ZINC
ZOOLOGII
ZINC. — Clihiiie, XIX. — Le zinccst un métal blanc grisâtre ; sa densité varie de (!,8 à 7,2, suivant qu'il est fondu ou écroui. Son coefficient de dilatation est 0,0J003; sa chaleur spécifique 0,090. Il fond vers 400°, bout vers 1000". Sa texture cristalline est très apparente sur un écliantillon cassé. Il est pou malléable à froid, mou comme du plomb entre 120° et 150», friable à 200". Sa ténacité est très faible, il se rompt sous une traction de 'i kilos par millimètre carré de section. Le zinc, comme le cuivre, graisse les limes. 11 se fond et se moule fort bien ; on peut le couler dans des moules en zinc h condition que sa température soit aussi peu élevée que possible au-dessus du point de fusion; comme il se contracte beaucoup en se solidifiant et se refroidissant, il se retire aisément du moule. Il se lamine sans peine, et ses lames sont d'un travail très facile. On leur donne toutes les formes. Ce métal se soude avec de la soudure d'étain après qu'il a été décapé à l'acide clilorliydrique.
Le zinc s'enflamme vers 500° et brûle avec une flamme blanc verdàtre dont l'eti'et est utilisé pour les feux d'artifice. Le produit de la combustion est un oxyde blanc qui voltige en flocons légers, d'uù son nom de /aine pliilosophique ou de nihil album. Le zinc décompose l'eau aune température peu supérieure à 100°, et à la température ordinaire en présence d'un acide ; cette réaction n'a pas lieu si le zinc est pur ou amalgamé, à moins que ce métal ne fasse partie d'un circuit galvanique fermé.
Le zinc décompose aussi l'eau vers 100° en présence d'une base et forme des zincates.
Le zinc est placé après les métaux alcalins dans la liste des corps électro-positifs. Aussi cliasse-t-il de leurs dissolutions tous les métaux moins oxydables que le fer.
Malgré cela, il est pratiquement très peu altérable. Il se recouvre à l'air humide ou dans l'eau aérée d'une couche blanche d'hydrocarbonate qui, après une dessiccation, devient très compact et agit comme une sorte de vernis, préservant le reste du métal de l'oxydation.
Le zinc est même employé pour garantir le fer de la rouille ; l'usage du fer à tort appelé galvanisé ne peut manquer de s'étendra encore ; on galvanise ou plutôt on zingue les objets en fer en les décapant parfaitement avec du l'acide sulfurique étendu, puis les plongeant dans du zinc fondu recouvert d'une légère couche de chlorure de zinc. Ce procédé, indiqué au siècle dernier, a été mis en usage depuis 1830. La tùle galvanisée sert spécialement à faire des toitures et est, pour cet objet, bien supérieure au zinc on lames plus généralement employé. Les vases en zinc ou zingués peuvent sans inconvénient contenir do l'eau potable froide ; mais il faut éviter d'y conserver des aliments salés, acides ou gras, qui dissolvent le zinc et forment des sels assez vénéneux.
Le zinc du commerce n'est jamais pur. On sait eneffet que l'hydrogène qu'il dégage de l'eau en présence d'un acide est toujours odorant et qu'il laisse un assez considérable résidu noir insoluble. Ces impuretés sont surtout du silicium, du carbone, de l'arsenic, et, suivantles lieux, des traces d'autres métaux, indium, ihallium, dont la présence a été révélée d'abord par l'analyse spectrale.
Pour obtenir le zinc pur, il faut distiller le métal obtenu par la réduction do l'oxyde pur. Le zinc isolé n'était pas connu dos anciens; les
Uomains employaient, sans en savoir la composition, le laitoii, alliage de zinc et de cuivre.
Voxijde de zinc est un corps blanc que l'on obtient par calcination. Il sert il la peinture et tend îl remplacer la céruse dont il n'ofl're pas les dangers, mais il couvre moins qu'elle ; cette couleur se conserve fort bien, l'hydrogène sulfuré étant sans action sur elle. On peut l'obtenir aussi en précipitant un sel do zinc par un alcali, en évitant l'excès qui redissoudrait le précipité. L'oxyde de zinc est une base énergique qui forme avec les acides des sels bien définis.
