‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 197 sur 547 · CHAPSAL · texte numérisé non relu

CHAPSAL

GIIAPTAL

în-8°, 1773, ouvrage classique d'une véritable valeur et qui a eu de nombreuses éditions; De l'éducation des classes inférieures du peuple et des maîtres d'école de paraisse ; Avantages de l'éducation classique, etc. [A. Demkès.J

CHAPSAL (Charles-Pierre). — Grammairien français, né et mort à Paris (l'788-18S8). Secrétaire de Girault-Duvivicr, il avait travaillé avec lui à la Grammaire des Grammaires . 11 était maître d'études au lycée Louis-le-Grand à Paris en 1823, lorsqu'il composa et publia, avec la collaboration de Noël, inspecteur général de l'Université, une Grammaire française avec des exercices. Cet ouvrage eut un grand succès. Chapsal publia en ou tre une série de livres sur les différentes parties de la grammaire : Traité des participes, 1 vol. in- 12 ; Exercices sur les participes ; Traité d'analyse grammaticale ; Traité d'analyse logique ; etc. En mourant , Chapsal légua une somme de 80,000 francs destinée à acheter de la rente 3 p. ! 00 pour encourager ou aider les instituteurs primaires laïques exerçant ou ayant exercé leur profession dans l'un des deux arrondissements de Sceaux ou de Saint-Denis. [A. Demkès.]

CHAPTAL (Jean-Antoine). — Né à Nogaret (Lozère), 4 juin 1756, mort le 30 juillet 183^. — Nous n'avons à raconter ni la carrière du grand chimiste qui, dans sa fabrique do Montpellier comme dans sa chaire à l'Ecole polytechnique, eut l'honneur de faire, un des premiers, passer la science du domaine théorique dans celui des applications usuelles ; ni le rôle de l'homme politique qui ne sortit de prison, en 1793, que pour diriger à Grenelle la fabrication du salpêtre et contribuer à sauver la patrie ; ni môme ses trois années de ministère (1800-1803), dans lesquelles il commença ou accomplit tant de réformes. Au seul point de vue de .l'enseignement populaire, d'où nous ne devons pas sortir, le nom de Chaptal mérite d'être cité avec reconnaissance pour plus d'un motif : c'est lui qui créa notre première « école spéciale d ar s et métiers » (à Compiègne, depuis à Châlons); c'est lui qui donna au Conservatoire des arts et métiers son double caractère d'école et de musée ; c'est lui qui fit rédiger par le baron Costaz la première loi pour la protection des apprentis (Loi du 22 germinal an XI), qui organisa les expositions de l'industrie, cette grande école mutuelle des arts et métiers ; qui créa l'enseignement populaire de l'arboriculture dans la pépinière du Luxembourg ; qui organisa la protection des orphelins et des enfants abandonnés et leur éducation à, la campagne.

Au conseil d'Etat,section de rintérieur,il avait présenté, le 18 brumaire an IX, un rapport et projet de loi sur l'instruction publique, que le Moniteur publia en entier, « pour répondre à l'impatience avec laquelle il était attendu et prévenir les fausses idées que pourraient en donner des extraits infidèles » (Note du Mon. n° 49, an IX). Un résumé du projet de loi sera donné à l'article Consulat ; nous reproduisons ci-dessous quelques passages du rapport, qui mériterait d'être plus connu. « A la veilla de la révolution, dit Chaptal, la nature de l'instruction publique exigeait quelques réformes, mais on ne peut pas nier que la méthode d'enseignement fut excellente. — Le système d'instruction publique qui existe aujourd'hui est essentiellement mauvais... : 1° les écoles primaires n'existent

presque nulle part par conséquent les écoles

centrales, qui supposent des études premières, ne servent qu'à un petit nombre d'individus ; 2° le passage des écoles primaires aux écoles centrales n'est pas rempli par des études intermédiaires ; 3° la gradation des études, si nécessaire pour développer par degrés l'entendement, n'est nas organisée dans les écoles centrales... Une

