‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 23 sur 547 · INSTITUTRICES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

INSTITUTRICES PUBLIQUES

Dans les chefs-lieux. 119

Dans les sections. . . 22

Dans les chefs-lieux. 32

Dans les sections. . . 42

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L'élément laïque domine de beaucoup dans le personnel enseignant des écoles publiques. Sur 489 écoles, les laïques en dirigent 437 (,122 de garçons, 70 de filles, 245 mixtes), recevant au total 14363, enfants. Les congréganistes n'en dirigent que 52 (10 de garçons, 42 de filles), recevant 3938 enfants.

Quant aux écoles libres, il y en a 18 laïques (3 de filles, 15 de garçons), recevant ensemble 481 enfants, et 19 congréganistes (1 de garçons, 18 de filles), recevant 1149 élèves.

Maisons d'école et matériel scolaire. — Des bâtiments affectés aux écoles publiques, 257 appartiennent aux communes, 232 à des particuliers. Sur l'ensemble des 489 locaux, 201 sont réputés convenables, 94 peu convenables et 134 défectueux. La situation a besoin d'être améliorée, tant pour l'installation des écoles que pour le logement des instituteurs. On déplore également, en plus d'un endroit, l'insuffisance du mobilier scolaire, le mauvais état des bancs et des tables, le manque d'ardoises, l'absence de tableaux noirs, l'emploi trop rare encore des cartes murales, outils indispensables de l'école môme la plus élémentaire.

Bibliothèques et musées scolaires. — Le nombre des bibliothèques s'est accru de 36 depuis l'année dernière. En 1875, le nombre de volumes à prêter ne dépassait pas 8941. En 1876, il est de 12 621. De 2338, le nombre des prêts s'est élevé à 6728.

L'œuvre des musées scolaires, moins avancée, commence pourtant à prendre une heureuse extension : grâce au zèle des inspecteurs primaires, il en existe déjà dans 64 écoles.

Caisse des écoles. — La caisse des écoles, destinée à assurer la fréquentation de la part des enfants pauvres, n'existe encore que c'ins 15 localités. C'est cependant une œuvre vraiment philanthropique. On doit en dire autant des caisses d'épargne scolaires, encore peu répandues dans ce département, où la pauvreté des populations rurales exclut toute idée de capitalisation.

Certificat d'études primaires. — Cette institution, qui vient d'être introduite, a produit cette année ses premiers résultats : 155 enfants ont pris part aux épreuves ; 91 les ont subies avec succès. Il est question d'organiser des examens et d'établir une sanction du même genre pour les cours d'adultes.

Cours d'adultes. — S'ils restent encore audessous du chiffre qu'ils avaient atteint un moment lors de l'élan extraordinaire imprimé à ces classes nouvelles par M. Duruy, ils tendent néanmoins à se relever : de 2i8 en 1869, ils étaient descendus à 192 en 1872, à 136 en 1875; ils sont remontés en 1877 à 194 (145 pour hommes, 49 pour femmes).

Le nombre des élèves s'est élevé, en un an, pour les hommes de 1719 à 2242 et pour les femmes de 404 à 568, augmentation de 687 élèves.

Enseignement agricole. — Une ferme-école, destinée à former de bons chefs de culture, de bons contre-maîtres ruraux, a été fondée en 1849 sur le domaine de Paillerols, au plan des Mées. Elle compte en moyenne 33 élèves.

École normale et < ours normaux. — Sur 294 instituteurs laïques, 211 sortent de l'école normale de Barcelonnette, 1 d'une école normale d'un autre département, 39 du collège de Digne, 43 d'écoles autres que les écoles normales. — Sur 1^3 institutrices laïques, 71 sortent du cours normal de Digne, 3 d'écoles normales départementales, 59 d'autres établissements.

L'école normale, qui a fourni les deux tiers des instituteurs des Basses-Alpes, fut fondée à Barcelonnette en 1833. Ce n'est qu'à partir de 1836 qu'elle eut des professeurs spéciaux ; auparavant l'enseignement y était donné par les professeurs du collège fondé en 1646.

Quant au cours normal qui nous a déjà donné plus de la moitié des institutrices des Basses- Alpes, il existe à Digne depuis 1856 et est confié aux Sœurs de la doctrine chrétienne.

