BALANCE
Préparation. — Poar le préparer on dissout le précipité, on filtre et on fait séclier. Ce sont-azotatef
>ismaUi en pondre dansTacide azotique, on évapore a solution, et lorsqu*e]ie est suffisamment concenrée, on la reree dans quarante fois son poids feau ; pois on ajoute peu à peu de rammonia()ue Tes étendue pour neutraliser une partie de Tacide iiotiqne qui est devenu libre quand on a étendu l'eaa la solution du métal dans Tacide. On lave le
appelé autrefois magistère de ùismuth^esi une poudre sans saveur ni odeur qu*on emploie aussi sous le nom de blanc de fard.
Pour V azotate d'aryent {pierre infernale), V. Ar» cent au Supplément. Pour Vazotate de mercure, V. Mercure.
[A. Jacquemart.1
BALANCE. — Physique, IV. — La balance est riastrament le plus usuel et le plus précis à Taide d\iqael on détermine le poids des corps. Sa partie euenUelle est une tige rigide et droite, le fléau^ qui pem tourner autour d*un de ses points appelé point d appui et qui porte à ses extrémités, suspendus o\i sapportés, les deux plateaux où l'on met les corps et les poida. Les distances du point d'appui i ducane des extrémités du fléau sont appelées tm de levier de la balance ; ces bras de levier wQt égaux dans la balance ordinaire, inégaux dans U romaine et la bascule.
Balance ordinaire. — L'une des deux formes les plos répandues de cet appareil est celle où les plateaux ou bassins sont suspendus au fléau. Le tiéaQ est une barre métallique en fer ou en laiton, traversée en son milieu par un prisme en acier trempé qu'on nomme le couteau et dont une arèto tnumée vers le bas repose sur deux petits plans dipte ou d'acier qui terminent la colonne formant le pied de la balance. Cette disposition a pour bat de faciliter les mouvements du fléau ; il ne repose en eflTet sur son appui quo suivant une ligne sans épaisseur, c'est-à-dire que son frotte- Detit est aussi faible que possible. A ses deux atrémités, le fléau porte d'autres couteaux dont lirète est en haut et sur lesquels reposent les crochets oui suspendent les plateaux. En son mihea est fixée une aiguille perpendiculaire à son ue dont l'extrémité inférieure se meut devant un vcde cercle gradué porté par le pied de l'appareil. Quand les plateaux sont vides, le fléau doit être boHioDtal, par suite l'aiguille indicatrice est verticale, c'est-à-dire que son extrémité inférieure correspond au trait du milieu de son arc. C'est la p€>siùon d'équilibre à laquelle revient l'appareil libre, après quelques oscillations, quand il en a été étarté, comme Tindiquent les lois qui régissent les corps suspendus, si le centre de gravité du fléau K iroare verticalement au-dessous du point d'appal. Qiund les deux plateaux sont chargés, le &;au est un levier qui prend de lui-même la position horisontale lorsque le produit de chaque charge oar le bras de levier correspondant est le même de part et d'autre. Il en résulte que si les deu bru de levier sont rigoureusement égaux, les poids placés dans chacun des deux plateaux t'équivaadront rigoureusement quand^ sous .leur ^prt, le fléau de la balance restera horizontal. Les poids marqués mis d'un côté exprimeront donc le poids do corps qui, mis de l'autre, leur fera équilibre. Dans ce cas on dit que la balance est juite ; elle indiflse exactement le poids des corps. Ainsi, la balance est Juste quand les deux bras »( Uirier du fléau sont égaux en longueur et en i^jds, que le centre de gravité est au-dessous du point d'appui et que les plateaux sont suspendus \i\jremeul.
Qle doit satisfaire encore à une autre condition, »oir une autre qualité qui ajoute à sa valeur; il m qu'elle soit sensible, qu*elle puisse indiquer ^ faibles dilTérenccs dans les pesées, que l'addi- ^^ dnn faible poids dans l'un des plateaux char- ^ «affise à la faire incliner. La sensibiUté dépend « la charge totale que supporte Tappareil ; car
si le frottement au point d'appui du fléau vient à gêner le mouvement, il est visible qu'un très petit excès de poids dans l'un des bassins sera sans effet. Lors donc qu'on indique le degré de sensibilité d'une balance par lo petit poids qui la fait trébucher, il faut dire aussi sous quelle charge totale cette sensibilité s'observe .On construit, pour les usages des laboratoires et dos pharmacies, des balances dites de précision qui sont sensibles an demi-milligramme sous une charge qui pour les unes s*arrôte à 50 ou 100 grammes et qui pour d'autres peut aller jusqu'à un kilogramme. Dans ces appareils, outre la parfaite mobilité du fléau, se trouvent réalisées d'autres conditions que le calcul indique comme nécessahres à produire la sensibilité : c'est la longueur des bras de levier, la légèreté du fléau et la position du centre de gravite le plus près possible du point d'appui.
Peser un corps. — Peu de balances satisfont complètement aux conditions théoriques de Justesse; aussi n'obtient-on que le poids approché d'un corps en le plaçant dans L'un des bassins et on lui faisant équilibre par des poids marqués placés dans l'autre. C'est cependant ainsi qu'on opère d'habitude, parce qu'on n'a pas toujours besoin d'exprimer les poids avec une pandfe précision. Quand on veut obtenir le poids exact d'un corps, il faut recourir à la double pexée : on place le corps dans l'un des plateaux ; on lui fait équilibre avec de la grenaille de plomb ou tout autre objet placé dans l'autre plateau: c'est ce que l'on appelle faire la tare ; on enlève le corps et on met à sa
λlace des, poids marqués jusou'à ramener Téqulibre ; ces poids marqués représentent rigoureusement le poids du corps, puisque dans la même circonstance, ils produisent le môme efiet que lui. Cette méthode, due à Borda, a l'avantage de permettre d'effectuer des pesées très exactes avec toute balance, même celles qui s'éloignent noublcment de la justesse, pourvu qu'elles trébuchent aisément, c*estrà-dire qu'elles soient sensibles. Pour un seul corps, il y a deux opérations ; mais si l'on veut peser successivement cinq objets par exemple, une seule tare suffira si elle correspond au plus lourd des corps à peser ; il n'y aura alors que six opérations à faire.
