Etat de l'instruction primaire avant
— La Dordogne faisait partie de la province de Guyenne. C'est à l'article consacré à cette province que l'on devra chercher les renseignements relatifs à l'état de l'instruction primaire dans la Dordogne avant la Révolution.
2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — Nombre des écoles,
— Nous donnerons d'abord le nombre des écoles primaires publiques et libres, de 1-8 13 à 1878, tel qu'il résulte des tableaux statistiques publiés par le ministère de l'instruction publique et des rapports officiels (il n'existe pas de statistique des écoles primaires antérieure à 1815). Les chiffres de 1813 et de 1821 sont tirés de l'almanach de l'Université.
DORDOGNE
DORDOGNE
Écoles publiques Écoles libres Total
En 1837, sur un total de 788 écoles, on comptait 225 écoles de garçons, 231 écoles de filles, et 3^52 écoles mixtes. En 1876-77, la proportion était : 376 écoles de garçons, 427 écoles de filles, et 238 écoles mixtes. En 187*, les chiffres sont 384 écoles de garçons, 444 écoles de filles et 236 écoles mixtes.
La proportion des écoles laïques a toujours été beaucoup plus considérable que celle des écoles congréganistes. En 1850, on comptait 569 écoles laïques (de garçons ou mixtes 435, de filles 134), et 45 écoles congréganistes (de garçons ou mixtes 5, de filles 40). En 1876-77, 867 écoles laïques (de garçons ou mixtes 582, de filles 285), et 174 écoles congréganistes (de garçons ou mixtes 32, de filles 142). En 1878, les chiffres étaient : 887 écoles laïques (de garçons ou mixtes 5S8, de filles 299), et 177 écoles congréganistes (de garçons ou mixtes 32, de filles 145).
Si nous cherchons la relation entre le nombre des écoles et celui des communes, nous trouvons qu'en 1^32 on comptait 450 communes sans école; ce nombre était descendu en 1850 à 155; en 1863, à 46 ; enfin à 8 en 1876 ; 5 en 1878. — De plus, le nombre des communes n'ayant pas d'école de filles était en 1837 de 540 et en 1865 de 438 ; en 1876-77, on comptait 55 communes de plus de 500 âmes n'ayant pas d'école publique de filles (en 1878, 48).
Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et adjointes.
Instituteurs
Institutrices
congréganistes
laïques
congréganistes
Nombre total d* élèves, et. nombre des élèves gratuits instruits dans les écoles primaires de toute nature.
il des élèves
Elèves gratuits
Manque.
Manque.
Manque.
Manque.
En 1832, il y avait 141 élèves inscrits sur 10 000 habitants : en 1876, il y en avait 1157 sur J0 000 habitants.
Les chiffres de 1878 montrent qu'il y a encore, dans le département, 14 enfants environ sur 100 qui ne vont pas à l'école.
« Les causes permanentes de la non-fréquentation, dit le dernier rapport de l'inspecteur d'académie, sont toujours les mômes : indifférence des familles pour un bénéfice moral, défaut d'écoles de hameaux, insuffisance de locaux scolaires, travaux des champs et éloignement des écoles... Le nombre des élèves gratuits s'accroît d'année en année, au détriment de l'assiduité des classes. La gratuité sans l'obligation amènera toujours un '
pareil résultat. Beaucoup de pères de famille, à la campagne, n'attribuent de valeur qu'à ce qui coûte de l'argent ; aussi arrive-t-il que, pour le moindre intérêt, ils font manquer la classe à ces enfants, qui, ne recevant plus de leçons suivies, ne peuvent faire de progrès sérieux. »
Maisons d'école. — On comptait, en 1878, 409 maisons d'école qui étaient propriétés communales (32 de plus qu'en 1877, 50 de plus qu'en 1876); mais il en restait encore 535 qui étaient simplement louées ou prêtées. Beaucoup de ces dernières, et môme quelques-unes parmi celles qui appartiennent aux communes, sont tout à fait impropres à l'usage auquel on les emploie. « La transformation des locaux, dit un témoin oculaire, n'est pour ainsi dire que commencée. On est saisi de tristesse et de pitié quand on voit dans quelles misérables conditions beaucoup de maîtres sont réduits à enseigner durant tout le jour et l'année entière. C'est pis encore pour les filles. L'encombrement est tel dans beaucoup de classes, que l'on est réduit aux plus piteux expédients pour isoler les groupes et rendre les leçons possibles. Le meilleur consiste à expédier dans la cour un certain nombre d'enfants; là du moins l'air n'est pas vicié, ni le bruit assourdissant. Il y a telle école où la maîtresse n'a pas de plus sûr abri pour y donner ses leçons les plus sérieuses, que le vaste manteau de la cheminée. On se demande comment la santé d'un homme et surtout celle d'une femme résistent à de pareilles fatigues, et l'on est tenté de se reprocher comme une injustice l'invitation qu'on adresse aux maîtres d'animer et de renouveler leur enseignement. »
Une amélioration se produit toutefois dans cet état de choses, comme le fait voir le tableau suivant, donnant le nombre de nouvelles maisons d'école construites et de maisons réparées, et le chiffre des subventions accordées à cet effet par l'Etat à diverses communes de laDordogne, durant les quatre dernières années :
1880 (jusqu'au 15 juillet).
Total
Nombre des écoles
Subventions de l'Etat.
