Cartes et exercices au Ublean exécutés ds mémoire
3 Compositions géograpbiques sous forme de voyage. — La géographie mathématique (sphéricité de la terre, ses mouvements, saisons, calendriers, latitude et longitude, etc.) est comprise dans le cours de cosmoyraphie, (Programme du 21 fivrier 1868.)
GÉOLOGIE.-- (Êtym. : du grec ^^, terre,et logos, discours, science). — La science ainsi nommée a pour but de faire connaître celles des propriétés de Ii terre que l'inaccessibilitédes autres astres ne permet pas d'y étudier. Elle s'occupe de la configuration déuillée do sa surface, de la description des matériaux qui la composent, de celle des phénomènes 3ui s'y passent de nos jours, qui s'y sont passés epois le commencement de son existence comme masse isolée dans l'espace, et de ceux mêmes qui semblent devoir s'y passer dans les siècles futurs. Elle exige des connaissances asses étendues en minéralogie et en paléontologie.
Comme la plupart de celles qui l'ont précédée, cette science n'a offert pendant longtemps qu'une suite d'hypothèses plus ou moins Yraisemblables, une série de systèmes pius ou moins ingénieux, dont les auteurs, se livrant sans réserve à leur imagination, se sont bien souvent égarés. Dépoorvues de la toute-puissante assistance de l'observation et de ranalvse, ces théories, quelque séduisantes qu'elles fussent d'ailleurs, éuient loin de pouvoir constituer une science exacte ; l'évidence des faits énoncés n'éunt pas appuvée sur des chiffres^ tout en elles se trouvait réduit à de pores spéculations.
De nos jours, les choses ont changé d'aspect ; la
géologie, grâce à de Saussure, à Hutton, à Wemer, à e Humboldt, à Léopold de Buch, à Cuvier, à L. Cordier, aux Brongniart, à Élie de Beaumont. à ConsUnt Prévost, à Lyell, à Buckland, pour ne citer que les plus illustres» n'est plus une science de simples conjecturais; elle est devenue une science de faits, de raisonnement et de calcul, qui, non contente de nous dévoiler les secrets de U terre inanimée, nous fait suivre pas k pas les phénomènes qui se produisent incessamment à la sorface du globe, et déroule à nos regards les traces de*
GÉOLOGIE
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mandes révolutions qui, à plusieim reprises successives, ont déchiré les parties superficielles de la terre en mille endroits divers ; qui ont fait surgir des montagnes là où d'abord étaient des plaines, et amené des mers dans des lieux où séle- ▼aient Jadis des continents.
De telles recherches semblent, an premier abord, se rapporter exclusivement au règne minéral, ou aux divers terrains, métaux et roches, qui se ren- <:ontrent, soit à la surface de la terre, soit à différentes profondeurs. Mais, en poursuivant ces investigations, on est bientôt conduit à Texamen de» chansements successifs qui ont eu lieu dans l'ancien état de la suriace et de Tintérieur de la terre, et des causes qui ont occasionné ces chan^ gements. Bientôt aussi, chose plus singulière enicore et plus inattendue, on se trouve en^é dans des recherches relatives tant à Thistoire de la création animée, et des diverses familles d'animaux et de plantes qui, dans les temps anciens, ont, à différentes époques, habité la surface du globe, qu'au moment précis de l'apparition de l'homme et à la marche du développement de son industrie et par suite de sa civilisation dans les périodes antéhistoriques ou préhistoriques, comme on dit aujourd'hui.