De part et d'autre, on travaille avec conscience, et ces généreux efforts ne manqueront pas de contribuer puissamment aux progrès de l'enseignement populaire. [J. Habert.]

ALPES (Département des HAUTES-). — Superficie, 553 419 hect. (ou environ 558 960 hect. en y ajoutant les parties non cadastrées, c'est-à-dire les glaciers et la haute montagne) ; 119 094 hab. (au lieu de 118 89s en 1872); densité de la pop., 21 hab. par kil. carré. — 3 arrond. : Gap, Briançon, Embrun; 24 cantons; 189 communes. L'arrondissement de Gap (14 cantons) forme, pour l'inspection primaire, deux circonscriptions : Gap (5 cantons) et Serres (9 cantons).

Population d'âge scolaire. — D'après le recensement de 1872 il y avait 17 230 enfants de 6 à 13 ans (8870 garçons, 8360 filles); d'après celui de i870, il y a 16 977 enfants (8756 garçons, 8221 filles;, soit 14.27 enfants pour 100 habitants.

1. Historique de l'instruction primaire. — Le principal document à notre connaissance, en dehors de ceux que pourrait faire découvrir un dépouillement complet des archives locales, est le « .\,é»ioire sur la statistique du département adressé au ministre de l'intérieur par le préfet Bonnaire, le 5 pluviôse an IX. » (V. Statisf.ique des préfets.)

« Presque partout en France, dit-il, l'instruction a été négligée : ici elle est nulle. De tout temps, avant comme depuis la Bévolution, la plus grande partie des habitants des villages du Gapois et du

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Serrois parlant leur patois grossier et ne soupçonnant même pas qu'il fût utile de savoir lire et écrire, végétaient dans leur sphère étroite et laissaient leur exemple pour héritage à leurs enfants. » Ils ont du reste, ajoute-t-il, « de l'esprit naturel, de l'intelligence, mais qui se développent peu faute de moyen de les exercer, » faute surtout de relations avec le reste du pays. « Il y a 50 ans, un homme de Gap, partant pour Paris, prenait plus de précautions, faisait plus de dispositions qu'un commerçant qui s'embarque pour la Chine. » Puis le préfet raconte ses efforts pour faire prospérer « les écoles républicaines », pour établir des écoles secondaires pouvant « remplir l'intervalle qui se trouve entre le premier et le troisième degré d'instruction ».

Quant aux écoles primaires élémentaires, elles ne sont point organisées : le défaut d'hommes capables, l'insuffisance des recettes municipales, peutêtre l'opposition des prêtres (allusion à la Constitution civile du clergé), « tout semble conspirer pour empêcher la propagation des lumières. Quel pays cependant en aurait un plus grand besoin ? »

Bonnaire reconnaît une exceptioi?*remarquable à ce triste état de choses. Et ici se place une page de son rapport qui est trop peu connue et qui fait trop d'honneur à un de nos arrondissements pour ne pas être recueillie ici :

« Pour trouver quelque désir d'apprendre et même une instruction réelle, il faut remonter dans le Briançonnais, pénétrer dans des vallées profondes et étroites, perdues en quelque sorte dans d'horribles précipices et qui sembleraient ne pouvoir être habitées que par des pleuplades de sauvages. C'est là qu'on sent le prix de l'instruction et que tous sans exception y consacrent leur jeunesse ; il est rare qu'un enfant n'y sache pas lire, écrire et même un peu de calcul ; mais c'est la suite d'un usage antique et de l'impérieuse nécessité. Le sol ingrat et resserré de ces vallées ne pourrait en nourrir tous les habitants ; d'ailleurs le défaut d'ateliers, de manufactures, les laisserait oisifs pendant l'hiver qui couvre la terre de plusieurs pieds de neige : de là une émigration périodique. Il a bien fallu chercher à s'utiliser dans les pays où l'on émigrait ; ainsi tous ceux qui ne connaissent pas d'arts mécaniques s'adonnent à lire, à écrire, à l'étude de la grammaire française, même latine ; et à l'approche de la rigoureuse saison ils vont peupler d'instituteurs l'ancienne Provence et en général les pays méridionaux. C'est môme une chose curieuse de voir dans les foires considérables de l'automne ces instituteurs couverts d'habits grossiers, se promener dans la foule et au milieu des bestiaux de toute espèce, ayant sur leur chapeau une plume qui indique et leur état et leur volonté de se louer pour l'hiver moyennant un prix convenu. Ces bonnes gens donnent de nombreuses leçons pendant tout le cours de la journée ; dans les intervalles, ils rendent à peu près autant de services que des domestiques à gages, et on est surpris du très léger salaire qu'il demandent pour tant de peine. A la fonte des neiges, ils reviennent dans leur pays natal avec quelques écus qui paient une partie des contributions, et ils travaillent à la terre pendant toute la belle saison. Il est peu d'hommes qui utilisent autant leur existence et qui soient plus respectables aux yeux de la société. »

