‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 308 sur 547 · DARU · texte numérisé non relu

DARU

reçoit du gouvernement danois une bourse du montant annuel de 100 couronnes (133 francs).

Le Groenland, simple possession danoise, et non partie intégrante du royaume de Danemark comme Jes îles Feroë, n'a qu'une population d'environ 11000 habitants, éparse sur une ligne de côtes de plus de 500 lieues de développement. Dans tous les centres de population offrant un nombre suffisant d'enfants à instruire, sont fixés des instituteurs, tous d'origine indigène, qui tiennent la classe, tantôt dans un local spécial, tantôt dans la maison de quelque habitant; dans les hameaux qui ne comptent que trois ou quatre familles, l'instituteur est remplacé par un lecteur ou une lectrice qui, à côté de son travail, montre à lire et à écrire aux enfants. Les instituteurs reçoivent un traitement variant de 200 a 500 couronnes dans les bourgades les plus importantes, et de 20 à 170 couronnes dans les villages; les lecteurs et lectrices reçoivent des gratifications annuelles pouvant s'élever à '20 couronnes. L'enseignement comprend la religion, la lecture du groenlandais, et généralement aussi du danois, l'écriture et le calcul ; dans quelques écoles, on enseigne en outre les éléments de l'histoire, de la géographie et des sciences naturelles. Il n'y a pas d'obligation sco laire; mais, sans y être contraints, les enfants fréquentent ordinairement l'école depuis leur septième année jusqu'à la confirmation. Le Groenland possède deux écoles normales d'instituteurs, l'une a Jakobshavn dans la partie nord, l'autre à Godtjaab dans la partie sud; chacune d'elles est dirigée par un ecclésiastique danois envoyé de Copenhague. Les dépenses de l'instruction publique, comme celles des autres services publics, sont supportées par l'administration danoise, qui s'est réservée en échange le monopole du commerce de la colonie.

Pour ce qui concerne l'instruction publique en Islande, V. Ulunde.

A consulter. — On Almueskolevxsenet i Kongeriget Danmark i Âaret 1867. Copenhague, 1870. — Almueskolev&senet i de danske Kjôbstxder og Landdistricter, par H.-V. Skibsted. Copenhague, 1876.

DANIEL (Jacques-Louis). — Né à Contrières (Manche), le 13 janvier 1794, mort au mois de juin 1862. Prêtre en 1819 et plus tard évèque de Coutances et d'Avranches en 1852, Mgr Daniel a consacré à l'instruction publique la plus grande partie de sa vie, comme sous-principal et principal du collège de Coutances, proviseur du lycée de Caen, recteur de l'Académie de cette même ville de 1840 à 1852, membre du Conseil supérieur de l'instruction publique et inspecteur général.

Il est l'auteur de livres classiques qui ont eu de nombreuses éditions : 1° d'un de nos meilleurs livres élémentaires sur l'ensemble des faits de l'histoire général, le Nouvel abrégé chronoloi/ique de l'histoire universelle (1830-1833), refondu depuis sa mort et continué jusqu'à nos jours par un professeur de l'Université, M. Ch. Marie, et répondant au programme des écoles normales ; 2° d'un recueil fort judicieux de morceaux choisis, destinés aux petites classes des lycées et collèges et aux écoles primaires, le Choix de lectures en prose et en vers extraites des classiques français, ou leçons abrégées de littérature et de morale (1837).

Mgr Daniel a rempli avec éclat ses diverses fonctions universitaires, et, dans des circonstances souvent difficiles, il a eu le rare mérite d'allier dans une juste mesure à la sincérité de ses croyances de chrétien et de prêtre l'esprit de modération et d'impartialité du professeur et de l'administrateur véritablement libéral. [C. Defodon.]

DANSE. — V. Callisthéniques (Exercices) et Gymnastique.

DANTON. — V. Convention, pp. 5ï0, 546, 550 et 552.

DAUU (Charles). — Le baron Charles Daru est l'auteur d'un livre publié en 1875 sous le titre d Adoption, éducation et correction n'es enfants pauvre s, abandonnés, orphelins, ou vicieux (Paris, Douniol et Ce, in-8). La mort l'empêcha de mettre la dernière main à cet ouvrage, qui fut achevé par M. Victor Bournat.

Dans ce volume, M. Daru traite, avec beaucoup d'élévation et une connaissance approfondie du sujet, l'une des questions qui préoccupent le plus vivement les amis de l'instruction populaire : l'éducation des enfants abandonnés. La préface indique le point de vue auquel se place l'auteur :

« Une nation, dit-il, est intéressée à ce que tous ses membres aient, avec une bonne éducation, une instruction au moins élémentaire.

» Si les parents sont riches ou aisés, la suffisance des ressources, l'affection paternelle, sont une sûre garantie que rien ne sera négligé pour assurer à l'enfant un enseignement convenable... En regard de ces fils de famille, auxquels ne peut manquer que le désir ou la capacité d'apprendre, il y a les enfants des malheureux, les orphelins, les enfants abandonnés. C'est un droit, en même temps qu'un devoir pour la nation de venir au secours de ces enfants; il ne faut pas que le malheur ou la faute de leurs parents leur ferme l'entrée de l'école et les prive de toute éducation morale.

« Ce droit et ce devoir sont surtout impérieux dans les pays où tous les citoyens, sans distinction, sont admis, par le suffrage universel, à la vie publique. L'enfant mal élevé ne peut devenir qu'une cause de trouble dans la société; oisif, vagabond, il sera bientôt criminel : on ne pourra même pas lui demander un compte sévère de ses actes, si on l'a laissé dépourvu de tout enseignement. Mis par sa famille ou par la nation en état de connaître et de pratiquer le bien, en mesure de vivre honnêtement de son travail, il ne pourra trouver que dans sa mauvaise volonté la cause de son inconduite, dont il devra supporter toute la responsabilité.

» Aider les parents, au besoin les remplacer dans l'accomplissement de leurs devoirs, telle est la tâche qui incombe à la nation.

» Est-ce à dire qu'elle doive remplir directement cette tâche et centraliser dans les mains de ses fonctionnaires l'assistance et l'enseignement à donner aux enfants pauvres et abandonnés ? Son budget, même augmenté de nouveaux impôts, n'y suffirait pas ; d'ailleurs, pour le succès de cette œuvre, il faut autre chose que de l'argent; il faut le zèle de la charité, dont la nation n'a qu'à encourager et favoriser l'essor.

» Les institutions créées en faveur des enfants pauvres, orphelins ou abandonnés sont encore trop peu nombreuses ; elles sont d'ailleurs imparfaites ; il s'agit de les généraliser en les améliorant ; la charité les a inventées, c'est elle qui doit aussi les multiplier. »

Comme on le voit, M. Daru, en désaccord sur ce point avec d'autres philanthropes, pense que c'est à la charité privée, et non à l'Etat, qu incombe la tâche de pourvoir à l'éducation des enfants sans ressources ou livrés au vice.

Voici le titre des chapitres de l'ouvrage, où l'on trouvera une grande abondance de renseignements sur les établissements charitables en France et à l'étranger:

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