‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 297 sur 562 · PILLES · texte numérisé non relu

PILLES

Orthographe.

I. La prière éTune mère. —• Quand tout le tracas du Jour se taisait, que nous avions dîné et que l'ombre de la montagne commençait à s'allonger sur le petit iardln, ma mère se séparait un moment de nous. G était le moment où elle se recueillait dans le sein de Dieu où elle aimait tant àse plonaer. Nous nous écartions tout naturellement ne railée du Jardin qu'elle choisissait. Elle y marchait d'un pas rapide, mais régulier, comme quelqu'un qui pense fortement et qu'une idée généreuse soulevé en marchant. Tout jeunes que nous étions, nous comprenions que c'euit notre bonheur qu'elle demandait ainsi à Dieu.

II. Le petit soulier. — Je ne crois pas qu'il v ait rien au monde de plus riant que les idées qui s'éveillent dans le cœur d'une mère à la vue du petit soulier de son enfant, surtout si c'est le soulier des Jours de fèie, le soulier du baptême. Elle le baise, elle lui parle ; et, l'enfant fût-il absent, il suffit du petit soulier pour lui remettre sous les yeux la douce créature. Elle croit le voir et elle le voit tout entier. Si c'est l'hiver, il est là, U rampe sar le tapis, il escalade laborieusement un tabouret. Si c'est l'été, il se traîne dans la cour, regarde naïvement les grands chiens, les grands chevaux, sans peur, joue avec les fieurs et fait gronder le Jardinier qui trouve la terre dans les allées. Tout rit, tout brille autour de lui, comme lui. Le petit soulier montre tout cela à la mère et lui fait fondre le cœur.

Rédaction.

I. Chaque Jour, en se rendant à Fécole, une élève du cours supérieur conduit sa sœur à la salle d'asUe. Dans le trajet elles causent ensemble. La sœur aînée indique h la petite fille quelles sont les qualités par lesquelles une enfant de son âge doit donner satisfaction à ses parents, quels sont les défauts qui peuvent leur causer des inquiétudes; «afin quelles résolutions la petite fille doit prendre pour bien employer la Journée ^ui commence.

On racontera un de ces entretiens.

H. Une Jeune fille est à la veille de quitter l'école. Une persomiè qui s'intéresse à elle loi a demandé une note sur son compte.

La Jeune fille fera connaître dans cette note son nom, ses prénoms, son âge, son Heu de naissance, la profession de ses parents. Elle indiquera ensuite où elle a commencé ses études, depuis quelle époque elle fréquente l'école dont elle va sortir, combien de temps elle a suivi cbaque cours, et si elle a cessé pendant un temps de venir en classe. Quelle a été la cause de cette interruption. Elle dira onsulte vers quelles matières de l'enseigne* ment ses goûts la portaient de préférence. Elle indiquera enfin la profession qu'elle a le désir d'em

CÉTACÉS

CÉTACÉS

braBBer et les niUons qui Tont dëterminëe à faire le choix de cette profession.

Arithmétique,

3 7 L !• Diviser r par - et expliquer l'opération.

2* Quel intérêt produira une somme de 27,854 francs placée pendant 9 mois et 7 Jours au Uux de 8*,25 p. 100 par an î

8* On acliète pour une robe 9 mètres 1/2 d*une

pièce de soie qui a r de mètre de largeur. Combien faudra-t-il de mètres de percaline ayant 0**,75 de large pour doubler cette robe?

n. !• Diviser 1,053 par 2,7 et expliquer Topération.

2"* Une personne possède 14,500 francs? A quel taux doit-elle placer son argent pour se créer un revenu mensuel de 54'%30 ?

8* Deux bateaux partent en même temps, Tun montant, Tautre descendant la Seine. La vitesse du

bateau qui remonte le courant est les ? de la vitesse du bateau qui descend. L^intervalle qui sépare les points de départ est de 2^,1. Quelles senties distances des points de départ au point où les deux bateaux se rencontreront ?

CÉTACÉS. — Zoologie, XII. — (Étym.idn grec kétos et du latin cettis, baleine). —Les cétacés ont été souvent confondus avec les poissons dont ils ont, jusqu'à un certain point, l^aspect extérieur; leur tète, en cfTet, n*e8t pas séparée du corps par un rétrécissement correspondant au cou des mammifères terrestres ; leurs oreilles sont dépourvues de pavillons ; leur gueule énorme est souvent pourvue, au moins dans le Jeune âge, de dents trèsnombreuses, coniques et semblables entre elles; leur corps, cylindrique au milieu et brusquement atténué en arrière, se termine par une nageoire et porte sur les côtés, et parfois même en dessus» d'autres organes de natation.

Là s*arrètent les analogies, car les éléments des membres thoraciques sont encore parfaitement reconnaissables dans les nageoires antérieures, tandis que les membres postérieurs sont au contraire atrophiés ; la nageoire dorsale, quand elle existe, n*est pas soutenue par des os particuliers, elle n*est qu'un simple repli de la peau, et la nageoire postérieure n'est pas située dans un plan vertical comme celle des poissons, elle est placée horizontalement et frappe l'eau de haut en bas.

A ces différences s'en Joignent d'autres encore plus importantes : ainsi les cétacés ont le sang chaud, et respirent Tair en nature : ils n'ont pas, comme les poissons, des organes spéciaux nommés branchiei, chargés d'extraire de i eau le [,as respimble : ils possèdent de véritables poumons et sont obligés de venir chercher à la surface do l'Océan l'oxygène nécessaire à leur existence. Grâce à une disposition particulière du larynx qui peut se mettre en contact avec les fosses nasales, le gax, lorsqu'il pénètre dans les voies respiratoires, ne se mélange pas à l'eau ni aux aliments ; mais lorsqu'il est rejeté an dehors, il chasse devant lui une colonne de liquide qui s'échappe par les narines (ou évents) percées à la face supérieure de la tète. Suivant que les évents constituent une ouverture unique ou deux ouvertures distinctes, il en résulte un jet simple ou double qui s'élève à une asses grande hauteur pour retomber en une pluie fine et qui décèle la présence du cétacé nageant entre deux eaux.