Au point vue pratique, la géologie, en enseignant à l'agriculteur a distinguer les différents terrains qui constituent la partie superficielle de la terre, le met à même d'approprier à chacun d'eux le mode de culture qui lui convient le mieux, et lui donne par là le moyen d'accroître la richesse nationale, tout en augmentant son bien-être particulier. Elle fournit les indications qui peuvent seules conduire, soit à des recherches certaines et fructueuses des richesses minérales contenues dans le sein de la terre, soit à leur extraction et à leur aménagement. Et par richesses minérales, il faut entendre, non pas seulement les matières
f>récieuses, mais tous les minéraux utiles, tels que es minerais métalliques, les pierres à bâtir, les argiles à poteries et briques, les matériaux servant à la construction et à rentretien des routes, les marnes employées par l'agriculteur pour l'amendement des terres, etc. Si la eéologie ne conduit pas toujours à la découverte des gîtes, elle prése^e du moins de toute fausse direction, et apprend à donner aux indices, aux apparences extérieures, leur valeur réelle. Elle donne aussi les moyens de prévoir à l'avance quels seront les matériaux rencontrés dans les tranchées ou souterrains destinés, soit au passage des canaux ou des chemins de fer, soit aux travaux de fortification des places de guerre ; elle permet ainsi d'établir des devis de travaux présentant un degré d'exactitude qu'ils ne pourraient avoir autrement La géologie donne encore des notions souvent très précises sur les chances de réussite des projets de puits artésiens, et sur la profondeur à laquelle il est nécessaire de pousser les forages».Jiour rechercher les nappes il'eau ascendantes.
Les anciens avaient étudié laborieusement les mouvements et les positions des corps célestes ; ils avaient fait quelques progrès dans l'investigation des règnes animal, végétal et minéral; mais l'histoire ancienne du globe était un livre fermé pour eux, quoique écrit en caractères les plus frappants et les plus imposants; ils étaient inconscients môme de son existence.
« Un potier de terre, qui ne savait ni latin ni grec, fut le premier qui osa dire dans Paris, à la face de tous les docteurs, que les coquilles fossiles éuient de vériubles coquilles déposées autrefois par la mer dans les lieux où elle se trouvait alors; Que des animaux et surtout des poissons avaient donné aux pierres figurées toutes leurs diflérentes figures, etc., et il défia hardiment toute l'école d'Aristoto d'attaquer ses preuves. C'est BenurdPalissy,
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saintongeois, aussi grand physicien que la nature seule puisse en former un ; cependant son système a dormi près de cent ans, et le nom môme de l'auteur est presque mort. » Ainsi s'exprimait Fonte* nelle {Histoire de r Académie des scieneeê) en 167ô, en parlant d'un homme qui se voua à l'observation de la nature, et qui arriva le premier à des idées saines sur les phénomènes géologiques. Les travaux de Palissy toutefois n'eurent pas pour objet la description du sol de la France.
Il y a un ou deux siècles à peine, le sol était encore un sujet d'études inconnu des naturalistes et même des voyageurs ; il semblait qu'il n'existât pas, et qu'il n'y eût que les animaux et les végétaux
2ui le couvrent, qui fussent dignes d'attention. )ans le règne mhiéral, on ne recueillait et on n'examinait que les matières utiles ou remarquables par leurs apparences extérieures.
Des deux grands naturalistes dont le nom domine le dix-huitième siècle, Linné ne poussa pas ses investigations au delà de la minéralogie, encore dans l'enfance par suite de l'absence des connaissances chimiques, et Buffon n'étudia guère le règne minéral que pour y chercher des preuves à l'appui de sa théorie de la terre. Mais au môme moment, en 1746, Guettard, qui avait le sentiment de ce que devait être la géologie, publiait la première carte géologique, qu'il intitulait : Carte minéralogi^ue où Ion voit la nature et la situation des terrains ^ui traversent la France et V Angleterre, titre qui exprimait un nouvel ordre d'idées, qui devait amener d'immenses progrès dans la science, et une précision inconnue Jusqu'alors dans les observations locales. « Je me suim proposé, dit-il {Mémoires de V Académie de ssciences pow 1746), de faire voir par cette carte qu'il y a une certaine régularité dans la distribution qui a été faite des pierres, des métaux et de la plupart des autres fossiles ; on ne trouve pas indifféremment dans toutes sortes de pays telle ou telle pierre, tel ou tel métal ; mais il y a de ces pays où il est entièrement impossible de trouver des carrières ou des mines de ces pierres ou de ces métaux, tandis qu'elles sont très fréquentes daiA d'autres, et que, s'il ne s'y en trouvait pas, on aurait plus sujet d'espérer d'y en rencontrer qu'autre part. » Guettard comprend déjà la structure du sol de la France septentrionale ; il trace sur ses deux cartes trois bandes continues entourant à la fois Paris et Londres. La plus intérieure, on bande sableuse^ correspond aux terrains tertiaires ; la moyenne, on bande marneuse, correspond assez bien au terrain crétacé ; la plus extérieure, ou bande schisteuse ou métallique, comprend totis les terrains plus anciens.
