‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 204 sur 547 · CHER · texte numérisé non relu

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tour chacune de ces trois parties; il ne s'agit même pas, à l'heure présente, d'élever encore le monument, mais de ranger ensemble et de numéroter les pierres principales qui doivent servira sa construction. Il est nécessaire, pour réussir en cette matière, d'étudier les hommes et les choses, les temps et les lieux, la nature immuable en ses principes, mais toujours variée dans ses résultats, et de ne pas présenter des raisons politiques faiblement échafaudées d'après la liénublique de Platon ou d'après les romans historiques composés sur Lacédémone. » La critique est juste, sensée, spirituelle, mais les moyens proposés par le poète législateur ne furent pas tous adoptés: il s'éloignait trop de la tradition.

C'est à lui que l'on doit le décret relatif à la formation d'un institut national de musique. « On sait, dit-il, combien la musique nationale s'est distinguée durant la révolution, et son influence sur les patriotes, à Paris, dans les départements, aux armées; je demande que l'on décrète le principe <m'il y aura un institut national de musique à Paris, et que la Convention charge son comité d'instruction de déterminer les moyens d'exécution. » {Monit., n° 50, 1793.)

Au conseil des Cinq Cents, ses rapports sur les sciences et les arts et sur les secours aux savants •et aux artistes, auxquels il fit distribuer 300 000 fr., ses projets sur la fête de la Victoire, sur la célébration du décadi, sur l'examen du règlement de l'Institut, sa demande de l'ordre du jour sur une proposition relative à l'instruction publique (12 prairial an V), attestent sa vive et constante sollicitude pour les hommes et les choses de l'enseignement national, dont il fut, dans ces jours troublés, l'un des apôtres les plus intelligents et les plus dévoués. Sous le Consulat, il fut nommé inspecteur général des études (1803) ; mais, en 18u6, Napoléon le destitua à cause de la publication de son Epltre à Voltaire. Il lui accorda toutefois plus tard une pension, que Chénier dans sa détresse lui avait demandée. [L. Maggiolo.]

CHER (département du). — Superficie: 719 934 hectares. — Population: 345 613 habitants ^au lieu de 335 392 en 1872). — Densité moyenne de la population : 48 habitants par kilomètre carré. — 3 arrondissements; — 29 cantons; — 291 communes; — 3 circonscriptions d'inspecteurs primaires.

Population d'âge scolaire : — 47 485 enfants de six à treize ans ("23 865 garçons et 23 620 filles), soit près de 14 enfants par 100 habitants.

1. Historique de l'instruction primaire. — Avant 1789. — Bourges, une des villes les plus célèbres des Gaules sous le nom & Avaricum, posséda de bonne heure des écoles importantes. — Selon Jean Chaumeau, auteur d'une histoire du Berry (1566), il fut mandé aux archevêques de Bourges, par deux bulles apostoliques, l'une d'Adrien IV et l'autre d'Honorius III, de « ne molester ou erapescher aulcunement les chanoines de 1 église sainct Ursin au droict et coutume qu'ilz avoient de icnir escoles publiques, et faire exercice de littérature. » — Cet auteur affirme même naïvement <iu'un certain Sarron, « auparavant l'incarnation de Jésus-Christ, avait institué une Académie ou escoles publiques audict Bourges, lors nommée Avaricum, où il faisait interpréter les livres de Samotes, inventeur des lettres. »

En 1464, Louis XI fonda l'Université de Bourges qui devint une des plus célèbres de l'Europe. Elle possédait les quatre facultés, mais c'est à sa faculté de droit civil et à ses professeurs, André Alciat, Duarcn, Doneau, Cujas, Jean Mercier, qu'elle dut son principal éclat.

La ville de Bourges possédait en outre deux collège-, — Le collège Sainte-Marie, fondé en 1504 par Jeanne de France, duchesse de Berry, fut dirigé par les Jésuites, puis par les Doctrinaires, et subsista

jusqu'à la Révolution. — Le collège Chevalier, du nom de son fondateur, chanoine de la Sainte-Chapelle, enseignait les premiers éléments de la grammaire. Fondé en 1554, il fut remp'acé par un aéminaireen 1680.

