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ONT LA BOUCHE CONFORMÉE POUR LA SUCCION

C° Hémiptères, à métamorphoses incomplètes. La bouche se relie à un rostre de succion, rigide, articulé, placé au repos sous la poitrine, essentiellement formé de quatre lancettes perforantes, provenant des mandibules et des mâchoires transformées.

Le sous-ordre des Hétéropti'-res présente les ailes inférieures entièrement membraneuses, tandis que les supérieures ou hémHytres sont coriaces b. leur base, membraneuses seulement au bout. On réunit tous ces insectes sous le nom général de Punaises. Les unes, les Punaises d'eau, qui piquent fortement avec leur rostre quand on les saisit, vivent dans les eaux douces h tous leurs états, carnassières d'insectes, de mollusques , de frai de poisson. Telles bont les Népes et les Rnnâtres, à l'affût dans la vase, saisissant leur proie avec la patte antérieure transformée en pince ravisseuse, comme chez les Mantes, et les Notonectes ou Punaises h avirons, qui nagent renversées sur le dos, à l'aide leurs longues pattes postérieures aplaties et ciliées.

Les Punaises terrestres ont des genres, comme les Hydromèlres et les Gerris, qui n'entrent pas dans l'eau, mais courent sur sa surface pour chasser leur proie, soutenues par un effet de capillarité sous leurs tarses, comme une aiguille d'acier graissée qui llotte sur l'eau. La Punaise des lits, dont le rostre acéré fait naître des pustules, est privée d'ailes, même chez les adultes ; on la détruit parfaitement au moyen de la poudre de pyrèthre Vicat, non éventée, insufflée dans les trous de refuge. Elle a pour correctif une longue punaise, volant très bien, qui fait la chasse dans les maisons à la punaise des lits et aux mouches domestiques ; on la nomme le Itéduve masqué, parce que la larve masque sa présence en s'entourant de flocons de poussière. Il ne faut pas toucher aux Kéduves, car ils piquent très cruellement, avec leur rostre imprégné d'une salive venimeuse.

Dans les jardins potage'rs et les vergers se trouvent les Pentatomes (à antennes de cinq articles), répandant une odeur infecte ; plusieurs espèces percent les légumes, notamment les feuilles des navets et des choux, et sont très nuisibles ; la Pentatome qrise et la Pent'ito/ne verte, communes sur les framboisiers, les groseilliers et les arbres fruitiers, donnent une mauvaise odeur aux fruits sur lesquels elles courent. Les Scuteltéres présentent un écusson prolongé en pointe jusqu'au bout de l'abdomen ; les Tinqis sont bordés d'expansions foliacées, et une espèce, dite le Tigre du poirier, fait beaucoup de tort aux poiriers en espaliers, criblant leurs feuilles de trous. Les Lijgées sont peu nuisibles; ornées de vives couleurs rouges et noires, elles vivent en familles sur beaucoup de végétaux. Lai Li/gée aptère, généralement privée d'ailes, est très commune à la base du tronc des tilleuls de nos promenades et au bas des murs de

jardin ; les paysans des environs de Paris l'appelaient autrefois le Suisse, à cause de l'uniforme rouge des troupes suisses au service de la France.

Les Hémiptères Homoptères, formant un second sous-ordre, ont les quatre ailes plus ou moins analogues dans toute leur étendue.

Les Cigales ont les quatre ailes membraneuses, les inférieures plus petites.

Les mâles ont â la base du ventre un appareil sonoie '', très bruyant. Deux grandes " ^

cavités, formant tambour de résonnance, et recouvertes de volets , présentent un tympan membraneux sec, que fait vibrer une sorte d'archet. Nous en avons trois espèces. La plus grande est la Cigale du fn^ne ou pie béienne, qui remonte jns qu'à Fontainebleau. La ( i gale de l'orne (arbre voisni du frêne) est plus méridionale; la Cigale sanglante, ainsi nommée à cause de ses marques rouges , vit dans les vignes du sud-ouest de la France. Les femelles des cigales ont une tarière de ponte, perforant les branches pour déposer les œufs;

les larves sucent les feuilles ^

et les bourgeons, les nymphes vivent accrochées au

pied des arbustes. Ces insectes sont peu nuisibles.

Les Aphropliores, dont les adultes sautent avec agilité, ont des larves qui font sortir la sève des plantes sous la succion de leur rostre et vivent entourées de sève écumcuse, en amas qu'on nomme crachat de coucou, crachat de grenouille, et qu'il faut enlever et brûler, car ces larves épuisent les plantes.

