‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 276 sur 547 · SS · texte numérisé non relu

SS

Dons et legs ,

Ressources communales 50 468 50 44 55176 67 120 89

Rétribution scolaire.. 36 81'0 00 95510 85 134S80 00

Totaux i

2. Etat actuel de l'enseignement primaire ( 1 878). — D'après le rapport de l'inspecteur d'académie présenté au Conseil général à la session d'août 1879, et des renseignements empruntés à d'autres documents officiels, le département compte 12 salles d'asile, et 659 écoles (dont 68 écoles libres et 35 pensionnats), savoir :

Éc. publ. Éc. libres Pensionnats Écoles spéciales aux garçons 238 5 13

Ecoles spéciales aux filles.. 213 60 22

Ecoles mixtes 105 3

Personnel enseignant. — Le personnel enseignant des écoles publiques, y compris les adjoints, se compose de 376 instituteurs (dont 50 congréganistes|, et de 275 institutrices (dont 94 congréganistes). Sur ce nombre, on compte : 238 directeurs (dont 18 congréganistes) et 138 adjoints (dont 32 congréganistes, 42 laïques, plus 64 autres laïques dirigeant des écoles de hameau) ; 213 directrices (dont 74 congréganistes) et 62 adjointes (dont 20 congréganistes et 42 laïques); parmi ces adjointes, 35 laïques et 6 congréganistes dirigent des écoles de hameau.

La moyenne des traitements était, en 1877, de fr. 1057, 15 pour les instituteurs," et de fr. 817,72 pour les institutrices ; c'est évidemment un taux fort bas, qui justifie, du moins pour les adjoints et adjointes, les plaintes exprimées par le rapport de l'inspecteur d'académie ; le traitement surtout des institutrices dans les communes de moins de 500 âmes est tellement réduit, qu'il faut pour l'accepter un dévouement exceptionnel.

Population des écoles primaires» — Durant l'année 1878, les écoles primaires de toute nature ont été fréquentées par un nombre total de 39 917 enfants, ce qui fait une augmentation de 2 130 sur le chiffre de l'année 1877.

De ces 39 917 élèves:

24 946 appartiennent aux écoles laïques, 14 971 aux écoles congréganistes.

« Mais ces 39 917 enfants qui constituent nptre population scolaire, dit le rapport auquel fïous empruntons ces chiffres, sont-ils assidus aux leçons de leurs maîtres, de leurs maîtresses ? Quoique à regret, il faut bien avouer que non. La fréquentation, il est vrai, a été plus satisfaisante en 1878 qu'en 1877; mais, malgré la création de nouvelles écoles de hameau, malgré l'extension du bénéfice de la gratuité, trop d'enfants encore sont et seront tenus loin de l'école, en hiver, par la rigueur de la

saison, en été par les travaux des champs, en tout temps par l'indifférence des parents dont l'obligation légale aura seule raison. »

Le rapport du nombre des enfants en âge scolaire (de 6 à 13 ans) inscrits dans une école, à celui des enfants en âge scolaire recensés, était en 1877 de 68.8 pour 100, et cette proportion assignait à la Corrèze le 81e rang parmi les départements.

Maisons d'école. — Le département compte 556 maisons d'école : 119 appartiennent aux communes, 437 sont louées; 188 sont jugées convenables, 368 ne le sont pas ; 223 seulement ont un mobilier scolaire réputé suffisant. Beaucoup de locaux, disait hautement un inspecteur général dans une de ces dernières années, devraient être interdits, si par cette mesure on ne se trouvait exposé à fermer l'école. Cette situation tend à s'améliorer, il faut le reconnaître ; mais les progrès sont lents, parce que les ressources sont généralement insuffisantes, et que les conseils municipaux se montrent réfractaires aux impositions extraordinaires. Signalons toutefois ce fait plein de. promesses pour un prochain avenir, que les maisons d'école actuellement en construction représentent une dépense de plus d'un million.

Voici le tableau des subventions accordées par l'Etat à diverses communes de la Corrèze pour construction de maisons d'école, durant les trois dernières années :

Nombre de communes

Subventions

81 280 fr.

Bibliothèques. — Le département compte plus de 150 bibliothèques scolaires, renfermant environ 11 000 volumes; la plus considérable est celle de Souilhac (Tulle), due à la générosité des ouvriers de la manufacture d'armes.

Un certain nombre de bibliothèques pédagogiques, à l'usage des instituteurs, sont en formation.

