VÉGÉTAL
que (l'une plante placée suffisamment loin de la source lumineuse, on constate qu'elle est toujours douée d'iiéliotropisme positif. En approcliant l'objet de la source lumineuse, on trouve un point où sot] liéliotropisme est maximum. Plus près encore, l'héliotropisme positif de l'objet diminue ; en un certain point encore plus voisin de la s'ôTlrce, l'Iiéliotropisnie de l'objet est nul. Plus près encore de la source, l'Iiéliolropisme de l'objet devient négatif. Nous savons que cette variation dans l'holiotropisme, alliée au mouvement des granules chlorophylliens, permet à la plante de régulariser en quelque sorte sa vie et de l'amener autant que possible près des conditions où elle s'exerce le plus favorablement.
Il ne faut pas confondre la sensibilité des plantes à l'action de la lumière avec la nécessité pour la ,plante de recevoir de la lumière pour se développer. Pour montrer que la lumière est indispensable au développement d'une plante, on peut élever des plantes dans la chambre obscure, dans la lumière blanche, dans les lumières colorées obtenues soit au moyen d'un prisme, soit au moyen de solutions colorées placées entre des glaces à faces parallèles. On a reconnu, en procédant de la sorte :
1° Que pour les plantes pourvues d'une abondante réserve nutritive, la lumière n'est pas indispensable au développement de la plante;
î" Que si la plante est verte, il faut, pour qu'elle puisse poursuivre son développement, lui fournir de la lumière",
.3° Que le maximum de développement des plantes a lieu dans la lumière jaune, c'est-à-dire là où se trouvent réunis une grande quantité de rayons calorifiques et de rayons lumineux;
4<' Que le minimum de développement des plantes a lieu dans la lumière qui a traversé une solution concentrée de chlorophylle.
On désigne sous le nom de tliermolropisme la sensibilité des plantes à l'action do la chaleur. Tout ce que nous avons dit au sujet de la sensibilité des plantes à l'action de la lumière, nous pourrions le répéter pour la sensibilité des plantes à l'action de la chaleur. Il y a de même un thoraiotropisme positif, un thermotropisme négatif, et cela pour tous les organes des plantes.
Il faut de même distinguer très soigneusement le thermotropisme ou sensibilité des plantes à l'action de la chaleur, de la chaleur nécessaire pour assurer le développement d'une plante.
L» lumière et la chaleur, agissant sur une plante, ne protoquent sa courbure dans la direction do la source qu'ap,-ès un certain temps d'exposition. Si,
■ alors que le mouvement de courbure n'est pas encore commence aprt., „„ certain temps d'exposition d'une plante à la Iumifcr«, on vient à renverser le procédé déclairement, on reconnaît que la plante se courbe néanmoins dans la première
■ direction. L'effet produit se manifeste donc même
do la terre ; les racines et les tiges de ces plantes ne se dirigent plus alors selon la verticale. On peut ainsi montrer que pour le géotropisme, comme pour l'héliotropisme et le thermotropisme, il y a pour chaque partie d'une plante un instant où il est maximum, un instant où il est positif, un instant où il est négatif. Pour faire voir l'existence du géotropisme et la manière dont on peut l'annuler, Knight a constaté qu'il suffit do placer des plantes en germination dans des appareils animés d'un mouvement de rotation, les uns se déplaçant dans un plan vertical, les autres dans un plan horizontal. Si le mouvement de rotation de ces appareils est suffisamment rapide, les plantes s'orientent seulement sous l'influence de la rotation de l'appareil où elles sont placées.
II et III. lIuTILITÉ ET PROCÉDÉS DE DÉFENSE. —
Les autres manifestations do la vie de relation chez les plantes sont, avons-nous dit, la motilité fit les organes de défense. D'une manière générale, la motilité n'existe que dans un peiit nombre de plantes, et seulement chez des plantes d'une organisation très simple ou très dégradée. Dans les champignons muqueux que nous avons déjà désignés sous le nom de myxomycètes, l'être tout entier consiste en une sorte de gelée contractile douée d'un grand pouvoir héliotropique négatif, c'est-à-dire qu'en toute occasion fe végétal fuit la lumière. Il est possible, en disposant convenablement l'expérience, de faire parcourir une distance de huit à dix centimètres par jour à l'un de ces cfiampignons.