D un autre côté, chez un grand nombre de ces animaux quand ils sont parvenus à l'état adulte, et entre autres chez les baleines, les dents font complètement défaut, et la mâchoire supérieure est garnie seulement de grandes lames transversales élastiques appelées fanom^ lames qui sont dispo-

sées à peu près comme les dents d*un peigne et qui retiennent comme un filet les petits êtres dont les baleines font leur nourriture. Enfin, différence essentielle, les cétacés ne se reproduisent pas au moyen d'œufs, ils ont des petits vivants qu'ils allaitent absolument comme les autres mammifères.

Les Céucés se font remarquer en général par leurs dimensions exceptionnelles : conformés spécialement pour la vie aquatique, ils se meuvent dans l'eau avec une grande aisance et font la chasse aux poissons, aux mollusques et aux crustacés dont ils engloutissent des quantités considérables. Sur terre ils sont absolument incapables de se mouvoir, et ne peuvent se remettre àflc lorsque la tempête vient les jeter à la côte. Leur peau n'offre presque Jamais de véritables poils, an moins dans i âge adulte, mais est ordinairement dénudée dans toute son étendue et recouyre une couche de graisse qui, chez les baleines véritables, atteint plus d'un pied d'épaisseur. C'est pour se procurer cette graisse, ainsi que la substance élastique des fanons, l'ivoire, et les os dont on fait da noir animal, que chaque année des navires partent des côtes de l'Europe et de l'Amérique, et s'en vont, dans les mers lointaines, à la recherche des baleines, qui malheureusement deviennent plus rares de Jour en Jour et ne tarderont pas à être complètement anéanties.

L'ordre des Cétacés comprend quatre familles : 1* les Cachalots : 2* les Dauphins et les Uariouins; Z^ les Baleines.

Cachalots, — Les cachalots, qui comptent pamu les plus gros Cétacés, ont la tète extraordinairement renflée, non par suite de l'extension de la cavité buccale, mais par l'accroissement d'une partie des os de la mâchoire supérieure et de la région voisine de la boite crânienne. Ces os, en se redressant, comprennent entre eux une vaste cavité, ouverte en avant, qui est entièrement comblée par la matière blanche et cristallisable connue vulgairement sous le nom de blanc de baleine ou spermaceii. Chez l'animal adulte, la mâchoire inféneure,rétrécieen avant, est seule garnie de dents, qui sont toutes de forme conique, semblables entre elles, et au nombre de 20 à 25 paires.

La seule espèce de ce groupe qui soit bien con nue, c'est le cachalot vulgaire, dont quelques individus sont venus accidentellement échouer sur les côtes de la Grande-Bretagne, de la Hollande ou de la France. Cette espèce, qui peut atteindre 28 mètres de long sur 17 mètres de circonférence, est d'aspect massif et difforme : la tète, en effet, brus-

Suement tronquée en avant, constitue environ le ers de la longueur du corps, qui s'amincit en ar> rière et se termine par une large nageoire. De chaque côté en avant s'étalent les nageoires pectorales, et en dessus quelques replis de la peau dessinent une nageoire dorsale. La bouche, quoique largement fendue, est néanmoins peu apparente, parce qu'elle s'ouvre sur la face inférieure de la tète et est en partie masquée par l'énorme saillie de la mâchoire supérieure ; les yeux, proportionnellement très-petits et de couleurjaunâtre, sont placés fort en arrière du museau ; les dents supérieures sont rudimentaires ou manquent complètement ; les inférieures, au contraire, sont en très grand nombre et de forme conique ; elles servent à retenir la proie dans l'intérieur de la cavité buccale.^Une couche épaisse de lard s'étend au-dessous de la peau et rend le toucher extrêmement obtus.

L'ambre gris, que l'on trouve flottant à la stt^ face de la mer ou reieté sur les côtes des Moluques, du Japon et de Madagascar, parait être le produit d'une sécrétion particulière du cachalot.

Dauphins. — Les dauphins ont la tête moins grosse que les cachalots et que les baleines, et souvent amincie en avant, en forme de bec;lsB mâchoires armées de dents nombreuses, fines et

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ligaBs, et les éTento confondus en une seule ourerture ; ce sont des animaox de taille moyenne

âtti virent en troupes plus ou moins nombreuses ans le Toisinage des côtes ou môme dans les eaux douces des grands fleuves et se nourrissent do poissons et de crustacés. Leur corps, presque complètement dépourvu de poils comme celui des cachalots, se termine par une nageoire caudale aplatie, souvent bifurquée, et présente en outre une nageoire dorsale et des nageoires antérieures. Dans cette famille se place, avec diverses espèces exotiques, le Daupbin de nos mers, vulgairement connu sous le nom de Bec (Voie et d*Ot> de mer, H une foule d*espèces qui se rattachent à ces formes principales.

Le dauphin était considéré par les anciens comme un être d'une intelligence exceptionnelle, aimant la musique, plein de charité pour ses semblables, et susceptible de s'attacher à l'homme. On racontait Thistoire d'animaux de cette espèce qui avaient sauvé des hommes sur leur dos, ou qui étaient morts de chagrin en ne revoyant plus kspersonnes qu'ils aimaient. Aussi un grand nombre de villes avaient-elles pris le dauphm comme emblème et reproduit son image sur leurs monnaies et leurs armoiries. Mais, d'après les obserntiODS des naturalistes modernes, il parait que les qualités de ce cétacé ont été singulièrement eiagërées, et qu'il n*est pas mieux doué que les aDb«s animaux du môme groupe. S'il s'approche de l'homme, c'est uniquement dans l'espoir de vivre à ses dépens, en saisissant les poissons dans les filets, on en se repaissant des reliefs rejetés des navires.