En résumé, disait le préfet, « si d un côté les mœurs douces des habitants indiquent que l'autorité doit être toute paternelle, de l'autre une apathie profonde et une sorte d'inertie des populations exigent une volonté ferme, du nerf même dans les organes de la loi. Ce département est une mine qui n'a besoin que d'exploitation. »

L'histoire scolaire des Hautes-Alpes depuis 80 ans peut être considérée, on va le voir, comme la réalisation graduelle de cette devise.

2. État actuel de l'instruction primaire. — Pour apprécier les résultats que nous avons à signaler, il ne faut pas perdre de vue les conditions particulièrement défavorables que la nature des choses opposait dans ce département au développement de renseignement populaire, non plus que son point de départ si fort au-dessous de la moyenne.

Situation des communes. — Sur les 189 communes des Hautes-Alpes, 136 étaient dépourvues d'école en 1829. Mais le département mit un tel empressementà se conformer aux prescriptions de la loi de 1833, que dès 1837 il ne comptait plus qu'une commune sans école; il n'en reste plus aucune depuis 1850. Les écoles de hameau se sont multipliées depuis vingt ans, de manière à faire face à tous les besoins.

Nombre et nature des écoles. — Ce département, qui, il y ajuste 40 ans, possédait en tout 90 écoles communales, possède aujourd'hui 577 écoles publiques, 25 écoles libres et 12 écoles charitables : total 614 écoles pour 189 communes; soit une moyenne de plus de 3 écoles par commune. Plus de 150 de ces écoles ont été créées depuis 1867.

On compte 57 7 écoles publiques, dont 144 écoles laïques de garçons et 3 congréganistes. Il faut ajouter aux écoles laïques 41 écoles mixtes et 2i9 de hameau, tandis que les congréganistes n'ont que 6 écoles mixtes et 12 de hameau.

Les écoles laïques de filles sont au nombre de 6S et les congréganistes de 77. Celles-ci comptent 5984 élèves, les laïques G525.

La communion protestante compte 4 écoles de garçons, 4 de filles, 6 de hameau et 2 mixtes.

Les 25 écoles libres sont des établissements peu considérables, sauf les pensionnats de Saint-Joseph, de la Providence, quelques établissements spéciaux, l'orphelinat, l'asile des sourds-muets, etc.

Le nombre moyen d'élèves par école est de 44 et par maître de 40.

Population scolaire. — Voici le nombre actuel des élèves, et leur répartition par catégories d'écoles :

Ecoles publiques de garçons 9 624

Ecoles publiques mixtes : garçons 3 806

id. id. filles 2 795

Ecoles publiques de filles 9 059

Total des élèves dans les écoles publiques 25 284

Les écoles libres comptent :

Garçons. 445

Filles ... 944

ensemble 1 389

Total des élèves (écoles publ. et libres). 26 673

Discussion dune apparente anomalie. — Comment se fait-il que ce département ait environ 27 000 enfants dans ses écoles, puisque le recensement ne lui attribue en nombre rond que 17 000 enfants de 6 à 13 ans ? Et cependant on compte encore 627 enfants illettrés ne fréquentant pas l'école en

Toutes les dernières statistiques du ministère de l'instruction publique arrivent à ce même et surprenant résultat. Celle de 1866, la dernière publiée, classait les Hautes-Alpes au septième rang, avec une moyenne de 17.11 élèves pour 100 habitants. Celles de 1872 et 1875-76, qui n'ont pas été publiées, mais dont les renseignements n'en ont pas moins d'intérêt, assignaient toutes deux aux Hautes-Alpes le premier rang quant au nombre d'élèves comparé à la population générale (22-58 él. p. 100 hab. en 1872 et21.f>0 en 1875). Ainsi le département, n'ayant pour 100 hab. que 14 ou 15 enfants vivants (de 6 à 13 ans), en avait plus de 21 dans les écoles. La population scolaire excédait d'un tiers environ la population en âge scolaire.