Fig. liî. — Larves d'.\.phrophûri; écuraeuse.

De petits insectes sauteurs à, leurs divers états, qu'on réunit souvent sous le nom de Cicadelles, abondent en automne sur beaucoup de plantes ; les vignes sont souvent couvertes par un minuscule représentant de ce groupe, de couleur verte, criblant les feuilles de trous (Kyt>os smarag'lulus, Fallen), que beaucoup de vignerons confondent avec le phylloxéra.

Ce sont les Homoptères dégradés, demeurant à poste fixe sur les plantes où ils s'attachent par leur rostre, qui sont les plus redoutables. Les Psyltes,

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qui sautent à l'état adulte, sont sédentaires h l'état de larves et de nymphes, ces dernières paraissant entourées de collerettes, qui sont des fourreaux d'ailes. La Psi/l/e du figuier se rencontre sur tout le pourtour de la Àléditerranoe ; la Psylle du iuis remplit de ses larves les bourgeons du buis, qui se renflent en boules et qu'il faut couper et brûler ; d'autres Psylles font beaucoup de tort aux poiriers.

Les Pucerons ou Aphidiens ont des espèces spéciales à cliaque plante. Pendant toute la belle saison il n'y a que des femelles, qui se succèdent continuellement, mettant au jour de petites larves toutes femelles qui sortent vivantes de l'abdomen de la mère, sans le concours d'aucun mâle. Quand les plantes s'épuisent, certaines de ces femelles, dites de migrnlion, prennent quatre ailes, et, à l'aide du vent, propagent sur d'autres plantes l'espèce funeste; c'est ce qu'on voit très bien sur le Puceron vert du rosier. Aux premiers froids seulement naissent des mâles ailés, qui s'accouplent à des femelles sans ailes. Celles-ci pondent alors des œufs, qui passent l'iiiver autour des bourgeons, et d'où naissent au printemps des femelles vivipares, qui recommencent le cycle destructeur.

Beaucoup de pucerons éjacuient un miellat sucré, qui attire les fourmis ; ces gouttes sucrées, tombant sur les feuilles et les fruits, servent de terreau à. un cryptogame noir, la fumagine, qui arrête la respiration des végétaux. Souvent du corps des pucerons suintent des filamejits de cire blanche, qui semblent un duvet laineux. C'est ce qu'on remarque surtout sur le Puceron lanigère du pommier, espèce redoutable, importée d'Amérique à la fin du siècle dernier. Elle fait périr les pommiers, qui se couvrent de nodosités. En hiver une partie de ces pucerons lanigères se porte sur les racines, et échappe ainsi aux agents destructeurs. Il faut badigeonner au pinceau ces pucerons avec de l'huile minérale, ou flamber les branches à la torche, ces deux moyens, bien entendu, avant l'épanouissement des bourgeons. Les procédés généraux de destruction des pucerons sont d'enlever à la fin de l'hiver les bouts de rameaux chargés d'œufs et de les brûler, d'asperger en été les pucerons avec un lait de chaux mêlé d'acide phénique, ou des lotions de jus de tabac, des fumigations de tabac sous les châssis, etc.

Il y a des pucerons dont les succions déterminent des galles végétales, qui se remplissent de larves dans un duvet cireux ; certains pucerons souterrains vivent sur les racines des légumes, des céréales, des arbres. Bien des personnes les confondent avec le phylloxéra de la vigne; de là ces récits erronés, ou que le phylloxéra va passer sur les blés, ou bien qu'il suffit de semer certaines plantes entre les ceps pour en détourner le phylloxéra et sauver la vendange.

Les Cochenilles sont aussi nuisibles que les pucerons. Chez ces insectes les femelles n'ont jamais d'ailes et se fixent aux tiges ou sous les feuilles par leur rostre ; les jardiniers les nomment poux, punaises, tigres sur bois, tigres sur feuilles. A certaines époques apparaissent pendant quelques jours des mâles très petits, à deux ailes, l'abdomen ordinairement terminé par deux grêles filets blancs ; ils ne vivent que pour féconder les femelles. De même que chez les pucerons, beaucoup de femelles ont des exsudations sucrées que recherchent les fourmis, et qui donnent naissance, par leur aspersion sur les végétaux, à la fumagine, avec les accidents qui en résultent. La plupart des femelles se couvrent par suintement de filaments blancs cireux.

