VI. DÉCADENCE ACTUELLE DU CHANT. La SIMPLICITÉ
qualité méconnue. — Cette instruction, dans l'enseignement primaire et populaire, doit avoir surtout pour objet le chant.
Parmi les divers moyens de produire l'impression musicale au moyen des sons, la voix humaine a incontestablement un rôle à part. Il est évident que ce rôle devrait être au-dessus de celui de toutes les autres manifestations de l'art musical. Or, aujourd'hui, nous assistons à un spectacle étrange. Grâce aux progrès de la mécanique et de la physique modernes, on est arrivé à perfectionner les instruments de musique à un point inouï sous le rapport de la beauté de leur timbre et de la facilité de leur maniement.
L'engouement de la mode et la rapidité relative de l'apprentissage d'un instrument comparativement à celui d'un organe ont produit ce résultat qu'aujourd'hui la voix humaine est presque entièrement délaissée pour les machines qui ont été créées à sa ressemblance. La voix humaine, pour les compositeurs d'aujourd'hui, n'est qu'un instrument de plus dans l'orchestre.
Au milieu des développements prodigieux qu'a pris la musique symphonique depuis un siècle, nous sommes arrivés à ce point que dans un oratorio, dans un opéra, les parties de chant interviennent au même titre que celles de la trompette, de la flûte ou du basson.
C'est une des causes principales de la décadence profonde où est tombé l'art du chant, décadence dont nous n'avons pas assez conscience, mais que constatera le siècle qui vient après
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nous. On ne chante plus aujourd'hui, on crie, on crie jusqu'à en trembler.
La contagion de ce tremblement convulsif a gagné tous les chanteurs, surtout les chanteurs français. Aujourd'hui que toutes les voix chevrotent, l'oreille, troublée, fatiguée, a perdu le sentiment de la justesse : on entend, aujourd'hui, chanter faux sans se révolter. En effet, dans ce trille continuel, les chanteurs sont toujours à la fois un quart de ton au-dessus et au-dessous de la note juste. On y est habitué, on décore des épithètes de pathétique ou dramatique cette singerie de l'émotion, et on applaudit d'autant plus un artiste qu'il s'épuise à crier davantage. Pour beaucoup de gens, une belle voix, c'est une voix forte et bruyante. S'il arrive par hasard qu'un chanteur sans réputation ait la voix pure et douce, il est à peine écouté, il ne frappe plus l'attention du public.
Il y a toutefois des exceptions, d'autant plus à citer qu'elles sontraresv De temps en temps, l'attention publique se trouve forcée par des voix d'une grande pureté unie à une grande beauté de timbre, et surtout à cette expression que sait trouver dans son cœur le véritable artiste. Mais les plus éclatants triomphes de ces organisations privilégiées^ de ces merveilleuses apparitions qui ont successivement soulevé l'enthousiasme du monde civilisé, sous les noms de Malibran, Jenny Lind, et tant d'autres, étaient obtenus, non en chantant des airs de bravoure, en faisant des prodiges d'agilité ou de vocalise, mais en disant simplement, purement, avec une perfection idéale, lesplus simples mélodies populaires.
Il y a une grande loi esthétique qu'on oublie souvent de nos jours, mais jamais impunément ; c'est celle-ci : la simplicité est un des caractères nécessaires de la beauté. Il n'y a pas de choses belles si elles ne sont pas simples : quand les musiciens cherchent leurs succès dans la complication, ils échouent toujours. Ils peuvent avoir ce qu'on nomme un succès « d'estime », mais ceuxlà ne sont pas de longue durée. L'opinion la plus bienveillante, la mieux préparée, dira d'abord : « c'est savant » ; puis, « c'est compliqué » ; puis bientôt, « c'est ennuyeux ». En somme, ce sont les vieilles et bonnes choses simples qui reviennent sur l'eau et qu'on applaudit avec plaisir, avec enthousiasme môme, quand la fatigue de l'audition d'une œuvre par trop moderne a mieux fait ressortir et goûter leur simplicité.
Les fragments qui nous restent de la musique antique nous révèlent cette qualité de la simplicité à un degré qui nous étonne tout d'abord.
Quand on lit, dans les auteurs anciens, quels étaient les triomphes des chanteurs, quelle était l'émotion que suscitait la musique et l'importance qu'on y attachait^ on se demande comment des chants si peu variés, sans harmonie, accompagnés de ces instruments primitifs que nous trouverions aujourd'hui presque barbares, pouvaient produire de tels effets.
Peut-être les anciens avaient-ils, sous ce rapport, une éducation que nous n'avons plus; ils avaient le culte du timbre, l'habitude d'une justesse parfaite qui ne se révèle chez nous que de temps en temps. Peut-ôtre les mélodies anciennes, si elles étaient exécutées comme devaient savoir le faire les anciens, produiraient-elles aujourd'hui le même enthousiasme qu'autrefois.
