ALMANACH
Certificat d'études. — Le certificat d'études a remplacé avantageusement les concours cantonaux. Il commence à être vu avec faveur par les maîtres, par les élèves, et ce qui importe le plus, par les familles. En 1875 il a été délivré 323 certificats d'études (dont 53 seulement pour les filles), en 187(5, 486 (dont 84 obtenus par les écoles de filles).
Le conseil général est venu en aide à cette institution d'une manière intelligente et généreuse en accordant une somme de 1500 fr., à distribuer entre les instituteurs qui feraient recevoir le plus d'élèves au certificat. Il a voté également une autre somme de 1500 fr. pour ceux d'entre eux qui feront recevoir des élèves à l'École normale.
Conférences pédagogiques. — Elles sont malheureusement tombées en désuétude ; l'administration s'efforce de les rétablir.
Cotisations spéciales pour les livres scolaires. — Chaque élève payant verse chaque mois 10 centimes en plus de la rétribution entre les mains du percepteur. Le produit de ces cotisations sert à l'achat de livres scolaires, que l'instituteur choisit avec approbation de l'inspecteur et qui deviennent la propriété de l'école : subside indirect en faveur des enfants indigents.
Instruction des conscrits. — Dans la liste des départements classés d'après le nombre de conscrits sachant au moins lire, l'Allier était le 86e pour la période de 1827-1847, avec une moyenne de 811 illettrés sur 1000 ; il occupe le même rang ie 1847 à 1866 (669 illettrés).
Le nombre des conscrits sachant lire était de 1867 à 1873 de 568 sur 1000. Enfin le dernier compterendu publié par le ministère de la guerre (1874) n'accuse plus que 393 illettrés sur 1000. Le progrès est donc bien marqué.
D'après le nombre total des conjoints n'ayant pas su signer leur acte de mariage de 1 «55 à 1873, l'Allier occupait le 83e rang pour les hommes (559 illettrés sur 1000), et le 72e pour les femmes (649 illettrés sur 1 000).
ALLIZEAU.— « Marchand d'objets d'histoire naturelle et de curiosités, quai Malaquais, n. 15, à Paris » (ancien n. 15 supprimé par la construction du Palais des Beaux- Arts).
En dehors de son négoce, Allizeau était un savant et un inventeur. Il composa, de 1812 à 182o, trois séries de jeux instructifs, dont les deux premières portent le titre de Métamorphoses ou amuse* ments géométriques. Elles sont composées de quinze petites plaquettes en bois de noyer, taillées régulièrement, de formes et de grandeurs variées. Le jeu consiste à composer, avec ces plaquettes, diverses figures géométriques, que l'on transforme successivement en d'autres figures par le déplacement calculé de quelques pièces ; on fait ainsi des étoiles , des polygones, des parquets, des grecques, des dentelures, etc., variés presque à l'infini.
Les deux petits volumes qui accompagnent ces séries contiennent des planches gravées donnant des exemples pour la -composition des figures : dans le premier, 57 objets familiers, tels que vases, meubles, chaises, bancs, tables, lits, escaliers, portes, fenêtres, façades, etc. ; dans le second, 53 figures de géométrie très élémentaire ; 19 représentations a'outils, scie , compas , maillet , équerre, etc., et 31 édifices, palais, ég^ses, tours, colonnes, ponts, etc. En tout, 160 figures formées avec les plaquettes.
Le troisième jeu a pour titre : l'Architecture amusante, ou suite des Métamorphoses géométriques. Il se rapporte aux solides, comme les deux premiers aux surfaces. Il est formé d'un parallélipipède divisé en quinze parties rectilignes, différentes et inégales. Ce sont des cubes divisés suivant la diagonale. Le tout est renfermé dans une
petite boîte à coulisse de 8 centimètres sur 6.
Avec ce troisième jeu on fait non plus seulement des façades ou des surfaces, mais des constructions élevées, avec leurs épaisseurs proportionnelles et leurs principaux accessoires. Les meubles ont une profondeur, les maisons ont des cours, les châteaux de? tourelles. Le livret donne 38 exemples de constructions ou « élévations perspectives », plus le plan géométral représentant les fondations et exécuté au moyen des surfaces empruntées aux premières séries.