Le cid'jrure de zinc hydraté est obtenu par la dissolution du zinc dans l'acide chlorhydrique. C'est le flux qui sert ù. la soudure à l'étain du fer blanc, du laiton, du fer, dans les cas où la résine ne suffit pas. C'est un caustique des plus puissants, dont l'usage a été très. préconisé pendant ces dernières années. Il est aussi employé avec succès à la conservation des préparations anatomiques et des cadavres.
VoT.ychlorure de zinc, obtenu par le mélange des deux corps précédents, se transforme par dessiccation en un corps très dur et très insoluble. On l'emploie comme peinture blanche sappliquant sans huile siccative ; c'est aussi une des substances les meilleures et les plus faciles à utilicor pour plomber les dents cariées.
Le sulfure de zinc iiaturel ou blende est un des principaux minerais de zinc. Le sulfure artificiel sert en peinture surtout, mélange à du sulfate de baryte. Ce produit est obtenu en mélangeant les dissolutions de sulfate de zinc et de sulfure de baryum .
Les principaux alliages de zinc sont le laiton ou cuivre jaune, le maillechort, le chrysocale. Il est remarquable que le laiton se lime fort bien, tandis que ses deux composants graissent les limes.
Les sels de zinc sont incolores ou blancs, d'une saveur métallique spéciale. Leur solution n'est pas précipitée par l'acide sulfhydrique. Le sulfhydrale d'ammoniaque y forme un précipité de sulfure blanc. Au chalumeau, les sels de zinc donnent l'oxyde blanc compact qui forme sur le charbon une sorte de vernis.
Le sulfate de zinc ou couperose blanche est employé comme désinfectant ; cette propriété s'explique en ce qu'il décompose le sulfhydrate d'ammoniaque et forme du sulfure de zinc et du sulfate d'ammoniaque. Les autres sels sont sans importance.
Les minerais de zinc sont la blende, sulfure de zinc, et la calamine, carbonate. Le premier de ces corps est transformé par le grillage en sulfate et en oxyde. L'oxyde, ainsi que le carbonate, après purification mécanique, sont réduits parle charbon, puis distillés.
La distillation du zinc était autrefois citée comme exemple remarquable de distillation per descensutn. Le métal était chautl'é dans un creuset fermé traversé par un tube vertical, et le produit distillé coulait dans un vase au-dessous; cette disposition, plus ou moins favorable dans la pratique, n'a théoriquement aucune importance.
Le zinc se trouve spécialement en Sibérie et en Belgique. Sa production annuelle dépasse 00 millions de kilos. Son prix a beaucoup varié ; il est maintenant de 50 à GO Irancs les 100 kilos. [Paul Robin.] ZOOLOGIli:. — Dans son acception lapins large, le mot Zoologie désigne l'ensemble des connais-
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sances que nous possédons sur le règne animal. Ces connaissances viennent elles-mêmes se ranger sous divers chapitres qui constituent autant de sciences distinctes.
La Zookirjie descriptive ou systématique s'occupe de nous faire connaître les caractères distinctifs des diverses espèces animales, de dresser le catalogue de ces espèces et de les classer dans un ordre méthodique. Elle emploie surtout dans ses classifications les caractères extérieurs qui permettent de reconnaître rapidement un animal donné.
VAnatomie descriptive a. pour objet de décrire les différents organes des animaux et leurs rapports réciproques. Elle peut se borner h considérer la forme extérieure des organes ou pénétrer, à l'aide du microscope, dans leur structure intime ; elle confine, dans ce dernier cas, à une autre science, ['Histoloçjie, quelquefois désignée sous le nom à'anatomie générale, et qui étudie les éléments constitutifs des êtres vivants, les éléments analomifjues, dans leurs formes diverses, dans leurs propriétés et dans leurs modes variés de groupement.
La recherche des lois qui régissent l'agencement des organes et des diverses parties des animaux constitue une autre science, VAnotomie comparée. C'est seulement, en effet, en comparant entre eux les animaux, au point de vue de leur structure anatomique, que le naturaliste parvient à dégager ces lois.
Tous les animaux commencent par n'être qu'un œuf, et c'est graduellement que leurs organes se forment, les derniers venus prenant généralement naissance sur ceux qui ont apparu tout d'abord. Les animaux, pendant qu'ils se développent, changent donc peu K peu de forme extérieure et de structure; on appe\le Embryologie ou Embryogénie l'histoire de leur développement. On peut distinguer une emhnjoge'nie descriptive, correspondant à l'anatomie descriptive, et une embryogénie comparée ou embryogénie générale.