Au-dessous des collèges venaient les petites écoles, établies auprès de la cathédrale et dans les principales paroisses; chaque chapitre avait son école. Plusieurs conciles de Bourges s'occupèrent de la création de ces écoles et des soins que les enfants devaient y recevoir. (V. Berry.)

Le voisinage de l'archevêché ne fut pas sans contribuer à rendre plus nombreuses les écoles dans le pays qui a formé le département du Cher.

La direction des écoles appartint d'abord aux prêtres, clercs ou moines. Cependant elle fut aussi confiée, dans les derniers siècles, à des laïques. Au xvne et au xvin' siècle on trouve des écoles établies par les soins de quelques localités (ainsi en 1765, les habitants de Henrichemont se réunissent pour voter un traitement à l'instituteur.

L'établissement des Frères des écoles chrétiennes dans la ville de Bourges remonte à 1738.

On ne trouve aucune trace d'écoles de filles avant le xvne siècle, époque à laquelle des religieuses de différents ordres se vouèrent à l'enseignement. A Bourges, des écoles de filles furent ouvertes en 1630 par les Ursulines, et en K;88 par les Sœurs de la Charité dites de Montoire. Les premières étaient destinées aux enfants de la bourgeoisie, les autres aux enfants du peuple.

De 1789 à 1833. — La Révolution supprima l'Université de Bourges. Le collège Sainte-Marie fut remplacé en 1793 par la Société populaire. Deux ans plus tard, la Convention désigna Bourges pour avoir une <cole centrale. Enfin, en 1802, un lycée fut créé dans l'ancienne capitale du Berry pour les départements du Cher, de l'Indre et de la Nièvre. Cette ville fut en outre dotée, en 1808, d'une Faculté des lettres, mais cette dernière institution disparut avec l'Empire.

En 1802, il fut établi une école secondaire à Sancerre. à Saint-Amand, à Vierzon et à Bourges. La même année, il existait dans cette dernière ville un pensionnat de demoiselles.

Quant à l'enseignement primaire, il s'organisa lentement et fit d'abord peu de progrès. Beaucoup d'écoles avaient été fermées pendant la période révolutionnaire, par suite de la suppression des associations religieuses, et celles qui s'ouvrirent n'eurent souvent qu'une existence précaire ou momentanée. Ainsi, en 1828, on comptait à peine 50 communes pourvues d'instituteurs brevetés, enseignant en vertu d'une autorisation. Les écoles publiques de filles étaient très rares.

Sous la monarchie de juillet. — Ce ne fut qu'à partir de la loi de 1833 que le nombre des écoles augmenta d'une manière sensible. En 18:>8, il existait déjà dans le département 165 instituteurs (131 communaux et 34 privés), et 89 institutrices (13 communales et 76 privées). Parmi les instituteurs on comptait G prêtres et 2 frères des écoles chrétiennes ; au nombre des institutrices se trouvaient 30 religieuses, 3 communales et .7 privées. — Ces écoles recevaient 10 786 enfants dont 6 067 garçons (3 828 payants et 2 239 gratuits) et 4 719 filles (2 813 payantes et 1 906 gratuites).

En 1S58, d'après une statistique départementale (dans le Rapport de l'inspecteur da>*adt mie au conseil général). — En 1858, les écoles étaient au nombre de 360, dont 111 écoles de garçons, 129 écoles mixtes (dont 5 dirigées pardes institutrices), et 12<> écoles de filles — Les écoles de garçons oumixt°s comprenaient 228 écoles communales et 12 écoles libres; les écoles de filles, 59 écoles publiques et 61 écoles libres. Enfin, on comptait 235 instituteurs (221 laïques et 14 congréganistes) et i25 institutrices (48 laïques et 77 congréganistes).

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