tous sont polycentres
B. Les faisceaux
b. faisceaux lycentres
réuuion de plus ;u un seul, anastomoses de:
> faisceaux
1) avec faisceaux monocentres
2) avec faisceaux polycentres.
1) avec faisceaux polycentres.
2) avec faisceaux monoceatres
Quand un faisceau monocentre se divise, c'est presque toujours en donnant naissance .simultanément à deux, trois ou cinq branches ; le centre de développement ligneux du faisceau origine est alors représenté par deux, trois, ou cinq trachées primitives placées côte à côte sur un même rang. Cette manière d'être rappelle la disposition des centres de différenciation des faisceaux monocentres très larges dès l'origine. De chacune des 2, 3, ;> premières trachées part, se dirigeant vers le centre de ligure du faisceau, une lame ligneuse séparée do ses voisines par une masse de tissu parenchymateux provenant du cloisonnement des fibres primitives. A mesure qu'on s'avance le long du faisceau, chacun de ses rayons parenchymateux s'élargit beaucoup dans sa partie libérienne, t?t ces lames ligneuses simulent alors les rayons d'un éventail. Plus loin encore, le tissu parenchymateux passant insensiblement au tissu fondamental, le faisceau primitif est partagé en deux, trois, cinq branches q\ii se montrent comme autant de faisceaux monocentres plus grêles que le premier. Los éléments trachéens passent du faisceau unique ."i ses divisions, sans interposition de trachées courtes. Toute celte disposition se traduit extérieurement sur la surface de la plante, parce qu'une ligne saillante se continue par plusieurs autres plus faibles qu'elle.
Inversement, lorsque deux, trois, ou cinq faisceaux monocentres s'unissent en un seul, nous voyons les différents faisceaux élémentaires se rapprocher les uns des autres et prendre peu à peu l'aspect et la place d'un faisceau monocentre large.
Lorsque deux faisceaux monocentres de même âge s'anastomosent, ou bien Us se reunissent bout à, bout, ou bien la rencontre se fait latéralement. Dans le premier cas, les deux faisceaux qui s'anastomosent se placent de telle manière que les éléments du premier semblent le prolongement direct des éléments du second; tel est le cas dos faisceaux des bords des feuilles à nervures réticulées. Dans le second cas, chaque faisceau se comporte cuminr s'il était seul; il conserve son orientation et sa structure; toutefois, dans la région de contact, toutes les lames ligneuses intérieures des faisceaux anastotnosés ne se forment pas. Si, comme il arrive souvent dans les rhizomes des Monocotylédonées, deux, trois, cinq faisceaux monocentres s'anastomosent simultanément, chaque faisceau se comporte encore comme s'il était seul, à cela près que dans les régions de contact, les éléments des lames ligneuses qui seraient intérieures ne se caractérisent pas. Ces régions anastomotiques se présentent comme formées d'une lame circulaire ligneuse, à contours plus ou moins lobés, entourant une masse centrale do liber, et séparées du tissu fondamental par linéiques rangs do fibres primitives. Les anciens auteurs appelaient ces régions anastomotiques : laisceaux composés ou faisceaux concentriques, les opposant aux parties libres des mêmes faisceaux qu'ils appelaient faisceaux simples ou faisceaux collatéraux. — Les règles que nous venons de développer pour l'anastomose des faisceaux monocentres s'appliquent encore aux faisceaux bicentres, qu'ils s'anastomosent bout à bout ou latéralement.
Seuls parmi les faisceaux polycentres, les faisceaux bicentres peuvent se diviser. Lorsqu'un faisceau bicentre se divise, il s'élargit, sa masse ligneuse se partage en deux branches qui s'écartiMit rapidement l'une de l'autre et dont chacune produit de nouvelles trachées snr son bord intérieur. Ces nouvelles trachées s'appuient inférieurement sur une masse de trachées globuleuses qui s'est formée dans le bois du faisceau origine au point où il se bifurque. Le liber qui entoure le
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bois suit ce dernier dans toutes ses évolutions. — Si deux faisceaux bicentres s'unissent pour en former un seul, il suffit de répéter les pliénomènes que nous venons de décrire, mais dans un ordre inverse.