L'anatomie et l'embryogénie s'occupant surtout des formes des animaux ou de leurs organes et des changements que subissent ces formes, soit quand on passe d'un type à un autre, soit quand on étudie le développement d'un môme individu, ces deux sciences peuvent être considérées comme deux branches d'une science plus générale, la Morpliologie ou science des formes.
On oppose ordinairement à. la Morphologie la Physiologie, qui traite ies fonctions des organes. indépendamment de leur forme ; la morphologie traitant au contraire de la forme indépendamment de la fonction.
A ces dernières branches de la zoologie théorique, il faut ajouter la Zoologie appliguée, qui embrasse l'ensemble des rapports qui peuvent s'établir, au point de vue économii|ue, entre l'homme et les animaux. La Zoologie appliquée se subdivise en une infinité de branches, telles que la Zootechnie, ou science de l'élevage et du perfectionnement du bétail ; la Pisciculture, ou science de l'entretien et du développement de la population animale des eaux; V Insectologie agricole, etc., etc. La Médecine vétérinaire et la Médecine proprement dite peuvent enfin être considérées comme ayant leur base dans la zoologie telle que nous venons de la définir.
L'étude de la répartition des animaux îi la surface du globe et des causes qui ont amené cette sépartition mérite aussi d'être élevée au rang d'une science particulière, dont les fondements ront, à la vérité, à peine jetés : c'est la Géographie zoologique. Enfin, depuis que le transformisme a imposé à l'esprit des naturalistes la recherche de l'origine des êtres, on a appelé Phylogénie la partie de la science, raalheureusament encore très
hypothétique, qui traite de la généalogie des différents groupes d'animaux. Si la phylogénie prend définitivement place parmi les branches des sciences naturelles, elle comprendra nécessairement comme un de ses rameaux importants la Paléontologie animale, ou histoire des animaux fossiles, qui a fait depuis Cuvier, son fondateur, de magnifiques conquêtes.
On peut juger, par l'énumération que nous -venons de faire, de l'étendue immense de la zoologie, et nous n'avons cependant pas épuisé tous les points de vue sous lesquels l'histoire des animaux peut être envisagée : nous n'avons rien dit ni des rapports que ces êtres contractent avec le milieu dans lequel ils doivent vivre, ni des modifications qu'ils subissent sous l'action de ce milieu, ni des relations réciproques dans lesquelles les animaux sont entre eux, ni de l'influence modificatrice qu'ils exercent les uns sur les autres; nous ne nous sommes pas davantage occupé de l'étude do leurs mœurs; il y a lu, cependant des sujets d'observation, pour ainsi dire, en nombre infini et qui, dans un avenir sans doute prochain, fourniront la matière de branches de la science qui n'existent encore que de nom.
Dès sa naissance, la zoologie a été conçue avec cette ampleur par Aristote (V. Naturalistes) ; mais après lui la nuit se fait, et Pline lui-même demeure bien loin de l'idée grandiose que le philosophe de Stagires'était formée de la science de la nature. Les Egyptiens, les Grecs et les Romains connaissaient un assez grand nombre d'animaux; mais les premiers en faisaient parfois desdieux, ce qui n'était pas une excellente condition pour les étudier; en Grèce et à Rome, c'était seulement en raison de leur utilité que les êtres vivants étaient l'objet de quelque attention. Le moyen âge ne fit guère plus, et c'est seulement au xvi' siècle que, d'une part, on se livre aux travaux d'anatomie humaine qui ont illustré les noms de Fabricio d'Acquapendente, de Vésale, de Jlichel Servet, d'Ambroise Paré, tandis que d'autre part des hommes comme Gessner, Rondelet et Pierre Belon commencent à décrire les nouveaux animaux rapportés de leurs voyages par les explorateurs du Mouveau-Monde. Les formes différentes bien connues deviennent nombreuses; pour arriver aies distinguer les unes des autres, un groupement méthodique s'impose nécessairement, et on trouve, en effet, dans les œuvres de ces auteurs, des essais, à la vérité parfois peu réussis, de classification. AIdrovande tente vers cette époque une histoire de la nature dont il put terminer cinq volumes ; mais son ouvrage, qui suppose des connaissances étendues, ne réalise aucun progrès important touchant la méthode : les animaux sont rapprochés d'après des caractères sans importance ou simplement même d'après leur habitat. Les successeurs d'Aldrovande sont d'ailleurs surtout préoccupés du parti que la médecine peut tirer des animaux.