Enseignement agricole, -r Un trait à noter, dans les écoles rurales de la Corrèze, c'est la direction pratique vers l'agriculture que la plupart des instituteurs s'efforcent de donner à leur enseignement. Un certain nombre de maîtres ont en outre organisé parmi les élèves des sociétés pour la protection des petits oiseaux et la destruction des insectes nuisibles ; d'autres forment des herbiers. Des récompenses accordées par la société des agriculteurs de France et la société d'insectologie à Paris contribuent à encourager le zèle des instituteurs. Le Comice agricole de l'arrondissement de Brive a institué des concours annuels entre les instituteurs et entre les élèves des écoles primaires pour l'enseignement primaire agricole.

Caisses d'épargne scolaires. — En 1875, une seule commune possédait une caisse d'épargne scolaire. Depuis lors, elles se sont multipliées, mais seulement dans l'arrondissement de Tulle.

Certificat d'études. — Plus de 700 enfants, filles ou garçons, se sont fait inscrire en 1879 pour les examens, et 400 environ ont obtenu le certificat d'études primaires, dans les conditions établies par un nouveau règlement de eette même année.

Ecole normale. — L'école normale d'instituteurs, à Tulle, laisse considérablement à désirer pour l'installation : « heureusement, dit le rapport de l'inspecteur d'académie, l'enseignement vaut mieux que le bâtiment et le matériel. »

La Corrèze ne possède pas encore d'école normale de filles. Chaque année, le département envoyait 3 élèves au cours normal d'institutrices à Clermont. Mais à la session d'août 1879 le Conseil général a mis en réserve une somme de 15,000 francs en vue de la création d'une école normale de filles à établir dans un local offert gratuitement par la ville de Brive.

CORSE

CORSE

La Gorrèze ne possède encore ni bulletin scolaire iépartemental, ni caisses des écoles.

CORSE (département de la). — Superficie : 8 747 kilom. carrés. Population en 1876 : 262 901 hab. (au lieu de 259 8G1 en 1872). Densité moyenne de la population par kil. carré : 30 habitants. Cinq arrond. : Ajaccio, Bastia, Calvi, Corte, Sartène; 61 cantons, 363 communes.

Population d'âge scolaire. — En 1872 on comptait 37 417 enfants de 6 à 13 ans (19 426 garçons, 17 991 filles), soit 14.39 enfants par 100 habitants. En 1876 on ne compte plus que 36 570 enfants de 6 à 13 ans (19 093 garçons, 17 477 filles) soit 13.92 enfants d'âge scolaire par 100 habitants.

1. Historique de l'instruction primaire. — 1° Avant 1 87U. — Il n'existe ni livre, ni statistique relatifs à l'histoire des écoles de la Corse pendantla période antérieure à notre Révolution et à l'annexion de cette île à la France. Voici, à défaut de documents écrits, ce que la tradition rapporte à ce sujet.

La Corse, sous la domination génoise, c'est-à-dire de 1347 à 1755, était entièrement privée d'écoles populaires. Les moines seuls dirigeaient les petites et les grandes écoles, alors en fort petit nombre. Dans les premières, ils apprenaient aux enfants les prières, le rosaire et le calcul oral sur le chapelet ; dans les grandes, on enseignait la lecture, l'écriture, les langues latine et italienne, l'arithmétique, l'histoire de l'Eglise et la théologie. La méthode individuelle et les punitions corporelles étaient exclusivement employées. L'enseignement était gratuit ; les maîtres vivaient du revenu de leurs domaines et des dons des familles aisées.

Ce ne fut que sous le gouvernement national de Pascal Paoli que la Corse fut dotée d'établissements d'instruction publique. Après la proclamation de l'indépendance en 1756, ce grand citoyen fonda à Corte, la ville des Pieve ou des Etats, un collège qui fut décoré du titre d'Université ; 4 chaires y furent fondées; on y enseignait: 1° l'évidence naturelle du christianisme; 2° l'éthique ou morale et le droit des gens : 3° la philosophie naturelle ; 4° les éléments des mathématiques. Paoli assura par un legs considérable l'existence de cet établissement, qui a été rétabli en 1836 sous le nom d'Ecole Paoli, et est devenu aujourd'hui le collège communal de Corte. Paoli fonda en même temps à Morosaglia, sa ville natale, une école primaire où l'organisation des études se rapprochait de celle de nos écoles professionnelles.

