CHEVÉ
Une école normale d'instituteurs et un cours normal d'institutrices sont établis à Bourges. Le premier établissement reçoit 36 élèves et le cours normal en compte 12.
Institutions diverses. — Les cours d'adultes, au nombre de 209 (178 d'hommes et 31 de femmes), ont réuni 5465 auditeurs, dont 4 984 hommes et 481 femmes. Ces cours, généralement gratuits, sont particulièrement consacrés à l'enseignement primaire élémentaire; néanmoins, dans 72 cours, les adultes ont reçu des leçons sur certaines matières facultatives, telles que la géométrie pratique, l'arithmétique appliquée et le dessin.
En 1877, il n'avait été délivré que 34 certificats d'études; en 1878, 327 élèves, dont 240 garçons et 87 filles, ont été jugés dignes du certificat.
Les 137 bibliothèques scolaires comptent 10259 volumes à prêter aux familles ; les prêts se sont élevés à 4809.
Il n'existe pas encore de bibliothèques pédagogiques; mais chaque canton ne tardera pas à être doté de cette excellente institution.
En 1877, le département ne comptait que 4 caisses d'épargne scolaires; 10 autres caisses viennent d'être créées dans l'arrondissement de Bourges.
Une seule commune possède une caisse des
Il existe dans le Cher une société de secours mutuels des instituteurs et des institutrices.
Mentionnons, en terminant, les cours publics de dessin, d'histoire et de physique établis par la ville de Bourges, et les conférences faites dans les centres importants par le professeur départemental d'agriculture.
Les chiffres qui viennent d'être donnés permettent de mesurer le chemin parcouru. Assurément, la tâche est loin d'être achevée ; mais les efforts qui ont été faits et qui se font encore tous les jours permettent d'espérer que la situation scolaire ira sans cesse en s'améliorant et sera dans un avenir prochain tout à fait satisfaisante.
[Z. Laurent.]
A consulter : Dans le Rapport sur la situation du département, par le préfet Luçay, en l'an X, quelques lignes seulement ont trait à l'instruction, celles-ci notamment : « On ne peut dissimuler que les pertes qu'a fait éprouver à cette ville (Bourges) la suppression des anciens établissements ne sont pas réparées. . . L'organisation des écoles primaires est impatiemment attendue... La réforme des écoles centrales est également nécessaire. »
Dans le Bulletin de la société d'agriculture du Cher, quelques notices sur l'instruction agricole, notamment les rapports de M. Roger, sur les examens subis et les récompenses obtenues par les élèves de l'école normale pour l'enseignement de l'agriculture (1867, p. 233 et 256. 1872, p. 202).
[Prunier.]
CHERRIEH (Sébastien). — Né à Metz, en 1699, mort le 15 octobre 1780. Il entra dans les ordres, fut chanoine régulier, et devint curé de Neuville et de Pierrefite dans le diocèse de Toul. Il s'est beaucoup occupé d'éducation et d'enseignement, et principalement des méthodes de lecture et des moyens d'apprendre l'orthographe. Il fut un des précurseurs et presque des fondateurs de l'enseignement mutuel. Voici la liste de ses ouvrages pédagogiques :
1° Méthode familière pour H petites écoles avec un traité d'orthographe, in-12, 1749. Ce volume expose le mode simultané ainsi que le procédé « omniphonique ; » il donne une idée de la manière dont étaient dirigées les bonnes écoles au dix-huitième siècle.
2° Méthodes nouvelles pour apprendre à lire aisément en peu de temps, même par manière de jeu et d amusement, aussi instructives pour les maîtres que commodes aux pères et mères et faciles aux enfants, avec les moyens de remédier à plusieurs équivoques et bizarreries de l'orthographe rançaise, in-12, 1755. Ce volume très intéressant
contient l'exposé critique des diverses méthodes mécaniques de lecture et d'écriture connues jusqu'alors. La même année, il fit imprimer séparément la partie de l'élève sous le tife ù' Alphabets latin et français^ extraits des méthodes nouvelles, in-folio.