Cependant les documents commencent ^ abonder ; on ne se borne plus i décrire les animaux, on les observe ; l'invention des lentilles grossissantes, les découvertes de Malpighi, de Lœwonhœk sur la structure des êtres vivants et sur les animaux microscopiques, celles de Swammerdamm sur les métamorphosesdes insectes, viennent ouvrir une ère nouvelle. Le xvii' siècle voit éclore de nombreux chercheurs, des académies se fondent: l'Académie des curieux de la nature (lfi52), en Allemagne, USociété royale de Londres (1062), en Angleterre, l'Académie des sciences de Paris {Hi\):)), en France, etc. Des rapports réguliers s'établissent entre les savants, les idées s'échan-gent et se propagent. L'n botaniste, Ray, arrive le premier (1G8G) aune notion de l'cs/jéce voisine de celle que nous en avons aujourd'hui. Ray s'est d'ailleurs également occupé des animaux; on lui
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doit des ossais do classification iieureux à beaucoup défjards; il définit par exemple assez justemont les ( ■(•Vflri'v, bien qu'il les laisse h côté des poissons; il lait intervenir dans son système toutes les données anatomiques qu'il possède, et donne des vertébrés une classification assez exacte.
Nous arrivons au xviii" siècle. Des tentatives mleressantes do classification sont faites par lircyn pour les mollusques et les oursins, parmi lesquels il fait une place pour les espèces fossiles ; par Link pour les étoiles de mer; mais deux liommes, qui furent ardents adversaires l'un de l'autre, s'élèvent au-dessus do tous les zoologistes descripteurs de cotte époque : Klein (1685-1759) et surtout le grand Linné. Klein imagine un sijstfine général, auquel il ne demande du reste qu'un procédé pour arriver le plus rapidement possible a la connaissance du nom des animaux; il pose en principe que les caractères à employer doivent
toire naturelle de l'homme, de l'anthropologie.
Un contemporain de Butfon, Bonnet de Genève (n'20-1793), soutenait de son côté deux doctrines théoriques qui ont fait quelque bruit dans la science. 11 pensait que les animaux formaient une chaîne ininterrompue, de sorte que leurs espèces, d'ailleurs invariables, pouvaient être rangées en une seule série : la classification devait donc se bornera constituer cetie échelle des êtres. Il a fait, d'autre part, un grand nombre d'expériences précises sur la reproduction des animaux.
Cependant les animaux inférieurs, jusque-là mal connus, commencent à modifier l'idée que l'on se formedu règneanimal : Peyssonnel, Tromidey, Bonnet lui-même et deJussiou, ont fait connaître des animaux qui bourgeonnent les uns sur les autres comme les plantes : la nature animale du corail est établie. Cuvierétendconsidérablemeni, dès sospremières recherches, les connaissances anatomiques
être exclusivement tirés de l'extérieur de l'animal, que l'on possédait sur les vers et sur les mol-
et se condamne ainsi à ne tenir aucun compte de ceux qui indiquent le mieux leurs affinités. S'il possède nettement la notion de l'espèce, s'il conçoit des groupes d'espèces bien définis auxquels on peut donner le nom do genres, il ne réussit pas h constituer des groupes supérieurs nettement délimités, et ses réunions de genres il les appelle simplement des grands çjeyires.
