II. Insectes et animaux utiles
2 . Saxi-Wbimar. — Ecoles normales d'instituteurt. — Exercices pratiques dans la culture des arbres fruitiers; greffe ; connaissance des espèces les plus importantes. Enseignement théorique nécessaire pour la culture d*un verger: choix de l'emplacement, nature du terrain, engrais et entretien. Excursions.
ARGmaiEDB (Principe d*). — Physiqae, VJI. — Archimède vécut à Syracuse de l'an 287 à l'an 212 avant Jésus-Christ. Les mathématiciens de tous les temps l'ont considéré comme le plus grand savant de Tantiquité, l'un des plus grands géomètres qui aient existé. C'est à lui qu'on doit la première méthode de la mesure du cercle, le premier rapport approché de la la circonférence au diamètre, la mesure des corps ronds, du cylindre et de la sphère, et nombre d'autres propositions dont le calcul moderne a vérifié rexactitude.
Ses découvertes dans Ut mécanique ne sont pas moins remarquables : on lui attribue Tinvention de la poulie, des moufles, des roues dentées, de la vis sans fin et de la via creuse qui porte encore son nom et (^u'on employait de son temps à dessécher les marais. Il trouva la théorie du levier et caractérisa la puissance de cet instrument si simple par cette phrase bien connue : « Donnes-moi un point d'appui, et Je soulèverai le monde. »
bon vaste génie s'appliquait k tout ; l'histoire raconte qu'il inventa des machines de guerre pour détruire les vaisseaux romains au siège de Syracuse, qu'il imagina des assemblages de miroirs peur les brûler à distance.
Il créa l'hydrostatique, en fixant les lois de l'éjiuilibre des corps plongés. C'est cette découverte importante qui est restée la plus légendaire. Uiéron, le roi de Syracuse, s'était fait faire une couronne d'or, et il soupçonnait l'orfèvre d'avoir gudé une partie de l'or et d'y avoir substitué de l'argent. 0 demanda à Archimède un moyen de consuter U fraude sans endommager la couronne. Archimède songea longtemps à ce problème, et quand ill'eut trouvé, un jour qu'il était au bain, il s élança dans la rue et parcourut une partie de Syracuse en criant : « J ai trouvé. J'ai trouvé (Eurêka), n
Voici sa solution (d'après M. Babinet, Atudes sur les sciences, IV) : « La couronne pesait 12 livres, n prend un vase exactement plein d'eau et y plonge 12 livres d'or; il voit de combien ces 12 livres d'or font déborder l'eau du vase. Si la couronne contient ' 12 livres d'or pur, elle doit faire déborder le vase exactement de la même quantité. L'épreuve faite montre que la couronne chasse du vase un plus i grand poids d'eau que les 12 livres d'or. Elle n'est donc pas toute en or. » Un poids d'argent déplace en effet plus d'eau que le même poids d'or. Cest i de cette expérience qu'est sortie la loi des corps | plongés, autrement dit le principe d'Archimèae, qu'on formule de la manière suivante : i
Tout corps flonoé dans un liquide perd une partie de son poids égale au poias du liquide qutil I déplace.
On démontre ce principe par une expérience due à Galilée. On suspend a l'un des plateaux d'une balance un cylindre creux qui porte un cylindre plein pouvant le remplir exactement. On leur fait équilibre en chargeant le sea)nd plateau.
ARCHITECTURE
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Oo plonge alors le cylindre plein dans un vase d'eau; immédiatement la balance penche de Tautre côté; le corps plongé a donc perdu de son poids. Pour réubhr Tôquilibre, il suffit de remplir d'eau le cylindre creux. La perte de poids du corps plongé est donc représentée par le poids de Teau dont il tient la place .
Ui nombreuses et importantes conséquences de ce principe sont développées, avec leurs applicaôoDSf à Tartide Équilibre des corps plongés et des corps flottants (V. Equilibré).
Expériences. — 1. Constater qu*un corps plongé dans on liquide perd de son poids en le suspendant n plateau d'une balance lui faisant équilibre et ea plaçant au-dessous de lui un vase plein d'eau. Se serrir de cette expérience pour expliquer que les corps sont moins lourds dans Teau que dans Viir.
3. Prendre un corps lourd d'un volume connu, 40 centimètres cubes par exemple, et s'assurer qu'il perd 40 grammes de son poids dans Teau et qa'en le soumettant à l'expépience précédente, il fiat ajouter 40 grammes au plateau où est suspendu le corps pour rétablir l'équilibre (c'est une démonstration du principe que tout le monde peut réaliser).
3. Équilibrer au-dessous des deux plateaux d'une taJance deux corps également lourds, mais trèsdifférents de volume; les plonger dans l'eau, la perle de l'une est plus grande que celle de l'autre, et la balance pencbe du côté de celui qui perd le moins.
4. Répéter le problème d'Arcbimède sur un objet dalliage métallique dont on connaît la composition. [Haraucourt.]
ARCHITECTURE. — V. le même mot dans la l^PiBTiE. — Nous essayons ici de tracer l'esquisse très sommaire de ce que pourrait être un petit coan d'histoire populaire de l'architecture dans les écoles normales et dans les écoles primaires sflpérieures.