Les rapports des faisceaux d'âge différent s'établissent toujours par l'intermédiaire de trachées très courtes, globuleuses, dont l'ensemble forme ce que l'on appelle, à cause de son rôle physiologique, un diaphragme nquifère. Le diaphragme aquifère qui réunit les masses ligneuses de deux faisceaux d'âge différent est placé à la ba^e du faisceau né le dernier ; l'importance au point de vue morphologique de la présence d'un diapln agme entre deux faisceaux d'organes distincts ou entre les faisceaux d'un organe en apparence unique est capitale. La présence d'un diaphragme entre deux faisceaux à l'origine de l'un d'eux nous dit que ce dernier s'est formé postérieurement à l'autre, qu'entre les deux s'est produit un temps d'arrêt, et que dès lors l'organe qui reçoit le faisceau le plus jeune a été produit sur l'organe qui reçoit le faisceau le plus âgé, par un point de végétation développé en nn point de sa surface. En dehors de la présence d'un diaphragme aquifère entre la base du faisceau né le dernier et le faisceau sur lequel celui-ci s'insère, la seule règle générale qui semble présider aux rapports de faisceaux d'âge différent, c'est rét:iblisseraentdu plus grand nombre possible de contacts tracliéens entre les faisceaux de l'organe primaire et ceux de l'organe secondaire. MaHieuieusement l'étude de ces contacts est encore très incomplète.
IV. Tissu FONDAMENTAL. — Le tissu fondamental dans lequel sont plongés les faisceaux que nous venons d'étudier consiste généralement en une masse de cellules volumineuses sphériques ou polyédriques à parois minces. On désigne par le nom àepiirenchijii.eXtiS tissus ainsi organisés. On appelle moelle la portion du tissu fondamental qui est comprise entre les faisceaux d'un organeprès du centre de cet organe. M. Van ïieghem désigne fiéiiuemment la moelle par le nom de tissu conjonciif interne, mais ce nom est mauvais, car, si dans les tiges le nom de tissu conjonctif désigne le tissu fondamenlal, dans les racines ce tissu conjonctif interne de jM. Van Tieghem désigne les fibres primitives qui dans les faisceaux séparent les éléments ligneux et libériens caractérisés. Le tissu fondamental compris entre les faisceaux d'un organe et son épiderme a reçu le nom de tissu fondamental externe ou d'écorce primaire. Il convient puui-tant d'éviter le plus possible d'employer le mot écorce, pacce que les divers anieurs emploient cette expression dans les sens les plus différents.
Les éléments du tissu fondamental sont très fréquemment le siège d'un dépôt de cellulose qui a pour effet d'augmenter beaucoup l'épaisseur de leurs parois. On dit qu'il y a sclérification quand il y a ainsi opaississement des parois des éléments du tissu fondamental. Chaque cellule à parois épaissies prend alors le nom de sclèrite. En se scléritiant un grand nombre de cellules se déforment, parce que l'élongation ou l'accroissement de leurs parois n'a pas la même intensité dans les diverses directions. Beaucoup de ces cellules sclérifiées ainsi modiflées prennent l'aspect d'étoiles à branches ramifiées parfois très longues, comme cela se voit chez les Aroidées et leurs proches parents les Nymphéacées. Chez les Nympliéacées, la plupart des sclérites sont dissociées presque complètement des éléments cellulaires qui les entourent ; elles sont entourées presque de toutes parts par une lacune, et comme les diverses lacunes du ti.ssu des Nipnphea s'ajustent bout à bout pour former de vastes canaux à travers lesquels l'air circule librement, les sclériies accrochées
aux parois de ces canaux font saillie dans leur intérieur et ressemblent à des sortes de poils étoiles qui lapissent toute la paroi du canal. Ces sclérites des Nympliéacees sont désignées par beaucoup d'auteurs sous le nom de poils intérieurs. Lorsque les cellules sclérifiées prennent l'aspect de longues fibres brillantes, pointues à leurs deux extrémités, on les désigne d'une manière générale par le nom de fibres mécaniques ; les amas de fibres mécaniques sont nommés faisceaux ou gaines mécaniques. Certains auteurs désignent par les noms de fibres hypodermiques, faisceaux de fibres hypodermiques, les fibres mécaniques et les faisceaux de fibres mécaniques qui se trouvent placés dan» le vu sinage de l'épiderme d'un organe. Les faisceaux de fibres mécaniques jouent un rôle très important dans la physiologie de la plante. Toutes les fois qu'une gaine mécanique est placée à proximité d'un faisceau, elle le protège contre les variations brusques de la pression que l'air des lacunes de la plante exerce sur son liber (V. Végétal.) Presque toujours, en plus lie leur rôle d'appareil de protection, les gaines mécaniques jouent le rôle de points d'attache pour les tissus mous. Elles représentent dans la plante les pièces solides sur lesquelles tout le reste est attaché, quelque chose comme le squelette intérieur d'un animal verlébré. M. Schwendener a fait l'étude mécanique des principaux systèmes de gaines mécaniques, et il est arrivé i cette conclusion qu'en dehors des parties à protéger spécialement, comme la surface do la plante, comme le liber des faisceaux d'un organe, les gaines mécaniques sont toujours placées le long des lignes de maximum de résistance de la plante.
