‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 13 sur 547 · AGATHON · texte numérisé non relu

AGATHON

contentieux devant le Conseil d'Etat. (Arr. duCons. d'Etat du 10 août lsv8.)

Il n'est pas interdit aux affouagistes de vendre ou d'échanger les bois qui leur sont délivrés et de les employer à une autre destination que celle pour laquelle le droit d'usage a été accordé.

Un instituteur peut donc, s'il quitte la commune dans laquelle il a reçu un lot d'affouage communal, vendre à qui bon lui semble la part de bois qu'il n'a pas brûlée. Cette décision résulte de l'art. 112 du Code forestier, qui, en appliquant aux bois des communes et des établissements publics les règles posées pour les bois de l'Etat, en excepte notamment l'art. 83 (celui qui interdit aux usagers des bois de l'Etat de vendre ou d'échanger les lots qui leur sont délivrés). [L. Armagnac]

AFFRANCHIS (Écoles des). —C'est le nom qu'on donna aux premières écoles ouvertes pour les esclaves émancipés aux Etats-Unis. L'abolition de l'esclavage fut proclamée par le président Lincoln le 1er janvier 1*63. Aussitôt des sociétés, les unes fondées par les églises, les autres sans caractère confessionnel, se vouèrent à l'instruction des affranchis. Des dons généreux abondèrent, des femmes dévouées appartenant à toutes les classes de la société se firent institutrices des nègres. Le 3 mars 1HG5, le Congrès créa le Bureau des affranchis; la direction générale en fut confiée au général Howard, qui venait de perdre une jambe dans un des derniers combats ; pour l'instruction, la surintendance fut donnée à M. Alvord, qui fut le véritable organisateur de cet enseignement si nouveau, hérissé de tant de difficultés. L'ardeur avec laquelle les esclaves jeunes et vieux se jetèrent pour ainsi dire sur les moyens d'instruction qui leur étaient offerts fut la plus belle récompense de leurs bienfaiteurs. Le Bureau des affranchis dura jusqu'en 1870 ; il avait à cette époque créé 2000 écoles, placé 2.»00 maîtres, instruit dans les écoles plus de 100 000 élèves réguliers, et 150 000 dans les cours du soir. Il aida aussi à la création des écoles normales et des universités pour les étudiants de couleur. Depuis 1870,1e nom d'affranchis n'existe plus; les Freedmen's schools sont devenus les coloured schools (écoles pour les enfants de couleur). V. Jubilé (chanteurs du).

AGATHON (frère). — Goullieux (Joseph), en religion frère Agathon, 5e supérieur général des Frères des Ecoles chrétiennes, naquit le 4 avril 1731, à Longueval (Oise). Entré le 20 août 1748 dans l'institut des Frères, il s'y distingua par des qualités administratives et de rares vertus. Successivement il fut professeur de mathématiques à l'école du port de Brest, professeur d'hydrographie à l'école de Vannes et directeur du pensionnat d'Angers. Nommé supérieur général en 1777 à la suite de la démission du frère Florence, il amena l'institut des Frères au plus haut degré de prospérité qu'il ait atteint sous l'ancien régime. Il s'occupa de créer des retraites aux frères âgés et infirmes, organisa les pensionnats existants, en fonda de nouveaux, transféra le siège de l'institut à Paris d'abord, puis à Melun, où il créa un établissement spécialement destiné à former des maîtres pour les écoles. Au moment de la Révolution, la congrégation comprenait 121 maisons et 1000 sujets occupés à l'enseignement dans les écoles. Un décret du 18 août 179 J ayant supprimé les congrégations, « telles que celle des écoles chrétiennes, » les membres de l'institut furent dispersés, et le frère Agathon incarcéré avec d'autres frères. Rendu à la liberté au 9 thermidor, il reçut l'ordre de quitter Paris dans les vingt-quatre heures et se retira à Tours, où il mourut le 15 septembre 179.. — On doit au frère Agathon, outre plusieurs ouvrages destinés à l'administration de l'institut et à la direction spirituelle de ses membres, un Abrégé de géographie, un Traité d'arithmétique à l'usage des

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