2° Depuis 1789. — Jusqu'en 1830. — Depuis la suppression des couvents en 1793 jusque vers 1830, des prêtres et des laïques sans titre, parmi ces derniers des militaires, remplacèrent les moines en conservant leurs méthodes stériles et leur discipline brutale. Les enfants des familles pauvres continuèrent à apprendre dans ces nouvelles écoles les prières en latin et le rosaire; on leur enseigna en outre l'arithmétique, la lecture et l'écriture; ceux qui appartenaient aux familles aisées étaient instruits dans la dialectique et la philosophie. On y exerçait particulièrement la mémoire; les élèves apprenaient par cœur certains morceaux des poètes latins et italiens; les deux auteurs de prédilection étaient Virgile et le Tasse. La tradition de cet enseignement a laissé de telles traces qu'il n'est pas rare de rencontrer de nos jours des bergers qui, ne sachant ni lire ni écrire, récitent avec un certain enthousiasme des passages de la Jérusalem délivrée.

Ces écoles étaient ordinairement ouvertes vers la mi-décembre, après la cueillette des châtaignes ; elles se fermaient vers la fin de juin. Pendant tout le carême, les deux tiers des heures de classe étaient consacrés à l'étude des chants et des offices de la semaine sainte. Quelques-unes de ces écoles, notamment celles des couvents, qui avaient été rétablis sous le Consulat et l'Empire, comptaient cinq groupes d'élèves :

1" Les salteriante, apprenant les lettres dans une espèce d'alphabet latin ou italien [saltetHo] :

2° Les dottrinante, lisant et étudiant dans un catéchisme italien (dotlrino) les préceptes de la religion ;

3° Les uf/iziante, qui lisaient dans un psautier latin ou dans un bréviaire l'office de la Vierge, les vêpres des morts, les psaumes et les hymnes du rituel romain ;

4° Les Itbrante, qui se perfectionnaient dans la lecture du latin et de l'italien au moyen d'un livre présentant plus de difficultés que les précédents au point de vue des caractères de l'imprimerie et de la construction des phrases ; ils commençaient à écrire et étaient tenus d'apporter chaque jour une page écrite à la maison ;

5° Enfin les grammaticante, qui étudiaient la la langue latine dans le volumineux Limen grammaticum Emmanuelis Alvari è Societate Jesu; ils recevaient quelques notions de style et devaient apporter le samedi une lettre écrite en italien.

Nulle part, si ce n'est dans ces couvents, où n'étaient guère admis que les jeunes gens se destinant à la prêtrise, il n'y avait apparence de mobilier scolaire. Les maîtres des écoles ordinaires enseignaient, pendant l'hiver, dans les églises ou sous l'auvent d'un four public, quelquefois dans des sortes de caves sombres et humides; en été, sous l'ormeau de la place publique, à l'ombre des grands châtaigners ou à côté d'une fontaine. Le papier était presque inconnu ; on se servait d'ardoises, sur lesquelles on reproduisait plus ou moins grossièrement les caractères de l'imprimerie. Ces maîtres ne recevaient aucun traitement de l'Etat ni des communes; ils percevaient seulement une rétribution en nature, qui consistait en un pain de farine de blé ou de châtaignes par élève, chaque lundi, et en un ou plusieurs boisseaux de blé ou de châtaignes, selon le groupe auquel appartenait l'élève. L'usage de cette rétribution subsiste encore aujourd'hui; dans certains villages, quelques familles envoient volontairement chaque lundi un pain à l'instituteur.

Avant 1830 on ne comptait guère plus de 65 à 70 écoles primaires publiques en Corse, dont 4 seulement pour les filles, à cause du préjugé, encore existant dans un assez grand nombre de communes de l'île, qu'il n'est pas bon que la femme soit instruite et qu'il suffit de l'élever pour les travaux du ménage. Le nombre des élèves reçus dans ces écoles ne dépassait pas, paraît-il, 3200. Même après 1830,1a langue française n'était pas enseignée dans toutes ces écoles.

Depuis 1830. — Ce n'est qu'à partir de 1833, c'està-dire depuis la loi Guizot, que les écoles primaires de la Corse, dotées d'une organisation régulière,ont pris un développement considérable.

Nombre des écoles primaires publiques et libres.

Écoles publiques] Écoles libres Toti

Division des écoles publiques et libres en écoles de garçons, écoles mixtes, et écoles de filles.

Ecoles de garçoaa

Écoles mixtes

Ecoles de tilles

ISi

CORSE

CORSE

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Écoles laïque» Écoles congréganistes

Nombre des communes 1° n'ayant aucune école; 2° n'ayant pas d'école de filles.

Communes n'ayant Communes n'ayant pas aucune école d'école de filles

1850 9 Manque.

1876-77 1 174 (dont 6

seulement de plus de 500 âmes.)

Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et adjointes.