Les éléments du tissu fondamental sont sujets à éprouver quelques autres variations dont nous devons dire un mot. Les parois des cellules de ce tissu peuvent subir une sorte de gélification qui demeure plus ou moins localisée ; ou qualifie de coUenchynie les régions ainsi modifiées. On qualifie de fibreuses certaines cellules du tissu fondamental dont la paroi présente des épaississemenis spirales ; ce nom est très mauvais, parce que quand on désigne sousle nom de lissu fibreux un massif de cellules fibreuses, on peut hésiter et on hésite souvent pour savoir s'il est question d'un massif d'éléments allongés en fibres, ou d'un massif de cellules à parois portant dessinées en relief des lignes spirales.
De même que les faisceaux sont le siège de productions secondaires dans certains cas, de même le tissu fondamental peut avoir une origine différente de l'origine que nous lui avons assignée plus haut. Nous appellerons tissu fhndnmeiilal primaire ou tissu fuiidnmeutal lonlcoun la partie du méristème primitil'd'un organe qui ne se transforme ni en faisceau ni en épiderme. Dans ce tissu fondamental on voit parfois apparaître des cloisons toutes parallèles entre elles ; le résultat de ces divisions répétées n'est ni du bois secondaire ni du liber secondaire, de telle sorte que nous r.'avons pas affaire dans ce cas aux faisceaux secondaires dont nous avons parlé. On des^igne, dans ces cas spéciaux, par le nom de cambi forme le tissu qui est le siège de ces divisions toutes parallèles entre elles. Un cambiforme en se divisant peut produire deux tissus différents que 1 on désigne sous les noms de tissu fondamental ie- • 0':daire et de Itége.On convient de reserver toujours le nom de liège à la partie formée entre le cambiforme et la surface libre de la plante, et de réserver le nom de tissu fondamental secondaire au tissu qui est plus éloigné de la surface libre que le cambiforme. — Le cambiforme est le tissu cicatriciel par excellence ; il ai/paraît autour de la surface de toutes les plaies, il isole les tissus mortifiés, où qu'ils soient dans la plante, en les en-
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globant comme un manchon. Les carabiformes apparaissent n'importe où, dans le tissu fondamental primaire, dans les faisceaux, ou môme dans l'épiderme. On dit qu'un cambiforme est double quand il produit simultanément du tissu fondamental secondaire et du liège. Un cambiforme est dit pheHii/un quand il produit du liège ; il est dit fondamental quand il produit du tissu fondamental secondaire. — Un cambiforme peut n'être que plielliqueou fondamental.
Le tissu fondamental secondaire peut présenter tous les aspects et tons les caractères que nous avons signalés pour le tissu fondamental primaire. Très fré(|uemment, par exemple, il se charge de chlorophylle, dont la présence constitue près de la surface de la plante une assise verte que l'on appelait autrefois la coache herbacée ou encore le suber herbacé.
Le liège se montre très généralement comme formé de cellules i. sections rectangulaires, à parois minces sèches, fortmiient im|iré*n6es de matières résineuses et froi|UiMnnient colorées en brun roux. 11 est plus rare de trouver les éléments du liège transformés en sclérites par l'épaississemiMit de leurs parois. Dans certaines conditions spéciales, la couche subéreuse peut prendre une très grande épaisseur (chêne-liège, orme subéreux, aristoloche subéreuse). Très pende temps après leur formation, la plupart des cellules subéreuses perdent leur contenu liquide et le remplacent par de l'air et des matières excrétées, telles que cristaux d'oxalate de chaux, résines, huiles, cellulose. Le liège limite la surface de toutes les plaies qui se rencontrent dans une plante. 11 joue à tous égards le rôle de l'épiderme ; c'est, avant tout, un tissu protecteur. Dans un petit nombre de cas, les éléments du liège peuvent présenter sur la surface de leurs parois des épaississements spirales rappelant beaucoup ceux que nous avons signalés dans les cellules Hbreuscs.