Le plaiu-chant de l't,glise catholique es>t luimême un reste de cette musique ancienne. La magnificence de ses effets peut souvent dépasser, quand il est exécuté avec goût, tous ceux de la musique moderne. Et pourtant la tradition de son exécution est perdue : c'est un chiffre dont nous avons à peu près complètement perdu la clef.
Il est toujours bien évident que ce chant, que
les auteurs du temps qualifient parl'expression. ruavis cantilena, doit être un récitatif simple, doux, aimable, et non pas le hurlement sauvage que l'on entend exécuter partout aujourd'hui, depuis le» églises de campagne jusqu'aux cathédrales, par des voix de taureau qu'on admire de confiance.
La simplicité, qui fait le succès du plain-chant, est la première qualité à rechercher dans les chants d'école. Les œuvres des grands maîtres sont riches en chants très simples, présentant en même temps les caractères de distinction, d'originalité, de grandeur, en un mot, ce cachet du génie qui fait dire : voilà un chef-d'œuvre.
De l'aveu de tous les compositeurs, un chant heureux, un chant vraiment beau par lui-même est une trouvaille précieuse, un succès rare. De nos jours, il n'en faut qu'un pour faire la gloire d'un homme, et le plus souvent toutes les merveilles d'harmonie et d'instrumentation de bien des œuvres modernes ne font que cacher leur nullité mélodique, ne servent qu'à dissimuler des pauvretés ou des laideurs.
Les chants d'école, étant dépouillés de ces artifices d'accompagnement, doivent être tous du nombre de ceux qui sont beaux par eux-mêmes, et qui méritent à cet égard de devenir populaires.
VIL Nécessité de commencer plits tôt l'enseignement du chant. — Il devient relativement facile, quand on a su se créer une collection de chants de cette sorte, à la portée des enfants, de donner à ceux-ci le goût des belles choses et le sentiment nécessaire pour les exécuter.
Ce goût, ce sentiment, se forment peu à peu, comme instinctivement, en commençant à exciter les premières impressions dès le début de l'éducation. Nous arrivons là au défaut capital de l'enseignement actuel de la musique en France :
On commence trop tard.
Il y a bien, sur le papier, un enseignement do chant aux salles d'asiles, mais il est trop souvent presque nul, à cause de l'insuffisance des maîtresses, insuffisance qu'on est obligé de tolérer, faute d'un budget assez élevé pour que le traitement de ces maîtresses permette d'en exiger davantage.
Mais quand même leur enseignement serait efficace, il y a ensuite, dans les premières années que l'enfant passe à l'école, interruption complète de l'exercice du chant, oubli absolu de ce qui aurait été appris, et cela précisémejit à Vâge où renseignement serait le plus profitable.
Nous arrivons ici à la vériié principale dont il est nécessaire de persuader les hommes dVducation. On entend dire quelquefois que les progrès rapides faits sous le rapport de la musique par tels Allemands, tels Italiens, ou même tels Français, venaient de ce qu'ils avaient apporté en venant au monde Yinstinct musical, en un mot qu'ils étaient « nés musiciens ».
Il y a là un préjugé, et un préjugé dont les instituteurs doivent se garder plus que personne, parce qu'il dépend d'eux, absolument d'eux, que dans quelques générations, et dès la prochaine génération, on puisse dire que les Français naissent tous musiciens... comme les Jurassiens naissent tous horlogers.
Tout dépend, en effet, les instituteurs le savent mieux que personne, des impressions reçues durant la première enfance. Un enfant sera « né musicien » s'il a entendu et écouté avec plaisir de la musique à l'âge où les impressions se fixent dans l'esprit sans qu'il reste souvenir des circonstances, à l'âge où les résultats sont acquis sans qu'on en ait conscience.
Qu'on me permette d'apporter ici nn argument personnel. On m'a dit bien souvent que j'étais né musicien. Je vais expliquer comment: dans la maison de mes parents, sur la petite cour où je jouai depuis ma première enfonce jusqu'à l'âga
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do sept ans, donnait la fenêtre d'un professeur de solfège. Du matin au soir j'entendais solfier et je répétais machinalement tout en jouant. Quand, à sept ans, le professeur m'apprit mes notes et me mit devant le solfège de Rodolphe, je pouvais le chanter par cœur presque d'un bout à l'autre. Ce n'était pas de l'instinct, c'était de la mémoire comme en ont tous les petits enfants.
