‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 25 sur 547 · ALPES-MARITIMES · texte numérisé non relu

ALPES-MARITIMES

Le rapport du nombre d'enfants h la population totale n'a donc pas notablement varié depuis cinq ans.

1. Historique de l'instruction primaire. — Le département des Alpes-Maritimes se compose de deux parties : l'une qui a été détachée du Var et qui comprend les anciens évêchés de Grasse et de Vence ; l'autre qui, annexée une première fois à la France sous le premier Empire, l'a été définitivement le 13 juin 1860 : c'est l'ancien comté de Nice, formant aujourd'hui les arrondissements de Nice et de Puget-Théniers.

Les notes suivantes — que nous devons à l'obligeance de M. l'abbé Tisserand, aumônier du lycée de Nice — donnent une idée de la situation des écoles avant la Révolution :

« L'instruction était partout entre les mains du clergé, sous l'autorité épiscopale. Si les communes choisissaient, dès le xvie siècle, les instituteurs au concours (ad disputationem), c'était presque toujours parmi les vicaires ou dans les ordres monastiques ; elles ne leur assuraient qu'une rétribution très modique, de 75 à 100 florins environ (somme équivalant à peine à une centaine de francs). Le plus ancien maître d'école dont fassent mention les archives est messire Martin Bodot, instituteur à, Antibes en 1483 ; puis viennent ceux de Nice en 1513, de Vence en 1514, etc. Vers 1568, les écoles des villes prennent le titre de collège, les instituteurs celui de régent ; Vence même a son régent, qui est tenu de savoir le latin.

« Vers la fin du xvie siècle, les ordres religieux sont appelés à la direction de nombreuses écoles : à Antibes, en 1559, les Bénédictins ; à Nice, en 1598, les Jésuites; à Grasse, en 1606, les Ursulines et peu après les Visitandines, en 1611 les Oratoriens; à Antibes, en 1631, les Augustines, etc. Au xviii* les établissements de ces congrégations et de plusieurs autres se multiplient. Les archives contiennent quelques réclamations de bourgs ou de villages demandant à conserver le privilège qu'ils ont de temps immémorial d'avoir un maître d'école, ce qui permet de croire que, même dans les campagnes, l'instruction n'était pas entièrement négligée. »

Depuis le commencement du siècle, nous n'avons pas de documents spéciaux sur l'histoire de l'enseignement (V. Var). Le beau rapport dont le préfet des Alpes-Maritimes avait commencé la publication en 1812 est resté inachevé avant d'être parvenu au chapitre de l'instruction (V. Statistique des préfets).

Lors de l'annexion en 1860, le comté de Nice était nominalement soumis à la loi piémontaise, qui avait institué quatre degrés d'écoles primaires, élémentaires et supérieures, sagement réglé les programmes, organisé la surveillance des écoles par l'inspecteur et par des « proviseurs » ou délégués de chaque mandement. Mais la plupart de ces excellentes dispositions étaient restées lettre morte : l'enseignement primaire supérieur n'existait pas, l'enseignement élémentaire des filles n'existait qu'à peine et seulement dans les villes ; 14 communes seulement sur 47 dans l'arrondissement de Nice possédaient une maison d'école ; dans plus des deux tiers des écoles le local était misérable, et le mobilier pire que le local ; le miîierval, qui tenait lieu de rétribution scolaire, n'assurait pas aux instituteurs le strict nécessaire; les conseils municipaux, aussi pauvres qu'économes, reculant devant toute dépense, ne parvenaient à conserver quelques écoles qu'on les confiant à des vicaires instituteurs, qui se contentaient pour leur double fonction de la moitié du traitement dû pour chacune d'elles, mais de qui aussi on aurait eu mauvaise grâce à exiger un service irréprochable.

Le gouvernement français pensa qu'il convenait de faire dès le premier moment les réformes es*

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