Dans un grand nombre de plantes, on voit certains éléments se cloisonner comme s'ils allaient produire un cambiforme phellique. En général, le centre du groupe d'éléments qui sont le siège de ce cloisonnement se dissocie, et il se forme une lacune ou un canal central. Les cellules qui bordent la cavité de la lacune, qui sont du liège d'après ce qui précède si on leur applique la règle de formation des produits subéreux, au lieu de prendre I aspect de liège, se transforment en cellules sôcréiantos et deviennent l'épilliélium sécréteur de la glande dont la lacune est le canal intérieur. Toute glande pourvue dn canal a l'origine ci-dessus, en quelque point qu'elle apparaisse chez les végétaux vasculairi'S. Les épiiholiums sécréteurs des végétaux sont donc des tissus subéreux modifiés. Il y a là un emiiruiit orgiiiif|Ue fait par l'appareil excréteur général à l'appareil protecteur.
Dans quelques cas fort peu nombreux, le liège peut être transformé en réservoir pour les matières alimentaires accumulées par la plante dans son sein. Presque toujours, alors, ce liège dévoyé de son rôle est rejeté, décortiqué, dès qu'il a rempli le rôle accidentel qui lui était assigné. Dans ce cas, c'est l'appareil de réserve qui fait un emprunt à l'appareil protecteur. Quand on y réfléchit, ce cas est beaucoup moins différent de celui qui précède qu il ne le semble au premier abord, car entre les cellules sécrétantes d'une glande et les cellules de réserve d'un réservoir amylifère, il n'y a^ d'antre différence que la matière spéciale qui s'accumule dans la cellule.
EriuuRME. — L'épiderme, avons-nous dit, est caractérisé (larlecioisonnemenideses cellulesqui se fait toujours perpendiculairement à la surface extérieure de la plante. Par suite môme de leur situation, les cellules épidermiques ont une paroi
extérieure en contact direct avec l'air. Cette paroi est toujours fortement imprégnée do matières résineuses qui la rendent imperméable. — On désigne sons le nom de cuticule la pellicule que l'on peut détacher de la surface des cellules épidermiques qui ont subi la macération dans l'eau. L» cuticule est une membrajie ou kyste dont l'épais seur est très variable selon les plantes et selon les organes. Dans une cuticule, il est possible, i un grossissement considérable, d'observer différentes couches d'inégales propriétés: ce sont les couches cuticulaires de l'épiderme.
Les cellules épidermiques émettent fréquemment des prolongements extérieurs que l'on nomme poils. Un poil est dit siin/ile quand il ne comprend qu'une seule rangée de cellules. Il est dit com/iosé dans le cas contraire. Il est dit glanduleux quand il contient une glande ou quand il est eji rapport avec une glande. D'après leurs formes, les poils ont reçu différents noms quil serait trop long d'cnumérer et dont beaucoup disent par euxmêmes leur signilication, comme poils ccailleux, |ioils peltés, poils en écusson. — La présence des poilsest un des caractères distinctifs de l'épiderme. Un cambiforme phellique peut se développer dans les cellules épidermiques. On dit alors que l'épiderme est multiple, bien qu'il n'y ait là que le fait du renforcement de l'épiderme par une lame subéreuse.
Parfois les cloisons des cellules épidermiques dirigées perpendiculairement à la surface de la plante se dédoublent, et une ouverture est produite dans la surface épidermique do la plante. Très fréquemment, ces ouvertures, qui se produisent spontanément et régulièrement daps l'épiderme de certains végétaux, se bordent sur tout leur pourtour de cellules subéreuses qui limitent pour ainsi dire la déchirure produite. Le plus ordinairement, deux cellules suffisent pour limiter chaque ouverture. On désigne sous le nom de slomale chacun des petits appareils que nous venons de décrire. L'orifice a reçu le nom d'ostiole; la dépression qui surmonte l'orifice est Vonlictiamhre, les cellules de bordure sont les cellules stoinntinues, la cavité dans laquelle l'ostiole débouche intérieurement est la chambre stomatique. Les stomates caractérisent l'épiderme au même titre que les poils. Les stomates ont comme rôle de mettre directement en rapport l'atmosphère dos lacunes de la plante avec l'air. C'est par ces orifices que se fait l'échange de gaz entre la plante et lair, ainsi que la transpiration végétale (V. Vérjctal\
Certains organes, comme les racines, n'ont jamais d'épiderme. Leur surface est toujours formée par un tissu subéreux. — On nomme pilor/iize le tissu provenant de l'exfoliation de la couche subéreuse superficielle des racines.