On aurait tort de croiro qu'on obtient le poids exact d'un corps en lo pesant successivement dans les deux plateaux d'une balance et en prenant la moyenne arithmétique des deux nombres trouvés; un calcul simple, appuyé sur la loi des leviers, montre qu'il faut dans ce cas prendre la moyenne géométrique des deux nombres, c'est-à-dire extraire la racine carrée do leur produit. On ne peut donc songer à recourir à cette méthode dans la pra> tique ; la précédente est beaucoup plus rapide.
Balance Roberval. — C'est la seconde forme de la balance ordinaire ; les plateaux sont supportés par le fléau au lieu de lui être suspendus ; ce dernier est souvent masqué dans une boite rectangu« laire d'où émergent les deux tiges oui portent les bassins et l'aiguille indicatrice ue l'équilibre. L'appareil tient peu de place, il est très-commode, aussi est-il très-répandu.
Balance romaine. — Dans U balance romaine^
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le fléau n*e8t pas suspendu en son milieu, les bras de levier sont inégaui ; rextrémité la plus courte
ftorte le crochot ou le plateau unique qui reçoit es corps à peser; la tige la plus longue porte un poids mobile appelé curseur qu'on éloigne plus ou moins du point d*appui, suivant le corps que Ton pèse, de manière à obtenir rborizontalité au fléau qui est la condition de Téquilibre. On a marqué sur cette tige des écbancrures ou des traiu numérotés dans lesquels il faut placer le curseur pour faire équilibre à des poids de 1, 2, 3 kilogrammes et fractions de kilogramme placés sur le plateau. L'appareil ne nécessite aucun autre poids que son curseur et il permet des pesées très rapides.
Bascule. — La bascule, très employée dans le commerce en gros et dans les bureaux de bagages des chemins de fer, est aussi composée de leviers à bras inégaux associés. Elle est ordinairement construite de telle fagon que lorsqu'on a amené le fléau à être horizontal, à l'aide de poids convenables placés dans le plateau, il faut décupler ces Poids pour avoir le poids du fardeau. On constate horizontalité du fléau, c'est-èi-dire l'équilibre, par la coïncidence de deux pointes dont 1 une est fixe et l'autre mobile avec le plateau des poids.
Exercices et applications. — 1. Vérifier une balance : s'assurer d'abord que le fléau débarrassé des plateaux reste horizontal et que son aiguille s'arrête au milieu de son arc ; faire ensuite la tare d'un corps, chanfl^er le corps et sa tare de plateaux et voir si Téquilibre persiste.
2. Essayer la sensibilité d'une balance sous diverses charges en cherchant pour chacune le plus petit poids qui la fait trébucher.
3. Vérifier une romaine en y suspendant des poids marqués et en constatant si les indications correspondantes du curseur sont exactes.
[Haraucourt.] BANQUES. — Gonnaissancos usuelles, VIL — 1 . Fonctions des banques en général. — « Les fonctions des banques, dit Ch. Coquelin, peuvent se formuler ainsi : 1* escompter les effets du commerce, en prenant un intérêt variable selon les temps, et toujours calculé d'après l'éloignement de l'échéance ; 2* émettre des billets payables à vue et au porteur, qu'elles donnent, soit en échange des effets de commerce qu'on leur présente, soit en paiement de toute autre dette qu'elles contractent, et qui peuvent circuler dans le public jusqu'à ce qu'il plaise aux porteurs de les présenter à la caisse pour les convertir en argent ; 3' faire des avances aux particuliers, soit en billets de banque, soit en argent, moyennant des garanties, telles que dépôt de marchandises, particulièrement de matières d'or et d'argfînt, dépôts de titres ou de valeurs publiques, hypothèqu'es sur des biens-fonds ; 40 ouvrir à des particuliers ou à des établissements publics des crédits .H découvert jusqu'à concurrence d'une somme déterminée, soit après avoir exigé préalablement une caution, soit sur la seule garantie de la moralité ou de la solvabilité du crédité ; 5° recevoir en dépôt l'argent des particuliers, à charge de le rendre à toute réquisition, tantôt en s'obligeant à payer un intérêt pour les sommes déposées, tantôt en se chargeant d'effectuer sans rétribution, pour le compte des déposants, tous les paiements et recouvrements d'efi'ets de commerce, tantôt enfin en se bornant à effectuer les paiements par des virements de parties ou des transferts sur les livres, comme faisaient les anciennes banques de dépôt. « Examinons rapidement ces diverses opérations. !• Escompte. — Les effets de commerce, c'est-àdire ceux qui peuvent se transmettre par endossement, tels que les billets à ordre, les lettres de change et les chèques, %onl les seuls qui soient acceptes par les banques contre échange d'argent. Ils doivent porter au moins deux signatures. Ces
deux signatures peuvent suffire dans les petites villes où la solvabilité de chaque négociant est, en général, bien connue ; mais, à Paris et dans les grands centres, on en exige trois.
Le taux de Teseompte varie selon les circon- ■tances et selon la disunee de Téchéanee depuis 2 1/2 0/0 jusqu'à 8, 9 et même 10 0/0. Dans un moment de crise commerciale^ une Dan(|Qe peut être obligée de refuser d'escompte des billets, on d'élever le taux de Tescompte ou de n'accepter que des billets à courte échéance. Ainsi, Ters le milieu de novembre 1857, les taux adoptés par la banque de France et par la banque d'Angleterre ont été 10 0/0 pour les billets kn mois d'échéance, 9 0/0 à 2 mois et 8 0/0 à 1 mois.