Ce qui caractérise les jeux d'Allizeau et les distingue essentiellement de ces, jouets d'architecture très dispendieux qui nous viennent d'Allemagne, c'est la préoccupation visible d'instruire tout en amusant, d'instruire par le charme que trouve naturellement l'esprit à créer sans cesse et par lui-môme des combinaisons nouvelles. Les jouets allemands offrent à l'enfant des pièces toutes faites, des colonnes tournées, des frontons, des entablements, auxquelles le joueur n'a point travaillé. Après vingtquatre heures de possession l'enfant en a assez, il est dégoûté de ce jouet invariable.
Allizeau, qui à cet égard devance Frœbel de longtemps, veut exercer l'instinct créateur de l'enfant. « J'ai composé ces jeux, dit-il, de manière à laisser aux joueurs le plaisir de chercher des combinaisons différentes des miennes : ils se prêtent à un grand nombre de sujets, que chacun pourra imaginer et varier à son gré ».
Ces jeux d'Allizeau, comme plus tard les dons de Frœbel, familiarisent l'œil et l'esprit de l'enfant avec la régularité, la symétrie des formes géométriques. « J'ai combiné les figures, dit-il, de manière à représenter le plus possible des objets réguliers. Ce genre d'amusement pourra donner du goût pour les premiers éléments de l'architecture et de la géométrie, dont la connaissance est indispensable dans la pratique des arts. » Allizeau pense aussi à l'indispensable auxiliaire de la construction : la coupe des pierres. Quatre pièces de chacun de ces jeux sont taillées en pierre d'angle, de sorte que l'enfant acquiert tout en jouant une idée exacte des conditions d'assemblage des pierres.
Parmi les figures de la deuxième série, 28 présentent de petits problèmes de géométrie très élémentaires. Ces figures — nouvelle analogie avec les procédés de Frœbel — sont quadrillées, c'est-à-dire recouvertes d'un réseau de petits carrés égaux. Le nombre de ces petits carreaux permet aux enfants de se rendre compte, par un calcul facile, de la grandeur comparative âes surfaces et de leurs rapports entre elles. Ainsi la démonstration du problème d'Euclide relatif au carré de l'hypoténuse est rendue évidente par le seul aspect des carrés élevés sur les trois côtés du triangle rectangle. Le grand carré de l'hypoténuse est recouvert de 25 carreaux ; les deux autres carrés, moyen et petit, présentent, l'un 16, l'autre 9 de ces mômes carreaux ; 16 -f- 9 = 25, donc le carré de l'hypoténuse est égal a la somme des carrés des deux autres côtés.
Ainsi les conditions essentielles de l'éducation des sens *, et même de toute éducation, amusement, instruction, stimulant intellectuel, variété dans les moyens, tout se trouve réuni dans cette œuvre sérieuse, bien que sans prétention scientifique ou pédagogique : elle devrait d'autant moins être oubliée chez nous, qu'une méthode étrangère ramène aujourd'hui dans nos classes enfantines quelques-uns des ingénieux procédés de notre compatriote. [Marie Pape-Carpantier.J
ALLOCATIONS. — V. Subvention.
ALMANACH DE L'UNIVEUSITÉ. — C'est le premier annuaire do l'instruction publique qui ait existé en France. Le 1er volume parut en 1810 chez Brunot-Labbe, libraire de l'Université, sous le titre à!Almanach de l'Université Impériale^ qui fut celui des années 1811, 1812 et 1813. La pu-
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blication interrompue alors ne reprit son cours qu'en 1822 et se continua jusqu'en 1835 chez le même éditeur dans les mêmes conditions (petits volumes in-8 de quatre a. six cents pages).
Elle passa en 1836 au nouveau « libraire de l'Université royale », L. Hachette, qui la continua dans une autre forme (in-8, de 2 à 300 pages) jusqu'en 1847.