Rhylid'imi!. — On désigne sous ce nom l'ensemble des tissus mortifiés qu'une lame de liège détache d'un organe ou isole du reste de l'organe. Par suite même de la moit rapide des éléments subéreux, la partie isolée, se trouvant privée de tonte alimentation, ne tarde pas à périr. On appelle exfoliation ou décorlicalion la chute des tissus isolés d'un organe par une couche subéreuse. [C.-E. Bertrand. J
TONSEUnE. — V. Foudre.
TOUCIIIil». — V. Tact.
TUAGÉDIE. — Littérature et style, IlL — Les élémeuls de la question littéraire qui répond à ce titre se trouvent en grande partie aux articles Dramatique [Genre), Ttidcilre, Théâtre classique, Corneill'', lincine. Voltaire, et aussi à l'article Comédh: et à l'article Littérature française.
iVous nous bornerons ici à donner une définition, aussi exacte que possible, de la tragédie, et i tracer rapidement l'historique du genre.
TRAGEDIE
TRAGEDIE
Suivant l'Académie, la tragédie est « une pièce de tliéâtre qui offre une action importante, des personnages illustres, qui est propre à exciter la terreur ou la pitié, et qui se termine ordinairement par un événement funeste, n
L'origine du mot, comme il a été dit, est grecque. La tragédie, c'est le chant- du bouc (tragos, bouc; fidé, chant), c'est-à-dire le chant qui accompagnait le sacrifice du bouc, finon, comme l'a dit Boileau, celui dont un bouc était le prix. Et ce terme même ainsi entendu nous fait connaître le caractère primitif, tout religieux, on pourrait dire tout liturgique de la tragédie chez les Grecs. Elle fait, à sa naissance, partie des cérémonies sacrées, elle est elle-même un des éléments du culte. " Un chœur chanté en l'iionneur de Bacchus (Dionysos), dit M. Vapereau [Dictionnaire des littératiire~s, article Trai/édie), un monologue, puis un dialogue jeté dans ce chœur, pour mieux représenter une action liée à la légende mythologique : voilJi le chant du bouc, « voiii ce qui va Être la tragédie. Peu à peu Bacchus disparaît ; à côté de sa légende mythique il s'en iniroduit d'autres; les actions des hommes, plus immédiaément intéressantes que celles des dieux, prennent la place réservée d'abord exclusivement aux personnages divins : le poète, empruntant ses thèmes aux antiques données des traditions nationales, chante les premières luttes des hommes pour la vie, poétisées et symbolisées; il attribuera au destin aveugle les impitoyables effets des forces trop puissantes de la nature; l'activité morale, l'effort énergique des volontés, et des volontés les plus hautes, seront niis aux prises avec la fatalité attribuée h l'omnipotence divine; l'homme enlin. et ce sera le dernier progrès, sera représenté en opposition avocriiomme lui-même, et la lutte des passions et des volontés deviendra le dernier et inépuisable sujet du drame, qui de mythique est ainsi devenu humain. Sans parler des poètes plus anciens, dont l'œuvre archaïque et probablement fort rudimentaire n'est pas parvenue jusqu'à nous, Eschyle, avec Prométhée; Sophocle, avec (ffidipe et Electre ; Euripide, avec Alceste et Iphigénie — nous ne nommons, bien entendu, que quelques types caractéristiques — personnifient dans leur perfection ces trois phases successives de la tragédie chez les Grecs. Elle leur appartient tout entière, c'est une création de leur race et de leur pays, et si, dans leur histoire même, elle s'arrêta en quelque sorte brusquement, après avoir produit ses chefs-d'œuvre, ils peuvent néanmoins la revendiquer comme un genre qui leur appartient et qui n'appartient qu'à eux (V. Grèce, lettres et arts) .
Les Romains, au point de vue de la tragédie comme à beaucoup d'autres — V. Latine [Littérature) — n'ont eu que ce qu'on pourrait appeli-r une littérature de seconde main. Leurs anciens poètes, ceux de la période de formation, Na?vius, Ennius, Pacuvius, Attius, ne firent que traduire les poètes grecs; leurs ouvrages sont perdus, d'ailleurs, et nous n'en pouvons juger, les pièces de Sénèque le tragique sont des déclamations d'école plutôt que de vraies pièces de théâtre; notre Corneille cependant y a puisé et peut-être trop puisé.