3° Manuel des maîtres et maîtresses d'écoles et Grammaire française tirée des meilleurs auteurs, in-12, 1756. Compilation formée des deux volumes précédents.
4° Equivoques et bizarreries de l'orthographe française, in-12, 1766, volume plus curieux que profond. [A. Demkès.]
CHÉTARDIE Cabbé de La). — En 17u9, M. de La Chétardie, curé de Saint-Sulpice, eut l'idée d'ouvrir le dimanche une sorte de classe aux « garçons apprentis » des différents métiers. Là, une partie du temps devaii être employée à les instruire en vue de leur métier, le reste au catéchisme et à l'exhortation religieuse. Protecteur déclaré des Frères des écoles chrétiennes, qu'il menait de défendre contre les réclamations d s maîtres d'école de Paris, il pria J.-B. de La Salle de diriger ces écoles dominicales, un des premiers essais connu de cours d'adultes et d'apprentis. L'institution prospéra d'abord, sous le patronage de l'archevêché, mais les frères que La Salle avait formés à cet enseignement plus difficile et plus varié que celui de l'école proprement dite finirent par se lasser de la règle et préférèrent s'établir à leur propre compte ; les cours, qui avaient eu plus de 200 élèves, furent bientôt fermés.
La Salle, rendu injustement responsable de cet échec, se renferma désormais dans la direction des écoles primaires. L'abbé de La Chétardie continua du reste à l'Institut naissant sa protection ; il imagina en particulier de donner aux élèves des Frères le certificat d'indigence qui coupait court à l'accusation de concurrence aux instituteurs (Cf. Pompée, Rapports du jury de l'Exposition, t. XIII, p. 170).
CHEVÉ (Emile-Joseph-Maurice). — Né le 31 mai 1804 à Douarnenez (Finistère), mort à Paris le 26 août 1 864, il entra dans la marine à l'âge de seize ans. Ayant fait de fortes études, il obtint les diplômes de chirurgien et de docteur en médecine et fut, en 1830, décoré au Sénégal pour ses services. Revenu à Paris en 1835, il professait les sciences médicales et mathématiques, lorsqu'il eut l'occasion de suivre les cours d'Aimé Paris, qui propageait une nouvelle méthode de musique due à Galin (V. ce nom) ; il s'enthousiasma pour cette méthode, épousa lasœurd'Aimé Paris*,qui professait elle-même avec ardeur les idées nouvelles, et devint bientôt le chef d'une école musicale, dont le système, introduisant au début de l'enseignement une écriture simplifiée, qui représente les notes de la gamme par les sept premiers chiffres, reçut populairement le nom de musique chiffrée.
En 1841, 1842 et 1843, Chevé expérimenta cette méthode à Lyon avec un plein succès sur les canonniers du \'t* régiment d'artillerie et les soldats du gymnase. En 1844, il commença à Paris des curs de musique qu'il continua jusqu'à sa mort. Dans une période de dix-sept ans, de 1843 à 1860, Emile Chevé a fait 154 cours, dont 43 gratuits. Il a publié divers ouvrages de controverse et provoqué différents concours entre l'école musicale actuelle et l'école nouvelle. Malgré ses efforts, la nouvelle méthode ne fut pas adoptée officiellement.
Madame Emile Chevé, née Nanine Paris, qui est le véritable auteur de la partie pratique de la méthode, a consacré aussi toute sa vie à l'enseignement de la musique. On doit à la collaboration de M. et Mme Emile Chevé une Méthode élémentaire de musique vocale, théorie et pratique, chiffrée et portée, — une Méthode d harmonie et de composition, 2 vol. in-4° ; — 800 duos gradués, in-4° ; — une Méthode élémentaire de piano, in-4°. — Parmi les