De 1846 à 1850 154 brevets élément., 6 brevets supérieurs De 1851 à 1867 437 brevets obligat., 13 brevets complets. De 1868 à 1878 157 — 2 —

Il a été délivré aux institutrices :

2 brevets complets.

Budget de V instruction primaire. — Le tableau ci-dessous donne le chiffre des dépenses ordinaires de l'instruction primaire de 1855 à 1878 :

De 1851 à 1867 De 1868 à 1878

151 brevets obligat.

laïques

Instituteurs

congréganistes

Institutrices

laïques

congréganistes

Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total des élèves Elèves gratuits

1832 10 361 Manque.

1837 11952 Manque.

1840 12192 Manque.

1876 33 707 Manque.

En 1832, il y avait 391 élèves inscrits sur 10 000 habitants; en 1876, il y en avait 1 279 sur 10 000 habitants.

Salles d'asile. — La Corse comptait 3 salles d'asile en 1850, 6 en 1863, et 8 en 1876-77. Le nombre des élèves inscrits dans les salles d'asile était de 365 en 1850, de 950 en 1863, de 1 187 en 1867, et de 1 287 en 1876-77.

Nombre des cours d'adultes et de leurs auditeurs.

Nombre des cours Nombre des auditeurs

Hommes Femmes Hommes Femmes

Bibliothèque*. — En 1863, la Corse ne comptait que 4 bibliothèques scolaires avec 151 volumes; en 1876-77, elle en comptait 100 avec 8 327 volumes.

Ecoles normales. — L'école normale d'instituteurs d'Ajaccio, fondée en 1829, comptait en 1837 20 élèves; elle en avait 34 en 1876-77, tous boursiers.

L'école normale d'institutrices, également à Ajaccio, a été fondée en 1855 : le nombre de ses élèves en 1876-77 était de 26.

Brevets. — Pour les brevets de capacité, la statistique donne les résultats suivants :

Il a été délivré aux instituteurs :

Les chiffres donnés dans la colonne Communes comprennent non seulement le montant des ressources communales (revenus ordinaires, centimes spéciaux et extraordinaires) appliquées aux dépenses ordinaires de l'instruction primaire, mais celui des dons et legs et celui de la rétribution scolaire. La proportion relative de ces trois éléments dans la constitution du chiffre total des dépenses dites communales est indiquée dans le petit tableau ci-dessous, pour trois époques différentes :

ai W H <

COMMUNES

DÉPARTEMENT

ÉTAT

Dons et legs

Ressources communales

Rétribution scolaire. .

Totaux .

La statistique du degré d'instruction des conscrits, de 1827 à 1877, et de celui des conjoints, de 1854 à 1877, complétera ces renseignements sur l'historique de l'enseignement primaire en Corse :

PÉRIODES

CONSCRITS

Inscrits

Sachant

au moins

lire

Combien pour 100

RANG

du

DÉPAR- TEMENT

CORSE

COSMETE

Proportion des conjointi ayant signé leur acte de mariage

Années

Hommes

Hommes

Femmes

et femme»

[Granet.]

2. Etat actuel de l'instruction primaire (1878). — Nombre d'établissements d'instruction primaire au 1er janvier 1879. — La Corse compte 043 écoles primaires : C14 sont des écoles publiques, 29 des écoles libres. Parmi les premières, 594 sont dirigées par des laïques, et 20 par des congréganistes.

Toutes les communes ayant plus de 500 habitants ont leurs écoles distinctes de filles et de garçons ; toutes les communes d'un chiffre de population inférieur possèdent une école mixte.

Nombre d'élèves. — Le nombre des élèves de tout âge inscrits dans ces différentes écoles, d'après le rapport présenté par le vice-recteur au conseil général en 1879, est de 37 278. C'est une augmentation, dit le rapport, de 1216 sur le chiffre de 1877, et de 3 228 sur celui de 1876. Ce nombre représente le 14 0i0 de la population.

Toutefois, si nous nous en tenons à la population d'âge scolaire, c'est-à-dire aux enfants de 6 à 13 ans, nous trouvons, surtout pour les filles, un écart assez considérable entre le nombre des enfants recensés et celui des enfants inscrits dans les écoles primaires tant libres que publiques. Le nombre des enfants de 6 à 13 ans recensés en 1877 était de 19 093 garçons et de 17 477 filles, en tout 36570, tandis que celui des enfants de cet âge inscrits dans les écoles primaires n'était cette môme année que de 13 961 garçons et de 8 769 filles, en tout 22 730. En ajoutant à ce chiffre celui des enfants d'âge scolaire inscrits dans les salles d'asile et les établissements secondaires, on obtient un total général de 23 456, ce qui donne une proportion de 64.1 enfants d'âge scolaire inscrits dans une école quelconque, sur 100 enfants d'âge scolaire vivants. Cette proportion plaçait en 1877 la •Corse au 83e rang parmi les départements.