Dans un premier groupe de Cochenilles, celui des Lécanules ou Kermès, les anneaux s'efi'acent chez les

sent sous leur corps les œufs qu'elles pondent, puis meurent, la peau du ventre se collant à celle du dos, de façon que les œufs sont protégés par une carapace dure, souvent entourée de filaments blancs. Une espèce couvre de ses coques roussàtres les vignes de treille; une autre parsème d'écaillés blanchâtres le dessous des feuilles de laurier-rose; une autre espèce, dite Kermès coquille, vit par milliers sur les écorces des pruniers, des pommiers et surtout des poiriers, avec de petites coques brunes et arquées en virgule, comme une minuscule coquille de moule.

Le groupe des Coccides est encore plus nuisible, parce que les femelles demeurent errantes et disséminent partout leurs flocons cireux et leur miellat; elles pondent leurs œufs dans un nid cotonneux derrière elles, et non sous leur corps, qui nese dessèche pas et reste annelé. A ce groupe appartiennent deux espèces utiles, originaires du Mexique, les Cockeyiilles proprement dites ou graines il' écurlafe . On cultive l'une d'elles en Algérie sur le cactus nopal, et le corps desséché des femelles fournit le carmin, la plus riche teinture rouge connue. Une espèce est très nuisible aux orangers et aux citronniers, dans l'extrême midi de la France ; une autre, le pou blanc des serres, cause de grands dégâts dans les serres chaudes. On emploie en général, pour détruire les cochenilles, les mômes moyens qu'à l'égard des pucerons, des badigeons de lait de chaux phénique, de jus de tabac, des enduits de savon noir mêlé i la fleur de soufre.

Il est une très importante remarque, commune aux pucerons et aux cochenilles, et qui concerne un préjugé très répandu. Ces Homoptères prédominent sur les plantes de serre ou d'orangerie et sur les végétaux bien abrités des jardins, plutôt que sur les sujets des bois et des champs. Ce n'est nullement qu'ils aient une préférence pour les végétaux affaiblis par le premier mode de culturc, mais seulement parce qu'ils sont bien moins diminués dans ces conditions par les influences atmosphériques et par les entomophages internes. Les Phylloxéras (auxquels nous consacrons un article h part) sont intermédiaires entre les pucerons et les cochenilles.

7° Diptères, h métamorphoses complètes. Au premier aspect ces insectes semblent n'avoir que deux ailes, ce qui a donné le nom h l'ordre. En réalité ils en ont quatre, la seconde paire d'ailes étant constituée parles bahmcicrs, formés par une tige grêle, terminée par un bouton renflé; ces balanciers sont en vibration rapide pendant le vol, auquel ils sont indispensables, car lo diptère cesse de voler si on coupe ses bali)nciers avec de fins ciseaux. On voit très bien ces balanciers chez les Tipules, si communes dans les jardins. La bouche des Diptères est entourée do pièces de succion très variées, tantôt molles et n'agissant que sur des liquides ou des substances visqueuses, ainsi cliez les mouches; tantôt en stylets acérés, en dards rigides, perforant la peau de l'homme et des animaux pour sucer le sang. 11 ne faut jamais laisser les Diptères demeurer posés sur notre corps, car certains cherchent à nous piquer pour se nourrir; on peut, au contraire des Hyménoptères porte-aiguillon, saisir tous les Diptères entre les doigts, même les Diptères charbonneux, car, paralysés par la peur, ils ne songent pas alors à leur

alimentation et ne nous font aucun mal.

Un premier sous-ordre, les NÉiiocÈnES, nous présente des antennes variées, mais assez longues et bien visibles. Tels sont les Cousins et les Moicstigues, dont les larves et les nymphes vivent dans les eaux croupies et respirent par des branchies. Ils piquent l'homme et les animaux avec une trompe très grêle et sont le fléau des pays humides.

femelles, qui demeurent toujours fixées. Elles pous- 1 soit chauds, soit froids. Les Tipulid'js, qui ont une

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trompe courte et épaisse et de longs et grêles balanciers, ne piquent pas. Parmi les CInrononies (genre appartenant aux Tipulides), une espèce à antennes plumeuses a une larve d'un rouge do sang qui vit sous l'eau dans le sable; c'est le ver de vase des pôcliours h la ligne. Les Tipules terrestres ont le corps élancé, avec le thorax renflé, le bout de l'abdomen renflé chez le mâle, terminé chez la femelle en longue tarière rétractile, pour pondre dans la terre humide. Elles se balancent pondant des heures entières, appuyées sur les feuilles par leurs pattes très longues et très grêles, qui rappellent celles des Faucheurs (Arachnides;. Une espèce, la Tipule des potagers, Linné, est très nuisible aux légumes.