2* ÉMISSIONS. -• Le droit d'émcUre des biiUts de banque n'appartient, en France, qu'à un seol éubllssement, la Banque de France (loi du 24 germinal, an X — 14 afril 1808). .
Le billet de banque est un billet à ordre perfectionné ; il est, comme lui, une promesse de payer ; il n'a de valeur que parce que le porteur est convaincu qu'il peut être échangé à volonté contre des espèces sonnantes; il a pour but d'éviter les transports de numéraire, mais il n^est pas nne monnaie proprement dite. Son principal avantage sur le billet à ordre tient à ce qu'il est accepté par tout le monde, qu'il remplace presque complètement la monnaie métallique et, qu'au lieu d'être remboursable à époque fixe, il peut circuler indéfiniment et ne rentrera la banque que lorsqu'il est en lambeaux par l'offet de l'usage. 11 résulte de là deux conséquences qui semblent opposées : pour le porteur, le billet de banque est un effet constamment échu ; pour la Banque, au contraire, c'est un effet payable dans un délai Indéfini, ce qui permet à celle-ci de porter ses escomptes et ses émissions de billets à un chiffre bien supérieur à celui des fonds qu'elle possède dans ses caisses.
S'il arrivait qu'à un moment donné, par Teffet d'une panique, on présentât à la Banque de France une grande partie ue ses billets en circulation, elle se verrait obligée de refuser le remboursement, et cependant ces billets conserveraient leur valeur intégrale : on dirait alors qu'il y a cours forcé. Ainsi, quelques Jours après la révolution de 1848, un décret du 15 mars accorda à la Banque de France l'autorisation de ne pas rembourser ses billets à condition qu'elle en limiterait la circulation à 350 millions.
a* Avances. — En principe, les banques ne prêtent de l'argent ^u'à courte échéance et n* escomptent pas les billets qui ont plus de trois mois à courir. Cependant, par une dérogation à ce principe,, elles font des avances sur des valeurs à échéance non déterminée ou même sans échéance comme sur des titres de rente, sur des actions de chemins de fer, etc., en ayant soin de faire souscrire aux emprunteurs des engagements de remboursement à courte échéance, engagements qu(- Ton peut, du reste, renouveler indéfiniment.
4* Crédits. — Il v a des banques, principalement en Ecosse, qui prêtent sur hypothèques et même à dé ouvert ^ c'est-à-dire sans exiger le dépôt d'aucun titre ; mais ces dernières opérations peuvent causer de graves embarras aux maisons qui les pratiquent.
5** DÉPOTS. — Une des plus anciennes et des principales opérations des banques consiste à recevoir en dépôts les sommes des particuliers et à opérer en leur nom et sur leiu- ordre des paiements ou, comme on disait autrefois, des virements de fonds. Ainsi un commerçant qui ne veut pas conserver chez lui des sommes improductives, et presque tous les commerçants sont dans ce cas, se met en compte courant avec un banquier ; il fait des dépôts chez ce banquier toutes les fois qu'il a des capiuux disponibles ; il le charge de toucher
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«es effets et de faire toni ses psloments Jusqu'à coDCorrenco des sommes déposées ou perçues. A cet effet, le banquier ouvre un compte par doit t\ par avoir: la première partie renferme les iommes reçues par le commerçant ou payées pour son compte; la deuxième, les sommes déposées par hi on encaissées en son nom, de sorte que le doit ài commerçant représente Vavoir du banquier, et iorersement. Tous les trois mois on tous les six Dois, selon l'importance des affaires, on fait un règlement de compte en calculant exactement les btérèts d'après les nombres de Jours et d'après un uui qui est le môme pour les deux parues ; on fait U balance et Ton reporte à nouveau la différence u doit ou à ravoir du commerçant. Le banquier perçoit, en outre, uue commission^ généralement de i(i 0/f>, sur les sommes encaissées par ses soins, phs on droit de change de place^ dont le taux est Tihible, quand rencaissement a Ueu dans une iDtr« fille que celle qu'il habite.
faabUsewnent» de l»an<iae et de crédit. — Passons maintenant en revue les principaux établissements de banque et de crédit pour faire concaitre brièvement leur organisation et leur but.
Il convient tout d'abord de distinguer les banques de circulation ou banques d'Etat et les étabiissemeots privés.
V Banques d'Etat. ~ La plupart des pays ont «D établissement d'Etat qui est investi de certains prirUéges, souvent même du monopole de l'émission. Telles sont, pour ne citer que les principales, la Banque de France dont nous allons parler, la Banque d'Angleterre, la Banque de Tempire allemand, la Banque nationale d'Italie, la Banque d'Autndi% etc.
La Banqqb db Francs fsiége social: rue Croix det Petits-Champs à Paris) tvX constituée le 24 pluviôse an Vm (13 février 1800) au capital de 80 millioQs; elle eut, dès l'origine, le droit d'émettre des bilieu payables au porteur et à vue, mais concurremment avec d'autres institutions semblables (la Caùte (tesl'ompte du commet-ce, le Comptoir commerdal, la Factorerie, etc.). La loi du 24 germinal iù XI (14 avril 1803) restreignit ce privUége à la Banque de France, qui, à cette occasion, porta ton capital à 45 millions ; un comité central de (rois personnes choisies parmi 15 régents, nommés eax-mèmes par les actionnaires, était chargé de la direction ae la Banque. La loi du 22 avril 1^06, en substituant au comité central des trois régenu trois gouverneurs nommés par le gouvernement, fit de la Banane une institution semi-gou- Temementale et semi-particulière; commanditée par les particuliers, dirigée par l'ÉUt, telle est la forme sous laquelle elle fonctionne depuis près de trois ^uarU de siècle.