Linné (10î4-ms) a de la méthode une conception autrement large et apporte dans ses travaux une précision autrement grande, trop grande peut-être, car elle le conduit h. ne pas tenir un compte suffisant de tout ce qui est mal défini. Ray avait conçu l'espèce comme une succession de formes très semblables entre elles, mais douées dune variabilité assez étendue; Linné fait l'espèce absolument invariable : c'est de lui que date le dogme de la fixité des formes animales et végétales. 0 On compte, dit-il, autant d'espèces qu'il est sorti do couples des mains du Créateur. » A chacun de ces couples il donne un nom ; ce nom est compose de deux mots, l'un qui est le nom du genre auquel l'espèce appartient, l'autre qui est le nom de l'espèce et la distingue dans ce genre. Cette noiiienclaiure binaire, dont Linné fixe les règles jusque-là indécises, est devenue un instrument merveilleux entre les mains des classiflcateurs. En outre Linné définit toute une série de divisions : espèces, genres, familles, ordres, classes, parfaitement hiérarchisées, et dont il fait saisir nettement les rapports réciproques par des comparaisons empruntées soit aux divisions géographiques, soit à l'organisation militaire.
Quels que soient les défauts du système de Linno, dès cette époque la zoologie systématique est fondée.
Cependant, durant le xviii« siècle, il s'en faut que tous les naturalistes adoptent sa réforme si simple. Réaumur, Buffon (1:07-1788), dans leurs immortels travaux, se passent de toute classification. Aussi plusieurs passages des Mémoires pour servir ù l'histoire des Insectes, de Réaumur, sont-lis demeures très énigmatiques. Les grandes descriptions de Bufi'on permettent, il est vrai, d identifier toujours les animaux dont: il parle; mais quand il arrive aux oiseaux, si nombreux en espèces, il est obligé lui-même de mettre quelque ordre dans son sujet ; sans cela comment se reconnaître au milieu de la foule de bêtes qu'il a à décrire-? Mais là n'est pas le mérite de Bufi'on. Le grand naturalisie jette les bases de la philosophie zoologique. Il cherche à résoudre par l'observation la question tranchée dogmatiquement par Linno de la variabilité des espèces; il mot en évidence quelques faits importants de géographie zoologique, comme la différence des faunes d
lusques. Il reconnaît que les animaux peuvent se répartir en quatre grands types qu'il nomme des embranchemeiils, et entreprend une réforme complète de la classification de Linné. Le but qu'il poursuit est la réalisation d'une classificution naturelle qui emploie dans l'édilication de ses divisions tous les caractères de t'animai adulte, de manière que la méthode, une fois achevée, soit, en quelque sorte, le résumé de la science. Pour réaliser cette méthode, il remarque d'abord que de même que les groupes zoologiques sont subordonnés les uns aux autres, les caractères qui distinguent ces groupes sont eux-mêmes subordonnés, de façon qu'il devient facile de caractériser chaque sorte de division par un petit nombre de caractères ou même par un seul ; ainsi chacun des (piatre embranchements est caractérisé par une disposition s])éciale du système nerveux. Ce principe de la subordination des cara'jtéres est le fondement de la méthode naturelle, comme le principe à.s\di corrélation (les formes, également énoncé par Cuvier, est devenu le fondement de la paléontologie.
Cuvier admettait que les animaux et les plantes avaient été crées tels qu'ils sont. Lamarck et Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire ont attaqué un autre côté de la question : ils ont l'un et l'autre agité le problème de l'origine des espèces. Lamarck, par son magnifique ouvrage descriptif, ['Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, et par ses travaux de botani(|ue, a mérité le nom de Linné français. Geoffroy, par les principes qui l'ont guidé dans ses nombreuses recherches d'anatomie, doit être considéré comme ayant contribué presque autant que Cuvier à fonder Vanatomie comparée, telle qu'on la comprend aujourd'hui. Cuvier insistait sur les rapports réciproques des organes dans un même animal, Geofl'roy considère surtout les modifications des organes dans les différents types ; personne n'a plus largement contribué à établir le fait qu'un même organe peut, dans différents animaux, remplir les fonctions les plus opposées, tandis qu'une même fonction peut être remplie par des organes n'ayant entre eux aucun autre rapport, (i'est grâce à ce double principe qu'une morphologie générale des animaux est devenue possible, et qu'on a pu formuler le plus grand nombre des lois qui régissent leur structure.
A côté des noms de ces trois grands hommes il faut placer celui de von Bœr. que l'on regarde à juste titre comme l'un des fondateurs de Vembrgologie générale.
Les travaux de ces éminents naturalistes ont donné à la zoologie, au commencement de ce siècle, une impulsion qui ne s'est pas ralentie. En possession d'une méthode précise.