Le première série de cette collection est particulièrement précieuse pour l'histoire des collèges communaux, dont elle permettrait presque de reconstituer la statistique année par année. De plus, quelques années (principalement 1811,1813 et 1822) contiennent les seuls renseignements à peu près authentiques que dous possédions antérieurement aux tableaux de M. Dupin et à la statistique de M. de Montalivet sur l'état de l'instruction primaire en France, soit comme travail original, soit comme résumé des comptes rendus de la Société pour l'instruction élémentaire.
On y trouve aussi chaque année le texte des lois, règlements et autres documents officiels, relatifs à l'instruction publique. (V. Annuaire de l'instruction publique.)
ALMANACII DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE OU ALMANACII DES INSTITUTEURS. — Sous ce titre ou sous des titres très analogues ont paru à diverses époques, en France et à l'étranger, des almanachs expressément composés en vue de l'enseignement primaire et de son personnel. Quelle idée en effet devait paraître plus naturelle, d'une plus facile exécution et d'un succès plus vraisemblable? Toutes les professions ont leur àlmanach spécial. Et peu de livres sont aussi souvent feuilletés que ce livret modeste, où trouvent réunis mille renseignements dont les uns sont nécessaires à tout le monde, dont les autres répondent aux besoins particuliers et techniques de chaque profession.
L'instituteur, plus que personne, a besoin de ce secours, lui qui est exposé à tant de questions faites à l'ïmproviste, lui qui, en classe, à la mairie, à l'église, dans la rue, peut être à chaque instant consulté, sinon comme un oracle, du moins comme un homme de ressource sur qui l'on compte parce qu'on le sait instruit, renseigné et obligeant. Que ne demande-t-on pas à un; instituteur dans son village? Tel a besoin de savoir une date, tel une adresse, tel autre un tarif de poste ou de télégraphe, celui-ci la valeur d'une monnaie étrangère, celuilà le texte d'une loi récente. C'est à l'instituteur qu'on a recours. Un àlmanach qui, outre le calendrier proprement dit, lui donnerait la réponse à la plupart de ces petites questions de la vie usuelle, l'aiderait souvent à rendre service.
C'est ce qui a déterminé à plusieurs reprises une tentative en ce sens. Nous ne citerons que les deux principales : Y Almanach des instituteurs, publié par la maison Delalain en 1850 et qui n'eut pas assez de succès pour reparaître les années suivantes; Y Almanach de l'instruction primaire, par MM. Pichard, Demkès et Defodon, édité en 1872 et 1873 par la maison Hachette et dont la publication a été aussi abandonnée.
Plus heureux que ceux de France, les instituteurs allemands ont à leur usage plusieurs de ces modestes et utiles publications. La plus connue est le Deutscher Lehrerkalender {Almanach des intituteurs allemands), fondé chez l'éditeur Morgenstern à Breslau par un instituteur distingué, Emile Postel, et continué depuis la mort de Postel (1876) par M. J. Hcrold. Il se compose chaque année de deux petits fascicules ; l'un contient, outre îe calendrier, un agenda avec éphémérides * historiques, surtout celles qui intéressent particulièrement l'histoire do l'instruction publique; une liste des maisons royales et princières, les tarifs postaux et télégraphiques, le tableau comparé des monnaies, les résumés de la statistique de la popula-
tion pour 1 Allemagne et l'Europe, enfin différents cadres tout préparés, les uns pour marquer les notes hebdomadaires ou mensuelles des élèves, les autres pour l'emploi du temps des différentes classes, pour les résumés de conférences pédagogiques ; le tout forme un petit portefeuille de poche. L'autre fascicule contient le résumé très bien fait des lois anciennes et récentes relatives a l'instruction primaire, la liste des principaux fonctionnaires de cet enseignement dans tout l'empire allemand, quelques articles de statistique scolaire comparée, la nécrologie de l'année précédente, une liste des récentes publications pédagogiques.
— V. Annuaires. Les instituteurs belges possèdent aussi, depuis janvier 1878, un almanach de l'enseignement (Bruxelles, imprimerie Coopcr .
