IV. — QUATRIÈME CONJUGAISON : rC
Les verbes irréguliers de la conjugaison en re sont les suivants :
.Ahsoudre. — Verbe défectif, n'a ni parf. déf. ni imparf. du suij. Il fait au part, passé: absous, absoute ; pour le reste de la conjugaison, voy. Résoudre.
Boire. — Ind. prés. : je bois, il boit, nous buvons, vous buvez, ils boivent ; Imparf. : je buvais; Parf. dcf. .-je bus, etc., nous bûmes, etc. — /m;'e>.; bois, buvons, buvez. — Subj. prcs. : que jo boive, etc.. que nous buvions, que vous buviez, qu'ils boivent ; Imparf. : que je busse. — Part. : buvant, bu.
Braire. — Ce verbe ne s'emploie (dit r.\cadémie) qu'à Vinfinitif, et aux a" personnes de 1'/;!dicatif, du futur et du conditionnel: bi-aire, il brait, ils braient, il braira, ils brairont, il brairait, ils brairaient.
Braire avait dans notre ancienne langue le sens général de oie)-, s'appliquant aussi bien à l'homme qu'aux animaux, et c'est tardivement que ce sens s'est limité au cri de l'àne.
Bruire. — Ce verbe n'a que les formes suivantes : bruire, il bruit, il bruyait, ils bruyaient, bruyant (lormé de bruire, comme fuyant de fuir) est plutôt aujourd'hui un adjectif qu'un participe présent.
Clore. — Ce verbe n'a que le part. puss. : clos ; les trois personnes du singulier du prés, de l'iud. : je clos, tu clos, il clôt ; le fut. : je clorai, etc. ; le i:ond. pi es. .-je clorais, etc. ; ïimpér.siny.: clos, et les temps composes.
Conclure. — Ind. prés.: je conclus, nous concluons ; Imparf. : je concluais, nous concluions ; Parf. déf.: je conclus, nous conclûmes; Futur: je conclurai. — Cv?id. prés. : je conclurais. — Impér. : conclus, concluons, concluez. — Subj. prés. : que je conclue, etc. ; que nous concluions, qu'ils concluent ; Iiiip. : que je conclusse, etc., que nous conclussions, etc. — Part.: concluant, conclu.
Ainsi se conjugue exclure. Le àén\'é indus a conservé le s original {inciiaum).
Confire. — I"d. prés. : je confis, nous confisons ; Imparf.: je confisais, etc., nous confisions, etc. ; Parf. déf.: je confis, etc.; nous confiiues, etc. ; fu<.; je confirai, etc., nous confirons, etc. — Cond. prés.: je confirais, etc., nous confirions, etc. — /"ipér. : confis, confisons, confisez. — Subj. prés. : que je confise, etc., que nous confisions, etc. ; Imparf.: musité. — Part.: confisant, confit.
Connaître. — lud. pri^s. : je connais, tu connais, il contiait, nous connaissons, vous connaissez, ils connaissent; Imparf: je connaissais, etc., nous connaissions, etc. ; Parf. déf: je connus, etc., nous connûmes, etc. ; Fu^: je connaîtrai, etc., nous coimaitrions, etc.— Co«d. pi es. .-je connaîtrais, etc., nous connaîtrions, etc. — Impér.: connais, connaissons, connaissez. — Sulj. prés. : que je connaisse, etc., que nous connaissions, etc. ; Imparf. : que jecoiiiiusse, etc., que nous connussions, etc. — iJ«ii.; connaissant, connu.
18 — VERBE
Paraître se conjugue de même.
Coudre. — Ind. prés.: je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils cousent ; Imparf. : je cousais, etc., nous cousions, etc. ; Par/". déf.: je cousis, etc., nous cousîmes, etc. ; Fu^.• je coudrai, etc., nous coudrons, etc. — Co7id. prés.: je coudrais, etc., nous coudrions, etc. — Impér, : couds, cousons, cousez. — Subj. prés. : que je couse, que nous cousions, etc. ; Imparf. : que je cousisse, etc., que nous cousissions, etc. — Part.: cousant^ cousu.
Craindre. — Ind. prés, .je crains, tu crains, il craint, nous craignons, vous craignez, ils craignent; Imparf. : je craignais, etc., nous craignions, etc. ; Parf. déf. : je craignis, etc. , nous craignîmes, etc. ; Fut.: je craindrai, etc., nous craindrons, etc. — Cond.prés.: je craindrais, etc., nous craindrions, etc. — Impér.: crains, craignons, craignez. — Subj. prés. : que je craigne, etc., que nuus craignions, etc. ; Imparf.: que je craignisse, etc., que nous craignissions, etc. — Part. : craignant, craint.
Peindre se conjugue de même.
Croire. — Ind. prés.: je crois, tu crois, il croit, nous croyons, vous croyez, ils croient; Imparf.: je croyais, etc., nous croyions, etc.; Parf. déf.; je crus, etc., nous crûmes, etc. ; F(//. .-je croirai, etc., nous croirons, etc. — Cond. prés, .je croirais, etc., nous croirions, etc. — Impér. : crois, croyons, croyez. — Subj. prés. : que je croie, etc., que nous croyions, que vous croyiez, qu'ils croient; Imparf.: que je crusse, etc., que nous crussions, etc. — Pan. : croyant, cru.
