyenne.
1877 et 1879 sont deux années de mauvais vin. L'éclairement de 1877 est très bon et le sucre du moût s'y élève à 186, mais la maturité a été incomplète par suite de la basse température moyenne des vingt derniers jours. L'acidité s'y élève à 8,7. L'année 1879 est encore plus mauvaise; l'éclairement y est très laible au total ; il est faible dans les derniers jours et la température finale est encore plus basse qu'en 1877. L'acidité du. nioiit y est de !i,5. Le moût le moins chargé d'acide est celui de 1875, année où l'éclairement moyen et la température moyenne des vingt derniers jours sont le plus élevés.
L'année 18X0 a donné de bon vin, non pas que les conditions météorologiques fussent très bonnes, mais la récolte était très faible généralement. Le travail de la vigne a donc porté presque ex-
la date cfl'tclive des semailles. La récolte de 18711 clusivement sur le bois, qui s'est refait en très a été très inégale à cause des pluies d'automne et | grande partie et nous a préparé pour 1881 une
TEMPÊTE
récolte abondante dans les environs do Paris Uiou des points de météorologie agricole encore obscurs pour nous pourraient sans peine être élucidés dans nos campagnes si, au lieu de se contenter de dresser des tableaux d'observation sans profit direct pour eux, les observateurs y joignaient la comparaison des effets produits sur nos récoltes. L'intérêt de leur travail en serait singulièrement accru pour eux-mêmes sans nuire en rien au travail d'ensemble toujours plus loin- '^"'- . IMarié-Davv.l
TEMPETIî. - Météorologie, V-VI. - Perturbation de latmosplière caraciorisée par des vents plus ou moins violents, et presque toujours accompagnée de pluies ou de neiges abondantes. Quand elle a une faible intensité, on lui donne le nom de bourrasque. Le ajclone de l'Atlantique et les typhons des Indes sont au contraire remarquables par leur extrême violence. Toutes ces tempêtes ou bourrasques ont un caractère commun, qu elles tirent de la forme de la terre et de sa rotation autour de son axe : l'air, à la surface du sol, y est animé d'un mouvement de rotation autour d un axe plus ou moins vertical, en même temps qu'il converge et tend à s'élever vers le centre de la rotation. Le sens do la rotation est toujours le même dans l'hémisplière nord ; il est inverse, contraire au mouvement des aiguilles dune montre sur son cadran : il a lieu du nord vers le sud en passant par l'ouest et du sud vers le nord en passant par l'est. Dans l'hémisphère sud, la rotation se fait toujours dans un sens contraire, le sens direct, celui des aiguilles d'une montre sur son cadran : elle a lieu du sud vers le nord par l'ouest et du nord vers le sud par l'est
bn chaque heu du globe nous ne voyons qu'une partie très restreinte de la tempête générale qui passe dans nos parages ; le vent qu'elle soulève semble tourner dans une direction opposée au sens indiqué de la rotation de l'ensemble : c'est le résultat du mouvement de translation de l'ouest vers lest dont les tempêtes sont généralement animées à la surface de l'Europe.
Les cycloyus de l'Atlantique nord sont constitues par une masse d'air considérable animée d un mouvement de rotation rapide autour d'un axe à peu près vertical. De là leur nom de cyclone d un mot grec qui signifie cercle. Ce sont d'immenses tourbillons de vent dont nos tnmibes sont un spécimen de dimensions relativement très restreintes. Ils prennent naissance entre l'équateur et le tropique nord, à une latitude sensiblement égale à celle de la zone des calmes qui sépare les alizés du sud et du nord, i l'époque où cette zone tend à rétrograder vers le sud à la suite du soleil.