1. Origines de rarchlteoture. — • De tout temps Hiomme a éprouvé le besoin de se garantir contre les intempéries, de mettre sa famille à l'abri des ittaqaes des animaux et de l'entourer des objets nécessaires à Texistence. Aussi le voyons-nous partout, à Torigine des civilisations, ou chercher un reluge dans une caverne naturelle ou se bâtir une abane. Toute architecture dérive de ces deux modes d abri : Vabri construit de main d*homme ou l'aZ/ri naturel,
L Abri construit. — Premier mode de cabane : la hutte. — Déjà l'arbre, le plus grand des végétaai, compose un abri ; qu'on l'entoure de troncs Tienus, disposés en cercle et s'appuyant sur lui à !ear sommet ; qu'on couvre ce cône de branches et de feuilles, l'abri est complet, et un homme seul peut entreprendre et terminer ce travail en un coQn espace de temps.
SecoTk/ mode de cabane: la construction par empilage. — C'est seulement quand Thomme possède des outils qui lui permettent de couper le bois qu'il peut facilement construire. Deux procédés sont possibles : P l'empilage ; S" l'as- ^mblage. De ces deux modes de construction, lempUage est évidemment le plus ancien, il ne denunde qa*une main-d'œuvre et des outils très élémentaires.
Ea effet, rien n'est plus simple si Ton possède ^ oatU tranchant, (tktril de silex, que de couper ûestroiics darbre d'égale longueur et de les réunir liorizonulement à leurs extrémités au moyen d encoches, de telle sorte que ces troncs ainsi joints aient l'apparence de longues assises (fig. 1). *^yut atteint une certaine hauteur, l'empilage ptètre successivement retraité de manière à wraer un comble à double pente, que Ton couvre ^ joncs, de chaume ou de feuillages. Ce système
de construction, qui remonte aux époques les plus reçu Ides de liiistoke humaine, est encore ugjté sur les plat€?aui de rHîmalayat et dans certaines partioa de la Russie, de îa Norvège, du Tyrol, de hx Suisse, du Canada et des États- Unis,
Fig. 1.
Mais, pour élever une cabane de cette sorte, il faut que l'homme possède des arbres droits ; aussi est-ce dans les contrées où pousse le sapin que cette structure a été adoptée. Quand les hommes n'ont eu à leur disposition que de grands végétaux à troncs plus ou moins tortueux et d'une essence plus dure, ils ont dû procéder autrement.
Troisième mode de cabane : ta construction par assemblage. — Ce système exigeait certains outils de métal déjà perfectionnés et des combinaisons plus savantes, en ce qu'elles dérivent d'une observation exacte des qualités propres au bois.
Le tronc d'arbre, posé debout, c'est-à-dire verticalement, présente une résistance considérable aux pressions ; il faudrait un poids énorme pour le faire fléchir, tandis que le môme tronc posé horizonUlement et ne porunt qu'à ses deux extrémités, fléchit sous l'action seule de son propre poids et à plus forte raison s'il est chargé vers son milieu.
Tenant compte de ces propriétés du bois, les premiers hommes qui voulurent les utiliser imaginèrent de placer d'abord des troncs d'arbre debout pour servir de supports verticaux et de poser sur la tète de ces troncs d'autres pièces de bois placées horizontalement. Ces traverses horizontales ou linteaux soutenaient à leur tour la couverture. Pour éviter la flexion des linteaux, il suffisait
d'avoir des supports assez rapprochés les uns deà autres (flg. 3). Telle est Forigine, d'une part, de la
ARCHITECTURE
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colorme et de son cntablementf d'autre part de U ftrmet qui est une des plus anciennes combinaisons de la charpente assemblée et Tune de ceUef qui devaient avoir les résultats les plus importants. La ferme et les éléments de la charpente primi* iive. — • La ferme primitive (fig. 3J est tracée
Fig. 3 bis,
en A. Elle se compose d'une pièce horizontale BG appelée entrait et de deux pièces plus ou moins inclinées DB, DC (arbalétriers), assemblées à leur pied dans rentrait pour éviter le glissement et réunies au sommet au moyen d'entailles à mi-bois. Sur Tenfourchement E on posait une pièce horizontale, d'une ferme à l'autre, appelée faitagCt et de . ce faîtage à la tôte des deux murs, d'autres bois inclinés appelés chevrons et destinés à supporter la couverture. Plus on appuyait sur la fourche E, plus on roidissait l'entrait.
Mais il arriva aue, par l'effet de la dessiccation des bois, Tassemblage du sommet devenait gai, c'est-à-dire qu'il n'était plus exactement serré; alors les arbalétriers perdaient de leur roideur et risquaient de se déranger sous l'effort du vent ou d'une charge inégale ; on ajouta donc à la ferme
f primitive, une pièce verticale GH (fig. 3 bU) appeée poinçon et au sommet de laquelle s assemblaient les arbalétriers. Cette pièce verticale consolide toute la ferme.
Tels furent les premiers éléments de toute la charpente assemblée, dans laquelle le bois fut employé non plus comme une matière homogène inerte, mais en raison de ses qualités de résistance et d'élasticité.
La colonne primitive, —Le système de poteaux
ou de troncs placés verticalement pour supporter les poutres horizontales avait des avantages évidents ; mais il faut bien penser que les constrao-
teurs primitifs possédaient des oatUt très impuw faits, qu'ils ne connaissaient point encore la sde et cherchaient tous les moyens propres à éviter les difficultés de main-d'œuvre. Tantôt, profitant de ia disposition fourchue de certains troncs d arbre,ils se servirent de ces poteaux à tôte fourchue pour leur faire porter les poutres horizontales du comble (fig. 4) .Tantôt, à défaut de ces bois en fourche, ils placèrent sur leliaut du poteau un chapeau^ c'est-àdire une pièce de bois aépasssnt un peu le poteau à droite et à gauche, afin de diminuer la longueur des linteaux et de prévenir ainsi la flexion (fig. S).
