BEAUJOUR
aide aux communes nécessiteuses. Le territoire de chaque commune politique forme une circonscription scolaire (Schulsprengel); mais si le nombre des élèves est minime, plusieurs communes peuvent s'associer pour l'entretien d'une seule école.
La circonscription scolaire comprend toutes les familles qui habitent sur son territoire, sans distinction de confession, à moins qu'il n'ait été établi antérieurement des circonscriptions confessionnelles. Les écoles confessionnelles peuvent, depuis 1873, être transformées en écoles mixtes, par une décision de l'autorité communale; et, réciproquement, les écoles mixtes peuvent être ramenées à la forme d'écoles confessionnelles.
Fréquentation obligatoire. — La fréquentation de l'école quotidienne est obligatoire de l'âge de 6 ans à celui de 13, et celle de l'école complémentaire jusqu'à l'âge de 16 ans. Les leçons durent 5 heures par jour dans les villes ; à la campagne, de 3 à 6 heures par jour, suivant la saison. Il y a de 4 à 6 semaines de vacances par an. En cas d'absence non justifiée des élèves, les parents sont punis d'une amende de 12 à 45 centimes, et, s'il y a récidive, de trois jours de prison.
Situation matérielle. — Dans les dix dernières années, de grandes améliorations ont été accomplies sous le rapport de l'installation matérielle des écoles. Dans beaucoup de villes, les édifices scolaires sont de véritables palais ; et même dans les campagnes les maisons d'écoles sont, en général, saines et jolies. Mais, dans un grand nombre de communes, les locaux sont devenus insuffisants par suite de l'accroissement du chiffre des élèves. Des prescriptions officielles règlent la construction et l'ameublement des bâtiments scolaires (V. Maison d'école, p. 1787).
Organisation pédagogique. — L'école est ordinairement divisée en trois classes, distribuées comme suit :
Élèves de 6 à 7 ans. rivision préparatoire.
— 8 et 9 — Classe inférieure.
— 10 et 11 — Classe moyenne. II.
— 12 et 13 — Classe supérieure. III.
Dans les villes, les classes sont distribuées par années; en outre, les sexes sont séparés, ce qui ne se fait que rarement à la campagne.
Les branches d'enseignement de l'école primaire sont : religion (catéchisme, histoire biblique, mémorisation de passages) ; langue (lecture, calligraphie, orthographe, composition, grammaire); calcul (y compris la connaissance du système décimal des monnaies, poids et mesures) ; Realien (géographie, histoire, histoire naturelle) ; chant. Dans un certain nombre d'écoles, surtout dans les villes, le dessin et la gymnastique sont obligatoires ; dans beaucoup d'autres, ces deux branches ne sont que facultatives.
L'école du dimanche doit consolider et étendre les connaissances acquises à l'école quotidienne. Mais comme il n'était pas possible de remplir ce programme avec une ou deux heures de leçon chaque dimanche, on a institué les Fortbildungs- Schulen, qui donnent aux élèves deux heures de leçon le dimanche et deux ou trois fois par semaine le soir, en hiver.
Chaque province a son programme scolaire particulier, sur la base du programme général de
La verge peut être employée comme punition, dans les cas graves.
Situation des instituteurs. — Il exista 4 520 places d'instituteurs auxquelles sont annexées les fonctions de sacristains.
Le traitement minimum d'un instituteur est de 964 fr. dans les communes rurales, de 1 071 fr. dans les villes de plus de 250a habitants. Dix ans après sa sortie de l'école normale, l'instituteur a droit à un supplément de traitement de 107 fr., et
un nouveau supplément de 107 fr. s'ajoute ensuite à celui-là tous les cinq ans, de sorte qu'après quarante années de service un traitement se trouve porté à 1713 fr. dans une commune rurale, à 1 820 fr dans une ville. Dans les grandes villes, les instituteurs sont mieux payés, la municipalité ajoutant toujours au minimum légal du traitement. A Munich, par exemple, un instituteur reçoit au début 2 175 fr. par an; au bout de quatre périodes quinquennales, ce chiffre s'élève à 3 075 fr., auxquels il faut ajouter en outre les suppléments successifs de 107 fr. accordés par l'État.
Ecoles normales. — Pour la préparation des instituteurs, il y a 35 écoles préparatoires avec externat; la durée du cours y est de trois ans; les branches d'enseignement sont : religion, langue, calcul, géographie, histoire, histoire naturelle, calligraphie, dessin, musique, gymnastique. Au sortir de l'école préparatoire, l'clève-instituteur entre dans une école normale (internat), dont le cours dure deux ans ; les branches d'enseignement, outre celles de l'école préparatoire, y sont les suivantes : algèbre, géométrie, histoire de la littérature, sciences naturelles, pédagogie, tenue des écritures communales, et service d'église. Les écoles normales d'institutrices, auxquelles sont jointes aussi des écoles préparatoires, enseignent en outre le français (obligatoire) et l'anglais (facultatif). [Johannes Bôhm.l
Trad. par J. G.
BÉARN. — V. Pyrénées (Basses-).
BÉATES. — Cette institution fondée au Puyen-Velay, vers 1665 par mademoiselle Martel, se rattache à la congrégation des Dames de l'instruction (V. Auvergne) ; elle subsiste encore dans la Haute-Loire et les départements limitrophes; elle a été autorisée comme établissement d'instruction publique en I8i3. La béate, toujours établie dans un hameau, habite une pauvre maison dite assemblée, bâtie à frais communs par les habitants. Elle y enseigne aux garçons au-dessous de 12 ans et aux jeunes filles le catéchisme, la lecture, rarement l'écriture, à moins qu'elle ne soit institutrice communale. Elle dirige plutôt unouvroir qu'une école, car sa spécialité, c'est d'apprendre aux filles à tisser la dentelle, industrie principale des habitants du pays. En retour de cet enseignement gratuit, la béate reçoit du blé, du bois, des œufs, des dons en nature, et même une rétribution mensuelle de 50 centimes pour les rares élèves qui écrivent. En dehors de l'instruction des enfants, elle préside dans les soirées les assemblées des femmes, où les exercices de piété alternent ou se font simultanément avec le travail de la dentelle. Le dimanche elle se dévoue aux jeunes filles, les conduit aux offices et dirige leurs récréations. Enfin, elle soigne les malades, elle visite et console les pauvres ; sa vie de sacrifice et de dévouement la fait respecter de tous. On ne compte pas moins de 1000 à 1200 béates dans le Velay. D'après la statistique de M. Duruy en 1864, « il existait dans 229 communes de la Haute-Loire des écoles charitables (art. 29 de la loi du 15 mars 1850) tenues par des béates. » (Détails intéressants dans une notice de M. Dunglas, Education, 1854, p. 15 et 45.)
[L. Maggiolo.]
BEAU. — V. Esthétique (éducation).
BEAUJOUR (Louis-Félix, baron de). — Né en Provence en 1765, mort en 1836.
Nous n'avons pas à suivre ici ni la carrière diplomatique, ni la vie politique de F. de Beaujour. Mais nous devons du moins insister sur le caractère général de sa vie, qui fut l'amour de l'humanité, ou, ce qui n'est qu'un autre nom du même sentiment, la passion du progrès dans les mœurs et dans les institutions. Son caractère et son esprit se peignent bien dans cette phrase de sa Théorie des Gouvernements : o Je n'ai voulu ni décrier les rois pour