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dire : l'enfant de douze ans qui proche !a tempérance d'une si gentille et si malicieuse façon, n'est pas un petit Perse, élevé sur la place d'armes, exclusivement exercé à la chasse et à la guerre : c'est un Grec, un vrai Grec qui a appris à penser et à parler dans les écoles des rhéteurs et des philosophes. [G. Gompayré.]
CZACKI (Thaddée). — Philanthrope polonais, né à Poryck (Wolhynie) en 1165, mort en 1813. Après avoir rempli diverses fonctions administratives, il fut nommé en 1803, par l'empereur Alexandre, directeur de l'instruction publique des trois gouvernements de Wolhynie, de Podolie et de Kief. Depuis ce moment, sa vie tout entière fut consacrée
à l'éducation. Il songea d'abord à former un personnel enseignant, et à cet efîet il créa k Krzémiéniec, sous le nom de gymnase de Wolhynie, une espèce d'école normale centrale destinée à l'éducation de jeunes gens qui devaient h leur tour former des maîtres dans les autres villes de la province. Il fonda plus de deux cents écoles primaires, et concourut à l'établissement d'une Société des amis des arts et des sciences et d'une Société commerciale à Varsovie. Une statue a été érigée en l'honneur de Czacki dans une salle de la bibliothèque de Krzémiéniec, pour perpétuer le souvenir des services au'il a rendus ù, la cause de l'instruction en Wolhynie.
DACTYLOLOGIE. — Ce terme, composé de deux mots grecs qui signifient langage des doigts, s'emploie généralement pour désigner un ensemble de Bignes manuels correspondant aux lettres de l'alphabet et employés par les sourds-muets pour traduire à la vue de leur interlocuteur, sans avoir besoin de recourir à l'écriture, les mots tels qu'ils se trouvent écrits d'après les règles de l'orthographe. On en attribue la première idée à deux Espagnols, Pedro Ponce *, moine bénédictin qui vivait dans la seconde moitié du xvr* siècle, et Juan Pablo Bonet *, auteur de l'ouvrage intitulé : Réduction de las letras y artes para ensehar d hablar à los mudos (16*20). Après eux, divers alphabets s'écartant plus ou moins du premier ont été inventés par divers instituteurs de sourds-muets. L'Anglais Dalgarno ¥ en imagina un qui se différenciait du précédent en ce qu'il s'exécutait des deux mains. Le Portugais Rodrigues Pereire*en combina un autre qui contenait un plus grand nombre de signes et était destiné à représenter plutôt les sons de la langue que les lettres de l'écriture. On a imaginé encore d'autres alphabets plus ou moins compliqués pour arriver, sans grand succès, à représenter toutes les formes orthographiques des sons simples, ou toutes les unités syllabiques, par des positions différentes données à la main, formant des signes élémentaires.
En France, l'abbé de l'Épée * et l'abbé Sicard *, tout en employant l'alphabet dactylologique de Bonet, en ont réduit l'application, et ont surtout développé le langage mimique, en créant un système complet de signes idéographiques et grammaticaux.
11 ne faut pas confondre la dactylologie avec le langage des signes. Pour employer la dactylologie, il est indispensable que le sourd-muet possède un commencement d'instruction : en effet, la dactylologie n'est appliquée et ne peut être applicable qu'à la représentation des lettres d'un mot, ou de certaines formes grammaticales. Elle serait sans signification pour un sourd-muet illettré, lequel, néanmoins, comprend toujours la pensée exprimée par le langage des signes. — V. Signes (langage des), et Sourds-muets.