Cours d'adultes. — Le nombre des cours d'adultes, qui avait considérablement diminué en 1876 et 1877, s'est accru en 1878 : il a été de 209, avec 6 541 auditeurs.

Salles d'asile. — On n'a compté en 1878 que 7 salles d'asile avec 1 442 élèves ; cette institution, au lieu de progresser, semble donc perdre du terrain en Corse.

Maisons d'école. — On ne compte que 28 communes qui soient propriétaires de leur maison d'école. Néanmoins des améliorations ont été introduites dans l'appropriation des locaux scolaires : sur 250 salles de classes ou logements d'instituteurs qui avaient été signalés comme laissant à désirer, au point de vue de l'hygiène, il n'en reste plus que 49 dont les conditions sont défectueuses. Mais bien peu parmi les locaux des écoles primaires de la Corse, dit le rapport du vice-recteur auquel nous empruntons ces détails, offrent les avantages d'une installation favorable a la fois aux exercices de la classe et des récréations.

Le mobilier scolaire, dit ce même rapport, est ce qui laisse le plus à désirer. Le Conseil général a voté en 1878 un crédit de 3 570 fr., destiné à réparer et à compléter le mobilier des écoles, et on a lieu d'espérer que la situation ira en s'améliorant.

Voici le montant des subventions allouées par l'Etat, durant les trois dernières années, à diverses communes de la Corse, Dour construction de maisons d'école :

Communes.

Subvention*.

Totaux.

Personnel enseignant. — A l'exception de 136 congréganistes munis de la simple lettre d'obédience, tous les instituteurs et institutrices de la Corse sont pourvus de titres de capacité : 623 possèdent le brevet simple, 37 le brevet facultatif, 19 le brevet complet.

Ecoles normales. — Les écoles normales d'instituteurs et d'institutrices recrutent facilement leur personnel d'élèves : un nombre considérable de candidats demandent chaque année à être admis. Néanmoins les résultats des examens du brevet de capacité ne semblent pas en rapport avec le zèle du personnel enseignant des deux écoles.

L'installation matérielle de ces établissements laisse encore à désirer.

Institutions auxiliaires. — Nous avons déjà dit que le nombre des bibliothèques scolaires s'élevait en 1876-77 à 100 avec 8 327 volumes.

Un bulletin départemental de l'instruction publique parait à Ajaccio depuis le Ier janvier 1879.

Les examens du certificat' d'études primaires n'ont pas encore été introduits en Corse. Il n'y existe pas non plus de caisses des écoles, de caisses d'épargne scolaires, ni de société de secours mutuels entre les instituteurs.

Conclusion. — En résumé, la situation de l'enseignement primaire en Corse est assez satisfaisante eu égard aux améliorations considérables qui ont été obtenues dans ces vingt dernières années. Sans doute il en reste encore de très importantes à réaliser. Le progrès est lent partout, surtout dans un pays pauvre, où le défaut de voies de communication, les distances à parcourir et la configuration du sol rendent très difficiles l'action et le contrôle de l'administration ; mais ce qui n'a pu se faire jusqu'ici est du moins déjà préparé.

COSMETE. — « Les cosmètes étaient, chez les Athéniens, des officiers publics préposés à l'éducation des éphèbes ou adolescents. Leurs fonctions consistaient surtout dans la magistrature des moeurs. Ils étaient chargés de maintenir l'ordre, la décence, et de diriger les lumières vers la vertu. » C'est en ces termes que J.-H. Valant* expliquait le titre de Cosmète qu'il donnait à une collection d'ouvrages pour l'éducation de la jeunesse, qui devait paraîtra par fascicules (V. Bibliographie, 1799, p. 208).