Tig. 5.
Avaient-ils à ménager une baie, porte <m fenêtre, ils avaient le soin d'incliner l'un ven l'autre les deuxiambages, afin de diminuer le piaf
Eossible la portée du linteau, tout en laissant à la ase de la baie une largeur suffisante.
Tous ces procédés primitifs, qui avaient leor raison d'être dans la nature et dans les propriétés des matériaux employés, dans la qualité des outils connus, en un mot dans les ressources dont oq disposait, ont laissé leur trace longtemps après dans des constructions beaucoup plus parfaites: ils y reparaissent sous la forme d'ornements d'architecture. Le chapiteau de telle colonne do marbre, qui aujourd'hui ne semble être qu'aa ornement dû à la fantaisie, rappelle cette pièce de bois placée dans la construction primitive au-desios des supports verticaux pour soulager le linteu (fig. 6).
Le souvenir même du tronc terminé en foorciie se retrouve dans certains monuments construits pourtant en pierre ; en voici par exemple un curieux spécimen emprunté à un temple de Persepolis (fig. 7). On pourrait donner mille exemples de ces procédés primitifs se perpétuant et s'alléraat de plus en plus comme ornements d'arcbitocture apiHès avoir été longtemps des nécessités de construction. N'en citons qu'un.
Tout le monde a remarqué oue certaines colonoes grecques ont le fût non pas absolument lisse, mais canifelé. Est-ce un eaprioe d'artiste ? Non. En eiTet, quand on veut donner soit à un tronc d'aitee, soit à un morceau de pierre calcaire» une forme régulière se rapprochant du cylindre, on commence par équarrir la pièce, c'est-à-diro à lui donner um section carrée régulière, puis, traçant on cercfc inscrit dans le çairé, on abat les angles pour arriver à la section octogonale» puis on abat encore les angles de l'octogone pow obtenir un polygone à seize côtés. On peut s'arrêter là ou continuer » abattre les angles jusqu'à ce qu'on atteigne m cercle et qu'on ait obtenu ainsi un cylindre. Nonseulement les Grecs, dont le sens artistique étatt très délicat, ne poussèrent pas U taUleJusquan eyUndre, mais lis «'«perçurent que ces facettas
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donmient à un corps placé Terticalement une apparence plus ferme, plus solide que ne le faisait U surface cylindrique ; ils conservèrent donc ces
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Fig. 6.
lieettM et, pour mieux ûdre apparaître leurg angles ooQues, ils creusèrent légèrement les parties pUses qui portaient des ombres. Ainsi naquit la
aoneliire, qui eel sans doute un ingénieux procédé décoratif, m^da qui n*en est pas moins la conséquence d'un procédé d*exécution originel. C'est une des lois les pins constantes que prâente l'iiistoire de l'architecture.
Cansimclion en pisé. — Dans certains pays, à déiaat de bois et de pierre on a dû ayoir recours au filé, nélance de limon ou d'arf^e détrempé avec dn labla : Q suffit de pièces de bois très légères ppv encaisser et soutenir cette sorte de mortier, m léchant, il devient très solide et pourrait durer peodtat des siècles dans les pays exempts d'humi- ^téX'est de la sorte qu'ont été construits, dans la ^ Pabtib.
plus haute antiquité, les premiers édifices des Egyptiens. Plus Urd, à Tépoque encore bien antérieure à la construction des pyramides et des grands temples, les Egyptiens avaient appris à employer la pierre et le mortier. Hais, nouvel et saisissunt exemple du phénomène que nous cHions tout à l'heure, ils conservent le souvenir des formes primitives de la cabane bitie avec de la boue et des roseaux. Les murs de ces immenses édifices rappellent les cloisonnages de pisé, ils présentent comme eux une surface uniforme couverte d'un enduit sur lequel s'appliquent des sculptures légèrement entaillées ou des peintures. Les colonnes, au lieu d'avoir la forme du tronc d'arbre, représentent un faisceau de tiges de roseaux réunies par des bandelettes. On remarque même quelquefois, non sans surprise, que ces colonnes ont à leur partie inférieure, à l'endroit où le fût commence, exactement la forme étranglée de la tige de roseau à sa naissance dans le limon.
Gomme il ne pleut pas en Ee^pte, il était inutile de prévoir des toits sur les édifices ; on les couvre par des terrasses épaisses composées originairement de limon battu soutenu par des clayonnages de roseaux formant plafonds; plus tard, par de larges morceaux de pierre. -Pour porter ces plafonds lourds et épais, il fallait multiplier les points d'appui ; car, soit que ces couvertures fussent faites en limon, soit qu'elles fussent faites en pierre, les portées ne pouvaient avoir beaucoup de longueur. De sorte que les grandes salles, dans les constructions égyptiennes, se composent d'uii quinconce de colonnes relativement rapprochées, ou bien ne sont
Sue des galeries longes et étroites (Cf. Histoire e Vhnbitation humatne par Violletrle-Duc, Paris, Hetxel).