DALGARNO (Georges). — Ecrivain et pédagogue anglais, né à Aberdeen vers 1627, mort à Oxford en 1687. Il s'est principalement occupé de l'éducation des sourds-muets, et a inventé un alphabet manuel, fondé sur l'emploi des deux mains et qui est devenu la base de celui qui est encore en usage dans la plupart des institutions anglaises de sourds-muets. Dalgarno a publié sur la question de l'éducation des sourds-muets deux ouvrages écrits en latin : le premier est intitulé Ars signorum, vulgà Character universalis et lin-
gua philosophica (Londres, 1661), c'est-a-dire « l'Art des signes, ou écriture universelle et langue philosophique » ; il y expose un système dans lequel les idées sont représentées par un certain nombre de signes ; le second, intitulé Didascalocophus (Oxford, 1681), ou « le Précepteur des sourds-muets », contient « une méthode pour apprendre à un sourd-muet à lire et à écrire, se rapprochant autant que possible de celle qui est employée pour enseigner aux enfants à parler et à comprendre leur langue maternelle. »
DALLIER-FLEUMZELLE. — Éducateur français, né à Reims vers 1787; la date de sa mort n'est pas connue. Il fut successivement professeur au collège d'Avignon, puis au lycée de Limoges. En 1821, il a publié une courte brochure intitulée Coup d'oeil sur l'université' moderne, par Dallier- Fleurizelle, chef d'institution, Paris, in-8, 8 pages, chez l'auteur, 17, Place Royale. Après avoir vivement récriminé contre la Commission de l'instruction publique et ses vexations, contre la patente et les exigences fiscales de l'Université, qui ne demande que l'argent sans se préoccuper des garanties de capacité, il propose que le corps enseignant soit constitué en corporation s'administrant par elle-même. « Par le mot corporation. ajoute-t-il, je n'entends qu'une simple association sans privilèges proprement dits, qu'une sorte de compagnie d'assurances morales. Les lois pourraient bien faire pour les doctrines ce qu'elles n'ont pas craint d'accorder à la santé publique, à la sûreté des transactions. » Une seconde édition de cette brochure, augmentée, parut la même année chez Dentu, mais cette fois sans le nom de l'auteur.
DALLOZ (Victor-Alexis-Désiré). — Jurisconsulte français, né en 1775, mort en 1869. Il a publié, avec la collaboration de son frère, un Répertoire méthodique et alphabétique de jurisprudence générale, en 44 vol., qui a paru de 18J4 à 1830; cet ouvrage est devenu classique, et est arrivé aujourd'hui à sa troisième édition. Le Répertoire de Dalloz contient entre autres (pp. 1311-1458 du tome 34 de la dernière édition), sous le titre d'Organisatio?i de l'instruction publique, un travail éter.du et très complet sur la législation de l'instruction publique en France : on y trouve 1° une introduction historique; 2° le texte de toutes les lois, décrets et ordonnances concernant l'instruction publique, de 1789 à 1869; 3° une dissertation juridique sur le rôle de l'Etat et de la famille dans l'enseignement; 4° un exposé de l'organisation administrative générale de l'instruction publique ; 5° des exposés spéciaux relatifs à l'instruction primaire, à l'instruction secondaire, et à l'instruction supérieure ; 6° une section traitant de la discipline et des distinc-
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tions honorifiques; 7" un exposé de l'organisation des écoles spéciales; 8° une table alphabétique.
DAMIRON (Jean-Philibert). — Professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Paris, et membre de l'Institut, né en 1794, mort en 1862. Il a publié en 1862 un petit volume intitulé : Conseils et allocutions adressés à des enfants d'ouvriers et à leurs familles, dans des distributions de prix d'une école de village (Paris, in-12). Cette école, dont l'auteur, dans une introduction, raconte la fondation et le développement, se trouvait dans un hameau d'un département de l'Ouest; chaque année, M. Damiron, qui passait ses vacances dans le voisinage, prononçait un discours de circonstance devant les élèves et leurs parents réunis à l'occasion de la distribution des prix. Ces discours, dont le premier est de 1847, et le dernier de 1858, renferment d'utiles conseils et des pages d'une morale élevée. Citons entre autres, parmi les sujets qui y sont traités : Des livres et de leur utilité ; Comment il faut lire ; Les bonnes et les mauvaises lectures; Le respect que les enfants se doivent entre eux, etc.
DAMPMARTIN (Anne-Henri, vicomte de). — Homme de lettres français, né à Uzès en 1755, mort à Paris en 1825. Voué d'abord à la carrière des armes, il consacra ses loisirs aux lettres; et ayant émigré lors de la Révolution, il fut accueilli par le roi de Prusse qui le chargea d'une partie de l'éducation de son fils. Rentré en France après le 18 brumaire, il devint censeur impérial; sous la Restauration, il exerça d'abord les mêmes fonctions, puis fut nommé bibliothécaire au bureau de la guerre. Député au Corps législatif sous l'empire, il fut réélu à la Chambre sous les Bourbons. Il a laissé un certain nombre d'ouvrages, dont plusieurs traitent d'éducation, entre autres les suivants : Esquisse d'un plan d'éducation, Berlin, 1796, in-8; Nouveaux essais d'éducation, traduit de l'anglais de Goldsmith, Paris, 1803, in-12; Lettre à MM. de la Chambre des députés, sur l'éducation publique et sur le choix des instituteurs, Paris, 1815, in-8 (réimprimé l'année suivante). La première phrase de ce dernier écrit en indique suffisamment la tendance : « Les traces de la révolution, dit l'auteur, ne seront effacées et leur retour ne sera prévenu que par l'éducation. » Dampmartin se déclare d'accord avec Couturier * pour la remise de l'instruction publique aux mains du clergé; il exprime toutefois le vœu « qu'aux ecclésiastiques un certain nombre de laïques soit associé. » Dampmartin n'a d'ailleurs aucun mérite comme écrivain ni comme penseur ; ses idées sont pauvres et banales, son style diffus et prétentieux.