les ailes vibrantes, sous les rayons du soleil. Certains genres nous sont très utiles dans les jardins, par li'urs larves, appelées souvent vers limanrs, sans pattes, à tête effilée, rampant sur les feuille* des arbres fruitiers, des groseilliers et des plantes de jardins, pour sucor les pucerons et les chenilles des petites espèces de papillons, qui sont les plus nuisibles. A cette tribu appartiennent les Voiuce/les, dont certaines espèces, à corps paré de bandes jaunes et noires, pénètrent pour pondre dans les nids dos frelons et des guêpes; leurs

l'iîT. li. — liimlL- des potagers, pomlaiit.

dont ses larves allongées, sans pattes, à peau cuirassée et grise ( Vers à jaquette de cuir des Anglais) dévorent les racines. Les Cécidomyies sont de petites Tipulides dont les femelles percent les végétaux avec leur tarière pour y pondre leurs œufs , et font souvent naître des galles où vivent leurs larves. Plusieurs espèces perforent les jeunes poires qui tombent bientôt, et deux minuscules Cécidomyies, l'une jaune, l'autre noire, s'abattent en troupes sur les blés, leurs larves vivant dans le grain ; on est souvent forcé d'alterner la culture, pour s'en débarrasser.

Les Simulies, qui piquent l'homme, les chevaux et le bétail, sont dangereuses parce qu'elles ont souvent sucé des animaux malades ou des cadavres, et peuvent inoculer dans le .sang la bactéridie du charbon.

L'autre sous-ordre des Diptères, celui des Bra- CHïcÉREs, n'a que de très courtes antennes. Les balanciers très courts sont souvent entourés de membranes blanchâtres, les cueillerons. LesAsi/es, h corps élancé, à pattes velues et robustes, sont des carnassiers qui saisissent au vol dans les champs et les sentiers des insectes vivants qu'ils percent de leur rostre. VAsile-fnVon, ayant les couleurs d'une guêpe, volo au soleil, se posant fréquemment sur les mottes de terre; les autres Asiles sont gris. Les Dusypngi.ns, à corps noir et luisant, ont les mêmes moeurs et sont des bois. Le groupe des Si/rplics comprend des Diptères à vol I très rapide, demeurant souvent on vol stationnaire, I

Fig. 15. — Volucellc zonaria, adulte.

larves grises, à peau cuirassée et épineuse défiant l'aiguillon, se repaissent du couvain. Les Taons sont des Diptères à corps robuste, large, aplati, la tète portant une trompe droite et acérée. En été, leurs bourdonnements irritent et épouvantent les chevaux et les bœufs, dont le sang coule bientôt sous les taons fixés à la peau pour aspirer le sang. A côté des Taons propremejit dits et plus petits, sont d'élégants Diptères à ailes diaprées de brun, qui piquent également l'homme et les animaux domestiques; l'un est le Chrysops aveuglant, h gros yeux d'un vert doré, l'autre est V Hémutopnte pluvial, qui ne pique que par les temps d orage et après la pluie. Les piqûres de tous ces taons sont douloureuses, mais sans danger de charbon, car ces insectes ne suceni pas les cadavres.

C'est aux Brachycères qu'appartient l'immense tribu des Musciens ou Mouclies, dont certaines espèces nous rendent des services, tandis que nous ne connaissons les autres que par leurs méfaits. Les larves sans pattes, à tête pointue, généralement blanchâtres, sont appelées asticots; elles ne changent pas de peau pour devenir nymphes, mais la dernière peau de la larve devient dure, brune ou noire, et l'adulte s'organise h l'intérieur de ces petits barillets, qui ressemblent à des graines de belle de nuit et qu'on nomma pupes. Certains Musciens, poilus ou même épineux {Echin'imyies), rougeâtres ou d'un giis d'acier, les Tacliinnires, volent sans relâche en été au-dessus des plantes à la recherche dos chenilles. Les femelles, dépourvues de tarière, no peuvent pondre dans le corps des chenilles, mais collent leurs œufs sur la peau de leurs victimes. Les larves entrent dans la chenille, dont elles sucent l'intérieur, permettant en général la transformation en chrysalide. Elles sortent de celle-ci, tombent sur le sol où elles deviennent pupes, la reproduction du papillon nuisible étant ainsi interrompue. D'autres Musciens sont des agents de la salubrité atmosphérique. Les Scatophages, h corps jaunâtre et poilu, font disparaître lés excréments ; d'autres mouches amènent rapidement la destruction des animaux morts, sur lesquels elles pondent et qui bientôt sont remplis de larves. Trois mouches, dit Linné, débarrassent la terre du cadavre d'un cheval, plus vite que no le ferait un lion. Telles sont les Sarcophages, mouches rayées de gris et de noir, la plupart vivipares, pondant sur les viandes des larves vivantes, semblables à de petits vers blancs; les Caliiphores, comprenant la grosse mouche bleue de la viande; les Lucilies, à cou-

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ieurs métalliques, d'un vert doré ou bleuâtre. Ces deux derniers genres pondent des œufs.