Une fois formé, le cyclone remonte d'abord au nord-ouest vers les Antilles, en longeant à distance les côtes de l'Amérique ; puis sa trajectoire s inllechit comme celle du Gulf-siream pour remonter vers le nord-est, encore à distance des Côtes de 1 Amérique du Nord dont il se détache hnalement avant d'atteindre la laiitude de Terre- Neuve ; il incline alors de plus en plus vers l'est comme le Gulf-stream, et traverse l'Atlantique pour sevir sur l'Europe qu'il parcourt dais la direction générale de l'ouest à l'est. Pendant ce long ti-ajet, le disque tournant prend de plus en plus d extension et, quand il atteint l'Euronp son rayon a do 700 à 1000 kilomètres. En même temps énergie de sa rot.ition diminue peu à peu et nos tempêtes d Europe les plus violentes ne peuvent donner qu une pâle image des tempêtes cycloniques des Antilles. Une partie de nos plus fortes tempêtes d Europe ont ainsi une ori-ine tropicale ; mais la plupart de nos penurbations atmosphériques ont une origine moins lointaine Les cyclones de l'océan Pacifique, qui naissent
TEMPÊTE
dans l'hémisphère austral et longent 6, distance les côtes africaines, obéissent i des lois semblables ; le sens de leur rotation et de leur progression est seulement renversé. Les typhons des Indes, qui sont également des cyclones, ont un mode de progression moins bien défini en raison de la configuration des côtes indiennes. Il en est cependant qui naissent un peu plus dans l'est et qui suivent le cours du Kuro-Siwo, analogue au Gulf-stream, en longeant les côtes de la Chine et du Ja[ion avant de se porter dans l'est vers les côtes do l'Amérique du Nord.
Les tempêtes, ou les bourrasques moins intenses, qui traversent fréquemment l'Europe ont des origines très diverses. Un petit nombre des plus violentes ne sont que la continuation des cyclones des Antilles ; d'autres semblent se former dans les parages des Açores ; d autres nous viennent de l'Amérique du Nord, dont elles ont traversé plus ou moins complètement le territoire de l'ouest à l'est ; d'autres encore semblent se former dans le voisinage de Terre-Neuve, ou de l'Islande. Un très petit nombre parait avoir une origine plus rapprochée de nos côtes. Toutes se propagent dans le sens général de l'ouest à l'est, ce qui donne un intérêt particulier aux avis qui nous sont transmis d'Amérique.
Leur mode de formation est mal connu et sans doute variable de l'une à l'autre. Toute condensation de vapeur un peu étendue amène une convergence de l'air pris au nord et au midi, à l'est et à l'ouest du lieu de condensation. L'inégalité de vitesse des divers parallèles du globe faisant incliner vers l'est l'air venu du sud et vers l'ouest l'air venu du nord, le mouvement tournant se produit inévitablement. Ces condensations sont fréquentes sur le bord septentrional du Gulfstream, dans, sa partie dirigée vers le Canada, Terre-Neuve, le Groenland, l'Islande.
L'air du disque tournant d un cyclone ou d'une bourrasque ne décrit pas un cercle exactement ; sa vitesse est oblique au rayon et converge vers le centre ; de plus, cet air monte progressivoment, en sorte que la trajectoire de chaque molécule est une sorte de spirale assez compliquée. L'appel de l'air est dû au mouvement centrifuge qui naît de toute rotation et qui, dans l'atmosphère, se manifeste li oùla rotation est la plus libre et la plus active. L'air en effet no peut s'éloigner de l'axe en un point que s'il y alfiue en un autre. Le balancement entre l'entrée et la sortie est réglé par les résistances qui, au maximum à la surface du sol, s'affaiblissent à mesure qu'on atteint les régions moyennes de l'air. Le baromètre, la pluie, et les girouettes nous renseignent sur le sens du mouvement en chaque point.
Le baromètre est le plus bas au centre du mouvement tournant. Cette diminution do pression de l'air vers le centre est le résultat de la force centrifuge née de la rotation ; elle produit l'ascension de l'air autour de l'axe et l'appel de l'air de la circonférence vers le centre il la surface du globe. L'air, en montant, se refroidit graduellement par le fait de sa dilatation par diminution de pression; quand il est un peu humide au début, il atteint rapidement son point de rosée : en continuant .\ monter, il se débarrasse d'une partie de sa vapeur, d'où les nuages et les pluies ou neiges. (;es pluies sont abondantes autour de l'axe de rotation, surtout du côté méridional et antérieur.