DANEMARK. — 1. Aperçu historique. — Au commencement du xvie siècle, le Danemark possédait un certain nombre d'écoles latines, et quelques écoles dites écoles d'écriture (Skriveskoler) , où l'on enseignait la langue vulgaire. Mais ces établissements n'existaient que dans les villes; la campagne était entièrement dépourvue d'écoles. La Réforme n'apporta pas une amélioration bien sensible à cet état de choses : elle multiplia les écoles latines, il est vrai ; mais la population des districts ruraux n'eut d'autre instituteur que le sacristain (Degn) de la paroisse, qui une fois par semaine réunissait la jeunesse dans quelque gaard (domaine rural) pour lui enseigner le catéchisme. Le roi Frédéric IV fut le premier qui songea à organiser d'une façon plus sérieuse l'instruction populaire : dans la capitale d'abord, par l'Ordonnance du 19 juin 1716 sur les écoles danoises et les instituteurs de la ville de Copenhague (Forordning anlangende danske Skoter og Skoteholdere i Staden Kjôbenhavn) ; puis dans les 12 districts relevant directement de la couronne, dans cliacun desquels il fonda 20 écoles, pourvues d'un institu-
teur à poste fixe qui devait enseigner la lecture et la religion en échange d'un logement gratuit et d'un modique traitement ; Y Instruction relative à ces écoles de district (Instruction f>r Skolemcstrene i Rytterdistrikterne) est du 28 mars 1721. L'exemple du roi fut suivi par quelques grands propriétaires, qui fondèrent aussi des écoles sur leurs domaines. Christian VI (1730-1746) réorganisa les écoles urbaines ; il rendit l'instruction primaire obligatoire par l'ordonnance du 23 janvier 1739, et prescrivit la création de nouvelles écoles dans les campagnes; mais comme le choix de l'instituteur et son paiement incombaient au propriétaire du domaine féodal où était située l'école, il arrivait que le plus souvent les fonctions de maître d'école étaient remplies, en échange d'un salaire dérisoire, par des individus totalement incapables, anciens domestiques, soldats invalides, ouvriers sans travail, etc. Le servage, d'ailleurs, était encore la condition générale des paysans, et les seigneurs ne se souciaient pas de faire donner à leurs serfs une instruction qui aurait pu leur inspirer des idées d'indépendance. Mais sous les règnes de Christian VII et de Frédéric VI, de grandes réformes sont réalisées : le servage est aboli en 1788 ; la première école normale d'instituteurs est fondée en 1790 à Blaagaard près Copenhague (elle fut transférée à Jônstrup en 1809), et les deux ordonnances du 29 juillet 1814 réglèrent l'organisation définitive de l'instruction primaire dans les districts ruraux et dans les villes, à l'exception de Copenhague (Anordning om Almueskolevsesenet paa Landet i Danmark et Anordning om Almueskolevasenet i Kjbbstsedcrne i Danmark, Kjôbenhavn undtagen); l'ordonnance de 1716 concernant les écoles de Copenhague fut en même temps révisée.
Les ordonnances de 1814 forment encore aujourd'hui la base de la législation scolaire danoise. Elles ont été toutefois complétées et en partie modifiées par un certain nombre d'ordonnances et de lois plus récentes, dont les principales sont les suivantes : ordonnance du 20 mars 1844 et loi du 29 décembre 1857, relatives aux écoles de Copenhague; loi du 2 mai 1855 (amendée par celle du 30 septembre 1864), et loi du 8 mars 1856, relatives aux écoles des campagnes et des villes, Copenhague excepté; décision royale du 27 janvier 1860, fixant à 246 jours, à raison de 6 heures de leçons par jour, le chiffre minimum de la fréquentation annuelle obligatoire. Les écoles normales sont régies par un règlement en date du 10 février 1818, et par les lois du 15 février 1857 et du 12 janvier 1858.
Un trait caractéristique du système scolaire du Danemark, c'est que les écoles de Copenhague, celles des villes autres que la capitale, et celles des campagnes, forment trois groupes distincts ayant chacun leur organisation propre et leur législation particulière. Certaines dispositions, cependant, s'appliquent à tout le royaume, entre autres celle qui oblige les parents à envoyer à l'école les enfants en âge scolaire (de 7 ans à l'époque de la confirmation), ou à leur donner une instruction suffisante, sous peine d'une amende de 3 skillings (î) centimes), qui se double et se triple en cas de récidive, et de prison si l'amende n'est pas payée.