Les dauphins, quoique moins utiles que les cachalots et les baleines, sont néanmoins recherchés à cause de leur chair et surtout de leur graisse, qui est employée dans l'industrie.

Tout à côté d'eux se rangent les narvals, si remarquables par lo développement inusité d'une de leurs incisives qui sort de la bouche et se prolonge en une défense cannelée aussi longue que fa moitié du corps ; et les phocenes ou marsouins, à la tète renflée, au museau obtus, aux dents dilatées en palette. Ces derniers hantent les côtes occidentales de l'Europe et remontent parfois les grands fleuves. On en a pris dans la Seine à Paris môme.

Baleines, — Cette famille comprend deux groupes : les baleines proprement dites et les baleines à ventre plissé ou rorquals. Les baleines vériubles ont la tète grosse, élevée en voûte par suite du développement considérable des fanons, lo corps énorme, privé de nageoire sur la ligne dorsale et complètement lisse sur la face ventrale. C'est à cette catégorie qu'appartiennent la baleine franche du nord de l'Océan Atlantique et de la Mer Glaciale, la baleine antarctique des parages de la Nouvelle-Zélande, la baleine du Japon, etc. La baleine franche, à l'eut adulte, mesure environ ?0 mèu^s de long et pèse 70 000 kilogrammes. Son corps, dont la circonférence, immédiatement en «mère des nageoires pectorales, peut être évaluée i 10 à 12 mètres, se rétrécit brusquement en arrière, an point d'avoir seulement 1 mètre à 1">,50 de diamètre vers la naissance de la nageoire cau- <iale. Sa tète, à peine séparée du tronc par une légère dépression, est aussi grosse que le corps et forme à peu près le tiers de la longueur totale ; 'elle est aussi large que longue et offre en avant ime gueule énorme, dont l'ouverture a 3 à 3 mètres •de large et donC la hauteur interne est de 4 mètres. La paroi antérieure de cette caverne est garnie de 700 lames élastiques ou fanons, servant,, comme nous l'avons dit, à retenir les petits animaux dont les baleines font leur nourriture exclusive. • La baleine australe, qui vit précisément aux antipodes de l'autre espèce, diffère de la première ptt les proportions de sa tôte, la largeur plus

grande de ses Canons, le nombre plus considérable de ses côtes, etc. Enfin, la baleine des Basques, dont un individu est vonu s'échouer en 1854 dans le port de Saint-Sébastien, et qui était Jadis fort commune dans le golfe de Gascogne, appartient probablement aussi à la môme subdivision.

Les rorquals, qui sont caractérisés par la présence d'une nageoire sur la ligne dorsale, la brièveté des fanons, la largeur de Ta tôte, et l'aspect de la région ventrale sur laquelle se dessinent des plis longitudinaux, se répartissent en un assez grand nombre d'espèces dont les unes habitent la Méditerranée et l'Océfui Atlantique, les autres l'Océan Pacifique. Le rorqual à bec, qui se trouve déjà mentionné dans les écrits d'Aristote, se montre de temps en temps sur les côtes de la Provence et des Pyrénées-Orientales ; il atteint une longueur de 5 à 8 mètres. Une espèce encore plus grande visite les côtes de la Hollande.

Les baleines et les rorquals sont fort recherchés, comme nous l'avons dit, à cause de leur graisse, qui, étant fondue, fournit une huile précieuse pour les arts industriels, et à cause de leurs fanons qui sont employés pour la fabrication des baguettes de fusil, des buses de corsets, etc. Jadis les Basques et les Hollandais se sont livrés avec ardeur à la chasse de ces animaux et en ont retiré des bénéfices considérables. Aussi l'on ne doit pas s'étonner que les grands cétacés se soient pou à peu éloignés de nos côtes pour se retirer uans les régions polaires ou dans quelques parages encore peu fréquentés de l'Océan.

Les expéditions pour la pèche de la baleine se mettent en route d'ordinaire dès le mois d'avril, et opèrent pendant les mois de mai, juin et juillet. Un temps brumeux est très favorable, parce qu'il permet aux pécheurs de se dérober à la vue des baleines, qui sont d'une méfiance extrême et prennent la fuite à la moindre apparence de danger. Aussitôt que les guetteurs ont signalé la présence d'un cétacé, les embarcations sont mises à la mer et s'approchent de l'animal avec de grandes précautions. Chacune d'elles emporte, outre les rameurs et le timonier, un harponneur, au coup d'œil infaillible, au bras vigoureux. Parvenu à une distance convenable, cet homme lance d'une main sûre le harpon qui s'enfonce dans la chair et va souvent atteindre le cœur ou les poumons. Vainement la balehie essaie en plongeant d'échapper à ses ennemis ; elle emporte avec elle le fer qui reste enfoncé dans la plaie et qui, d'autre part, est rattaché h une longue corde déroulée progressivement. Au moment où le monstre marin revient à la surface pour respirer, à une centaine de brasses de l'endroit où il avait disparu, un second coup de harpon met un terme à ses souffrances. Quelquefois cependant la baleine, rendue furieuse

f»ar sa blessure, se précipite sur l'embarcation et a renverse, si les marins ne se hâtent d'achever l'animal à coups de lance ou de massue. Une fois la baleine morte, on lui introduit dans la gueule un crochet atuché à un cAble ou à une forte chaîne, et on la remorque auprès du navire ou sur la côte ; puis on la dépèce, on en extrait l'huile et on en retire les fanons. La chair est rejetée par les Européens h cause de son goût désagréable, mais elle est loin d'être méprisée par les peuples du Nord, tels que les Groônlandais et les Aléoutes.