Enseignement ; méthodes et résultats. — Une plainte, qui se reproduit d'ailleurs dans plusieurs départements, s'est fait entendre à propos des écoles rurales de la Dordogne : c'est que les élèves font peu de progrès dans la langue française, parce qu'ils parlent patois dans leurs familles. Il y a là un obstacle qui ne sera probablement entièrement vaincu que dans une génération ; mais en attendant, l'instituteur doit lutter énergiquement et sans se lasser contre la difficulté. L'histoire, paraît-il, ne donne pas non plus des résultats bien satisfaisants, parce que le maître s'attarde trop sur les commencements de l'histoire de notre pays et ne sait pas arriver assez tôt aux grandes époques mieux connues et plus rapprochées de nous; presque tous les enfants sortent de l'école sachant les noms des rois de la première race, presque rien sur le siècle de Louis XIV et rien de la Révolution française. L'écriture, le calcul, la géographie sont généralement mieux enseignés.
La sanction des études primaires, c'est le certificat d'études. Institué dans la Dordogne en 1875, il donnait cette année-là les résultats suivants : sur 028 candidats (432 garçons, 106 filles), 369 ont obtenu le certificat (271 garçons, 98 filles). En 1878, sur 494 candidats (34 5 garçons, 151 filles). 302 ont été reçus (199 garçons, 10:> filles). En 1870, sur 528 candidats (380 garçons, 148 filles), 389 ont été admis (270 garçons, 110 filles).
DORDOGNE
DORDOGNE
Il est intéressant, en outre, de rechercher la proportion, à diverses époques, des conscrits et des conjoints lettrés. On la trouvera dans les deux tableaux ci-dessous :
ANNÉES
ti.i .
CONSCRITS
Inscrits
Sachant moins lire
an
Combien pour 100
RANG
du
DBPAR- TXMBNT
Nombie de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.
Homme?
Hommes Femme» et
Femmes.
Ecole normale et cours normal. — L école normale d'instituteurs de Périgueux, fondée en 1.S35, compte actuellement 55 élèves, dont G boursiers de l'Etat et 49 boursiers du département; le personnel enseignant comprend, outre le directeur, 4 maîtres adjoints et 3 professeurs auxiliaires. Les résultats de ces dernières années n'ont pas été très brillants: depuis quatre ans, pas un élève n'a obtenu le brevet complet à sa sortie de l'école; mais sous une nouvelle direction, cette école normale va reprendre sans doute une vie nouvelle.
Le département ne possède pas encore d'école normale d'institutrices. Le cours normal installé à Terrasson appartient à la communauté du Sauveur. Il reçoit 26 élèves, dont 17 boursières de l'Etat et 9 boursières du département.
Brevets de capacité. — Le nombre des brevets délivrés de lSi\ à 1878 a été le suivant :
Instituteurs,
1834-1850 411 brevets élémentaires, 43 brevets supérieurs. ls.il-1867 366 brevets obligatoires, 14 brevets complets. 1868-1878 423 — 19 —
Institutrices.
1837-1850 158 brevets élémentaires, 18 brevets supérieurs. 1851-1867 477 brevets obligatoires, 28 brevets complets. 1368-1878 840 — 72 —
Salles d'asile. — La Dordogne comptait 9 salles d'asile en 1837, 8 en ls50, 14 en 1863, 16 en 1867, 22 en 187(5, 24 en 1878. Le nombre des élèves inscrits dans les salles d'asile était de 241 en 1837, do 476 en 1850, de 1102 en 1863, de 1560 en 1867, de 1893 en 1876, de 1939 en 1878. Toutes sont dirigées par des religieuses.
j Cours d'adultes. — Cette institution, qui avait reçu une vive impulsion en 1867, n'a pas progressé depuis cetto époque, sauf en ce qui concerne les cours pour adultes femmes. Voici les chiffres que nous ollVe la statistique :
Nombre <i
e* cours
Nombre des
auditenr
Hommes
Femmes
Hommes
Femmes
Institutions auxiliaire". — Les bibliothèques scolaires étaient en 1863 au nombre de 57, avec :>i^7 volumes. En 1879, leur nombre était de 162 avec 13 027 volumes.
Les bibliothèques pédagogiques sont au nombre de 42, comptant ensembleo'il volumes. On regrette de constater que le goût de la lecture est encore peu développé chez les instituteurs.
Un bulletin scolaire dépari emental paraît à Périgueux depuis le mois de février 1867.
Une société de secours mutuels entre les instituteurs a été fondée en 18(>2. Elle possédait au 1er janvier 1879 un actif de 13 381 fr.
A la même date, le département comptait \\b caisses d'épargne scolaires, représentées par 1 <53 livrets, montant ensemble à 14 685 fr.
La Dordogne n'a pas encore de caisses des écoles.
Une belle exposition scolaire à Périgueux (juin 1880) a donné un nouvel élan aux travaux pédagogiques et aux efforts du corps enseignant.
La Société d'agriculture du département a publié dans ses Annales un grand nombre d'articles et de mémoires en faveur de l'instruction primaire et de l'introduction des connaissances agricoles dans le programme des écoles publiques.
Budget de l'instruction j^rimuire. — Le tableau ci-dessous donne le chiffre des dépenses ordinaires de l'instruction primaire de 1855 à 1879 :
RESSOURCES
SUBVENTIONS
ANNÉES
RETRIBU- TION
comniuna non comp
les ris
du
scolaire
la rétrib
de l'État
tion scolaire
département