‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 101 sur 547 · BAUX A LOYERS POUR MAISONS D'ÉCOLE · texte numérisé non relu

BAUX A LOYERS POUR MAISONS D'ÉCOLE

— Un certain nombre de communes ne sont pas encore propriétaires du local dans lequel leur école est établie. Dans ce cas, afin d'éviter des déplacements onéreux à la commune et qui ne peuvent que nuire aux progrès de l'instruction, la -circulaire du 19 mai 1858 prescrit aux préfets de n'autoriser les communes à « louer une maison d'école que par un bail ayant plusieurs années de durée et résiliable, à la volonté de la commune, à chaque période triennale ou en cas de construction ou d'acquisition d'un autre local. » En aucun cas, le bail ne peut être au nom de l'instituteur : la commune est tenue, selon les prescriptions de la loi, de fournir le local ; c'est donc elle seule qui doit, si elle n'est pas propriétaire, se rendre locataire des maisons d'école *. [E.'de Resbecq.]

BAVIERE. — 1. Histoire de l'enseignement primaire. — lrc Période : jusqu'au commencement ae ce siècle. — C'est au xvne siècle que furent posées les premières bases du système scolaire bavarois, par des ordonnances du souverain, mais sans que l'éducation populaire en reçût une impulsion bien vigoureuse. Les écoles ne se développèrent d'une façon sérieuse que sous le règne de l'électeur Maximilien-Joseph III (1745-1777), qui appela à Munich comme professeur et commissaire des écoles l'ancien bénédictin Henri Braun* (1765). Celui-ci, envisageant l'école populaire au point de vue de l'intérêt national, lui fit subir une réforme complète. Mais, en 1781, la direction des écoles fut transférée aux mains des couvents, qui, tout en maintenant la lettre des ordonnances scolaires édictées par Braun, les interprétèrent dans un autre esprit. Aussi la Bavière resta-t-elle, pour l'éducation populaire, en arrière des autres États de l'Allemagne , ce qui lui manquait surtout, c'étaient des institutions propres à former un personnel enseignant capable et instruit.

2* Période: jusqu'en 1848. — La période de 1800 à 1815 marqua pour la Bavière le commencement dune ère nouvelle : elle avait été érigée en

royaume, de nouvelles provinces lui avaient été adjointes, et un souffle régénérateur avait passé sur l'Allemagne. Sous l'administration de Montgelas, l'énergique ministre du prince qui devint plus tarÛ le roi Maximilien-Joseph Ier, la liberté religieuse fut proclamée, les couvents furent supprimés, la construction de nouvelles maisons d'école encouragée, la fréquentation obligatoire établie (1802), un nouveau plan d'études élaboré (18"4-1806), puis révisé (1811), et l'éducation populaire devint l'objet de la sollicitude du gouvernement. Celui-ci exprima l'espoir que « les instituteurs tant ecclésiastiques que laïques travailleraient avec zèle et de concert à l'éducation de la nation, afin d'éclairer le peuple sur ses intérêts les plus sacrés et les plus importants ». Un certain nombre d'écoles normales furent instituées ; leur programme, tel qu'il fut adopté en 1809, comprenait la langue allemande, le calcul, la religion, la géographie, l'histoire, l'histoire naturelle, la géométrie, la pédagogie, le jeu des orgues, le chant, l'arboriculture et la rédaction des actes communaux. La surveillance des écoles fut réorganisée; il y eut pour chaque province (Kreis) un conseiller scolaire (Kreis-Schulrath), et pour chaque district un inspecteur (Distrikts-Schulinspector).

Une salutaire impulsion fut donnée aux écoles bavaroises par l'activité et par les écrits de deux de ces conseillers scolaires, qui se sont fait un nom dans l'histoire de la pédagogie : Henri Stephani* à Anspach, et Jean-Baptiste Graser* à Bayreuth. Aussi doit-on regretter qu'une institution qui offrait les meilleures garanties pour le développement régulier et progressif de l'école populaire, ait été supprimée. Ce fut peu après l'avénement du roi Louis Ier que la coopération d'hommes ayant des connaissances pédagogiques spéciales fut jugée superflue ; les fonctions de conseiller scolaire furent abolies en 1825, et l'administration des écoles remise dans chaque province à un juriste, qui eut les attributions de référendaire. Ce changement, qui était un recul, parut si fâcheux aux États du royaume, que sur leur demande le gouvernement se vit obligé de créer à titre de compensation, insuffisante à la vérité, le Kreis- Scholarchat, c'est-à-dire une commission provinciale composée de trois ou quatre pédagogues et chargée d'assister le juriste référendaire.