Voilà donc le secret, secret bien simple, pour que tous nos enfants soient « nés musiciens ». Il n'y a qu'à leur faire entendre de la musique, mais de la bonne musique, depuis l'âge de trois ans, si l'on peut, et à commencer l'enseignement du chant à l'âge où c'est un plaisir, c'est-à-dire dès les classes élémentaires. On peut souvent faire en sorte que les tout petits, les enfants de l'asile, entendent chanter les grands : mais il faut surtout prendre ce soin pour les enfants des classes élémentaires, et leur apprendre à chanter eux-mêmes, non plus seulement par raison de discipline et de gymnastique, comme à l'asile, mais pour leur furmer le goût et la voix. Quand ils arriveront à neuf ou dix ans, ainsi préparés, aux cours moyen et supérieur, on sera étonné de voir ce que des enfants qui ont le goût formé sont capables de faire, et avec quel succès ils pourront alors recevoir de vraies leçons de musique. Ce sera le cas, alors, surtout dans les grandes villes, de faire appel à un professeur spécial, à un véritable artiste.
VIII. Trois difficultés de l'enseignement du chant. — L'instituteur doit se borner d'abord à la tâche principale, à la tâche nécessaire, celle d'enseigner le chant.
On rencontrera trois difficultés principales dans cette entreprise.
La première est d'arriver, pour les nouveaux, pour ceux qui n'ont jamais essayé de chanter, à leur faire « prendre l'unisson », c'esc-à-dire répéter le son qu'ils entendent.
Il n'a jamais été question, à ma connaissance, dans aucun traité d'enseignement, des moyens pratiques de faire « prendre le ton », comme on dit. Les personnes qui n'ont jamais exercé leur organe, à cet égard, dans leur enfance, éprouvent une énorme difficulté à produire le son juste à la hauteur désirée. Elles y renoncent généralement, se croyant une sorte d'infirmité sous ce rapport, et acceptant comme irrémédiable le fait « qu'elles n'ont pas d'oreille ».
C'est une erreur grave: ce n'est jamais l'oreille, si l'on n'est pas sourd, c'est l'exercice qui manque.
Chez les enfants, cet exercice n'est jamais long. Chez les adultes, les organes sont moins souples, mais néanmoins on arrive au but.
C'est ainsi qu'il est plus difficile d'apprendre à lire à l'âge adulte que dans les premières années de l'enfance ; mais de même qu'on réussit à apprendre à lire à tout âge, on peut réussir également à apprendre à chanter. Dans ce cas, on peut se dire que quand on est arrivé à bien prendre l'unisson, on a fait la moitié du chemin. Ceux qui prétendent « n'avoir pas d'oreille » sont simplement ceux qui n'ont pas fait cette première moitié du chemin, ceux qui n'ont pas eu cette première éducation, presque toujours instinctive, et pour laquelle il n'y a pas d'enseignement.
Quand on commence à faire chanter des enfants, on en entend toujours, dans la masse, qui, timidement, suivent les autres, mais en chantant d'autres sons, essayant de monter et de descendre, arrivant souvent à chanter à peu près l'air, mais une quarte ou une quinte plus bas. Laissons-les faire ; cela ne durera pas, et, au bout de quelque temps, avec de la bonne volonté et de l'attention, alors surtout qu'on prend les enfants en particulier et qu'on les encourage au lieu de s'en moquer, ils se corrigent peu à peu, et on est tout surpris, un beau jour, de voir que leur voix ne jure plus avec
celles de leurs camarades. Ils ont fini par acquérir la faculté de chanter à l'unisson des autres, c'està-dire de reproduire exactement les sons qu'ils entendent.
Une seconde difficulté est celle du timbre. Former le timbre de la voix des enfants, c'est un art. Ce n'est plus seulement une question de patience, mais surtout d'expérience. Toutefois, il y a un moyen bien simple d'y réussir, c'est de profiter des timbres tout formés qu'on a à sa disposition. Dans une masse d'enfants, il y en a toujours qui ont appris à chanter chez eux et qui ont déjà une voix agréable. Il faut les faire chanter seuls pour servir d'exemple aux autres.
Il est évident qu'il y a là une difficulté spéciale aux écoles de garçons, qui ne se reproduit pas dans les écoles de filles. Dans les écoles de filles, la maîtresse peut obtenir facilement une bonne qualité de son en servant de modèle elle-même, si elle a la voix douce et agréable.
Pour les garçons, c'est différent. Les maîtres chantent une octave plus bas et la voix d'homme ne peut pas servir de modèle à la voix d'enfant. Il est donc nécessaire d'avoir à côté de soi, autant que possible, un enfant déjà formé ayant un joli timbre, une bonne prononciation, la voix bien juste et surtout bien douce; on le fait chanter le premier, et on le propose comme exemple à imiter.
La douceur de la voix est une qualité essentielle à obtenir. Presque partout on laisse crier les enfants, surtout les garçons. C'est le fléau de l'enseignement du chant, et un des plus grands obstacles à son bon effet pédagogique.