Le apital social a augmenté successivement, et Uloi du 9 juin l857 l'a porté à i82 500 000 francs, dÎTiséen 182 500 actions libérées de 100() francs, cest-à-dire pavées entièrement. Ces actions sont ^minatives. Sur cette somme, un fonds de réserve de 100 millions a été prélevé et versé dans les cùses de l'État en échange de 4 millions de rente îç.iflO.
La Talcur de ces actions a beaucoup varié ; aujoord'hni elle dépasse en général 500O francs. U^ dividendes distribués aux actionnaires ont !i)mrellement suivi la môme marche; ils étaient ai 100 francs en l'an IX (1801); de 74 francs «I 1810; de 64 fr. 50 en 1820; de 85 francs ® IttO; de 189 francs en 1840; de 101 francs en
l«^;de 140 francs en I860;de li4 francs en 1870;
âe2îO francs en 1871 et de 320 francs en 1872.
ui outre des dividendes versés, la Banque a
Kparti deux fois sa réserve aux actionnaires:
!• Ui du 4 juillet 1820, — 202 francs par action ;
V Ul du 6 décembre 1831, — 145 francs par
3*PAaTUk
I«es billets do la Ban quer actuellement en circula» tion sont de lOOO francs, de 500 francs, de 200, de 100 et de 50 francs, ceux de 5000 francs, de 20 et de 5 francs étant à peu près complètement retirés.
La Banque fait l'escompte, les recouvrements, les comptes courants, accepte des dépôts, prête sur les actions et sur les obligations des chemins de fer, sur les obligations de la Ville de Paris, sur celles du Crédit foncier et sur celles de la Société algérienne ; elle est en compte courant avec le ministère des finances qu'elle a fréquemment aidé * ainsi, en 1870-71, elle a fait un prêt à l'État qui à dépassé 1 milliard 300 millions comme importance toule et dont le remboursement est, à peu près, à la disposition du Trésor, bien qu'on ait insent dans la loi 200 millions par an.
La Banque a créé des comptoirs ou succursales dans les principales villes de France ; elle doit en posséder au moins une dans chaque département. Cette adjonction des banques secondaires et la création dos succursales a considérablement augmenté l'émission des billets de banque. Ainsi, la loi du 22 décembre 1849 a porté la limite des billeU en circulation à 595 millions; celle du 12 août r870 a porté cette limite à 1 800 000 000; celle du 14 août suivant à 2 400 000 000 ; celle du 29 décembre 1871 à 2800000000; enfin celle du 15 Juillet 1872 à 3200000000.
Pour faire. face à toutes les difficultés qui peuvent surgir, la Banque doit posséder un encaisse métallique énorme, servant, pour ainsi dire, de cautionnement à ses billets; certains financiers estiment que cet encaisse doit être d'un quart environ de la valeur des billets en circulation, mais cette opinion est purement théorique et aucune loi économique n'en a Jusqu'ici démontré l'exactitude rigoureuse. Le bilan de la Banque de France est publié chaque semaine au Journal o/ficieL
La Banque est administrée :
1* Par un gouverneur et deux sous-ffouverneurs à la nomination du Président de la République, sur la présentation du ministre des finances ;
2* Par quinze régents nommés par les actionnaires, cinq devant être pris parmi les manufacturiers, fabricants on commerçants, et trois parmi les receveurs généraux, pourvu que ceux-ci soient actionnaires ;
3* Par trois censeurs, manufacturiers, fabricants ou commerçants, nommés aussi par les actionnaires et choisis également parmi eux.
Les gouverneurs, régents et censeurs forment, par leur réunion, le conseil général de la Banque.
L'assemblée générale a lieu tous les ans en Janvier ; elle se compose des deux cents plus forts actionnaires
20 Etablissements de crédit, — En dehors des banques d'État, il existe dans tous les pays de
Srandes sociétés qui exercent librement llndustrle u banquier sous réserve de certaines garanties prescrites par la loi et qui peuvent différer suiirant les pays et les circonstances.
Ces institutions font l'escompte des effets de commerce, émettent des obligations à long ternie ou des chèques payables à vue, etc. ; mais il leur est interdit, en France, d'émettre des billets de banque^ le monopole de cette émission étant réservé à la Banque de France.
Parmi les principales institutions de ce genre que possède la France nous citerons : 1* le Comp^ toir d'escompte de Paris, société anonyme constituée le lO mars 1848 pour 89 ans (capiul social : 100 millions, divisé en 160.000 actions libérées au porleur de 625 francs chacune). Cette société a pour oojet principal d'escompter tous les effets de commerce payables à Paris, dans les départements et à l'étranger ; de faire des avances moyennant des gar^ju
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tlea flKéeg, de se charger de tout paiements et recouvrements, d'ouvrir des souscriptions à des emprunts publics ou autres, etc.
Le cours des actions du Comptoir d*escompte est sénôralemont supérieur à 900 fr. Voici les répartitions accordées à ces actions pendant quelques années : 40 fr. on 1850^ 44 fr. en 1860, fi3^^bO en 186â, 27^60 en 1870, etc.
Le u)mptoir d'escompte a des succursales en France et a l'étranger. Un certain nombre de villes possèdent un comptoir d'escompte particulier, indépendant du précédent et ayant le môme but : Angoulème, Caen, Fougères, Lyon, Mirecourt, Mulhouse, Nancy, Reims «Rouen, etc.
2» La Société de dépôts et de eomntet courant», société anonyme autorisée le 6 Juillet 1863 pour 30 ans. Capital social : 60 millions, divisé en 120,000 actions nominatives de 500 fr. chacune. Elle fait à peu près les mêmes opérations que le Comptoir d'escompte.
