CHAUFFAGE DES ÉCOLES. — 1. LÉGISLATION
Le chauffage des écoles a toujours été une charge des familles, du moins dans les communes rurales, et il existe encore des localités dans, lesquelles chaque enfant apporte sa bûche. Cependant en général aujourd'hui les familles s'acquittent de cette charge en payant une rétribution. « La commune n'intervient, pour sa quote-part, que comme représentant les élèves gratuits. Elle est obligée de pourvoir à cette partie de la dépense comme elle pourvoit aux frais d'entretien de ses bâtiments municipaux, et ne saurait prétendre dès lors, pour cet objet, à aucune subvention, soit sur les fonds du département, soit sur les fonds de l'État. » (Cire. 9 août 1870.)
Nous aimons à citer ce qui se fait, depuis vingt ans, dans le département de l'Ain, au grand avantage des maîtres et des familles. L'exemple nous paraît bon à suivre :
« Vers le mois de septembre, le maire pourvoit à l'approvisionnement du combustible ; il fait payer la dépense soit au moyen d'un crédit spécialement ouvert, pour cet objet, au budget communal, soit en conformité d'un vote émis, à titre de ratification, par le Conseil municipal dans sa séance de novembre. Ce paiement est une avance faite aux familles.
« A la fin de l'hiver, le maire divise la somme dépensée par le nombre des élèves inscrits au registre matricule, payants et gratuits, afin de connaître le quantum de la dépense faite pour chaque élève. Il dresse alors, en vertu de l'article 63 de la loi du 18 juillet 1837, un état ayant pour objet le recouvrement du contingent qui incombe aux élèves payants (la commune restant ainsi chargée de la part de la dépense afférente aux élèves gratuits}. Il soumet cet état au visa du sous-préfet, qui le transmet au receveur municipal. Les communes aisées renoncent d'ordinaire à ces recouvrements, et supportent ainsi toute la dépense. » (Journal des Instituteurs, 24 octobre 1875.)
Dans les écoles normales, il n'est dû de chauffage et d'éclairage particulier que pour le cabinet du directeur et pour la salle des réunions de la commission de surveillance. La prestation en nature du combustible et du luminaire pour ces deux services est réglée par académie et varie : pour le chauffage, selon les régions , de G stères de bois ou 24 hectolicres de houille à 8 stères de bois ou 36 hectolitres de houille ; pour l'éclairage, elle est uniformément de 36 kilogrammes de chandelle ou 50 kilogrammes d'huile. (Dec. 26 déc 1855, art. 23 et 24.) [E. de Resbecq.]
2. Hygiène scolaire. — Le chauffage des classes d'une école peut s'opérer de deux façons : la première par l'emploi d'appareils dits calorifères, élevant la température de plusieurs classes à la fois au moyen d'un foyer central et d'un réseau de conduites; la seconde au moyen d'appareils distincts pour chaque classe.
Le premier de ces moyens n'est guère usité que dans les établissements scolaires d'une certaine importance, il ne s'emploie par conséquent que dans les écoles urbaines; le second au contraire, tout en étant également en usage dans les écoles urbaines, est le seul qu'on emploie dans les écoles rurales.
Les calorifères destinés aux grandes écoles des villes se placent dans le sous-sol et de là distribuent la chaleur nécessaire au moyen de canaux disposés dans l'épaisseur des murs, et terminés par des bou-
ches de chaleur que l'on ouvre ou ferme à volonté: ces bouches sont percées dans le plancher et dans les murs à 1 mètre et 2 mètres au-dessus du sol. Ces appareils sont extrêmement variés de forme et de construction : les uns sont en tôle, les autres en fonte ou en briques; les uns émettent de l'air chaud, les autres font circuler de la vapeur ou de l'eau chaude.
Les inconvénients de ce système sont de doaner lieu à une dépense première assez élevée, de ne fonctionner économiquement que si tout l'édifice a besoin d'être chauffé, de suspendre forcément le service de toutes les classes en cas de réparation, et d'exiger enfin l'emploi d'un chauffeur spécial et expérimenté.
Les avantages sont de donner une chaleur égale dans toutes les pièces et dans toutes les partie» de chaque pièce, d'éviter la malpropreté résultant de l'emploi d'un poêle, et enfin de supprimer les inconvénients de la chaleur rayonnante, souvent cause d'une gêne très grave pour les plus proches voisins d'un foyer.
Pour ces raisons ce système n'est employé que dans les grands établissements scolaires des grandes villes ; c'est en Belgique, en Allemagne, en Suisse surtout qu'il paraît avoir jusqu'à ce moment reçu les applications les plus pratiques.
Le second système, celui des poêles ou appareils distincts pour chaque classe, comprend tous les poêles, cheminées, etc., que nous avons vus fonctionner partout; dont les formes et les dispositions varient à l'infini et entre lesquels il y a un choix important à faire.
La première question à étudier est l'évacuation de la fumée : on s'est longtemps contenté d'un tuyau en tôle qui traversait la classe et allait aboutir à une cheminée placée à l'autre extrémité; la chaleur de ce tuyau passant au-dessus de la tête des enfants les incommodait, l'odeur dégagée par les poussières brûlées sur le métal pouvait les rendre malades, l'eau de suie qui s'échappait par les fissures tachait parfois les livres, les papiers et les vêtements des écoliers.
On construit aujourd'hui des poêles dont la fumée s'échappe par un tuyau recourbé qui passe sous le plancher, puis s'ouvre à l'extérieur ; ou bien le tuyau de fumée est noyé dans un mur et monte directement.
Voici maintenant à quelles conditions doivent satisfaire de tels appareils. D'abord il convient qu'ils présentent une grande surface de chauffe ; que le foyer soit revêtu d'une enveloppe en terre cuite, séparée de l'enveloppe métallique par une couche d'air, pour éviter de surchauffer la surface extérieure où les poussières et les vapeurs en suspension dans l'air se brûleraient en produisant une odeur désagréable; on évite aussi par ce moyen un rayonnement direct trop intense. Il est bon que la surface extérieure soit de terre émaillée ou de faïence dont les parements peuvent facilement être entretenus en bon état de propreté ; que la bouche d'émission de chaleur soit placée au-dessus de la tête des enfants afin que l'air chaud se répande aisément dans la pièce et la traverse avant d'arriver aux orifices d'évacuation ménagés dans le plancher (V. Ventilation). Il est aussi à désirer que l'orifice du chargement et de l'allumage soit olacé à l'extérieur de la salle, dans un couloir, galerie ou vestibule.
Les appareils de ce genre répondant à tout ou partie de ces conditions sont nombreux ; les indiquer, les discuter, faire connaître leurs défauts et leurs qualités, nous entraînerait dans de trop longs développements pour qu'une telle étude puisse être abordée ici.
Dans la plupart des cas on peut disposer les appareils de chauffage de façon à faciliter la ventilation de la pièce où ils sont placés.