TE. Oustalet.l CHALDEE. — Histoire générale, II. — Ce nom désignait, h proprement parler, le pays des Chaidéens Kasdi, Kàsdtm, c'est-à-dire le canton situé aux bouches de l'Euphrate dans le golfe Persique. Il a été ensuite appliqué par extension à tout le territoire dépendant directement de Babylone vers le septième siècle avant notre ère, et il s'échange constamment dans l'usage courant de l'histoire avec le nom de Baàylonie.

GHALDÉE

€HALDÉE

La Ghaldée, ainsi définie, était bordée an Nord par i* Assyrie, à TEst par l*Elam, à l*Ouest par le désert d*Arabiei au Sud par le Golfe Perslque. C*est une longue plaine d*all avions formée par les dépOts Incessants du Tigre et de TEuphrate. Aux temps les plus anciens dont nous ayons souTeniri la mer pénétrait JusQu*à Tendroit où se trouTO aujourd'hui Abou-Snahrein ; an septième siècle avant notre ère, elle 8*arrètait à Terédon. Térédon est maintenant à plusieurs lieues dans Tintérieur des terres.

Le sol, coupé d'innombrables canaux dérivés du Tigre et de l*Euphrate, éuit d'une lertUlté cbmparable à celle de TEsYt^te : seulement vers TOuest à la ftrontière du désert, et vers le bud, à l'embouchure des fleuves, il éudt couvert de marais improductifs. Des villes nombreuses (dont nous ne croyons pas nécessaire d*énamérer ici les noms) y prospéraient côte à céte. Elles étaient pressées à ce point qu'aujourd'hui encore, en montant au sommet d'un des tertres que forment leurs débris, on aperçoit à Thoidion de longues lignes d'autres tertres représentant chacun une antique cité cbaldéenne.

Deux races au moins habitaient la Chaldée. L'une, la plus ancienne, parait se rattacher par la langue aux populations qui vivent aujourd'hui entre TOural et l'Altai. L'autre parlait un dialecte sémitique et semble se rattacher aux nations sémito-koushites qui ont dominé sur la Syrie, l'Arabie et sur une partie de l'Asie Mineure. Les Chaidéens donnaient a ces deux races les noms de Soumir et d'Accad ; mais on ne sait pas encore d'une manière certaine qui étaient les Soumirs, qui les Accads. C'est la race non-sémitique qui fonda vraiment la mnéevLT de la Chaldee. Elle inventa le système d écriture qui fut depuis en usage à Babylone et à Ninive, trouva les principes des sciences ph]rsiques, naturelles et mathématiques, créa la poésie et la rhétorique chaldéennes. La race sémite, qui, après lui avoir été soumise pendant des siècles, lui enleva la suprématie entre le trentième et le vingtième siècle avant notre ère, ne fit que développer et codifier à son usage la civilisation de ses premiers maîtres.

' La présence de ces deux races sur le même sol donne à tout ce que nous savons de la Chaldée un aspect particulier. La Chaldée est double pour ainsi dire : elle a deux langues, deux écritures , deux religions, deux populations superposées, puis mêlées Tune à l'autre.

La religion de la Chaldée, qui devint plus tard, avec certaines modifications, la religion de l'Assyrie, adorait un grand nombre de cueux qui se laissent ramener a un dieu suprême et unique,

Srincipe de toutes choses. On l'appelait dans le ialecte non-sémitique Anou ou Ûmgira, dans le dialecte sémitique liou. C'est à lui qu'on doit la création du monde. « En ce temps-là, il y avait en « haut quelque chose d'innommé, le ciel : et en a bas quelque chose d'innommé, la terre. L'Océan « les avait engendrés et le chaos de la mer les avait « enfantés dans leur totalité. Les eaux réunies et a confondues s'élevaient en haut; aucun roseau « n'y avait encore poussé, aucune fleur produit sa « graine. En ce temps- là, aucun des dieux n'en était « encore sorti ; ils n'avalent pas de noms divers, a et le Destin n'existait pas. » Les dieux se produisirent par trinités. La plus haute se composait d'Anou, « le premior-né, l'antique, l'ancien des dieux », de son fils Éa, et de Bel, qui, tantôt est le fils, tantôt le frère d'Anou. Venaient ensuite Sin le dieu-lune, Bin ou Ramman, fils d'Anou, dieu de l'atmosphère et du tonnerre, et enfin Samas, le Soleil, fils de Sin et arbitre du ciel. A chacun de ces dieux répondait une déesse , qui est le dédoublement féminin, le « reflet » du dieu, Anat ou Nana pour Anou, Bôlit pour Bel, Davkina pour Éa,

et ainsi de suite. Au-dessous de ces haats personnages, on range les gardiens des cinq planètes, Adar (Saturne), Mardouk (Jupiterj, Nirgal (Msrs;, Ishtar (Vénus) et Nébo (Mercure). C'était l'ordre supérieur de la hiérarchie divine, les chedi st les créateurs de légions de dieux moindres, quelques-uns purement locaux adorés comme Sarrakh à Kis, ou Lagamar à Sourripak, mais nulle part ailleurs; d'autres analogues aux esprits, aux anges ou aux démons de nos religions, les iRîgii les Announaki, les Telal, les Lammas, etc. Ces de^ niers pouvaient entrer en rapport direct avec l'homme, par l'efTet de certaines formules ou de certaines opérations, dont la connaissance était réservée aux devins et aux magiciens.