Croître. — Ind. prés.: je croîs, tu croîs, il croît, nous croissons, vous croissez, ils croissent ; Imparf. : je croissais, etc., nous croissions, etc.; Parf. déf. : je cr ils, etc., nous crûmes, etc. ; Fut.: je croîtrai, etc., nous croîtrons, etc. — Cond.prés.: je croîtrais, etc., nous croîtrions, etc. — Impér.: croîs, croissons, croissez. — Suljj, prés. : que je croisse, etc., que nous croissions, etc.; Imparf.: que je crusse, etc., que nous crussions, etc. — Part.: croissant, crû.
Dire. — Ind. prés.: je dis, tu dis, il dit, nous disons, vous dites, ils disent; Imparf. : je disais etc., nous disions, etc.; Parf. déf.: je dis, etc., nous dîmes, etc. ; Fut.: je dirai, etc., nous dirons, etc. — Cond.prés. .-je dirais, etc., nous dirions, etc.
— Impér. : dis, disons, dites. — Subj. prés.: que je dise, etc., que nous disions, etc. ; /»î/)ac/". ; que je disse, etc., que nous dissions, etc. — Part.: disant, dit.
Le composé redire est le seul qui fasse la 2* personne du pluriel en tes : vous redites. Les autres suivent la règle générale : vous contredisez, voiis dédisez, etc.
Muudire redouble i's du radical: nous maudissons, vous maudissez.
Eclore. — Ce verbe n'a que les formes suivantes : hid. prés. : il éclôt, ils éclosent ; Fut. : il éclôra, ils éclôront. — Cund. prés. : il éclôrait, ils éclôraient. — Subj. prés. : qu'il éclose, qu'ils éclosent.
— Part, passé : éclos.
Ecrire. — Ind. prés.: j'écris, tu écris, il écrit, nous écrivons, vous écrivez, ils écrivent ; Imparf. : j'écrivais, etc., nous écrivions, etc. ; l'arf. déf.: j'écrivis, etc., nous écrivîmes, etc. ; Fu<. .•j'écrirai, etc., nous écrirons, etc. — Cond. prés.: j'écrirais, etc., nous écririons, etc. — Impér.: écris, écrivons, écrivez. — Subj. prés. : que j'écrive, etc., que nous écrivions, etc. ; Imparf. : que j'écrivisse, que nous écrivissions, etc. — Part. : écrivant, écrit.
Faire. ^ Ind. prés. : je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites, ils font; Imparf. : 'je faisais, etc., nous faisions, etc. ; Parf. déf. : je fis, nous finies; Fut.: je ferai, etc., nous ferons, etc. — Cond. prés, .'je ferais, nous ferions. — hnpér. : fais, faisons, faites. — Subj. prés.: que je fasse, etc.,
VERBE
VERBE
([uu nous fassions, etc. ; Iinparf. : que je fisse, etc., que nous lissions, etc. — Part.: faisant, fait.
Frire. — Ce verbe, outre le prcs. île l'inf., a aussi les trois personnes dusing. du prés, dt L'md.: je fris, tu fris, il frit ; le fut. : je frirai, etc. ; le cmi/. prés, je frirais, etc. ; la i° pers. du sing. do Vi'upér.: fris; \e part, pa^sé : frit, frite. On supplée aux temps qui manquent en plaçant le verbe fuirn devant Vmfinitif frire : nous faisons frire, vous faiies frire.
Lire. — Ind. prés.: }e lis, ta lis, nous lisons, vous lisez, ils lisent ; Imparf. : je lisais, etc., nous lisions, etc. ; Par/', déf. : je lus, etc., nous lûmes, etc. ; Fut. : je lirai, etc., nous lirons, etc. — Cond. pj'és.: is lirais, etc., nous lirions, etc. — Impér.: lis, lisons, lisez. — Hubj. prés. : que je lise, etc., :]ue nous lisions, etc. ; imparf.: que je lusse, etc., que nous lussions, etc. — Part.: lisant, lu.
Luire. — Ce verbe et son compose nduire font au part, passé: lui, relui. Us n'ont ni parf. déf., ni impérat., ni iinparf. dusuhj.
Mettre. — Ind. prés. : je mets, tu mets, il met, nous mettons, vous mettez, ils mettent; Imparf.: je mettais, etc., nous mettions, etc. ; l'arf. déf. :
je plairais, etc. — hnpér. : plais, plaisons, plaisez. — Sut/j. jn-és. : que je plaise, etc. ; Imparf. : que je plusse, etc. — Part. : plaisant, plu.
Taire se conjugue de même.
