‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 2)Chapitre 362 sur 547 · ÉCHANGES · texte numérisé non relu

ÉCHANGES

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en outre, à son collègue de l'agriculture et du commerce l'usage gratuit des eaux en faveur des instituteurs et institutrices.

Cette faveur est toujours accordée, lorsqu'il s'agit d'un établissement appartenant à l'Etat.

Quand l'établissement n'appartient pas à l'Etat, le ministre de l'agriculture et du commerce prie le préfet du département d'intervenir auprès du directeur des eaux. Si la faveur sollicitée n'est pas accordée intégralement, une sensible réduction est faite sur les prix ordinaires.

Aux termes du § 8 de l'arrêté du 23 juin 1879, pris conformément aux propositions présentées par les compagnies de chemin de fer, les instituteurs et institutrices qui ont besoin de suivre un traitement dans un établissement thermal ou thérapeutique voyagent sur les chemins de fer d'après le tarif de demi-place. Pour bénéficier de cette réduction, ils doivent présenter aux gares de départ une carte spéciale qui leur est délivrée par l'inspecteur d'académie ou l'inspecteur primaire du ressort. Cette carte doit être revêtue du sceau de l'inspection académique et signée par le titulaire.

[Georges Petit.]

ÉCHANGES INTERNATIONAUX. — L'idée d un échange de documents, de publications administratives ou scientifiques, de livres rares, d'objets ou de reproductions d'objets d'art, etc., entre les gouvernements, les sociétés savantes, les bibliothèques des divers pays, est déjà ancienne. M. Alexandre Vattemare s'en était fait le promoteur dès 1832. Cette idée, qui avait reçu une exécution partielle en France et dans quelques autres pays, fut reprise, il y a quelques années, à l'occasion du congrès de géographie réuni à Paris en 1875. Un règlement fut élaboré et soumis aux gouvernements des différents Etats.

Aux termes de ce règlement, chacun des Etats contractants devra créer chez lui un bureau comme centre des échanges internationaux. Chaque bureau dressera une bibliographie des travaux officiels publiés dans ces dernières années et qu'il est disposé à échanger. Il transmettra un exemplaire au moins de cette bibliographie aux bureaux étrangers, et s'engagpra à donner avis à ces mêmes bureaux des publications officielles nouvelles, à mesure qu'elles verront le jour. L'échange est gratuit pour tous les documents officiels, c'està-dire pour les publications faites aux frais de l'Etat ; chaque partie contractante s'engage à envoyer aux bureaux étrangers- un exemplaire au moins de chacune des publications, sauf certaines publications militaires. Si une société savante ou un institut subventionné ou non par l'Etat désire recevoir directement des publications officielles de l'étranger, il devra s'adresser au bureau de son pays, qui servira d'intermédiaire pour obtenir les conditions les plus favorables. Le bureau servira aussi d'intermédiaire entre les sociétés scientifiques, subventionnées ou non, qui désireraient faire des échanges entre elles, en donnant tous les renseignements dont ii peut disposer.

La France installa aussitôt un service pour les échanges internationaux. Au début, ce service, relevant du ministère de l'instruction publique, n'eut à sa disposition ni budget, ni personnel, ni local ; un employé s'en occupait seul, en dehors de son travail. Depuis le mois de mars 1879, le service des échanges a obtenu un personnel et un local, et un crédit spécial de 5004J francs lui a été affecté pour l'exercice 1880. La France entretient aujourd'hui des relations d'échanges avec la Belgique, la Suisse, l'Autriche-Hongrie, la Russie, h1. Portugal, les États-Unis, l'Italie, la Chine, le •lapon, les Pays-Bas, le Brésil, etc. Le mouvement des volumes échangés en 1879 entre la France et ses correspondants a été de 40 000.