Le récit de !a création, tel que nous l'ont conservé en partie les documents en écriture cunéiforme, présente beaucoup de ressemblance avec le récit de la Genèse hébraïque. Les scribes de U Chaldée ancienne avaient réuni en poèmes les lé-

Sendes qui couraient de leur temps sur les débuts e l'humanité. D'après ces légendes, dix rois mythiques avaient résné sur Babylone pendant 432 000 ans. Plusieurs fois, les dieux se manifestèrent aux hommes sous des formes diverses (entre autres celle du poisson Oannés) ; chacune de leurs révélations marquait un progrès de la civilisation et aussi de la méchanceté humaine. Sous le dernier des dix rois, Khasis-Adra, le Xisouthros des Grecs, la perversité générale était devenue si forte, que les dieux irrités résolurent de détruire la terre par un déluge. KhasiS' * ira reçut Tordre de construire une arche dans laquelle il enfermerait sa famille, ses amis et une paire de tous les animaux. n obéit, et « un ourasan se leva à l'aube au matin, et à l'horiion des cieux U pluie et l'obscurité.... Le déluge puissant monta Jusqu'au ciel. Le frère ne vit plus le frère, et personne ne fut épargné. Môme, dans le ciel, les dieux craignirent l'inondation.... Six Jours et six nuits passèrent : vent, déluge, ouragan firent rage. Le septième Jour, la Slttie du ciel se calma, et tout le déluge, qui avait étruit la terre comme un tremblement de terre. » L'arche s'arrêta au pays de Nizir, et Khasis-Adrs, après avoir lAché successivement une colombe et une hirondelle qui ne surent où se poser et revinrent, lAcha un corbeau qui ne revint pas. H sortit de l'arche et repeupla la terre de ses descendants.

Les temps qui vinrent après le déloge appartiennent encore à l'histoirt mythique. La Chaldée était divisée en peUtes principautés rivales qu'un héros nommé Ixdhoubar, peut-être le Nemrod de la Bible, réunit en un seul empire. Il délivra Ourouk det ennemis qui l'attaquaient, tua les monstres qui ravageaient le territoire et refusa d'épouser la déesse Ishtar amoureuse de lui. Frappé de lèpre par la déesse, il partit pour le pa^s divin où ftnasis-Adra vit depuis le déluge, et obunt de lui sa gnérison. D'autres rois suivirent, dont les noms nous sont arrivés entourés de légendes merveilleuses.

L'histoire réelle ne commence pour nous qu'avec les monuments d'un ancien roi d'Our, dont le nom parait être Likbagas (entre le quarantième et le trentième siècle avant notre ère). Ce fut un grand constructeur de temples et nous connaissons aujourd'hui les ruines de plusieurs monuments qu'il avait bâtis dans Our même et à Larsa. Il établit la su-

Srématie de sa ville sur les autres villes de la Ghalée méridionale, et son fils Doungl la maintint Longtemps après lui. les rois de Karrak renversèrent un de ses successeurs et devinrent maîtres de la Chaldée méridionale ; puis ce fut le tour des rois de Larsa. Pendant ce temps, les rois de la Chaldée éeptentrionale devenaient de plus en plus pui»sanu. Le plus connu d'entre eux, Saryoukin I*' (vers le vingt-quatrième siècle avant notre ère), étendit ses conquêtes sur la Syrie et peut-être Jusqu'aux

GHALDÉE

CHALEUR

frontières de l*Egypte. Son fils Naramsin ne lui céda point en fortune ni en courage ; mais leurs foccesseurs furent détrônés, de mâme que les rois de la Cb&ldée niéridionale, par l'Elamite Hammourabi, qui fixa sa résidence à Babylone, et assura la suprématie de cette Tille sur tout le reste du pays. Dès lors, rhistoire de la Ghaldée est surtout rbistolre de Babylone et de ses rois. En lutte ayee ITinlTe, les successeurs de Hammourabi, après aroir conservé quelque temps ravantage, finirent par être niDcas. Vers 1320» Mardouk-bal-idinna (Mérodachbabdan !«') perdit toute la portion septentrionale de son territoire qu'il dut céder à l'Assyrie, vers 1370, Touklat-Adar conquit Babylone et en fi « une vice -royauté de son empire. Elfe recouyra bientôt fiOQ indépendance, et un de ses rois, Naboukoudouroossour I*' (ce nom est la forme correcte du mot improprement écrit Nabuchodonosor), vers 132o, lOTiimt une partie de la Susiane ; Mardouk-idintkbé 1*' battit mèmeTouklat-babal-asar (•'d'Assyrie. Pendant six siècles, la lutte continua avec des chances variées. Les Assyriens finirent par remporter au huitième et au septième siècles avant noire ère. Touklat-habal-asar II et Sargon, de 74â à 710, réduisirent la Chaldée, et le dernier, après aïoÎT détruit les armées de Mardouk-bal-idinna II, s'empara de Babylone et se proclama roi de cette Tille (710). La Chaldée fut pendant près d*un siècle une ptovince assyrienne, province toujours en révolte, mais toujours vaincue. En 695, Sin-akhé-irib fSennachérib), successeur de Sargon, fut forcé de tûre un exemple et mit Babylone à sac. Les trésors de la dté furent pillés, les images des dieux enle- Tées des temples et brisées, les midsons abattues et brûlées, les murs rasés, les canaux comblés, lapopalation emmenée en esdavajge. Quinte ans plus tard (680), Assour-akhé-ldin (Esarhaddon), succèsteor de Slnakhéirib, reconstruisit Babylone et la peupla en partie d'Assyriens. Cette précaution n'empècba pas la ville de se révolter contre Assourban-nabal, successeur d*Assour-akhé-idin, et Vexposa à une seconde destruction (648).