8» La Société générale pour favoriser le développement du commerce et de Vtndustrie en France, société anonyme autorisée le 4 mai 1864 pour 50 ans. Capital social : 130 millions, divisé en 240000 acdons nominatives de 500 Ar. Cette société, qui fait toutes les opérations de banque ordinaires, a pour objet d'aider à la constitution ou au développement d'associations industrieUes et commerciales.
4» Le Crédit mobilifr, société anonyme autorisée le U décembre 1871 pour 50 ans. CapiUl social : 80,000,000, divisé en 160,000 actions libérées, au porteur, de 500 fr. chacune. Ello fait pour son compto ou pour le compte do tiers toutes les opérations de crédit, de banque et de commission sur valeurs mobilières.
Mentionnons encore ici un établissement qui, sans être une banque proprement dite, a Joué depuis trente ans un trop grand rôle comme établisse* ment de crédit pour ne pas Ôtre signalé : c'est ^e Crédit foncier de France^ société anonyme autorisée le 30 Juillet 1852 pour 99 ans. Capiul social : 90 millions, divisé en 180000 actions. Le Crédit foncier prête sur hjrpothèque aux propriétaires d'immeubles des sommes remboursables, soit à long terme par annuités, soit à court terme avec ou sans amortissement; il crée ou négocie des obligations foncières, reçoit des dépôts, et favorise par différentes opérations Tamélioration du sol et les progrès de Tslgriculture.
Pour satisfaire aux prêts qu'il est autorisé à faire, le Crédit foncier a émis en 1853 une première série d'obligations de 1000, de 500 et de 100 fr., toutes libérées, formant un total de 200 millions, rapport tant 80, 15 et 8 fr. d'intérêt fixe par an, remboui^ sables en 50 ans ft raison de 1200, 600 et 120 fr. par tirages au sort et avec primes pour les premiers numéros sortants. En 18S7, elle a émis une 2* série d'obligations de 500 fr. remboursables au pair en 50 ans, par tirages au sort sans primes et rapportant 25 fr. par an. D'autres émissions ont eu lieu depuis. En 1860, elle a émis une première série de 75,000 obligations communales pour faire des prêts aux départements, aux communes et aux associations syndicales. D'autres séries ont été émises depuis.
Enfin, il y a quelques années, il 8*est assimilé complètement le Crédit agricole qui se trouvait en liquidation et qui avait été Jusque-là un éublissement particulier, bien qu'il lût dirigé par les gouverneurs et la plupart des administrateurs du Crédit foncier. Le capital social ajouté est de 4u millions divisé en 80,0i)0 obligations.
Pour faire voir le développement immense des opérations du Crédit foncier, nous donnons un extrait du bilan communiqué à T assemblée générale le 80 avril 1877.
Le montant des prêts hypothécaires à long terme réalisés par le Crédit fonder depuis sa fondation ■
est de 1 287 276 779",28 ; celui des prêu coman. naux réalisés depuis la loi de 1860 est d« 87K340 5l2",64. Le capiul restant dû, au 31 décembre 1876, s'élève à 832908165 fr. pour les prêts hypothécaires et à 569 078 705^,48 pour lei prêts communaux.
A côté des compagnies anonymes et des grandes maisons de banque, qui ont à leur disposition des capitaux considérables, se trouvent une infinité d« banques particulières dans toutes les villes do France, qui font en petit ce que les premières fost en grand, c'est-à-dire escomptent les effets, fooi les recouvrements, reçoivent des dépôts, font des avances, etc. — V. Amortissement, Annuités, CVedit foncier, Escompte [Règle d^). Obligations,
[Bougueret].
Pour les problèmes se rapportant aux questioas de banque, V. Actions.
Lectures et diotéos. — Levassear, Histoire des classe» ouvrières, t. I, p. flS-2f 1, ^5^263; L n, p. 97, 116-11». f 27-23S (sur U Banque de France).
BARBARES. — Histoire générale, XTI. - Le nom de Barbares était donné par les Grecs et pics tard par les Romains à tous les peuples écrangen. Pour eux, tout ce qui n*était pas hellène ou latb méritait à peine le nom d'homme ; et ces racH Inférieures, mercantiles comme les Carthagincis, serviles comme les Asiatiques ou vigoureuses comme les Germains, n'étaient que de la matière humaine, bonne tout au plus à aÛmenter le trésor et les marchés d'esclaves. On devait les éeraseron les vendre.
Origine des barbares, — Pourtant tous les Européens étaient frères. La race aryenne, en ronii vers l'occident, s'étaient partagée en deux courants parallèles que séparaient les Balkans et le^ Alpes. Ces deux courants sortaient de l'Asie, mais l'un au nord, Tautro au sud. Les Pélasges, les Hellènes, les Italiens venus par l'Asie Mineure, s'étaient mûris plus vite au soleil do la Méditerranée, au voisinage des civilisations précédentes; les autres, ceux que les Grecs appelaient d'un nom générique les Scythes, étaient descendus da Caucase dans les plaines sans frontières de la Knssie, de l'Allemagne, et avaient obscurément pénétre sous les forêts Jusqu'à la Baltique et à la mer do Nord. Séparés, ces deux mondes s'ignoraientdepni» de longs siècles. Des Scythes, les Grecs ne connaissaient guère que le nom. Aussi quand elles se rejoignirent, ces deux moitiés de la race aryenne ne s'inspirèrent que Tétonnement et la haine. Utir choc, dès longtemps inévitable, eut pour résolut l'invasion.