Il faut que le maître déploie toute sa fermeté pour défendre aux enfants d'employer la voix de poitrine dans les notes élevées et même dans les notes moyennes. Au-dessus du sol de la clef, en général, les enfants ne doivent employer que la voix de tête. C est aux environs de cette note ordinairement que le passage d'une voix à l'autre peut être insensible.
La troisième difficulté est relative au goût, au sentiment, à l'expression, à l'intelligence du chant. Cette qualité, osons le dire, il faut l'avoir soi-même pour la communiquer aux autres. Jusque-là, on peut former des enfants qui arriveront à produire des sons, qui sauront peut-être le solfège, mais qui ne sauront pas chanter.
Pour les habituer à a bien dire » les choses, à sentir, à comprendre ce qu'ils chantent, il faut avoir non seulement du goût, mais un peu de la flamme du véritable artiste. S'il n'est pas nécessaire, ni même utile le plus souvent, d'avoir des artistes de profession pour enseigner les enfants, c'est à la condition que l'instituteur sera lui-même artiste. S'il sent qu'il ne l'est pas assez, qu'il cherche à le devenir davantage. On voit rarement des instituteurs ne pas arriver, avec de la persévérance, à dire avec goût, avec art même, ce qu'ils lisent ou ce qu'ils récitent, ce qui n'est pas, au fond, bien différent ni beaucoup plus difficile que de mettre de l'expression et du cœur à ce qu'on chante. Avec de la volonté et une bonne direction, on peut mettre en fait que tous ceux qui ont pu surmonter les difficultés techniques de la musique, ou presque tous, peuvent y arriver.
Il n'est pas nécessaire d'avoir « de la voix ». Quand on parle, on a une voix, et il y a toujours moyen de se servir de la voix qu'on a de manière que le timbre n'en soit pas désagréable. De même, au point de vue du chant, on peut modifier son organe, le réformer au besoin, et on arrive à avoir ce qu'on appelle une « voix de compositeur », qui donne au moins l'expression voulue, une voix qui n'a ni la force ni le charme de celle du chanteur de profession, mais qui peut être suffisante pour l'enseignement.
Ainsi, l'unisson, le timbre, le goût, voilà les trois
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difficultés principales que l'on éprouve dans renseignement du chant.
IX. Le chant et la musique. La dictée. — Nous disons avec intention : du chant, parce qu'au point de vue des intérêts généraux de l'éducation, il n'est pas impossible de se borner là. Le chant et la musique représentent deux enseignements bien différents : on peut avoir parfaitement enseigné le chant sans avoir môme commencé la musique.
Il y a des pays où le peuple sait chanter par tradition; il n'est pas nécessaire de quitter la France, d'aller en Italie, par exemple, pays qui a à cet égard une vieille réputation, pour en trouver des exemples remarquables ; en France aussi on pourrait rencontrer des gens du peuple, vivant dans un milieu parfaitement ignorant, où aucune notion musicale théorique n'a jamais pénétré, et qui possèdent des voix d'une très grande justesse et d'un timbre très agréable, unis à un véritable sentiment artistique. On voit des chanteurs populaires émouvoir profondément leurs auditeurs sans être cependant sortis du Conservatoire ; la distinction, la puissance, l'expression, tout y est. Il y a eu évidemment pour eux, d'une manière ou d'une autre, un enseignement du chant sans enseignement de la musique.
Il y en a des exemples parmi les sociétés chorales. Dans mon enfance, je me rappelle avoir entendu les fameux « chanteurs montagnards » de Bagnères-de-Bigorre, qui ont laissé une réputation certainement méritée. Sauf leur chef, je crois que personne parmi eux ne savait lire. Tous leurs chants étaient appris par cœur, mais naturellement la liste n'en était pas longue.
Il existe certainement encore beaucoup de chanteurs de ce genre, seulement ils ne veulent pas toujours avouer ce qu'ils sont réellement. Il y a un grand nombre de sociétés chorales aujourd'hui dont la « méthode d'enseignement » ne mérite pas d'autre nom que celui de serinage.
Les bons instituteurs ont trop l'horreur de ce fléau de l'éducation, l'abus de la mémoire, le mode d'instruction mécanique qui assimile nos enfants à des perroquets, pour ne pas vouloir dès le début donner de solides fondements à l'enseignement futur de la musique par l'introduction des premiers principes de l'intonation et de la mesure au milieu des exercices de chant.
L'enseignement technique d'une théorie musicale complète gagne à être retardé jusqu'à l'âge de dix ou onze ans, mais à la condition d'être bien préparé par une bonne éducation de l'oreille et de la voix dans les années précédentes.
Or cette éducation n'est jamais plus facile et plus rapide que de sept à dix ans, âge de la souplesse des organes, de la facilité d'attention, du développement de la mémoire.
La justesse d'imitation, la précision dans la perception d'une impression synthétique, ne seront jamais plus complètes qu'à cet âge, et il importe d'en faire profiter l'instruction musicale, au moins pour un point important de l'enseignement, qui plus tard ne pourrait être abordé avec le même succès.