Mais bientôt Ninive, abattue par l'invasion des Ommériens et épuisée par ses propres rictoires, iQccomba à son tour. Nabo-pal-assar, qui eouver- Dait Babylone pour le roi d*Assvrie, se révolta, prit la couronne et stoc Taide des Mèdes prit et détruiut Ilinive. Babylone hériu de la domination de sa rivale sur le bassin de l'Euphrate et sur la Syrie. Menacée un moment par 1 invasion des Égnrpâens et \et victoires de Pharaon Néko (608), elfe réublit bientôt sa suprématie à la bataille de Karkémish (60S]. Ifaboukouaouroussour H, fils et successeur deNabopalassar (605-S62), porta à l'apogée la grandes des Chaldéens. Allié avec les Mèdes, il réduisit au Nord les Arméniens, à l'Est TElam, h VOuest, les Juifs et les Syriens du Sud. Jérusalem fut prise, détruite, et la population transportée en pnde partie sur les bords de l'Euphrate (587). Hais Naboukoudouroussour échoua devant lyr (S86-574) et dans ses derniers iours ne put empêcher les Égyptiens de rétablir leur autorité sur la côte phénicienne. Sous ses successeurs, l'empire déchût rapidement. Le dernier d'entre eux, Nabounahid (Nabonide, Labynétos) fût battu par Cyrus et Babylone tomba entre les mains des Perses (à39). ËUe devint une des villes principales de leur ^pire, et fit preuve, sous ses maîtres aryens, du même esprit turbulent et inquiet qui lui avait attira tant de malheurs au temps des rois d'Assyrie. Trois fois révoltée contre Darius I«% et à moitié détraite la troisième fols, elle se souleva contre j^erx^a et contre la plupart de ses successeurs. Conquise par Alexandre avec le reste de l'empire perse (227), elle passa plus tard aux mains des |4\eTLcides, puis desr rois Parthes. La fondation de oéleacieetde Ctésiphon lui porta un coup mortel ; •lie tomba en mines, et, au moyen âge, les débris

de ses temples serrirent à construire une paiile des maisons de Bagdad et de villes voisines.

La religion et les écritures de la Ghaldée tombèrent à peu près vers le même temps que Babylone, sous l'influence du christianisme et des cultes

E erses d'abord, plus tard sous celle de rislamisme. >*antlque civilisation qui les avait produites resta ignorée Jusqu'au milieu de notre siècle et n*a repris son éclat que dans ces dernières aimées. On commence à comprendre ai^ourd'hui ee qu'étaient les Chaldéens et combien le monde leur est redevable. G*est d'eux en partie, et en partie des Égyptiens, que viennent 1 astronomie, les sciences mathématiques, la médecine, la plupart des sciences et des arts qui ont illustré l'antiquité grecque et romaine. Luxurieux, hautains et cruels, mais ingénieux à découvrir, savants dans les arts, industrieui et habiles au commerce, ils furent, tout compte fait, une des grandes races de i'htunanité» .16. Maspero.]

GHALEUR. — Phjrstque, Xi V; Oiunue.Preiiminaireset XXI. ^ Les imprâsaions de chtud et de froid sent familières à chacun de nous; tout le monde connaît la sensation particulière qu'on éprouve eo approchant d'un foyer allumé, d'une barre de fer rougie au feu, d'un vase plein d'eau bouillanto, et celle que l'on ressent au contact de la neige ou d'un morceau de glace ; la cause qui les dét^ mine a reçu le nom de chaleur,

La chaleur manifeste partout sa présence ; elle est indispensable au développement des êtres organisés; elle agit sur tous les corps inertes pour leur communiquer des propriétés nouvelles On n'en connaît pas la nature mtime ; mais on peut suivre partout les importants phénomènes qu^elle produit. La physique observe ses effets sur les corps, en étudie les lois, en fait connaître 1er ^>plications ; et elle énumère les sources de ce puissant agent qui vivifie l'univers et que l'industrie fait senrir à ses progrès.

I. Effets de la chaleur. — Quand on soumet un corps à l'action d'une source de chaleur, U augmente de dimension: une barre métallique s'allonge, une boule grossit, un anneau s'agrandit, le volume d'un liquide ou d'un gaz s'accroît : voilà le premier effet visible ; on dit c^ue les corps se dilatent par la chaleur (V. Dilatation).

Su on continue de chauffer le corps qui s'est d'abord dilaté, il arrive un moment où, de solide qu'il était comme la cire ou le plomb, il derient liquide et coule comme de l'eau ; ou, s'il était liquide comme l'alcool, l'eau ou l'éther, il se transferme en vapeurs. Que l'on refroidisse une vapeur ou un gas, on obtiendra un liquide; et ceiui-d, suffisamment refroidi, à son tour prendra la forme solide. La chaleur produit donc deschaa* gemonts d'état ; elle liquéfie ou, comme on dit vulgairement, fond les solides (V. Fusion)'^ elle transforme les liquides en gaz (V. VapeureV

Enfin la chaleur peut altérer la nature du corps chauffé, apporter oans sa constitution des modifications profondes, séparer les éléments d'une substance composée ou favoriser les combinaisons des corps entre eux; ainsi le bois chauffé s'enflamme et brûle au contact de l'air ; de ses éléments séparés par la chaleur, les uns forment la flamme en se combinant à l'oiygène de l'air, les autres restent comme résidu sous le nom de cendres.

Ainsi, la chaleur en agissant sur les corps leur fait toujours subir des diangements de volume, souvent des changements d'état, parfois même elle modifie leur nature.

Dans chacun de ces cas, le corps chaud est devenu une source de chaleur capable d'échauffer les «orps voisins moins chauds que lui. A ne le considérer que sous ce rapport de la chaleur qu'il peut céder, il est dans un état particulier.

