Livre III. — L'homme considéré par rapport à Dieu
lre partie : Les rapports de l'homme avec Dieu, et le culte qui en est la suite.
2e partie : Les rapports que la religion établit entre les hommes, et les devoirs réciproques qui en naissent.
Un petit « Catéchisme de morale » sert d'introduction au traité proprement dit.
Quoique le censeur royal, dont la perspicacité philosophique ne paraît pas avoir été bien grande, ait cru pouvoir décerner au P. Corbin un brevet de parfaite orthodoxie, on s'aperçoit bien vite que le pieux doctrinaire a subi l'influence de son siècle ; et c'est là précisément ce qui fait l'intérêt de son ouvrage.
Dès le premier chapitre, par exemple, il donne pour fondement à la morale, comme aurait pu le faire Locke ou Condillac, la recherche du bonheur. Nous citons :
« Le bonheur est la fin naturelle de l'homme. — La destinée de l'homme est de se rendre heureux. C'est le cri de la nature et la fin de tout son être ; or il est heureux lorsqu'il a pourvu à ses besoins et qu'il a rempli ses devoirs. Il éprouve alors une satisfaction intérieure, d'où naissent le repos et la paix de l'âme. Si cette satisfaction est passagère, ce n'est qu'un bien; si elle est constante, c'est le bonheur. »
Il est vrai qu'il a soin d'ajouter : • Cette satisfaction, ce repos, cette paix, ne sauraient durer sur la terre. »
Ne trouve-t-on pas, dans le passage ci-dessous, de singulières réminiscences de Rousseau, quoiqu'il s'agisse de l'exposé d'une doctrine bien différente de celle de cet écrivain :
« L'homme est sorti des mains de son Auteur, pur et sans tache, avec une nature saine.... L'homme seul a pu se dépraver ; il en avait le pouvoir, puisqu'il était libre; il l'a fait, puisqu'il est puni de sa dépravation, et que sous un Dieu juste, nul ne souffre s'il n'est coupable. Ce raisonnement est celui de beaucoup de sages de l'antiquité.... Par quel crime l'homme s'est-il dépravé? Voilà ce que ne peut nous dire la raison ; et ces mêmes sages qui avaient si justement conclu de la condition actuelle de l'homme, qu'il s'était rendu coupable, se sont égarés dans de vains systèmes, quand ils ont voulu indiquer la nature de son crime. C'est la révélation qui a pu seule fixer nos idées, et nous apprendre l'histoire de la création et de la chute de l'homme. »
Dans la deuxième partie du livre II, le P. Corbin parle des diverses formes de gouvernement exactement comme l'avait fait Montesquieu. Le ressort de la monarchie, dit-il, c'est l'honneur ; de la démo-
CORBIN