« Aussitôt qu'ils ont connu l'existence du service français des échanges internationaux, dit M. Wilhem Eriksen dans une brochure à laquelle nous avons emprunté les deuils qui précèdent, la plupart de nos grands établissements scientifiques, de nos bibliothèques et de nos sociétés savantes se sont empressés de solliciter son secours, pour la transmission de leurs documents. Le service des échanges internationaux s'est chargé d'exécuter satts aucun frais tous leurs envois, ou de leur faire parvenir gratuitement tous les documents qu'il recevrait pour eux de l'étranger. »

Comme on le voit, la nouvelle institution a promptement pris racine, parce qu'elle répondait à un véritable besoin, et elle est certainement appelée à rendre les plus grands services aux sciences et à l'instruction publique. Au mois d'août 1880, un congrès auquel s'étaient fait représenter neuf Etats a eu lieu à Bruxelles, pour discuter de nouveau les moyens pratiques d'organiser sur une plus vaste échelle l'échange international. Ce congrès a confirmé, dans leurs traits essentiels, les dispositions du règlement provisoire élaboré en me.

ÉCHENILLAGE. — On appelle ainsi l'opération qui consiste à détruire en temps utile les œufs des papillons ou les jeunes chenilles, source de si grandes pertes pour l'agriculture. Aux termes de l'art. 0 de la loi du W ventôse an IV, toujours en vigueur, l'échenillage doit être partout exécuté avant le 20 février de chaque année. Les autorités administratives ont mission de veiller à ce que cette loi reçoive son application, et, à l'expiration du délai qu'elle fixe, de visiter les domaines garnis d'arbres, d'arbustes, haies ou buissons r pour s'assurer que l'échenillage a été fait exactement. Les contraventions sont constatées par des procès-verbaux et déférées aux tribunaux de simple police.

Les enfants des écoles peuvent être associes utilement à cette œuvre de destruction des chenilles. Dans plusieurs communes de France, des instituteurs zélés ont formé parmi leurs élèves des sociétés pour la protection des oiseaux utiles et la destruction des insectes nui-ibles. C'est là un exemple à imiter. — A l'article Papillons de la IIe partie de ce Dictionnaire sont indiqués les principales espèces de chenilles nuisibles et les procédés à employer pour les détruire.

ÉCHO DE LA SORBONNE (L'). — V. Filles {Enseignement secondaire des), p. 1024.

ÉCLAIRAGE. — On ne peut pas toujours formuler en termes absolus les règles qui doivent présider à la construction et à l'aménagement des bâtiments scolaires; on se heurterait, dans l'application, à d'inextricables difficultés.

Dans la plupart des cas, cependant, une réglementation rigoureuse est possible; elle offre d'ailleurs de tels avantages que les autorités compétentes n'ont pas hésité à l'imposer. Pour ne citer qu'un exemple, il est évident que des prescriptions comme celles qui touchent à l'étendue superficielle des classes et au cubage de l'air seront facilement observées dans toute école, et que rien n'empêchera l'architecte de prendre ses mesures pour assurer à chaque élève les lm,2ô à im,50 superficiels, et les 5 mètres cubes qu'exige le règlement ministériel de 1880. Il en serait de munie d'une série d'autres points qu'il est inutile d'énu* mérer ici.

Pour un petit nombre d'entre eux, au contraire, il importe de laisser au constructeur une certaine liberté. On ne peut pas édifier toutes les maisons d'école d'api es un plan uniforme ; leur installation variera, cela va sans dire, suivant les régions et même suivant les localités. Le terrain, dans les grandes villes surtout, ne se prête pas à toutes le*

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combinaisons; le voisinage do bâtiments qui atteignent parfois une certaine hauteur, la nécessité d'emprunter des murs mitoyens, d'observer un alignement et une orientation arrêtés à l'avance, sont autant de circonstances particulières qui influeront plus ou moins sur les dispositions à prendre.

Si des prescriptions d'un caractère trop absolu doivent être écartées, c'est à coup sûr lorsqu'on veut, déterminer les mesures à l'aide desquelles une salle de classe peut être pourvue d'un bon éclairage pendant le jour.