Les myxomycètes se déplacent à la manière des amibes ; leur substance semble s'écouler dans la direction où l'être veut avancer; ils émettent dans cette direction des prolonsemeuts ou pseudopodes, qui peuvent à tout instant se rétracter dans la masse de l'être. Le corps du myxomycète suit le pseudopode. On donne à ce mouvement particulier, que les myxomycètes partagent en commun avec les amibes, le nom de mouvement amiboide. Dans les spores émises par un grand nombre de myxomycètes, nous voyons la propriété motrice se localiser dans un appareil spécial nommé cil vibratile (V. Spore). Chaque spore possède bien encore le mouvement amiboide, et grâce à cette propriété peut se déplacer en rampant à la surface des parois des vases où on la cultive ; mais lorsque la spore veut se déplacer à travers le li(|Uide où elle baigne, elle se sert du cil qui la prolonge antérieurement. Le mouvement ciliaire peut être assimilé au mouvement que l'hélice d'un navire imprime au bâtiment qui en est pourvu. Pour un être déterminé, le mouvement de ses cils vibratiles a toujours lieu dans le même sens. Lorsque les cils vibratiles d'un être acquièrent une très grande longueur, plusieurs d'entre eux cessent d'être des organes locomoteurs pour devenir des sortes d'organes directeurs du mouvement. Us deviennent alors fermes et rigides; on les nomme
après qu'on a supprimé la cause. Les courbures ! flagella. Ce sont des sortes de gouvernails dont produites sous l influence de la lumière et de la ' ' ■ . -
chaleur dans les organes des plantes ne se l'ont sentir que dans celles de leurs parties qui sont en voie d'accroissement.
On nomme yé ti-opisme l'action de la pesanteur sur les plantes. On distingue un géotropisme po- ■sitif, qui a pour effet de courber les parties vers le sol, et un géotropisme négatif, qui a pour efTet de courber les parties vers le ciel. Dans les conditions ordinaires de la vie, les racines sont fortetneut douées de géotropisme positif ; les tiges qui s'élèvent verticalement dans l'air sont fortement douées de géotropisme négatif. Le géotropisme est dû uniquement à l'attraction de la terre sur les parties des plantes. En plaçant des plantes en germination sur des roues verticales et horizontales, on détruit partiellement l'influence de l'attraction 2' Paiitie.
la plante se sert pour donnera sa marclio plus de rectitude et plus d'assurance. Dans les algues désignées sous le nom de volvocinées, l'être tout entier consiste en une réunion de cellules agglutinées les unesauxautres parunesortede gelée transparente. Chaque cellule possède deux longs cils vibi'atiles sans cesse en mouvement, de telle .sorte que la masse entière est animée d'un mouvement rapide de rotation au moyen duquel l'être tout entier se déplace dans l'eau. Il est facile de trouver une de ces algues dans les eaux de pluie qui séjournent dans les creux des pierres calcaires à l'entrée de l'hiver ou au commencement du printemps.
Chez les saproléguiées, champignons aquatiiiues
qui vivent sur les mouches et sur les poissons
morts, cliai|ue zoospore est réniformo et pourvue
de deux cils vibratiles : l'un antérieur, mobile, qui
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pst lin véritable appareil locomoteur ; l'autre postérieur, rigide, est un flagellum qui sert à gouverner la marche de la zoospore. Des deux cils vibi ailles de la zoosporc, cliacun semble ici s'êlre spécialisé en vue d'une fonction différente; l'un est demeuré moteur, alors que l'autre est devenu org.ine de direction. Dans les chytridinées, autre groupe de champignons aquatiques qui vivent en parasites aux dépens des saprolégniées dont ils sont dérivés, les cils vibratiles se réduisent h un seul qui ne sert plus qu'à, diriger le mouvement. Le corps mobile se déplace au moyen de mouvements amiboïdcs, le flagellum dirige la marche. A mesure qu'on s'élève dans la série des êtres végétaux, la propriété motrice semble se localiser de plus en plus ; généralement elle se concentre tout entière dans les anthérozoïdes des plantes. Dans ce cas, l'organe mobile consiste en une sorte de ruban ou de fil courbé en hélice, et pourvu de cils vibratiles.