Le premier volume, le seul que nous ayons >t, comprend: 1° une introduction, qui est un bon plan de revue pédagogique ; 2° un code moral offrant par ordre alphabétique un choix de citations des principaux moralistes de tous les temps, depuis Pythagore jusqu'à Helvétius ; 3° des mélanges littéraires, consistant surtout en lettres de félicitation adressées à Valant au sujet de la publication annoncée du Cosmète; 4° enfin, et ceci du moins mérite d'être particulièrement signalé, un remarquable « Projet d'établissements pour former dans chaque département les instituteurs des écoles primaires, » non par Valant, mais oc par le citoyen Dorch, commissaire du Directoire exécutif près l'administration centrale du département de la Roer. »

« Si l'on veut, dit l'auteur, avoir de bons instituteurs, rien n'est plus urgent que de former des établissements où ils puissent s'instruire et puiser toutes les connaissances qu'ils seraient appelés un jour à propager. On pourrait regarder ces établissements dans chaque département comme autant de pépinières d'hommes utiles d'où seraient tirés les instituteurs des écoles primaires. »

Au nut près, n'est-ce pas là par avance la définition des écoles normales actuelles ? Dorch expose ensuite les objets qui y seraient enseignés :

COSMOGRAPHIE

COSMOGRAPHIE

« 1° La morale et la constitution française de l'an III ;

2° L'art de lire et d'écrire le français ;

3° Le calcul décimal et l'arithmétique, l'essentiel de la géométrie, de la trigonométrie, de la mécanique et de l'architecture privée ;

4° L'histoire de la révolution française et un abrégé de l'histoire universelle;

5° L'histoire naturelle et celle des arts, la physique pratique et la théorie de l'agriculture ;

fi° L'art de la méthode. »

Il développe d'une façon très judicieuse les six articles do ce programme ; il insiste surtout sur cette double nécessité : d'une part « d'apprendre à connaître les différents objets qui composent la nature, leurs rapports, leur usage dans la vie ordinaire, » et de l'autre « de tourner toutes les affections de la jeunesse du côté de la patrie, » en particulier par un enseignement historique « qui développe les facultés morales ». Arrivant au sixième et dernier paragraphe, il esquisse en quelques mots le programme d'un bon cours de pédagogie: « L'art de bien enseigner est, après la probité, la première qualité qu'on exige d'un instituteur. Celui qui, rempli de connaissances les plus vastes, ne possède pas le talent de les communiquer à ses élèves, n'est point propre à remplir les intéressantes fonctions d'instituteur. Il faut, de plus, qu'il étudie les facultés, les inclinations, les goûts des enfants, qu'il se mette à leur portée, qu'il ait pour ainsi dire une méthode pour chacun d'eux et pour chaque objet qu'il enseigne, qu'il aide aux facultés de l'un, qu'il modère l'imagination de l'autre, qu'il développe les facultés intellectuelles et morales de tous. L'instituteur terminera son cours d'études par une connaissance détaillée et approfondie de tous ses devoirs envers la patrie, qui lui confie ce qu'elle a de plus cher et de plus précieux. »

Suivent quelques indications sur l'entretien de ces établissements par les fonds départementaux, sur le mode d'admission, de surveillance, de récompenses, etc., et l'article se termine en montrant combien cette fondation « d'écoles d'où dépend l'instruction des instituteurs eux-mêmes » serait préférable au projet que la commission d'instruction publique a présenté « par l'organe de Roger-Martin à 1%, séance du 19 brumaire dernier, où il n'est nullement question de la manière d'enseigner, et des moyens de former les instituteurs, » mais seulement d'une sorte « de supplément aux écoles primaires, qui consisterait à réunir plusieurs instituteurs dans quelques grandes communes pour leur tracer le plan d'une instruction plus relevée. » (V. Conseil des Cinq-Cents, p. 493.)

Pour d'autres détails sur l'auteur du Cosmète, V. Valant.

COSMOGRAPHIE. — Au début de l'article consacré à ce mot dans lalle Partie de ce Dictionnaire, nous donnons la définition de cette science, en esquissant en même temps les programmes des cours de divers degrés que peut comporter l'enseignement méthodique de la cosmographie.

Ici, nous avons à exposer les raisons qui nous semblent militer en faveur de l'introduction de la cosmographie parmi les matières de l'instruction primaire, élémentaire et supérieure.

La première de toutes ces raisons n'a pas besoin d'être longuement développée. C'est la nécessité, pour toute étude tant soit peu sérieuse de la géographie, de certaines notions très précises de cosmographie. Comment faire comprendre, en effet, à l'élève, la manière de fixer les positions des lieux terrestres en longitude et en latitude, sans qu'il sache quelle est la forme et quelle est la dimension de la terre, pourquoi l'on y distingue des pôles, un axe, un équateur et des parallèles, et par Suite, sans qu'il se rende compte exactement

des mouvements de rotation et de translation? Le» nuits et les jours, leurs variations, les saisons et les climats n'auraient évidemment pour lui aucun sens, si co double mouvement lui était inconnu.