Prendre. — Ind. prés, .-je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent; Imparf. : je prenais, etc., nous prenions; Parf. di'f.: je pris, etc., nous prîmes, etc. ; Fut.: jp, prendrai, etc., nous prendrons, etc. — Cund. prés.: je prendrais, etc., nous prendrions, etc. — Impér.: prends, prenons, prenez — Su'if. /très. : que je prenne, etc., que nous prenions, que vous preniez, qu'ils prennent ; Imparf. : que je prisse, etc., que nous prissions, etc. — Part. : prenant, pris. Résoudre. — Ind. prés, .'je résous, tu résous, il résout, nous résolvons, vous résolvez, ils résolvent; Imparf.: je résolvais, etc., nous résolvions, etc.; Parf. déf. : jB résolus, nous résolûmes, etc.; Fut.:ia résoudrai, etc., nous résoudrons, etc. — Cond. /»-e,v.; je résoudrais, etc., nous résoudrions, etc. — Impér. : résous, résolvons, résolvez. — Sultj. prés. : que je résolve, etc., que nous résolvions, etc.; I/nparf: que je résolusse, etc., que nous résolussions, etc. — Part. : résolvant.
je mis, etc., nous mimes, etc.; Fut.: je mettrai, résolu ou résous (on dit o brouillard résous en , nous mettrons, etc. — Cond. prés. : je met- | pluie
trais, etc., nous mettrions, etc. — Impér.: mets, mettons, mettez. — Sué/'. p/-t'.«.; que je mette, etc., que nous mettions, etc. ; Iinpnrf. : que je misse, etc., que nous missions, etc. — Part.: mettant, mis.
Moudre. — Ind. prés. : je mouds, tu mouds, il moud, nous moulons, vous moulez, ils moulent ; Imparf.: je moulais, etc., nous moulions, etc. ; farf. def. : je moulus, etc., nous moulûmes, etc. ; ' Fut.: je moudrai, etc., nous moudrons, etc. — Cu)id. prés.: je moudrais, etc., nous moudrions, etc. — Impér. : mouds, moulons, moulez. — Sub/ . jirés.: que je moule, etc., que nous moulions,! etc. ; Imparf. : que je moulusse, etc. — Part. : moulant, moulu.
Naître. — Ind. prés. : je nais, tu nais, il naît, nous naissons, vous naissez, ils naissent; Imparf. : je naissais, etc., nous naissions, etc.; Par/, déf.: je naquis, etc., nous naquîmes, etc. ; Fut.:le naîtrai, etc., nous naîtrons, etc. — Cond. piés.: ie naîtrais, etc., nous naîtrions, etc. — Impér.: nais, naissons, naissez. — Subj. prés, .'que je naisse, etc., que nous naissions, etc. ; Imparf. : que je naquisse, que nous naquissions, etc. — Pu/'i.; naissant, né.
Nuire. — I?id. prés. : je nuis, tu nuis, il nuit, nous nuisons, vous nuisez, ils nuisent; Imp. : je nuisais, etc., nous nuisions, etc.; Parf. déf.: nous nuisîmes, etc. s Fut.:]<i nuirai, etc., nous nuirons, etc. — C'0"(/. /"■(-■«..■ je nuirais, etc., nous nuirions, etc. — Impér. : nuis, nuisons, nuisez. — Sul'j. prés. : que je nuise, etc.. que nous nuisions, etc. ; Imparf.: que je nuisisse, etc., que nous nuisissions, etc. — Part. : nuisant, nui.
Conduire se conjugue de même, sauf au paricipe passé: conduit, conduite.
Paître. — Ind. jjrés. : je pais, tu pais, il paît, nous paissons, ils paissent ; Imparf. : je paissais, etc., nous paissions, etc.; Fut. : je paîtrai, nous paîtrons, etc. — Cond. prés. : je paierais, etc., nous paîtrions, etc. — Impér. : pais, paissons, paissez. — Subj. prés. : que je paisse, etc., que nous paissions. — Part. : paissant. — Ce verbe n'a point de parf. déf. ni ù'imp. du sulrj.
Hepailie se conjugue comme paiire, et a de plus un parf. def. : je repus, et un part, passé : repu.
Paraître. — Voyez Connaître.
Peindre. — Voyez Craindre.
Plaire. — hid. près. : je plais, tu plais, il plaît, nous plaisons, vous plaisez, ils plaisent ; Imparf. : je plaisais, etc.; Parf. déf: je plus, etc., nous plûmes, etc. ; Fut. .je plairai, etc. — Cond. prés. : Pabtie.
Rire — Ind. prés. : je ris, tu ris, il rit, nous rions, vous riez, ils rient; Imparf. : je riais, etc., nous riions, etc.; Parf. déf. .-je ris, etc., nous rîmes, etc.; Fut. : je rirai, etc., nous rirons, etc.,
— Cond. prés. : je rirais, etc., nous ririons, etc. — Impér. : ris, rions, riez. — Su/jj. prés. : que je rie, que tu ries, qu'il rie, que nous riions, que vous riiez, qu'ils rient; /»i//aï'/. ; qu(! je risse, etc., que nous rissions, etc. — Part.: riaiii, ri.