,,,-■-,"■.'1"'-' ^"">""= la uiiierence aes launes Ue lentie. En possession d une méthode précise, 1 Amérique et de l'Ancien-Monde; enfin, on de moyens d'observations d'une perfection qu'il peut le considérer comme le fondateur de l'his- I semble difficile de dépasser, la zoologie, marchant
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avec liardiesse dans la voie sûre do l'observation et de l'expérience, a fait en moins de cinquante ans les plus grandes conquêtes. Profitant de tout ce que les maîtres lui avaient légué de vérités, elle a su peu à peu se débarrasser de toutes les entraves qui gênaient son essor. Les zoologistes ne croient plus aujourd'lmi il la génération spontanée ; ils savent que tout être vivant procède d'un œuf; ils ont suivi pas à pas toutes les transformations de cet œuf, et ils savent que c'est en se divisant et se subdivisant do manière à former un nombre toujours plus grand de parties d'.Tbord presque semblables à l'œuf lui-môme, mais qui vont ensuite en se différenciant de plus en plus les unes des autres, que les organes des animaux arrivent à se constituer. Ils savent que ce mode d'évolution par épigéncse ne donne pas toujours naissance à un individu unique ; que l'être vivant qui naît d'un œuf peut produire, par la continuation du procède qui lui a donné naissance, des individus plus ou moins semblables à lui, qui peuvent demeurer unis pour constituer, par leur ensemble, un individu plus complexe, ou s'isoler les uns des autres en revêtant des formes diverses. C'est dans ce dernier phénomène que consiste ce qu'on a appelé la génération nllernante, et c'est seulement après l'avoir bien établi qu'on a pu découvrir le mode do propagation des vers intestinaux, dont la présence dans l'organisme était le dernier argument en faveur des générations spontanées. La zoologie a ainsi résolu un problème de grande importaixe pour la médecine.
Ces idées éclairent d'ailleurs considérablement l'embryogénie des animaux supérieurs. On aperçoit nettement un rapport entre la parenté des animaux à l'état adulte, et la façon dont ils ve développent. Cuvier, ne tenant compte que des caractères des animaux adultes, avait placé les lerpées parmi les polypes, les cirrhipèdes parmi les mollusques; l'embryogénie démontre que ces animaux sont à leur naissance de vrais crustacés. Bientôt, en 1S44, M. Milne-Edvvards affirme qu'on doit tenir grand compte des données embryogéniques dans les classifications. La classification naturelle se trouve désormais assise sur une triple base : ressemblance des caractères extérieurs, ressemblance dts caractères anatomiques, ressemblance dans le développement embryogénique.
L'être vivant apparaît d'ailleurs maintenant comme le résultat de l'association d'un nombre parfois énorme d'éléments autonomes, provenant de la segmentation de l'œuf et que depuis Schwann (1839) on nomme cethcles, ou d'une manière plus générale éléments anatomiques ou encore plastides.
Jusqu'en 1859 on s'occupe peu de l'origine des 1 espèces vivantes. Le nombre de celles qui sont inscrites dans les catalogues dépasse plusieurs centaines de mille. Cette multiplicité des formes rend enfin quelque peu sceptique relativement à la valeur de certaines espèces ; on commence h reconnaître que les espèces sont variables dans une certaine étendue, et l'on se demande à quoi une simple variété peut être distinguée d'une véritable espèce. C'est dans ces conditions qu'apparaît le livre de Darwin sur l'Origine des espèces. Depuis lors, l'horizon s'est agrandi. La paléontologie est venue apporter la preuve que les espèces animales n'ont pas toujours été ce qu'elles sont aujourd'hui (V. Transformisme) ; la géographie zoologique est venue établir des liens évidents entre certaines espèces, considérées longtemps comme indépendantes : les diverses espèces de mancliots, les diverses espèces de phoques de l'hémisphère austral paraissent ainsi avoir eu une origine commune. La zoologie aborde donc résolument aujourd'hui le problème de l'origine des formes animales actuelles, qui contient le problème de
l'origine de l'homme. Quelle que soit la solution à venir, l'humble science qui au début n'intéresserait que les curieux et les gourmets arrive ainsi à toucher aux plus hauts sommets de la philosophie. [Edmond Perrier.]
Nous donnons ci-dessous le programme qui a été suivi dans ce Dictionnaire pour la distribution des articles de zoologie :