Si le mouvement de l'air tournant est centripète en bas et ascendant vers le centre, il est centrifuge à une certaine hauteur et descendant sur le pourtour. Ici, la composante verticale de la vitesse, s'ajoutanl à l'accroissement de masse de l'air, donne lieu au bourrelet do hautes pressions barométriques qui entoure la dépression centrale. L'air qui se comprime par sa descente s'échauffe
TEMPÊTE
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et se dessèche, en ce sens que son degré hygrométrique s'^ibaisse. Il fait cliaud et beau temps surtout sur la partie antérieure et méridionale du pourtour du disque tournant. La latitude à laquelle est pris l'air qui afflue en un point influe d'ailleurs sur sa température en ce point, ainsi que la consommation de chaleur du sol qui résulte de l'évaporation de l'eau des phies.
On doit comprendre, i la suiie des considérations précédentes, la série des cfTets qui se succèdent lors du passage d'une bourrasque ou tempête en un point de la France ou de l'Europe, cette bourrasque progressant de l'ouest à l'est dans son ensemble. Le baromètre monte, le ciel tend à s'éclaircir avant qu'on soit entré dans le cercle d'action de la bourrasque ; puis le baromètre commence îi baisser, le ciel se nettoie complètement et la chaleur monte : on entre dans le mouvement et le vent souffle du sud ou sud-est. Bientôt, le baromètre continuant à baisser, le ciel se couvre, le vent incline au sud ou sud-ouest. La pluie survient, le thermomètre baisse, le vent incline au sudouest ou à l'ouest. Le baromètre arrivant vers son point le plus bas, le ciel s'éclaircit de nouveau; le vent tombe souvent pendant que le baromètre passe par son nninimum. Puis le baromètre recommence à remonter; le vent incline à l'ouest ou au nord-ouest, en reprenant de l'intensité, et la pluie reparaît. Le baromètre continuant à monter et le vent à tourner vers le nord-ouest, la température continue à descendre jusqu'à ce qu'on sorte du cercle d'action de la tempête pour rentrer dans les conditions normales ou entrer dans le cercle d'action d'une seconde bourrasque.
Nous avons supposé dans ce qui précède que le centre de la tempête a passé près de nous dans le nord. A mesure qu'on s'éloigne de cette trajectoire du côté du sud, la baisse barométrique est moins rapide et profonde; les deux rencontres de la zone circulaire des pluies se rapprochent; elles finissent par se confondre ou même ne se traduisent plus que par l'apparition des nuages et un changement appréciable de la température.
Si, au lieu d'être placé dans le sud de la trajectoire du centre du mouvement tournant, on est dans le nord, les changements barométriques sont les mêmes à l'intensité près; le sens de la rotation du vent est renversé et se fait par le nordest au lieu d'avoir lieu par le sud-ouest; ces vents d'est et nord- est sont d'ailleurs faibles, parce que les vitesses de rotation et de translation sont de sens contraire et se retranchent, tandis qu'elles s'ajoutent pour les vents d'ouest. Nous remarquerons toutefois que les bourrasques qui ont traversé le nord dans le sens général de l'ouest à l'est, peuvent revenir sur le midi dans le sens général de l'est à l'ouest. Ce sont alors les vents d'est et nord-est qui ont le maximum d'intensité. Les conditions locales peuvent d'ailleurs modifier sensiblement ces divers effets.
La direction d'où souffle le vent n'en indique donc pas l'origine. Une tempête qui se propage dans le courant équatorial du sud-ouest, peut y soulever des vents de toute direction autour du centre, et ces directions diverses, se combinant avec la vitesse de translation, donnent pour nous des vents qui ne font que rappeler la rotation première, quand les deux vitesses de rotation et de translation sont de même ordre, ainsi qu'il arrive d'ordinaire en Europe.
Le sirocco d'Afrique est un vent du sud ou sudsud-ouest; généralement il progresse de l'ouest à l'est. 11 appartient alors à un mouvement tourbillonnant de l'air qui progresse lui-même sur le nord de l'Afrique dans le sens de l'ouest à l'est. Dans le midi de la France on attribue assez communément à une extension du sirocco la chaleur étouffante qui y accompagne les vents du sud.