Suivre. — Ind. prés. : je suis, tu suis ; il suit, nous suivons, vous suivez, ils suivent ; Imparf. : je suivais, etc. ; Pur/, déf. : je suivis, nous suivîmes, etc. ; Fut. : je suivrai, etc. — Cond. prés. : je suivrais, etc. — Impér.: suis, suivons, suivez. — Siibj. )irés. : que je suive, etc. ; Imparf, : que je suivisse, etc., que nous suivissions, etc. — Part. : suivant, suivi.
Traire. — Ind. prés. : je trais, il trait, nous tr.iyons, vous trayez, ils traient; Imparf.: je trayais, etc., nous trayions, etc. ; Fu'. : je trairai, etc. — Cond. : je trairais, etc., nous trairions, etc. — Impér. : trais, trayons, trayez. — Subj. prés. : que je traie, etc., que nous trayions, que vous trayiez, qu'ils traient. — f(/r^. .' trayant, trait. — Ce verbe n'a point de parf. def. ni d'imparf. du subjonctif.
Vaincre. — Ind. prés. : \e vaincs, tu vaincs, il vainc, nous vainquons, ils vainquent ; Imparf. : je vainquais, etc., nous vainquions ; Parf. déf. :]e vainquis, etc., nous vainquîmes ; Fut. : je vaincrai, etc., nous vaincrons, etc. — Cond. prés.: je vaincrais, etc., nous vaincrions, etc. — Impér.: vaincs, vainquons, vainquez. —SM/y;.pr<!s.; que je vainque, etc., (|ue nous vainquions, etc. ; Imparf : que je vainquisse, etc., que nous vainquissions, etc. ;
— Part. : vainquant, vaincu.
Le verbe vnincre est en réalité un verbe régulier quant à la formation de ses temps. C'est le changement purement orihograpliique de c en qu [lu vaincs, nous vainquons, etc.) qui a fait ranger par les grammairiens et par l'usage le verbe vnincri! et les verbes analogaes parmi les verbes irréguliers.
Vivre. — Ind. prés.: je vis, tu vis, il vit, nous vivons, vous vivez, ils vivent; Imparf.: je vivais, etc. ; nous vivions, etc. ; Parf. def. : je vécus, etc., nous vécûmes, etc. ; Fut. : je vivrai, etc., nous vivrons, etc. — Cond. prés. : je vivrais, etc., nous vivrions, etc. — Impér. : vis, vivons, vivez. — Sabj. prés. : que je vive, etc., que nous vivions, etc.; Imp. : que je vécusse, etc., que nous vécussions, etc. — Part. ; vivant, vécu.
VEHNIS
— Si290
VERRE
On peut diviser les verbes irréguUers de fa 1'= conjugaisnn en deux classes d"après la forme du parfait défini. La i" classe a le parfait défini en /v Icriiindre, jecaignis). la 2' classe a le parfait délini en us (coyiuaitre, je connu-.).
Formation des verbes. — Le français forme des verbes par les mêmes procédés qu'il emploie pour former des noms, c'est-à-dire par composition et par dérivation :
1° l'ar composition, en faisant précéder le Terbe ; 1° d'un nom : maintenir (proprement « tenir avec la main »), colporter (proprement " porter sur le col ») ; 2° d'un adverbe : millroiter; 3" d'un préfixe : défaire (dé et faire)., surmonter {sur et monter).
Les principaux préfixes sont : com ou con, contre, entre, mes, pré, pro, re, sous, sur, etc. — Ex : Composer, eon^-edire, ew^-elarder, mflsuser, préàivc, proposar, levenir, soutenir, sucmener, etc. Ilemarque étymologique. — « Mes est le latin minus (qui signifie moins et aussi pas, point). Minus fut employé comme préfixe avec le sens déprccialif dans la basse latinité. On y trouve, jar exemple, miniisfacere (pour signifier méfaire, malfaire); minusi/icere donna successivement minsdicere et misilicere, que l'on trouve dans les actes de l'époque carlovingienne ; misrlicere de- Tint dans l'ancien français mesdire. puis médire, par la chute de ^ devant une consonne, cliute «juo l'on retrouve dans méfier, méconnaître, méprendre, médire, méfaire, etc. (de fier, connaître, prendre, dire, faire), tandis que s persiste devant une voyelle, dans mésallier, m •■<estimer, etc. » (B.-acliet, Dictionnaire éti/moloc/ique.) 2° Par dérivation. Le français peut créer des Terbes nouveaux en ajoutant aux substantifs la terminaison de la 1"= conjugaison er : barricade, fourraye, chemin donnent barricader, founager, titeminer.
Le français crée aussi des verbes nouveaux en tes tirant des adjectifs, tantôt à l'aide de la terminaison ir (jaune, bleu, yms donnent jaunir, iileuir, grossir), — tantôt à l'aide de la terminaison ir et du préfixe a (grand, agrandir; mince, amincir; maigre, amaigrir, etc.).
Le français crée enfin des verbes nouveaux à Taide de verbes déjîi existants, en employant les trois suffixes diminutifs ot, imn, ass, qui ajoutent aux mots un sens de dépréciation : cligner, clignoter; trembler, trembloter; chanter, ihayitonner; griffer, griffonner ; rêver, rêvasser.
fj. Dussouchet.] VER>'IS. — Cbiniie, XXW. — Un vernis est tou-
copal, de sandaraque, de térébentliine ou de résine élémi (V. Gommes, Résines); quand on veut les colorer, on y introduit du sang-dragon, de la coclienille ou de l'orcanette pour obtenir la couleur rouge; du rocou, du curcuma pour obtenir le jaune, de l'acétate de cuivre pour le vert.