Ce ne fut pas une irruption soudaine: à l'annce, des chocs redoutables, l'invasion des Gmbies a dont le nom devint le svnonyme de fort et d« terrible, » le désastre de Varus, l'an 9 après J.-C, furent les avertissements du péril. Aucpste tronYS, pour l'empire un rempart : derrière le lossé du Danube et du Rhin, Rome attendit les Barbares., Habile à les user contre eux-mêmes , elle recm- 1 tait parmi eux ses armées ; par sa politigno d» division et de corruption constante, eue réussit à j maintenir sa frontière pendant quatre siècles. |
État de Rome. — Mais son empire s'affaissait mr ■ lui-même. Les nationalités effacées par U coftquête, le gouvernement désorganisé par les gaerreft | civiles, le monde épuisé d'hommes par l'esclavag^t i de richesses par la rapacité romaine, • une incrue | mortelle se répandit dans tout le corps social- i^* peuple se coucha par terre de lassitude et de désespoir, comme la bête de somme se coucbe sous les coups et refuse de se relever, n (Michelet.) Rome n avait plus ni patriotisme, ni religion «^ tionaie, ni ressort ; sa domination se àéconiposi» et croulait de toutes parts, quand les Barbares vinrent lui porter les derniers coups.
État des Barbares. — Derrière le Rhin ti ^
BARBARES
BARBARES
Danube Jasqu^an fond de VAsie s'agitait confuse* ment la masse Tagoe et flottante des populations barlMres. En Asie, la race tartare comprenait les Atains (région du Caucase), les Bulgares (région du Volga), ies Hongrois, les Turcs, qui envahirent foecessiTement rKurope. La plupart, au iv« siècle, étaient dominés par les Huns, En Europe, itêSiaves du midi «Serbes, Croates), de l'ouest •MorsTes, Tchèques, Lettons; et du nord (Russes, Finnois) avaient subi Vempire des Goths^ que bornaient à Touest la Theiss et la Vistule, au sud ie Danube, à Test le Don. Enfin, la Ga manie compi«nait trois groupes de peuples : au nord du Wesfr, les Saxons (Saxons proprement dits. Angles, Borgnndes et Vandales) ; à l'ouest, la confédération dn Francs (Francs maritimes aux bouches du Rhin, Francs Salions sur l'Yssel, Francs Ripuaires Ten Mayenco); au sud, les Atamans ou Suèves (Ahmans sur les bords du Rhin, Suèves sur le S'eckar, Boiowares en Bavière).
La barbarie desTartars, nomades, sans lois, sans lOQTemement régulier, devait se borner à détruire. Mais les tribus germaines avaient déjà des institutions qui durèrent. D*abord les Germains c adonient le soleil qui éclaire, le glaive qui tue, la terre qui nourrit. « (Fustel de Coulanges.) « Tous HsùM, la déesse Hertba (la Terre) sortait, sur on diar Toilé, du mystérieni bncaeo nù elle avait son 6inctnaire, dans une lie de Tocéan du Nord. » Puis le héros Odin « était venu promettre l'immartalité aux braves, un paradis, un walhalla, où iU pourraient tout le Jour se tailler en pièces, et s'asseoir ensuite aux banquets du soir.» — La femme derint ilors la fée des combats, « la Walkyrie char> mante e( terrible, qui cueille comme une fleur Tiffle du guerrier eipirant. » ^Michelet.) Ces peu* p>s n'avaient point de villes, mais seulement des Tilla^s et des forteresses, dont ils cultivaient l'alentoar. Les esclaves travaillaient pour les nobles et les tiommes libres. Leurs tribus étaient réunies en dtés quelquefois puissantes où dominaient Taristocratie et ies chefs de guerre. « Un homme se lovait au milieu d'une assemblée; il annonçait qu'il allait &ire une expédition en tel lieu, contre tel ennemi ; eeu qui avaient conflance en lui l'acclamaient pour chef et le suivaient. » (Fustel.) A Jamais in- Qme celui oui reviendrait sans lui du combat; a sa table abondante et nossière, voilà la solde; la gnerre y fournit, et Te pillage. » (Tacite.) Et les guerriers jetaient de Hieroe par-dessus leur épaule, puis se lançaient dans l'aventure et la guerre. Au V* siècle, ce régime des bandes guerrières «Tait prévalu ; leGermain, traînant après lui sa famille,* rapportait ses blessures à une mère, & une épouse, qui ne craigndt pas de compter et de me- •ver les plaies. » Et cette vie errante, faite d'intendance farouche et de guerre constante^oonraraa les forces de la Germanie Jusqu'au tour où one impulsion extérieure vint la |eter sur rempire romain.
^Première jiftriods. — De VOural au Kamtchatka l'étend une plaine immense et sans frontières. > Terre indéci6e,races flottantes. » Les Huns mongols «Uonnaient ces déserts glacés ; à force de tuer et d« piller, de proche en proche, ils étaient entrés en Russie; d'au seul choc, l'empire des Goths fut brisé. Ceux-dv chassés par les vainqueurs, qui ■paraissaient eflh>yables aux barbares onx-mèoes», pusèrent le Danube avec la permission de rempereur; on prit leur armes, leurs enfants, comme à des vaincus (37&). Mais affamés par Tavim romabie, les Wisigoths se soulèvent, tuont rimpereur à Andrinople (878),et le flot des Barbares ^queurs roule Jusqu'à Constantinople. Arrêtés ptf Théodose, ils s'ébranlent de nouveau sous A^c. et cette horde d'un million d'hommes pro- ■tee dans l'empire le pillage et la destruction. Sui- ^t de près les Germains de Radagaise qu'a vaincus
un Vandale, Stilicon, chef delà milice, ils s'abattent sur l'Italie. L'empereur se réfugie à Ravenne, pendant que Rome est en piroie au pillage. Un chef, ' Ataulph, bientôt successeur d'Alaric, prend dans le butin la sœur du prince, qui envoie les pillards s'établir en Aquitaine comme soldats de l'empire, (412). Malgré eux, ces Barbares étaient saisis de respect devant le prodigieux ouvrage de la civilisation romaine.