II. Abri naturel : la caverne; Forigine de la voûte, — Les Egyptiens avaient aussi reçu la tradition de l'habitation dans des cavernes, dans des grottes naturelles, et il en fut de même dans beaucoup de pays. Le souvenir de la grotte ne s'est pas mohis perpétué en architecture que celui de la cabane en bois. On le retrouve encore dans la structure en encor bellement. Il consiste à superposer par assises horizontales des pierres de taille placées de telle sorte que chacune dépassant celle qui la porto, surplombe un peu, mais sans pouvoir basculer à cause de la charge qui pèse sur les queues de chaque pierre. Peu à peu, à mesure qu'elles s'élèvent, les deux parois dont les pierres forment en quelaue sorte deux escaliers renversés tournés Tun vers l'autre, finissent par se rejoindre (fig. 8^.
Un autre mode de structure primitive qui aérive de la grotte consiste à incliner de longues pierres, de telle sortequ'à leur sommet elles s'appuient l'une contre l'autre ou toutes deux sur une autre pierre leur servant de plafond ; le tout étant chargé de lourdes masses de pierres brutes forme une galerie solide. Les monuments dits cyclopéens de la Grèce primitive et de l'Étrurie sont construits de cette manière (fig. 9).
Biais le tvpe le plus parfait d'architecture reproduisant la forme ne la grotte ou crypte naturelle, c'est la voûte. Qu'elle ait été inventée en Assyrie ou qu'elle vienne décentrées plusorlentales.c'est sur les bords de l'Euphrate et du Tigre que nous la voyons apparaître à une époque très ancienne. L*ancien empire assyrien, qui ne possédait en quantité suffisante ni bois ni pierre à bâtir, avait trouvé une ressource précieuse dans un Ihnon argileux qui se prêtait à la fabrication des briques. C'est à l'aide de constructions de briques crues, ordinairement re* vêtues de briques cuites, que furent élevés les palais de Ninive et de Babylone. C'est la brique qui permit la construction en voûte ; et la voûte, cette grotte factice, convenait merveilleusement à ce climat extrêmement chaud et sec pendant une partie de l'année, mais humide pendant trois mois et
ARCHITECTURE
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où les bois eussent été très promptement pourris et brûlés.
Comment les Assyriens ont-Us pu inventer et construire la voûte? On peut le voir encore aujourd'hui dans les mômes contrées, car les usages cliangent peu en Orient : aujourd'hui encore les
habitants de Mossoul élèvent les voûtes de leurs édifices sans l'aide de cintres en charpente, grâce à la faciUté avec laquelle la bnque crue adhère à sa voisine au moyen d'une légère couche d argile détrempée. D'ailleurs dans Varchitecture assyrienne les portées de ces voûtes en berceau ou hémisphé-
Fig. 9.
rlqucs ne sont jamais grandes, et les salles ont plus ou moins de longueur, mais une largeur à peu près égale et très-médiocre. Point de colonnes, point de portiques, rien iiui rappelle l'emploi du bois : c'est bien une architecture dérivant de la ^otte.
2. Histoire de rarobiteotore en Xhirope. — Après avoir recherché dans cette haute antiquité la trace des origines de l'architecture, suivons rapidement le développement de cet art, d'abord chez les deux grands peuples du monde ancien doni notre civilisation est issue, ensuite dans notre propre pays depuis le moyen âge.
Architecture grecque et architecture romahie. — Les Dorions s'établissent dans des contrées d'an climat tempéré, plutôt chaud que froid, mais où ils ont à se protéger, suivant les saisons, et contre la pluie et contre le soleil. Ils y trouvent du bois do charpente, mais non pas assez pour bâtir en bois : ils le réservent pour les combles et les plafonds et construisent en pierre. Telles sont le^ conditions nue la nature imposait aux Grecs. La manière dont ils ont su les remplir, le sens exquis avec lequel ils ont donné à leur architetcure des formes en même temps logiques et belles, la perfection de leur» œuvres est encore et sera toujours un sujet d'admiration.
Mais les Grecs n'adoptèrent jamais ni la voûte ni en général le mode de structure que nous appelons maçonnerie, c'est-à-dire l'agglutination des matériaux à l'aide du mortier ou de matières plastiques. Ils bâtirent toujours en emplovant la pierre d'appareil à joints secs. A coup sûr ils entretenaient des relations trop fréquentes avec les Mèdes, les Assyriens et les Etrusques pour ne pas connaître la voûte, avec les Egyptiens pour ne pas connaître l'emploi des mortiers. Pourquoi se refusèrent ils, jusqu'à la dommation romaine, à faire emploi de la voûte et des mortiers? Ainsi que nous l'avons dit ailleurs {Histoire d'* l'habitation humaine) : « A cela il y a deux raisons principales : la première, c'est
aue les Grecs n'aimaient point à prendre les usages es barbares, ou, s'ils les adoptaient, c'était en leur faisant subir des transformations profondes. La seconde, c'est que les artisans grecs tenaient à se faire honneur de leur travail, et que les voûtes exigent un travail grossier qui ne leur plaisent point. Que les voûtes soient construites en brique ou en pierre, il faut appeler, pour les élever, un grand concoure de manœuvres, une masse d'ouvriers, faire des murs épais, bander des berceaux et remplir les reins. »
Des esclaves peuvent être assujettis à ces travaux qui demandent plus de sueurs que l'intelligence; mais les ouvriers grecs étaient organisés en corporations jalouses qui n'auraient pas volontiers vu les barbares travailler aux œuvres qu'eux-mêmes façonnaient avec orgueil. Les cités grecques, républiques rivales ou fédératives, ne possédaient ni les trésors, ni les bras dont disposaient les rois d'Egypte et de Perse ; elles n'avaient pas des armées d esclaves ou une plèbe asservie à leurs ordres : il leur était impossible d'égaler ou de dépasser en étendue et en richesse les monuments de ces contrées. Les Grecs ont donc cherché dans la beauté et le choix de la forme cette supériorité qu'on leur accorde dans les œuvres d'art.