Cela est si évident pour tout le monde, qu'il n'est pas un traité de géographie, si élémentaire qu'il soit, qui ne débute par une page ou deux de notions cosmographiques. Malheureusement ces notions sont généralement si peu développées, et quelquefois le sont d'une façon si inexacte, qu'il n'en peut rien rester de précis dans l'esprit de l'élève. La méthode d'exposition de la géographie ayant, du reste, subi un changement complet qui, de synthétique qu'elle était, l'a fait devenir analytique, il y aurait peut-être avantage à réserver la cosmographie pour la fin ou le complément du cours. Ce serait, en tout cas, plus logique.

Que les notions de cosmographie soient considérées dans les écoles comme une introduction au cours de géographie, ou au contraire comme un complément de ce cours, il n'importe. Dans l'un et l'autre cas, ce sont des notions nécessaires, et toute la question est de savoir dans quelle mesure elles devraient ou pourraient être développées. En esquissant les programmes d'un cours de cosmographie, nous croyons avoir suffisamment montré entre quelles limites ce cours pouvait osciller dans les écoles de divers degrés : mais ces limites ellesmêmes peuvent être plus ou moins resserrées, et c'est l'instituteur qui sera le meilleur juge de ce qu'il y aura de possible, selon l'intelligence et la culture de ses élèves. Le nombre des leçons surtout peut être encore plus réduit que nous ne l'avons indiqué dans la IIe Partie du Dictionnaire.

Nous pourrions nous borner aux considérations qui précèdent pour justifier l'introduction de la cosmographie dans le programme de l'enseignement primaire. Mais il est d'autres raisons qui militent en faveur de cette innovation au moins autant que les premières. En effet, des connaissances relatives à notre planète, à ses mouvements, aux mouvements de la lune, aux éclipses de lune et de soleil, ne sont pas moins utiles à chacun de nous que celles qui sont plus spécialement géographiques. Les phénomènes en question sont à tout instant devant nos yeux, et nous affectent, par leurs conséquences météorologiques, au moins autant que ce qui intéresse des régions de la terre et des populations que nous n'aurons le plus souvent jamais occasion de voir, et avec lesquelles nous n'aurons généralement que des relations fort indirectes. Ainsi, au point de vue de l'utilité immédiate et pratique, les notions de cosmographie n'ont pas pour nous une moindre importance que celles de géographie.

Mais si nous nous plaçons à un point de vue plus élevé, si nous envisageons l'importance de la cosmographie au point de vue de la culture générale, de la philosophie, alors l'intérêt de cette science, introduite dans l'instruction populaire, devient considérable. Sous une forme simple, sensible, intelligible, chaque enfant acquiert et, devenu adulte, conserve une idée nette de la demeure où il est fixé. Il apprend la place qu'occupe la terre dans le monde, le rôle subordonné que notre planète joue dans le groupe d'astres qui circulent comme elle autour du soleil ; il comprend que tous ces corps sont soumis aux mêmes lois, dont la constance et la régularité lui présentent le plus beau spectacle d'ordre et d'harmonie qu'il puisse contempler. Il voit que les mêmes lois régissent d'innombrables autres mondes semblables au nôtre, et que l'unité subsiste avec une variété indéfinie de combinaisons.

11 est certain que de telles notions, jointes h celles qui font connaître les phénomènes généraux de la physique terrestre, peu à peu répandues dans les masses populaires, seraient les plus pro-

COSMOGRAPHIE

COTE-D'OR

près à détruire cette multitude de préjugés, les uns ridicules, les autres honteux, et toutes ces superstitions dégradantes, qu'on trouve encore comme des restes de l'ignorance des époques de barbarie.

Il est vrai qu'il ne suffit pas de désirer une telle extension dans les programmes de l'enseignement, il faut encore examiner si elle est possible et pratique. Pour cela, il faut voir si la cosmographie môme la plus élémentaire peut être fructueusement enseignée dans les écoles.

On sait qu'elle l'est déjà, si l'on entend par là les bribes de données cosmographiques que l'on trouve dans les plus petits traités et dans les atlas. Tout d'abord, il estbien évident qu'il y aurait lieu de commencer par développer ces notions ; mais il faut pour cela des maîtres. Il faut donc, au préalable, que les instituteurs aient eux-mêmes reçu un enseignement cosmographique sérieux, d'autant plus sérieux qu'ils auront tout d'abord à le réduire, pour leurs élèves, au strict nécessaire, aux éléments. C'est donc aux écoles normales et à leurs professeurs à donner cet enseignement cosmographique et à l'étudier au point de vue pédagogique. Les connaissances nécessaires pour cet enseignement se réduisent^ en définitive, outre les notions ordinaires du calcul arithmétique, à la géométrie, notamment à la géométrie de la sphère. Il n'y aurait donc là aucune innovation à introduire, et nous pouvons en dire tout autant des écoles primaires de degré soit élémentaire, soit supérieur, puisque de telles notions d'arithmétique et de géométrie se trouvent dans leurs programmes.