Ce vent est chaud, et de plus il a pris sur la mer une humidité qu'un semblable vent n'a pas en Afrique. Un voni du sud qui régnerait sur l'Algéiie n'atteindrait pas la France, En traversant la Méditerranée, il inclinerait do plus en plus vers l'est et se porterait sur l'Italie. Quand le vent du sud ou sud-ouest règne sur la Provence, l'Afrique du nord est souverjt parcourue par des vents du nord. Quant aux poussières que les pluies déposent en divers points de la Sicilf, de l'Italie, de la France môme, et qu'on croit venues du grand désert, nous remarquerons d'abord qu'elles n'apportent avec elles aucun certificat d'origine, et qu'on en a vu tomber sur la Côted'Or deux ou trois jours avant qu'elles arrivent sur la Sicile. Toutes les tempêtes soulèvent des poussières d'un sol desséché, et lés terres les plus éloignées peuvent présenter le môme aspect et fournir les mêmes éléments sous le microscope.
Nous avons dit ailleurs un mot àafœhn des Alpes, que l'on considère aussi, en raison de sa température élevée, comme un prolongement du sirocco d'Afrique (V. Température). Ce sont là autant de préjugés. Même en dehors des déviations que leur impriment les inégalités du sol, les vents ne se propagent pas en ligne droite, et les plus violents d'entre eux ont une origine relativement pou lointaine.
La circulation générale de l'atmosphère peut transporter vers les pôles de l'air échauffé dans les régions équatoriales ou, réciproquement, ramener vers réquateur l'air rafraîchi des régions tempérées. Cette circulation à large envergure (V. Courants aériens) est toujours lente et paisible dans son ensemble. Elle don.ne leurs allures à nos saisons, suivant que nous sommes accidentellement placés dans le prolongement du courant équatorial qui nous vient de l'ouest par l'Atlantique, ou bien que nous sommes dans le courant de retour qui nous vient soit des hautes régions de l'atmosphère, auquel cas le vent est faible et de direction variable, l'air sec et chaud en été, froid en hiver ; soit des hautes latitudes, auquel cas le vent est plus fort, de direction plus accentuée vers le nord-est, et reste généralement sec en étant frais en été et très piquant en hiver. Mais sur ce courant équatorial aux masses tranquilles naissent et se propagent des mouvements tournants, qui superposent leur circulation propre à celle du courant au milieu duquel elles sont formées, et donnent aux vents et à l'état du ciel les incessantes variations qu'on remarque dans nos régions tempérées.
A côté des influences générales que nous venons de résumer, se placent des influences toutes locales, telles que celles qui donnent naissance aux brises de terre ou de mer, de vallées ou de montagnes ; telles encore que celles qui résultent des saillies montagneuses du sol ou de l'orientation de leurs pentes (V. Température, Courants aériens, Météoro(jnosie).
Les orages accompagnent, même en hiver, les grandes tempêtes tournantes, surtout celles qui entrent les premières dans une atmosphère calme depuis quelques semaines. A mesure qu'on pénètre plus avant dans la saison chaude, les mouvements tournants dans lesquels ils se produisent deviennent de plus en plus faibles. Les orages locaux nés sur place sont extrêmement rares, et chaque canton les voit venir du canton qui le précède dans l'ouest ou le sud-ouest. En réalité, les zones traversées par l'orage ont quelquefois plusieurs centaines de lieues de longueur sur une largeur relativement faible. Ce n'est certainement pas le même nuage orageu-x qui parcourt ces longs espaces ; c'est le môme disque tournant qui s'y propage avec sa zone semi-circulaire sur
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laquelle les nuages orageux se renouvellent sans cesse. Cette zone, dans sa progression vers l'est, est généralement coupée en deux de ses points par un môme canton sur lequel sévissent alors deux orages successifs appartenant au même disque tournant. De l'un à l'autre orage, le vent a tourné alors du sud-ouest vers le nord-ouest. .Mais un do ces orages peut donner lieu à un mouvement circulaire plus circonscrit qui voyage avec le disque tournant sur lequel il s'est formé. C'est une trombe dévastant le pays sur une bande longue et étroite légèrement contournée vers le nord.
Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède que le mouvement tournant de l'air soit la cause indispensable des orages. Ceux-ci résultent du mouvement ascensionnel de l'air et des nuages qu'il produit. Le mouvement tournajit favorise l'ascension de l'air; mais celle-ci peut avoir lieu sans lui. Les orages sont incessants dans l'anneau de nuages de la zone équatoriale des grands océans ; ils sont assez fréquents au sommet des montagnes élevées formant un pic isolé dans la plaine (V. Or^f/fs). [Marié-Davy.]
