BUFFIER
tionnaires de l'école. La valeur des produits du jardin et des propriétés de l'école consommés à la table des élèves et des maîtres est établie d'après le cours des denrées aux marchés de la ville, et le directeur fait recette de cette valeur dans ses livres de comptabilité. Le montant de la vente des produits du jardin non consommés pour les besoins de l'établissement, et celui des remboursements pour dégradations ou objets perdus, sont perçus par la caisse au fur et à mesure qu'ils ont lieu, sur des états dressés par le directeur et approuvés par le président de la commission de surveillance. (Id., art. 36.)
Le directeur délivre, pour toutes les sommes qu'il reçoit directement ou sur mandat, une quittancedétachéed'un livre-souche timbré. (Id., art. 37.)
Dépenses du budget économique. — Les dépenses du budget économique ne peuvent être soldées que sur un mandat de payement délivré par un des membres de la commission de surveillance, spécialement désigné comme ordonnateur des dépenses (Voy. ce mot), par le recteur de l'académie. Cet ordonnateur ne délivre aucun mandat, sans avoir préalablement apprécié l'opportunité de la dépense et s'être assuré que le payement s'applique à des fournitures faites. (Id., art. 38.)
Les mandats de payement mentionnent le chapitre du budget sur lequel ils sont imputables. Ils portent le même numéro d'ordre que celui des registres de comptabilité. Les pièces justificatives à produire par la partie prenante y sont indiquées, (id., art. 39.)
Un seul et même mandat ne peut comprendre des dépenses imputables sur deux chapitres différents. (Id., art. 40.
Les mandats de payement sont accompagnés du mémoire des fournitures faites à l'école. Chaque mémoire, rédigé en triple expédition, dont une sur papier timbré, est certifié exact et véritable par le fournisseur et acquitté par lui. Le directeur certifie de plus que les fournitures qui sont portées au mémoire ont été reçues par lui et sont entrées dans le magasin de l'école. (Id., art. 41.)
Sont exceptées de la formalité préalable du mandat de payement les dépenses qui, par leur nature, doivent être payées au comptant pour les besoins journaliers de l'école. L'ordonnateur des dépenses met tous les quinze jours à la disposition du directeur, pour ces achats au comptant, une somme dont il détermine la quotité, à charge par le directeur d'en justifier l'emploi par un bordereau récapitulatif des achats de chaque quinzaine. La dépense est passée en écriture après approbation du bordereau par l'ordonnateur. (Id., art. 42.)
La valeur des produits du jardin et des propriétés de l'école consommés à la table des élèves et des maîtres, portée en recette aux termes de l'article 36, est aussi portée en dépense au fur et à mesure de la consommation, et mandatée comme les autres dépenses. (Id., art. 43.)
Les mandats pour les honoraires du médecin, pour les gages des gens de service et pour le traitement du maître adjoint chargé de l'école annexe, lorsque ce traitement est prélevé sur les fonds du budget économique, sont accompagnés d'états émargés distincts, dressés tous les mois. (Id., art. 44.)
Les remboursements aux élèves-maîtres pour absence de plus d'un mois par suite de maladie, aux familles en cas de décès ou de promotion de bourse de leur enfant sont effectués par le directeur sur les fonds de la caisse au moyen d'un mandat de payement, et portés en dépense dans les livres de comptabilité. La décision ministérielle qui a autorisé le remboursement est mentionnée, s'il y a lieu, sur le mandat. (Id., art. 45.)
Les dépenses ne peuvent être faites que dans les limites des crédits spéciaux inscrits à chaque chapitre et à chaque article. En cas d'insuffisance de
crédit, le préfet, sur la proposition de la commission de surveillance, adresse au ministre une demande spéciale de crédit supplémentaire ou de virement de crédit, selon les cas. Lorsque le ministre a statué, il notifie sa décision au préfet, qui en transmet une copie certifiée au président de la commission de surveillance, et une autre au trésorier général du département. Cette décision est mentionnée sur les mandats de paiement. (Id., art. 46.) V. Gestion économique, Apurement du compte.
[E. de Resbecq.]