La question de l'éclairage diurne des locaux scolaires a une importance capitale, et l'on ne saurait lui accorder trop d'attention. Liée de la manière la plus étroite à toutes celles que soulèvent l'hygiène de la vue et le développement physique de l'enfant et de l'adulte, elle a été l'objet d'études approfondies de la part des médecins et des architectes; elle a même quelquefois soulevé d ardentes controverses dont on retrouve la trace dans les documents qu'ils nous ont laisses.

Comment doit-on orienter et disposer les fenêtres d'une salle de classe pour que l'élève jouisse pondant toute la durée de ses travaux d'un jour pur et abondant,? tel est le problème à résoudre. On en comprendra l'importance si l'on songe que de six à treize ans, c'est-à-dire dans la période qui coïncide avec la croissance et le perfectionnement des organes, l'enfant ne consacre pas à ses études moins de six heures par jour, et si l'on rapproche de la constatation de ce fait les déclarations réitérées des médecins et des oculistes, qui affirment que l'insuffisance de la lumière et le régime de l'école en général peuvent être la cause de graves désordres dans l'organe visuel , qui s'affaiblit par degrés. Les travaux qu'ont publies depuis nombre d'années les médecins et les oculistes ne laissent subsister aucun doute à cet égard.

La structure de l'œil humain est telle que le cerveau ne peut avoir, au moyen du nerf optique, réellement conscience de l'impression produite par un objet quelconque, que si la rétine se trouve placée à la distance focale du cristallin, c'est-à-dire si ce dernier organe, qui fait office de lentille, réunit les rayons lumineux sur la rétine, en un point qu'on désigne sous le nom de tache faune. Les yeux ne sont bien conformés qu'à cette condition, car si une vision vague, indistincte, peut être produite sur toute l'étendue de la rétine, il n'y a vision nette que si la tache jaune recueille tous les rayons.

Certains yeux, dits myopes, sont construits de telle sorte que cette partie de la rétine, trop éloignée du cristallin, ne peut grouper les rayons parallèles qui le traversent. Il n'y a, dès lors, que les rayons divergents, émis par des objets situés à une distance limitée, qui puissent être réunis sur le point de la rétine dont il s'agit. Ceux qui proviennent d'une distance plus éloignée sont de même rassemblés en un point, non pas sur la rétine, mais au devant. Il n'existe par suite qu'une vision indistincte. Pour les myopes, le point de vue distinct est, suivant les degrés de myopie, plus ou moins rapproché. Quant aux presbytes, chez lesquels au contraire l'axe de l'œil est trop court, les rayons parallèles se rassemblent, non point sur la réiine comme dans les yeux bien conformes, non point au devant comme chez les myopes, mais derrière. Ils ne peuvent donc voir distinctement les objets rapprochés.

On a quelquefois confondu, par erreur, la presbytie avec les degrés les plus élevés de la myopie. La presbytie n'a pourtant rien de commun avec elle, puisque l'axo de l'œil, trop long dans le cas

lre PARTIE.

de myopie, est trop court dans ce second cas. Autre différence à noter : citez le presbyte, l'inconvénient ne se déclare qu'à la suite de diverses modifications subies par le crista/in à un âge avancé; un œil sain ne peut jamais devenir presbyte par l'effort ou l'application; les myopes au contraire voient leur infirmité naître et se développer dès que leurs yeux sont soumis à un travail excessif.