2. Etat actuel de l'instruction primaire. — La dernière publication officielle qui ait été faite par le gouvernement danois sur l'état de l'instruction primaire dans les campagnes et dans les villes (Copenhague excepté) donne les chiffres de la statistique décennale de 1867 (Om Almueskolevœsenet i Kongeriget Danmark i Aaret 1867, Copenhague, 187C); il n'y a pas eu de statistique publiée en 1877, le gouvernement ayant décidé d'attendre, pour une nouvelle publication, jusqu'en 1880. Pour Copenhague, toutefois, nous possédons des renseignements datant de 1874.
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Dispositions générales concernant l'instruction primaire. — Comme nous l'avons déjà dit, l'instruction primaire est obligatoire : tous les enfants doivent recevoir de leurs parents les leçons nécessaires, ou fréquenter une école à partir de l'âge de sept ans ; l'obligation scolaire ne cesse pour eux qu'après l'âge de quatorze ans : toutefois, un élève peut être dispensé de la fréquentation de l'école après sa treizième année révolue, si l'autorité scolaire trouve qu'il a acquis des connaissances suffisantes.
Dans les écoles rurales qui n'ont qu'un instituteur, les élèves sont divisés, d'après leur âge, en deux classes, dans chacune desquelles les deux sexes reçoivent l'enseignement en commun. Dans les autres écoles, les sexes sont autant que possible séparés.
« A Copenhague, les classes sont organisées de manière que chacune, les classes élémentaires exceptées, ne contienne pas plus de trente à quarante élèves. Il n'en est généralement pas de même dans les autres villes ; mais, pour celles-ci comme pour les districts ruraux, la loi fixe deux conditions fondamentales : V qu'aucun enfant n'ait à faire plus d'un quart de mille (1900 mètres) pour se rendre à l'école ; 2° qu'aucune école n'ayant qu'un seul maître ne puisse compter plus de cent élèves. Dans beaucoup de cas, on s'est vu forcé, par des motifs d'économie, de ne pas tenir compte de la première de ces conditions, surtout dans les districts dont la population est peu nombreuse, mais la seconde est observée avec soin. Dès que, d'après la moyenne d'une année, le nombre des élèves dépasse cent, on exige qu'il soit établi une nouvelle école (appelée école supplémentaire ou Bisko'e), ou qu'un second maître soit attaché à l'école en question, laquelle est alors partagée en plusieurs divisions ayant chacune son local. Toutefois, on peut se maintenir audessous de ce maximum en faisant donner aux enfants âgés de moins de neuf ans une instruction préparatoire. Si le nombre des élèves devient par trop considérable, le maître peut, sans séparer les enfants, prendre auprès de lui, comme aide, un jeune homme se préparant à passer maître ; mais ces autorisations ne sont données que par exception. » {Rapport au ministre de l'instruction publique sur l'enseignement primaire en Danemark, par H. Hussenot, Paris, IN70, p. 5.)
En outre, dans certains districts où la population est très clairsemée, l'instituteur à poste fixe peut être remplacé par un instituteur ambulant (Omyangslxrer), qui dessert successivement deux ou trois écoles dans la même année.
La loi du 8 mars 1856 exige que dans les écoles nouvellement construites, les dimensions minimum de chaque salle de classe soient calculées à raison de 90 pieds cubes par élève ; la hauteur minimum de la classe doit être de 4 aunes (2m,48), et les salles doivent être munies d'appareils de ventilation.
Population scolaire. — En 1867, la population totale du royaume de Danemark (sans les lies Feroê et l'Islande *) était de 1 764 000 habitants, et le nombre des enfants de 7 à 14 ans était de 259 508. Le nombre des enfants fréquentant les écoles publiques ou privées, ou justifiant de leur instruction dans la maison paternelle, était cette même année de 257 182, ce qui donne une proportion de 1 écolier sur 6,85 habitants.
Ecoles des campagnes. — Le territoire rural du Danemark est divisé en 18 bailliages, subdivisés eux-mêmes en districts ou prévôtés, et qui comprenaient en 1867 2399 arrondissements scolaires (1081 dans les îles, et 1318 en Jutland). Ces 2399 arrondissements possédaient en I8(i7 un total de 2781 écoles, dont 83 étaient des écoles supplémentaires ou Biskoler, 2*20 des écoles confiées
à des instituteurs ambulants, et 79 des écoles ne recevant d'élèves que durant l'hiver. Environ 210/0 de ces écoles avaient moins de 40 élèves; 47 0,0 en avaient de 40 à 80; et le reste plus de 80.