ALPES (Département des RASSES-). — Superficie, 695 410 hectares; pop., 136 lf;6 habitants; densité de la pop., 19 hab. par kil. carré. Ce département est donc un des moins peuplés de France, et par malheur il se dépeuple tous les jours. En 30 ans, la population a diminué de plus de 20 500 âmes. Elle était en 1846 de 156 675 habitants. De 1872 à 1876, elle a encore baissé de 3066 habitants.
— 5 arrondissements : Digne, Forcalquier, Sisteron, Barcelonnette , Castellane; 30 cantons; 251 communes.
Population d'âge scolaire. — D'après le recensement, on compte 1G839 enfants de 6 à 13 ans (8;>02 garçons, 8337 filles). En 1872, on en comptait 17 815, savoir 8944 garçons et 8871 filles. * 1. Historique de l'instruction primaire. — Le besoin d'instruction s'est fait sentir ici plus vivement qu'ailleurs, en raison des loisirs que la suspension forcée des travaux agricoles laisse aux habitants emprisonnés dans les neiges pendant les longs mois d'hiver. Dès le xve siècle, il existait dans ces montagnes des communautés vouées à l'enseignement populaire.
A défaut de congrégations enseignantes , lorsqu'on n'avait sur place ni curé ni vicaire pour se charger d'instruire les petits enfants, on confiait la régence à des maîtres laïques, choisis et payés par les parents. Ces fonctions do régent étaient tantôt remplies par les moins ignorants de la localité, tantôt par desjeunes gens desenvironsdeGap ou de Barcelonnette qui venaient des montagnes la plume au chapeau. — V. Alpes {Hautes). — Moyennant un prix minime le maître recevait les enfants chez lui, la plupart du temps dans une écurie, où, sans combustible, on avait un peu de chaleur. Une planche clouée sur quatre pieux enfoncés dans le fumier, c'était à peu près tout le mobilier scolaire. Et cet état de choses a duré en maint endroit jusqu'à une époque récente ; il existait encore à La Condamine par exemple il y a trente ans, puisque le 1 0 mai 1 846 le conseil municipal de cette commune croit devoir défendre aux instituteurs de donner l'enseignement dans l'écurie, et « les oblige à acheter des poêles et des bancs. La commune, pour les dédommager, vote 50 francs pour les poêles et 60 pour les baucs.» •s L'école, en général, ne durait que l'hiver ; la rareté, la cherté des ouvriers ruraux faisaient une nécessité d'employer les enfants aussitôt que possible au travail des champs. Dans certaines communes pourtant on rendit de bonne heure l'école permanente. Pour y parvenir on avait parfois recours à des expédients singuliers. Voici celui qu'emploie la commune d'Angles en 1776 : « Le sieur consul a représenté qu'il serait utile pour le public de fixer dans cette communauté un maître d'école pour toute l'année, au lieu de six mois comme on le pratique depuis quelque temps. D'ailleurs n'y ayant point ici de chirurgien pour faire les barbes, le sieur Jean-Pierre Jayme, qui régente les écoles de cette communauté depuis deux ans, s'est offert pour faire l'un et l'autre, c'est-à-dire qu'il pourra raser chaque semaine le jour de vacance, et
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ainsi la classe ne souffrira pas, le tout moyennant les gages de 200 livres par an. » Le conseil, à l'unanimité, vote cette somme. (Extrait inédit duroeistre des délibérations de la commune, 24 mars 1776.;
Ce Jayme n'est pas le premier barbier maître d'école : le 15 octobre 1725, les consuls de Volonne, assistés de quatre prêtres et des notables du lieu, se rendent à la mairie pour la dispute des écoles, et nomment régent (avec 50 livres de traitement), de préférence à un chapelain des Pénitents blancs, « le sieur Bellier, perruquier de Sisteron, qui avait subi l'interrogat sur sa foi, sur les principes de la grammaire et de l'arithmétique, traduit sur le bréviaire un sermon de saint Léon et répondu pertinemment sur toutes les matières. »
La « dispute des écoles » était un très ancien usage. A Digne, dont la communauté avait, dès le xvc siècle, deux écoles distinctes, l'une primaire, l'autre secondaire, une délibération de 1546 nous montre la régence des écoles mise au concours en ces termes : « MM. les Consuls aient à faire savoir à tous ceux qui veulent les écoles de la présente ville, que les écoles se bailleront au premier jour de dimanche après la foire franche (de la Toussaint), au plus sçavant d'eux. »
On conçoit que pour les petites paroisses les choses se passaient plus simplement, sans concours, sans examens, partant sans garanties sérieuses. On faisait appel aux hommes de bonne volonté, de toute profession, de toute provenance. Après 1789, la commune de Blieux donne encore 30 francs par mois à un notaire, pour continuer l'instruction de ses compatriotes, en tenant la classe dans sa propre maison. Au notaire succède le vicaire, puis un chirurgien, etc. Bref, on s'arrangeait comme on pouvait, pour instruire économiquement « la petite jeunesse ». Dans les villages il fallait encore se contenter à moins : un cultivateur sachant lire et écrire couramment, un marchand ambulant, parfois un simple journalier, faisaient pendant l'hiver l'office de maîtres d'école.
