II. Ordke a adultes léchecrs, a larves
EROYEUSES.
4° Hyménoptères, Ji métamorphoses complètes. Les quatre ailes sont entièrement membraneuses, comme chez les Névroptères, mais les inférieures toujours bien moins amples que les supérieures, auxquelles les rattachent à la base de petits crochets. Les mandibules sont restées pareilles à celles des ordres précédents, propres à couper, déchirer et broyer les aliments ; mais les mâchoires et la lèvre inférieure se sont allongées eu une longue langue flexible et rétractile, propre k lécher les liquides sucrés. Ce sont des insectes souvent industrieux, doués d'instincts admirables et de lueurs d'intelligence, d'une grande puissance de vol, avec des yeux composés, qui envahissent toute la tête chez les mâles, et possédant presque toujours trois ocelles en triangle au-dessus de la tête. Les larves des Hyménoptères se filent presque toutes des co- • cons, qui ont en général plutôt l'aspect d'un fort papier que d'un tissu de soie, et s'y changent en
nymphes, laissant bien voir tous les organes de l'adulte, repliés et emmaillotés sous une mince pellicule.
Un premier sous-ordre, celui dos hyménoptères a abdomen pÉiiicuLÉ, Comprend des insectes qui f'07it la taille de giiépe, c'est-K-dire dont l'abdomen est toujours uni au thorax par un pédicule étroit, de longueur très variable. Leurs larves sont sans pattes, le plus souvent aveugles, n'ayant que des mouvements de translation très imparfaits ou nuls, un épidémie très délicat, incapables de se défendre, même contre l'ennemi le plus faible. Aussi la mère passe toute sa vie à assurer, par des provisions convenables mises à sa portée, l'existence d'une progéniture qui lui demeure le plus souvent inconnue.
Le groupe des Hi/ménopiéres porte-aiguillon offre des femelles ayant au bout de l'al.domen un aiguillon acéré, communiquant à une poche à venin, formé surtout d'acide formiquo. Les mâles ne piquent pas. L'aiguillon est une arme purement défensive, dont l'insecte ne se sert que pour protéger sa vie ou celle de son couvain ; on peut sans danger laisser tous les Hyménoptères so poser sur notre corps.
Dans ces porte-aiguillon se trouvent d'abord les MeUifiques, formés d'insectes léchant le nectar des fleurs et apportant à leurs larves une pâtée de miel et de pollen. Ils ont une grande utilité agri-ole générale, car, en butinant sur les fleurs, ils assurent la fécondité de beaucoup d'entre elles, surtout les Légumineuses, les Crucifères, les Composées ; on doit apprendre aux enfants h. ne jamais détruire les Mcllifiquis. 11 en est de sociaux, réunissant en commun une ou plusieurs femelles fécondes, des mâles, et des ouvrières ou femelles avortées, à la fois nourrices des larves ou couvain et architectes des gâteaux de cire. Tels sont les Abeilles (V. ce mot), et les Bourdo7is, dont les sociétés sont une dégradation de celles des abeilles. Les nids des bourdons sont sous terre, ou au milieu des mousses ou des gazons ; les larves vivent dans des boules grossières do raiel et de pollen, et il y a en outre des pots de cire contenant un miel très fin, que savent recueillir les faucheurs. Les sociétés des bourdons ne durent qu'un an ; tout périt à l'entrée de l'hiver, sauf de grosses femelles, fécondées au début de l'automne et qui passent l'hiver engourdies dans des trous. Réveillées par les premiers soleils du printemps, elles parcourent les prés et les bois et commencent seules les nids, qu'agrandissent bientôt les ouvrières nées de la première ponte de la mère.
La plupart des MeUifiques sont solitaires et font des nids très variés où les femelles pondent leurs œufs entourés de miel et de pollen ; souvent ces nids sont creusés dans la terre des talus (Anthophoi-es), ou dans les vieux troncs d'arbre et les poteaux (Xylocopes ou Abeilles charpentiers, h ailes violettes), dans les murs et les coquilles de colimaçons (OsmiesU ou façonnés en terre gâchée et collés aux murailles {Chalicodomes];les Megachiles coupent avec leurs mandibules les feuilles de rosier, de bourdaine, et façonnent, avec les morceaux circulaires, des cornets empilés où elles pondent ; les Anthûcopes tapissent des trous en terre avec les pétales du coquelicot ; on peut dire que leurs enfants naissent dans la pourpre, qui entoure le nid d'une collerette éclatante.