Nous devons signaler, parmi les Musciens nuisibles, les Stomnxes, piquant l'homme et les animaux et pouvant amener des accidents charbonneux, car ces mouches sucent les animaux malades et les viandes putrides. Dès qu'on a été piqué par une mouche, il faut placer à l'endroit même un petit emplâtre saupoudré de sublimé corrosif; un écarte ainsi tout danger de charbon. Les instituteurs devront agir auprès des maires pour faire exécuter l'enfouissage immédiat des animaux mort-i du charbon. Une mouche de l'espèce dite Sarcophage 7-to'ale, Meigen, pond dans les plaies des chevaux et les remplit do ses larves; elle fait périr les lièvres sous le nombre de ses larves. La Mouche domestir/ue f.itigue beaucoup les malades et les blessés et devient parfois insupportable en automne par son abondance. Le remède est d'éloigner du voisinage de la maison le fumier où vivent ses larves.

Beaucoup de Musciens attaquent les divers organes des végétaux, et nous ne pouvons guère trouver d'autre destruction que d'arracher et brûler, ou bien changer la culture. Les oignons, les choux, les carottes, les betteraves, l'oseille, les luzernes sont la proie des larves de diverses mouches ; VOrtnIis des cerises, i. ailes bigarrées de noir, pond dans les cerises, surtout les guignes et les bigarreaux, que dévore sa larve ; une petite mouche aux yeux verts remplit les olives de ses larves et compromet la récolte d'huile de la façon la plus grave. D'autres très petites mouches (genres Chlorops, Oscinis) pondent en mai, puis en octobre, sur les blés, les seigles et les orges, et leurs larves dévorent les tiges et les feuilles ; il faut enlever au sarclage les pieds attaqués, et souvent on est forcé d'alterner la culture. Ces petites mouches très frileuses se réunissent en nombre immense dans les greniers et les granges; on peut en tuer beaucoup par des flambages ou des injections de pétrole ; chaque mouche écrasée fait une tache huileuse.

Il y a des Jlusciens qui attaquent d'une manière fort singulière nos animaux domestiques. La femelle de VŒstre du cheval colle ses oeufs aux

Fig. 16. — OEstrc du cheTal, mile et fcmbUe.

poils, dans les places que la langue de l'animal peut atteindre, de sorte qu'ils parviennent dans l'estomac ; les larves s'accrochent aux parois par des couronnes de crochets et y prennent tout leur accroissement, baignées dans les liquides stomacaux; puis elles sont expulsées avec les excréments et deviennent pupes sur le sol. Les Céphalémyks s'introduisent dans les narines des moutons pour y pondre et leurs larves y vivent; les moutons s'enfoncent le mufle dans le gazon ou dans la terre pour échapper aux Céphalémyies; on les trouve en grand nombre rassemblées sur les solives des bergeries. Les Hijpodermes pondent sur les bœufs et les vaches, en perçant la peau ; une tumeur purulente se forme autour de l'œuf, et la larve vit dans cet horrible berceau, puis crève la peau et tombe sur le sol où elle devient pupe.

l'ig. 17. — Portion d'Lstomric de cheval avec Larves d ilL.strc5.

Les derniers Diptères sont des épizoïques (parasites), passant toute leur vie sur les mammifères ou les oiseaux. Ils ont souvent des ailes, mais ne s'en servent pas ; leur abdomen est énorme, car les larves se développent :\ l'intérieur du corps de la femelle, qui est /m/jipare, c'est à-dire pond des pupes. Tel est ÏHippobosqtte du cheval, ou la Mouche-Araignée, qu'on trouve en grand nombre au printemps dans les aines et sous la queue de ce quadrupède. Ce diptère, à abdomen très dur et cuirassé, pique non seulement le cheval, mais l'homme et le chien. Dans la laine du mouton vit un épizoïque encore plus dégradé, puisqu'il n'a plus d'ailes; c'est le Mélo/ihage ou poti du moidun. On voit souvent les étounieaux suivre en bandes les moutons, et se poser sur leur dos, les débarrassant à coups de bec de cette vermine.

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