Pour élucider ce point, l'administration a prescrit de relever l'âge des enfants inscrits dans les écoles en 1875-76: et l'enquête a montré qu'en effet il n'y avait dans les écoles publiques que 16 757 enfants de 6 à 13 ans, c'est-à-dire, à 200 près, le

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nombre accusé par le recensement. Le reste, c'està-dire le tiers de l'effectif, se compose d'enfants ayant les uns moins de 6 ans, les autres plus de 1 ■', ans. Ce relevé direct donne donc tout ensemble la confirmation et l'explication des chiffres en apparence inadmissibles que nous venons de transcrire.

Ajoutons que si l'on compare les départements en comptant non plus tous les élèves, mais seulement ceux de 6 à 13 ans, on arrive encore à trouver les Hautes-Alpes au premier rang : seul le territoire do Bel Tort a pour 100 habitants, 14.97 élèves de cet âge ; les Hautes-Alpes 14.10 (le Pas-de-Calais atteint 14.02 et deux autres seulement 13). C'est donc un fait avéré, bien qu'étonnant, que ce département, qui était il y a un demi-siècle au dernier degré de l'échelle, est arrivé au premier.

fréquentation des écoles. — Si l'inscription des élèves donne au département ce rang si honorable, la fréquentation au contraire laisse encore bien à désirer. Elle est fort irrégulière dans la plupart des écoles, malgré les efforts de l'administration et des instituteurs : pendant toute la belle .saison, les enfants sont employés h la garde des troupeaux. — Les écoles temporaires de hameau diminuent le mal, mais ne le suppriment pas.

Locaux scolaires. — Ce département est un des plus pauvres et des plus mal partagés pour l'installation des écoles. Sur 500 maisons d'école en 1872, l'administration en considérait 285, soit plus de la moitié, comme non convenables.

Rien n'est comparable au dénûment dans lequel un grand nombre de communes laissent encore leurs écoles : plafond bas, espace resserré, fenêtres insuffisantes, classe obscure, sans air, aspect misérable, c'est la réunion des conditions les plus défavorables pour la santé des enfants, pour leur développement physique et intellectuel. Telle salle où l'on réunit 50 ou GO enfants n'a pas les dimensions nécessaires pour en recevoir 20 : maîtres et élèves sont condamnés à vivre dans une atmosphère où tout contribue à engourdir leurs facultés.

Aussi ce département est-il un de ceux qui ont accueilli avec la plus vive reconnaissance les projets et les efforts du gouvernement en faveur d'améliorations sans lesquelles l'œuvre des écoles ne peut donner que de très minces résultats, malgré les sacrifices que l'on s'impose de tous côtés.

Gratuité. — Les Hautes-Alpes comptent 556 écoles primaires payantes et 2i écoles gratuites. Ces diverses écoles reçoivent: 14 937 élèves payants et 11555 gratuits; soit 43,60 gr. sur lOO élèves.

Le produit total de la rétribution scolaire est de 74 345 fr. 26 ; c'est donc cette somme qui serait nécessaire pour établir la gratuité absolue.

Le total des rétributions payées par les communes pour les élèves gratuits s'élève à 28 366 francs.

La moyenne de fréquentation des élèves payants était en 1876, d'après la statistique dressée par les inspecteurs primaires avec le registre matricule et le registre d'appel journalier, de 4 mois 1 jour, celle des élèves gratuits de 5 mois 22 jours. La moyenne générale était de 5 mois.

Personnel enseignant. — Le nombre total des instituteurs et des institutrices publics et libres est de 667, savoir : dans les écoles publiques, 344 titulaires d'écoles publiques, 51 adjointes et adjoints attachés à une école principale et 243 adjointes et adjoints chargés d'écoles de hameau ; — dans l'enseignement libre, 8 instituteurs laïques, dont 1 protestant, 5 instituteurs congréganistes, 6 institutrices laïques, plus 14 institutrices congréganistes et 2 protestantes dirigeant des écoles mixtes de leur communion.