Cependant le progrès des Huns avait poussé sur la Gaule la Germanie tout entière. Dans la nuit du 31 décembre au i*' janvier A07, une avalanche de Suèves, de Vandales, d'Alains et de Burgundes avait franchi le Rhin sur la glace. Pendant deux ans, la Gaule fut dévastée. «Les Barbares ne laissaient derrière eux qu'un sol nu et des débris fumants. La ruine eût été moins complète, si l'Océan tout entier eût débordé sur les champs gaulois, » (Orose.) Enfin les Burgundes se fixèrent sur la Saône, et les autres bandes allèrent chercher en Espagne une nouvelle proie (409). Les Suèves y fondèrent dans l'ouest (Asturies, Portugal) un royaume éphémère bientôt détruit par les wisigoths (456).
En 429, les Vandales s'embarquaient pour l'Afri-
2 ne, sous leur roi Genséric. Leur fureur fut si pottvantable que le mot de vandalisme est devenu synonyme de tiarbarie ; ils écrasaient les enfants contre les pierres, et b millions d'hommes périrent, dit Procope. Les côtes de la Méditerranée devinrent la proie des pirates vandales, et Genséric pilla Rome pendant quinze Jours (455). Des milliers de captifs, les trésors enussés depuis des siècles furent chargés sur les vaisseaux barbares.
Mais le génie de la destruction n'avait pas encore paru dans l'empire. « Sérieux et grave, ramassé dans sa taille courte et forte, le nez écrasé, le front large et percé de deux trous ardents, Attila roule de sombres pensées, tandis qu'il passe la main dans les cheveux de son Jeune fils. » (Michelet.) C'est ainsi que le virent avec effiroi les Grecs, envoyés par Théodose II, « dans son village de bois, tout
f^eint et tapissé, aux mille kiosques, aux cent coueurs, et tout autour la verte prairie du Danube, (^'est de là qu'il partait tous les ans avec son immense cavalerie. » La terreur marchait devant lui : et l'herbe ne poussait plus là où son cheval avait passé 1 Toute la Gaule frémit quand il franchit le Rhin. Tous, Romains ou barbares, du Wahal aux Pyrénées, furent aussitôt debout, aux ordres du patrice Aétius, contre celui qui leur apportait une égale servitude. Mais déjà Orléans était menacé quand arriva l'armée des confédérés, Romains, Gaulois, Francs, Goths et Burgundes. Les Huns reculèrent Jusque vers Mauriac entre Troyes etChâlons. Là eut Ueulamnde bataille des champs catalauni-
aues. Les tambours tartars et les trompes d'aurochs onnèrent le signal. Le sohr, le roi des Wisigoths gisait sur le champ de carnage avec environ 1 65,000 hommes. Mais le lendemain Attila ne sortit pas de son camp, et après quelques Jours, il reprit la route du Rhin. L'Occident était sauvé. Deux ans plus tard, le fléau de Dieu reparut en Italie. Une croyance populaire menaçait de mort quiconque entrait de force dans la ville étemelle. Le roi des Huns se retira devant le pape saint Léon. Il périt pourtant, dit la légende, égorgé, la nuit de ses no* ces, par la fille d un chef vaincu qu'il avait con« trainte à l'épouser. Après lui, les Éuns s'évanouirent conmie un songe terrible.
La grande invasion allait finir. Gomme chei un mourant la vie se retire lentement des membres an cœur, les légions romaines abandonnant la Bretagne, l'Espagne, la Gaule, l'Afrique, s'étalent concentrées en Italie. Mais les Hérules, enrôlés dans l'armée romaine, se révoltèrent à leur tour. La déposition de Romulus Augustule mit fin à Tempiro d'Occident (476). Le dernier des douze vautours ap-
BAROMÈTRE
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parut à Romulus, et qui promettaient à Rome auunt de siècles de vie,a venait d'acheyer son vol : à Rome, tu sais ton destin. » (Sidoine.)
D«axiftme période. — L'empire détruit, les Vandales dominaient en Afrique, les Wisigoths en Espagne et en Aquitaine, lesBurgundessurla Saône et le tUiône : Clovis enfin allait conquérir la Gaule, Théodoric riulle ; les Anglo-Saxons la Grande- Bretagne. Pour la Gaule, ce fut l'invasion définitive. .Les Francs vinrent les derniers et restèrent maîtres. Mais Tltalle pacifiée par le génie de Théodoric n'était pas encore à Jamais tranquille. Toujours eUe a groupé les nations autour d'elle, par la force aux temps de la république romaine, et par ses enchantements aux temps de ses divisions. Les Lombards devaient encore descendre des Alpes et l'arracher aux Grecs, qui l'avaient reprise aux Ostrogoths.
Troisième période. — Cela dit, IMnvasion estelle terminée ? pas encore. L'élan des peuples vers l'Occident n'est pas arrêté. L'Angleterre est la proie de migrations continuelles. Charlemagne repoussera dans l'est le dernier ban des barbares Slaves et tartares Enfin les pirates du nord viendront sur leurs chevaux de mer désoler longtemps nos rivages ; les invasions magyares se continueront Jusqu'au milieu du x* siècle dans l'Europe centrale, et les Arabes couvriront l'Espagne de leurs légers escadrons. Néanmoins l'Europe occidentale est définitivement constituée. Du mélange des races accumulées se formeront les peuples modernes, en Gaule, en Italie, en Espagne, en Angleterre.
[Paul Schafer.]
BAROMETRE. — Physiçiue, IX. — Le baromètre est un instrument qui sert à constater et à mesurer les variations de la pression atmosphérique. Il a été imaginé par Torricelli qui, en 164^, réussit le premier à prouver expérimentalement Texistenee de U pression de l'air et à trouver sa VAleur.