BL7FFIER (le père). — Né en Pologne de parents français (1661), il entra dans l'ordre des jésuites e* enseigna au collège Louis-le-Grand. Il mourut h Paris en 1737. « C'est le seul jésuite, dit Voltaire,, qui ait mis une philosophie raisonnable dans ses ouvrages. » En tout cas il a surtout considéré la philosophie comme un moyen pour développer le jugement et l'exactitude de l'esprit, et l'a subordonnée à l'intérêt pratique de l'éducation. Ses ouvrages d'enseignement ont été presque populaires : sa Grammaire a fait longtemps autorité ; sa. Géographie était arrivée en 1 78 1 à sa onzième édition. En 1732. sous ce titre : Cours de sciences sur des principes nouveaux pour former le langage, l'esprit et lecœur dans l'usage ordinaire de la vie, il publia tout un cours d'études qui, par certains côtés, mériterait d'être tiré de l'oubli.
Ce qui distingue le plus la méthode de notre auteur dans l'enseignement de la grammaire et des lettres, c'est qu'il veut surtout procéder par exemples : il compte sur la pratique plus que sur la théorie. Il faut, dit-il que les enfants, pour apprendre le français et le latin, suivent la méthode qu'emploient les hommes faits quand ils veulent apprendre une langue quelconque : « au lieu de s'astreindre à retenir par routine des règles sèches, abstraites et rebutantes, ils se contentent d'en prendre une idée générale ; puis ils lisent un livre facile à interpréter pour le style et pour le sujet. » Il est à remarquer que, d'après Buffier, on négligeait de son temps, dans les classes, la version latine, pour ne s'occuper que des thèmes : aussi se croit-il obligé d'insister pour établir que la traduction du latin en français n'est pas moins utile que l'exercice contraire.
Dans sa Grammaire dont il fait « la base des sciences » le père Buffier a apporté plus de netteté et un plus grand esprit d'analyse que la plupart de ses prédécesseurs auxquels il ne ménage pas les railleries. Il se moque par exemple avec vivacité de la définition du pronom donné parVossius, le héros des grammairiens : « Le pronom est un mot qui en premier lieu se rapporte au nom, et qui en second lieu signifie quelque chose. »
Une idée qui, pour l'époque, présente quelque nouveauté, et qui fait honneur à l'indépendance d'esprit d'un jésuite, c'est le regret que le père Buffier exprime à l'endroit de l'enseignement de la morale : « Il est étrange, dit-il, que dans les écoles l'usage ne soit pas encore introduit de traiter les questions qui seraient les plus utiles à la conduite de la vie. » Notez que la morale dont le père Buffier réclame l'introduction dans les classes est une morale toute humaine, détachée de la religion, presque une morale indépendante fondée «ur des principes naturels et même légèrement utilitaires. L'auteur la résume en ces termes : « Je veux être heureux, mais je vis avec des hommes qui comme moi veulent être heureux également : cherchons le moyen de procurer mon bonheur en procurant le leur, ou du moins sans y jamais nuire. »
Le père Buffier disait de l'histoire qu'il était ( monstrueux » de l'ignorer ; c'est pour cet enseignement et celui de la géographie qu'il prétendait apporter le plus d'innovations utiles. Les Principes de la mémoire artificielle pour apprendre facilement l'histoire sont une application nouvelle de
BULLETIN
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la méthode employée par Lancelot dans le Jardin des racines grecques. Voici quelques exemples empruntés à la Géographie en vers artificiels :
Les quatre gouvernements de l'intérieur du royaume:
Limoges en Limosin, la Marche peu fertile
Vers Guéret entretient une fabrique utile,
Bourges dans le Berri, qui fait valoir sa laine ;
Le jardin de la France a Tours dans la Touraine..,
L'Ile de France lient Paris, puis au contour
Alelun, Mantes, Beauvais, distants chacun d'un jour.
Est-il besoin de dire que la moindre carte parlerait aux yeux bien mieux et bien plus utilement que ces vers qui ne parlent qu'à l'oreille. A toute cette mnémotechnierimée, qui a dû pourtant lui donner bien du mal et dont il tirait grande vanité, nous préférons cette simple réflexion que le père Buffier laisse échapper en passant : « Si l'usage de faire coller des cartes de géographie sut les murailles d'une classe venait à s'introduire, on en tirerait de merveilleux avantages. >»
Travailleur consciencieux et réfléchi plus qu'esprit profond ou puissant, le père Buffier a cependant le mérite d'avoir introduit plus d'ordre et de clarté dans certaines parties des études. Par ses tendances générales, par son goût pour l'analyse, par l'importance qu'il donne à l'étude du langage, le père Buffier, comme pédagogue, nous semble annoncer Condillac : comme philosophe, par son amour de la justesse et de la précision, par des principes comme celui ci : « il faut accoutumer les élèves à ne se rendre qu'à ce qu'ils voient clairement, » il continue dignement les traditions cartésiennes. [G. Gompayré.]