Aujourd'hui, les ébénistes et les fabricants de pianos emploient beaucoup de vernis siccatifs colorés parla fuciisine.
Pour empêcher l'adhérence des matières résineuses au fond des vases où l'on fabrique le vernis, on y met du verre pilé. La formule suivante représente un bon vernis très employé pour les meubles et les cartons : copal dur, qu'on fond préalablement, 91 parties ; sandaraque, ISi ; mastic mondé. '.Jl; térébenthine liquide, '!6; alcool, 978; verre pilé 122. La masse doit être continuellement agitée pendant qu'on la chauffe. Les vernis .'i l'éther, assez peu employés, simt furmé-^ par une dissolution de 15 grammes de copal dans GO d'éther normal. Les vernis à l'essence sont très employés dans l'ébénisterie ; ils sont un peu moins siccatifs que les vernis à léther, mais beaucoup plus solidrs ; ils servent aussi à recouvrir les tableaux, et donnent plus d'éclat à la peiniure tout en la protégeant contre l'action de l'air. Voici une recette de vernis à l'essence très employée pour tableaux: mastic mondé, .'^BT ; térébenthine, 45; camphre, lô; essence de térébenthine, 1100; verre pilé, 152.
Les vernis gras contiennent de l'huile de lin qui a d'abord été épaissie par un chauffage lent et progressif. Certains vernis gras sont exclusivement formés d'iiuiledelin épaissie par une ébullition prolongée. Le plus souvent on y dissout de la gomme (de la gomme dure du Sénégal pour les vernis fins de voitures de luxe); le tout est broyé et mélangé avec un peu de litharge à une chaleur modérée, puis additionné d'essence de térébenthine. Le vernis ainsi obtenu a une consistance épaisse, il coule difficilement sur une plaque de vorre que l'on manipule en lui donnant diverses inclinaisons; en bouteille il a une couleur brune à reflet rouge, mais étendu en couches minces il est incolore et transparent. On en fabrique des quantités considérables, surtout en Angleterre, pour les voitures delnxeet les wagons. On n'obtient le brillant profond des panneaux de voiture que par l'application de nombreuses couches de vernis sur une première couche de couleur. Les vernis gras sont aussi employés pour les lampes, les devantures de magasins, etc. Voici une formule fort employée : copal, 184; térébenthine de VenUe, 45 ; huile de
jours produit par la dissolution d'une gomme ou lin rendue siccative par la concentration et l'addi. •l'une résine dans un liquide qui se dessèclie par i tion d'un peu de litharge, l'iG ; essence de téré-
évaporation ou par oxydation, lorsque le vernis benthine, 183. Les toiles cirées sont préparées avec
f^st étendu sur les objets qu'il doit recouvrir. Les divers vernis gras spéciaux.
liquides employés pour la fabrication des vernis Les vernis aqueux qui sont employés ponr les
3ont : l'alcool, l'éthor ou un mélange d'éther et coquillages, les insectes, sont quelquefois obtenus
d'alcool, les essences, principalement l'essence de avec du" blanc d'œuf délayé dans de l'eau-de-vie
lérébenihine. l'huile de lin, et quelquefois l'eau De là les différentes sortes de vernis : remis à t'alcool, verni<: à réther, vernis à l'essence, vernis gras, vernis aqueux. Si on tient compte des matières colorantes qu'on y introduit, des proportions et de la nature des gommes ou résines enipluyoes, ainsi que des divers mélanges de dissolvants imaginés par les fabricants ou les inventeurs, «n peut dire que la variété des vernis est sans limite. Les vernis sont dits siccatif' quand ils sont séchés en très peu de temps, parfois quelques minutes après leur application: tels sont les vernis à l'éther, à l'essence et à l'alcool ; les vernis ■gra-i ne sont point siccatifs : néanmoins on facilite leur dessiccation en y mélangeant, lors de la fa- ÈricalioEi, une certaine quantité d'essence de téréilL-iithine. Les vernis à l'alcool sont formés tout simplement par une dissolution alcoolique de
avec un peu de sucre en poudre; le plus souvent on les prépare en délayant de la colle de poisson dans l'eau et en y ajoutant des matières coloran tes en poudre. [Alfred Jacquemart.]
'^'EllKE. — Chimie, XVI ; Connaissances usuelles, It-V. — Historiqw. —■ A quelle époque et par qui a été inventé le verre'? C'est là un point complètement obscur de l'histoire de l'industrie humaine. Le savant chimiste J. Girardin pense que le hasard fut pour beaucoup dans cette invention. Ce qui est certain, c'est que les verreries qui existaient à Tlièbes et à Memphis au temps de la splendeur de ces villes antiques sont les plus anciennes dont l'histoire fasse mention; néanmoins il y a lieu de croire que l'invention du verre remonte bien au-delà de cette époque. Dans une antiquité moins reculée, les verreries de SIdon furent aussi très renommées; plus tard Rome et|
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VERRE
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la Grèce eurent aussi leurs verreries, et au temps do Pline, le naturaliste latin, c'est-à-dire un demisiècle après Jésus-Clirist, on fabriquait du verre en Gaule et en Espagne.