Mais par cela même on voit combien il serait abusif de considérer comme l'ordinaire ou l'unique expression de l'art une architecture qui s'est produite dans des conditions aussi étroites et limitées. Les programmes des Romains sont tout autres. Le Romain de la république, et à plus forte raison celui de l'empire, n est pas le sujet d'un petit Eut composé de négociants, de philosophes, de lettrés et d'artistes. Il ne tend à rien de moins qu*à la domination du monde, il n'est pas attaché a cet esprit exclusif du Grec, considérant tous les peuples qui ne sont point de sa race comme des barbares : au contraire, le Romain veut que tous les peuples^ soient Romains, et sa grande affaii*e est d'administrer la terre sous la loi romaine. Si Tart grec plaisait à quelques délicats, comme Atticus et Cicéron, l'art romain a bîpn autre chose à faire que d»
ARCHITECTURE
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M prtfoccaper da choix et de l'exquise sobriété de la forme. Ce qa*on loi demande, c est de satisfaire à des programmes d'un ordre nouveau, lesquels conc^roent rétablissement de grands édifices publics, ibermes, théâtres, ciroues, amphithéâtres, basilif,uei, prétoires, marchés, portiques pour la foule, ir;aediic8, casernes, palais.
L'architecture, ayec les Romains, entre dans la Tsie moderne, l*édifice public devient la chose importante et domine le temple ou Thabitatlon «oreraine.
Aussi les Romains n'ont-ils pas trop de toutes les tnditions qui les entourent pour satisfaire aux pnpixames imposés par eux au monde connu. Am Asiatiques et aux Égnrptiens ils prennent leur s!^«tare coDcrèta, la voûte et tous ses dérivés ; ils leur prennent leurs grandes dispositions de plani, la hardiesse de leur structure de pierre ; à la Gfèce, ils demandent des artistes et des déconteurs pour vêtir les corps romains ; à la Gaule, la produits de ses forêts, des charpentiers et for- 1 g^roDS. La Rome impériale, de cette réquisition c/.ossale, compose son art ou, plutôt, à tous ces I
procédés, à tous ces matériaux elle donne un emploi, à la seule condition que ses programmes* soient scrupuleusement suivis.
Comme les Asiatiques et les Égyptiens, elle emploie des armées de manoeuvres, qui n'ont besoin que d'une direction et peuvent être pris partout», et fait mettre en œuvre derf matériaux énormes à l'aide des bras dont elle dispose ; comme les Grecs, quoique ce soit là une préoccupation secondaire, elle prétend vêtir ces édifices d'une forme d*ari^. choisie.
La réglementation remporte sur le goût : partout où Rome construit, la pierre est employée et: uillée de la même manière, les briques sont^ façonnées et cuites par les mêmes procédés, la. chaux est faite avec les mêmes matériaux et mélangée avec le sable, suivant certaines formules invariables pour composer le mortier. Les maîtres des œuvres romaines emploient partout, pour faire les voûtes, le même système. Les plans présentent des dispositions identiques.
En résumé, on peut dire que Tarchitectur grecque et l'architecture romaine partent do deux
Fi g. 10.
prindpes diamétralement opposés. Aussi l'alliance ^Qtre ces deux arts ne se laitrelle Jamais, et d'un e<liâce romain on peut enlever l'apport grec, comme on enlève un vêtement sans toucher en n^Q à l'organisme du corps. Ce oui constitue ttsentiellement l'architecture romaine, c'est la ^irncture; et parmi les formes qui lui sont propices, la plus remarquable est sans contredit la ^oùte, noo plus dans les dimensions restreintes des ^mces uiatiques, mais avec les proportions les piQs imposantes et les plus hardies, telles que nous ^ présente, par exemple, la rotonde d' Agrippa, l^théon de Rome.
AiCIITECTUaB BTZAIfrnrE, ARCHITECTURE ROMANE,
jwiiTicTURE GOTHIQUE. — Quaud l'empiro romain ^Qt transféré à Byzance, le voisinage de l'Asie et de ^< Grèce modifia notablement la tradition romaine. ^ style Innantin admit la voûte et les principaux mmt des architectes romains, mais il y mêla l'^s formes les plus diverses et parfois les plus capndeoses, sans caractère architectural très défini, ^ iîec une magnifique profusion d'ornements : suniô-Sophie àConstantinople est le chef-d'œuvre <>« cet art et le modèle des monuments à coupole.
Puis vint U période de ténèbres et d'anarchie^ intellectuelle <^ui suivit l'invasion des barbares. Quand la première lueur reparut avec Charlemagne, ce fut à Byzance que l'Occident alla chercher tous ses modèles, en architecture comme pour tous les arts. En Italie le style byzantin pénétra un moment : Saint-Marc de Venise fut son triomphe. Mais dans le reste de l'Europe, en France surtout, l'influence byzantine s'exerça sans s'imposer d'une façon aussi exclusive. L'architecture romane fut le produit de ce mélange entre les traditions galloromaines et l'imitation byzantine.
Les croisades et les établissements des chrétiensen Syrie contribuèrent à propaeer en Occident les
S recédés de l'art oriental ; ce fut le beau moment e l'architecture romane. Mais immédiatement après les premières croisades se manifeste un des mouvements les plus remarquables que présente l'histoire de l'art dans le monde moderne. Réagissant contre l'influence exagérée des monastères, les évêques de France se liguèrent avec les villes, sièges épiscopaux, peut résister aux empiétement?du pouvoir monastique : les cathédrales bâties de- 1160 à 1350 sont le signe visible de cette alliance.
