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GALVANOPLASTIE

cire Janne par exemple. Aussitôt que les deux pôles de la pile sont plongés dans la dissolution, ft quelques centimètres seulement Tun de Tautre, le courant passe, le sulfate de cuivre est décomposé, le cuivre se porte sur Télectrode négatif et recouvre la médaille en tous ses points, pénétrant dans toutes les parties creuses, même les plas délicates. En même temps, Tozygène et l'acide Bulfurique se rendent au pôle positif, et attaquent le cuivre qui se dissout peu à peu et reforme du sulfate, en sorte que le liquide primitif conserve le même état de concentration. Cet appareil, qui nécessite un vase à décomposition distinct de la pile fournissant le courant, porte le nom d'appa^ reil composé, La plaque métallique qui se dissout au pôle positif, à mesure que le métal de la dissolution est porté an pôle négatif, est appelée Vanode soluàle.

Quand il ne s'agit que de déposer du cuivre, on monte l'appareil avec un seul vase dans lequel on met la dissolution de sulfate de cuivre. On y plonge un vase poreux ou un sac en forte toile contenant une lame de zinc et do l'eau acidulée. Un fil de cuivre attaclié au sine extérieurement se recourbe et plonge dans le sulfate de cuivre où il tient suspendu l'objet à recouvrir. On a ainsi une sorte de pile de Daniell dans laquelle le zinc se dissout peu h peu, en même temps, que le cuivre du sulfate dissous se porte sur Tobjet qui y est plongé. C'est Vappareil simple, contenant à la fois la source électrique et le liquide à décomposer. Il présente ravantage de permettre plusieurs reproductions à la fois, car on peut faire la cuve extérieure de grandes dimensions et y plonger plusieurs vases poreux; mais le bain s'y épuise à mesure que le métal se dépose, et il est de toute nécessité de le maintenir saturé; on y suspend alors des sachets en mousseline remplis de cristaux de vitriol bleu.

Quel que soit l'appareil employé, le résultat dépend beaucoup de la force du courant électrique ; quand celui-ct est trop faible, le dépôt de cuivre est cristallin; quand le courant est trop fort, le dépôt est pulvérulent et cassant. L'appareil fonctionne convenablement quand les particules de cuivre, se déposant les unes sur les autres, s'agrègent avec force et forment une couche métallique d'un rouge rose, bien unie, bien lisse, d'une consistance égale à celle du métal forgé.

Emploi des moules. — Il est souvent Impossible d'opérer directement sur l'objet lui-même, soit que l'on craigne de l'altérer, soit qu'il fasse partie d un Dbjet qu'on ne saurait exposer à l'humidité. Il faut dans ce cas en prendre une empreinte avec une matière plastique, en faire un moule et le rendre conducteur de Vélectricité.

On fait des moules avec de la cire à cacheter, de la stéarine, du plâtre» de la gélatine, un alliage facilement fusible, et enfin avec la gutta-percha.

L'alliage fusible s'emoloie pour les médailles de cuivre ou de bronze. On le prépare en fondant 8 parties de bismuth, 8 de plomb et 3 d'étain. Le mélange est liquide à 108*, on le coule dans un couvercle de boite en carton et on le remue avec un fil de fer Jusqu'à ce qu'il prenne une consistance un peu épaisse ; alors on applique dessus la médaille que l'on presse Jusqu'à ce que tout soit refroidi. Le moule en creux obtenu peut être im* médiatoment employé ; il donne une empreinte de cuivre exactement semblable à la face de la médaille qu'il a copiée.

Le pl&tre et les autres matières plastiques s'emploient d'une façon analogue. Le moule en plâtre doit, une fois fait, être recouvert d'une légère couche de cire ou de stéarine fondue qui lui fasse perdre sa porosité.

La gutta-percha est atjourd'hui la substance la plus employée. Ramollie sous l'influence de la cha-

leur, soit

', elle peut être applicjuée à chaud sur les objets, à la main, soit à l'aide d'une presse, et reproduit avec perfection tous les détails. Elle a de plus l'avantaKO d'être inaltérable dans les bains aades ou alcalms que l'on emi)loie.

Pour rendre conductrice de l'électricité la surface des moules, on la frotte avec un pinceau imprégné de plombagine en poudre impalpable, Jusau'à ce qu elle ait acquis partout le brillant métalque. On peut encore l'humecter d'une dissolution de nitrate d'argent et l'exposer au gaz sulfliydrique qui V dépose une pellicule de sulfure d'argent bon conducteur de l'électricité.

Les moules métallisés se recouvrent de cuivre aussitôt qu'ils font partie de l'appareil simple ou de l'appareil composé.

Applicattons principales. — L'emploi du moule métallisé, qui permet d'obtenir une ou plusieurs reproductions très fidèles d'un objet, alors même qu'on ne pourrait pas opérer directement sur celuià, a beaucoup étendu les applications de la galvanoplastie.