La loi exige que tout instituteur fasse au moins 246 jours de classe par an, soit dans une école, s'il est à poste fixe, soit dans plusieurs écoles, s il est instituteur ambulant. En 1867, sur les 2781 écoles rurales, 17,5 0/0 avai< nt eu moins de 200 jours de classe, 18 0/0 en avaient eu de 200 à 240, et 64,5 0/0 en avaient eu plus de 240.
Les branches d'enseignement sont la lecture, l'écriture, le calcul, la religion et l'histoire sainte, la gymnastique, le chant, et autant que possible un peu d'histoire et de géographie. Un examen a lieu tous les six mois en présence d'un membre de la commission scolaire locale, ordinairement le pasteur.
Ecoles des villes. — Les centres de population (Copenhague excepté; qui possèdent le titre de villes {Kjobstxder) sont au nombre de 66 : les principaux sont Odense dans l'île de Fionie, Helsingôr dans celle de Seeland, Aarhus, Aalborg, Randers, Horsens, Viborg, en Jutland.
Au 31 décembre 1867, on comptait dans ces 66 villes 33 636 enfants d'âge scolaire (17 556 garçons et 16 080 filles); 17 191 enfants recevaient l'instruction élémentaire dans les écoles gratuit* s, 61fil fréquentaient les écoles payantes, 1516 suivaient les classes d'une école secondaire, et 8893 recevaient l'instruction dans des instituts privés ou dans la maison paternelle; 160 enfants âgés de plus de 13 ans avaient reçu la dispense de fréquentation; 31 enfants d'âg9 scolaire n'avaient pas été inscrits ; 280 enfants appartenant à dautres arrondissements scolaires fréquentaient les écoles urbaines; enfin 221 élèves étaient des enfants âgés de moins de 7 ans.
Les écoles gratuites (Friskoler) sont des écoles destinées aux enfants pauvres, où l'enseignement se réduit au minimun formant le programme des écoles rurales ; les écoles payantes sont des établissements appelés écoles réaies ou classes réules (Realskoler ou Realklasser), où la rétribution scolaire s'élève à 1 ou 2 rixdalers par an (1 rixdaler vaut 2 fr. 80), et dont le programme comprend en outre la géographie, l'histoire, les sciences naturelles, et la langue allemande; les écoles secondaires, appelées écoles savantes {lœrde Skoler) ou écoles réaies supérieures (hoiere Renkkuler), enseignent, en outre, les mathématiques, l'allemand, l'anglais, etc. ; elles n'existent que dans quelques villes.
Les écoles gratuites des villes comprenaient en 1867 404 classes, dont 139 classes de garçons, 131 classes de filles et 134 classes mixtes. Les écoles payantes comprenaient 248 classes, dont 160 classes de garçons, 67 classes de filles, et 21 classes mixtes.
La fréquentation est plus régulière dans les écoles payantes que dans les écoles gratuites. Dans ces dernières, il y avait eu. en 1867, 5 absences non motivées pour 100 journées de classe, et la somme des amendes prononcées pour ce motif s'élevait, pour les 66 villes, à 1511 rixdalers.
Ecoles de Copenhague. — Les écoles de la ville de Copenhague, tant privées que publiques, sont placées sous l'autorité d'une direction scolaire municipale. Les écoles publiques sont les unes payantes, les autres gratuites. Dans les écoles gratuites (qui comprennent aussi les écoles de charité relevant de l'administration de l'assistance publique), la classe ne dure que la moitié de la journée, et les matières d'enseignement sont les mêmes que dans les écoles gratuites des villes de province et dans les écoles rurales. Les écoles payantes publiques exigent des élèves une rétribution de 1 fr. 25 par mois ; elles sont
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de deux catégories : 1° celles qui durent toute la journée ; les élèves y reçoivent de 6 à 7 heures de leçons par jour, et l'enseignement, outre la religion, la lecture, l'écriture, le chant et la gymnastique, y comprend la langue danoise, la langue allemande, l'histoire, la géographie, l'histoire naturelle, la physique, les mathématiques et le dessin ; pour les filles, les mathématiques et le dessin sont remplacés par les travaux à 1 aiguille ; 2° celles qu'on appelle classes de demi-jour, dans lesquelles les élèves reçoivent, soit le matin, soit l'après-midi, de 4 à 6 heures de leçons quotidiennes, et où l'enseignement embrasse, outre le programme des écoles gratuites, la géographie, l'histoire nationale et les éléments de l'histoire naturelle.