L'article 2'hédtre montre comment la tragédie s'introduisit chez nous, comme une imitation de l'antiquité, à l'époque et sous l'influence des poètes savants de la Renaissance. On aurait mauvaise grâce à regretter cette importation étrangère d'un genre qui est représenté par des noms comme ceux de Corneille, de Racine, de Voltaire, et qui nous a valu des chefs-d'œuvre comme le Cid. Cimia, Horace et Poli/eucle, comme Hrilunnicus, l'iièilre et Athalie, même comme Zaïre et comme Mérope. Il n'en est pas moins vrai que
notre tragédie classique a toujours eu, même chez les plus grands poètes qui l'ont si admirablement maniée, quelque chose de factice, de convenu et d'emprunté, dont le cadre trop étroit a toujours plus gêné i|u'il n'a servi leur génie. C'est à son corps défendant que Corneille s'emprisonne dans les règles des cinq actes et des trois unités, que les Grecs eux-mêmes n'ont jamais connues. Racine s'en accommode mieux ; mais Voltaire qui, dans sa pratique théâtrale, y est encore resté trop fidèle, a marqué quelque part tout ce que la tragédie française avait de convenu et d'artificiel, au point que son principal mérite semblait être celui de la difficulté vaincue. « C'est, dit-il, une entreprise si difficile d'assembler dans un même lieu des héros de l'antiquité, de les faire parler en vers français, de ne leur faire jamais dire que ce qu'ils ont dû dire, de ne les faire entrer et sortir qu'à propos, de faire verser des larmes pour eux, de leur prêter un langage enchanteur qui ne soit ni ampoulé, ni familier, d'être toujours décent et toujours intéressant, qu'un tel ouvrage est un prodige, et qu'il faut s'étonner qu'il y ait en France vingt prodiges de cette espèce. » On ne saurait faire plus spirituellement le procès au genre.
A un point de vue qui n'est pas exclusivement celui du mérite littéraire, mais qui a bien aussi son importance historique et morale, il y a encore un autre reproche à faire à la tragédie classique : c'est celui d'avoir trop longtemps détourne nos poètes, pour la plus grande gloire de héros antiques dont nous nous serions fort bien passés, d'étudier nos propres héros, et do chercher leur inspiration aux sources de notre histoire nationale.
Les autres nations modernes — et nous devrions être jaloux de ce privilège — n'ont pas cherché hors d'elles-mêmes le sujet de leurs grandes œuvres dramatiques, ou elles no l'ont fait qu'accidentellement; et c'est ainsi que leur théâtre a pu devenir sans effort un incontestable élément de leur nationalité, au besoin une école de patriotisme; notre théâtre classique, si grand qu'il soit, n'en est pas là, surtout quant à la tragédie ; tout au moins celles des œuvres nationales qu'ont essayées de temps à autre quelques poètes de bonne intention ne sont, malheureusement, pas parmi les meilleures. Ni les Duguesclin, ni les Bayard n'ont encore trouvé un interprète dramatique digne de leur mérite et de leur gloire, et il a fallu qu'un étranger, un Allemand, mit sur la scène notre Jeanne d'Arc.
Les chefs-d'œuvre de la tragédie française et les poètes auteurs de ces chefs-d'œuvre sont étudiés à part dans ce Dictionnaire ; on trouvera également, à l'article Littérature française, des j renseignements très suffisants sur les écrivains d'ordre secondaire qui, de Jodelle à notre temps, ont alimenté le répertoire tragique de nos grands i théâtres. Nous n'avons pas à y revenir ici. Aussi j bien, d'ailleurs, est-ce dans ces poètes secondaires qu'à part quelques heureuses exceptions, on sentirait le mortel ennui qui s'attache comme naturellement à des œuvres toutes de convention! et de tradition d'école ; où, sous des noms différents, on retrouve les mêmes situations, les mê-l mes sentiments, exprimés dans une même languoi vague, incolore, pompeuse, et qui semble de parti |] prisse défendre de toute personnalité et de toute! originalité. Nos libertés modernes ont fini pari faire bonne justice d'une tradition qui n'a pas! dure moins de deux siècles ; nos poètes les pluaj classiques d'aujourd'hui n'acceptent les ancienne8| règles qu'autant qu'elles leur paraissent conveniri au développement normal de leurs données, eti nous ne leur demandons plus de se conformer àl la poétique d'Aristote, mais de nous émouvoir, del nous élever, de nous instruire par tous lesmoyensT