Nous devons, il est vrai, renvoyer à l'article Musique, de la IIe Partie, tout ce qui a trait aux méthodes d'enseignement de cette science. Mais nous avons ici l'occasion d'indiquer un utile critérium, un moyen certain de reconnaître si un enseignement musical a été sérieux.
Il doit avoir, dès le début, produit ce résultat que 1 élève reconnaisse l'intervalle de deux sons qu il entend, et sache donner leur nom aux notes produites par un instrument ou une voix qui vocalise. Dans un cours nombreux, on fait naturellement écrire aux élèves le son reconnu, de sorte que 1 exercice est désigné sous le nom de dictée musicale.
j Tout enseignement qui n'aboutit pas prompte- [ ment à cette éducation de l'oreille qui permet i l'écriture de la musique sous la dictée, ne mérite pas le nom d'enseignement musical.
Eh bien, dans nos écoles, il est possible et même facile d'obtenir ce résultat, et dés le début, car on l'obtient d'autant mieux qu'on s'adresse à d< fants plus jeunes.
Chose étrange ! dans le monde des salons, en France, je dirais presque dans le monde artistique, ce résultat est aujourd'hui regardé comme une rareté. On s'étonne toujours de voir un musicien qui, entendant un orchestre ou une musique militaire, sait distinguer les notes produites, écrire la mélodie entendue, et, au besoin, les parties d'accompagnement, reproduire enfin sur l'instrument qu'il sait manier l'effet du morceau dont il n'a jamais vu les parties écrites. Et cependant, je le répète, il n'y a pas de vrai musicien sans cette faculté, il n'y a pas d'enseignement musical qui ne doive chercher à l'obtenir dès le début, et à en faire toujoîrs un de ses principaux objets.
L'enseignement des classes élémentaires de nos écoles gagnera beaucoup en intérêt et en utilité, s'il introduit au milieu des exercices de chant, d'une manière qui pique la curiosité des enfants, le nom des notes des airs les plus simples, la notion de la gamme, et cette reconnaissance instinctive des intervalles, dans le ton d'vt majeur d'abord; en même temps devra venir la notion des temps forts, l'habitude de battre la mesure et aussi de ia reconnaître.
Avec un maître zélé et des enfants de sept à huit ans, le danger à craindre est plutôt celui d'aller trop vite. Il faut modérer sagement l'arrivée de nouvelles notions techniques, les faire désirer longtemps, pour laisser lus premières acquises devenir familières et servir de base solide à celles qui leur succèdent.
L'exercice des petits chants avec paroles, qui forme le goût et la voix, restant le principal pour les classes élémentaires, on peut cependant avoir amené peu à peu les enfants à reconnaître tous les intervalles diatoniques des deux modes et les accidents les plus ordinaires ainsi que les modulations les plus simples, et cela presque d'instinct, sans prétentions techniques, lorsqu'ils arrivent à l'âge et au niveau du cours moyen, où peut commencer l'enseignement régulier de « la musique ».
X. Questions pratiques : le temps, les paroles des chants. — La question du mode pratique d'introduction du chant dans le règlement quotidien des écoles, et du temps qu'il convient d'y consacrer, peut être réglée à la satisfaction de ceux qui craignent dans les nouveautés la perte de temps qu'elles imposent.
Pour le chant proprement dit, dans les classes élémentaires, l'enseignement ne doit prendre que peu de temps : il pourrait même très bien n'avoir pas de place déterminée sur le tableau des heures de travail dans les écoles. Il faut à peine quelques minutes pour apprendre par cœur un petit chant à des enfants, et il suffit ensuite, pour les exercer, de profiter de toutes les circonstances où on peut, où on doit les faire chanter.
Quelques essais, suivis de bons résultats, ont été faits dans des écoles de Paris. Voici la marche à suivre indiquée à cette occasion : le lundi matin le maître écrit sur le tableau, avant la classe, un petit chant d'une ligne ou deux, qui reste écrit toute la semaine ; le premier jour on passe dix minutes en première classe à déchiffrer les notes et à chanter les paroles de la première strophe du morceau ; les jours suivants on apprend successivement les autres strophes en y consacrant de deux à cinq minutes. Les classes voisines entendent au travers des cloisons ; le temps de leur étude en sera raccourci.
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On exécute les chants sus par cœur dans les circonstances où il est utile d'exciter l'attention, le recueillement, ou lorsqu'il y a des déplacements à faire pour des nécessités do bon ordre et de discipline. On ouvre la classe par un chant religieux avant la prière réglementaire, et des chants récréatifs ou instructifs, patriotiques surtout, sont placés à différents moments de la journée, au changement des classes, à la descente dans le préau, avant la sortie de l'école. De cette manière, les leçons de chant sont plus fréquentes qu'elles ne le seraient avec un professeur externe.