ARCHITECTURE
ARCHITECTURE
Ya direction dos bitiments religieux est enlevée aux moines, et c'est alors <iue prend naissance une architecture dont les principes, aussi nouveaux que féconds, sont absolument établis sur le raisonnement et la science. C'est ce qu'on appelle le style gothiquet probablement parce qu'il n'a rien de
commun avec les Goths et qu'il appartient à la population laïque fhinçaise du xii* siècle.
Comment cette architecture avait-elle pu naître ainsi au sein des populations urbaines ? car il faut du temps à un art pour se constituer. C'était par le travail des corporations laïques qui.
Pljf. if.
se servant des éléments romains recueillis et développés par les couvents, surent eu déduire des conséauences nouvelles. La voûte n'est plus, comme dans 1 architecture romaine, une croûte homogène que le moindre mouvement peut briser, c'est en quelque sorte une structure élastique.
Au lieu de renfermer les nerfs de la stmctars de la voûte, comme les Romains l'avaient fait, dan* l'épaisseur môme de cette voûte, les maîtres français du XII* siècle font de ces nerfs une armature indépendante, flexible, sur laquelle ils n'ont plus qu'à poser des remplissages en briques ou moellons
ARCHITECTURE
ARÉOMÈTRES
figm lOf extraite da Dietiormairt raùtmné de rat- £ieetmt frm^aUt de B. VioUet-le-Duc, au mot Cmttfwctkm). Ces nerfs faits de pierre tenaient aiofl lira de dntres permanents et permettuent à k eoDttniction de faire des mouTements sans se hâer on le déformer. Ils poussèrent pins loin les oiséqiie&ces de ce principe, qui domine tonte cette ucUtsctore. Pnisqne les nerfs des Toutes étaient ii4ép«DdaDts, Us devaient posséder chacun leur tipport spéoal, ce qni permettait d^élever ou ^ibiiner chacun de ces arcs indépendamment des ttim, nûTant le besoin. Ainsi ces maîtres furent iMoéi à composer les piliers de faisceaux de co- ]fBMi, chacune d'elles avant son chapiteau à la bnMrde h naissance de Parc qu'elle devait porter.
TflDiBt à diminuer, auunt oue possible, à Tintérievdes grands vaisseaux, 1 épaisseur des piles, ifioée laisser plus de place à la foule, ilq eurent l'idée de reporter toutes les poussées des voûtes àroténenr, en ne se servant plus des piles que tmm de supports chargés par des forces équi- UMei.
Ces! ce quMndique très-clairement la figure 11 (otnite du même ouvrage, au mot Architecture) ^ qoi présente une coupe perspective de la nef de h ctthédnle d*Aniiens. On voit ici que les pous- «es de la grande voûte sont équilibrées par la battéedes doubles arcs-bciutantt extérieurs et que la plies verticales qui portent les voûtes peuvent lien être réduites à la plus faible section possible.
Ce système de voûtes permettait d'ouvrir sous ton arcs formerete (arcs tracés le long des murs) dn)om aussi grands que possible et de faire contnter tente la construàlou en des points d'appui ImMi qv« Ton pouvait réunir par des clôtures pleioeioa à claire-voie suivant le besoin. Telle est, dam m principe, l'architecture ogivale : on appclleo^wtf la courbe donnée par deux segments de ta6t K rencontrant suivant un angle plus ou
MÎMtigD.
Gentfoaalisme apporté dans l'art de rarchitectnre ne le borna pas à inaugurer tout un système de tfnetiire entièrement nouveau, il s'étendit Jus-
S'à la décoration. Ainsi les maîtres, abandonnant reproductions mille fois répétées des omeneats romains ou bysantins que J'en retrouve dus l'architecture romane, allèrent demander * leurs nodèles à la modeste flore des champs, aux berbteés, aux feuillages des forèto. Il semblait qu'ils Toahissent rompre avec un passé suranné, et ' <n eiet ils trouvèrent un art réellement neuf qui ne tient à ses devanciers quo par des liens à p«îne visibles et qui bientôt fut imité dans tonte l'Europe occidentale.
Dans 1 architecture dvile, comme dans l'architecture militaire, ces maîtres apportèrent le même KOI droit, la môme observation des principes <f>blii tor l'observation des phénomènes de statùiiie, sur les qualités des matériaux, sur l'impéneose nécessité de satisfaire avant tout aux propiouBes imposés. Leurs habitations privées, leurs maliens, sont des modèles de bon senu, de structure Kooofflique et bien entendue. (Voyez, entre autres ^vmples, cette petite habitation faite pour deux oénaces de très-modestes particuliers du xui* siècle jwi le Dictionnaire mtaonné de F architecture jr^oifttite a donné les plans et la façade, au mot ifjio», fig. 21 et 11.)
^ pères, ces hommes simples, à peine ^nnt de nous aujourd'hui, qui trouvèrent cette «[thiteetore, laquelle nous appartient et est une des P»irnles moins discutables de la France, nesépa- J^t jamais la forme d'art de la structure. C'était a ttmetiire, le besoin à satisfkire, la nature des ■atériaux employés qui commandaient cette forme.