On ne s'est pas borné à reproduire des médailles ou autres petits objets analogues, on a fait des pièces de grandes dimensions comme les bas-reliefs de la colonne Trajane, dont chacun mesure un mètre carré. Moulés en plâtre, à Rome, sur la colonne de marbre qui a près de 50 mètres de hauteur sur 4 mètres de diamètre, ils ont été obtenus en cuivre avec une grande perfection. On a reproduit aussi des statues, d'abord en les moulant en plusieurs parties destinées à être obtenues séparément et à être ensuite rapprochées et soudées : c'est ainsi que la maison Christofle a fait pour la ville de Marseille une statue de Notre-Dame de la Garde

3ui mesure 9 mètres de hauteur, et dont le cuivre, éposé galvaniquement sur une épaisseur de 4 millimètres et demi, ne pèse pas moins de 3,500 kilogrammes. On est enfin arnvé à obtenir d'une façon très satisfaisante les bustes ou les statues avec un seul moule, à réaliser la galvanosplastie en rondo-bosse, et à appliquer les produits fabriqués à l'art de la décoration des monuments.

Mais l'application la plus courante de la galvanoplastie, c'est celle qui en est faite à la typographie.

Typographie galvanioue. — On peut, par Tactiou du courant électrique, ubriquer des planches unies en cuivre à l'usage des graveurs, et obtenir des reproductions des planches gravées.

La planche unie que l'on obtient en faisant recouvrir de cuivre galvanoplastique une première lame qui sert de moule, est préférée par le graveur au cuivre du commerce; elle ne contient pas, comme celui-ci, des métaux étrangers qui rendent inégale l'action de l'ean-forte, et le, travail du burin y est plus facile et plus régulier.

La reproduction aes planches gravées sur cuivre, sur acier ou sur bois, rend duique jour à l'imprimerie des serrices ini^prédables ; grâce à elle, on conserve intacte l'œuvre de l'artiste, aui se trouvait autrefois perdue après le tirage d un certain nombre d'épreuves; et en fournissant, en métal dur, des planches identiques à l'original, elle permet un tirage qui ne connaît plus de limites.

Pour reproduire la gravure sur bois, on en prend l'empreinte avec la gutta-percha, on la métallisé et on l'expose au bain galvanoplastique. Après quelques heures, on a une coquille ou cliché très exact, mais d'une faible épaisseur. Pour lui donner de la solidité, on l'entoure d'un châssis, et on y coule un alliage analogue à celui des caractère» d'imprimerie : on le rend ainsi assez dur pour résister à un tirage de 5o,0U0 épreuves.

C'est ainsi que sont faites aujourd'hui la plupart des gravures de livres. Mais pour reproduire, avec toute la fidélité désirable, les planches de cui^ vre KTAvées, on n'en prend pas de moule : c'est

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la planche oUe-mème que Ton plonge dans le bain pour en faire une copie en relief, avec laquelle on reproduira une ou plusieurs copies de l'original. On peut ainsi obtenir un certain nombre de clichés durs d*une m6me gravure et en tirer, comme pour les timbres-poste, par exemple, des milliers par jour, tous absolument semblables, malgré la multiplicité des détails et la finesse du dessin.

Enfin c^est la facilité d'obtenir par la galvanolastie autant qu'on le veut de planches identiques es unes aux autres qui a permis d'obtenir à bon marché les épreuves en couleurs, les chromo -lithographies, et les belles cartes géographiques. On fait, du même dessin, quinze à vingt planches ou plus sMl le faut, d'une justesse de report qu'il serait difficile d'obtenir autrement, et chacune sert à imprimer une couleur ou une nuance. La grande carte géologique de France a été ainsi faite.

2. âaotro-ohiznle. — Recouvrir un métal commun ou un objet quelconque métallisé d'une couche d'un métal moins facilement altérable, assez mince pour ne pas changer les détails de la surface, capable cependant de résister au frottement, et présentant une adhérence parfaite, tel est le but de l'électro-chimie .

L*orfèvrerie et la bijouterie, qui emploient Targent et l'or, cherchaient depuis longtemps le moyen de substituer à l'or le cuivre doré, plus solide et aussi inaltérable que le métal précieux. On dorait bien au mercure, avant 1840, en déposant sur les pièces métalliques un amalgame d'or, les chaufl'ant pour cliasser le mercure et laisser l'or qu'il ne restait plue qu'à polir. Mais le mercure en vapeur altérait rapidement la santé des ouvriers doreurs. Aussi, quand deux ans après la découverte de la galvanoplastie, H. de la Rive d'abord, Ëlkington et de Ruolz ensuite, vinrent

f reposer le courant électrique pour la dorure et argenture, leur procédé fut-il immédiatement mis en pratique ; c'était une œuvre d'humanité aussi bien qu'une découverte scientifique importante.

M. do la Rive avait trouvé le moyen de déposer l'or en décomposant par le courant électrique une dissolution do chlorure d'or ; mais la couche métallique formée manquait d'adhérence. Ëlkington en Angleterre, de Ruolz en France, proposèrent

Sresque simultanément d'employer le cyanure 'or ou d'argent dissous dans le cyanure de potassium : la couche métallique ofl'rait alors une adhérence parfaite et toutes les qualités physiques du métal déposé.