TEMl'S. — Grammaire, XII. — La durée se divise naturellement, pour cbacun de nous, en deux grandes périodes, que sépare cet Instant dont Bolleau a si bien décrit la fuite rapide : " Le moment 'Âi je pntle est déjà loin de moi. » Tout le temps qui s'est écoulé avant ce moment delà parole, se nomme le pa\sé ; tout le temps qui doit le suivre, s'appelle le futur; et cet instant lui-môme, dont le déplacement accroît sans cesse le domaine du passé en entamant l'avenir, se nomme le présent.
Passe, présent, futtcr, voilà donc les grandes divisions que l'on peut établir dans cette successio}i des phénomènes que l'on appelle le temps.
Dans le système des langues Indo-européennes, et, par conséquent, dans la langue française, le verbe a la propriété d'Indiquer, d'une manière générale, à quelle époque de la durée s'est accomplie l'action qu'il exprime. Les formes de la conjugaison qui servent à l'expression de cette Idée, constituent /es temps.
On comprendra très facilement le procédé à l'aide duquel la notion du temps s'est Introduite dans le vei-be, si l'on considère, par exemple, le futur français i'aiinerai, ou le conditionnel, j'«(merais.
La première de ces formes, i'aimerai, se compose de deux parties, dont l'une, l'infinitif aimer, est dérivée de la forme latine correspondante amare, tandis '|ue l'autre, ai, est empruntée au présent de l'indicatif de l'auxiliaire avoir : de sorte que le terme « j'aimerai ■> n'est à vrai dire que la locution •■ j'ai à niiner « légèrement modifiée.
Il en est de môme de " j'aimerais, » qui n'est que la combinaison de l'infinitif aimer avec l'imparfait de l'indicatif « j'avais n contracté : ce qui explique d'ailleurs pourquoi le modo que nons appelons conditionnel équivaut à l'imparfait du futur dans une foule de phrases pareilles à celleci; « Je tow^protnettaii que je viemliais », où le prétendu coiidltlonncl n'est qu'un imparfait du futur, comme le démontre le simple rapprochement de la phrase suivante : « Je vous promets que je viendiai. «
En grec et en latin, l'Indication du temps se fait par un procédé absolument identique ; seulement, l'auxiliaire s'intercale ordinairement, dans ces langues, entre le radical verbal et les autres suffixes qui constituent le radical temporel. Ainsi, je délierai se dit, en grec, tysô, expression composée dans laquelle l'analyse nous montre : I" le radical verbal ly, qui exprime l'idée de délier ; 2° un»', emprunté au futur de l'auxiliaire qui signifie être en grec. Quant à Vu qui suit, c'est tout
simplement une lettre de liaison, qui s'est allongée pour compenser la chute de la désinence personnelle mi, correspondant à moi ou je, et caractérisant la première personne du singulier.
C'est ainsi qu'en latin amnvi (j'ai aimé), parfait du verbe amo, est l'oriné du radical verbal ariw, qui exprime l'idée d'aimer, et de fui, parfait de l'auxiliaire qui signifie être ; c'est oiicore ainsi que le plusque-parfalt amnveram (j'avais aimé) est formé du môme radical ama, et de fui — eram, qui sont le parfait et l'Imparfait do ce môme auxiliaire.
La synthèse est très étroite, on le voit, dans les deux lansuos classiques. Cependant, le grec et le latin ont, comme le français, des formes où l'auxiliaire, au lieu d'être inséré dans le radical temporel, est ju-rlaposé, et pincé après oa avant le verbe suivant les exigences de l'euphonie. Telles sont les formes amatus sitn, eu latin, pephiléuienos ïi, en grec, où sim et ô sont des auxiliaires. Ces formes analytiques ont servi de mod les aux temps que nous formons en français à l'aide d'avoir ut d'être, isolés ou combinés, comme dans les expressions « que nous soi/ous aimés, que nous aijons été aimés. »
C'était trop peu cependant que de pouvoir exprimer, à l'aide des formes verbales, ces deux grandes divisions du temps, le passé et le futur, ainsi que le moment de la parole, qui les sépare. Pour donner au langage plus de clarté et de précision, on ajouta, à ces trois temps principaux, les temps second'itres, ainsi nommés parce qu'ils ne sont qu'une subdivision des premiers.