!■* D'après M. J. Girardin, quoiqu'on ait trouvé à Herculanuni et à Pompéi des verres plats et des salles de bain garnies de fenêtres de verre, les Romains n'employaient pas le verre au vitrage des maisons, et au ii" siècle de l'ère chrétienne les fenêtres des palais impériaux à Rome étaient encore fermées par des lames d'albâtre ou de gypse. Au iv» siècle toutefois, d'après saint Jérôme, l'usage du verre à vitre était général à Rome et en Gaule. La verrerie de luxe disparut dans l'Occident sous le (lot de l'invasion barbare, et ne fut conservée qu'à Constantinople et dans une partie de l'Orient. Au xiiiï siècle elle reparut à Venise après les croisades. A cette époque et pondant deux siècles la fabrication des verres à vitre se faisait exclusivement en Franco et en Italie; elle passa ensuite en Angleterre, puis de là en Allemagne et enfin dans les pays du nord; mai;! au milieu du xvi' siècle la verrerie de luxe fabriquée en Boliême et à Venise était encore inconnue en France.
Des essais infructueux furent tentés à Saint- Germain sous Henri JI, et à Paris et à Nevers sous Henri IV ; mais c'est seulement grâce aux efforts de Colbert que le premier établissement de glaces fut établi en France, à Tourlaville, en 1665. Quelques années après, Lucas de A'chou perfectionnait la fabrication et contribuait à la fondalion de la fabrique célèbre de Saint Gobain.
Vers la fin du xvii= siècle, les Anglais letrouvaient le procédé de la fabrication du cristal, perdu depuis le moyen âge, et en 1784 Lambert construisait a Saint-Cloud la première fabrique de cristal qu'ait eue la France.
Depuis cette époque, l'art de la verrerie n'a cessé de faire des progrès sous toutes les formes, et à l'Exposition universelle de 1S7S les produits français rivalisaient avec les merveilles envoyées par les verreries de Bohême, d'Angleterre et d'Italie.
11 y a cinq ou six ans, M. de la Eastie a imaginé de tremper le verre en le plongeant, lorsqu'il est chaud, dans de la graisse fondue, de manière à le refroidir lentement; le verre ainsi trempé a la propriété de résister à la casse. Un verre à boire en verre trempé se casse rarement en tombant des mains sur le plancher, et môme sur la brique ou sur le marbre.
Le verre trempé est aujourd'hui fort employé, principalement pour les ustensiles de laboratoire, capsules, é|)rouvettes, tubes à essai, etc. On en fait aussi beaucoup de verres à boire. Les objets en verre trempé coûtent environ lô p. IDO plus cher que ceux qui sont en verre ordinaire ; quand ils se cassent, par hasard, ils sont absolument pulvérisés, comme ces petites gouttelettes creuses obtenues en projetant du verre fondu dans l'eau et qu'on ajjpelle larmes hatiiviques.
Comfjosilion du verre. — Tous les verres sans ■exception sont des silicates à base rie potasse on de soude et de plomb, de zinc, de cliaux et même de fer. Les verres diffèrent non spulement par Ja nature, mais aussi par les proportions de ces diverses substances.
Ainsi on distingue :
1° Les verres formés de silicates de potasse ou de soude, et de chaux;
2" Les verres formés de silicates de potasse et de chaux ;
'i° Les verres formes de silicates de soude ou de potasse et de chaux, d'alumine et de fer;
4° Les verres exclusivement formés de silicates de potasse et do plomb.
La première classe contient les variétés sui-
vantes : le verre à vitre, le verre à goboleterie, le verre à glaces ; la deuxième le verre de Boliêma et le crown-glass ; la troisième le verre à bouteilles; la quatrième le cristal, le flint-glass et le strass.
Propriétés (la verre. — Le verre en général est cassant, dur, élastique, sonore, transparent ; maintenu longtemps à une haute température, il perd sa transparence, il se dévitrifie, tout on conservant la même coiiipnsition; on l'appelle alors porcelaine de Rèaainur. Dans les conditions ordinaires, le verre 0*^1 in^oluble dans l'eau, dans les acides, et dans la plupart des liquides. A la longue, l'uir humide altère le verre, comme on le constate sur les verres à vitre déjà anciens, ([ui perdent leur transparence en même temps que leur composition est changée par suite d'un" légère dissolution du silicaie alcalin. Les objets de verre très anciens sont devenus opaques et comme recouverts d'un vernis métallique. L'eau maintenue bouillante longtemps dans un vase en verre devient très sensiblement alcaline. M. Peligot a même constaté que le verre à bouteille se décomposait quelquefois rapidement sous l'action acide du vin. Le verre est très dur, il raie la plupart des corps; tout le inonde sait qu'il est rayé par le diamant, le cristal de roche et la pierre à fusil. Sa densité dépend de sa composition, mais elle oscille toujours entre 2.5 et 3,5.