Jusqu'à cette époque, les écoles normales avaient été mixtes quant au culte ; dans le Palatinat il y avait aussi des écoles primaires mixtes. Les confessions vivaient sur un pied fraternel et apprenaient dès l'école à s'aimer et à se respecter mutuellement. C'était l'esprit de Wassenberg et de Sailer qui régnait alors. Ce dernier devint, vers la fin de sa vie, évêque de Ratisbonne, et occupe aussi un rang distingué parmi les écrivains pédagogiques de la Bavière. Sous le ministère de Wallerstein (l831-18o6), il n'y eut pas de mouvement rétrograde dans le domaine scolaire ; ce ministère se signala par la confection d'une statistique des « écoles allemandes », par une révision des traitements des instituteurs, et la publication d'un nouveau plan d'études pour les écoles normales. Mais sous Je ministère Abel (1837) la réaction commença à se faire vivement sentir. L'école fut rendue étroitement dépendante de l'église, et reçut un caractère nettement et strictement confessionnel. Jusque-là l'école avait été considérée et traitée comme une institution de l'État ; elle fut livrée presque absolument aux mains du clergé, et reçut de plus en plus le caractère d'une institution ecclésiastique. Des ordonnances sévères vinrent régler la fréquentation des leçons de religion et la conduite des instituteurs. Dans le Palatinat, on défendit à ces derniers, non-seulement de fréquenter les auberges

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mais aussi de porter la barbe, ou d'avoir des insignes quelconques à leur casquette ou à leur chaîne de montre, etc., le tout sous peine de destitution.

3e Période. Depuis 1848. — Le mouvement de 1848 amena le triomphe d'un ordre d'idées tout opposé. Séparation de l'École et de l'Église, transformation de l'école en institution de l'État, élévation du salaire des instituteurs, tels furent les principes qui furent proclamés alors. Beaucoup d'instituteurs, qui avaient cru voir enfin luire le jour des améliorations tant désirées, se laissèrent entraîner trop loin par le mouvement, et fournirent ainsi à la réaction, redevenue bientôt toute-puissante, un prétexte pour rabaisser toute la classe des instituteurs et représenter ceux-ci comme des révolutionnaires, des songe-creux, des demi-savants, etc. Ce point de vue, partagé par le gouvernement, inspira le plan d'études pour les écoles normales qui fut publié le 15 mai 1857 : les branches d'études propres à former la raison et le jugement furent retranchées ou réduites, et les leçons de religion augmentées d'autant ; on fit même de certains services de sacristie, tels que le balayage de l'église, le remontage des horloges, etc., une branche spéciale d'enseignement à l'école normale. Les journaux libéraux, les œuvres de pédagogues tels que Diesterweg, Dinter, etc., furent interdits dans les écoles normales ; on alla jusqu'à placer sous contrôle les bibliothèques privées des instituteurs. Durant une période de vingt-cinq ans, rien ne fut fait pour le développement de l'école populaire, sauf 'une extension de la durée de la fréquentation obligatoire, qui fut portée de six àsept années (1 856).

Ce fut seulement lorsque le manque croissant d'instituteurs eut ouvert les yeux au gouvernement et aux Chambres, qu'on commença à s'occuper de nouveau de l'éducation populaire mise en péril. La question des traitements et des pensions d'instituteurs, depuis longtemps pendante, fut enfin réglée en 1861. A la même époque fut fondée, par l'initiative de M. Heiss, aujourd'hui maître supérieur (Oberlehrer) à Munich, Y Association bavaroise des instituteurs primaires, qui compte actuellement 9525 membres. Cette association, en réunissant en un corps les instituteurs jusqu'alors isolés, contribua efficacement à l'œuvre de la réforme scolaire. Elle formula, dans un Mémoire adresse au gouvernement en 1864, les vœux du corps enseignant. Ces vœux se résumaient ainsi : 1 ° Elévation du traitement des instituteurs et de la pension accordée aux instituteurs retraités, aux veuves et orphelins d'instituteurs ; 2° réorganisation de l'enseignement des écoles normales; 3° plus grande indépendance accordée à l'institu teur, direction des écoles placée entre les mains d'hommes compétents, et séparation des fonctions scolaires et des fonctions ecclésiastiques. Malgré l'opposition d'une partie de la presse ecclésiastique, les demandes des instituteurs trouvèrent de l'écho dans les Chambres, et en 18G6 celles-ci demandèrent l'élaboration d'une loi scolaire sur des bases libérales. Le gouvernement, tout d'abord, abrogea le programme d'études de 1857, qui avait soulevé de justes réclamations, et le remplaça par un programme nouveau (29 septembre 1866), plus conforme aux aspirations progressistes ; il établit en même temps 35 écoles préparatoires, destinées aux candidats à l'école normale. Le proiet de loi scolaire, présenté au Landtag en 1867, fut adopté à une grande majorité par la Chambre des députés en 1869, avec diverses modifications; mais la Chambre haute le repoussa, sur la proposition des rapporteurs, le président du consistoire Harless et l'évêque Dinkel.