BUGENHAGEN (Jean). — Un des plus zélés propagateurs de la doctrine de Luther; né à Wollin (Poméranie) en 1485, mort en 1558, il s'appliqua surtout à la réorganisation des écoles.
Il fut successivement chargé de rédiger un plan d'organisation ecclésiastique et scolaire pour Brunswick, Hambourg, Lubeck, Copenhague, etc. Dans le duché de Brunswick il fit établir pour les garçons deux écoles latines et deux écoles allemandes, pour les filles quatre écoles allemandes.
On a dit de Bugenhagen qu'il fut le Luther de l'éducation allemande.
Il chercha à propager l'instruction dans les villages et demanda que le sacristain de chaque église, à défaut d'instituteur spécial, pût au moins enseigner la lecture, l'écriture et un peu d'arithmétique.
[L. Rieffel.]
BULLETIN ADMINISTRATIF DU MINISTERE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. — Dès le milieu du siècle dernier, l'Université de Paris avait jugé nécessaire de mettre entre les mains de ses principaux membres un recueil des délibérations importantes prises par le bureau d'administration des collèges réunis.
Un recueil, qui remontait à 1763, fut publié en 1781; mais dix ans après, l'Université de Paris avait cessé d'exister, ainsi que toutes les universités et tous les corps enseignants qui se partageaient autrefois le domaine de l'instruction publique en France.
Lorsque l'Université eut été créée par le décret du 17 mars 1808 et qu'une grande et unique institution, sous le contrôle et la direction de l'Etat, eut pris la place des vingt-deux universités et des différents corps enseignants de l'ancienne France, il parut plus nécessaire que jamais de rassembler les divers éléments de la législation, de former, pour ainsi dire, le code universitaire et de porter à la connaissance des membres du corps enseignant tous les documents, tous les actes qui les concernaient.
En conséquence une commission fut nommée par le grand-maître de l'Université pour s'occuper spécialement de ce travail.
La commission « pensa qu'il était convenable de
faire deux recueils distincts : l'un des lois et règlements émanés de l'autorité souveraine ; l'autre des règlements et arrêtés émanant de l'Université elle-même;»» elle crut aussi qu'il ne serait pas sans intérêt ni sans utilité de représenter ce qu'il y avait de remarquable dans cette multitude de lois successivement essayées pendant la période révolutionnaire, et pendant ces dix années où l'on semblait avoir dédaigné toutes les leçons de l'expérience». Elle estima a qu'en voyant tant d'efforts inutiles et tant de vaines théories on apprécierait davantage les vieux principes de toute bonne éducation que Henri IV avait rappelés, et que, d'autre part, on reconnaîtrait qu'à travers cette indépendance des opinions et cette imprudence des lois, il s'était plus d'une fois rencontré des vues utiles et d'heureuses innovations. »
Une fois le plan de la publication arrêté, on se mit à l'œuvre et les quatre premiers volumes parurent en 1813, sous le titre de : Recueil de lois et règlements concernant l'instruction publique, depuis l'édit de Henri IV en 1 598 jusqu'à ce jour.
Le premier volume contient les statuts de l'Université de Paris du 13 septembre 1598 et 25 septembre 1600, en latin, et divers règlements dont le dernier date de 1781, plus les lois postérieures à la révolution, du 14 septembre 1791 au 17 pluviôse an VI (5 février 1798).
Les deux volumes suivants amènent jusqu'au moment de l'organisation de l'Université en 1808. Le quatrième volume contient le décret impérial du 17 mars 1808 qui règle cette organisation ainsi que de nombreux décrets accessoires qui nommaient le grand-maître, le chancelier et le trésorier de l'Université, lui assuraient une dotation, etc., etc.
Les cinquième et sixième volumes furent publiés en 1820, le septième en 182?.