CHALEUR

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dans une manière d*ètre spéciale que l*on appelle sa température et qu*il importe de pouvoir fixer et retrouver. Nos sens ne peuvent nous servir pour cette recherche. Le toucher, qui le premier nous donne la connaissance do la chaleur, nous indique bien si un corps est plus ou moins chaud qu un Autre ; mais il cesse de nous servir quand le corps est trop chaud ou trop froid, parce que la sensation est douloureuse. Il peut du reste nous tromper parfois, puisque nous trouvons inégalement froids, en les touchant, un morceau de bois et un morceau de fer qui, restés longtemps Tun près de Fautre, sont manifestement à la même température. Les observations de chaque jour nous montrent d'ailleurs que les impressions de chaud et de froid sont relatives et dépendent de Tétat des organes qui les reçoivent. En outre, on ne peut mesurer exactement une sensation ni reconnaître si elle est bien la même aujourd'hui qu'elle était hier ; on ne peut donc, par le seul contact de la main, s'assurer qu'un corps est exactement aussi chaud qu'il l'était antérieurement. C'est, à Tun des effets de la chaleur sur les corps inertes qu'il faut recourir pour caractériser les états calorifiques, les comparer, les mesurer. Les instruments qu'on emploie à cet effet sont appelés thermomètres ♦.

Un corps peut s'échauffer de deux manières, aussi bien quand il est placé à distance d'une source que lorsqu'il se trouve en contact direct avec elle : le soleil échauffe tous les jours la terre ; un poêle allumé communique sa chaleur à toutes les parties d'un appartement ; une barre de fer qui ne plonge dans un foyer que par une de ses extrémités devient assez rapidement chaude à l'autre pour qu'on ne puisse bientôt plus la tenir sans précaution . La chaleur se transmet donc des corps chauds aux corps froids, ou bien à travers l'espace, ou bien par la substance même du corps chauffé. Ces deux modes de propagation sont étudiés, le premier au mot Rayonnementt le second au mot Conductibilité,

II. SooRCBS DE CHALEUR. — Touto csuse Capable d'engendrer de la chaleur, de produire une élévation de température, oue ce soit un corps ou le phénomène qui s'y proauit, s'appelle une sourjce de chaleur. Dans le langage ordinaire, on donne le nom de source de froid à toute cause capable d'ec lever de la chaleur aux corps, d'abaisser leur température. Hais si l'on veut bien remarquer oue tout corps qui possède moins de chaleur que les corps voisins est pour eux une cause de retlroidissement, et qu'il deviendrait une source de chaleur pour un corps plus froid ^ue lui, on se convaincra que le froid n'est qu'un état du corps où la chaleur est moins grande que dans un état antérieur, et on comprendra que le physicien n'en fasse qu'un cas particulier des phénomènes calorifiques.

On peut grouper les différentes sources de chaleur en deux classes : 1* les sources permanentes comme le soleil et la chaleur centrale du globe terrestre ; 2* les sources artificielles que l'homme pout faire naître à volonté, comme les actions chimiques et certains phénomènes physiques et mécaniques. On rapporte aux unes et aux autres les sources physiologiques, c'est-à-dire la production de la chaleur par les êtres organisés pendant leur vie.

!• Sources permanentes de chaleur. — ».— C//aieur solaire, — Le soleil est la source la plus abondante de chaleur pour la surface du glooe : c'est la chaleur solahre qui élève la tempmture de l'air et du sol ; c'est elle qui fond les neiges des montagnes et alimente ainsi les sources des cours d'eau qui arrosent les campagnes ; c'est par elle que sont formées les vapeurs qui s'élèvent des mers pour donner les nuages et retomber ensuite en pluies bienfaisantes; c'est elle que nous

recherchons dans les premiers beaux Jours du printemps et que nous évitons dans les jours brûlants de l'été;. c'est elle enfin qui faTonse la végétation des plantes et des arbres et contribue an développement de la vie chez tous les êtres.

Le soleil nous apparaît comme tm disque brillant dont rœil a peine à supporter l'éclat. Examiné dans les instruments grossissants, il se présente parsemé de points plus brillants que le reste de la surface, avec des taches obscures qui changent rapidement de position, de dimension et de forme. La grande distance à laquelle il est de nous et dont nous ne pouvons trouver d'analogue sur h terre ne nous permet pas de juger, noôme approiimativement, de sa grandeur. Les calculs astronomiques démontrent que son diamètre est égal à 112 fois celui de la terre, ce qui lui donne un volume 1 404 928 fois plus grand que celui de notre globe.

La quantité de chaleur que le soleil fournit dans un temps donné à une surface frappée par ses rayons, dépend de la direction plus ou moins oblique suivant laquelle ils arrivent, autrement dit de la hauteur de l'astre au-dessus de l'horizon, ei de la pureté de l'atmosphère. On sait que les rayons du soleil sont assez faibles, le matin et le soir,

{)our que nos yeux en puissent supporter l'éclat; es rayons de chaleur subissent le même afiTalblissement ; l'air absorbe en effet une partie de la chaleur qui le traverse pour s'échauffer à ses dépens, et la couche d'air traversée est d'autant plus épaisse que le soleil est plus près de ThorizoD. Ainsi, les différences si notables de température que l'on remarque aux différentes heures dn jour tiennent à l'obliquité des rayons solaires; c'est! la même cause que sont dues les saisons et les variations de chaleur avec les latitudes.

Plusieurs physiciens ont cherché à évaluer la quantité de chaleur que le soleil envoie à la terre dans un temps donné. Voici les résultats des expériences faites à ce sujet par Pouillet. Si la quantité totale de chaleur que la terre reçoit du soleil dans le cours d'une année était uniformément répartie sur tous les points du globe et qu'elle y fut employée à fondre de la glace, elle serait capable de fondre une couche de glace enveloppant la terre avec une épaisseur de 30 mètres 89.