Dans toutes les écoles de Copenhague, privées ou publiques, les sexes sont séparés.
D'après le rapport officiel publié en 1874, il y avait alors à Copenhague 17 écoles publiques gratuites (y compris les écoles de charité), avec 180 classes; 18 écoles publiques payantes, avec 144 classes ; et 149 écoles privées, avec 045 classes. Au 1er mai 1874, le nombre des enfants d'âge scolaire était de 27 275 : 20 771 enfants fréquentaient les écoles placées sous l'autorité de la direction scolaire ; 1 976 fréquentaient des écoles relevant d'autres autorités ; sur les 4 528 enfants restants, 2669 recevaient une instruction jugée suffisante, et 1S59 ne recevaient aucune instruction : en conséquence, des mesures avaient dû être prises pour contraindre les parents de ces 1859 enfants à les envoyer à l'école.
Toutes les écoles publiques et presque toutes les écoles privées de Copenhague appartiennent à la confession luthérienne; il y a quelques écoles catholiques, israélites, ou appartenant à diverses sectes chrétiennes.
Copenhague compte, en outre, 14 salles d'asile (Opsyasskoler). Il en existe aussi dans quelques autres villes.
Ecoles normales. — La première école normale d'instituteurs a été fondée, comme nous l'avons dit, en 1790. Aujourd'hui, le Danemark compte 5 de ces établissements : à Jônstrup, près de Copenhague ; à Skaarup dans l'île de Fionie ; à Lynby, à Ranum, et à Jelling, dans le Jutland. L'école normale de Jônstrup est un internat, les autres sont des externats. L'âge d'admission est 17 ans; le cours normal dure trois ans. Le programme de ces écoles comprend les branches suivantes : religion, langue et littérature danoise, arithmétique et mathématiques, écriture, histoire, géographie, sciences physiques et naturelles, pédagogie, chant et musique, gymnastique, dessin, catéchisation. Les exercices pratiques ont lieu dans les écoles primaires les plus voisines de l'établissement
Les cinq écoles normales d'instituteurs comptaient, lors de la dernière statistique, un nombre total de 233 élèves.
Il n'existe pas d'école normales d'institutrices.
La loi du 2.S juillet 1867 a institué une commission composée de onze membres, nommés par le gouvernement, devant laquelle tous les aspirants au brevet de capacité, qu'ils aient été ou non préparés dans une école normale, sont tenus de passer leur examen. Cette commission tient une session chaque année à Copenhague et dans deux autres villes du royaume. Les jeunes personnes qui désirent obtenir le brevet d'institutrice subissent leur examen devant la même commission.
Personnel enseignant. — Le personnel enseignant comprenait en 1867 :
Instituteur* Institutrices 2929 59
Ecoles dos campagnes
Ecoles des villes (Copenhague excepté)
Quant aux écoles de Copenhague, leur personnel enseignant se composait en 1874 de 985 instituteurs et 691 institutrices, dont 277 instituteurs et 151 institutrices dans les écoles publiques.
On comptait, en 1867, tant dans les campagnes que dans les villes (Copenhague toujours excepté), 11,6 0/0 du nombre total des instituteurs et institutrices qui n'avaient pas subi d'examen. Tous les autres avaient subi, soit l'examen réglementaire, soit un examen théologique ou scientifique équivalent.
Les instituteurs et institutrices sont presque toujours nommés par la direction scolaire de la prévôté, sur une triple présentation faite conjointement par l'autorité communale et par l'évêque.
Le traitement des instituteurs est plus élevé en moyenne que dans la plupart des autres pays. A Copenhague, il est au début de 500 rixdalers (environ 1420 fr.) ; au bout de quatre ans de services, ce traitement est porté à 650 rixdalers (1820 fr.), et quatre ans plus tard à 8u0 rixdalers (2240 fr.). Dans les autres villes et dans les campagnes, la loi du 8 mars 1856 a considérablement amélioré la position matérielle des instituteurs : leur traitement se compose d'une somme annuelle fixe, d'un certain nombre de boisseaux de blé dont la valeur leur est payée en argent d'après le prix moyen de l'année courante, du logement gratuit, et, dans les campagnes, de la jouissance d'un champ et d'une quantité déterminée de fourrage et de bois de chauffage ; l'ensemble de ces diverses rémunérations tant en nature qu'en espèces constitue un revenu dont le montant est très rarement inférieur à 400 rixdalers, dépasse quelquefois 800 et 900 rixdalers, et se tient d'ordinaire dans une moyenne de 500 à 700 rixdalers. Il faut y ajouter des suppléments annuels de traitement, variant de 25 à 50 rixdalers.