Une question plus grave est celle des paroles de ces petits chants. Elles représenteront naturellement, surtout dans les petites classes, une très notable partie des exercices de mémoire. Il y a donc lieu de les choisir convenablement pour cet usage.
Elles pourront servir de texte à apprendre pour les petits, d'exemples d'écriture pour les moyens, de sujets d'exercices de grammaire on de rédaction pour les grands. Leur valeur littéraire et morale devient une nécessité, à laquelle il n'est pas, malheureusement, toujours facile de satisfaire, car nous sommes encore loin, en France, d'être aussi riches à cet égard que d'autres nations d'Europe.
Nos grands poètes, nos littérateurs en réputation, n'ont guère songé à faire la part du petit peuple de nos écoles, comme ont tenu à le faire en Allemagne, surtout depuis 1813, les plus grands génies de ce pays.
Peut-être, à cette heure où les questions d'instruction et d'éducation du peuple préoccupent à un si haut degré tous les hommes qui ont à cœur le relèvement de la France, le moment est-il venu où l'idée patriotique d'enrichir de chants populaires dignes d'une grande nation la mémoire de tous les jeunes Français se présentera à l'esprit de plus d'un de nos poètes actuels.
A une tâche de cette nature, Deroulède a déjà trouvé la célébrité. Ce qu'il a fait pour les soldats, lui et d'autres voudront peut-être le faire pour la jeunesse, qui aura un jour la charge de restaurer la grandeur de notre pays. La plume patriotique d'hommes comme Manuel, Coppée, de Laprade, de Bornier et leurs émules, ne serait pas de trop pour cette œuvre. Nous espérons qu'alors il ne faudra pas longtemps, si l'intérêt porté à l'enseignement primaire en France s'affermit dans la voie actuelle, pour constituer à nos écoles un trésor de chants à leur usage, qui n'aura rien à envier à celui des nations de langue germanique ou Scandinave.
XL L'accompagnement instrumental. — Une autre question des plus pratiques est celle de l'accompagnement des chants. Le règlement de l'Orphéon de Paris avait interdit tout accompagnement instrumental pendant les leçons. C'était un moyen de couper court aux abus, qui peuvent compromettre un enseignement confié à un maître médiocre.
Entre les mains d'un véritable artiste, il est certain qu'un instrument d'accompagnement peut offrir de précieuses ressources. Il a surtout pour utilité de former le goût, en donnant toute sa valeur à l'effet des morceaux chantés par le maître ou par les solistes. S'il faut le bannir des leçons de solfège et des répétitions, il peut être nécessaire de l'employer pour donner l'assurance et la solennité aux exécutions, soutenir les voix qui tendent à baisser, et que l'âge n'a pas encore formées.
Le choix est à faire entre le piano et l'harmonium. Le piano a l'avantage d'attaquer les sons, l'harmonium celui de les prolonger. Un mécanisme appliqué aujourd'hui aux harmoniums de salon, la percussion, donne jusqu'à un certain point à l'harmonium l'attaque instantanée du piano, et en fait un bon instrument d'accompagnement pour les écoles. Il y a de petits modèles dits « un jeu, percussion, » à la fois légers, très solides, d'une bonne
sonorité, qui conviennent spécialement aux écoles. Je préférerais, pour ma part, un de ces petits modèles à un grand instrument de plusieurs jeux sans percussion.
L'idéal des instruments d'accompagnement pour les voix, c'est le grand orgue à tuyaux, l'orgue concertant tel que l'ont fait ses plus rérents perfectionnements. En France aujourd'hui, comme naguère en Angleterre et en d'autres pays, le voilà entré de droit dans les salles de concerts. On peut espérer que bientôt les écoles useront souvent de ces salles pour leurs solennités, et fourniront pour une bonne part les chœurs que ces orgues auront à y accompagner.
Dans les écoles primaires élémentaires, où il n'y a que de jeunes enfants, il vaut souvent mieux se contenter d'accompagner des chants à l'unisson, dits avec ensemble, avec sentiment; par des voix, agréablement timbrées, que d'entreprendre des chœurs à plusieurs parties plus longs à apprendre, et plus difficiles à réussir.
Quand on peut y unir des voix d'hommes, c'est différent. Toutefois on aura souvent sous ce titre des voix en mue, et encore mal timbrées. On se trouvera bien, dans ce cas, de les soutenir par une contrebasse, instrument d'un grand secours, que se disputent d'ailleurs les coryphées de quinze ans atteints de la mue, s'ils sont assez musiciens pour en faire le rapide apprentissage.