Dans les plantes supérieures, la masse protoplasmique vivante étant enfermée dans des chambres ou cellules i, parois rigides, la propriété motrice des diverses parties de l'être végétal ne s'accuse plus que par les déplacements généraux que nous avons vus se produire sous les noms d'hélioiropisme, de géotropisme et de tliermotropisme. Exceptionnellement, la faculté motrice réapparaît dans certaines parties de ces plantes qui acquièrent alors une irritabilité très grande. Chacun a entendu parler de la sensitive {Mimosa purlica) : on sait que quand on vient à toucher très légèrement les folioles de cette plante, celles-ci se ferment, la feuille qui les porle s'abaisse et prend une physionomie que l'on qualifie de physionomie de sommeil, parce que la nuit la plante prend d'elle-même l'aspect que nous lui avons vu acquérir sous l'influence d'un léger attouchement. D'autres plantes, comme le robinia faux-acacia, V Hedysarum gyrons,\a. dionée attrapemouche, le drosera, le sarracenia, le népenthès, le berbéris,ont certaines de leurs parties extrêmement sensibles soit à l'action de la lumière, soit à l'action d'un ébranlement mécanique. Dans le premier cas, on dit que la partie sensible veille ou dort selon sa position ; dans le second, on se contente de dire qu'elle est irritable mécaniquement. Les mouvements exécutés par ces parties dites irritables peuvent être très étendus. Ils sont brusques et rapides; ils ramènent toujours la partie irritée à sa position d'équilibre la plus stable; très souvent ils sont accompagnés d'une abondante émission d'eau. Cette émission d'eau est particulièrement facile à apprécier dans les plantes à pièges telles que les drosera, les dionées, les népen'hès, ou dans celles qui sont pourvues de fistules ou ouvertures locales accidentelles. Dans tous ces organes contractiles ou irritables, à côté d'un reste de la motiliié générale des êtres végétaux, il y a le fait d'une adaptation spéciale d'ujie partie dn la plante. Il y aurait lieu de reprendre aujourd'hui la plupart des observations faites antérieurement sur la moiilité des plantes pour les coordonner.
On sait fort peu de chose sur les organes de défense des plantes. Les plantes se mettent à l'abri <1« la lumière en colorant leurs parois en noir, en vert ou en rouge. La coloration la plus rare est la coloration verie Le plus ordinairement, dans h s végétaux InlérieurE. la coloratiun de la paroi est due îi la décomposition qui .^'y produit. D'autres ibis elle est dui-, à une matière résineuse qui s'y 4épose. Alors la paroi devient du même coup un organe protecteur contre l'action de l'iiumidité et contre l'a' tiun de l'oxygène de l'air.
Pour se pniiégpr coEitre les attaques des animaux, la planie triinsfornie certaines de ses parties •en une sorte de bourre ou d'éloupe qui revêt toute
la surface de l'être végétal et le met i l'abri des piqûres qui peuvent l'atteindre. Ailleurs, comme dans le Gleditschia ferox, dans les ronces, les aubépines, les acacias, les cactus, les Opuntia ou figuiers de Barbarie, certaines parties des plantes se transforment en épines, en dards ou en aiguillons. Ces piquants ont les origines morphologiques les plus diverses ; ce sont des tiges, des stipules, des feuilles ou de simples productions superficielles. Dans le Thi'inax staurncanlha, ce sont même des racines.