D'autres Hyménoptères porte-aiguillon sont les Guêpes ou Diploptéres, ainsi nommées parce que leurs ailes de devant se plient en long au repos. Les Guêpes sociales ont dans leurs nids ou guêpiers les trois sortes d'individus que nous avons cités pour les abeilles et les bourdons. Elles ne font pas de cire, mais édifient les alvéoles hexagonaux de leurs gâteaux avec une espèce de papier formé de fibres de bois agglutinées par la salive de l'in-
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socte ;, certains alvéoles contiennent du miel. Les GuCpes dévorent les fruits, dont elles portent les morceaux à leurs larves ; elles décliiquètent avec leurs mandibules les viandes des bouclieries de villa^i;, où le mieux est d'abandonner à leur voracité un foie, sur lequel elles se jettent de préférence, il cause du glucose qu'il renfi-rmo ; elles viennent dans les maisons dévorer le sucre, les pâtisseries, les confitures. Les espèces les plus nuisibles sont le Frelon, à, piqûre redoutable, faisant un guêpier très friable dans les vieux troncs; la Guêpe commune et la Guêpe germanique, espèces très voisines, dont les guêpiers sont sous terre. La Gw'pe silvcstre attaclie son guêpier, couvert de feuillets do papier gris, aux branches des arbustes. Les Polistes sont do petites Guêpes, peu nuisibles, dont les guêpiers sont à découvert, sans enveloppes, fixés par un pédicule aux murs de jardins ou aux espaliers. Il faut détruire les guêpiers à l'eau bouillante ou par des injections de pétrole: les mères-guêpes fécondées passent seules l'iiiver, car les colonies des Guêpes meurent h l'arrièresaison ; l'instituteur recommandera aux enfants de chasser au iilet les mères-guêpes qu'ils verront au printemps butijiant sur les groseilliers-cassis en fleurs; chaque femelle écrasée est un guêpier de moins pour la fin de l'été.
Les Guêpes solitaires ressemblent d'aspect aux Guêpes sociales, par leurs colorations jaunes et noires et leurs ailes de devant pliées en long ; mais leurs mœurs, très différentes, sont celles des Fouisseurs. Ces derniers sont des Hyménoptères à ailes non pliées, qui approvisionnent leurs nids d'une façon très curieuse. Leur nourriture consiste en nectar des fleurs; mais la nourriture du premier état est tout autre, car les larves sont carnassières et ont besoin d'une proie toujours fraîche et sans défense. Les femelles creusent des nids en terre, ou dans les branches sèches, ou les maçonnent en terre gâchée ; elles y apportent des insectes de toute sorte, non pas tués, mais engourdis et anesthésiés par le venin de l'aiguillon, etquirestentainsi, pendantpliisieurs mois, incapables de résister aux morsures des larves. Les Sphex apportent des criquets et des grillons, les bembex des diptères, les Ammophites, à très long abdomen effilé et rougeâtre au bout, traînent des chenilles nuisibles jusqu'à leurs nids, creusés sur les talus de sable et qu'il ne faut pas détruire. Quelques fouisseurs nous sont nuisibles : le Phitanthe opù'ûî'e emporte au vol, dans son terrier, ventre contre ventre, l'Abeille domestique engourdie par son venin ; les Pélopées et les Ponipiles ravissent les araignées, qui sont si utiles, pour approvisionner leurs nids.
Les Fourmis sont des Hyménoptères véritablement anormaux, formant des sociétés de mâles et do femelles ; seules ailées, les femelles perdent leurs ailes après l'accouplement qui suit l'essaimage; d'ouvrières sans ailes, architectes des fourmilières et nourrices des larves; parfois de soldats h fortes mandibules. Les larves et les nymphes, qu'on appelle à tort œufs de fourmis, sont ti'ès recherchées pour nourrir les jeunes oiseaux de faisanderie et de volière. Elles sont l'objet do la continuelle sollicitude des ouvrières, qui les portent de place en place dans la fourmilière, aux endroits les plus chauds et les moins humides. Les Fourmis se nourrissent de gommes et de sucs végétaux, de débris de fruits, d'insectes blessés ou récemment morts et même d'insectes vivants. Il en est qui ne savent pas nourrir et élever leurs larves ; après la ponte une fureur guerrière anime ces amazones. Elle vont â l'assaut des fourmilières d'espèces à instinct maternel bien développé, emportent comme esclaves les jeunes fourmis ouvrières, encore en nymphes. Celles-ci, à l'éclosion, trouvant dos enfajits à élever dans leurs nouvelles habitations, no s'inquiètent pas de la provenance
et prennent, pour toute leur vie, l'état de nourrices sur lieu.