De rile-de-France où elle éuit née, l'architec- ^^pgttide se répandit d'abord dans les autres P'^nces françaises, puis dans les contrées voi-
sines. Introduite en Espagne, elle %*y modifia sous l'influence des Arabes, qui résnaient alors dans ce
Says. V architecture €Orabet^ distingue surtout parla éiicatease et la profusion des ornements qui dérivent essentiellement de oombinaisons géométrioues.Elle avait au début pour forme caractéristique 1 arc en forme de fer à cheval, ou cintre outrepassé, mais elle sut également appliquer l'ogive, tout en employant la voûte byzantine.
Renaissance. — Les caractères généraux de cette révolution qui se fit dans les lettres et dans les arts du milieu au xv* au milieu du xvi* siècle sont étudiés ailleurs (Y. Renaissance). Notons seulement ici que l'architecture participe au mouve* ment commun. Les Cambicne, les Philibert de l'Orme, les Jean Bullant, les Pierre Lescot ont laissé en France, parmi les grands monuments de la Renaissance, le Louvre, les châteaux d'Anet, de Blois, de Cliambord, d'Écouen, etc.
Toutefois la Renaissance française eut longtemps le bon esprit de ne prendre è l'Italte ou à l'antiquité romaine qu'un vêtement, sans modifier sensiblement les principes constitutifs de son architecture, et ce ne fut qu'au xvii* siècle que les écoles prétendues classiques, en France, abandonnèrent ces principes pour se Jeter hors de toute critique dans l'imitation des formes de l'antiquité sans en comprendre la raison d'être.
Les siècles qui suivirent la Renaissance n'établirent pas, à proprement parler, de principes nouveaux en architecture. En France, comme sur toute la surface de l'Europe, on essaya de concilier les traditions locales, les nécessites imposées par les mœurSy avec le désir de plus en plus prononcé d'en revenir à l'architecture de l'empire romain. Il y eut bien chez nous, an commencement du XVII* siècle, une tendance à chercher une architecture qui pût constituer un art ayant son caractère propre, mais ces tentatives furent étouffées sous le règne de Louis XIV, pendant lequel on inaugura une sorte d'architecture officielle qui prétendait ne relever que de l'antiquité romaine, et qui se distingue surtout par son faste et son dém de paraître majestueuse.
De fait, depuis l'époque de la Renaissance, l'architecture cherche sa voie, penchant vers l'Imitation irraisonnée tantôt d'un style, tantôt d'un autre. Aujourd'hui les progrès immenses accomplis par l'industrie contraindront cet art à s'allier intimement avec la science et à se soumettre aux lois imposées par le bon sens, la raison et les nécessités d'une civilisation établie sur des bases nouvelles. Mais le travail n'est pas accompli. [E. Viollet-le-Duc].
Cr. L'arehitêcha^ et tarchéoloëie nationale», études à l'usage des instttnteara, par d'Henrict, dans le Manuel
fénéral, années 1868 et 18o9. — Cours rationnel de dessin à usage de4 écoles élémentaires, par d'Henriet : Deuin d^or^temenlt gr. in-8. Paris, Hachette, 1878.
ARÉOMÈTRE. — Physique, VIII. — (Étym, : du grec métron, mesure, aréos^ ténu, léger, c'est-àdire mesure des poids des corps peu denses.)
Les aréomètres sont des appareils flotteurs destinés à déterminer la densité des liquides et des solides ou à faire connaître rapidement la richesse de certains liquides, comme les acides, les alcools, et la concentration des dissolutions salines. Ils sont construits d'après ce principe qu'un corps flottant déplace un volume de liquide dont le poids est toujours égal au sien et qu'il s'enfonce, par suite, d'autant plus dans un liquide que celui-ci est moins lourd. Ce sont toujours des cylindres, en métal ou en verre, portant a leur parUc inférieure un corps lourd ou lesteur, destine à les faire tenir verticalement dans les liquides où on les plonge.
On emploie deux classes d'aréomètres :
1* Ceux que l'on fait plonger toujours Jusqu'au même point, en les chargeant de poids d'autant
ARÉOMÈTRES
'plus forts que les liquides sont plus lourds; on les dit à volume constant. Us ne servent que pour
^la recherche de la densité des solides et des liquides; tels sont le flotteur-balance de Nicholson ^ l'aréomètre de Fahrenheit (V. Densité),
T* Ceux que Ton ne charge d'aucun poids, qui t'enfoncent d'autant plus que le liquide est plua léger; on les appelle aréomètres k poids constant; le volume immergé change^ et ce sont ses variations, const^ttées sur la tiee de l'appareil, qui donnent, sur le liquide essaye, les indications qu'on
-désire avoir.
Le corps de Tappareil est ordinairement un cylindre de verre terminé par une ampoule soutenant
"ie lest et surmonté d'un petit tube formant la tige
-et contenant une feuille qui porte la graduation. Les aréomètres à poids constant sont nombreux ;
«on en fait qui servent exclusivement pour certains liquides, comme le lait, les moûts de fermenta-
'^on, etc., et que l'on appelle pèse-lait ^ pèse-moût, pèse-vin, etc. Les trois plus communs sont : le IBaumé pour les liquides plus lourds que l'eau (acides et sels dissous) et que l'on appelle souvent
, pèse-acides ou pèse^seis; le Cartier, pour les liquides plus légArs que l'eau, appelé encore pèseesprits ou pèse-liqueurs f et Vakoomètre centésimal
•^e Gay-Lussac, exclusivement réservé aux mélanges d'alcool et d'eau.