L'idée de Guettard, d'une portée si immense, fut complètement méconnue de ses contemporains, peutrôtre parce que son auteur était et resta toujours trop en arrière de Linné et de Buffon, dans ses travaux sur les corps organisés. Guettard ne parait pas avoir Jamais songé à rechercher l'Age relatif des différents terrains qu'il avait reconnus. Cinq ans plus tard, en 1751, dans un voyage en Auvergne, il est tellement frappé de la ressemblance de certaines roches de Volvic et du Mont-Dore avec les produits volcaniques du Vésuve, qu'il n'hésite
Sas à annoncer l'année suivante à l'Académie la écouverte importante ou'il vient de faire d'anciens volcans dans le centre de la France.
Wemer, nommé en 1775 professeur de minéralogie à récole des mines do Freyberg, en Saxe, dirigea son attention, non seulement sur la composition et les caractères extérieurs dos minéraux, mais aussi sur la oéoghosie ou leur position naturelle dans les roches particulières, ainsi que le groupement de ces roches, leur distribution géo« graphique et leurs relations variées. Mais Werner n'avait pas voyagé dans des contrées éloignées ; U avait simplement exploré une petite partie de l'Ai*
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lemagne^ et il B*était persuadé que la snrrace entî^ de notre planète et toutes les chaînes de monugncs du monde éuient faites sur le modèle do sa propre province. Le principal mérite du syslème de werner consista à diriger lattention de ses élèves sur les relations constantes de superposition de ceotains groupes minéraux, quoiqu'il eût été précédé dans la découverte de cette loi gênéxile par plusieurs géologues italiens.
En 1783 le capitaine Barrât publia la première cirte géologique véritable, celle de la Corse, sur hquelle les terrains de nature et d'Age relatifs analogues sont figurés par des couleurs spéciales. Dans ■s légende, la couleur rouge indique les montagnes graniteuses; la couleur jaune, les roches calcaires, schisteuses, etc., du deuxième ordre; le jaune ibnco, les calcaires de nouvelle formation.
Do Saussure publia ses Voyages dans les Alpes «n 1786. Il annonça que les poudingues de Yalorsine s'étaient déposés horizonulement et que les nontagnes ont dû subir de grands bouleversements. Quelques années après, Ramond, dans ses Voyages au Mont- Perdu^ exposa la structure des Pyrénées et fit voir que les hautes sommités sont formées par des calcaires à fossiles, fait inconnu dans les grandes chaînes.
Un géomètre anglais, pauvre et inconnu, William Smith, publia en 1790 un tableau des couches britanniques dans lequel, quoiqu'il n'eût pas communiqué avec Werner, il éuit arrivé aux mêmes vues ••r les lois de la superposition des roches stratifiées; il s'éuit assuré que l'ordre des différents groupes n'était Jamais interverti, et qu'ils pouvaient étro identifiés en des points lort éloignés par leurs fossiles organisés particuliers, il se livra à l'exécution d'une carte géologique de l'Angleterre entière, qui fut terminée en 1815, monument de talent ori<* ginal et de persévérance extraordinaire, car il avait exploré le pays entier à pied, sans être guidé par des observations antérieures, sans l'aide de compagnons de travail, et il avait réussi à séparer en divisions naturelles la série compliquée des roches britanniques. Plusieurs des dénominations de Werner et de Smith sont encore eifiployéeB aujourd'hui et consacrent leurs droits de priorité.