Beaucoup de Fourmis parcourent sans cesse les plantes chargées de cochenilles et de pucerons, les caressant de leurs antennes, afin de leur faire éjaculeruneliqueursucrée, dentelles sontfriandea, ce qui a fait dire à Huber : « Qui aurait cru que les fourmis fussent des peuples pasteurs I » Parfois les fourmilières sont établies autour de racines chargées de pucerons, et les Fourmis ont alors leurs vaches à l'étable.
Il ne faut pas détruire en général les Fourmis des bois, parce qu'elles nous délivrent de beaucoup d'insectes nuisibles aux arbres. 11 est nécessaire d'empêcher les Fourmis de grimper après les .arbres à fruit, soit parce qu'elles dévorent les fruits ou bien qu'elles excitent outre mesure les pucerons, au détriment de l'arbre qu'ils épuisent pour refaire leur miellat sucré. On enduit le bas de l'arbre de glu ou de craie, qui s'éboule sous les pattes des Fourmis. Quant aux Fourmis qui envahissent les maisons, pour dévorer le sucre, le chocolat et diverses provisions, ou bien pour celles qui pénètrent sous les châssis vitrés, le mieux est de les attirer dans des éponges pleines de mélasse, qu'on Jette ensuite dans l'eau bouillante. C'est par des aspersions d'eau bouillante ou do pétrole qu'on détruit les fourmilières.
Les Fourmis se divisent en trois groupes : 1" les Fourmis vraies, dépourvues d'aiguillon et dont les nymphes sont en général entourées de cocons ; elles lancent en abondance de l'acide formique quand on bouleverse la fourmilière ; v° les Potières, qui ont un nœud au pédicule de l'abdomen, un aiguillon et des cocons autour des nymphes ; S" les Mf/rmirjues, ayant deux nœuds au pédicule de l'abdomen, un aiguillon sensible à 1 homme dans les grandes espèces, et dont les nymphes restent nues. A ce dernier groupe appartient une espèce du midi de la France, de Corse et d'Algérie, VAltri strwtor, très nuisible aux jardins et aux champs, car elle amasse dans de grands trous enterre des graines de céréales, de plantes fourragères, de légumes, etc., provisions d'hiver que mangent ces Fourmis, quand l'amidon de ces graines a subi un commencement de transformation en sucre. C'est ce genre Atta qui a donné lieu aux fables qui célèbrent la prévoyance des Fourmis; les Fourmis du nord meurent ou s'engourdissent en hiver, et ne font pas de provisions comme les Fourmis 7noissonneuses du midi de l'Europe.
D'autres Hyménoptères du premier sous-ordre sont appelés Térébrants, parce que l'aiguillon de la femelle est transformé chez eux en un tube ou tarière, de longueur très variable et par lequel passe l'œuf. La plupart sont des enlomopharies internes : au lieu de donner à leurs larves une proie vivante engourdie, ils percent la peau des larves et des chenilles vivantes et pondent leurs œufs à l'intérieur. Les larves qui en sortent vivent d'abord du tissu graisseux sans attaquer les organes vitaux essentiels, de manière h. prolonger le plus possible la vie de leurs victimes; puis elles se filent des cocons soit k l'intérieur du cadavre, soit aussitôt après en être sorties en perforant la peau. Bien plus utiles que les oiseaux, ces entomophages internes sont les grands protecteurs de l'agriculture, en détruisant k leur premier état un nombre énorme d'insectes nuisibles. Les instituteurs doivent comprendre le danger d'organiser leurs élèves au hasard en sociétés de destructeurs d'insectes indistinctement; au contraire, qu'ils leur recommandent le respect des entomophagos. Ces entomophages courent sur les talus, les murs, les troncs des arbres et des arbustes, agitant sans cesse leurs longues et grêles antennes, en quête de victimes par l'ouïe et l'odorat. Les grandes espèces nous présentent les Ichneumons, les Trogues,
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les Tryphoiis, les Ophions h l'abdomen comprimé en faucille; tous ces gejires, à tarière courte, attaquent les larves et les clienilles qui vivent à dé-
. — Oiihion obscur.