Au bout de dix ans de services déjà, l'instituteur a droit à une pension de retraite, qui peut s'élever aux deux tiers du montant des revenus du poste occupé par l'instituteur durant les cinq dernières années de son activité. Mais il faut ajouter que les années de services ne commencent à être comptées qu'à partir du moment où l'instituteur a atteint l'âge de trente ans.
Le traitement des institutrices est en général un peu inférieur à celui des instituteurs.
Autorités scolaires. — Dans chaque commune de campagne et dans chaque ville, l'administration des écoles publiques appartient à une comadssion scolaire {Skolecommissv >ri), composée du pasteur, comme président, et de deux autres membres nommés pour trois ans par le conseil communal. Les commissions scolaires ont au-dessus d'elles, dans chaque prévôté (subdivision du bailliage), la direction scolaire (Skoledirection) composée du bailli (Amtmand), du prévôt ou Districtprovst (premier dignitaire ecclésiastique de la prévôté), et d'un troisième membre désigné par le conseil scolaire du bailliage; c'est la direction scolaire de la prévôté qui nomme généralement lesinstituteurs, qui fixe les programmes d'études, et choisit les livres classiques. Le conseil scolaire (Skoleraad), dans chaque bailliage, est composé des membres du conseil administratif du bailliage (Amtsraad), et de quelques membres élus par les villes; sa compétence ne s'étend qu'aux questions financières, ainsi que celle de la direct io?i scolaire du bailliage KAmtsskoledirectio?i), composée de toutes les directions scolaires de prévôté sous la présidence du bailli. Dans chaque diocèse, ïévéque luthérien est chargé de visiter les écoles, et do faire un rapport annuel au ministère de l'instruction publique et des cultes sur l'état de l'enseignement. Il y a en outre, pour tout le royaume, un inspecteur général du chant et un inspecteur de la gymnastique.
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A Copenhague, la direction scolaire se compose du préfet, d'un des bourgmestres, et d'un ecclésiastique désigné par le ministère de l'instruction publique et des cultes. Un directeur est spécialement chargé de tout ce qui concerne l'administration des écoles ; il siège à côté des trois membres de la direction scolaire avec voix consultative. Chacune des paroisses de la capitale a en outre une commission scolaire, composée de trois membres : un ecclésiastique nommé par le ministère, un membre élu par le conseil communal, et un troisième membre nommé par la direction scolaire. Chaque école publique est pourvue d'un inspecteur : c'est un membre du corps enseignant, chargé d'un moindre nombre d'heures de leçons que ses collègues, et recevant un traitement plus élevé ; il a surtout pour mission de contrôler les absences des élèves et de poursuivre les parents négligents.
Le ministère de l'instruction publique et des cultes, auquel les directions scolaires des bailliages et de la capitale adressent leurs rapports, est divisé en deux sections: l'une pour les affaires ecclésiastiques, les écoles primaires et normales, les instituts d'aveugles et de sourds-muets; la seconde pour les établissements d'instruction secondaire et supérieure, les bibliothèques, les musées, les académies, etc.
Budget de l'instruction primaire. — Les dépenses de construction et d'entretien des maisons d'école, les frais de chauffage et d'achat de matériel scolaire, lo traitement des instituteurs, sont à la charge des communes.
Les suppléments annuels de traitements accordés aux instituteurs, ainsi que les pensions allouées aux instituteurs retraités et aux veuves et orphelins d'instituteurs, sont fournis par une caisse spéciale existant dans chaque bailliage sous le nom de Fonds des écoles ; cette caisse subvient en outre soit aux dépenses intéressant tout le bailliage (écoles supérieures de paysans, écoles de dessin, dont il sera parlé ci-après), soit à celles que les communes ne peuvent supporter (cartes et dessins de prix, appareils de précision, etc.) Les ressources du Fonds des écoles se composent : d'une subvention annuelle de l'État, s'élevant à 50oO(j rixdalers, et qui est répartie entre les divers bailliages; des revenus d'anciennes fondations; et des contributions des villes et districts composant le bailliage (si la taxe levée à cet effet dépasse un certain taux maximum, la moitié de l'excédant est fournie par l'Etat, qui a versé de ce chef dans les caisses des bailliages, en 1871, une allocation supplémentaire de 44000 rixdalers). Le Fonds des écoles est administré par la direction scolaire du bailliage et par le conseil scolaire : la direction scolaire du bailliage se réunit chaque année pour établir le budget de l'année suivante; ce projet de budget doit recevoir ensuite la sanction du conseil scolaire.