Partant de ce premier résultat, Pouillet a pu déduire la quantité totale de chaleur que le globe entier du soleil émet dans un temps donné. Il a trouvé que si cette chaleur était employée à fondre une couche de glace appliquée contre le globe du soleil et l'enveloppant ae toutes parts, elle pourrait fondre en une minute une couche de 11 mètres 80 d'épaisseur, et en une année une couche de 1S47 lieues.

Il ne faudrait pas croise que toute la chaleur qui rayonne du soleil vers la terre arrive intégralement jusqu'à nous. L'atmosphère en absorbe près de la moitié, même quand elle a toutes les apparences d'une parfaite sérénité. C'est ce qui explique un feit constaté par plusieurs observateurs, que la radiation solaire est plus forte sur les hautes montaenes que dans le fond des vallées.

b. Chaleur propre du globe, — Le globe terrestre possède une chaleur propre intérieure, insensible près de sa surface, mais dont l'existence est attestée par l'accroissement de la température à mesure Qu'on s'enfonce plus profondément et par les eaoi thermales.

Certaines sources minérales donnent des eaui dont la température est notablement plus éleréf que la température moyenne du lieu, et, de plus, indépendante des variations de cette dernière. Il en est de même des eaox fournies par les puiti artésiens.

Les nombreuses observations faites dans lei puits de mine jusqu'à des profondeurs de 800 mitres, out montré que la température augmente d'an

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degré quand on s'enfonce de 30 mètres. On n*a pas pa mesurer Jusqu'ici la température à de plus grandes profondeurs, ci on ne peui pas atnrmer que cette loi se maintienne à toute distance de la sorfacc. Mais, en ladmettant comme exacte, on trouve qu*ii faudrait descendre à 2700 mètres pour trouver la température de Teau bouillante, si Ton pirt d'un lieu où la température moyenne est de 10*; qu'à 12 lieues environ on trouverait la température de fusion du fer, et à une vingtaine de lieues toutes les matières minérales en vapeurs.

L'existence d*un feu central a été soupçonnée depuis les temps les pins reculés, puisqu'on en trouve la trace dans les mytholoçies do tous les peuples ; mais ce n'était qu'une intuition vague, buée seulement sur des conjectures; elle a reçu dus notre siècle le caractère d*une certitude que létude attentive des volcans a beaucoup contribué k former.

2* Sources artificielles de chaleur, — a. Chaleur dégagée dans les actions chimiques.— Lorsque deux corps se combinent, il y a dégagement de chaleur. Tout le monde sait que l'eau versée sur la chaux vive se vaporise en partie par la chaleur que dégage la combinaison. Dans les laboratoires ae chimie, on rend de la baryte incandescente en versant dessus eontte à goutte de Tadde sulfurique. i

Quand le phénomène est accompagné de lumière, I il poits le nom de combustion * ; et dans le ' langage ordinaire, on no donne encore ce nom qu'à la combinaison avec Toxygène, libre ou pris à Vair, d'an corps qu'on appelle combustible. C'est par la combustion qu'on se procure ordinairement Il chaleur dans l'industrie et dans les usages domestiques : le phosphore, le soufre, les charbons, le bois, l'hydrogène, le gaz d'éclairage sont les principaux combustibles ; l'oxygène de l'air qui les (ait brûler est le principe comburant.

Pour la combustion, comme pour toute action chimique, il faut que les corps en présence aient une tendance à s'unir, ou comme on dit on chimie, de l'affinité. Les corps combustibles ont tous de l'affinité pour loxvgène ; mais elle ne se développe ^néralement qu à une température supérieure à la température ordinaire. 11 faut allumer le corps qui doit brûler, pour déterminer en un de ses

G)iDts la température nécessaire à la combustion, ne fois la combinaison commencée, la chaleur qu'elle développe est dans la plupart des cas plus que suffisante pour Tentretenir et la continuer, s'il arrive dans le foyer ou sur le combustible une quantité convenable d'oxyçène ou d'air et que les produits gaseuz formés soient entraînés à mesure qulls prennent naissance. Un courant d'air trop abondant ou trop rapide éteint le corps en combustion an lien de le faire mieux brûler, parce qa'il lui enlève trop de chaleur et qu'il abaisse sa température au-dessous du degré nécessaire au développement de l'action chimique.

n était extrêmement important, pour apprécier la valeur des différents combustibles, de mesarer les quantités do chaleur que chacun d'eux peut donner. Ce travail, commencé par Lavoisier en 1780, continué par Rumford en 1814, puis, plus tardj, par Oesprez et Dulong, a été repris, ces temps derniers, par MM. Favre et Siibermann qui ont, dans un grand nombre d'expériences montées avec tout le soin possible, étudié non-seulement les combustions, mais aussi le dégagement de la chaleur dans l^s principales combinaisons chimiques. Le principe de la méthode employée est simple; il consiste à recueillir exactement toute la chaleur dé* ve\oppée par une combustion et à l'employer, pour en connaître la quantité, à échauffer un poids connu d'eau, qui absorbe, comme on verra, une calorie par titogramme pour chaque degré dont il élève sa température. On fait brûler la substance au contact de l'air ou de l'oxygène dans une boite métal-

lique, appelée calorimètre; les produits gaseux de la combustion s'échappent en emportant la chaleur développée ; on les fait circuler dans un tube contourné en serpentin, assez long pour qu'ils en sortent froids, et qui, a^^ic la boite où se fait la combustion, est placé dans un vase en métal, plein d'eau, entouré de diverses substances qui em-

Eèchent son refroidissement par l'air ambiant, 'observation de la température finale permet de trouver, par un calcul simple, la chaleur absorbée

f>ar le calorimètre, c'est-à-dire celle qui a été déveoppée par le poids du combustible disparu. Voici quelques-uns des résultats trouvés :

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