Le verre est fusible à des températures qui varient selon sa composition ; les verres qui contiennent du plomb sont beaucoup plus fusibles que les verres à base de chaux. Avant de fondre, le verre devient pâteux ; on peut alors le travailler avec facilité : il peut être soufflé, étiré, courbé de toutes les façons possibles; on peut en faire des fils d'une ténuiié extrême, qui cependant sont assez tenaces pour être rapidement enroulés comme du lil de coton ou de chanvre.
Les objets de verre qui viennent d'être fabriqués seraient extrêmement cassants si on les laissait se refroidir brusquement à l'air, ils se casseraient même souvent en se refroidissant; pour éviter ce grave inconvénient, on les soumet au recuit, c'est-à-dire qu'on les place dans des fours, d'abord au rouge sombre, où ils se refroidissent graduellement. Le verre paraît résister d'autant mieux aux variations de température qu'il a été refroidi plus lentement.
Fabrication du verre. — Cette fabrication, aujourd'hui très perfectionnée, varie un peu avec l'espèce de verre et la nature des objets ; ainsi la fabrication du verre à bouteilles, dn verre de Bohême, celle du verre à glaces, diffèrent non seulement par la partie mécanique, par la manipulation, mais aussi par la formation de la pâte et par la température qu'elle exige. Nous ne pouvons pas entrer ici dans des détails complets sur la fabrication de chaque espèce de verre ; nous donnerons seulement (|uelques généralités. Cette vieille devise de l'alchimie : Sine igné nihil operamur (nous ne pouvons rien faire sans le feu), s'applique à la verrerie plus qu'à toute autre industrie. Aussi les anciennes verreries étaient-elles construiies au milieu des forêts, de manière à ce que le fondeur eiit le combustible sous la main et à discrétion. Quoique la houille et le coke aient remplacé avantageusement le bois, les verreries doivent encore être construites à proximité des houillères ou des voies de navigation, el, malgré les perfectionnements apportés aux fours dos verreries qui perdaient la pins grande partie de leur chaleur, le combustible est encore un dos éléments importants du prix de revient du verre.
Falirication du verre à vitrew — Ce verre, comme nous l'avons dit plus haut, est un silicate double de chaux et de potasse ou de soude. En France, où le carbonate de soude est moins cher
VERRE
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que celui dft potasse, oii fabrique plutôt des verres à base de soude. ÎNous consoninjous par an à peu près lOO millions de kilogrammes de soude brute; c'est le tiers de ce que consomme le monde entier. Les matières mélangées, sable, calcaire et soude, qui doivent constituer le verre par leur combinaison, sont introduites dans des pots en terre réiractaire placés sur la grille d'un four. Voici l'une des formules les plus utilisées pour la confection des mélanges: sable, 100 parties; craie, 3ô ; carbniiate de soude, 28 à 35 ; on peut remplacer cette dernière substance par 38 de sulfate de soude mélangé à 2 ou 3 de charbon en poudre; 60 Ji 181) de r/ioisil, c'est-à-dire de débris de verre. On ajoute souvent îi ce mélange un peu de peroxyde de manganèse ei quelques centièmes d'acide arsénieux, qui disparait par volatilisation quand la masse est au rouge.
Un four de verrerie se compose d'un foyer voûté au-dessus du<|uel se trouve une grille ; autour de celle-ci sont placés deux >ièges en maçonnerie réfractaire qui portent les puts ou creusets. Un four contient i. G, 8 ou 10 pots. Entre les deux siègf s se trouve un espace ou fosse, dont le fond, percé d'un trou nommé trou de chavage, laisse écouler le verre qui sort des pots ainsi que les crasses qui se forment à la surface. Au-dessus de chaque pot, dans la paroi du four, se trouve une ouverture par laquelle on peut puiser dans les pots ou introduire dans le four les objets qu'on veut façonner. La flamme et la fumée, après avoir léché etchautïé les pots, se rendent dans des fours latéraux ou «relies, puis se dégagent dans l'atmosphère par les ouvreaux de côté. Dans les arches sont chauffés les creusets neufs avec la matière qui y subit une première calcination ou fri'e. La masse est fréquemment remuée au moyen de longues pelles ou estragiielles, puis de Vnrvhe elle passe dans les pots, où on la rend homogène par une température plus élevée et en niàclant le verre, c'est-à-dire en le broyant avec un ringard. Enfin, lorsque le verre est bien fondu, rnàdé et truffe, on diminue le feu. on fait l'apaisement, c'est-àdire qu'on maintient la température, au lieu de l'élever, avec un charbon moins fumeux que le charbon de fonte. Au bout de dix heures, un m^iitre verrier et un aide pour chaque pot vont procéder à la fabrication. Pour tout outil, un tube de fer ou eanne del",ùOà2 mètres de long porté par un manche en bois. L'aide procède à \àpiiraiso7i, c'est- â-dire qu'il prend un peu de lualière au bout de la ctntne, la tourne sur une plaque de fer ou rnabre pour lui donner une forme convenable, puis il la passe au souffleur ou maître. Celui-ci souffle dans la canne tout en la tournant et la retournant, plonge l'extrémité dans le creuset pour en ramener une nouvelle quantité de matière, souffle, tourne, balance de nouveau la masse et arrive à lui donner la forme d'une boule d'à peu près 30 centimètres de diamètre ; alors, par un mouvement de balancement convenable, la pesanteur de la masse et le soufflage aidant, la sphère se transforme en un cylindre terminé par des calottes. Le verre est alors rechaufTé, puis, par lui très puissant soufflage, l'ouvrier crève la calotte inférieure. L'ouvrier prend une goutte de verre chaud, l'étiré en fil qu'il enroule autour des deux calottes qui terminent son globe ; celles-ci se détachent immédiatement, et on a alors un cylindre creux parfait, qu'on fend longitudinalemeni on y appliquant un couteau de fer mouillé. La pièce est de nouveavi chautfce, puis étendue sur ujie table de fer, et enfin recuite.
