LIQUIDES
LIRIOIDÉES
double ou le triple de son volume primitif. Los mêmes exp<îrieiices ont été faites avec l'ali-ool, avec l'eau, et elles ont conduit aux niâmes conséquences.
Ce n'est pas tout : la môme stabilité du groupement moléculaire dans les liquides se montre encore quand on abaisse leur température jusqu'au dejçré habituel de leur solidification. Ainsi, on évitant tout choc, tout ébranlement, et surtout en empôcliant le contact d'un cristal de glace, on a pu faire descendre l'eau pure i 10" au-dessous de zéro, sans amener sa congélation. L'n résultat analogue a été obtenu avec le soufre et le phosphore. En prenant les précautions convenables, celui-ci demeure liquide indéfiniment i la température ordinaire.
Voici donc un autre point établi : L'état liquide reprcseitte un équilibre moléculaire d'une grande slabiUti}.
Les caractères de la liquidité sont, on l'a dit ailleurs — V. Hydrostatique, Equilibre, Capillarité, Arcliimède {principe d') — 1° une mobilité très grande des molécules, qui fait qu'un liquide prend très exactement, et dans tous les cas, la forme du vase qui le contient; 'i' l'absence de frottement entre les molécules du liquide qui glissent l'une sur l'autre ou entre ces mêmes molécules et les parois des corps solides le long desquelles elles se déplacent. Le principe de Pascal, les conditions d'équilibre des liquides pesants sont les conséquences mêmes de cette extrême mobilité. Nous n'insisterons pas sur ce point, puisque ces questions ont été traitées ailleurs. Nous ferons toutefois remarquer que cette mobilité des particules liquides n'est pas aussi parfaite qu'on serait porté à le supposer tout d'abord. Il existe toujours pour ce genre de corps une certaine viscosité qui, dans bien des cas, n'est pas négligeable, et qui. d'ailleurs, change très notablement de valeur quand on passe d'un liquide à un autre. Ainsi l'éther et l'alcool pur ont moins de viscosité que l'eau; celle-ci en a moins que l'acide sulfurique, etc.
Un autre caractère des liquides sur lequel nous insisterons un peu plus, c'est que leur corapressibilitc est très faible; elle est intermédiaire entre ci'lle des solides et celle des gaz, plus grande que celle des solides, beaucoup plus faible que celle des gaz. Pendant longtemps, on a même cru qu'elle n'existait pas, et on donnait des liquides cette définition : ce sont des fluides incomjji-euibtes. C'est une erreur. Les expériences des académiciens de Florence, de Canton, de Perkins, d'OErsted, de Regaault no peuvent plus laisser de doute sur ce point : tous les corps de la nature, quel que soit leur état, diminuent de volume quand on exerce sur eux une pression mécanique. Nous décrirons ici sommairement les expériences d'CErsti-d, qui sont devenues classiques, paroe qu'elles présentent une très grande netteié dans leurs résultats.
OErsted plaçait le liquide qui devait être soumis i l'expérience dans une sorte de thermomètre en verre \ large réservoir. Le tube de diamètre étroit qui surmontait ce réservoir était divisé en parties offrant des capacités égales, et le liquide en question se trouvait séparé du milieu ambiant par une bulle de mercure remplissajit la fonction d'un index. La position do la bulle indiquait le volume occupe par le liquide avant qu'aucune pression étrangère ne s'exerçât sur lui. On introduisait cet appareil, nommé pi<!3y?Hé/)'(?,dans un grand cylindre en verre à parois épaisses, rempli complètement a eau et surmonté d'une pompe qui permettait d exercer sur l'eau une pression allant jusqu'à G ou 8 atmosphères. La pression était d'ailleurs mesurée exactement à laide d'un petit manomètre * air comprimé qui se trouvait adapté au piézomètro. Le manomètre dont il s'agit consistait tout simplement eu un tube de verre venical, plein û air, ferme par le haut et ouvert par le bas. Dans
ces conditions, l'eau, en montant dans le tube, fournissait, par la réduction de volume do l'air, la mesure de la pression.
On faisait fonctionner la pompe. L'eau dans laquelle le piézomètro était plongé recevait et transmettait intégralement la pression reçue par le liquide que ce piézomètre contenait. Ledit liquide se comprimait à son tour et sa diminution était rendue sensible et mesurable par la marche de l'index de mercure. On avait donc, d'une part, la diminution de volume du liquide mis en expérience, et, d'autre part, par l'indication du manomètre, la pression exercée. 11 ne restait plus qu'à déduire de \h, par un calcul fort simple, la réduction deiolume quesuhissait l'unité de volume du liquide em/iloyé pour u»epressioa d'une atinosphèie, ce qu'on a appelé le eo:-fficient de compressibililé du liquide. Une correction était indispensable. Il est évident que ce que l'on observait directement dans le piézomètre, c'était, non pas la diminution absolue de volume du liquide, mais bien sa compressibilité apparente. Car le réservoir de verre se comprimait tout aussi bien que le liquide emprisonné, puisqu'il était soumis i une pression identique. Il fallait donc, pour ai river au résultat vrai, ajouter, à la compression apparente observée, la diminution réelle de volume du réservoir vitreux. Celle-ci était connue à l'avance ; la correction reconnue nécessaire devenait donc facile à introduire dans le calcul.