disposition bizarre de la loi distribue l'enseignement d'après la seule considération de l'âge ; 4° l'instruction s'y donne sans surveillance...; 5° les cours ne sont pas partout distribués d'une manière avantageuse...; 0° l'instruction n'y eil pas proportionnée à la faiblesse de l'élève...; 7* tontes lei parties n'y reçoivent pas d'assez grands développements. — Pour présenter aujourd'hui un bon système d instruction publique, il faut donc se placer entre ce qui existe et ce qui était avant la révolution ; il faut étudier dans le passé, comme dans le présent, les leçons de l'expérience, pour former de tous les faits qu'elle nous fournira les éléments de notre éducation nationale. C'est la marche que j'ai constamment suivie dans le projet que je soumets au conseil. » — Dans la pensée de Chaptal, l'instruction peut être regardée comme l'effet et le besoin de la civilisation, elle doit être proportionnée à son état et à ses progrès. Elle doit placer la génération qui s'avance au moins au ni- I veau des connaissances de celle qui finit. Dans un gouvernement représentatif on éprouve partout le besoin de l'instruction; tous en effet sont appelés à voter pour l'élection des magistrats : or, celui qui ne sait ni lire ni écrire est dans la dépendance de celui qui possède ces arts. Lire, écrire, chiffrer, et 1; s premières notions du pacte social, telle est 1 instruction commune et générale, que le gouver- | neraent doit à tous ; elle est pour tous une nécessité absolue, c'est donc une dette publique que la [société a le devoir d'acquitter. Le père de famille I aussi a droit au respect, il faut entourer d'une pro- ! tection presque illimitée cette première magistrature. L Etat a le droit et le devoir de créer partout des écoles publiques, mais « il appartient au droit ; d'un chacun d'ouvrir une école libre ; gloire, intérêt, amour-propre, cette rivalité met en jeu tous les ressorts. » Chaptal détermine les bases que l'on doit adopter pour donner et distribuer l'instruction sur tout le sol de la République; ses calculs de statistique sont nouveaux et curieux; il veut que l'on proportionne les ressources aux besoins, que l'on assure une pension deretraite aux instituteurs. Dans l'état actuel de la France, on peut réduire à trois degrés tout le système : 1° les écoles municipales, 2° les écoles communales, ô° les écoles spéciales. La dépense totale des écoles municipales, que l'on ne peut placer que dans les villes, sera de 5 millions ; celle des écoles communales, de 3 millions ; celles des écoles spéciales et de l'Institut de 1,566,000 fr. Un budget d'environ 10 millions suffira pour établir partout des écoles, de sorte qu'il n'existe plus, sur le sol de la République, « un seul point, où chaque individu ne trouve une instruction suffisante et proportionnée à ses besoins. » Le projet de loi, qui renferme 10 titres, >vst inséré in extenso aux numéros 56 et 57 du Moniteur de l'an IX. Le premier consul ne jugea pas à propos d'y donner suite.

Chaptal déploya la plus louable activité pour améliorer l'agriculture, l'industrie, la santé publique et surtout l'enseignement, depuis l'école primaire jusqu'aux applications scientifiques les plus élevées. On peut consulter avec fruit ses instructions, ses circulaires relatives au recensement de la population (30 fructidor an X), — au perfectionnement des livres élémentaires, — aux comités de bienfaisance de Paris, — à l'emploi des nouvelles mesures, — à la rédaction d'un annuaire, confiée aux professeurs et aux bibliothécaires des écoles centrales, — surtout celle qu'il adresse aux préfets pour demander aux Conseils d'arrondissement les renseignements nécessaires à une statistique scolaire. — Les rapports des préfets en réponse à cette circulaire du 25 ventôse an IX, que nous allons reproduire presque textuellement, sont dispersés dans hjs archives; on les y trouve difficilement ; il iuinoite de les rechercher, car ils ren-

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