‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 297 sur 547 · SDR 100 ACCUSÉS, NOMBRE DU CEUX · texte numérisé non relu

SDR 100 ACCUSÉS, NOMBRE DU CEUX

ANNÉES

qui étaient illettrés.

qui savaient lire et écrire

ou au moins lire

qui avaient

reçu une

instruction

supérieure.

Mais ce fait est une conséquence nécessaire de la diffusion générale de l'instruction en France. Si elle était répandue comme il est désirable qu'elle le soit, tous les Français sauraient au moins lire et écrire et, par suite, tous les criminels français seraient comptés comme lettrés. Que le nombre total des criminels ait diminué ou qu'il ait augmenté, la statistique n'accuserait pas moins une proportion de lettrés beaucoup plus forte. Il y en aurait 100 sur 100, tandis qu'il n'y en a que 69 et qu'il n'y en avait que 39 à la fin de la Restauration.

Le changement dans le rapport ne conduit qu'à une conclusion certaine : c'est que l'instruction a fait des progrès. « C'est le plus souvent dans les bas-fonds de la société que se recrute le triste contingent de la criminalité. Si l'instruction primaire était suffisamment répandue, elle aurait pénétré jusque dans ces profondeurs, et tous les criminels sauraient, comme le reste de la nation, au moins lire et écrire. En attendant ce résultat, la statistique judiciaire est une manière de faire descendre la sonde dans ces couches infimes et de voir quels sont les progrès de l'instruction primaire dans ces couches infimes où elle a le plus de peine à pénétrer. » [R'ippo't au ministre sur la statistique comparée de l'enseignement primaire.)

Pour juger quelque peu de l'influence de l'instruction, il faudrait procéder autrement.

A la fin de la Restauration, lorsqu'il y avait 39 accusés lettrés sur 100 accusés, on comptait 44,8 conscrits lettrés sur 100 (moyenne de 1827 à 1829). La population lettrée fournissait donc proportionnellement à la criminalité un contingent moindre que la population illettrée.

CRIMINALITÉ

CRIMINALITÉ

Aujourd'hui, le nombre des conscrits lettrés est de 84,4 p. 100 (moyenne de 187G et 1877) et celui des accusés lettrés de (;9 p. 100. Non seulement la population lettrée fournit encore un contingent proportionnellement moindre que la population illettrée, mais la criminalité tend à se concentrer de plus en plus dans l'ignorance. En effet, à 55,2 conscrits illettrés correspondaient, en 1828- 1830, 61 accusés illettrés : la différence entre les

deux nombres était de 5,8 ; à là, 6 conscrits illettrés correspondent 31 accusés illettrés : la différence est de 15,4.

Il y a des catégories de crimes q'ii ne sont guère commis que par des lettrés; par exemple, le faux en écriture, la banqueroute. En 1876, sur 325 faussaires, on ne comptait que 14 illettrés; sur 128 banqueroutiers, on ne comptait que 8 illettrés. Mais le nombre des illettrés l'emporte dans l'infanticide.

Degré d'instruction des accusés jugés par les Cours d'assises, en 1876, et classés suivant la nature des crimes.

Page 1