Généralement le pauvre régent, limitant ses exigences, ne demandait qu'à gagner son pain. Le 7 avril 1700, le conseil de Mane délibère unanimement que, «pour donner au sieur Bouqueronde modéra de pouvoir subsister, tous les enfants qui iront à l'école paieront, savoir, ceux qui écriront, 8 sols, et ceux qui n'écriront pas, 4 sols par mois, somme que ledit sieur exigera de chacun de ses enfants, fors de ceux qui l'ont nourri et de ceux qui le nourriront à l'avenir ; et au cas que dans l'avenir trouve de nourriture, le temps qu'il sera nourri, ne pourra exiger aucune rétribution de ses enfants. »
Remarquons ici que même au siècle passé il n'est pas absolument rare de voir l'instruction donnée gratuitement aux enfants de familles pauvres.
En pareil cas on indemnisait d'ordinaire l'instituteur de la perte qu'il subissait. Par exemple, en 1728, le conseil de Simiane donne « 45 écus par an au sieur Paly, maître d'école, à la condition de ne demander rien aux pauvres, et les autres paieront à l'accoutumée. »
Le principe de la gratuité absolue existait à Voix en 1742 pour tous les garçons. Par un traité du 29 octobre 1742, l'instituteur s'oblige moyennant 150 livres payées par la commune « d'enseigner de tout son pouvoir tous les enfants de ce dit lieu, tant riches que pauvres, qui lui seront envoyés par les habitants, à l'exception des filles, qui paieront à l'ordinaire et seront séparées des garçons. »
En général le traitement fixe et la rétribution scolaire se combinaient au profit de l'instituteur. En date du 16 août 17S8 les consuls de la communauté de Volonne donnent par contrat « le soin et conduite de la jeunesse dudit lieu à Pierre Peytral, qui s'oblige à faire la classe régulièrement deux fois par jour, enseignant lecture, écriture, arithméqne, sans rien celer de tout ce oui est. on «on pou-
voir, sans oublier le catéchisme et les offices, moyennant le salaire de 90 livres par an. Outre et par-dessus lequel salaire, le sieur Peytral exigera de chaque écolier les mois. Et ce, conformément au rôle qui lui sera remis de la part des sieurs consuls, dans lequel rôle le prix de chaque mois sera taxé par eux suivant la classe des écoliers. »
Les petites écoles eurent nécessairement à souffrir au cours de la période révolutionnaire ; cependant elles se maintinrent pour la plupart, et même on en créa çà et là de nouvelles. Ainsi, à Castellane, on charge le citoyen Hyacinthe Bernard « d'édu* quer les jeunes citoyens et de leur faire humer les bases et les principes de la grande République », (Délib. 13 nov. 1792). A Vachères, la municipalité nomme « un éducateur public », François Roux, fixe son traitement à 450 livres et déclare que les enfants ne paieront rien (Délib. 13 oct. 179})- Au Revest des Brousses, on alloue à l'instituteur Mouriez 200 livres en sus de la rétribution, fixée à 20, 15 et 10 sols par mois suivant la classe, avec obligation pour chaque élève d'apporter son bois de chauffage (Délib. 2 nivôse an III).