Situation des instituteurs, — Presque toutes les communes recevant des subventions de l'Etat pour le service de l'instruction primaire, les traitements des instituteurs sont pour la très grande majorité réduits au minimum ; aussi la circonscrip-

tion des Hautes-Alpes a-t-elle plus particulièrement bénéficié des augmentations et des améliorations préparées par la loi du 19 juillet 1875.

Les mesures libérales prises par le gouvernement ont été un véritable bienfait pour les instituteurs des Alpes, qui ont à déployer toute leur énergie contre le dénûment le plus complet. Il faut faire ici la classe loin des ressources que le progrès moderne a mises à la portée des instituteurs du reste de la France, dans de tristes masures, n'avoir souvent d'autre logement que la classe même, sans mobilier, sans ressources, isolé pendant des mois au milieu des glaces et des neiges.

Aussi trouve-t-on généralement dans les Hautes- Alpes un personnel particulièrement sérieux, laborieux, énergique et qui comprend de mieux en mieux la nécessité d'une forte organisation pédagogique.

Conférences, Bulletin. — C'est dans les conférences cantonales que les instituteurs vont, pour ainsi dire, se retremper aux sources ; ils apprécient l'utilité de ces réunions où chacun profite du travail, du savoir et de l'expérience de tous.

Ils trouvent dans le Bulletin de l'instruction primaire, qui s'est beaucoup développé depuis deux ans, l'analyse des questions traitées en conférence et d'utiles directions pédagogiques.

Les avantages attachés au brevet par la loi du 19 juillet 1875 ont donné aux examens une nouvelle importance ; une vive émulation s'est emparée du corps enseignant ; les candidats se présentent plus nombreux et mieux préparés.

Salles d'asile. — Le département n'a que 5 salles d'asile (4 publiques, 1 libre), dont une seule est gratuite ; toutes sont dirigées par des sœurs. La salle d'asile gratuite reçoit à, elle seule 290 élèves, les 3 autres 264, l'asile libre, 90 ; en tout, 644 enfants, remis aux soins de 5 directrices, 5 adjointes et 2 femmes de service.

La dépense totale des salles d'asile publiques s'élève à 2950 fr. (2400 pour traitements, 550 pour frais de loyer). Leurs ressources sont les suivantes : fondations, dons ou legs, 150 fr. ; revenus communaux et restes des centimes, 812 fr. 50, et rétribution scolaire, 1987 fr. 50.

Cours d'adultes. — Les cours d'adultes ont reçu l'hiver dernier une vive impulsion, grâce aux efforts persévérants des instituteurs, qui en comprennent toute l'importance.

31 cours se sont ajoutés aux 284 de l'année 1875-1876; sur ce total, 290 sont dirigés par les instituteurs ou institutrices laïques, 24 par les congréganistes. Sur 4816 élèves (dont 688 nouveaux en 1876), ces cours n'ont compris que 11 payants.

Les instituteurs des Hautes-Alpes ont d'autant plus de mérite que les communes leur viennent rarement en aide dans cette tâche ; 3 conseils municipaux seulement ont voté des fonds pour ces cours dont les directeurs et directrices ont dû faire des avances évaluées à 3577 fr.

La durée moyenne des cours est de 3 mois */s ct de 10 heures i/3 par semaine. Sur 206 élèves qui ne savaient ni lire ni écrire en entrant, il n'en restait plus h la clôture que 7 entièrement dépourvus d'instruction : 39 avaient appris à lire, 91 à lire et à écrire, 51 y ajoutaient le calcul, et 18 quelques notions d'orthographe.

Ecoles normales. — L'école normale de Gap, objet de la sollicitude du gouvernement et du conseil général, a pris possession en 1876 de nouveaux et vastes bâtiments ; le matériel, le cabinet de physique, le laboratoire de chimie se sont enrichis. Les élèves augmentent par leurs propres recherches les collections et les herbiers. Une école primaire annexe est subventionnée par la ville.

L'école dispose de 26 bourses. Le recrutement des élèves est très facile ; les candidats se présentent en nombre triple des places disponibles.

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