‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 147 sur 547 · BULLETIN DE PASSAGE OU D'INSPECTION · texte numérisé non relu

BULLETIN DE PASSAGE OU D'INSPECTION

— V. Bulletins d'inspection.

BULLETINS DÉPARTEMENTAUX DE L'INS- TRUCTION PRIMAIRE. — Il existe dans la plupart des départements (sauf une dizaine actuellement) un Bulletin spécial et officiel de l'instruction primaire. La circulaire du 14 septembre 1865 en a commandé la création en vue de simplifier la correspondance administrative.

Le tableau ci-contre (p. 297-298) résume les renseignements que nous avons pu recueillir et auxquels nous n'avons à ajouter que de courtes observations.

Ces recueils contiennent les lois et décrets, et les arrêtés et circulaires ministériels et les actes administratifs départementaux concernant le service de l'instruction primaire. Ils permettent à l'inspection académique de faire parvenir rapidement aux instituteurs tous les avis relatif à la tenue des classes, aux cours d'adultes, aux bibliothèques scolaires, aux distributions de prix, aux concours, aux examens, etc.

La circulaire de 1865 prescrivait sagement aux

éditeurs de ces Bulletins de s'abstenir rigoureusement d'y insérer aucune annonce ou réclame de librairie et d'y recommander, sous forme d'analyse et d'avis, aucun ouvrage autre que ceux qui sont régulièrement autorisés. Encore est-il naturellement interdit à l'inspecteur d'académie d'y laisser recommander, sous forme de comptes-rendus, des livres scolaires faits par lui ou par ses collègues.

On a souvent exprimé le regret qu'un certain nombre de ces Bulletins ne contiennent pas toujours une statistique annuelle de l'enseignement primaire et le rapport annuel de l'inspecteur d'académie, ainsi que les délibérations du conseil général sur le budget scolaire départemental.

La circulaire du 5 janvier 1866 a conseillé aux inspecteurs d'académie d'insérer dans les moniteurs scolaires « tous les passages du Bulletin administratif qui leur sembleraient de nature à éclairer ou à intéresser l'opinion autour d'eux sur les questions d'enseignement, tous les faits scolaires qui paraissent non-seulement offrir de l'intérêt, mais encore pouvoir contribuer, en se généralisant, à l'amélioration des diverses branches de l'instruction publique. »

Les Bulletins sont en général adressés gratuitement aux instituteurs, institutrices, directrices de salle d'asile, inspecteurs primaires et délégués cantonaux. Ils doivent être conservés dans les archives de l'école. Deux exemplaires de chaque numéro doivent être adressés à l'administration centrale de l'instruction publique. — V. Périodiques .

BULLETINS D'INSPECTION. — Aux termes de l'article 43 de la loi du 29 juillet 1850, les inspecteurs primaires devaient adresser, tous les trois mois, à l'inspecteur d'académie, un rapport sur la situation de l'instruction primaire dans les communes qu'ils avaient parcourues pendant le trimestre et des notes détaillées sur le personnel des écoles.

D'un autre côté, en exécution des prescriptions de l'article 5 du règlement du 3 janvier 1851, reproduites par l'article 5 de l'arrêté du 14 août 1855, les mêmes fonctionnaires, en cours de tournée, étaient tenus d'adresser chaque jour, à l'inspecteur d'académie, un bulletin constatant la visite des écoles où ils s'étaient rendus.

Ainsi, d'une part, un bulletin de passage jeté à la boîte postale de chaque commune, constatant le jour, l'heure et la durée de la visite des écoles d'une commune ; de l'autre, tous les trois mois et dans un rapport d'ensemble, des notes détaillées sur chacune de ces écoles, telle était l'économie de l'inspection établie par les premiers règlements ou instructions qui suivirent la loi de 1850.

Cet état de choses présentait de graves inconvénients : le bulletin de passage n'était qu'un moyen de contrôle. Il permettait au chef du service de suivre ses subordonnés pendant leurs excursions hors de la résidence et de vérifier les états de frais qu'ils lui présentaient à la fin de leurs tournées ; mais il ne lui fournissait absolument aucun renseignement sur la situation présente des écoles. Pour être édifié sur ce point important, il fallait attendre la fin du trimestre, alors que les faits se rapportant aux maîtres, à l'enseignement, aux autorités locales, etc. étaient déjà en partie effacés dans les souvenirs de l'inspecteur, et que d'ailleurs ils pouvaient déjà ne plus motiver des mesures qu'il eût importé de prendre d'urgence.

D'anciens recteurs départementaux, et plus tard des inspecteurs d'académie, cherchèrent à réagir contre cette organisation défectueuse du service de l'inspection. De ce nombre fut M. Villemereux, d'abord recteur départemental de la Marne, puis inspecteur d'académie à Orléans. M. Villemereux substitua au bulletin de passage un rapport détaillé qui, rédigé sur les lieux mêmes, et transmis à bref délai, le mettait à même, non plus seulement de suivre les inspecteurs primaires dans leurs tour-

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