Le maire des Omergues, le 15 nivôse an III, annonce au conseil que, par décision « des citoyens administrateurs du district, les instituteurs seront élus par un jury établi à Sisteron ». Cette mesure prouve que la loi du 27 brumaire an III fut mise en vigueur dans les Basses-Alpes.
Jusqu'alors on s'était peu occupé des filles de la classe pauvre, qui restaient généralement dans l'ignorance. Il y avait cependant quelques exceptions :
En 1616, le conseil de la ville de Digne donne ordre aux consuls de pourvoir la ville d'une femme capable pour enseigner les jeunes filles à la lecture, couture, et les instruire aux bonnes mœurs, moyennant 12 écus de gages pour une année. En 1688, le conseil de Mane accorde une somme de 17 livres à une maîtresse d'école « pour apprendre à lire et à écrire aux filles et avoir soin de l'éducation d'icelles, attendu que c'est le bien du public ». Avant 1700, une école gratuite de filles existait à Annot, ayant pour fondatrice Mlle Marie Rabiers de Château-Redon. Une autre est créée en 1750, par la libéralité du curé Antoine Robion. Mais ces exceptions ne s'appliquent qu'à des localités privilégiées. La plupart des communes étaient encore au commencement du siècle dans la situation que fait connaître ce mot du maire de la commune de Riez (Délib. 15 mai 1813), commune qui avait eu cependant deux institutrices nommées en 1792 : « L'éducation des filles serait sans espoir parmi nous, sans l'arrivée à Riez de Mme Miremont, ex-religieuse, qui vient de se vouer à l'éducation des demoiselles , autant par principe de religion que par intérêt. »
2. État actuel de l'instruction primaire. — La situation scolaire du département ne suit heureusement pas la marche décroisssante de la population. Dans plusieurs communes où la population générale a diminué, la population scolaire s'est accrue. Et à prendre l'ensemble du département, le progrès est assez sensible.
Nombre d'écoles. — Les écoles communales sont aujourd'hui au nombre de 489 (dont 132 spéciales aux garçons, 112 spéciales aux filles et 245 mixtes). Il n'y en avait que 455 en 1867, que 410 en 1850. Mais le nombre des écoles libres a diminué. De 54 en 1867, il est descendu à 37 (dont 4 de garçons et 33 de filles).
Le département n'a encore que 15 salles d'asiles.
Nombre d'élèves. — Les 526 écoles communales ou libres comptent 19 831 élèves, savoir :
Dans les 489 écoles communales
Dans les 37 écoles libres.
Garçons.
Filles...
Garçons.
Filles...
ALPES (BASSES-
ALPES (HAUTES-
au-dessous do G ans.
au-dessus de 13 ans.
Ce qui donne le total de.j ^ïes!?." ™ ^Jj19 831 Pour comparer ce nombre à celui des enfants de 6 à 13 ans recensés, il en faut déduire :
784 garçons
88 filles 1935 garçons 100U filles
5143 élèves en dehors de l'âge scolaire.
Il reste donc dans les écoles
Garçons de (i à 13 ans 7352.. \ u r™
Filles de G à 13 ans 7336.. ) Soit, en comparant avec les chiffres de la population d'âge scolaire cités en tête de cet article, un déficit de deux mille à deux mille cinq cents enfants.
Les 15 salles d'asile ont( Garçons. 691 reçu j Filles. . . 810
Gratuité. — Sur les 526 écoles publiques et libros, 20 sont gratuites, 485 en partie payantes et 21 exclusivement payantes.
La majeure partie des élèves paient la rétribution scolaire : on compte 11 624 élèves payants contre 8207 gratuits ; la proportion des élèves gratuits ne dépasse donc guère 40 p. 100 ; ce n'est pas nous qui nous en plaindrons, car la gratuité sans l'obligation ne nous semble pas avoir une influence heureuse sur l'effectif réel de la fréquentation.
Le taux de la rétribution suivant les communes varie de 1 à 2 fr. Les abonnements à l'année sont assez nombreux.
Personnel enseignant. — On compte :