Mais qu'on n'ait pas l'idée d'employer à cet usage les instruments de cuivre ! Les fanfares sont en général la ruine des chœurs. Il n'y a pas ordinairement place à la fois, dans une même maison d'éducation, pour ces deux institutions, qui ne peuvent avoir le même esprit, et dont l'idéal est très différent. C'est la musique de fanfares qui mérite bien le nom « d'art d'agrément», et qui règne aujourd'hui dans la plupart des institutions de jeunes gens, surtout des pensionnats.
Nous ne parlons pas de l'accompagnement d'orchestre, qui n'est pas et ne sera sans doute jamais à la portée des établissements d'instruction primaire. L'orchestre peut venir, à l'occasion, demander le secours des voix d'une école ; mais celle-ci n'a pas généralement les moyens de recourir pour son compte à un si dispendieux auxiliaire. D'ailleurs, là où on serait arrivé à ce point de prospérité musicale, on n'aurait plus besoin de nos conseils.
XII. Les recueils de chants d'école, actuels et futurs. — Nous aurions voulu, comme l'ont fait nos confrères pour d'autres matières d'enseignement, terminer cet article par une bibliographie des publications actuelles de morceaux de chant destinés aux écoles.
La liste en serait d'abord trop longue, même en nous bornant aux publications françaises, mais de plus nous risquerions de rendre à nos lecteurs plutôt un mauvais service qu'un bon, et de les mettre dans l'embarras au milieu de la quantité déplorable de médiocrités parmi lesquelles sont généralement égarées les choses vraiment belles et convenables (à plus forte raison s'il fallait y comprendre les cantiques).
Le principe commercial qui fait passer la mauvaise marchandise en l'alliant à. la bonne a été trop souvent appliqué par nos éditeurs à la musique de chant pour que nous puissions ici faire autrement que de recommander un sévère éclectisme. Pour trouver les trente ou quarante chants qui représentent la consommation d'une classe élémentaire pendant une année, il faut généralement compulser plusieurs recueils, si l'on tient à avoir des œuvres de choix au point de vue des paroles comme à celui de la musique.
Les vieux chants populaires, non seulement ceux des pays de langue allemande, qu'on retrouve paa tout, mais ceux de notre propre pays, qui n'ont
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pas été assez utilises, sont souvent les meilleurs au point de vue musical, ainsi que les chants les plus lienreuxctles plus simples d'œuvres des compositeurs français des deux derniers siècles ; mais c'est là que les paroles sont souvent défectueuses ou inacceptables, et qu'on sent le plus tristement l'urgence actuelle du vœu que nous formions plus haut, de voir nos poêles patriotes nous •nier, comme en Allemagne, toute une littérature de chants populaires nationaux, à l'usage des écoles et des familles.
Il y a un obstacle très grave à la publication debons recueils scolaires analogues à ce que peut réunir pour son usage personnel un instituteur intelligent, c'est le droit de propriété artistique et littéraire. Dans les conditions présentes, ce droit condamne à une stérilité relative les efforts des éditeurs, sans rendre grand service aux auteurs euxmêmes. L'instruction primaire et l'instruction populaire sont gratuites dans leur essence, et ne vivent que de dévouement gratuit. Il leur faut des chefs-d'œuvre, et elles ne peuvent les payer. Un chant national, une poésie populaire ne peuvent pas être une propriété individuelle, ou alors il y aurait nécessité de les exproprier pour cause d'utilité publique. Toutefois on peut croire que la générosité patriotique des auteurs abandonnerait aisément le terrain légal en pareil cas, si l'opinion publique leur en faisait un point d'honneur i si, par exemple, un ministère, un département, une grande ville se faisaient eux-mêmes les éditeurs d'un recueil pour les écoles, avec ce but de donner à prix coûtant aux enfants et aux familles une collection nationale de chants populaires. Non seulement on pourrait choisir, du consentement des auteurs, tout ce qui conviendrait dans les œuvres connues, mais on pourrait demander aux poètes et aux compositeurs illustres du pays de nouvelles œuvres, célébrant en beaux vers, mis sous des mélodies d'une heureuse simplicité, tout ce que la jeunesse doit apprendre à aimer : Dieu, la patrie, la famille, la nature, le devoir, l'héroïsme; et il est évident que chacun des hommes de cœur et de talent dont la France est riche. Dieu merci, tiendrait à honneur d'apporter sa part à cette souscription patriotique d'un nouveau genre.
Peut-être serions-nous assez heureux pour trouver parmi les plus belles œuvres ainsi offertes au pays ce trésor qu'en ce moment la France ne saurait payer trop cher, un chant national, un chant de paix et de concorde qui puisse réunir dans un même accent tous les cœurs français !
Il y a déjà des exemples de recueils de chants scolaires publiés par des autorités publiques, et nous devons citer sous ce rapport, comme un modèle à tous égards, la collection des quatre Music reader due à l'éminenl « surintendant de musique » des États-Unis, M. L. W. Mason, collection « qui est la propriété de la ville de Boston ».