Aucun de ces appareils ne donne directement la
•densité du liquide où on l'a plongé ; mais on peut
- l'obtenir au moyen d'une table où se trouvent consignées les difTérentes densités correspondant
• aux degrés de l'instrument. '
XiO pèse-acide de Baume est lesté de manière h '«nfoncer dans Teau pure presque Jusqu'au haut de la tige. C'est là qu'est le point zéro. On comprend en effet que l'instrument enfoncera moins dans les différents liquides où il sera plongé, puisqu'ils sont tous plus lourds que l'eau ; la graduation va donc en descendant sur la tige. Elle est telle que l'appareil s'arrête au degré 66 dans l'acide
- eulfUiique concentré. Il marque 36'' dans i'eau-forte "du commerce, 22* dans racide chlorhydrique. Dans les dissolutions salines, il donne, suivant le
-^egré de concentration du liquide, des indications diverses, çui nMndiquent pas, il est vrai, le poids du sel dissous, mais dont l'industrie tire parti
.par comparaison.
Le pèse-liqueurs, destiné au contraire à des liquides plus légers que l'eau, n'enfonce dans ce dernier qu'à la naissance de sa tige, il est lesté en conséquence et sa graduation est ascendante. U
-marque lO* dans l'eau, 40» dans l'esprit-de-vin, 63* dans rétber rectifié. On a cessé de l'employer 4>our les mélanges alcooliques, mais on continue de s'en servir notanunent pour les eaux ammoniacales.
Vakoomètre centésimal de Gay-Lussac est seul adopté en France par la régie pour connaître la richesse des différents liquides qui contiennent de l'alcool et de l'eau sans autre substance capable 4l'agir sur la densité du mélange. Sa forme est la
«-môme que celle des autres aréomètres; il est en
"Terre et lesté de manière à enfoncer jusqu'à la partie supérieure de sa tige dans Talcool pur; on marque 100 à ce point et 0" au point où il s'arrête
• dans l'eau; les nombres intermédiaires ont été trouvés en faisant des mélanges convenables d'al-
' cool pur et d'eau. Il indique en centièmes du volume la quantité d'alcool pur contenue dans un liquide. Ainsi quand il marque dans une eau-de-
•vie du commerce 60", c'est qu'il y a par 100 litres
• GO litres d'alcool dans cet esprit. Comme les eauxde-vie et les autres liquides alcooliques tirent presque tous leur valeur de l'alcool qu'ils contiennent, on comprend l'importance des indications
-de cet instrument. Il n'y a qu'une seule réserve à "faire : c'est que, quand la température est différente
de 15* au moment de l'essai , le nombre la s«r rap pareil doit être corrigé d'après des tables h doabi entrée que l'on vend avec raréomètre.
Expériences. — 1. On prouve la nécessité di lest o'abord pour obtenir l'équilibre stable et en suite pour élever ou abaisser le point d*aflleiire ment dans l'eau, en faisant flotter sur l'eaa un tub de verre fermé par un bout et en y ajoutan quelques grains de plomb pour le faire tenir Tertj calement et le faire enfoncer plus on moins.
2. On prend cet appareil lesté et on le f^j flotter dans une eau sucrée, salée, ammoniacale ; i enfonce moins dans les deux premiers liquides qu.^ dans l'eau et plus dans le troisième.
3. On vérifie facilement l'influence de la cbaleui et la nécessité des tables de correction en plon^ géant le même alcoomètre dans U m6me eau-dei vie un Jour d'hiver et un jour d*été : les indica^ tions ne sont pas concordantes, et la table permet de les rectifier. fHaraucourt.1
ARITHMÉTIQUE. —{Êtwn. : du grec^ science aet nombres.) — Tout le monae sait ce que c'est qii« compter; et il n'est point nécessaire de chercher à définir cette opération. On ne compte que des objets semblables et de même nooi. L'un des objets que l'on compte est ce que l'on appelle une unité, et la réunion de plusieurs unités est ce que l'on appelle un nombre; mais cette réunion peut se réduire à une seule unité, en sorte que Vunilé est un nombre, et le plus simple de tous.
Supposons que l'on ait compté trente pommes, trente mètres, trente chevaux; voilà des groupes d'objets fort différents ; il y a cependant entre eux quelque chose de commun : c'est le nombre trente, qui exprime combien il y a d'objets dans chaque groupe. Un nombre considéré ainsi, abstraction faite de l'espèce des unités dont il se compose, est ce qu'on nomme un nombre abstrait; si Tespèce des unités était exprimée, on aurait un nombre concret. Ainsi trente est un nombre abstraie ; trente pommes, trente mètres, etc., sont des nombres concrets.
L'arithmétique est la partie des mathématiques qui traite des nombres; elle étudie la manière dont ils se forment, et la manière dont ils se combinent, particulièrement dans les questions d'une application pratique.
Nous donnons ci-dessous le programme d'un cours d'arithmétique, en désignant par les lettres G. S. les parties qui n'intéressent que le cours supérieur, et par les lettres E. N. celles qui ne sont étudiées que dans les écoles normales. Les matières qui ne portent aucune indication constituent le cours moyen. Quant au cours élémentaire, qui ne comprend que la numération jusqu'à mille, ks quatre opérations sur les nombres entiers, et les
Premières notions du système métrique, on verra à art. Arithmétique de la î^ Partie dans quel esprit, dans quelle mesure et d'après quelles méthodes ce premier enseignement doit être donné.
Pour le développement des leçons, nous renvoyons aux articles correspondants de ce Dictionnaire.