Dans les orties, les organes de défense consistent en poils dont la partie supérieure très déliée est terminée par une sorte de bouton. Le poil contient une glande qui sécrète de l'acide formique. Lorsque l'extrémité du poil a blessé un animal, elle se brise très facilement, sa fragilité étant très grande ; sous l'effort provoqué par cette rupture, la glande comprimée déverse dans la plaie une certaine quantité d'acide formique : de là provient l'irritation violente, la brûlure que provoque la piqûre de rortie,en particulier celle de YV'tica urens. Dans les ISonapartta, végétaux australiens voisins des agaves, la plante transforme en appareils urticants ses stomates. Il en est de même chez plusieurs broméliacées. Chez quelques légumineuses de l'Amérique du nord, les épines sont traversées par un canal en communication avec une glande à sucre. Le liquide qui s'échappe de cette glande est fort recherclié de certaines fourmis qui. par suite de la présence de leur nourriture préférée, installent leur habitation sur ces plantes. Mais les légumineuses en question ont tout à redouter des attaques de certaines autres fourmis qui se jettent sur leurs bourgeons au moment de leur épanouissement, dévorent ces bourgeons et font périr les plantes. Entre les deux sortes de fourmis, celles qui dévorent les bourgeons et celles qui se nourris^ent des sucs émis par les épines, il y a une animosité telle que les unes et les autres se font une guerre acharnée; les premières sont pourchassées I par les secondes, qui deviennent ainsi indireclaraent les appareils de défense de la plante.
Beaucoup de plantes produisent pour se mettre à l'abri des attaques des animaux des poisons violents. Le mancenillier, le manioc, le strychnos, les pavots, les aroidécs, les ciguës, les euphorbes, les quinquinas, les champignons sont des exemples bien connus de cette propriété des plantes. et des moyens auxquels un grand nombre d'entre elles ont eu recours pour se mettre le plus possible à l'abri des chances de destruction dont les menace la gent anfmale.
L'un des procédés les plus einoii-Mrs employés par les plantes pour se déf^^ndre, ce sontles pièges contractiles. D^-s '«s drosera. petites plantes qui vivent mêlées aux sphaignes des étangs ombragés, on voit la surface supérieure des | feuilles garnie de grands poils terminés par une glande sphérique. Lorsqu'un insecte vient à toucher la surface de la feuille, les poils s'inclinent vers l'insecte très rapidement; ils s'appliquent sur lui et l'entourent d'une matière fluide gluante. Tant que linsecte se débat, les poils demeurent appliqués sur lui. Ils ne se redressent que lorsque l'insecte est mort. D.nis les dionées ou llo:<.^olis des marais de la Louisiane et de la Caroline, le limbe de la feuille est formé de deux pièces mobiles autour d'une charnière représentée par leur côte médiane. Lorsqu'un insecte vient se poser sur U face supérieure de la feuille ouverte, les deul moitiés du limbe de la feuille se détendent brusquement, et s'appliquent l'une sur 1 autre. Les grands poils qui recouvrent les bords de la feuilK s'engrènent l'un l'autre très intimement, et les poils de la face supérieure de la ieiulle déversent sur l'insecte une matière gluante, fluide, acide, qui le fait rapidement périr. L existence
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dp Cl! Iluidc acido a doimû naissance h la fable des plantes cai'nivores. Dans les népenthès, les .■-ar:accnia, le pif-ge dont la plante dispose consis;e Cil une outre fermée supérieurement par nii couvercle mobile. Le fond de l'outre est tapissé par un tissu glandulaire qui produit, lors- «in'on l'irrite, une matière fluide visqueuse et lo- Kèreniciit acide. Lorsiiu'un insecte pénètre dans loutre, lo couvercle se ferme, l'insecte prisonnier, en se débattant, se prend sur le tissu glandulaire, et bientôt il périt sous l'action de la liqueur acide. .Nous avons renvoyé le lecteur à l'article Fleur pour tout ce qui concerne la reproduction chez les plantes. Nous ne croyons pas avoir à revenir sur ce sujet.