M. Christofle se fit l'acquéreur des deux brevets et fonda à Paris la grande orfèvrerie qui porte son nom. On y produit une immense quantité d'objets argentés oo, dorés, dont les uns, comme les couverts, les décors de table, répondent aux besoins économiques de notre temps, et dont les autres peuvent satisfaire par leur perfection le goût le plus élevé. En vingt-cinq ans, on y adéposé 1 00 000 kilogrammes d'argent. Nous résumerons ici brièvement les points essentiels de cette fabrication.

Argentw^. — L'appareil employé pour l'argenture est toujours \ appareil composé^ c'est-à-dire une cuve contenant la solution métallique à décomposer et une pile distincte. La cuve contient une solution de cyanure d'argent dans le cvanure de potassium en* excès. Le pôle positif de la pile communique à des tringles métalliques qui tiennent suspendues dans le bain les plaques d'argent servant d*anodes solubies. Le pdle négatif se rend à d'autres tringles, isolées des premières, qui suspendent les objets à argenter.

Ces objets doivent subir une préparation, un décapage^ qui les débarrasse des matières grasses dont la fabrication et le conuct les ont recouverts et de la couche d'oxyde qui empêcherait le dépôt. La manière dont on y procède varie avec la nature

de Tobiet ; il faut, d*iine façon générale, rendre l'objet bien propre, le laver à l'acide, à grande eaa ensuite, et le sécher à la sciura do bois.

On le passe au bain d'argenture. Après quelques instants, il est recouvert d'une mince couche d'argent très homogène. On en laisse augmenter l'épaisseur, suivsnt l'objet, jusqu'à ce que le iDëtal déposé ait un poids déterminé : pour les couverts, par exemple, le trentième du poids d'an couvert d'argent massif.

Au sortir du bain, les pièces séchées sont mates; on leur fait subir deux opérations pour les finir : le gratte-bossage qui consiste à les frotter vivement avec une brosse de fils de laiton tournant rapidement afin de donner un commencement de poli, et le vernissage qui achève le poli par le frottement au moyen de pièces d'acier.

La dorure galvanique s'effectue d'une manière tout à fait analogue ; il n'y a qu'une différence, c'est que le bain est chauffe à environ 70 degrés: le dépôt est alors meilleur qu'à froid.

Les premières pièces que l'on ait argentées ou dorées étaient en cuivre ou en laiton ; c'est en effet sur le cuivre ou ses alliages que les métaux précieux adhèrent le mieux. Aujourd'hui, lorsqu'on veut argenter ou dorer une pièce d'un métal qnelconque, on commence par la recouvrir d'une très légère couche de cuivre, dans un bain galvanoplaslique, après quoi seulement on la passe ao bain d'argent.

Dépôt d'autres métaux. — Le succès de l'argenture a fait essayer les dépôts d'autres métaux, qae l'on effectue aujourd'hui avec succès. Ainsi on recouvre le fer d'une couche de nickel très brillante et bien moins altérable; on pratique Tétamage galvanique ; on dépose une couche de zinc sur 1» fils de fer télégraphiques et sur les nombreuses pièces de fer qui doivent entrer dans les constructions en contact avec l'eau. On est même parvenu, en employant deux solutions métalliques mélangées, à provoquer des dépôts d'alliages définis comme le laiton et même le bronze. Enfin on s'est servi du courant électrique pour avoir les méuux purs. Nous ne pouvons pas donner ici le détail de ces diverses opérations ; il sufBt d'en avoir indiqué le principe. Mais nous décrirons, pour terminer, le cuivrage de la fonte, à causo de son utilité et de ses nombreuses applications. La fonte, exposée à Tair humide» s'altère en effet profondément en se couvrant de rouille ; tandis que le cuivre dont on la recouvre ne subit qu'une attaque superficielle, qui forme un vernis ou patine protégeant les couches sous-jacentes et donnant aux objets et la durée et l'aspect recherché du bronze.

Le cuivrage de la fonte présentait des difficultés. On ne pouvait y employer le bain de sulfate de cuivre, parce que ce liquide attaque le méul et empêche le dépôt d'être adhérent; et cependant c'est le composé de cuivre le moins coûteux, par suite le seul qui pouvait permettre d'obtenir économiquement des dépôts d'une certaine épaisseur. On a enfin réussi à pouvoir s'en servir en protégeant, comme le fait M. Oudry à Auteuil, les pièces de fonte ou de fer au moyen d'un enduit inatuquable aux acides, et que l'on rend conducteur par la plombagine pour y effectuer ensuite le dépôt galvanoplastique. C'est par ce procédé qu'ont été cuivrés les candélabres des lanternes à gaz des rues et dei boulevards, les fontaines monumentales de la place de !a Concorde, et bien des pièces de fonte devant servir d'ornements extérieurs à des constructions diverses- Il est probable qu'on l'appliquera dans l'avenir aux fers et aux fontes que l'on emploie aujourd'hui en si grande quantité dans les constructions monumentales»

ExpÉniENCES. — 1. Entourer une pièce de monnaie, bien décapée, d'un fil de cuivre qui y soii bien appliqué ; recouvrir d'une légère couche da

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