On a ainsi obtenu pour la valeur du coefficient de compressibilité des liquides ci-après les nombres suivants :
Eau h 11»
Eau àO»
;i8 id
Alroolà;"
Etlier à d"
. . m id .
. . . 111 id.
Mercure à 0"
4 id.
On remarquera que la compressibilité do l'eau décroît à mesure que la température s'élève. On remarquera, en outre, ce qui dans la pratique a bien son importance, quo le coefficient de compressibiliié du mercure est extrêmement faible.
Quant à la propriété qu'ont les liquides d'être élastique^s, nous n'avons pas à y insister. La faculté qu'ils possèdent de propager le son en est la preuve évidente. (V. Acoustique.) [A. lîoutan.]
LIltlOlUÉES. — botanique, .\XV. — Etym. : Le mot Lirioiitées a été créé par Brongniart pour désigner les Liliacées et les plantes qui s'en rapprochent le plus.
Brongniart a réuni dans la classe des Lirioidées plusieurs familles naturelles de végétaux monocotylédonés dont les représentants actuels ont entre eux la plus grande affinité. Tous, par exemple, présentent des Rfurs, h symétrie ternaire, un périanthe double corollin, composé de six pièces.
Nous prendrons, comme type do la classe des Lirioidées, la famille des Liliacées ; ei, par comparaison, nous ferons connaître les caractères des familles le» plus importantes de cette classe.
Le nom de Liliacées vient du latin lilium, qui signifie lis.
Caractères botaniques des Liliacées. — La graine des Liliacées présente, de dehors en dedans : 1* un tégument séminal généralement dur, crustacé, fortement coloré en brun ou en noir, et composé presque exclusivement de parenchyme corné; 2" un albumen corné, constitué surtout par de la cellulose, et une petite quantité seulement de m.itières aleuriques ; .1° un embryon très petit, dont le cotylédon unique, à l'époque de la germination, demeure longtemps enfermé dans l'enveloppe séminale pour absorber tout l'albumen.
LIRIOIDEES
LIRIOIDEES
Les racines desLiliacées sont dites fasciculées ; elles sont grêles, cylindriques, peu ramifiées ; elles naissent de la partie la plus inférieure de la tige ; elles sont d'autant plus jeunes qu'elles naissent plus haut sur cet organe.
La tige des Liliacces peut présenter de très grandes variations ; elle est butheuse dans les lis, les tulipes, \es jncmtiies, les oignons; sa partie souterraine forme un rhizome dans les asperges, le icenu de Solomon, le muguet; sa partie aérienne est volubile et grimpante dans les ja/scpareilles; elle est transformée en expansions foliacées désignées sous le nom de cladiides dans le petit houx {fragon) ; dans un petit nombre d'exemples seulement cette tige devient arborescente-ligneuse (di-agonniir, yucca).
Les feuilles sont généralement sessiles, entières, planes, assez épaisses et à nervures toutes parallèles; sur les parties souterraines de la tige, les feuilles normales, que nous venons de décrire, sont remplacées par des écailles charnues incolores, plus ou moins développées, Ces feuilles, comme la tige qui les porte, sont souvent le siège des principe^l actifs que contiennent ces végétaux ; tous fournissent un latex incolore.
L'inflorescence est tantôt une grappe comme dans les jacinthes, tantôt une cyme comme dans les lis. Dans un peiit nombre de genres, les fleurs sont solitaires et terminales (ex. : tulipe).
Chaque fleur présente cinq vcrticilles formés chacun de trois pièces; les pièces des deux premiers verticilles, pélaloides, plus ou moins adhérentes entre elles, fiiTmenl \ii përian'he (entièrement libres : lis, — adhérentes : jacinthe). Les deux verticilles suivants constituent l'iutdrocée, dont les six étamines libres (lis),ouàfiletssoudésà leur base avec le périantho (jacinthe), ont des anthères oscillantes introrses. Au centre de la fleur on trouve le gi/nécée ou cinquième verticille; ce dernier présente un ovaire supère à trois loges, formé de trois carpelles adhérents entre eux, et surmonté d'un style terminé par trois stigmates. Dans l'épaisseur des cloisons des carpelles, on trouve des glandes ou nectaires sécrétant une liqueur sucrée qui a pour mission d'attirer les insectes et de favoriser la fécondation croisée. On désigne parfois les nectaires des Liliacées sous le nom de glandes s-'ptales, à cause de leur position Isepfa signifie cloisons). Après la fécondation, le gynécée se transforme en une capsule triloculaire polyspermeà déhiscence loculicitle. Un petit nombre de Liliacées remplacent la capsule sèche dont il vient d'être question, par des baies vivement colorées dont la région charnue est fort appréciée de certains oiseaux frugivores.
En s'appuyant sur des considérations tirées de la déhiscence des fruits, de l'adhérence de la corolle avec les étamines, et de la consistance de la tige, M. Van Tieghem classe les Liliacées comme il suit :