En effet, lorsqu'on est doué d'une bonne vue, après avoir lu un écrit, à une certaine distance, on peut encore le déchiffrer en le rapprochant de plus en plus de l'œil, jusqu'à ce qu'il atteigne la moitié au moins de la distance primitive. A un certain point pourtant la lecture devient plus difficile, et impossible même si la distance devient presque nulle. Pendant cette expérience, l'œil est contraint de se livrer à un certain effort, pour que la rétine puisse recueillir l'image d'objets ainsi rapprochés : le cristallin se courbe d'une manière assez prononcée, flexion qui n'est possible que par l'action du muscle ciliaire ou muscle d'accommodation. Lorsqu'il s'agit de regarder des objets plus éloignés, ce muscle demeure en repos ; l'accentuation de la convexité du cristallin étant très légère, l'œil ne se fatigue pas en les regardant. Au contraire, quand il faut regarder des objets très rapprochés, ce muscle agit, la pression hydrostatique est augmentée dans l'intérieur de l'œil, et, par suite, les membranes de la partie postérieure, si flexibles et si délicates, surtout chez les enfants, sont tirées en arrière : l'axe du globe oculaire s'allonge. L'œil fixant de la sorte, pendant un certain temps, des objets rapprochés, le cristallin n'a pas le temps de s'égaliser, le muscle ciliaire ne peut se reposer ; et la continuité de cette forte pression que provoquent des efforts prolongés d'accommodation détermine alors la myopie, qui correspond, avonsnous dit plus haut, au prolongement excessif de Taxe du globe oculaire.

Ajoutons que la myopie ne se développe pas seulement par cette accommodation forcée, mais encore par la congestion du sang que peut amener l'inclinaison trop prononcée de la tête. En considérant longtemps des objets placés à courte distance, la tête baissée, un œil sain peut donc devenir myope et un myope plus myope.

Dans une salle mal éclairée, ce n'est qu'en approchant d'une manière sensible le cahier des yeux, en baissant la tête par conséquent, qu'on peut lire ou écrire. Tel qui lit couramment une écriture à 40 centimètres environ si la pièce dans laquelle il se trouve est claire., devra se rapprocher de son cahier jusqu'à 12 centimètres au moinSj et cela à la même heure du jour, s'il ne reçoit la lumière que par une petite fenêtre. L'insuffisance de l'éclairage est assurément l'une des principales causes de la naissance ou de l'accroissement de la myopie, puisqu'on doit se rapprocher d'autant plus du livre ou du cahier que la clarté qui règne dans la salle est moins vive. Il faut donc contraindre les enfants à se tenir le plus loin possible de leurs cahiers, et pour qu'ils puissent conserver ce maintien il est nécessaire •d'éclairer convenablement les locaux qu'on leur destine.

Il existe une quantité considérable d'écoliers dont la \ue est prématurément fatiguée par le travail de classe. Certains observateurs, frappés de cette particularité, ont. pensé qu'il était utile d'indiquer exactement la proportion de myopes que fournit un nombre donné d'enfants ou adultes, et, cette constatai ion faite, do rechercher les moyens de lutter avec succès contre le développement d'une infirmité si préjudiciable à la jeunesse.

D'intéressants travaux ont été entrepris à cet

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effet en plusieurs pays : par James Ware , en Angleterre (1812); parle Dr Schiirmayer, dan* le grand-duché de Bade (1840) ; par le Dr Ssokalskt, à Paris (1834 à 1 847) ; par le professeur de Jager a Vienne (1861); par le professeur Riite à Leipzig (18G5); par le Dr Reck à nmnswiok; par le Dr Alexander à Aix-la-Chapelle (1866); par le Dr Gross à Tubinguc (1866); par le Dr Hermann Gohn de Breslau, etc. Presque tous concluent que la myopie s'accroît en raison directe du temps passé dans les établissements d'instruction. Assez rare dans les écoles primaires, chez les enfants de huit à dix ans, elle apparaît fréquemment dans les collèges et dans les universités. «

Les tableaux publiés par le Dr Szokalski et par le Dr Colin donnent le résumé de longues et patientes recherches, et sont particulièrement curieux à consulter.

Le premier a examiné à Paris 807 élèves du lycée Charlemagne et 170 élèves du lycée Louisle-Grand. Les cas de myopie se répartissent de la manière suivante :

Lycée Charlemagne.

CLASSES

NOMBRE des

ÉCOLIERS

MYOPES

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