Les temps étaient proches où la géologie devait se constituer à l'état de science ; car la rénovation de l'histoire minérale de la terre date de l'étude sérieuse des corps organisés fossiles, étude que Lamarck et G. Cuvier commencèrent dans les premières années de notre siècle ; le premier en 1802 par un Mémoire sur les fossiles (mollusques) des environs de Paris ^ le second en 1804 par un Mémoire sur les animaux des p/âtrières de Paris. C'est alors seulement que les naturalistes surent trouver et attribuer tout l'intérêt qu'elles mérimient, à ces pierres sur lesquelles, en faisant leurs hypothèses plus ou moins contraires à la vérité, Ils avaient marché depuis Aristote et Théophraste, c'est-à-dire pendant vingt^deux siècles, sans presque daigner y Jeter un simple regard. A partir de ce moment, il y eut des géologues, seuls capables de déchifl'rer leur signification exacte.
En avril I810, Cuvier et Alex. Bmngniart lurent à l'Institut leur Essai mr la géographie min^raloffique des environs de Paris, dans lequel se trouve établie pour la première fois la succession des espèces animales au sein des couches et leur imporuinCH pour caractériser celles-ci. En 18^1. Al. Brongniart donna son mémoire Sor les caractères zoologignes des formations qui lui ont permis de reconnaître les terrains crétacés sur les hautes sommités des Alpeal!
En 1822, d'Omalius d'Halloy publia son Essai d'une carte géolO'^ique des Pai/s-Bas et de la France , établie d'après ses propres observations, celles de Coquebert de Montbret,etd6S renseignements foursis par un grand nombre d'ingénieurs des mines.
En 1827, L. Cordier donne son Essai sttrlatem' pérature de intérieur de la terre, où il éublH comme principe fondamental 4e la géologie U fluidité ignée primitive du globe. Constant Prévoit lit à rAcadémie plusieurs mémoires, où il éublit le synchronisme des dépôts et des formations et la théorie des affluents iluviatiles, basée principalement sur l'étude du sol des environs de Paris.
En 1828, Elle de Beaumont rajeunit, en les plaçant dans les terrains Jurassioues, des terrains des Alpes au*on avait crus primitifs, et qne Brochaoi avait delà reportés en 1 808 dans les terrains de transition. En 1829, il publia ses Reehtrches sur quelquesunes des révolutions de la sttrface du olobe^ fondées sur ses nombreuses études du sol de la France.
Dès 1822, le gouvernement avait décidé l'exécQtion d'une carte géologique de la France, snr une assez grande échelle. Brochant de Villiers, qui eo avait déjà présenté le projet en 181 1, fut chargé d'en diriger rexécution, confiée à IfM . Dufrénoy et Elie de Beaumont. La fin de 1841 a vu apparaître la carte et le premier volume de l'Explication de la tarie géographique de la France, comprenant une magnifique introduction ; le deuxième a paru en im, et la première partie du troisième en 1873.
En 1840, H. d*Orbign;r a entrepris la Paléontologie française, description des Mollusques et Rayonnes fossiles de la France. Les terrains crétacés et Jurassioues sont encore seuls traita. Depuis sa mort, arrivée en 18à7, divers collaborateurs continuent plus ou moins lentement cette importante publication, qui a Joué un rôle n considérable dans le développement des études paléontologiques en France.
Ouvrages à oonsolter : Beadut, Court élémentain d'histoire naturelle, minéralogie et géologie; Bouler, Géologie élémentaire ou Manuel de géologie; Lambert, Cours élémentaire de géologie à Fusage des lycées; Lermerie, Eléments de minéralogie et de géologte; Baoliô. Eléments de géolooie» année prép., I«,II«,I1I* années : Muié- Davy et Sonrel, Eléments de géologie, IV* année ; Lambert, Nouveau guide du géologue, géologie générait de la France, fv. Raulin.]