Nous n'Insisterons pas sur la manière dont ils furent formés ; on y inséra naturellement l'auxiliaire que renfermait le temps principal; mais, pour mieux marquer l'idée de passé ou d'antériorité, on plaça, avant leur radical, un préfixe signifiant autrefois ou jadis. Ces éléments, soudés en quelque sorte par la rapidité de la prononciation, constituèrent des tpmps absolument pareils aux premiers. Tel est l'imparfait, temps secondaire du présent, et ainsi nommé parce que l'action qu'il exprime s'accomplissait encore et, par conséquent, était imparfaite quand une autre s'est produite. Ex. : « i' écrivais quand vous êtes entré. »
Ici, les deux actes sont simultanés, et l'imparfait se rattache naturellement au présent, puisque le fait qu'il exprime itail présent au moment où l'autre fait s'est accompli.
Le passé, en grec, a trois formes : l'aoriste, ou passé indéfini, le parfait, et le plus-quepar fait. ,
Le latin n'a, pour exprimer le passe, que le parfait et le plus-que-par fail.
La langue française, outre le passé défini, qui correspond à l'aoriste des Grecs, et le passé indéfini, qui correspond au parfait, a encore le passé antérieur et lo plus-que-parfait.
On pourra s'étonner que le temps qui s'appelle indéfini en grec se nomme défini en français. Pour se rendre compte de cette anomalie apparente, il suffit do remarquer la différence du pomt do vue où se sont placés les grammairiens qui ont donne au même temps deux appellations contraires. Les grammairiens anciens, considérant que ce temps est de sa nature indéfini, l'ont appelé aoriste, parce qu'ds l'envisageaient absolument, c'ist-à-dlre, sans aucun rapport avec les mots qui le complètent. Les modernes, au contraire, remarquant que ce temps est toujours accompagné d'un complémeiit circonstanciel qui le détermine, l'ont appelé pour cette raison défini, parce qu'il est en réalité défini dans la proposition, bien qu'il soit indéfini par lui-mônie.
Ex. : Je vins h Paris la semaine dernière.
Le passé indexai, comme le parfait des lan-
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gucs classiques, exprime qu'une action est faite, sans indiquer les circonstances qui en accompagnent l'accomplissement. Ex. : J'ai fini mon devoir; j'ai lu ce livre.
Lo passé antérieur, comme le fait comprendre son nom, indique que l'action qu'il exprime en a précédé une autre. Ex. : A peine j'eus parlé que mon père arriva.
Quant au plus-que-pnrfail. il sert à indiquer qu'un acte était tout à fait accompli quand un autre s'est produit. Ex. : J'avais appris ma leçon quand la classe commença.
Le futur a un temps secondaire, qui marque qu'une action sera déjà faite quand une autre se produira. Ex. ; J'aurai fini quand vous viendrez. On appelle pour cette raison ce temps le futur antérieur, c'est-à-dire, le (Mm qui précédera un second futur.
Tous les temps dont se compose la conjugaison française sont indiqués dans le tableau suivant :
TEMPS PnI^•CIPAUX
Passé aolérieur Plus-que-parfait
Temps seco Imparfait
Futur aatiérieur
Tous ces temps peuvent se présenter sous des formes différentes, que l'on appelle leurs modes ou manières d'être. Ceux qui prennent les formes les plus nombreuses sont le passé et le présent, qui passent par les six modes (V. Modes).
EXERCICE-. — La conjugaison joue, dans la langue, un rôle si considérable, qu'on ne saurait faire trop d'efforts pour rendre familière aux élèves la notion des temps, ainsi que leur emploi dans le discours.
Les maîtres veilleront tout d'abord h ce qu'il ne se produise dans l'esprit des élèves aucune confusion entre les temps et les modes. Ils s'attacheront à faire bien comprendre aux enfants que, si un homme peut s'habiller suivant des modes différentes sans cesser pour cela d'être toujours le même homme, le mêmetemps peut aussi, sans changer de nature, revêtir des formes très différentes.
Les maîtres ne laisseront donc jamais passer, sans les rectifier, ces fautes qui échappent si souvent aux élèves : a Ce verbe est à Vindicatif, au
subjonctif, à l'i7idicatif présent Ils exigeront
toujours, mais surtout dans les premières années, des indications complètes et exactes. Ainsi, l'élève de^Ta dire : <i J'aime est au présent du mode indicatif; j'aurais aimé est au passé du mode conditiunnei, » etc. On ne doit pas craindre de prendre ici trop de précautions.