couvert ; les Cryptes, les Pimples, les Ephialfes, au contraire, à très longue tarière saillante, paraissant formée de trois soies, interrogent les vieux
Fig. 9. — Pimplc manifestateur femelle.
arbres pour introduire leur tarière dans les larves qui ont creusé leurs galeries à l'intérieur. Les petites espèces, encore plus utiles, sortent par centaines d'une seule clienille; une espèce de Microijastre détruit la funeste chenille du papillon blanc du chou, et ses larves filent à coté du corps amaigri de la chenille mourante des amas de petits cocons jaunes, que les jardiniers doivent bien se garder d'enlever ; on voit briller, dans la sombre verdure des luzernes, les amas de cocons blancs d'un autre Microgastre, recouvrant le corps de chenilles de noctuelhis d'où les larves sont sorties; le fermier a lieu de se réjouir quand ses sacs de blé se recouvrent de légions de petits Chalcidiens d'un vert métallique, car ils ont détruit les larves de la calandre ou cliarançon des grains; de microscopiques entomophages se développejit dans un seul œuf de papillon et anéantis-
sent les pontes de beaucoup de Bombyciens nuisibles.
Les Cynips ont en général d'autres mœurs ; les femelles percent les végétaux avec leur tarière, et un afflux de sève produit des galles autour des œufs, les larves se nourrissant de la fécule de la galle. La forme des galles est très variée ; les béchyuars ou galles des églantiers sont chevelues. Le chêne offre beaucoup de galles diverses; c'est un Cynips qui, en Algérie et dans le midi de la France, fait naître sur les feuilles de chêne des galles sphériques et dures, dites noix de galle, très riches en tannin, servant à faire l'encre et les teintures noires : l'adulte sort de la galle en y perçant un trou circulaire.
Un second sous-ordre, les Hyménoptères a abdomen SEssiLE, renferme des insectes i corps épais, dont l'abdomen est largement implanté sur le thorax ; les femelles sont munies d'une tarière de ponte, agissant par son tranchant dentelé, pour pratiquer au pétiole des feuilles ou dans les tiges des entailles dans lesquelles elles déposent leurs œufs, ce qui fait donner à ces Hyménoptères le nom de Mouches à scie. Les larves sont munies de pattes et ornées de couleurs variées, souvent vives; elles séjournent presque toutes à l'air libre sur les végétaux qu'elles dépouillent de leur feuillage, se déplaçant avec facilité. Leur ressemblance avec les chenilles de papillons les a fait nommer fati<ses chenilles; le nombre des pattes est autre que chez les vraies chenilles, étant inférieur à huit ou supérieur à seize. Beaucoup s'enroulent quand on les touche et laissent suinter une liqueur acre, d'odeur forte, qui les protège contre les oiseaux. Ces larves doivent souvent être détruites par l'échenillage, et sont très nuisibles par leur voracité aux bouleaux, aux aulnes, aux
Fig. 10. — Lophyre du pio, mâle, gro;
rosiers, aux arbres fruitiers, aux arbres verts, etc. Les pins ont beaucoup à souffrir des mandibules des fausses chenilles du Lophyre du pin, Linné,
dont le mâle a de larges antennes pectinécs, comme les Bombyciens; il faut couper et brûler les extrémités des branches chargées des amas de
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petits cocons bruns filés par les larves. Les Cimbex comptent parmi les plus grosses mouches à scie; ainsi le ( imhex vanntde, vivant snr le saule le bouleau, le liêtre. Le Cèpke pygmde, Linné, entaille la tige (lu froment au-dessous de l'épi ; la larve descend à l'intérieur de la tige qu'elle ronge, faisant avorter l'épi, et se filant un cocon près de la racine. 11 faut arraclier et brûler les chaumes après la moisson et passer la terre au rouleau compresseur, ou bien alterner la culture, si on veut détruire tout à fait la funeste engeance.
in. Ordre a adultes siceuks, a larves buoveuses.
£>" Lépidoptères ou Papillons, i métamorphoses complètes. Nous leur consacrons un article spécial au mot Papillon.