Le rejet de ce projet de loi produisit un profond mécontentement; et comme des réformes dans le lre Partie.

système scolaire étaient devenues indispensables, le gouvernement fut réduit à les introduire par la voie d'ordonnances. Ces ordonnances, promulguées en particulier par le ministre actuel dr;s cultes de Lutz, furent en général bien accueillies et consacrèrent des innovations utiles : ainsi à partir de 1808, les instituteurs eurent le droit d'assister aux séances de la commission scolaire locale (Lokal-Schulinspectioyi) ; un certain nombre d'instituteurs furent nommés membres des Scholarchats provinciaux ; une place fut donnée dans l'enseignement aux exercices corporels ; les écoles complémentaires (Fortbildungs-Schulen) furent encouragées. La considération personnelle accordée à l'instituteur devint plus grande que par le passé, et l'on vit en 1869 trois instituteurs primaires élus membres de la Chambre des députés. Une nouvelle augmentation des traitements étant devenue nécessaire, une somme annuelle de 2 785 714 francs fut inscrite à cet effet au budget de 1872-73. Une augmentation annuelle de 2 129 854 francs figura de nouveau au budget de 1874-75; et une troisième augmentation a été accordée lors du vote du budget

En outre, des perspectives d'avancement furent offertes aux instituteurs capables. Ils purent être choisis comme conseillers scolaires [Schulràthé] dans les grandes villes et chargés ainsi de l'inspection des écoles ; être nommés au poste d'inspecteurs de district, ou, en qualité d'instituteurs-chefs de district [Bezirks-llauptlehrer) recevoir la direction du cours complémentaire mixte (Gemischter Fortbi/dungsku?*s).

L'établissement d'écoles primaires mixtes et d'écoles préparatoires mixtes quant au culte fut de nouveau autorisé, et l'école normale de Bamberg fut transformée en un établissement de confessions mixtes.

2. État actuel. — Établissements d'instruction primaire. — L'école populaire a conservé en Bavière le nom à.' école allemande (deutsche Schule); elle se distingue en école de la semaine ou quotidienne (Werktags-Schule) et en école du dimanche ou complémentaire (Sonntags- ou Fortbildungs- Schule) ; cette dernière est soit agricole, soit industrielle.

Autorités. — Sous l'autorité supérieure du ministère de l'intérieur pour les cultes et les affaires scolaires, chacune des 8 provinces a pour haut administrateur scolaire un référendaire juriste, nommé par le président du gouvernement provincial, et qui doit appartenir à la confession de la majorité. A ce référendaire sont adjoints trois ou quatre scholarques non rétribués, et un certain nombre d'inspecteurs provinciaux. Les fonctions d'inspecteur de district, confiées pendant longtemps exclusivement aux ecclésiastiques sont encore remplies le plus souvent par les doyens dans la plupart des campagnes et des petites villes. Les grandes villes ont des commissions scolaires : l'emploi de référendaire auprès de ces commissions, autrefois réservé aux ecclésiastiques, a été aussi confié dans ces derniers temps à des instituteurs ; les questions financières sont réglées par le Magistrat (autorité municipale dans les villes). Enfin l'autorité locale proprement dite (petite commune ouquartier d'une grande ville) est aux mains d'une commission scolaire que préside le curé ou le pasteur : les instituteurs assistent aux séances avec voix consultative. — Pour plus de détail, Y. l'article Autorités scolaires, p. 147.

Obligations des communes. — L'école est une institution communale ; c'est à la commune qu'incombe en premier lieu l'obligation de l'entretenir. Les élèves paient une rétribution qui est en général de 33 centimes par mois dans les communes rurales, et qui peut s'élever au double et au triple dans les villes. L'État et la province viennent en

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