Les exercices oraux et écrits contribueront d'ailleurs plus efficacement que les théories même les plus claires à familiariser les élèves avec la notion et l'emploi des temps. On ne saurait trop multiplier les premiers, ni user des seconds avec trop de mesure. Les interrogations ont l'avantage de tenir toujours en éveil l'attention des enfants; chacun d'eux s'efforce de trouver avant les autres la forme convenable , et une vive émulation anime ainsi toute la classe, qui fait, dans un temps donné, beaucoup plus de progrès que si l'on emploie les exercices écrits.
On ne saurait trop se garder surtout de donner à conjuguer des verbes tout entiers : aucun travail n'ennuie davantage les élèves. Quel maître ne les a pas surpris, préoccupés avant tout de se dissimuler la muroionie de ce dc\oir, et remplissant machinalement les colonnes de leur cahier, tantôt de la série des radicaux, taniôt de la série des terminaisons, sans consulter d'autre guide que leur caprice ? Quel fruit pieuvent-ils retirer I
dun semblable passe-temps? Sans doute, il faut que les élèves soient exerces à conjuguer par écrit, puisque l'orthographe n'apparaît pas assez dans les exercices oraux. Mais, au lieu de faire conjuguer sans réffexion des séries interminables de verbes, pourquoi ne demanderait-on pas deux personnes seulement de chaque temps ? Quand un enfant écrira « il aime, ils aiment, — il aimait, i/s aimaient, ,, son esprit sera forcément frappé de la différence que présentent la troisième personne du singulier et la troisième du pluriel : il aura appris quelque chose.
On peut aussi exercer les enfants à remplacer le pluriel par le singulier et le singulier par le pluriel, ou à faire passer un même temps par les différents modes qu'il peut prendre, sur ce modèle ;
Temps présent :
Je chante, Je chanterais, Chante, Que je chante, Chanter, Chantant.
Cet exercice montrerait aux élèves, et beaucoup plus clairement que toutes les leçons, que les modes ne sont en réalité que les différentes manières d être de chaque temps, et substituerait à toutes les abstractions dont ces formes ont été la cause, une notion précise, tirée d'un fuit qui frappe les moins clairvoyants.
Nous avons réservé pour la fin un genre d'exercice très attrayant et que nous avons toujours vu employer avec beaucoup de succès. Le maître choisit une petite anecdote, un petit portrait, une description courte; après en avoir retranché toutes les propositions qui ne pourraient pas être modihees facilement par les élèves, il dicte ce texte et en fait mettre les verbes à tel temps qu'il lui plaît, d 1 aide de certaines modifications dont nous allons donner ici quelques exemples.
Modèles d'exercices sur le verbe avoir.
l'ane.
Présent de l'indicatif. — 1" Es. Écrives les dnes et nutluz au pluriel, dans l'exercice suivant, les mots qui lie peuvent rester au singulier.
Sans doute l'dne n'a point la noblesse du cheval ; mais il a ses qualités. L'âne a la patience, il a la sobriété en partage. Il a enfin toutes les qualités de sa nature ; et, s'î'^n'a pas le premier rang dans nos fermes, il a certainement le second. // a même la jambe plus sèche et plus nette que le cheval. Dans sa première jeunesse, il a de la légèreté et de la gentillesse. Il a en outre l'œil bon, le pied sur, l'oreille excellente. Sans doute, il n'a pas la majestueuse allure du chevcd ; mais il n'a pas non plus les mêmes besoins. En un mot, il a son utilité, et, pour cette raison, il a droit à tous nos égards. (D'après Biffon.)
2» Ex. Mettez l'exercice précédent à la : singulier du présent de l'indicatif. Ecrive; disait à son âne : Si tu. n'as point la noble tu..., etc.
personne du : Un fermier fc du cheval,
3' Ex. Mettez l'exercice précédent à la 2» personne du pluriel du même temps. Ecrivez : Des fermiers disaient à leurs ânes : Si vous n'avez pas.... etc.
Mettez le même exercice à la 1" personne du
, etc.
■sonne du pluriel.
singulier. Ecrivez : Un âne disait :