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trique, le plus souvent un triangle, quelquefois un quadrilatère (Asie), un hexagone (France), etc. De Cannstein généralisa en vue des exercices cartographiques ce mode de réduction à des formes géométriques, ce qui lui permit de diminuer considérablement le nombre des points de repère à retenir par cœur : l'élève, sachant que tel continent a la forme d'un triangle, n'avait plus qu'à partager chaque côté de son triangle en un certain nombre de subdivisions et à se rappeler à peu près à quelle division correspondaient les principaux angles rentrants et saillants (caps et golfes) qui déterminent le mouvement de la ligne côtière.
Un autre élève de Ritter, A. Guyot, professeur suisse établi aux États-Unis, se rapprocha plus encore de la réalité tout en gardant le bénéfice de cette esquisse géométrique. Au lieu d'une figure arbitrairement simplifiée et par là même inexacte, il tâche de saisir la « forme approchée » du continent, sa forme caractéristique, telle qu'elle résulte de sa structure même : de la sorte, au lieu de réduire l'Afrique ou l'Amérique du sud à un triangle, il leur donne la forme d'un polygone à autant d'angles rentrants et saillants que la côte comporte de caps et de golfes de première importance. Les Américains ont poussé fort loin cette recherche des procédés de dessin cartographique. Chaque auteur a son système de « map drawing » ; et il faut même convenir que la plupart, à force de vouloir guider l'élève, finissent par lui donner autant à faire pour retenir les artifices de cette construction que s'il avait à dessiner la carte elle-même sans tous ces aide -mémoire.
En France, nous ne connaissons pas dans ce genre de meilleur système que celui du frère Alexis. Sa collection de Cahiers d'exercices cartographiques est naturellement conçue d'après sa méthode d'enseignement, et ne conviendrait pas à ceux qui ne font pas encore usage des courbes hypsométriques ; mais elle est méthodiquement graduée : les commençants ont à écrire les noms principaux et à colorier les cartes toutes tracées ; les élèves de la classe moyenne , à copier ces cartes à vue ; les plus avancés, à les reproduire de mémoire.
Cartes a fresque. — Quelques-unes de nos écoles normales et même de nos écoles primaires (par exemple, à Paris, celle de M. Barbier, rue Rodier) offrent des spécimens de cartes murales dessinées à fresque par le maître avec le concours de ses meilleurs élèves, à peu près comme les grandes cartes de chemins de fer qu'on trouve dans certaines gares. Exercice recommandable, pourvu qu'il n'absorbe pas trop de temps et soit habilement dirigé.
Dès 1832, M. Lamotte, dans le Manuel général (t. I, p. 371, Moyens d'utiliser les murs d'une école), conseillait ce genre de cartes et en citait un exemple alors unique à Paris. En 1837 (Ma7i. gén., t. X, p. 152), on en signalait plusieurs autres, et l'on évaluait la dépense à 5 francs pour une carte à l'huile, à 1 ou 2 francs pour une carte en détrempe à la colle (consulter la brochure de Lamotte, La Géographie enseignée par le dessin des cartes).
Cet usage semblait alors devoir se généraliser,mais les difficultés et l'imperfection que présente toujours un tel travail, et surtout la diffusion des cartes imprimées à bon marché, y ont fait renoncer.
Cartes en relief. — Depuis quelques années, au contraire, la confection des cartes en relief par les élèves d'écoles normales, professionnelles ou même primaires, a pris une certaine extension. Là, encore, il convient d'encourager le bon vouloir des professeurs et le zèle des élèves sans le stimuler inconsidérément. Ce travail ne peut jamais devenir, quoi qu'en disent ses partisans, un exercice scolaire proprement dit ; il ne sera jamais, '
même à l'école normale, qu'une occupation choisio par quelques amateurs pour passer utilement des heures de loisir. La plus grande difficulté qui s'y présente est de bien déterminer et de bien représenter les courbes de niveau : si l'on ne les exagère pas, si l'on adopte la même échelle pour les hauteurs et pour la planimétrie, le relief est la plupart du temps insensible; si on les exagère, il devient faux : môme en se bornant à la proportion du quadruple pour les hauteurs, on arrive à être obligé de figurer avec une pente manifestement invraisemblable la route sur laquelle on se trouve ou la rivière qu'on voit couler.
Nous aurions voulu cependant donner ici quelques instructions sur la construction de ces deux derniers genres de cartes, mais elles ne pourraient être profitables qu'à la condition d'être extrêmement détaillées et techniques. Nous croyons donc mieux faire en signalant, à ceux qui voudraient approfondir la question et s'y exercer pratiquement, une courte et excellente notice publiée par un maître expérimenté, M. Ch. Leroy, directeur de l'école normale de Charleville : Enseignement du la géographie de la commune; cartes en relief, cartes murales à fresque (1875, A. Colin). Cf. aussi dans le Bulletin du ministère, 1873, n. 301, la conférence de M. Dufaud, maître-adjoint à l'école normale d'Albertville, sur la construction des cartes murales.
CASIERS JUDICIAIRES. — Il est établi au greffe du tribunal civil de chaque arrondissement des casiers judiciaires destinés à faciliter les recherches sur les antécédents des individus traduits en justice. La circulaire du 5 mars 1851 prescrit de porter dans ces casiers les décisions en matière disciplinaire concernant les membres du corps enseignant. Elle enjoint aux préfets de dresser avec exactitude des bulletins individuels mentionnant les condamnations disciplinaires définitives prononcées contre des instituteurs ou d'autres membres du corps enseignant. Par condamnations définitives, il faut entendre celles contre lesquelles il n'a pas été formé de pourvoi dans les délais légaux, qui ont été confirmées par le rejet du pourvoi ou qui sont prononcées sans recours.
Les bulletins qui constatent ces condamnations doivent être remis au procureur de la République de l'arrondissement dans lequel elles ont été prononcées, et ce magistrat les fait parvenir à son collègue du lieu de naissance de l'individu condamné. [L. Armagnac]
CASSIODORE. — Ministre des rois gotiis d'Italie, Théodoric, Théodat et Vitigès (vie siècle), consacra sa vieillesse à l'étude des lettres. Parmi les écrits assez nombreux qu'il a composés, il en est un, intitulé les Sept Disciplines {De septem disciplinis), dans lequel il expose d'une manière succincte les connaissances constituant les « sept arts libéraux » ou ce que le moyen âge appelait le trivium et le quadrivium, savoir : la grammaire, la rhétorique, la dialectique (trivium), l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la musique (quadrivium). Le livre de Cassiodore, avec celui de Martianus Capella*, resta pendant de longs siècles l'une des bases de l'enseignement scolastique. A i'âge de 93 ans, Cassiodore écrivit encore un Traité sur l'orthographe, destiné aux moines du couvent fondé par lui en Calabre.
CATALOGUE RAISONNÉ DES ANIMAUX UTI- LES ET NUISIBLES DE LA FRANCE. — Le ministre de l'instruction publique a eu l'heureuse idée de faire dresser sous ce titre un catalogue destiné particulièrement aux écoles normales et aux écoles primaires rurales, et qui a pour but de familiariser les élèves avec la connaissance des animaux et surtout des insectes utiles et nuisibles. On espère avec raison qu'instruits de bonne heure à cet égard, sachant distinguer les espèces qu'il