Les dépenses des écoles normales, qui s'élèvent à 400 )0 rixdalers environ, sont supportées par TÉiat.
Institutions diverses, complémentaires des écoles primaire*. — Nous avons déjà parlé des salles d'asile, dont le Danemark possède une cinquantaine. Il y existe aussi des écoles de dessin subventionnées par les Fo)ids des écoles, et un certain nombre d'écoles du soir et d'écoles du dinanche. Parmi les écoles du dimanche, les plus importantes sont celles que le pasteur Massmann a fondées, en l.sOO, à Copenhague elles sont au nombre de 7 et donnent une instruction gratuite à son élèves) ; parmi les écoles du soir, on doit mentionner celles do la Société technique de Copenhague, dont l'origine remonte à 1807 : elles sont fréquentées par 1400 élèves, qui paient une minime rétribution.
Une institution remarquable, née en Danemark, est celle des écoles supérieurs de paysans [Folkehokskoler), actuellement au nombre de 53, qui doivent leur origine à l'école fo ridée en 1844 par l'évèque Grundtvig, et sont devinées aux jeunes paysans des deux sexes. Elles tendent surtout, par un enseignement oral qui roule sur des sujets nationaux, a éveiller le sentiment patriotique. Du Danemark, cette institution s'est répandue dans les deux autres royaumes Scandinaves, principalement en Norvège. Comme nous l'avons déjà dit, les écoles supérieures de pajsans, bien qu'ayant le caractère d'éctles privées, reçoivent une subvention des Fonds des écoles.
Mentionnons encore l'œuvre intéressante entre prise par la Société de l'industrie dômes tique. Cette Société, fondée en 1873, a pour objet de faire employer les heures de loisir d'une manière utile et pratique, et elle s'efforce d'atteindre ce but par la fondation de Sociétés locales d'industrie domestique et d'écoles pour les enfants et les jeunes gens, par des expositions publiques et des prix, par des conférences, par la propagation de bons modèles et d'écrits destinés à servir de guide, et enfin par la formation d'un personnel enseignant spécial. Elle reçoit de l'Etat une subvention annuelle, qui s'est élevée en 1878 à 14 000 francs.
Conclusion. — L'exposé qui précède, très sommaire et nécessairement incomplet sur bien des points, aura suffi néanmoins à donner un aperçu de l'organisation de l'instruction primaire dans ce petit pays de Danemark qui, seul peut-être en Europe, peut se glorifier de n'avoir pas d'illettrés.
« Il n'existe pas, dit M. de Laveleye dans son beau livre de Vhistrwtion du peuple, de statistique constatant le nombre des illettrés en Danemark. La raison en est simple : il n'y en a point. Tout le monde sait au moins lire et écrire. Presque tous les habitants appartiennent au culte réformé, et les enfants ne sont admis à la confirmation par les pasteurs que quand ils possèdent au moins ces connaissances élémentaires.
» En résumé, on peut affirmer que le Danemark est un des pays les plus avancés de l'Europe sous le rapport de l'instruction primaire, car il dépense pour ce service plus de 8 francs par tête, et tous les enfants fréquentent l'école entre sept et quatorze ans ; on y compte 1 écolier par G habitants, proportion plus élevée que partout ailleurs en Europe; ses instituteurs sont les mieux rétribués du continent ; enfin il n'a point d'illettrés. Le Danemark l'emporte donc même sur les pays allemands les plus avancés, à plus forte raison sur ces grands pays si fiers de leur civilisation, la France et l'Angleterre, où l'enseignement primaire est encore si arriére. »
Iles Feroë et Groenland. — L'archipel des îles Fcroë ou des Fœr-ôer, qui appartient au Danemark, comptait en 1870 9991 habitants, vivant principalement des produits de la pèche. Une ordonnance royale du 1er mars 1854 y a rendu l'instruction primaire obligatoire. Un travail très complet de If. Michelsen sur l'instruction publique en Danemark, publié dans la grande Encyclopédie pédagogique allemande de Schmidt. travail auquel nous avons déjà emprunté quelques renseignements, nous donne à ce sujet les détails suivants : L'archipel possède 18 écoles primaires ; et Là où les circonstances ne permettent pas d'installer une école fixe, l'instruction est donnée par des instituteurs ambulants ou par la famille elle-même. Chaque commune a, comme en Danemark, une comi/tission scolaire ; au chef-lieu siège une direction scolaire, composée du bailli, du prévôt et d'un membre nommé par le Lagthing ou assemblée nationale. Le chef-lieu de l'archipel, Thorshavn, dans l'île de Stîôino, possède une école réale et une école normale; chacun des élèves de celle-ci