Le tome VIII* et dernier de cette publication parut en 1828, le dernier acte qu'il mentionne est du 15 décembre 1827.
Cette série est complétée par une table qui forme une petite plaquette séparée.
Le Recueil des lois et règlements concernant l'instruction publique ne paraissait qu'à des intervalles fort éloignés; on sentit la nécessité de porter plus promptement à la connaissance des membres du corps enseignant les actes officiels qui les intéressaient, et, en 1830, il fut décidé que la publication du Recueil, qui s'arrêtait au 1er janvier 1828, serait reprise et continuée sous le titre de Bulletin universitaire.
Ce Bulletin devait paraître par livraisons successives et contenir, à mesure qu'ils émaneraient des autorités compétentes, les ordonnances royales, statuts, règlements, arrêtés, circulaires et autres actes d'intérêt général. Il devait aussi faire connaître, par extraits, toutes les nominations faites par le ministre de l'instruction publique dans les différentes parties du corps enseignant.
Le premier numéro du Bulletin universitaire parut en février 1830 et le premier envoi qui fut fait aux fonctionnaires désignés pour recevoir cette publication se composait de huit numéros qui comprenaient toute l'année 1828 et les quatre premiers mois de 1829.
Le Bulletin universitaire parut sous ce titre jusqu'en 1849 inclusivement ; il contient 18 volumes. A partir de 1850, le Bulletin prit la dénomination, sous laquelle il paraît aujourd'hui, de Bulletin administratif du Ministère de l'instruction publique. Cette nouvelle publication est divisée en deux séries: la première commence en 18ô0 et se termine en 1863, la seconde commence en 1864 et se continue actuellement; la première compte 14 volumes, la seconde 20.
La collection complète du Bulletin universitaire et du Bulletin administratif forme 52 volumes qu'il
BULLETINS
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est presque impossible de se procurer actuellement, surtout lorsqu'on désire y joindre les 8 volumes et la table du Recueil des lois et règlements qui en sont le complément obligé.
Aujourd'hui le Bulletin administratif publié par le Ministère de l'Instruction publique est divisé en deux parties, partie officielle, partie non officielle. Il contient les lois et décrets relatifs à l'instruction publique, les arrêts du Conseil d'État sur la même matière et les décisions du Conseil supérieur qui peuvent être considérées comme faisant jurisprudence, les arrêtés, décisions, circulaires, instructions et discours du ministre, etc.
La partie non officielle a, selon les temps, beaucoup varié d'importance et d'intérêt. Tandis, en effet, que quelques ministres se bornaient strictement à faire insérer au Bulletin les actes officiels de leur administration, d'autres, au contraire, nous citerons notamment M. Duruy, donnaient un développement considérable à 1? partie accessoire dans laquelle ils publiaient tous les faits scolaires qui présentaient quelque importance et qui parvenaient à la connaissance de l'administration centrale. Aussi, le Bulletin administratif qui formait en 1862 un volume de 271 pages, se composait en 1865de deux gros volumes comptant ensemble 17A0 pages.
L'abondance des matières et l'augmentation du nombre et de la dimension des numéros n'a d'ailleurs aucune influence sur le prix de l'abonnement qui est annuel et ne peut partir que du 1er janvier. Ce prix a varié. Il a été longtemps de 5 fr. 50, puis il a été porté à 12 francs. Dans le courant de l'année 1 87 1 , il a été fixé à 8 francs, taux où il est aujourd'hui. Le Bulletin ne paraît pas à des dates régulières, mais seulement au fur et à mesure des besoins (arr. 28 décembre 1863).
Il a été publié tantôt par l'Imprimerie nationale, tantôt par l'industrie privée. 11 est aujourdhui confié à la maison Dupont qui s'en est rendue adjudicataire par voie de soumission au rabais.
Le Bulletin est adressé gratuitement aux inspecteurs généraux de l'enseignement primaire, aux inspecteurs d'académie, inspecteurs primaires, directeurs et directrices des écoles normales primaires, inspectrices et déléguées des salles d'asile (arr. 28 décembre 1863), ainsi qu'aux principaux fonctionnaires de l'administration centrale.
[L. Armagnac]
Pour les pays étrangers, nous n'énumérons pas ici les bulletins officiels publiés par les ministères de l'instruction publique. On en trouvera le titre avec des indications sommaires a,u mot Périodiques .