Nous sommes persuadé qu'en ce moment, où, les intérêts de l'instruction primaire sont à l'ordre du jour dans l'opinion publique en France, nos vœux ne peuvent manquer d'être bientôt accomplis.
En attendant,, nous rappellerons aux intéressés les principaux recueils où on peut trouver dès aujourd'hui des chants convenables aux écoles.
La vieille collection de Y Orphéon, en 9 volumes in-8°, édités jadis par Perrotin, se trouve encore chez Gurnier, bien près d'être épuisée. Elle date do l'effort puissant dont Wilhem a été la personnification, et qui a fondé les orphéons. La poésie n'est pas, malheureusement, à la hauteur de la musique.
Le recueil de morceaux de chant par Delcasso et Gross, 3 cahiers in- 12, édités avant la guerre à Strasbourg, se trouve chez tous les libraires. Il a été le signal d'un renouvellement de popularité pou* ie genre allemand des chants d'école.
La Suisse française peut fournir dans le même
esprit des recueils utiles à connaître : nous citerons le Miil'idéon (chez Cherbulicz, à Genève) et les trois volumes du Répertoire musical de Kurz chez Sandoz, à Neuchâtel).
In tout, petit volume noté en chiffres, intitulé Chants de l'école et des loisirs, et très remarquable à tous égards, a paru en 18(i0 chez Berger-Levrault, mais n'a pas été continué.
Pour les petites filles, un charmant recueil de chants récréatifs est celui des Rondes du couvent de Marcellin Moreau, chez Larousse etBoyer.
On trouverait certainement beaucoup de pièces simples et belles, utilisables pour les jeunes enfants, dans l'immense collection des Cho:urs publiés pour les orphéons de lu Ville de Paris, chez Lebeau, Choudens, Durand, Lory, et autres éditeurs de musique parisiens.
Une maison récemment fondée, celle de BL H. Gautier, rue Meslay, à Paris, mérite d'être recommandée comme s'étant consacrée à l'unique spécialité des œuvres musicales destinées aux établissements d'éducation et aux familles. Nous y signalerons notamment un excellent Manuel musical des écoles, en deux cahiers in- 8° (adopté par la ville de Paris), un bon cahier de canons, les collections intitulées Chants de V enfance, Voix matinales, Trésor musical des écoles, etc., et six cahiers de mélodies avec accompagnement de piano, tirées des œuvres des grands maîtres, Beethoven, Mozart, Schubert, etc., dont les paroles composées pour la jeunesse unissent la forme littéraire au fond moralement irréprochable.
Nos grands éditeurs parisiens commencent à sentir la nécessité de publications présentant cette dernière condition ; mais les cahiers de mélodies de Schumann, Gounod, Niedermeyer, etc., parus jusqu'ici, sont de la musique de salon et non pas de la musique d'école.
Dans les conditions actuelles, nous conseillons à chaque instituteur de se créer lui-même, par un choix attentif et judicieux, le petit trésor littéraire et musical qu'il confiera à la mémoire de ses enfants. Le résultat sera la variété, qui est une bonne chose, et l'émulation, qui est une chose meilleure encore. [Albert Dupaigne.J
CHAXTKUllS DU JUBILÉ. — V. Jubile.
CHAJXTKlï (fonctions de). — Rien ne s'oppose à ce que l'instituteur public remplisse les fonctions de chantre, de clerc paroissial, ni même de membre du conseil de fabrique, en dehors de toute autorisation du conseil départemental, ces fonctions ne rentrant dans aucune des catégories prévues par l'article 32 de la loi du 13 mars 1850.
Dans quelques départements, les chantres font tous les ans, en vertu d'un ancien usage, une quête à domicile. On leur remet dans chaque maison de l'argent ou des denrées en nature comme rémunération de leurs services. Cette coutume est contraire à la dignité du corps enseignant. Dans les pays où elle existe encore, l'administration devra s'efforcer de la faire disparaître en obtenant des fabriques une allocation fixe équivalente au bénéfice que la quête procurait à l'instituteur. M. le préfet du Pas-de-Calais^ département ou cette pratique s'était conservée dans un assez grand nombre de communes, a pris, le 31 octobre 137G, l'arrêté dont la teneur suit :
« Art. 1er. — Il est interdit à tout instituteur remplissant les fonctions de clerc-laïque de pratiquer la quête dite « quête au pain et aux œufs ».
» Art. 2. — La rémunération de l'instituteur clerc-laïque ne sera autre qu'un traitement fixe alloué par la fabrique de l'église, ou, en cas d'insuffisance des revenus de la fabrique, payé sur les fonds communaux, par un vote du conseil municipal. » [L. Armagnac]
CHANTEE. GRAXD CIIANTRK ou FEKCHAX- THE. — En droit canonique, on appelait de l'un
CHANTRE