1. Tube de TmieeUL — Pour répéter l'expérience du savant disciple de Galilée, on remplit de mercure sec un tube d'un mètre, on bouche avec le doigt l'extrémité ouverte ; on retourne le tube, pour plonger l'extrémité que le doigt ferme dans une cuvette de mercure ; quand on été le doigt, le mercure descend dans le tube et,aprè8 quelques oscillations, le sommet de la colonne s'arrête à une distance d'environ 76 centimètres au-dessus du niveau du liquide dans U cuvette. On se convaUic facilement que c'est la pression exercée par l'air qui retient dans le tube cette colonne de liquide au-dessus de laquelle est le vide : l'élément liquide du tube qui est au niveau de la cuvette doit être aussi pressé que tout élément égal de la surface du mercure ; u l'est i)ar la colonne qu'il supporto, le second l'est par l'air; on en conclut que la pression de l'air est représentée par la colonne de mercure du tube. Si on suppose que U section du tube ait 1 centimètre carré de surface, la hauteur de la colonne liquide étant de 76 centimètres, son volume est de 76 centimètres cubes ; comme cha-
3ue centimètre cube de mercure pèse 13'',6, le poids e la colonne soulevée est de 76 fois 13",6 ou 1033 grammes, ou approximativement 1 kilogramme. La pression exercée par l'atmosphère est donc d'à peu près 1 kilogramme par centimètre carré de surface.
C'est si bien la pression de l'air qui retient le mercure du tube au-dessus du niveau de la cuvette, que si on remplace le mercure par un autre liquide, l'eau par exemple, la hauteur de la colonne siulevée est telle que son poids soit encore de 1338 grammes pour une surface pressée d un centimètre carré. La colonne d'eau doit donc avoir 1038 centimètres de hauteur ou 10- .33. L'expérience fkite par Pascal a confirmé ce résultat. Le tube de Torricelli indique donc à chaque in-
stant ta pression de 4'atmosphère. Il permet d'ea suivre les variations. Qu*on le transporte en effet sur im lieu élevé et on verra baisser la colonns de mercure, comme on devait s'y attendre, poisque le liouide de la cuvette supportera de moini le poids des couches d'air qui seront au-dessous. On a donc ainsi une sorte de balance propre à donner à chaque insunt le poids variable de l'atmosphère. Et il suffira, dans tous les cas, pour connaître ce poids, do lire la hauteur de la coloone mercurielle, c'est-à-dire la distance verticale des deux niveaux; et quand on dira que la pression atmosphérique est de 770>b">, elle sera suffisamment définie, puisqu'on pourra trouver sa valeur en kilogrammes sur toute surface donnée, en calculant le poids d'une colonne de mercure de 770^ de hauteur» supposée existante au-dessus de la surface considérée.
Pour lire la hauteur, on accompagne le tabe, retenu verticalement, d'une planchette qui porte une eraduation en centhnètres et millimètres et dont Te zéro correspond au niveau du mercure dam la cuvette. L'appareil ainsi monté constitue le premier et le plus simple des bwomètres.
2. Baromitre à cuvette. — Le baromètre à cavette n'est qu'un tube de Torricelli fait avec tout le soin possible pour que le vide existe aa-dossos do mercure, et fixé à demeure contre une planchette verticale graduée. SI l'on veut lire les hauteors exactes exprimant les pressions, il faut mesurer h distance des deux niveaux du liquide ; mais si l'on se contente de mesures approximatives, oo lit les hauteurs sur la graduation.
U importe que les variations du mercure dans le tube et par suite dans la cuvette n'amènent pas des déplacements trop considérables du zéro: c'est pourquoi on choisit une cuvette dont la surface soit oeaucoup plus grande que la section du tube; :a cuvette anglaise, large et très peu profonde, réalise cet avantage; eUe ^ ajoute celui de n'exiger que peu de liouide. Mais cet appareil, comme le tute de Torricelli, a le grave inconvénient de n'être pu transportabie.
8. Bat^métre de Fortin. — Le baromCstre de Fortin est celui de tous les baromètres à mercure dont le transport est le plus facile. Le tube n'a de particulier oue d'être protégé par un étui métallique percé de deux fentes longitudinales qui pe^ mettent de voir le haut de la colonne mercurielle. La cuvette est à fond mobile ; elle est fermée en dessous par une peau de chamois reposant sur une vis à l'aide de laquelle on peut élever oa abaisser le mercure. Le haut du cylindre qui U forme est en verre et laisse voir le niyeau du liquide ; son couvercle supérieur est percé de petites ouvertures qui laissent pénétrer l'air et sont trop étroites pour laisser écouler le mercure: il porte une pointe d'ivoire verticale dont l'extrémité inférieure correspond au zéro de la graduation. Veut-on transporter l'instrument, on tourne la vis pour remonter le mercure dans la cuvette ; on peut alors retourner le tube sans aucun risque que l'air
Cuisse pénétrer dans la chambra barométrique, eutron au contraire procéder à une observation, on suspend l'appareil verticalement; on détourne la vis jusqu'à ce que le niveau du mercure de la cuvette affieure la pointe d'ivoire, et on Ut la haa* teur dans le tube sur la graduation de son étui.
On a fait de ce baromètre un instrument de précision et de luxe, de voyage aussi bien que d'observatoire.
4. Baromètre à siphon, — On construit, pour les observations ordinaires, un baromètre formé d'un tube recourbé en deux branches parallèles; l'une longue de 0'",80 est fermée; l'autre beaucoup plus courte, d'un diamètre plus large, est ouverte : c'est le baromètre à siphon. La pression de l'air s'exerce par l'ouverture de la petite branche
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