Le verre à gobeleterie, dont la composition est la mèiue que celle du précédent, comprend la verrerie commune de table, les flacons de pharmacie, de laboratoire, etc. Tous ces objets se préparent par le soufflage à la canne, qu'on opère
après avoir introduit le verre dans le moule de l'objet à fabriquer.
Fabrication du verre h glnees. — A Saint-Gohain, le mélange est formé de 300 parties de sable très blanc et très pur, de 100 de carbonate de soude, 43 de chaux éteinte et 300 de groisil. Ce mélange est d'abord traité comme pour le verre à vitre, puis fondu et affine. Le verre est versé dans de petits creusets carrés ou cuvettes où il est fortement chauffé jusqu'à ce qu'il soit parfaitement liquide ; on le coule alors sur une table en bronze parfaitement plane et ayant été chauffée d'avance. Les bords de la table sont munis de règles en fer qui retiennent la masse incandescente ; celle-ci s'étale naturellement et prend une surface uniforme sous l'action d'un cylindre en fonte qui glisse sur les bordures de la table. La glace est alors refroidie lentement dans un four convenablement chauffé. Elle subit, après refroidissement, une série d'opérations dans les détails desquelles nous ne pouvons pas entrer ici, mais qui ont pour but d'en parlaire le poli, la régularité et la transparence. Enfin, on procède à Véiamage ou metidlis'itioii quand on veut transformer les glaces en miroir. Les principales glueeries de France sont : celle de Saint-Gobain, la plus importante ; celles de Montiuçon, de Lirey et de Jeumont (Nord). Fnbrication du verre de Bohême. — Le verre de Boliomc s'obtient par la fusion, à une très hautetempérature, du mélange suivant : 110 parties de quartz pulvérisé, 64 de carbonate de potasse, 24 de chaux caustique, 1 de nitre et un tiers d'acide arsénieux. Ce verre est remarquable par. sa transparence, sa dureté et son éclat ; il est extrêmement peu fusible : on peut fondre du verre ordinaire dans des vases en verre de Bohême.
Fabrication des bhutei/lei. — Le verre à bouteille est formé de iviatiéres communes. On emploie des sables ferrugineux, le fer augmentant la fusibilité du verre; c'est lui qui dointe en partie la couleur verte au verre à bouteille ; la base alcaline est formée par des cendres de bois ou de varechs. Les proportions n'ont rien de fixe, aussi rencontre-t-on autant d'espèces de verre à bouteilles que de verreries. Le mélange est chauffé jusqu'à fusion complète dans de grands creusets placés dans un four semblable au four de verre à vitre ; quand la masse a pris, par refroidissement, un état pâteux convenable, on procède au soufflage à la canne, qu'on termine après avoir placé le cylindre de verre obtenu dans un moule en terre, puis, retournant la canne, l'ouvrier enfonce le cul de la bouteille en l'appuyant sur une molette en fer. Le haut du goulot est consolidé par un filet de verre fondu qu'on enroule autour. Pour les grandes bouteilles ou bombonnes. le soufflage se termine avec une petite pompe à air comprimé. 11 est inutile d'ajouter que les bouteilles sont ensuite recuites.
Fal»rication du cristal. — Le cristal, qui doit être parfaitement transparent et incolore, est formé par un mélange parfait de 300 parties de sable pur et fin, 200 de minium (oxyde rouge de plomb), loO de potasse pure ; on remplace quelquefois l'oxyde de plomb par de l'oxyde de zinc mélangé d'un peu d'acide borique qui le rend plus fusible. Le cristal est très réfringent, c'està dire qu'il dévie et disperse fortement les rayons lumineux qui le traversent. On fond le cristal dans des creusets fermés appelés moufles. Presque tous les objets de cristal sont moulés par compression de la pâte dans des moules ; on peut cependant le souffler connue les autres verres. La taille du cristal est produite par son contact avec des meules de fer ou de pierre animées d'un mouvement extrêmement rapide ; on tonuine la taille en doucissant le cristal sur une meule de bois, puis ensuite sur une meule de liège ou de