‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaireChapitre 479 sur 562 · GEL · texte numérisé non relu

GEL

Toxygène se dlsBoWent très peu dans Teau ; tandis -que l'ammoniaque, Tadde sulfureux, Tadde chlorhydrique sont absorbés en très grande quantité, comme si à l'absorption physique s'ajoutait un phénomène chimique. En étudiant expérimentalement ce phénomène de l'absorption du gaz par les liquides, les physiciens sont parvenus a formuler Une loi simple : c'est çu^un voltcme donné de liquide dûfsout toujours un même volume de çn», quelle que ioit la pretsion softs laquelle la disioiution i'est opérée, le volume du gaz dissous étant évalué à la preision sout laquelle la dissolution fest faite.

Ainsi un litre d'eau dissout un litre d'adde carbonique à la pression ordinaire ; à la pression de six atmoi^hères U en dissoudra encore un Htre, mais un litre à la pression de six atmosphères, ce qui équivaut à six litres sous la pression ordinaire, ou à un poids de gas six fois plus considérable.

Il résulte de cette loi que lorsqu'on aura une dissolution aqueuse d'un gaz faite sous une certaine pression, si on diminue celle-ci, une partie -du gaz se dégagera. C'est ce qui arrive quand on débouche une bouteille de vin de Champagne, de limonade ou de bière. Dans le liquide, la dissolution du gaz s'est faite sous une pression de plu- ' sieurs atmosphères. Le bouchon enlevé, la pression n*e8t plus qu'une atmosphère, et la plus grande .partie du gaz se dégage avec effervescence.

Si la dissolution du gaz est placée dans une atmosphère indéfinie qui ne contienne pas de ce gaz, c*est comme si on la plaçait dans le vide : le gaz -dissous s'échappe en toulité. Ce (ait se remarque sur les dissolutions des gaz antres que ceux de l'atmosphère quand on les expose à l'air ; au bout •d*un certain temps, elles ne contiennent plus que -de l'air atmosphérique.

L'eau exposée à l'air dissout une petite quantité des gaz dont l'air est formé; et comme l'oxygène est plus soluble que l'azote, l'air dissous est plus riche en oxygène queTair ordinaire.

On extrait facilement de l'eau Tair qu'elle a dissous. Il suffit de chauffer un litre d'eau dans un ballon complètement plein muni d'un tube également rempli et se rendant sous une éprouvette : l'air vient occuper la partie supérieure de l'é- .prouvette.

Pendant Thiver^ quand l'eau se congèle, l'air dissous reste emprisonné dans la glace et produit 'les bulles que Ton aperçoit dans ce solide.

ExpÊRiKNCBS. «— 1* Produire de la vapeur d'iode •dans deux ballons très différents de volume, en chauffant dans chacun une parcelle égaie du solide : la vapeur riolette remplit chacun d'eux entièrement.

2<> Constater qu'une vapeur odorante, comme celle de i'éther, se répand dans tout l'espace où le liquide est placé ; qu'une solution d'ammoniaque ou d'acide sulfureux perd après peu de temps les propriétés qu'elle devait au gaz.

3* Faire brûler du soufre dans un vase où l'on envoie de l'air ; quand ce vase est plein de gaz sulfureux, le renverser sur l'eau : ce liquide monte •dans le vase à mesure qu'il dissout le gaz.

[Haraucourt.]

GAZ DE L'ÉCLAIRAGC. — Chimie, lY. — Si l'on approche un corps enflammé de la mèche 4'une bougie^ le corps gras qu'elle contient se fond, se décompose en gaz, carbures d'hyih^gène qui prennent feu. La chaleur développée par leur combustion liquéfie de nouvelle matière grasse qui monte, par capillarité dans la mèche, s'y décompose, s enflamme, et ainsi de suite. L'idée théorique qui guida Lebon (V. Eclairage) fut de séparer les deux opérations de décomposition et de combustion. Gela lui permit d'utiliser des matières hydro-carbonées d'un prix inférieur à celui <de l'huile et de la graisse ; Lebon employa d'abord

la houille, et l'on est toujours revenu à cette matière première après en avoir essayé un grand nombre d'autres. Le procédé général est de chauffer la matière grasse ou bitumineuse dans un vase clos, cornue demi-cylindrique en métal ou en argile. Il se dégage des matières goudronneuses, qui se condensent les premières, des vapeurs fournissant des liquides divers, et des gaz combustibles et autres. Dans le cas de la houille, le goudron {coaltar) est utilisé comme préservatif des bois, des maçonneries exposées à liiumidlté, des métaux ; il fournit par la distillation beaucoup de subsUnces, benzine, adde phénique, etc., d'où sont dérivées des matières colorantes* sans nombre, l'anillno et ses dérivés. Les liquides condensés après cela sont alcalins, et forment aujourdliui la source unique de l'ammoniaque utilisée par l'industrie. Les gaz contiennent, outre ceux qui sont combustibles^ une certaine quantité d'acides carbonique et suifhydrique que Von absorbe à l'aide de la chaux ou mieux d'un mélange de chaux et de sulfate de fer« et un peu d'azote, qui reste mêlé au gaz de Téclairage et est sans importance.

La composition moyenne du gaz de l'éclairage de la houille est :

Hydrogène 22,3

Hydrogène proto-carboné.. 57,4

Bicarbure d hydrogène .... 8,5

Oxyde de carbone 7,4

Azote 4,4

Le résidu de la distillation de la houille est le coke.

Quand on distille du bois, les produits importants sont, outre le charbon, les liquides qui fournissent l'acide acétique (vinaigre radical), et l'alcool méthylique (esprit de bois). Le gaz est rarement utilisé pour l'éclairage; le plus souvent on le brûle immédiatement pour continuer la réac» tien.

En faisant arriver de la vapeur d'eau sur la houille, on augmente la quantité d'hydrogène ; on utilise ainsi industriellement une des préparations de ce gaz. On a môme proposé dans certains cas de fabriquer de l'hydrogène pur, qui donne plus de chaleur mais moins de lumière. On lai redonne, s'il y a lieu, le pouvoir éclairant en mettant dans la flamme un pinceau de fil de platine, ou en faisant barboter le gaz dans des carbures liquides et. volatils.

Un procédé intéressant consiste à faire arriver sur la houille ou môme sur du coke chauffé au rouge des eaux grasses provenant des cuisines ou d'autres industries; son succès pratique dépend de circonstances locales qui ne se présentent que rarement. [P. Robin.]

GEL. — Météorologie, HI. — Action de geler, inverse de dégel. Le gel se manifeste par des effets divers suivant les objets qu'il frappe et les conditions dans lesquelles il se produit. La plupart de ces effets dérivent de la double propriété que possède Teau de se solidifier par le froid et en môme temps d'augmenter de volume par le fait môme de sa congélation.

I^ sol gelé devient dur par la solidification de l'eau qui l'imprègne : mais en môme temps il se gonfle. Les divers éléments qui le composent subissent indiriduellement le môme effet; leur cohésion première n'en parait pas diminuée tant que la glace céunit leurs éléments, mais au dégel les prog^rès de la désagrégation sont plus ou moins apparents. U est des roches que la gelée détruit ainsi avec rapidité ; on les dit gélives; A en est d'autres qui ne s'altèrent que par leur surface extérieure, souvent môme d'une manière presque insensible. Les composés nitreux qui se forment dans l'air et au'entralneut les pluies aident à cette action lente du temps à laquelle rien ne résiste.

Page 1