L'exemple, à cet égard, nous est donné par les nations étrangères. Aux Etats-Unis, en Allemagne, des ouvrages très élémentaires de cosmographie ou d'astronomie sont admis dans les écoles, qui ne manquent pas d'y joindre les appareils propres à faire comprendre les divers phénomènes. Nous avons donné des détails relatifs à ces moyens d'enseignement dans l'article Cosmographie de la IIe Partie ; nous n'y reviendrons pas.

Nous avons traité également la question au point de vue pédagogique, et indiqué quelles méthodes devaient être suivies de préférence dans les explications des phénomènes, en insistant sur la possibilité de parler aux yeux de deux manières : 1° toutes les fois que cela est possible, par l'observation directe; et heureusement les phénomènes de cosmographie accessibles à l'observation sont assez nombreux pour qu'il n'y ait aucune difficulté sérieuse de ce côté ; 2° des appareils très simples, des cartes, des expériences élémentaires faites avec les objets les plus usuels, serviront à passer de l'observation des faits à leur explication mécanique ou cosmologique.

Ces deux modes d'enseignement n'ont qu'un inconvénient, le premier surtout, c'est qu'ils exigent du temps, et que les observations ne peuvent pas évidemment se plier ici aux nécessités des leçons. Il en est qui ne sont qu'accidentelles, comme celles des éclipses, des comètes, etc. ; d'autres qui, pour se succéder, exigent tout le cours d'une année. Mais il est bien évident que ce ne sont point là des raisons d'impossibilité. Un maître intelligent trouvera toujours l'occasion de placer une explication, d'appeler l'attention de ses élèves sur les faits à mesure qu'ils se présenteront à eux, dans le cours naturel des choses.

Quant aux démonstrations rigoureuses, mathématiques, elles seront évidemment ou très rares ou nulles. Mais ce qui ne devra point être laissé dans le vague, ce qu'il faudra définir et faire voir clairement, ce sont les notions premières qui touchent à la géométrie. Les plus simples propriétés de la sphère pourront être démontrées ou du moins montrées, sans qu'il y ait nécessité que l'élève ait suivi, dans tout l'enchaînement de ses pro-

positions, un cours de géométrie. Tous ceux qui connaissent ces matières savent qu'il' n'y a pas là de difficulté essentielle; mais ils savent aussi que plus l'instruction de l'élève sera développée à ce point de vue, plus il sera possible au professeur de pénétrer avant dans les explications, plus le cours qu'il fera pourra être complet et rigoureux.

Enfin, quant à la place que la cosmographie ainsi comprise devra occuper dans les programmes, elle se trouve tout indiquée, nous semble-t-ilr par les considérations précédentes. Si ce n'est qu'une introduction ou qu'un complément de la géographie, ce sera un chapitre placé soit au commencement, soit à la fin de ce cours. S'il s'agit d'un cours séparé, plus ou moins complet, la cosmographie viendra immédiatement après les cours d'arithmétique et de géométrie, formant la première partie des notions de physique et d'histoire naturelle que comporte l'enseignement primaire, soit élémentaire, soit supérieur. [A. Guillemin.]

COTE D'Oll (Département de la). — Superficie : 8 761.1 kilom. carrés. Population en 1876 : 377 663 hab. (en 1872, 374 510 hab.). Densité moyenne de la population par kil. carré : 43 habitants. Quatre arrondissements : Dijon, Beaune, Châtillon- sur- Seine, Semur; 36 cantons, 7 17 communes. L'arrondissement de Dijon forme deux circonscriptions d'inspection primaire ( avec deux cantons de Beaune) ; les trois autres arrondissements forment chacun une circonscription.

Population d'âge scolaire. — En 1872, on comptait 43 849 enfants de 6 à 13 ans (21 368 garçons et 22 491 filles), soit 11.70 enfants par 100 habitants. En 1876 on ne compte plus que 41 869 enfants de 6 à 13 ans (21 398 garçons et 20 470 filles)r soit 11.08 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants^ C'est une diminution de 1980 enfants de 6 à 13 ans pour une période de cinq années, tandis que pendant la même période la population totale s'est accrue de 3 153 habitants.

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